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lundi 31 décembre 2012

AFFAIRE FRANCIS KALOMBO: Je ne suis pas le pére de cet enfant...

AFFAIRE FRANCIS KALOMBO: 

Je ne suis pas le père de cet enfant...  







La tempête encore loin de se calmer au sein de l'opposition


Christian Badibangi annonce sa candidature au poste de porte parole







Qu'est-ce qui peut bien se cacher derrière ce défi que vient de lancer le député de l'opposition Christian Badibangi à sa famille politique ? Qui est derrière lui ? Ce sont des questions que tout le monde est en train de se poser suite à la dégradation des rapports, mieux, la rupture entre lui et le reste de l'opposition, représentée à l'Assemblée nationale, consécutive à son exclusion du groupe parlementaire UNC et Alliés qui l'a sanctionné pour avoir pris part aux pourparlers de Kampala boycottés par l'opposition.

Réagissant de son coté à cette décision, Christian Badibangi a animé une conférence de presse immédiatement après son retour de la capitale ougandaise; conférence au cours de laquelle il a expliqué les raisons de sa présence à Kampala, non sans s'en prendre ouvertement à ses collègues députés de quatre groupes parlementaires de l'opposition, à qui il a fait savoir qu'il n'avait de ligne de conduite à recevoir de qui que ce soit. Et quelques jours seulement après, revoici Christian Badibangi qui vient annoncer sa candidature au poste de porte parole de l'opposition.


Cette candidature a été annoncée par une nouvelle plate-forme qui vient de voir le jour, composée des partis politiques, des associations de la Société civile et des personnalités politiques. Elle se dénomme Union Sacrée de l'Opposition et Alliés, USO et Alliés en sigle. Sa sortie officielle a eu lieu samedi 29 décembre dans la salle des conférences du centre interdiocésain à Gombe, qui a servi de cadre à la conférence de presse animée par Christian Badibangi quelques jours plutôt. Dans leur déclaration, les partis, associations et personnalités de cette plate-forme ont fait part de leur décision de porter l'honorable Badibangi à la tête de l'USO et Alliés et lui ont demandé en même temps d'être le porte-parole de l'opposition. " Nous nous engageons à œuvrer comme collectif des forces politiques et sociales de l'opposition républicaine et responsable, dénommé USO et Alliés. Nous désignons à cet effet, l'honorable Christian Badibangi, président de l'Union Socialiste Congolaise, en qualité du président de la plate forme .Nous entendons assumer, à travers lui et ce, dans l'intérêt de la nation, le leadership de l'opposition politique consacrée par la constitution c'est-à-dire le porte parole de l'opposition.

Au mérite de ses nombreuses qualités, nous lui assignons le rôle de pacificateur, de fédérateur et d'unificateur autour de la lutte pour la sauvegarde de l'intérêt général de la nation " peut-t-on lire dans la déclaration de l'USO et Alliés. Mais, Christian Badibangi a-t-il les moyens de cette ambition ? Telle est la question que l'on se pose déjà au regard de sérieux défis qui se présentent à lui. En effet, selon le règlement intérieur de l'Assemblée nationale, l'électorat du porte parole de l'opposition est constituée exclusivement des députés nationaux et sénateurs de l'opposition où le parti de l'honorable Badibangi Union socialiste congolaise (USC) n'a qu'un seul député, à savoir, lui-même. L'on se demande dès lors, par quel miracle, Christian Badibangi, ouvertement en rébellion avec ses pairs de l'opposition au Parlement, sera élu porte parole. Mais ceci semble loin d'être une préoccupation pour lui. Répondant aux questions lui posées par des journalistes à ce sujet, il a fait savoir que tous les moyens sont bons et dit croire fermement en sa victoire.

Voilà un véritable défi que lance Christian Badibangi à l' opposition déjà divisée autour de cette délicate question du choix de porte parole entre deux noms qui circulent depuis un temps. Il s'agit de Vital Kamerhe, président de l'UNC qui compte une quinzaine de députés à l'Assemblée nationale et de Samy Badibanga, président du groupe parlementaire UDPS/FAC qui compte plus de 40 députés. Mais Christian Badibangi est-il la troisième voie qui va surprendre ?

A cette question, des spéculations enregistrées dans certains milieux proches de l'opposition soupçonnent la majorité qu'on accuse d'être derrière l'honorable Badibangi, de préparer un scénario qui pourrait aboutir à la modification au niveau de l'Assemblée nationale de la loi qui régit le fonctionnement de l'opposition politique aux fins, pense-t-on, d'élargir l'électorat pour le porte parole aux partis politiques de l'opposition extra parlementaire et permettre à Badibangi d'occuper le poste de porte parole. Mais de son coté, Christian Badibangi continue de nier tout soutien ou rapprochement avec la majorité.

Freddy Longangu

L'opposant badibangi donne le compte rendu de kampala


L'opposant Badibangi donne le compte rendu de Kampala





dimanche 30 décembre 2012

CONFÉRENCE-DÉBAT:


 Pillage Des Ressources Naturelles de la RDC: Crimes Et Impunité


Orateurs : Freddy MULUMBA
Professeur KIBANDA
Professeur BIYOYA
Jonas TSHIOMBELA



ÇA FAIT DÉBAT DU 28 Décembre




RDC - M23 de Kampala à Brazzaville !!!






KAMPALA VI: NÉGOCIATION SANS ISSUE ?


 
ÇA FAIT DÉBAT DU 21 DÉCEMBRE 2012 SUR LE PLATEAU DE TÉLÉ 50







Pourquoi il sera difficile de “sauver le soldat Bozizé”



Pourquoi il sera difficile de “sauver le soldat Bozizé”

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En position de force, les rebelles centrafricains demandent désormais le départ du président François Bozizé et n’excluent plus de s’emparer de Bangui. Dans la capitale, les habitants, terrés chez eux, espèrent que le président de l’Union africaine, M. Boni Yayi, arrivé sur les lieux, réussira à instaurer un dialogue entre le président et les rebelles du Séléka, une coalition de mouvements d’opposition, essentiellement issus du Nord du pays. Alors qu’ils ont plutôt la réputation de recruter des enfants-soldats et des « coupeurs de route », -ces bandes armées qui entretiennent l’insécurité dans la région-, les hommes du Séléka se sont mesurés avec beaucoup de professionnalisme et de pugnacité à des forces gouvernementales faibles. En outre, alors qu’en 2003, le président Bozizé avait conquis le pouvoir avec l’appui de forces tchadiennes et l’assentiment de la France, il n’a pu, cette fois, compter ni sur le soutien du président du Tchad, Idriss Deby ni sur celui de la France. Même si Paris a envoyé une centaine d’hommes en renfort, c’est en précisant qu’ils avaient pour seule mission de protéger les quelque 120 ressortissants français sur place.

Ancien directeur de Jeune Afrique, le journaliste et politologue Jean-Louis Gouraud connaît bien la Centrafrique et il estime que le président François Bozizé « n’a jamais eu réellement sa chance » : « lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 2003, il a trouvé un pays ruiné par les régimes précédents, l’ « empereur » Bokassa, le général Kolingba, son précédesseur Ange-Félix Patassé, ce dernier ayant été défendu par les milices de Jean-Pierre Bemba et soutenu par le colonel Kadhafi. Alors que les caisses étaient vides, que fonctionnaires et militaires n’avaient plus été payés depuis des années, les Européens, Français et Belges en tête, exigeaient, avant tout soutien budgétaire, l’organisation d’élections générales.

