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SACREBOPOL

jeudi 9 janvier 2014

UN REGIME DE TERREUR EN RDC





UN REGIME DE TERREUR EN RDC
Le régime de "Joseph Kabila" est-il à la dérive? Depuis un certain temps, le "raïs" a instauré au Congo-Kinshasa le règne de la terreur. Exécutions extrajudiciaires, arrestations arbitraires, procès fantaisistes, détentions illégales deviennent un modus operandi pour instiller la peur panique dans les esprits. Objectif : consolider un pouvoir aux abois. 

L’assassinat de Lajos Bidiu Nkebi Nkebila, président de MLC/Bas-Congo, abattu le dimanche 24 novembre dernier par des "hommes armés" à Kinshasa; l’arrestation dans des conditions autant illégales qu’inhumaines et le transfèrement à la CPI du député national Fidèle Babala ; l’impunité des maîtres-penseurs des Bakata-katanga ; le montage rocambolesque de l’incrimination et de l’arrestation de Diomi Ndongala ; le massacre à Kinshasa et à Lubumbashi des adeptes non-armés de l’illuminé "prophète" Mukungubila, etc., constituent les dérives d’un pouvoir dictatorial qui, dans deux ans arrive fin mandat et qui, malheureusement, ne serait pas prêt à passer la main. Toute cette terreur a un but. Une finalité. Semer la panique parmi les Congolais afin de mieux les museler et les manipuler. Tout ces manœuvres ont pour finalité : empêcher l’organisation de la présidentielle de 2016. Ainsi en ont décidé les maîtres de Kinshasa.
Le cas le plus récent est celui de l’officier supérieur de l’armée congolaise (FARDC), le colonel Mamadou Ndala.
Mamadou Ndala, un assassinat programmé…
S’agirait-il d’un règlement des comptes entre officiers des FARDC ou d’un crime crapuleux? Apres plusieurs recoupements, le colonel…, enfin, le général de brigade Mamadou Ndala a été tout simplement liquidé. Sa notoriété commençait à faire ombrage à plusieurs personnes qui le digéraient mal. Sa bravoure avait perturber un plan minutieusement concocté qui permettrait à "Kabila" de s’octroyer une "présidence à vie". Militaire patriote, Ndala était connu comme un officier d’une haute moralité et doté d’un sens élevé du devoir.
Mamadou Ndala est sorti de l’anonymat grâce à ses hauts faits d’armes. A Goma et sur d’autres fronts, sa seule présence suffisait pour revigorer ses troupes et rassurer la population. Une situation que sa hiérarchie voyait d’un mauvais œil. Auréolé par cette aura, "Mamadou", en électron libre, devenait de plus en plus incontrôlable.
L’ayant senti pousser des ailes, on commençait à lui reprocher de n’en faire qu’à sa tête. Il fallait le rappeler à Kinshasa. Alors qu’il se trouvait au front, un texto lui est envoyé pour lui signifier sa nouvelle affectation. Le colonel, en fin politicien, le transfère à un proche qui alerte aussitôt la population de Goma. La nouvelle fait l’effet d’une bombe. Malheureusement, les gens ont encore frais en mémoire les cas des généraux Prosper Nabiola et Félix Mbuza Mabe qui avaient été rappelés par leur hiérarchique militaire chaque fois qu’ils prenaient le dessus sur les forces ennemies. Redoutant le pire, les habitants de Goma avaient envahi les rues de la ville pour exprimer leur désapprobation. Des jeunes n’avaient pas hésité à exiger le maintien du colonel à son poste.
La hiérarchie militaire humiliée
Humiliée, la hiérarchie militaire est obligée de revenir sur sa décision. Pour calmer les esprits surchauffés, on intime l’ordre au colonel Mamadou de démentir la nouvelle répandue le jeudi 18 juillet matin à Goma sur sa relève. Il passe sur les antennes de la Radio Okapi, pour porter un démenti : "Ce n’est pas vrai, c’est une rumeur. Une manipulation des rebelles qui veulent déstabiliser le moral de la population et des troupes engagées au sol. Deuxièmement, mon chef le commandant région, le général Bahuma, je suis en contact avec lui toutes les cinq minutes. Si je devais être relevé, c’est lui l’autorité hiérarchique qui pourrait m’indiquer cela. Donc, c’est faux et archifaux".
