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mardi 26 novembre 2013

JOSEPH KABILA ENVISAGE UN REPORT DES ÉLECTIONS


Mandats présidentiels : onze hommes, une femme... un même dilemme



Les présidents finissent souvent par croire que ce qui est bon pour eux l'est aussi pour leur pays. 
Les présidents finissent souvent par croire que ce qui est bon pour eux
 l'est aussi pour leur pays. © DR/Montage J.A.


La loi fondamentale de leur pays leur interdit en principe de se représenter. À moins qu'elle ne change... Douze présidents africains sont concernés par la tentation du mandat de trop.



MOZAMBIQUE

Échéance électorale avril 2014
Article 147 : la durée du mandat du président de la République est de cinq ans. Le président de la République ne peut être réélu qu'une seule fois.
Réélu en 2012 à la tête du Frelimo, parti au pouvoir, Armando Guebuza a annoncé qu'il ne briguera pas de troisième mandat. Pourtant, beaucoup, y compris dans son entourage, lui prêtent des intentions contraires, entretenant ainsi le doute.


NAMIBIE

Hifikepunye Lucas Pohamba 78 ans
Échéance électorale novembre 2014
Article 29 : Le mandat du président est de cinq ans. Une personne ne peut exercer les fonctions plus de deux mandats.
Son prédécesseur Sam Nujoma avait brigué et remporté un troisième mandat, après avoir modifié la Constitution. Mais Hifikepunye Lucas Pohamba apparaît comme un homme respectueux des lois qui, semble-t-il, n'envisage pas de prendre le chemin contesté de son aîné.


CENTRAFRIQUE

Échéance électorale début 2015
Accords de Libreville. Article 1 : Le président de la République en fonction ne peut se représenter pour un autre mandat. Article 6 : le Premier ministre ainsi que les autres membres du gouvernement de transition ne peuvent être candidats à la prochaine élection présidentielle.
Pas question pour Michel Djotodia de succéder à lui-même en 2015. Il est sous très haute surveillance de la communauté internationale et il sait qu'en toute hypothèse il n'aurait aucune chance d'être élu, tant la Séléka est impopulaire.


TANZANIE

Échéance électorale octobre 2015
Article 40 et 42 : Le président occupe le poste pour une période de cinq ans. Nul ne peut être élu plus de deux fois.
Élu en décembre 2005, Jakaya Kikwete a acquis une stature nationale et sous-régionale. Il pourrait être tenté de rester, soutenu par ses partisans qui avancent son "jeune âge" (63 ans) et ses bons résultats. L'escale du président américain Obama lors de sa tournée de juillet en Afrique a été perçue par ses proches comme un feu vert.


BURKINA FASO

Échéance électorale novembre 2015
Article 37 : Le président est élu pour cinq ans au suffrage universel direct, égal et secret. Il est rééligible une fois.
Blaise Compaoré esquive toute question sur ce sujet brûlant. Selon de bonnes sources, après avoir longtemps hésité, il serait presque décidé à se représenter. Au forceps ?


BÉNIN

Échéance électorale mars 2016
Article 42 : Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois.
Thomas Boni Yayi a juré au pape, à François Hollande et à Barack Obama qu'il ne se représenterait pas. Quelles que soient ses envies, il lui sera difficile de se dédire après de tels serments - publics qui plus est.


CONGO-BRAZZAVILLE

Échéance électorale juillet 2016
Article 57 : Le président de la République est élu pour sept ans au suffrage universel direct. Il est rééligible une fois.
Denis Sassou Nguesso ne s'est pas prononcé. Mais sa candidature est de plus en plus considérée comme probable. Via un référendum constitutionnel sur un changement de régime ?


RDC

Échéance électorale décembre 2016
Article 70 : Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour une durée de cinq ans renouvelable une seule fois.
Joseph Kabila a affirmé qu'il respecterait "l'esprit et la lettre" de la Constitution. Mais un report de deux ans de l'élection présidentielle est envisagé.