Bozizé a alors remporté deux scrutins successifs, il a négocié avec les groupes armés mais il a aussi demandé l’aide de la Chine, qui lui a consenti certains crédits. IL fut alors soupçonné de vouloir confier à la Chine l’exploitation des mines d’uranium, alors que la société française Areva, très présente sur le dossier, estimait que la demande mondiale n’était pas suffisante pour réaliser des investissements en Centrafrique. »

En dépit des circonstances atténuantes, Gouraud reconnaît les échecs du régime : « faute de moyens, l’administration n’a jamais été réellement remise en route, le bois tropical a continué à être exporté illégalement via le Cameroun, le diamant sort toujours en fraude. Et les hommes de l’Ougandais Joseph Kony, chef de l’Armée de libération du Seigneur, opèrent sans être inquiétés… » Avec réalisme, l’analyste français assure que : «même si le président a été élu par deux fois, et que l’arrivée à Bangui des rebelles risque de se traduire par la pagaille sinon par un bain de sang, la France n’est pas disposée à s’engager pour « sauver le soldat Bozizé ». La Centrafrique, ce n’est pas la Côte d’Ivoire, il y a moins d’intérêts en jeu… »

C’est au Congo Kinshasa, de l’autre côté du fleuve Oubangui, que l’évolution de la situation est suivie avec le plus d’intérêt. L’opposition congolaise accuse le président Kabila d’avoir envoyé à Bangui des éléments de la garde présidentielle. Gouraud rappelle que « avant 2001 déjà, Bozizé, opposant à Patassé, avait bénéficié de l’appui de Laurent-Désiré Kabila, il a ensuite été soutenu par son fils Joseph car il s’opposait aux hommes de Jean-Pierre Bemba… »

Si Bangui tombait aujourd’hui aux mains de rebelles étrangement bien armés et bien organisés, dont les revendications ressemblent à s’y méprendre à celles du M23 (respect de différents accords de paix) Kinshasa, via le fleuve, pourrait être prise à revers par des éléments hostiles.

François Bozizé demande à rencontrer François Hollande


François Bozizé demande à rencontrer François Hollande

  Shocked Shocked

BANGUI (AFP) - (AFP) - Le président centrafricain François Bozizé a demandé dimanche à rencontrer son homologue français François Hollande dans une allocution à l'issue de sa rencontre avec le président de l'Union Africaine Thomas Boni Yayi au sujet de la crise en Centrafrique.

"Je profite de l'occasion pour adresser au président français François Hollande ma disponibilité pour le rencontrer, si son programme le permet. Je crois qu'au cours de cette rencontre, nous pourrons débattre des questions profondes qui intéressent la République Centrafricaine, ce pays qui a trop souffert, abandonné à lui-même", a déclaré François Bozizé.

Le 27 décembre, lors de sa première sortie en public depuis le début des attaques de la coalition rebelle Séléka le 10 décembre contre les villes du Nord-Est, François Bozizé avait demandé à la France et aux Etats Unis d'aider son pays à faire reculer les rebelles.

"Nous demandons à la France et aux Etats Unis de nous aider à faire reculer les rebelles de façon à permettre la tenue du dialogue politique pour résoudre la crise centrafricaine", avait alors déclaré M. Bozizé

Le même jour, le président Hollande avait souligné que la présence militaire française en Centrafrique n'était pas destinée à "protéger un régime" contre l'avancée de la rébellion, mais les ressortissants et les intérêts français.

http://www.africatime.com/rdc/index.asp

vendredi 28 décembre 2012

Kinshasa, d’où viennent ces tueurs en tenue « hybride » ?


Kinshasa, d’où viennent ces tueurs en tenue « hybride » ?




Le gouvernement appelé à mettre un terme aux ordres de mission accordés à des agents armés en tenue civile.



En effet, depuis plus d’une décennie, l’industrie du crime en RDC s’est enrichie d’impressionnantes quantités d’armes de guerre de provenances diverses.

Point n’est besoin de rappeler ici qu’un certain nombre de ces armes a servi ou sert encore à renforcer les mouvements insurrectionnels, des groupes isolés de voleurs à main armée ou de tueurs individuels engagés avec pour mission de régler des comptes à des tiers !

A un moment donné, des efforts sporadiques avaient été faits dans le but de réduire au minimum le nombre d’armes de guerre détenues illégalement par le public. C’est ainsi que des opérations d’échange d’armes contre de l’argent comptant furent menées tambour battant dans la capitale (1 arme de guerre contre 100 dollars américains) et à travers les provinces (1 arme de guerre contre 50 dollars américains) !

Mais d’après des sources concordantes, aucune statistique sur le nombre d’armes et de munitions récupérées grâce aux dites opérations n’est disponible jusqu’à ce jour. Selon les mêmes sources, aucune indiction n’a été donnée non plus sur la destination finale des armes et munitions de guerre ainsi récupérées !


Une question au gouvernement


Comme on peut le constater, le mystère sur la provenance d’armes et de munitions de guerre détenues illégalement en RDC reste entier en l’absence d’une enquête indépendante susceptible d’éclairer l’opinion sur cette question d’intérêt national et international.

Mais quelle est la provenance de ces hommes puissamment armés qui tuent facilement aussi bien à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays et dont la tenue moitié militaire, moitié policière ou totalement civile déroute si souvent les enquêteurs d’élite ont dispose le pays ?

La dernière victime en date de ces tueurs en tenue hydride se trouve être un Général formateur d’élites militaires congolaises !
Il s’agit bien du Général Bikweto Ntuyenabo. Commandant du prestigieux centre d’instruction de Kotakoli (Equateur) il a été assassiné par balles lundi dernier entre 22 heures et 23 heures par des inconnus en tenue civile curieusement doublée de pardessus militaires et de la police nationale !
Depuis un certain temps les autorités du pays ne cessent de proclamer que le maintien de la sécurité est du ressort de la collectivité nationale, une oeuvre à laquelle tous les citoyens doivent apporter leur concours soutenu.

Mais comment tout en encourageant l’ensemble de la population du pays à prendre part à la lutte contre l’insécurité, le gouvernement autorisé-t-il des patrouilles effectuées par des militaires ou des policiers armés mais en tenue civile et donc susceptibles d’être confondus facilement avec les nombreux malfaiteurs qui écument actuellement les villes et campagnes du pays?

KAMBALE MUTOGHERWA

Le Lac Albert La poule aux oeufs d’or

Le Lac Albert La poule aux oeufs d’or
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«Pour comprendre une partie de la guerre de l’Est de la RDC, il faut s’arrêter sur le lac Albert».
Anciennement appeler Lac Mobutu Sese Seko, le lac Albert est l’un des plus grands lac d’Afrique, il se trouve dans la région dite des Grands Lacs, sur la chaine des lacs de la vallée du grand rift, à la frontière entre l’Ouganda et la république Démocratique du Congo. Le lac Albert est bordé au nord ouest par les montagnes bleus qui forment la ligne de partage entre les eaux du bassin du Nil et celle du bassin du Congo. Au Sud-Est, il est limité par le lac Victoria, l’une de ses sources provenant du Nil, et au Sud-ouest par la rivière Semliki en provenance du lac Edouard. A l’extrémité nord, il y a le Nil Albert, connu sous le nom de Nil des montagnes, lorsqu’il pénètre au Soudan.

L’Ouganda possède 57% du lac Albert, alors que la RDC n’en possède que 43%, il est l’un des lacs les plus poissonneux au monde, du côté ougandais par exemple, les captures de poissons sont évaluées à 22 000 tonnes/an dont 60% sont des tilapias (le lac Albert a un nombre important d’espèces de poissons, mais 50% sont en voie de disparition), la flotte de pêche sur le lac est passée de 760 bateaux au milieu des années 1960 à près de 6 000 en 2011.

Le lac Albert est une poule aux oeufs d’or noir, puisque se trouvant sur le bassin sédimentaire du Graben Albertine qui contient près de 2 milliards de barils d’hydrocarbures et de gaz naturels qui de ce fait, se trouve au centre d’une grande querelle entre la RDC et l’Ouganda à cause de la limite maritime des deux états . Cette querelle est l’un des grands enjeux de la situation dans la région des grands lacs, l’une des épines dorsales de la guerre de l’Est de la RDC. La présence de pétrole sur le lac Albert a été décelée depuis longtemps. Le côté ougandais a été exploré, dès 1938 par Shell et entre 1952 et 1954 du côté congolais.

Il a fallu attendre 1997 et la signature d’un premier contrat d’exploration entre le gouvernement ougandais et Heritage Oil et ensuite avec le gouvernement congolais, le 02 juin 2002 portant sur l’exploration d’un immense périmètre de 30 000 km2, allant de la ville de Rutshuru au sud du lac Edouard jusqu’à Mahagi à la pointe nord du lac Albert.