Sa hiérarchie se sent humiliée et tournée en ridicule. Cette attitude lui laisse un goût aigre dans la bouche. Dans l’armée congolaise, on ne tourne pas la page sans réaction sur un crime de "lèse-majesté". C’est, pour ainsi dire, une affaire à suivre…
Le colonel Mamadou tire sa force dans ses troupes qui lui vouent un respect presqu’obséquieux. Un militaire jadis sous ses ordres témoigne : "Avant de lancer l’assaut contre les troupes du M23, le colonel Ndala nous avait demandé, à chaque conquête d’un nouveau territoire, de ne pas prendre les biens d’autrui. De ne même pas cueillir une mangue dans la parcelle de quelqu’un. Nous devions nous battre pour le peuple, notre sang devait couler pour la nation". Et après, les troupes se lançait à l’attaque avec, cerise sur le gateau, à chaque assaut, une nouvelle victoire.
Kibumba, Kiwanja, Rutshuru, Rumangabo, Bunagana, Mbuzi… Une à une, les cités tombaient comme des feuilles mortes d’un arbre et les villes reconquises par les vaillants soldats des FARDC qui bénéficiaient d’un appui des militaires de la Monusco qui, en réalité, venaient en appui. C’est-à-dire, quand les troupes des FARDC avançaient, les troupes onusiennes sécurisaient la base arrière. Et s’il arrivait aux troupes des FARDC de reculer, ces dernières faisaient de même. Cette fois-ci, avec à la tête, un commandant au courage exceptionnel, la victoire avait changé de camp. La guerre, elle, changeait de physionomie. Mais ce succès n’était pas du goût de tout le monde. Bien qu’occasionnant des milliers des morts, des déplacés et des sans-abris, la guerre était aussi un juteux business très lucratif pour ceux qui en tirent les ficelles en coulisses.
A deux reprises pendant l’avancée des FARDC, le colonel Mamadou recevra l’ordre de sa hiérarchie d’arrêter la reconquête de nouveaux territoires. D’abord à Rutshuru, puis dans une autre localité. L’homme fera la sourde oreille. Mais comme dans ses habitudes, il divulgue l’information obligeant du coup sa hiérarchie à rapporter les ordres donnés. C’en est trop, son arrêt de mort est signé. Il ne restait que le jour et l’heure de son application. Alea jacta est.
Le samedi 30 novembre dernier, Joseph Kabila arrive à Goma, dans la capitale du Nord-Kivu, au volant de son 4×4. A l’entrée de la ville, il décide de faire le pied jusqu’au stade Virunga où il devait tenir un meeting.
La population massée le long de son parcours reprenait, en chœur et à tue-tête, le nom du colonel Mamadou Ndala. Ce dernier finit par voler la vedette au "raïs". Frustré, après une certaine distance parcourue à pied, Joseph Kabila remonte à bord de sa jeep et prend, non plus la direction du stade Virunga, mais, de sa résidence. Le meeting est annulé.
Pas de place pour deux héros
Le dimanche 1er décembre, pendant près d’une heure, Joseph Kabila décide de s’adresser cette fois-ci devant près de 1500 notables triés sur le volet. En Afrique, les chefs ne tolèrent pas qu’on leur vole la vedette. Les choses se passent pour ainsi dire comme dans un poulailler, où il n’y a qu’un seul coq qui fait la loi. Le coq, c’est le chef. Il n’y a donc de la place que pour un seul héros, le président de la République. Mamadou Ndala est de trop.
Cette scène rappelle curieusement une histoire reprise dans la Bible reprise dans 1 Samuel 18 : " David allait et réussissait partout où l’envoyait Saül ; il fut mis par Saül à la tête des gens de guerre, et il plaisait à tout le peuple, même aux serviteurs de Saül. Comme ils revenaient, lors du retour de David après qu’il eut tué le Philistin, les femmes sortirent de toutes les villes d’Israël au-devant du roi Saül, en chantant et en dansant, au son des tambourins et des triangles, et en poussant des cris de joie.
Les femmes qui chantaient se répondaient les unes aux autres, et disaient : Saül a frappé ses mille, -Et David ses dix mille. Saül fut très irrité, et cela lui déplut. Il dit : On en donne dix mille à David, et c’est à moi que l’on donne les mille ! Il ne lui manque plus que la royauté. Et Saül regarda David d’un mauvais œil, à partir de ce jour et dans la suite."