RWANDA

Paul Kagamé 56 ans
Échéance électorale juillet 2017
Article 101 : Le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable une seule fois. Nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels.
Paul Kagamé a toujours répété qu'il se soumettrait à la Constitution. Mais il a laissé s'ouvrir un débat national sur la paix, la sécurité et le développement du Rwanda dont devrait découler l'identité (secondaire à ses yeux) de la personnalité le mieux à même de garantir ces valeurs cardinales. Lui-même ? C'est probable.


BURUNDI

Échéance électorale juin 2015
Article 96 : Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois.
Pierre Nkurunziza, "premier président de la période post-transition", fait abstraction de son mandat de 2005 puisque élu au suffrage indirect "à titre exceptionnel". Ses détracteurs n'y voient qu'une manoeuvre pour se maintenir au pouvoir. La bataille se jouera sur le terrain juridique.


SIERRA LEONE

Échéance électorale 2017
Article 46 : Nul ne peut exercer les fonctions de président pendant plus de deux mandats de cinq ans chacun.
Ernest Bai Koroma est déjà sur les rails d'une troisième candidature. Même s'il nie cette ambition, l'ouverture d'un vaste chantier de réforme de la Constitution en mai ainsi que les déclarations de ses plus proches collaborateurs contredisent ses propos.


LIBERIA

Échéance électorale novembre 2017
Article 50 : Le président est élu au suffrage universel [...] pour un mandat de six ans [...] Nul ne peut siéger comme président pendant plus de deux mandats.
Ellen Johnson Sirleaf a pris goût au pouvoir. À l'aube de sa réélection fin 2011, elle disait vouloir "terminer ce qu'elle avait commencé". En 2017, elle devrait toutefois respecter la Constitution, consciente des risques de troubles qui pourraient survenir si elle s'accrochait à son poste.




http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2758p028.xml0/election-paul-kagame-denis-sassou-nguesso-joseph-kabila-lections-mandats-presidentiels-onze-hommes-une-femme-un-meme-dilemme.html

RDC : le MLC désapprouve le transfèrement de Fidèle Babala à la CPI

RDC : le MLC désapprouve le transfèrement de Fidèle Babala à la CPI



Un homme passe devant le siège du MLC ce 17/03/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John BompengoUn homme passe devant le siège du MLC ce 17/03/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo


Le Mouvement de libération du Congo (MLC) désapprouve le transfèrement de son secrétaire général-adjoint et député national Fidèle Babala à la Cour pénale internationale (CPI). Dans une déclaration lue ce lundi 25 novembre, le président de ce groupe parlementaire, Alexis Lenga, dénonce une démarche irrégulière. Les 23 et 24 novembre, la CPI a arrêté quatre Congolais dont Fidèle Babala pour des atteintes présumées à l’administration de la justice dans le cadre du procès de l’opposant congolais et président du MLC, Jean-Pierre Bemba Gombo.