L’Ouganda étant très avancé dans la phase d’exploration, le gouvernement congolais accuse les sociétés travaillant en Ouganda de forer dans la nappe pétrolière congolaise, donc de voler le pétrole congolais, de son côté Kampala accuse Kinshasa de violer son territoire, les autorités ougandaises reprochent, à Kinshasa d’avoir établi un poste sur la rive transfrontalière du lac Albert. GOLI par exemple, dans le territoire de Mahagi (en Ituri, RDC) limitrophe du district ougandais de Nebri, fait l’objet d’un contentieux entre les deux pays, car la RDC y a établi un poste frontière. Les deux pays convoitent également l’île de Rukwanzi à la pointe sud du lac, une véritable éponge saturée de pétrole.

Selon un expert ougandais, les inquiétudes émises par le gouvernement congolais qui accuse l’Ouganda de forer sur sa nappe pétrolière ne sont pas techniquement fondées, car le pétrole du Graben Albertine n’est pas une nappe souterraine unique sur un champ, mais plutôt plusieurs blocs qui regorgent chacun une quantité bien évaluée, l’exploration et l’exploitation des blocs qui se trouvent sur la zone de démarcation font toujours l’objet d’un accord entre les deux Etats concernés, selon une législation internationale bien connue de tous les opérateurs pétroliers. Malgré ces affirmations, des intellectuels congolais parlent de pompage criminel du brut congolais sur le bassin commun du Graben Albertine par l’Ouganda.

Tant bien et malgré, un face à face officieux à exister et existe entre les armées des deux pays. Début août 2007, un ingénieur Britannique qui prospectait pour Heritage Oil, sur la partie ougandaise du lac a été retrouvé mort, Kampala avait accusé l’armée congolaise d’être l’auteur, du meurtre et quelques temps après, les forces armées congolaises (Fardc) ont fait prisonniers 4 soldats des forces de défense patriotique ougandaise (UPDF), deux jours plus tard, les deux armées, se sont affrontées autour d’une embarcation de la compagnie pétrolière Heritage Oil. Le 08 septembre 2007 Joseph Kabila Kabangue et Yoweri Kaguta Museveni signent un accord «Les Accords De Ngordoto (Tanzanie) «pour le respect des frontières hérités de la colonisation et prévoir, l’exploitation commune des nappes pétrolières du lac Albert. Le 25 Septembre, 17 jours seulement après les accords, un accrochage mortel entre Fardc et UPDF à eu lieu, un véritable échec pour le dialogue Ougando-congolais, mise en scène ou oiseau de mauvais augure pour les deux Etats, En tous cas, le président Joseph Kabila est accusé de haute trahison par l’opposition en étant de mèche avec le Rwanda et l’Ouganda (avec une main noire occidentale derrière) dans la déstabilisation de l’Est de la RDC, une déclaration de l’opposition existe et parle de preuve de complicité. L’ancien ministre de la justice de Laurent Désiré Kabila Père : Mwenze Kongolo dans son point de presse du 13 aout 2012 à corroborer cette accusation. A côté de cela, il y a une attitude commune au niveau des deux gouvernements, c’est celle d’écarter systématiquement la société civile, des activités liées au domaine pétrolier, les deux gouvernements ont, par le passé, été accusés de secrets et de mise en oeuvre des politiques d’exclusions de la société civile. En 2007, des membres de la société civile ont été exclus des commissions mixtes de sécurité entre les deux pays et des négociations des accords de pétrole. Pour preuve, un groupe de journalistes et d’activistes de la société civile de l’Afrique de l’Est qui ont accompagné des membres de l’Assemblée législative dans la visite des puits de pétrole dans le comté de Tonya Kaiso du côté ougandais furent impitoyablement refoulés, ce qui a fait croire que le gouvernement ougandais avait quelque chose à cacher dans l’exploitation des sites. Il faut noter aussi que ces sites sont gardés par Saracen Uganda une compagnie de sécurité proche du général Salim Saleh, le frère de Museveni.

Les territoires de Rutshuru et Lubero, autour du lac Albert côté RDC sont les zones à forte densité miliciennes où les groupes armées se battent régulièrement entre eux. C’est un véritable sanctuaire de milices. Déjà en mars 2003 Amnesty International avait accusé l’Ouganda d’instrumentaliser le conflit ethnique dans cette zone et que tous les groupes armés présents étaient, d’une manière ou d’une autre, des protégés du gouvernement ougandais et rwandais pour des raisons liées à l’exploitation des richesses. Certains observateurs pensent également que le président ougandais c’est immensément enrichi dans le pillage de l’or, autres minéraux précieux et l’exploitation du bois rares et précieux de cette zone de la RDC. Le 08 juillet 2012, la rébellion du M23 s’était emparé de la ville de Rutshuru et y a établi sa base. Le nouveau rapport de l’ONU sur la guerre de l’Est de la RDC, qui été publié en novembre 2012 et dont les principaux points ont été commentés par l’agence Reuters, accuse l’Ouganda et le Rwanda de soutenir la milice M23 depuis avril 2012, l’armée ougandaise aide ce mouvement à étendre son contrôle sur ce riche territoire, elle aurait également appuyé le M23 dans une série d’attaques autours desquelles un casque bleu a été tué en juillet 2012. Le gâteau du lac Albert, côté ougandais est subdivisé en 5 blocs, évalués autour de 1,1 milliards de barils. Les blocs 1, 2, 3 et 4 réputés potentiellement rentables sont partagés entre 3 grandes compagnies à savoir : Tullow Oil, Cnooc et Total. C’est Tullow Oil qui a signé le contrat de partage de la production avec le gouvernement ougandais et a cédé pour 2,9 milliards de dollar américain, un tiers de ses actifs à Cnooc et Total. Un oléoduc passera par le nord du Kenya pour atteindre la côte Est (Port de Mombassa), Les travaux sont estimés entre 2,5 et 5 milliards de dollars, Tullow Oil, Cnooc et Total joignent leurs forces sur un projet de développement composés de 3 centres pétro-gaziers : Buliisa, Kaiso Tonya et Kingfisher. La production visée, totalise 200 000 barils /jours sur 700 puits, pendant 30 ans. Le coût de développement sera compris entre 8 et 12 millions de dollars.

Le côté congolais du lac est subdivisé en 5 blocs, les données sismiques, évaluent les réserves pétrolières dans les entrailles du côté RDC, à 800 millions de barils soit 150 000 barils/jours et le gouvernement congolais envisage de construire un oléoduc de plus de 6500 km reliant l’Est du pays à la côte Atlantique «hydrocarbures du coeur de l’Afrique à l’Atlantique», un projet irréaliste.

Les blocs 1 et 2 qui couvrent la rive ouest du lac sont les plus convoités, d’abord par Tullow Oil en 2006, mais le Président Joseph Kabila a refusé de donner à Tullow Oil l’autorisation d’exploration et le 18 juin 2010, il avait approuvé le contrat de partage de production en faveur de Caprikat Ltd et Foxwhelp Ltd contrôlé par le très influent et jeune homme d’affaire Israélien Dan Gertler (il est née en 1973), également présent dans le diamond et le cuivre en RDC, président de DGI (Dan Gertler International) l’un des plus grands vendeurs de diamants au monde.

Lors de la signature du contrat, Caprikat Ltd a été représenté par l’un de ses actionnaires Clive Zuma Khulubuse, neveu du Président Sud Africain Jacob Zuma et Foxwhelp Ltd par Michael Hulley, l’avocat privé de Jacob Zuma qui d’ailleurs a été accusé d’avoir été très actif dans la signature du dit contrat.

