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mercredi 28 janvier 2015

Referendum, révision constitutionnelle, loi électorale : le Congolais «BMW» efface le tableau













































Après le 04 janvier 1959 et le 16 février 1992, le peuple congolais vient d’écrire une nouvelle page de son histoire durant les journées du 19, 20, 21, 22 et 23 janvier 2015. Comme il y a 56 ans et 23 ans, le sang a encore coulé pour obtenir des hommes au pouvoir la libération de l’espace politique. Cette nouvelle page d’histoire, ayant pour enjeu majeur le refus du souverain primaire de cautionner un énième tripatouillage de la Constitution, a dû s’écrire en termes de morts, blessés, arrestations et pillages en raison de l’entêtement des « faucons » de la Majorité présidentielle d’opérer coûte que coûte un passage en force.
Les architectes de la tentative de contournement de la loi fondamentale et partant du glissement du mandat présidentiel comptaient sur la caricature légendaire du Congolais « BMW » (Beer, Money, Woman) esclave de la bière, de l’argent et du sexe pour réaliser en douceur leur « coup d’Etat constitutionnel ». Convaincus que la RDCongo n’était pas le Burkina Faso, ils pensaient que les manifestations de colère déclenchées pas les masses populaires à Kinshasa, au matin du lundi 19 janvier 2015, allaient s’arrêter dans le périmètre du Palais du Peuple.
Ils croyaient qu’après avoir laissé s’époumoner et s’essouffler l’Opposition parlementaire avec ses sifflets et chants le lundi 12 janvier 2015 dans la salle des Congrès du Palais du Peuple, les manifestants des rues de la capitale allaient, eux aussi, capituler au bout d’une journée de « combat ». Erreur ! L’onde de choc a non seulement gagné tout Kinshasa mais aussi embrasé les principales villes des provinces de la République. La RDC a failli se transformer en « copie collée » du Burkina Faso, n’eut été la sagesse des Sénateurs et de leur président, Léon Kengo wa Dondo, qui ont su lire à temps les signaux de ce que voulait réellement le souverain primaire, véritable détenteur du pouvoir.
Pour avoir méprisé l’opinion interne plusieurs mois durant, la Majorité présidentielle s’est compliquée les bidons pour les mois et semaines à venir, car le Congolais « BMW » ne rêve désormais plus que d’une chose : la fin des mandats des animateurs actuels des institutions de la République et le renouvellement du personnel politique, à travers les urnes, dans les délais constitutionnels. Depuis le 23 janvier 2015, plus aucun décideur politique ne reconnaît avoir soutenu la thèse du référendum, de la révision constitutionnelle ou de la loi électorale.
L’image du Congolais distrait, naïf, peureux, analphabète, affamé, mendiant… à qui il suffisait d’offrir une bière, une brochette de viande avariée, un polo, un pagne, un bol de sel, un savon, un stylo, un cahier, un bonbon, un biscuit… pour être élu, a été démentie par les événements de la semaine dernière. Tous ceux qui voyaient dans le Congolais « BMW » le prototype du parfait « mouton de Panurge », prêt à s’aligner à la position du plus offrant, savent à présent qu’il a une forte capacité de lecture des enjeux politiques d’hier et d’aujourd’hui.
Et demain ?
Demain, les « héros » des journées folles du 19, 20, 21, 22 et 23 janvier 2015 attendent impatiemment d’être conduits aux urnes par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), afin qu’ils puissent traduire dans les urnes leur volonté de changement ou non de gouvernance. La leçon à tirer de l’implosion sociale de la semaine dernière est que ceux qui ont la responsabilité de gérer le processus électoral évitent de commettre l’erreur de chercher encore à gagner du temps ou à tripatouiller les textes appelés à donner au peuple congolais des élections réellement libres, démocratiques et transparentes.
Le pari à gagner par les décideurs politiques actuels est de ne plus chercher à énerver ce Congolais « BMW » qui a décidé de s’approprier le processus électoral et de se choisir, dans les délais légaux et selon des règles du jeu clairement définies, les futurs animateurs des institutions de la République. Le vent de la libération de la démocratie des griffes de ceux qui tenaient à la privatiser pour une durée indéterminée souffle tellement fort qu’il serait difficile de l’arrêter.
Kimp

Kamitatu, « souhaite une plus grande appropriation par la société du Rapport-ITIE 2012 »