Pour Alexis Lenga, les juridictions nationales pouvaient se saisir de ce dossier. « Ce sont des faits qui relèvent des juridictions nationales. Subornation des témoins, c’est dans le code pénal congolais », explique-t-il.
Interrogée quelques heures plus tôt par les députés sur le transfèrement de Fidèle Babala à la CPI, la ministre congolaise de la Justice, Wivine Mumba a déclaré qu’il était conforme au statut de Rome ratifié par la RDC et qui définit les règles de fonctionnement élémentaire de cette cour.
A l’en croire, la RDC a agi dans la légalité par le biais du procureur général de la République. Le pays ne pouvait qu’exécuter le mandat de la CPI, conformément à l’article 86 du statut de Rome qui oblige les États Parties à coopérer pleinement avec la Cour dans les enquêtes et poursuites qu’elle mène pour les crimes relevant de sa compétence, a-t-elle expliqué.
Mais pour le MLC, le gouvernement n’était pas obligé d’exécuter le mandat de la CPI contre son député. Le président de ce groupe parlementaire cite notamment le cas de l’ancienne première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo, sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI mais que le gouvernement ivoirien refuse de transférer à la Haye. Abidjan demande à la Cour de se déclarer incompétente pour poursuivre Simone Gbagbo, afin que celle-ci soit jugée dans son pays.
Alexis Lenga évoque également le cas du chef rebelle Bosco Ntaganda que Kinshasa a longtemps refusé de transférer à la CPI, affirmant privilégier la consolidation de la paix. Le chef rebelle avait finalement demandé et obtenu son transfèrement à la Haye après s’être réfugié dans l’ambassade américaine à Kigali en mars dernier.
A part Fidèle Babala, trois autres personnes ont été arrêtées par la CPI. Il s’agit d’Aimé Kilolo Musamba, conseil principal de Bemba, Jean-Jacques Mangenda Kabongo, membre de l’équipe de la défense de Bemba, ainsi que Narcisse Arido, témoin cité à comparaître par la défense.
Un communiqué de la CPI indique que le juge unique de la Chambre préliminaire II de la Cour a considéré qu’il y a des motifs raisonnables de croire que les personnes interpellées ont engagé leur responsabilité pénale en commettant des atteintes à l’administration de la justice (article 70 du Statut de Rome).
Les suspects auraient constitué un réseau aux fins de produire des documents faux ou falsifiés et de corrompre certaines personnes afin qu’elles fassent de faux témoignages dans l’affaire Bemba. L’ancien vice-président de la RDC est jugé pour deux chefs de crimes contre l’humanité (viol et meurtre) et trois chefs de crimes de guerre (viol, meurtre et pillage) prétendument commis en République centrafricaine.
L’article 70 du Statut de Rome:
La Cour a compétence pour connaître des atteintes suivantes à son administration de la justice lorsqu’elles sont commises intentionnellement :
  • Faux témoignage d’une personne qui a pris l’engagement de dire la vérité en application de l’article 69, paragraphe 1 ;
  • Production d’éléments de preuve faux ou falsifiés en connaissance de cause ;
  • Subornation de témoin, manœuvres visant à empêcher un témoin de comparaître ou de déposer librement, représailles exercées contre un témoin en raison de sa déposition, destruction ou falsification d’éléments de preuve, ou entrave au rassemblement de tels éléments ;
  • Intimidation d’un membre ou agent de la Cour, entrave à son action ou trafic d’influence afin de l’amener, par la contrainte ou la persuasion, à ne pas exercer ses fonctions ou à ne pas les exercer comme il convient ;
  • Représailles contre un membre ou un agent de la Cour en raison des fonctions exercées par celui-ci ou par un autre membre ou agent ;
  • Sollicitation ou acceptation d’une rétribution illégale par un membre ou un agent de la Cour dans le cadre de ses fonctions officielles
http://radiookapi.net/actualite/2013/11/25/rdc-le-mlc-desapprouve-le-transferement-de-fidele-babala-la-cpi/



Ndlr:

Inutile de revenir sur l'article 70 du Statut de Rome car ce serait un faux débat. Pour ma part, je fais une autre lecture de ce cas.
Devons-nous prendre pour acquit, pour parole d'évangile tout ce que raconte Madame Fatou et sa CPI?
Que faites-vous alors des cinq années de Bemba en prison sans jugement?
Que faites-vous de requalification en ajournement de procès depuis 5ans?
Que pensez-vous du fait que ni Bozizé, ni Patassé ne soient convoqués à La Haye et pourtant principaux acteurs de la saga?
Que dites-vous enfin des paroles de Fidèle Babala, je le cite: ´´On m'a expliqué brièvement, bon je ne vois pas ce qu'il y a de délictueux là-dedans, euhhhhhhhh bonnn´´
Depuis quand la CPI est aux faits de cette subornation?
Pourquoi le gouvernement congolais s'est-il empressé d'envoyer Fidèle Babala en quelques petites heures seulement alors que ni la France, ni la Belgique, ni la Hollande n'ont extradé les autres prévenus, attendant la fin des procédures qui pourraient être longues?