Les bonus versés par Caprikat Ltd et Foxwhelp s’élève à 3 millions de dollars US par blocs, alors qu’une estimation de la valeur du seul bloc II est de 20 millions de dollars. Le 21 Septembre 2010, la Haute Cour de Justice des Îles Vierges, dans une décision temporaire, a opté pour le gel des activités de Capriktat Ltd et de Foxwhelp Ltd qui sont domiciliés aux Îles Vièrges, suite à une plainte de Tullow Oil, domicilié également aux Îles Vierges. La même année Capriptat Ltd et Foxwhelp Ltd avaient dépensé 50 millions de dollar pour des études sismiques 2D. Cette année, les 2 sociétés ont conduit à des études sismiques 3D et foré 2 forages d’exploration pour un coût de 50 millions de dollars et négocié un partenariat avec Total et Cnooc. Le bloc III a été accordé à Total et ce dernier est en partenariat avec la société Sud Africaine Sac Oil. Le bloc IV a été accordé fin 2011 à Albatros Oil DRC filiale congolaise d’un consortium canado-américain basé à Houston (USA). Cette société a injecté pour les deux premières années pour la phase de prospection un peu plus de 700 millions d’USD, y compris pour le permis octroyé sur le Graben Tanganyka au nord de la Ruzizi et Kigoma. Le bloc V a été attribué le 05 Décembre 2007 à Dominion Petroleum Congo, une société sud africaine, SOCO PLC et Cohydro, le bloc couvre 50% de la superficie du Parc National des VIRunga, le plus vieux parc d’Afrique, patrimoine mondial de l’humanité. En octobre 2011, SOCO a été autorisée à mener des activités d’exploration dans le Parc National des Virunga, se confrontant à deux logiques contradictoires, celle du profit généré par l’Or noir et celle de la conservation de la nature.

En somme, un minimum de 5 années séparent,l’Ouganda et la RDC en matières de recherches et d’exploitation proprement dite, l’Ouganda compte débuter sa production d’ici 2014. La situation de sanctuaire de plusieurs groupes armés et de jungle politique du côté de la RDC, organisé de main de maître par l’Ouganda qui deviendra bientôt un producteur de «pétrole du sang» pour prendre l’expression d’Edward Zwick, le réalisateur du film «le Diamond de sang», la fait traîner. Georges Clemenceau, n’avait-il pas dit «qu’une goutte de pétrole vaut une goutte de sang». Quand au pétrole congolais du Lac Albert,il sera produit aux prix des larmes et du risque de la disparition de 200 espèces de mammifères dont plus d’un quart de la population mondiale des gorilles, 700 espèces d’oiseaux, près de 2000 plantes dont 10% sont endémiques à cette zone, donc la perte du statut de patrimoine mondial de l’Humanité du Parc National des Virunga.

Enfin, en ouvrant grand mon oeil sur l’Est de la RDC, nous constatons que les Etats Unis entretiennent une très importante ambassade à Goma dans le KIVU (comme à l’époque, le Camp Bondsteel à l’Est du Kosovo avec sa «Task Force East»). Serontils, comme pour le Kosovo, les premiers à reconnaître 2 nouveaux états, à savoir le Kivu et l’Ituri ? Nous nous souviendrons que dans une brève histoire de l’avenir, édition Fayard 2006, Jacques Attali avait parlé de la disparition de la RDC d’ici 2020, en d’autres termes, la balkanisation de la RDC, par les puissances occidentales via l’Ouganda et le Rwanda qui tiennent cette zone avec des tenailles pour s’assurer l’accès illimité de ses immenses richesses minières pour les prochaines décennies avec la complicité des multinationales anglo-américaines.

La récente offensive militaire du M23, qui s’est soldée par la prise de Goma, en dit long sur la complexité de la crise et des enjeux géostratégiques de la région des Grands Lacs, où se développe, au grand dam des Nations Unies qui dispose de l’une des plus importantes missions militaire, soit 19000 hommes, un courtage militaro-minier et politique dont le peuple de la RDC paie le plus lourd tribut. Devrons-nous comprendre, malgré les appels et la réaffirmation l’intangibilité des frontières, que l’avenir de la RDC est entrain d’être une fois de plus scellée par les firmes occidentales qui profitent du chaos permanent entretenu par les groupes armées à la solde du Rwanda pour mettre en exergue le plan de la balkanisation de la RDC ?

En se rappel, lors de l’avancée du mouvement de Laurent Désiré Kabila, encadré par le Rwanda et l’Ouganda, avait révélé au grand jour l’ambition démesuré du Rwanda d’envahir une partie du Congo pour les cause d’espace vitale. Et on s’en souvient en son temps que le président Kagamé avait demandé clairement la révision des tracés frontaliers hérité de la colonisation. Plus tard, il demande à Nicolas Sarkozy de demander la gestion régionale des richesses de la RDC. Face a toutes ces pistes, si les congolais n’y prennent garde, cette situation conduira lentement mais sûrement le pays vers le morcellement, planifié par les puissances du mal qui opèrent dans l’Est de la RDC. Le président Kabila devrait revoir son positionnement diplomatique dans la région et consulté l’ensemble des forces vives de la RDC pour éviter au pays un psychodrame car le pays de Lumumba ne mérite pas cette humiliation. Ce dernier l’avait perçu au lendemain des indépendances, c’est ce qui l’avait emmené à opter pour l’Etat unitaire au détriment de l’Etat fédéral souhaité par les belges et les occidentaux qui n’avaient pas hésité un seul instant de soutenir la sécession de Moise Tchombé. La RDC devrait se rappeler du message de Henri Kissinger au sujet du Soudan. Ce dernier déclarait en 1960 que «tôt ou tard le Soudan du sud se détachera du Soudan du nord et nous nous y emploierons». Quelque 50 ans plus tard ce voeux machiavélique de l’axe qui imposa au monde le nouvel ordre mondial actuel se réalisa.

C’est dans ce contexte qu’il est impérieux d’instaurer un dialogue régional entre le Rwanda, l’Ouganda et la RDC avec l’implication de la Belgique, des Etats Unis, de la Grande Bretagne, de la France, en vue de trouver une issue a la crise qui secoue l’Est de la RDC.

Les groupes armées, qui opèrent dans à l’Est de la RDC, ne sont que des marionnettes téléguidés par le Rwanda qui met en exergue sa politique de la légitime défense préventive dans laquelle elle se camouffle pour continuer à maintenir son influence dans une partie de la RDC dont il dispose de puissantes ramifications à travers les congolais d’origine rwandophones connu sous le vocable de Banian Mulengué, qui constituent l’ossature du M23.


Dossier réalisé par :


Arsene Frankeur Nganga et Rodrigue Fénelon Massala

Voir Aussi :

La présence des troupes de la RDC en Centrafrique n'a pas de lien avec le conflit, dit Kinshasa


La présence des troupes de la RDC en Centrafrique n'a pas de lien avec le conflit, dit Kinshasa

( Xinhua )

28.12.2012 à 13h21


La présence des troupes de la RDC en République centrafricaine n'a pas de lien avec le conflit dans ce pays, a indiqué jeudi le ministre congolais des Médias et le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

Le ministre congolais a fait cette déclaration en réaction aux accusations de la rébellion centrafricaine selon laquelle la RDC aurait envoyé des troupes en République centrafricaine pour soutenir le régime du président François Bozize.

"Les troupes congolaises sont à Bangui depuis près de trois ans dans le cadre de la force multinationale d'Afrique centrale (FOMAC) ", a rappelé le ministre Mende.

Le ministre Mende a ajouté que la RDC subit déjà les conséquences de la crise centrafricaine en accueillant près de 4. 000 réfugiés centrafricains, à Zongo, dans le district du Sud- Ubangi, province de l'Equateur.

"Nous sommes déjà très préoccupés pour apporter assistance à ces populations qui fuient les hostilités dans leur pays", a-t-il affirmé.

La rébellion centrafricaine Séléka, qui menace de renverser le régime de Bozize, a accusé Kinshasa d'avoir envoyé des soldats à Bangui, via Zongo, dans le cadre de la FOMAC, pour soutenir le président Bozize.

Selon la rébellion centrafricaine, des soldats congolais auraient été installés au camp Beya, le quartier général de l'armée centrafricaine, et pourraient être rejoints par les militaires d'autres pays.


