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mardi 15 novembre 2011

J. Kabila – E. Tshisekedi à Goma :


Pour une surprise, c’en est bien une. Les candidats Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi se sont retrouvés hier lundi 14 novembre à Goma dans le cadre de la campagne électorale. C’avait tout l’air d’une «finale» avant la lettre. Hasard ou coïncidence. Goma a la baraka, dirait-on. Elle est la première ville, si pas la seule jusqu’ici, à accueillir en une seule journée, deux candidats à la course présidentielle. Et non pas des moindres : Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS, et candidat de l’Opposition, et Joseph Kabila Kabange, président de la République, candidat de la Mouvance présidentielle.

Le premier à fouler le sol de Goma est Etienne Tshisekedi accueilli par un public nombreux avant de se rendre au stade des Volcans pour son meeting. Au moment où son adresse tirait vers la fin, le président de la République, Joseph Kabila Kabange, atterrissait à l’aéroport international de Goma. Le candidat de la Mouvance présidentielle a été également accueilli par une foule compacte, de l’aéroport jusqu’à la place de la Poste où il s’est adressé à son tour à la population de Goma.

Une première qui a surpris tout le monde. Simple coïncidence ? Hasard de calendrier ? Négociations en vue entre les deux candidats ? Autant d’interrogations qui alimentent des commentaires en sens divers.

Il est un fait que Tshisekedi était attendu depuis dimanche à Goma en provenance de Bunia, dans la Province Orientale. Il n’est arrivé que hier lundi, jour retenu également par le président de la République, candidat à sa propre succession et en campagne électorale. Simple coïncidence ou hasard de calendrier. Seulement voilà. En politique, les faits du hasard sont rares. Cette coïncidence se produit après la signature d’un contrat important en matière hydroélectrique entre l’Afrique du Sud et la République démocratique du Congo. Contrat signé, en pleine campagne électorale, par les présidents Jacob Zuma de l’Afrique du Sud et Joseph Kabila Kabange de la RDC. Or, Etienne Tshisekedi et Joseph Kabila partent avec la faveur des pronostics pour ces élections 2011. Les voir sur un même terrain, le même jour n’est pas un fait anodin, car l’un et l’autre pouvait bien s’éviter.

D’autre part, dans ses dernières déclarations en Afrique du Sud, Etienne Tshisekedi n’avait pas caché ses contacts sud-africains. Il avait déclaré avoir eu des entretiens importants avec les dirigeants de l’ANC, ce parti dominant en Afrique du Sud et qui est au pouvoir, avec Jacob Zuma comme président de ce parti emblématique. Il a été convenu que l’ANC mettrait son expertise politique à la disposition des dirigeants congolais. Déjà, l’Afrique du Sud soutient logistiquement la CENI dans sa planification opérationnelle pour l’organisation efficace des élections 2011.

En plus, face à des incidents qui émaillent la campagne électorale, le président de l’ANC a invité les dirigeants congolais à plus de responsabilité pour des élections crédibles, dans un environnement politique apaisé. Il est vrai que la réussite de ces élections profite également à l’Afrique du Sud qui tient absolument à voir une République démocratique du Congo stable. Ce qui ferait d’elle un partenaire sûr de l’Afrique du Sud.

Il ne serait donc pas exclu que Tshisekedi, qui passe la nuit à Goma, à l’Hôtel Plaza, ait des entretiens avec Joseph Kabila, dans l’intérêt supérieur de la Nation, avant de reprendre son avion aujourd’hui à destination de Bukavu.

Victoire de la tolérance

Une chose est vraie, il y a eu plus de peur que de mal dans cette «coïncidence politique». Le grand vainqueur demeure sans contexte la population de Goma, en particulier, la population congolaise en général.

Il est un fait qu’avec cette campagne électorale émaillée d’incidents depuis le début, l’on craignait un télescopage entre les sympathisants de l’UDPS et ceux de la Mouvance présidentielle. Heureusement, jusqu’au moment où l’on couchait ces lignes, aucun incident majeur n’a été signalé.

Vainqueurs également, les deux acteurs politiques, en commençant par le président de la République. Chef de l’Etat en exercice, la bonne tenue, le bon comportement de la population de Goma est à mettre à son actif. Bien plus, le discours circonstancié prononcé ce jour, n’avait rien d’invective. Le candidat Kabila a invité la population de Goma à lui faire confiance une fois de plus dans cette optique de parachever l’œuvre de modernisation de la RDC. Il s’est engagé résolument à réaliser toutes les promesses en vue d’honorer ses paroles.