C'est en répondant calmement avec lucidité qu'on pourrait se forger une idée.

Qu'on aime ou pas l'homme, Jean-Pierre Bemba mérite les mêmes droits qu'une autre personne. Le soutenir ne veut pas dire être tribaliste car tout ceux qui soutiennent Joseph Kabila ne sont pas Katangais. On soutient le bon sens. Il est clair qu'en le transférant rapidement sans attendre le début et la fin des procédures, Kinshasa voulait se venger et sur Jean-Pierre Bemba qui avait osé le braver en 2006 et aussi se venger sur Fidèle Babala qui réclamait une enquête sur la fortune de Joseph et des membres de son gouvernement.

LES DERNIERS MOTS DE FIDÈLE BABALA

´´On m'a expliqué brièvement, bon je ne vois pas ce qu'il y a de délictueux là-dedans, euhhhhhhhh bonnn´´ (Fidèle Babala)


RDC : un proche de Bemba transféré à la CPI, trois autres mis aux arrêts

RDC : un proche de Bemba transféré à la CPI, trois autres mis aux arrêts

° http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20131125105412/cpi-jean-pierre-bemba-mlc-fatou-bensouda-cpi-rdc-un-proche-de-bemba-transfere-a-la-cpi-trois-autres-mis-aux-arrets.html

Le député congolais Fidèle Babala a été transféré dimanche soir à La Haye à la suite d'un mandat d'arrêt délivré contre lui par la CPI. Au même moment, trois autres suspects - deux avocats de Jean-Pierre Bemba et un témoin -, ont été interpellés en Belgique, au Pays-Bas et en France. Ils sont tous accusés de "subornation de témoins".

Quatre proches de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la RDC jugé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, ont été arrêtés, le 25 novembre, à la suite d'un mandat d'arrêt international de la Cour. Ils sont accusés de "subornation de témoins".
Parmi les quatre suspects arrêtés, Fidèle Babala Wandu, député d'opposition et secrétaire général adjoint du Mouvement pour la libération du Congo (MLC). "Il a été interpellé à son domicile dans la nuit [du samedi à dimanche]", a annoncé Germain Kampinga, le porte-parole du MLC. Remis aux agents de la Cour par la police congolaise, il a décollé vers 22h20 (21h20 TU) à bord d’un jet arrivé en début de soirée à l’aéroport de N'djili à Kinshasa. Un "empressement" que le MLC a dénoncé dans un communiqué publié dimanche soir, soulignant le fait "que d’autres Congolais recherchés ont bénéficié de [la] protection de l'État congolais".

Pas d'immunité devant la CPI
L'immunité parlementaire du député a-t-elle été violée ? Le président du Syndicat autonome des magistrats du Congo, Roger Nsambayi Mutenda, a estimé qu'"aucune autorité, quelle qu'elle soit, ne peut bénéficier d'une quelconque immunité ou privilège" devant la CPI. "Le transfèrement d'un suspect dans une affaire internationale est différent de ce qui se fait dans le droit congolais", a renchéri une source officielle à Kinshasa, qui a requis l'anonymat. "La RDC a coopéré dans le cadre du Statut de Rome (fondateur de la CPI) auquel elle est partie", a-t-elle ajouté.
Trois autres personnes, soupçonnées de la même infraction, ont également été arrêtées le même jour. Il s'agit de deux avocats de Jean-Pierre Bemba : Aimé Kilolo, interpellé en Belgique, et de Jean-Jacques Mangenda Kabongo, arrêté aux Pays-Bas. Et de Narcisse Arido, témoin cité à comparaître par la défense, arrêté en France. Ils seront transférés à la CPI plus tard, selon la Cour.