Le député de l’opposition Martin Fayulu réclame un «dialogue politique intercongolais»


Le député de l’opposition Martin Fayulu réclame un «dialogue politique intercongolais»



Martin Fayulu, coordonnateur des Forces acquises au Changement (FAC), une plate-forme de l’opposition congolaise, a réclamé, jeudi 27 décembre au cours d’une conférence de presse, «un dialogue politique intercongolais pour mettre fin à la guerre qui sévit dans l’Est de la RDC». Il a estimé que les pourparlers engagés entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23 vont échouer. Les rebelles du M23 occupent plusieurs localités de la province du Nord-Kivu a obtenu ces négociations en contrepartie de son retrait de la ville de Goma qu’il a occupé pendant une dizaine de jours à la fin du mois de novembre dernier.
« Point n’est besoin de rappeler que les négociations de Kampala sont une chronique d’un échec annoncé et nous ne pouvons rien en attendre », a déclaré Martin Fayulu.

Pour ce député de l’opposition, le dialogue intercongolais qu’il préconise porterait également sur les questions de:

- la mise en place d’une armée républicaine et la réforme des services de sécurité

- le respect des droits humains

- la correction et la poursuite du processus électoral

- la mauvaise gouvernance, la corruption et l’impunité

- pillage des ressources naturelles

- relations entre la RDC et ses voisins

Par ailleurs, Martin Fayulu a salué les initiatives prises par quinze ONG qui ont interpellé le président Américain Barack Obama sur la guerre dans l’Est ainsi que celle des certaines personnalités internationales qui ont plaidé, dans une tribune publiée dans le journal français Le Monde, une résolution des Nations unies permettant aux casques bleus de la Monusco « d’appliquer réellement leur mandat » en RDC.

Réagissant à la déclaration de Martin Fayulu, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a estimé que le député de l’opposition « fait des amalgames ».

Il a affirmé que le gouvernement discute ou se bat contre « ceux qui nous font la guerre ».

« Nous avons une guerre d’agression qui nous a été imposée et qui est définie par le monde entier comme une agression extérieure. Monsieur Fayulu croit que c’est lui qui nous fait la guerre. Je ne pense pas que c’est l’opposition qui fait la guerre à ce pays », a-t-il indiqué.

Le gouvernement congolais, l’Onu ainsi que plusieurs organisations accusent le Rwanda de soutenir la rébellion du M23.

Au sujet de la bonne gouvernance, il a reconnu que la RDC connaissait des problèmes dans le domaine.

« Que monsieur Fayulu se renseigne un peu, je ne pense pas qu’il trouvera un seul pays au monde où il n’y a pas de problème », a ajouté Lambert Mende.

« S’agissant du processus électoral, a poursuivi le porte-parole du gouvernement, il faut lui [Martin Fayulu] rappeler qu’il vient de participer comme parlementaire à une négociation qui s’est très bien terminée sur la réforme de la Commission électorale nationale indépendante qui est coulée maintenant dans la loi ».

http://radiookapi.net/actualite/2012/12/28/rdc-le-depute-de-lopposition-martin-fayulu-reclame-dialogue-politique-intercongolais/

jeudi 27 décembre 2012

RDC : Matata Ponyo sur la sellette ?






RDC : Matata Ponyo sur la sellette ?


Le Premier ministre de la République démocratique du Congo, Augustin Matata Ponyo se trouve dans une situation très inconfortable. Depuis la reprise de la guerre à l'Est du pays et la suspension du prêt du FMI accordée à la RDC, le Premier ministre pourrait servir de fusible à un président Joseph Kabila, lui-même très affaibli.

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Les heures d'Augustin Matata Ponyo sont-elles comptées à la tête du gouvernement congolais ? Beaucoup le pensent à Kinshasa. Les sites Direct.cd et CongoNews affirment même qu'il pourrait démissionner. Il faut dire que depuis quelques semaines, le Premier ministre congolais enchaîne les déconvenues. A commencer par la crise dans les Kivus.

"Impuissance" gouvernementale à l'Est

Sur le front de la guerre à l'Est, le Premier ministre n'a jamais vraiment eu la main sur le dossier. Le conflit avec les rebelles du M23 est directement géré par la présidence et l'Etat major de l'armée. Sa responsabilité est donc limitée. Mais sur le plan diplomatique, qui dépend directement de son gouvernement, Matata Ponyo n'a pas su convaincre. Dans une tribune publiée dans le quotidien français Libération, le Premier ministre congolais appelle la communauté internationale à "aider la République démocratique du Congo". Pour l'essayiste Gaspard-Hubert Lonsi Koko, Matata Ponyo signe là un aveu "d'impuissance" et ne fait que confirmer "l'aspect moribond de la diplomatie congolaise" (voir son article). 

La majorité présidentielle se fissure

Dans la majorité présidentielle, à Kinshasa, on juge également l'action du Premier ministre "un peu faible". Il faut dire que Matata Ponyo n'a jamais fait complètement partie du "sérail politique" congolais. Membre discret du PPRD (le parti présidentiel), Matata Ponyo n'a jamais été considéré par ses pairs comme "un politique", mais plutôt comme un "simple technocrate". La majorité présidentiel commence d'ailleurs à se craqueler depuis quelques mois. Certains dans la majorité n'ont toujours pas digérer le choix de ce Premier ministre "technique", très éloigné du cercle des "purs et durs" du PPRD, qui n'attendent que la chute.

Un Premier ministre pour rassurer

Pourtant le choix de Matata Ponyo paraissait judicieux de la part de Joseph Kabila (voir cet article d'Afrikarabia). Après les élections frauduleuses de novembre 2011, le président Kabila cherchait un homme de compromis à la primature. Il souhaitait également à rassurer la communauté internationale et les nombreux bailleurs de la RDC, échaudés par sa réélection contestée. Matata Ponyo semblait parfait pour le job. Il avait l'avantage de connaître parfaitement les grands équilibres macroéconomiques, ainsi que les principales institutions internationales. Formé en économie monétaire et internationale à l'Université de Kinshasa, où il avait été professeur assistant, il avait ensuite suivi une brillante carrière au sein de la Banque Centrale du Congo (BCC).

Quand Matata ne rassure plus le FMI

Mais après le dossier de l'Est, le Premier ministre a trébuché dans un autre domaine, plus ennuyeux pour son image : l'économie. Le FMI a en effet annoncé début décembre, la suspension du prêt de 240 millions de dollars à la République démocratique du Congo. Le FMI accuse la RDC de ne pas avoir publié toutes les informations concernant plusieurs transactions relatives à des contrats miniers. Un coup dur pour Matata Ponyo, économiste de formation, qui juge la décision du FMI, "disproportionnée". En cause : l'opacité de certains contrats entre la Gécamines (la société minière d'Etat) et l'entreprise Straker International Corporation, immatriculée dans les îles Vierges. L'avertissement du FMI tombe au plus mauvais moment : le Premier ministre tentait depuis plusieurs semaines de convaincre les investisseurs étrangers de venir faire des affaires en RDC.

Si Matata Ponyo n'arrive plus à convaincre le FMI, à quoi sert-il ? semble-t-on se demander à Kinshasa, surtout que le contexte politique est des plus instable. Avec les négociations délicates entre le gouvernement et le M23, le président Kabila pourrait bien être tenté de se servir de son Premier ministre comme fusible en cas de problème. Devant l'impasse des discussions avec la rébellion, qui demande la démission de Joseph Kabila, on parle de plus en plus de la composition d'un gouvernement d'union nationale… seul moyen, disent certains, de sortir de cette crise "par le haut". L'évolution des négociations avec le M23 et le rapport de force sur le terrain militaire détermineront la viabilité plus ou moins longue du gouvernement Matata Ponyo. Pour l'instant, les négociations sont au point mort et l'avantage militaire est toujours du côté du M23. Pour combien de temps ?

Christophe RIGAUD - Afrikarabia
Photo : Matata Ponyo à Paris 2012 © Ch. Rigaud www.afrikarabia.com

RDC-RCA : La garde présidentielle congolaise à Bangui ?


RDC-RCA : La garde présidentielle congolaise à Bangui ?


Côté congolais, rien n'a filtré sur la présence de troupes congolaises à Bangui. Deux questions restent pour le moment sans réponse : le parlement congolais est-il au courant de l'envoi de ces soldats ? et pourquoi le président Kabila dépêche-t-il des troupes en Centrafrique alors que sa propre armée peine à venir à bout des rebelles du M23 à l'Est de la RDC ?