C’est depuis le 29 décembre 2014 que la RD-Congo a publié son Rapport-ITIE 2012, 5ème de la série depuis qu’elle a adhéré à la norme internationale Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) en 2005.
Le Rapport 2012 de l’ITIERDC a ceci de particulier car il est le premier après que la RD-Congo ait obtenu le statut de « pays conforme » à la norme ITIE. Cette publication démontre que la République démocratique du Congo (RD-Congo) est résolument engagée dans la promotion de la bonne gouvernance de ses ressources naturelles. La RD-Congo ne s’est donc pas endormie sur ses lauriers comme le craignaient certains analystes. L’annonce officielle de la publication du Rapport 2012 a été faite le jeudi 15 janvier 2015 au nouveau siège du Secrétariat Technique de l’ITIE-RDC, situé dans la Commune de la Gombe sur l’avenue Roi Baudouin non loin de la primature, par le tout nouveau ministre du Plan et Président du Comité mité exécutif de l’ITIE-RDC, Olivier Kamitatu Etsu, avec à ses côtés le Professeur Jeremy MackDumba, Coordonnateur du Secrétariat Technique de l’ITIE-RDC. Le tandem Kamitatu-Dumba a animé avec beaucoup de maitrise et d’entrain cette conférence de presse. Le ministre Kamitatu notamment, connaissant bien le processus ITIE dont il a vu ses débuts, a étalé sa maîtrise sur les questions des ressources naturelles et au- delà en embrassant aussi les questions macroéconomiques et de conjoncture internationale où les matières premières, pétrole et cuivre notamment, voient la chute inexorable de leurs cours. Le ministre du Plan a dit espérer que la chute du métal rouge ne soit pas brutal et qu’elle s’estompe car notre économie et très dépendante de ce minéral. Pour revenir au rapport proprement dit, Olivier Kamitatu a souhaité qu’il soit le plus largement diffusé pour une meilleure appropriation par la société civile et l’ensemble de la population. Selon lui, ce rapport contribue à la transparence dans la gestion des ressources naturelles. Il met en évidence le fait que 64% des recettes de ‘Etat proviennent effectivement du secteur minier et pétrolier. Soit la somme de 1.043.117.978 USD$. Le secteur extractif, mine et pétrole, représente 98,7% des exportations de la RD-Congo. Ces deux secteurs c’est aussi 24% d’emplois rémunérés en RD-Congo. En termes d’apport au PIB, le Rapport ITIE-RDC 2012 renseigne qu’il représente l3%. C’est dire combien les ressources naturelles contribuent à l’économie nationale. Mais est-ce suffisant ? Telle est l’une des questions que le débat public devra trancher. Le périmètre de ce Rapport a concerné 93 entreprises déclarantes pour les mines et 25 pour le pétrole. Le seuil de matérialité (paiement minimum que doit effectuer une entreprise pour être intégrer dans le rapport) retenu est de 500.000 USD. Au cours des échanges avec la presse, le coordonnateur du Secrétariat de l’ITIE-RDC a dit que cette norme (ITIE) a notamment contribué à la clarification du « contrat chinois ». En outre, le professeur Mack Dumba a dit que la retentissante « affaire de 88 millions USD$ » détournés de la DGRAD a été élucidée car les 88 millions ont été retracés. Il s’est aussi félicité du fait que désormais les entreprises publiques de l’Etat présentent désormais des comptes audités. Ce qui n’est aucunement une obligation. Le coordonnateur a promis la publication des Rapports 2013 et 2014, respectivement en juin et en décembre 2015. Comme le ministre du Plan, il en appelle un grand débat public sur les conclusions de son Rapport. Un Rapport ITIE 2012 mieux présenté que les précédents avec plus détails, des graphiques et des camemberts qui montrent tous les aspects des revenus de l’industrie extractive. Enfin le professeur Mack Dumba a promis que les prochains Rapports s’appesantiront non seulement sur la collecte de l’information sur les revenus mais aussi sur l’affection de ses revenus dans le budget national. De la sorte, l’impact des revenus tirés des ressources naturelles sera plus palpable.

Mattieu KEPA

"La loi électorale amendée promulguée par J.Kabila"

"La loi électorale amendée promulguée par J.Kabila"





















Joseph Kabila a pris, hier lundi 26 janvier, une ordonnance pour promulguer la loi électorale, portant création et organisation de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Une loi dont le projet, pendant son examen au niveau du Parlement, avait divisé la classe politique.
Il a été même à la base de nombreuses manifestations organisées par le peuple congolais, à travers plusieurs villes du pays, pendant trois jours durant, pour contester l’article 8 de cette loi électorale, dans son alinéa 3, conditionnant la tenue des élections tant présidentielle que législatives nationales par le recensement de la population.
Seconde lecture
C’est ainsi que le Sénat, dans le cadre de la seconde lecture du projet de loi électorale, avait amélioré la disposition qui a été l’objet de contestation avant de voir la commission paritaire de la chambre haute et chambre basse extirper simplement le fameux alinéa 3 posant problème, sur l’instruction d’Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale.
Ainsi, à peine adopté au niveau du Parlement, soit un jour après, la fameuse loi électorale vient d’être promulguée par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, pour son application.
Ce qui étonne, c’est la vitesse dans laquelle le locataire du Palais de la Nation a procédé à la promulgation de cette loi électorale qui a été à la base des incidents survenus notamment à Kinshasa du 19 au 21 janvier 2015.
Glissement
L’opposition congolaise, dans son ensemble, ne voulait pas de cette loi révisée qui allait permettre le glissement du mandat du chef de l’Etat et de celui des députés nationaux au-delà.
Alors qu’une partie de la majorité présidentielle, à l’occurrence l’aile dure, tenait à tout prix à faire passer cette loi. Il a fallu l’intervention du peuple congolais, la vraie majorité sortir sur la rue et après des morts pour voir la disposition qui posait problème être élague. Des observateurs avertis soutiennent que, le chef de l’Etat, en promulguant dans un temps record la loi électorale portant création et organisation de la CENI, a voulu, lui aussi, décrisper la situation déjà très tendue au pays.
Par LKT