Un "réseau" pour fabriquer des faux documents
La CPI a des "motifs raisonnables de croire" que les quatre suspects auraient "constitué un réseau aux fins de produire des documents faux ou falsifiés et de corrompre certaines personnes afin qu'elles fassent de faux témoignages dans l'affaire concernant Jean-Pierre Bemba".
En cas de culpabilité avérée, les suspects encourent "des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, ou une amende ou les deux", selon Fatou Bensouda.
"Le mandat d’arrêt a également été notifié à (…) Jean-Pierre Bemba Gombo, à qui mon Bureau reproche d’avoir ordonné, sollicité et encouragé ces manœuvres visant à entraver le fonctionnement de la justice s’agissant de son propre procès", a déclaré la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, dans un autre communiqué.
En cas de culpabilité avérée, les suspects encourent "des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, ou une amende ou les deux", selon Fatou Bensouda, qui espère un effet dissuasif.
Des arrestations pour de telles charges sont une première dans une affaire jugée par la CPI, depuis sa création en 2003. Cependant, la Cour a déjà fait part d'inquiétudes concernant des subornations de témoins présumées au Kenya, dont le président Uhuru Kenyatta et le vice-président William Ruto sont poursuivis pour crimes contre l'humanité."





"Défense décapitée, témoin neutralisé, Fidèle Babala transféré à la Haye : la CPI achève JP Bemba"

° http://www.lephareonline.net/defense-decapitee-temoin-neutralise-fidele-babala-transfere-a-la-haye-la-cpi-acheve-jp-bemba/

Après l’arrestation de Jean-Pierre Bemba en mai 2008 et son transfert au quartier pénitencier de la CPI (Cour Pénale Internationale) à La Haye, un nouveau séisme vient secouer son parti, le MLC (Mouvement de Libération du Congo). En effet, suite à un mandat d’arrêt émis le 20 novembre 2013 par le juge unique Cuno Tarfusser de la Chambre préliminaire II de cette Cour, contre cinq personnes, notamment Jean-Pierre Bemba lui-même, Fidèle Babala, Me Aimé Kilolo, Me Jean-Jacques Mangenda, et le témoin à décharge Narcisse Arido, un nouveau dossier judiciaire est ouvert.
Etant donné que Jean-Pierre Bemba se trouve déjà en détention à La Haye, son nouveau mandat d’arrêt lui a été signifié sur place. Il sera appelé à comparaître, le moment venu, dans le cadre de ce nouveau dossier. Selon une source proche de la CPI, il s’agit d’une nouvelle affaire dont la trame tourne autour de la corruption des témoins par les quatre premiers cités, en vue de les amener à faire de faux témoignages et à falsifier des documents.

Les quatre autres suspects ont été arrêtés le samedi 23 novembre respectivement sur les territoires congolais, belge, français et néerlandais.
Il s’agit du député national Fidèle Babala Wandu, Secrétaire général adjoint du MLC, de Me Aimé Kilolo Musamba, l’avocat principal du Chairman, de Me Jean-Jacques Mangenda Kabongo (son assistant) et de Narcisse Arido, non autrement identifié (témoin cité par la défense.

Le feuilleton de l’arrestation de Babala
Fidèle Babala a été arrêté chez lui dans la nuit de samedi à dimanche 24 novembre par des hommes cagoulés vers 2 heures du matin. Une fouille sommaire de son domicile n’a pas permis aux enquêteurs de tomber sur des documents compromettants. Les limiers de la police se sont toutefois saisis de son portable IPAD, une pièce qui pourrait contenue pas mal de renseignements. Conduit manu militari au Parquet général de la République, il a été entendu brièvement sur les faits mis à sa charge, dont le principal grief s’articule autour de la subornation (corruption) de témoins. On laisse entendre que ce parlementaire faisait l’objet d’une filature de la part des services judiciaires depuis un temps plus ou moins long. Il semble qu’il aurait même été mis sur table d’écoute.