La rébellion Séléka qui menace de renverser le régime du président François Bozizé en Centrafrique, affirme que la RDC aurait envoyé 300 soldats de la garde présidentielle à Bangui. La rébellion centrafricaine demande aux troupes congolaises de "ne pas rentrer dans le conflit". Ces troupes interviendraient dans le cadre de la force multinationale d'Afrique centrale (FOMAC) et seraient stationnées au camp Beya de Bangui.

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Le président Joseph Kabila va-t-il prêter main forte à François Bozizé, menacé par une rébellion en Centrafrique ? C'est ce que croit savoir la coalition Séléka qui a repris les armes depuis le 10 décembre et progresse dangereusement vers Bangui. La rébellion affirme à Afrikarabia que "300 éléments de la garde présidentielle de République démocratique du Congo (RDC) ont été dépêchés à Bangui, via la Zongo". Les soldats congolais auraient été accueillis par un bataillon d'infanterie amphibie et installés au camp Beya, le quartier général de l'armée centrafricaine. Selon la Séléka, ces militaires interviendraient dans le cadre de la force multinationale d'Afrique centrale (FOMAC) et pourraient être rejoints par d'autres pays, comme le Gabon. Les rebelles demandent aux troupes de la FOMAC de "rester neutre, de ne pas rentrer dans le conflit" et de "protéger la population des exactions de Bozizé".

A l'heure où les rebelles de la Séléka affirment se tenir "à moins de 30 km" de la capitale centrafricaine, l'envoi des troupes congolaises, si minces soient-elles, confirme l'isolement diplomatique du président Bozizé. Le Tchad, son plus fidèle allié, semble faire "le service minimum". Les troupes d'Idriss Déby, se sont prépositionnées dans le Nord et le Centre du pays, mais n'ont jamais constitué un obstacle pour l'avancée des rebelles. La coalition affirme "contourner" les forces tchadiennes, sans affrontement. La France et les Etats-unis, n'ont pas donné suite aux demandes d'assistance du président Bozizé, se contentant d'évacuer ou de protéger leurs ressortissants.

Côté congolais, rien n'a filtré sur la présence de troupes congolaises à Bangui. Deux questions restent pour le moment sans réponse : le parlement congolais est-il au courant de l'envoi de ces soldats ? et pourquoi le président Kabila dépêche-t-il des troupes en Centrafrique alors que sa propre armée peine à venir à bout des rebelles du M23 à l'Est de la RDC ?

Christophe RIGAUD - Afrikarabia



http://afrikarabia2.blogs.courrierinternational.com/archive/2012/12/27/rdc-rca-la-garde-presidentielle-congolaise-a-bangui.html

Boulevard Lumumba : déjà les premiers trous à coté de Lumumba !


Boulevard Lumumba : déjà les premiers trous à coté de Lumumba !




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Après le pont N'Djili, un tronçon de près 200 m de route en terre, présage une véritable catastrophe en cette période de précipitations régulières et abondantes. Les travaux de réhabilitation et de construction du boulevard Lumumba semblent au point mort. La célérité empreinte d'enthousiasme, observée pendant les préparatifs du XIVème sommet de la Francophonie en octobre dernier à Kinshasa s'est muée en léthargie. Sauf à quelques endroits où les tracteurs des entreprises chinoises sont encore perceptibles. En l'occurrence le pont N'Djili séparant les deux districts de Tshangu et Mont- Amba.

Si la raison a été d'offrir aux hôtes de la capitale, des routes de standing international, l'idéal aurait alors été qu'on maintienne le cap. Ce ne qui ne parait visiblement pas le cas. Par conséquent, de longs tronçons de routes demeurent encore des chantiers. C'est le cas du Boulevard Lumumba dont les travaux de la deuxième phase, partant de la 18ème Rue Limete à l'aéroport international de N'Djili, attendent leur touche de finissage. Entre-temps, la couche de roulement posée pour faciliter la fluidité du transport en commun, commence à se dégrader. Les usagers de ce tronçon de la voie observent impuissants et avec indignation, les premiers nids de poule juste en diagonale du monument Lumumba. Et, même à quelque vingt mètres peu avant cette statue, le boulevard Lumumba présente des fissures qui n'augurent point de lendemains meilleurs pour ses usagers.

APRES LE PONT N'DJILI, LA DESOLATION
Immédiatement après le pont N'Djili, il ne fait plus beau conduire. Sur un tronçon d'environ 200 mètres qui borde le quartier 8 de la commune de N'Djili, le boulevard Lumumba présente un décor désolant. La couche asphaltée, héritage du colonisateur belge a été précipitamment détruite. Ce déblayage avec autant de zèle, paraissait aux yeux des habitants de l'Est de la capitale congolaise, non sans raison,comme un signe précurseur de la modernisation de cette partie de la route. Plusieurs mois après, les espoirs de cette même population ont tourné en leurre. L'enjolivure affligeante après la pluie parce que la terre jaune s'y transforme en importante couche de boue. Ce qui ne facilite pas la circulation ni pour les piétons ni pour les automobilistes.

Au stade actuel, on a l'impression que la priorité est accordée aux grands travaux. C'est-à-dire des ouvrages requérant un peu plus d'expertise et de moyens. En l'occurrence la construction des ponts. Ce qui est normal. Mais si c'est ça la raison, le bon sens voudrait qu'on s'interroge sur le planing des travaux. Pourquoi s'était-on empressé à détruire le bitume préexistant, bien qu'en mauvais état, si les travaux ne devraient pas suivre dans de meilleurs délais ?

LA 1ère ENTREE N'DJILI : UNE ROUTE DE LA MALEDICTION ?
Quiconque aura séjourné à Kinshasa, sans passer par l'entrée N'Djili, aura manqué un bon sujet de commentaire. Après la pluie, cette artère communément appelée "Route Sainte Thérèse ", n'a rien à envier au parcours utilisé pour la compétition sportive Paris-Dakar. Au départ du Boulevard Lumumba jusqu'à l'ex- station-service Shell au quartier 7, cette route est jonchée de plusieurs grands trous béants ne permettant pas aux automobilistes de circuler normalement. Ici, on ne roule ni à gauche ni à droite ni au centre. Plutôt, on roule partout. Mais en prenant le soin de choisir les trous les moins profonds. Aux bas mots, la première entrée de la commune de N'Djili est une route de toutes les malédictions. Et dire que le calvaire de la population ne s'arrête pas là. Les N'Djilois portent leur croix jusqu'au quartier Cecomaf.

Depuis plus d'une décennie, la route Cecomaf en dégradation spectaculaire, rappelle les vestiges historiques d'une artère asphaltée. Rien n'y renseigne presque. Et pourtant, jusqu'à la fin des années 80, la route Cecomaf faisait la fierté des populations de l'Est de Kinshasa. Cette artère comptait parmi les mieux entretenues de la voirie urbaine, au point que l'ex-Société de transport au Zaïre (SOTRAZ), en avait fait un réseau d'exploitation. Au jour d'aujourd'hui, la route Cecomaf représente un très long couloir d'enfer. Mais face à la demande, certains transporteurs parviennent quand même à défier la nature. Un affront non sans conséquences. Car, la plupart des tacots desservant la route Cecomaf tombent en panne, avant même d'arriver à destination. Comme c'est le cas avec le boulevard Lumumba, les travaux amorcés sur cette route, se sont nettement stoppés.

En cette période de pluviosité abondante et presque régulière à Kinshasa, la voirie urbaine mérite une attention singulière. Particulièrement aux différents endroits pour lesquels, Forum des As a consacré un plaidoyer depuis plusieurs semaines. La route de Kimwenza n'est pas en reste. 


Les révélations sur l'arrestation de J.P Bemba

Un Ex-responsable des nations unies, monsieur MALIK DECHAMBENOIT, de nationalité ivoirienne et basé actuellement en RSA a révélé sur RFI, ce 8 déc 2012, le modus operandi effectué par la MONUC et la RDC pour l'arrestation de Bemba, LUBANGA et les autres congolais se trouvant à la CPI. Il éclaire également l'opinion sur l'affaire NKUNDA et les guerres à l'Est.


Mort Général Bikueto: RFI politise, Mende dément l'origine rwandophone comme mobile.


Mort Général Bikueto: RFI politise, Mende dément l'origine rwandophone comme mobile.