Enfin, le vainqueur de cette présence insolite est aussi Etienne Tshisekedi. Présenté comme le «monstre» depuis ces deux dernières semaines, il vient d’opposer un démenti cinglant à toutes ces allégations. Dans son discours de campagne, il a invité la population de Goma à voter utile, à mieux saisir les enjeux de ces élections pour une participation massive afin de barrer la route à la mauvaise gouvernance. Mais surtout à faire montre du sens élevé de patriotisme d’autant plus que la RDC appartient à tous les Congolais.

Surprise donc agréable pour cette «journée politique» de Goma. Comme pour dire que les Congolais sont capables du beau et du mieux. 

RDC-Elections : Vers un report début décembre ?

A 14 jours des élections présidentielle et législatives en République démocratique (RDC), les retards continuent de s'accumuler dans l'organisation du scrutin. Pour la première fois, le vice-président de la Commission électorale (CENI), Jacques Djoli parle d'un possible report des élections. Le scrutin est prévu le 28 novembre prochain.


logo afkrb.pngEn visite à Bruxelles, le N°2 de la CENI, donne les premières indications de la possibilité d'un report de quelques jours des élections générales en RDC . Devant le retard accumulé sur le déploiement des kits électoraux, Jacques Djoli reste optimiste pour la date du 28 novembre, mais évoque le report du scrutin au 4 ou 5 décembre; avec une période de transition, la fin du mandat de Joseph Kabila se termine en effet le 6 décembre. Une annonce qui tombe mal pour Kinshasa, qui fait face à une période de troubles et d'affrontements en marge de la campagne électorale. Une question se pose : comment régira l'opposition ?

Christophe RIGAUD

RDC-Elections: Jacques Djoli nie avoir envisagé un report


 – Jacques Djoli. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo– Jacques Djoli. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo










La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) exclut la possibilité du report des élections et confirme la tenue des scrutins présidentiel et législatif à la date du 28 novembre 2011. Dans un entretien téléphonique à Radio Okapi depuis Bruxelles, ce mardi 15 novembre, son vice-président, Jacques Djoli a affirmé que le calendrier électoral établi en accord avec la classe politique congolaise s’exécute normalement.
« Nous avons atteint plus de 90% des objectifs pour l’ensemble des items, voire 100% pour certains. Les bulletins de vote, pour leur plus grand nombre, vont commencer à arriver à Kinshasa aujourd’hui en provenance de l’Afrique du Sud. Nous n’avons donc pas de raison de changer de date », a déclaré Jacques Djoli contestant les propos relayés dans une dépêche de l’AFP où il aurait déclaré qu’il était convaincu à « 99,9% » que la date du 28 novembre sera tenu mais que «si nous ne sommes pas prêts, nous allons demander quelques jours et organiser les élections le 2 ou le 5 décembre »
«Des propos qui m’ont été faussement attribués par un média auquel je ne me suis pas adressé », s’est défendu Jacques Djoli mardi à Radio Okapi.
« La Ceni va organiser les élections le 28 novembre. Étant entendu qu’il peut y avoir des cataclysmes, on peut toujours y réfléchir, ceux qui ne veulent pas aller aux élections peuvent inventer leur date, mais nous nous organisons les élections le 28 novembre », a-t-il martelé.
A la question de savoir si la Ceni envisageait une possibilité de report, Jacques Djoli a affirmé que « nous ne pouvons pas travailler sur base de suppositions et de supputations ». 
Au cours de l’émission Dialogue entre Congolais de Radio Okapi du jeudi 10 novembre, Jacques Djoli avait déclaré qu’«à ce jour, [le déploiement] des isoloirs a pratiquement atteint le niveau de 80% et nous avons atteint le même chiffre à ce qui concerne les kits électoraux. En ce qui concerne les urnes, sur les 16 rotations prévues, nous avons déjà 10 rotations et dans les deux jours, nous allons avoir les quelques rotations qui restent».
Le vice-président de la Ceni avait émis l’espoir de terminer l’opération de déploiement des urnes le 25 novembre prochain.
«On a lancé l’impression des bulletins de vote pour les législatives et un plan de déploiement est finalisé avec l’armée sud-africaine et la Monusco», avait assuré Jacques Djoli.