C’était en présence des représentants de la Procureure de la CPI en RDC,  mais aussi de l’ancien vice-président de la Ceni, le professeur Jacques Ndjoli, qui s’est reconverti en avocat, assisté de Me Menga, nouveau président du groupe parlementaire du MLC, tous deux alertés nuitamment pour assurer sa défense. Son arrestation en dehors de heures réglementaires fixées dans la Constitution (entre 6 heuires et 18 heures) ainsi que le non respect de son immunité ne vont pas manquer d’alimeter la chronique.

Après les formalités d’usage, Fidèle Babala a été conduit à l’aéroport international de N’Djili en début d’après-midi d’hier dimanche et placé, sous bonne escorte, dans l’avion qui devait le conduire à La Haye. On croit savoir qu’il a déjà passé sa première nuit au quartier pénitencier de la CPI. La prochaine étape pourrait être celle de sa présentation aux juges de la Chambre préliminaire II en vue de son identification formelle et de la signification des préventions mises à sa charge. Des sources proches du dossier soutiennent que les choses pourraient aller très vite et que dès la semaine prochaine, les formalités préliminaires pourraient démarrer et être rapidement closes.

Interrogé au sujet du statut de Fidèle Babala, député national en fonction et couvert de l’immunité parlementaire, un des représentants de la CPI en RDC joint par Le Phare a fait remarquer que les qualités et titres officiels ne constituent pas un obstacle  pour la CPI si elle veut engager des poursuites contre un suspect. Tous les justiciables sont placés sur le même pied d’égalité. Il a rappelé, à ce sujet, qu’au moment de son arrestation, Jean-Pierre Bemba était sénateur et couvert aussi par l’immunité parlementaire. Des mandats d’arrêt délivrés contre le président soudanais ainsi que le président et le vice-président kenyans n’ont pas tenu compte de leurs titres et qualités. Bref, au niveau de la CPI, on estime que la procédure a été respectée à l’occasion de l’arrestation de Fidèle Babala, malgré la non levée de son immunité parlementaire. On relève même qu’il a y a eu la collaboration active des autorités congolaises, à travers le Parquet général de la République, la RDC étant signataire du Statut de Rome régissant la Cour Pénale Internationale. On retient que depuis un certain temps, l’Accusation (Bureau de la Procureure de la CPI) avait signalé aux autorités congolaises, helvétiques, françaises et belges que des témoins subissaient des pressions de la part de la Défense de Jean-Pierre Bemba. Et pour en être sûr, elle avait fait revenir un témoin pour l’entendre sur ces allégations. Et, c’est après cette audition qu’un mandat d’arrêt été articulé contre cinq suspects.

Les cas Kilolo, Mangenda et Arido
Me Aimé Kilolo Musamba, nouveau responsable du panel des avocats de la défense après la mort de Me Nkwebe Liriss, a été cueilli le samedi 23 novembre à sa descente d’avion à l’aéroport de Zaventem. Il revenait d’une mission au Cameroun. Son Assistant, Me Jean-Jacques Mangenda Kabongo, a pour sa part, été pris aux Pays-Bas, où il est résident. Quant au témoin Narcisse Arido, son arrestation est intervenue en France. S’agissant de leur transfert à La Haye, il ne pourrait être effectif qu’après l’épuisement de toutes les formalités de procédure exigibles par les législations belge, helvétiques et française. Cela pourrait prendre un certain temps.
Le constat à faire à ce stade est que la défense du Chairman est décapitée. Comment va-t-il se défendre dans les semaines à venir face à des charges qui ont tout l’air de circonstances aggravantes pour lui ?

Coup dur pour les « Concertateurs »
Dans le lot des résolutions des Concertations nationales, on avait noté celle demandant au gouvernement congolais d’assurer le suivi du dossier de Jean-Pierre Bemba à la CPI, afin de renforcer sa défense et de concourir à son acquittement dans des délais raisonnables. En réponse au vœu des Concertateurs, le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, avait promis, dans son discours du 12 octobre 2013, de confier cette tache à un de ses futurs collaborateurs à désigner ultérieurement.
En apprenant, par le biais du Parquet général de la République, que les autorités congolaises ont étroitement coopéré avec le Bureau de la Procureure de la CPI pour mettre la main sur Fidèle Babala et l’expédier illico presto vers La Haye, on se demande si la résolution pertinente adoptée en faveur de Jean-Pierre tient encore la route."