Mercredi, 26 Décembre 2012 23:25 LE POTENTIEL



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La mort du général Bikueto Tuyenabo, « abattu par des voleurs à main armée » dans la nuit du lundi 24 décembre à Kinshasa au quartier Jamaïque (commune de Ngaliema) n’aurait « rien à voir avec ses origines rwandophones », a indiqué mercredi à lepotentielonline.com le ministre des Médias Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC).


« Rien à voir avec ses origines rwandophones. Le général Bikueto Tuyenabo a été abattu la nuit de Noël à Kinshasa par des voleurs à main armée qui braquaient les cambistes près de chez lui alors qu’il y rentrait sans sa garde, après avoir raccompagné des visiteurs. Il n’avait aucune affectation ces derniers temps, après avoir servi à la base de Kamina (Katanga) il y a quelques années. Il a interpellé les bandits qui lui ont tiré dessus alors qu’il dégainait pour protéger les victimes. C’est une mort héroïque », a-t-il expliqué.


Et alors que les premières informations le présentaient comme « le commandant second de la base militaire de Kitona dans le Bas-Congo », le ministre congolais des Médias a affirmé qu’« il n’a jamais servi à Kitona ».


« Le général Bikueto était un ex-FAZ (Forces armées zaïroises). Il appartenait à la 3ème promotion (1971-1973) de l'EFO/Kananga la même promotion que le général Oleko de la police nationale. Il a fait l'infanterie avancée aux USA et était Technicien d'Etat Major issu de la 14ème promotion de l'ECEM. Il était un officier bien formé et un Ranger (commando). L'école de formation d'officiers (EFO) de Kananga est en deuil. 3éme promotion 1971-1973 », témoigne Lidjo sur le site de Radio Okapi.

« Un vrai commandant, un ancien commandant à Mbandaka (Equateur), toujours souriant », ajoute Akilimali. « Le général Bikueto était un Hutu congolais », selon un autre témoignage.


« Une exécution politique », rapporte RFI


Le général Bikueto Tuyinabo, d'expression kinyarwanda, a été assassiné à Kinshasa la nuit de Noël. Il était le commandant second de la base militaire de Kitona dans le Bas-Congo.
D'après les premiers éléments de l'enquête, ses meurtriers seraient des malfaiteurs venus braquer le bistrot où il se trouvait. Une thèse à laquelle ne croient pas certains des proches du général.

Il était le commandant second de la base militaire de Kitona dans le Bas-Congo. Le général Bikueto Tuyinabo est sans doute venu dans la capitale pour les fêtes de fin d’année. Ce lundi, le général sort, seul, à pied, aux heures du soir, pour prendre l’air au quartier Jamaïque, dans la commune de Kintambo, au nord-ouest de Kinshasa.

A une cinquantaine de mètres de sa résidence, il trouve un bistrot. Soudain, surgissent trois hommes armés en civil. Des coups de feu retentissent. Dans le quartier, on pense à des pétards ; c’est la nuit de Noël. La population déchante vite. Le général Bikueto est touché au ventre, à la poitrine et aux jambes. Il aurait riposté en tirant avec son revolver et aurait même blessé un des assaillants. Le temps que sa garde arrive, trop tard, les assassins se sont déjà sauvés.


Conduit à l’hôpital, le général a succombé peu après. Les assaillants seraient des brigands venus pour braquer le bistrot. Une thèse à laquelle ne croient pas certains des proches de Bikueto Tuyinabo.


« C'était un assassinat planifié, une exécution politique », affirment-ils. Ils parlent d'une stratégie qui viserait l'exécution de leaders hutus-congolais pour discréditer le gouvernement congolais en l'accusant de faire la chasse à tous les rwandophones. Cette stratégie devrait permettre une balkanisation de la RDC, par la création d'une province où ne vivraient que hutus et tutsis.

Si les premiers éléments de l'enquête mènent vers un crime de droit commun, la police reste prudente. Elle affirme que certains gestes de ceux qui ont abattu le général soulèvent des interrogations. Les criminels ont fouillé la victime et ont emporté sa carte d'identité militaire, son arme et d'autres effets.


Témoignages recueillis par Radio Okapi


Le général des Forces armées de la RDC, Bikueto Tuyenabo, a été abattu par des hommes armés habillés en tenue civile le lundi 24 décembre dans la soirée à quelques mètres de sa résidence dans la commune de Kitambo à Kinshasa. Il était le commandant du centre d’entraînement de Kotakoli dans la province de l’Equateur.


« C’était vers 21h30. J’ai vu passer le général. Je l’ai salué et présenté des vœux. Il m’a répondu. Après cinq minutes, on a entendu des bruits des balles mais on a cru que c’était des pétards », raconte un voisin.


« C’est au troisième coup de feu qu’on s’est rendu compte que c’était des balles réelles », poursuit-il, indiquant avoir vu un corps étalé par terre sur l’avenue quand il est sorti de sa maison avec sa mère:


« Nous avons vu un corps dans la rue mais nous ne pouvions pas l’identifier de loin. C’est alors que j’ai vu un monsieur fouiller les poches des vêtements de la personne étalée par terre. J’ai alors crié au voleur et le monsieur a tiré. »

La même source rapporte que d’autres voisins se sont également mis à crier, obligeant le groupe de personnes assemblées autour du corps à s’en aller en tirant des coups de feu.

Selon RFI, le général Bikueto a été touché au ventre, à la poitrine et aux jambes. Il aurait riposté en tirant avec son revolver, blessant un des assaillants. L’officier aurait succombé peu après avoir été conduit à l’hôpital.

A en croire le même média, les assaillants seraient des bandits venus pour braquer un bistrot situé sur l’avenue du général Bikueto Tuyenabo

Révendication de l'élimination physique du général BIKUETO TUYINABO par la brigade des martyrs "mbila ekolo":


Révendication de l'élimination physique du général BIKUETO TUYINABO par la brigade des martyrs "mbila ekolo":





mercredi 26 décembre 2012

Valérie Trierweiler, première dame normale


Valérie Trierweiler en novembre, lors d'une cérémonie à l'Élysée.
Valérie Trierweiler en novembre, lors d'une cérémonie à l'Élysée.© SIPA

Elle vient de co-signer une tribune, publiée le 25 décembre dans le journal Le Monde, interpellant l'ONU sur la situation en RDC avec Jacques Chirac et Abdou Diouf. Portrait de Valérie Trierweiler, une première dame qui prend doucement la mesure de son rôle.

« Je ne serai pas une potiche, avait proclamé Valérie Trierweiler dans les colonnes du quotidien britannique The Times, le 9 mai, au lendemain de l'élection de François Hollande à la présidence de la République. Je veux bien représenter l'image de la France, faire les sourires nécessaires, mais il faudra que ça s'arrête là. » Sept mois plus tard, le 13 décembre, sous le regard de Patrice Biancone, un ancien journaliste de RFI qui veille sur sa communication, la compagne du chef de l'État confie à deux confrères du Monde qu'elle « ne rechigne pas à préparer les dîners [de l'Élysée, NDLR] avec les services du protocole et à choisir la couleur des nappes ». De la rebelle attitude à la « normalitude », l'atterrissage a été brutal. « Le 6 mai, je n'avais rien mesuré du tout. C'est un peu comme si on m'avait fait sauter en parachute sans parachute », poursuit celle qui, dans l'euphorie de la victoire, avait asséné : « Ce sera plus facile pour moi que pour Carla Bruni, car moi, je connais les codes », allusion à sa parfaite connaissance du Landerneau politico-médiatique.

Cela fait en effet plus de vingt ans que Valérie Trierweiler exerce la profession de journaliste. Plus de vingt ans que cette beauté froide hante l'Assemblée nationale juchée sur ses talons aiguilles et passe, le brushing altier, devant députés et ministres éblouis. Après avoir couvert pour Paris Match l'actualité du Parti socialiste, Valérie Trierweiler s'est orientée vers les pages culturelles de l'hebdomadaire lorsque sa liaison avec François Hollande, alors premier secrétaire dudit parti et compagnon de Ségolène Royal, est devenue publique. Depuis 2005, elle a aussi animé sur la chaîne Direct 8 (aujourd'hui D8) des émissions politiques, puis culturelles. Un changement de genre qui lui aurait été demandé par sa hiérarchie au nom de l'éthique et auquel elle a mis du temps à se plier, revendiquant le droit d'exercer son métier comme elle l'entend.

