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lundi 10 février 2014

Ecoute : «Kabila» et Kalev «birmanisent» le Congo-Kinshasa



Kalev Mutond, l’administrateutr général de l’ANR (Agence nationale de renseigenements)


«Nul ne peut instituer sur quelque forme que ce soit de parti unique sur tout ou partie du territoire national. L’institution d’un parti unique constitue une infraction imprescriptible de haute trahison punie par la loi». Tel est l’énoncé de l’article 7 de la Constitution du Congo démocratique promulguée le 18 février 2006 par… «Joseph Kabila».
L’entrée en vigueur de cette nouvelle Charte fondamentale n’avait pas manqué de faire rêver plus d’un Congolais. Le peuple de ce pays y voyait le point de départ d’un ordre politique (enfin) au service de l’intérêt général et surtout respectueux de la personne humaine. Huit années après, c’est la désillusion ! L’ex-Zaïre ressemble aujourd’hui à une immense prison en plein air. Un goulag.
Depuis bientôt huit ans, le Congo-Kinshasa présente tous les traits détestables d’un Etat totalitaire à l’image de l’Ouganda d’Amin Dada ou des régimes au pouvoir en Birmanie ou en Corée du Nord. Quelques exemples ? 

Le parti présidentiel (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), rejoint par une multitude de formations politiques et autres associations «alimentaires», est devenu un parti unique de fait. Point de salut pour tous ceux qui sont hors de «la majorité présidentielle». 
Les médias d’Etat sont inaccessibles aux autres courants d’opinion dans un pays où le «pluralisme politique» est proclamé par la Constitution. Les opposants au pouvoir en place sont traités tels des "agents subversifs". L’armée, la police, les services de renseignements civils et militaires et les magistrats agissent comme des milices. Les chefs de ces corps n’hésitent pas à participer aux manifestations politiques organisées par le parti présidentiel. 
Sous une apparente liberté d’expression, la presse congolaise s’est imposé l’autocensure consistant à proscrire tous les sujets qui touchent à «Joseph Kabila» et sa fratrie. Dans ce pays où les assassinats sont camouflés en crimes crapuleux, il vaut mieux être prudent.
La justice ayant perdu son indépendance, les avocats sont intimidés par des appels anonymes. C’est le cas notamment des juristes chargés d’assurer la défense des parties civiles dans l’affaire relative à l’assassinat, début juin 2010, du défenseur des droits humains Floribert Chebeya et son collaborateur Fidèle Bazana. Certains cabinets sont cambriolés. 

Grâce aux révélations de l’ex-agent Edward Snowden, depuis quelques mois, la terre entière dénonce les écoutes pratiquées en Amérique et dans le reste du monde par la National Security Agency (NSA). Aux Etats-Unis, il semble que les géants de l’Internet que sont Facebook, Microsoft, Yahoo et Google auraient apporté leur «collaboration» à la NSA suite aux requêtes judiciaires reçues discrètement des autorités américaines.
Au Congo démocratique de «Joseph Kabila», les citoyens ont perdu le droit élémentaire à l’intimité. Leurs conversations téléphoniques sont écoutées et enregistrées à la simple demande écrite de Kalev Mutond, l’administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR). Nul besoin d’une ordonnance émise par un magistrat instructeur. "Joseph Kabila" se confond avec l’Etat. 
Les opérateurs téléphoniques (Vodacom, Airtel, Orange, Tigo, Africel… ) sont tenus d’identifier les titulaires de tous les numéros téléphoniques opérant sur le sol congolais. Après un certain délai, toute «carte Sim» dont l’utilisateur n’est pas connu est désactivée. 

Au lendemain des élections contestées du 28 novembre 2011, le ministre de l’Intérieur d’alors, Adolphe Lumanu Mulenda, avait ordonné aux opérateurs téléphoniques de suspendre l’émission des «SMS». A l’appui de cette demande, il invoquait des «considérations sécuritaires».
De quelle sécurité parle-t-on dans un pays où le pouvoir a perdu la clef de voûte de toute légitimité qu’est l’adhésion populaire? De quelle sécurité parle-t-on dans un Etat kabiliste qui a donné toute la dimension de son inefficacité à assurer à chaque citoyen les conditions minimales de sécurité tant pour sa personne que pour ses biens?

On ne le dira jamais assez que les Congolais doivent conjurer la peur et la résignation pour étouffer dans l’œuf – avant qu’il ne soit trop tard - l’émergence d’un nouvel Amin Dada ou d’un Kim Jung Un des tropiques à Kinshasa.
«Joseph Kabila» s’accroche au pouvoir pour le pouvoir. Il n’a plus rien à proposer à la population congolaise. Il se maintient par la violence et la terreur. Il doit être chassé du pouvoir. Par tous les moyens.
Les législateurs de 2005 avaient prévu l’antidote à toute dérive dictatoriale à travers article 64 de la Constitution : «Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. (…).» Agissons!"


° http://radiookapi.net/actualite/2014/02/08/rdc-une-frange-de-lopposition-boycotte-le-code-de-bonne-conduite/
° http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/JA2767p073.xml0/joseph-kabila-vital-kamerhe-rdc-presidentielle-rdc-2016rdc-rendez-vous-en-2016.html
° http://afrikarabia.com/wordpress/2014-joseph-kabila-a-lheure-des-choix/