° http://www.lalibre.be/actu/international/rdc-l-avocat-bruxellois-de-bemba-arrete-sur-mandat-d-arret-cpi-5292075f3570386f7f338fe3
° http://www.rfi.fr/afrique/20131124-rdc-depute-fidele-babala-mlc-arrete-kinshasa-cpi-jean-pierre-bemba
° http://fr.africatime.com/republique_democratique_du_congo/articles/coup-dur-pour-jean-pierre-bemba-fidele-babala-aime-kilolo-et-consorts-transferes-la-cpi-ils

Communiqué du Mouvement de libération du Congo :


L’assassinat du MLC Lajos Bidiwu et l’arrestation de cinq proches de JP Bemba



Le Mouvement de Libération du Congo informe l’opinion nationale et internationale que les festivités du 15 ème anniversaire de sa création, ont été assombries par deux événements malheureux : l’assassinat de l’Honorable Lajos Bidiwu et l’arrestation de cinq personnes proches du Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo.
Dans la nuit du 23 au 24 novembre 2013, l’Honorable Lajos Bidiu, député national honoraire et président fédéral du Bas-Congo, a été lâchement abattu par trois individus en sa résidence, dans la commune de Ngaliema.
Le MLC relève que c’est la troisième personnalité du parti assassinée dans la ville de Kinshasa. Aujourd’hui, c’est l’Honorable Bidiu. Hier, c’étaient les Honorables Botheti et Gangale. Le MLC s’interroge sur la finalité de ces assassinats qui viseraient l’intimidation de ses cadres et militants.
Cette fois-ci, le MLC espère que les auteurs de ce crime seront arrêtés, poursuivis et condamnés ; ce qui n’a pas été le cas avec les deux précédents assassinats. Au-delà de ces faits, le MLC souligne l’incapacité du gouvernement de la république d’assurer la sécurité des citoyens.
Ces assassinats risquent de remettre en cause le pacte républicain et conduire certaines personnes à adopter des positions radicales.
Le Bureau politique du MLC présente ses sincères condoléances à la famille de l’illustre disparu, qui a contribué à donner des assises solides au MLC, dans la province du Bas-Congo.

De même, cette nuit, quatre compatriotes proches du sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo ont été arrêtés à la suite des mandats d’arrêts émis par la CPI. Il s’agit de Me Aimé Kilolo, avocat-conseil du sénateur Jean-Pierre Bemba devant la CPI, Jean-Jacques Kabongo, assistant de Me Kilolo, Narcisse Arido et de l’Honorable Fidèle Babala, député national et secrétaire général adjoint du MLC, arrêtés respectivement en Belgique, en Hollande, en France et en RDC.
Sur ce dernier cas, le MLC dénonce, d’une part, les conditions d’arrestation de l’Honorable Babala, réalisées au mépris de la procédure interne et en violation des exigences des Statuts de Rome. Et d’autre part, l’empressement avec lequel les autorités de la république ont exécuté le mandat de la CPI. Cet empressement contraste avec la protection dont certains compatriotes, recherchés par la CPI, ont bénéficié de la part du gouvernement congolais.
Le MLC s’étonne, par ailleurs, que cette arrestation intervienne au lendemain des Concertations nationales qui avaient pour objectif la recherche de la cohésion nationale.
De tout ce qui précède, le MLC se réserve le droit de tirer toutes les conséquences qu’impose la gravité de la situation.
Avec Dieu, nous vaincrons.

Fait à Kinshasa, le 24/11/2013
Pour le Bureau politique du MLC
Thomas Luhaka Losendjola
Secrétaire général