« Tiens donc, une First Lady journaliste n'est pas une nouveauté. Évidemment, il faut regarder de l'autre côté de l'Atlantique pour ne pas hurler au scandale », a-t-elle ironisé en chroniquant une biographie d'Eleanor Roosevelt. Influente femme de tête, reporter et féministe militante, cette First Lady des années 1930 incarnerait-elle l'idéal de celle qui n'a pas hésité à se proclamer « première journaliste de France » ? Sûrement plus, en tout cas, que les discrètes Yvonne de Gaulle ou Anne-Aymone Giscard d'Estaing, à qui elle préfère Danielle Mitterrand et son légendaire franc-parler.
Un franc-parler dont elle ne s'est pas privée, en début de mandat. Nul n'a oublié le tweet de @valtrier, qui, lors des législatives de juin, avait envoyé un message de soutien à un adversaire de Ségolène Royal afin de torpiller son éternelle rivale. Après cette sortie, indélicate pour les quatre enfants de l'ex-couple Hollande-Royal, dévastatrice pour l'autorité présidentielle et pour sa propre image, Trierweiler a d'abord juré de « tourner sept fois le pouce » avant de rédiger un nouveau tweet. Mieux : la désormais sage ambassadrice de la Fondation France Libertés (créée par Danielle Mitterrand) a mis en sourdine son compte Twitter et, sauf exception, n'accorde plus d'interviews.

Tétanisé
À l'instar de l'une de ses amies intimes qui, contactée par J.A., refuse de dire un seul mot, son entourage semble tétanisé. Tout juste l'ex-rebelle, qui avoue n'accepter que depuis peu de « devenir une personne publique », a-t-elle annoncé qu'elle serait le témoin de mariage d'un couple homosexuel (pour soutenir le projet de loi socialiste controversé), reçu des opposants à la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, sans que l'on comprenne vraiment le sens de sa démarche, et promis de s'occuper des enfants des rues, sans plus de précision.
Au fond, on ne sait que peu de chose de Valérie Trierweiler. Née il y a 47 ans à Angers dans une famille désargentée, elle-même ignorait jusqu'à récemment l'histoire de son grand-père, un banquier local dont les affaires ont périclité. Le reste ? Un père handicapé (à 12 ans, il sauta sur une mine de la Seconde Guerre mondiale et fut amputé d'une jambe), taiseux et taciturne, épaulé par une femme belle et courageuse, caissière à la patinoire de la ville. Une fratrie de six, soudée. Une enfance passée dans un quartier sensible de la banlieue d'Angers. Un premier mariage avec un fils de famille. Des études à la Sorbonne, où Valérie obtint un DESS de communication politique et sociale, des débuts à la revue Profession politique, un beau recrutement à Paris Match, où elle rencontra son second mari. Puis une complicité avec François Hollande, qui au fil du temps se transforma en amour « sérieux », au point que, après des années passées dans l'ombre à ferrailler contre Ségolène, Valérie en aurait conçu une féroce jalousie. « Oui, l'homme que j'aime a eu une femme avant moi. Et il se trouve qu'elle a été candidate à l'élection présidentielle. Je fais avec », peste-t-elle dans un livre de photos consacré à la campagne présidentielle dont elle a légendé toutes les images...

Gourmande

Jalouse, colérique, hystérique, égocentrique ? « Elle manque surtout de confiance en elle, raconte l'une de ses anciennes collègues. Elle a eu très peur que François retourne auprès de Ségolène après la présidentielle de 2007. » Ses anciens collaborateurs à la télévision, eux, ne tarissent pas d'éloges sur cette femme rigolote, gourmande et assumant ses rondeurs, qui téléphone sans cesse à ses enfants et forme avec Hollande un couple très uni. Tous confirment qu'elle prépare seule ses émissions, « sans doute parce que cette perfectionniste ne fait pas confiance aux autres ». De l'avis général, il faut du temps pour briser la glace. « Elle n'adresse la parole qu'aux personnes avec lesquelles elle travaille. Raison pour laquelle elle en impose... ou passe pour une bêcheuse », confie un journaliste de Direct 8, pour qui « c'est une vraie pro ». « Son indépendance est réelle : elle n'a pas hésité à montrer Manuel Valls dans une brocante à Évry demandant "qu'on rajoute quelques Blancs, quelques blancos", ou Jean-Luc Mélenchon badinant avec Marine Le Pen. En dehors des plateaux, elle ne s'attardait pas avec ses invités, et surtout pas avec Laurent Fabius, qu'elle déteste. »

Ce qui n'a pas empêché celui-ci d'être nommé ministre des Affaires étrangères. « L'influence politique de Valérie est quasi nulle », estime, en off, un membre du gouvernement. Soucieuse de ne pas ressembler à sa caricature des Guignols de l'info, qui la peignent sous les traits d'une mégère tyrannique, la première dame a pris soin de préciser qu'elle n'est entrée que trois fois dans le bureau présidentiel. Celle qui, consciente de son impopularité, se compare avec humour à Marie-Antoinette rappelle ainsi que c'est François qui commande. Un homme à la présidence, une femme discrète et aimante à ses côtés... Combien de temps l'impulsive Valérie résistera-t-elle à cette morne normalité ? Les paris sont ouverts.


Une tribune pour interpeller l’Onu sur la RDC

C’est en tant qu’ambassadrice de la Fondation Danielle Mitterrand – fonction qui pourrait se révéler bien utile – que Valérie Trierweiler a co-signé, le 25 décembre, une tribune, publiée dans le journal "Le Monde", interpellant l’Onu sur son rôle dans l’Est de la RDC. Aux côtés de l’ancien président français Jacques Chirac et d’autres personnalités de tous bords comme Robert Badinter, Yamina Benguigui, Stéphane Hessel, Leyma Gbowee, Mahamat Saleh Haroun ou encore Abdou Diouf, la Première dame dénonce avec force les exactions d’escadrons, « dont le groupe baptisé M23 » qui « sèment la terreur » dans la périphérie de Goma.
« Ils violent par centaines de milliers les femmes et les enfants pour terroriser la population. (…) Et les enfants qu'ils n'ont pas massacrés, ils les enrôlent de force. » Les auteurs dénoncent l’immobilisme de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco) et l’attentisme d’une communauté internationale, qui, pourtant « pourrait arrêter » le drame. « Il lui suffirait de donner l'ordre aux dix-sept mille soldats de faire leur métier et de remplir leur mandat », clame l’aréopage de personnalités. En octobre, lors de sa visite en RDC, le compagnon de Valérie Trierweiler, le président François Hollande, avait sèchement traité son hôte, Joseph Kabila, mais il avait également dénoncé clairement les incursions du M23 et les États qui soutenaient les rebelles congolais, visant sans ambiguïté le Rwanda et l’Ouganda.



Justice sous pression ?
En prêtant à la première dame une idylle passée avec Patrick Devedjian, ancien ministre et député UMP des Hauts-de-Seine, Alix Bouilhaguet et Christophe Jakubyszyn, les auteurs de La Frondeuse (éd.  du Moment), se sont attiré l'ire des intéressés, qui les poursuivent en justice pour « diffamation et atteinte à la vie privée ». Leur ouvrage a aussi suscité une série de réactions épistolaires. François Hollande et Manuel Valls, son ministre de l'Intérieur, ont tous deux écrit au tribunal. Le premier pour « dénoncer comme pure affabulation » des passages de ce livre évoquant une « prétendue lettre » de ralliement à la droite qu'il aurait adressée en 1995 à Devedjian afin que celui-ci lui organise un rendez-vous avec Édouard Balladur. Le second pour contester les propos qui lui sont prêtés. Enfin, Beatrix Marzouki, l'épouse du président tunisien, a envoyé une lettre à Valérie Trierweiler pour l'assurer de son soutien en tant que « femme, épouse de chef d'État et citoyenne française » face à ces « intrusions de médias sans foi ni loi » dans la vie privée.



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