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dimanche 11 août 2013

La majorité et l’opposition boudent la démarche de Kengo


Concertations nationales: la majorité et l’opposition boudent la démarche de Kengo

publié il y a 7 heures, 2 minutes, | Denière mise à jour le 11 août, 2013 à 11:22 |


De gauche à droite, Léon Kengo wa Dongo (président de l'UFC), Vital Kamerhe (président de l'UNC), Jean-Pierre Bemba (président du MLC).De gauche à droite, Léon Kengo wa Dongo (président de l'UFC), Vital Kamerhe (président de l'UNC), Jean-Pierre Bemba (président du MLC).

Le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, a annoncé, samedi 10 août à Kinshasa, la mise en place d’un nouveau gouvernement qui, selon lui, sera issu des concertations nationales. Cette annonce a créé des remous au sein de la Majorité présidentielle comme dans une frange de l’opposition.

Le député de la majorité Emmanuel Ramazani Shadari s’est dit étonné, par exemple, de l’annonce d’un gouvernement issu des concertations nationales.
Il reconnait avoir débattu, avec le présidium des concertations, de la question  d’un certain accompagnement international de ces assises mais pas d’un éventuel gouvernement.
«Si on dit que majorité, opposition et société civile: formez un gouvernement donc il n’y aura pas d’opposition et la constitution sera violée. Pourquoi allez aux concertations, dépenser de l’argent et payer des hôtels, si on veut partager le pouvoir alors qu’on peut le faire calmement ici», s’est plaint Emmanuel Ramazani Shadari.
Ce député élu de la circonscription de Kabambare (Maniema) qualifie les propos de Kengo d’un «discours politicien pour faire un clin d’œil à l’opposition».
Du côté de l’opposition, certains partis disent ne pas être concernés par la démarche de Léon Kengo. Le secrétaire général de l’Union pour nation congolaise (UNC), Jean-Bertrand Ewanga, affirme ne pas reconnaître le présidium des concertations. «Kengo joue un jeu dangereux. Au niveau de l’opposition, on n’a pas reconnu le présidium de ces concertations parce que son l’ordonnance a été prise par Monsieur Kabila pour son intérêt et pour favoriser sa majorité», a-t-il indiqué.
Le secrétaire général de l’UNC appelle le président du Sénat à se soumettre à la discipline du conclave de l’opposition.
Jean-Bertrand Ewanga accuse par ailleurs Kengo de vouloir entraîner l’opposition dans logique de l’ordonnance du chef de l’Etat.
Il estime nécessaire que la majorité et l’opposition se référent à l’accord d’Addis-Abeba et à la résolution 2098 du conseil de sécurité de l’Onu qui, selon lui, définissent toute la conduite de ces assises.
«Comme Kabila a reconnu Sassou comme facilitateur, qu’il le laisse organiser toutes choses», a conclu Jean-Bertrand Ewanga.
L’UNC à l’instar d’autres partis de l’opposition veut que la majorité au pouvoir s’engage à ne pas initier la modification des articles de la constitution qui limitent le nombre et la durée des mandats du Président de la république.
 Annoncées par le président Kabila en décembre 2012, les concertations nationales visent à «créer la cohésion nationale» face à la guerre dans le Nord-Kivu. En juin dernier, il a signé une ordonnance créant ces concertations dont la direction a été confiée aux présidents de deux chambres du parlement.

Un nouveau gouvernement attendu

 Un nouveau gouvernement attendu après les concertations nationales, selon Léon Kengo

août 10, 2013, |

Léon Kengo Wa Dondo, président du Sénat congolais le 8/11/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John BompengoLéon Kengo Wa Dondo, président du Sénat congolais le 8/11/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo


Les concertations nationales vont débuter «la semaine prochaine à Kinshasa», a annoncé Léon Kengo, président du Sénat, au cours d’une rencontre avec l’opposition politique à Kinshasa «en tant que sage de l’opposition». Selon lui, le présidium de ce forum a positivement rencontré toutes les conditions soulevées par l’opposition, notamment celle consistant à couler les résolutions qui en sortiront sous forme de programme d’action d’un nouveau gouvernement issu de ces concertations.

«Nous voulons également que tous ceux qui participent [aux concertations nationales] concourent également aux résolutions qui pourront demain servir de programme minimal. [Ce dernier] sera le programme du gouvernement issu des Concertations nationales», a déclaré Léon Kengo wa Dondo, chargé de coprésider ces assises avec son homologue de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku.
Selon lui, cette équipe gouvernementale devrait être représentative.  «Après la requalification de l’actuelle majorité, que la nouvelle majorité puisse être celle de la majorité, de l’opposition et de la société civile », a-t-il affirmé.
Léon Kengo a assuré que le présidium des concertations nationales avait positivement rencontré les exigences de l’opposition politique :
 «Toutes les conditions que vous avez soulevées, nous les avons rencontrées pour que ces concertations se déroulent dans un climat apaisé. Cela veut dire que nous recherchons, dans tout ce que nous allons entreprendre dans les états généraux et au niveau de concertations elles-mêmes à arriver à des solutions qui satisfassent notre pays
Lors de cette rencontre, le rapporteur du dernier conclave de l’opposition politique a officiellement présenté les résolutions de ces assises et les préalables de l’opposition pour participer aux concertations. Certains partis de l’opposition, comme l’UNC de Vital Kamerhe, veulent que la majorité au pouvoir s’engage à ne pas initier la modification des articles de la constitution qui limitent le nombre et la durée des mandats du Président de la République.
D’autres opposants estiment que la question de la « légitimité » de Joseph Kabila devait figurer au menu de ces assises. Ils conditionnent leur participation à ces assises à une médiation africaine neutre sous l’égide de l’Onu, invoquant une disposition de l’accord-cadre de paix signé en février 2013 à Addis-Abeba par onze Etats africains.
Cet après-midi, le présidium des concertations nationales devrait dialoguer avec  les délégués de la majorité présidentielle et ceux de l’opposition politique, après avoir échangé la veille avec ceux de la société civile.