Les dés étaient déjà jetés pour le colonel de Goma. Le sort, scellé. Le jeudi 2 janvier 2014, le colonel Mamadou Ndala est tué à l’entrée de la ville de Beni. Ce qui était déjà prévisible finit par arriver. Aussi curieux que cela puisse paraitre, c’est dans le secteur contrôlé par la fameuse garde républicaine de "Joseph Kabila" que cet officier a été exécuté. Tout un message. Parmi les suspects, le fameux général Moundos, homme de main du pouvoir et cité dans plusieurs cas d’assassinat dont celui de Ngezayo Safari.
Le général Moundos qui s’était échappé de sa résidence surveillée le mardi 7 janvier, s’est fait arrêter 24 heures après par les fideles du défunt colonel Mamadou. Il continue à bénéficier d’un traitement 5 étoiles dans sa résidence surveillée de Beni. Ce qui contraste avec la manière dont le pouvoir de Kinshasa traite les prévenus dans les cas d’assassinats ou meurtres.
En quoi Mamadou dérangeait-il?
La rébellion du M23 facilitait le pillage des ressources naturelles de la RDC. Ainsi, les richesses pillées sur le territoire de la RDC pouvaient se retrouver facilement sur les territoires rwandais et ougandais. Certaines personnalités de la RDC ont, à maintes reprises, dénoncé ces combines. Le rapport des experts de l’ONU avait même indexé le général major Gabriel Amisi Kumba. Celui-ci était accusé de vendre des armes aux groupes armés opérant dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Citant le rapport des experts de l’ONU, le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, affirmait que "les FARDC continuent d’être la proie de réseaux criminels qui permettent aux officiers supérieurs de s’enrichir par l’emprise sur les ressources naturelles et la contrebande notamment par le trafic d’ivoire mené par des groupes armés". Aussi curieux que cela puisse paraitre, le général Tango Fort n’a jamais été inquiété. Il avait juste bénéficié d’une "mesure de faveur" : être suspendue de ses fonctions. A qui donc profitent ces magouilles?
La fin de la rébellion du M23 signifie-t-elle aussi la pacification du pays donc, un boulevard bien balisé pour l’organisation de la présidentielle de 2016? Une telle perspective n’est pas la bienvenue dans la mesure où le pouvoir établi à Kinshasa multiplie les stratagèmes afin de contourner cette échéance. Mamadou Ndala était donc un trouble-fête. Il avait péché par "excès de zèle". Il lui était tout simplement demandé d’avancer chaque fois d’un pas sur un front pour en reculer de deux. Il n’avait pas réalisé que le terrain était miné et qu’il évoluait au milieu des loups.
En mettant fin à la rébellion du M23, Mamadou Ndala a coupé court à l’approvisionnement du Rwanda et de l’Ouganda en matières premières. Une contrebande que "Joseph Kabila" dénonçait le jour et encourageait la nuit. Là encore, il a commis un "péché mortel". La rébellion du M23 constituait un bon prétexte pour saigner à blanc le trésor public au bénéfice de certains officiers et proches du "raïs". Sur ce point encore, Mamadou Ndala est allé très loin.
La paix est-elle enfin acquise?
Si la paix signifie "organisation de la présidentielle en 2016", il faudrait s’attendre à une autre rébellion. C’est tout à l’avantage de Kabila. Il veut voir son pouvoir perdurer. Et qui sait que des cendres du M23, va renaitre une autre "rébellion congolaise"? Il suffit de bien observer ce qui se passe au Rwanda et en Ouganda pour s’en convaincre…

Ernest Ekofo 
© Congoindépendant 2003-2014
http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=8577



CRISE DANS LE KIVU:

"L'hypothèse des ADF, annoncée par Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, est en train d'être abandonnée car jugée hâtive et peu convaincante."


 Assassinat de Mamadou Ndala, l'enquête s'oriente vers la piste FARDC




L'enquête sur l'assassinat du colonel Mamadou Ndala se poursuit à Beni, dans l'est de la RDC. Loin de la version officielle de départ, qui attribuait l'attaque à la roquette ayant tué l'officier aux rebelles ougandais de l'ADF, la piste d'un règlement de comptes au sein de l'armée paraît désormais la plus "sérieuse".

"Nous sommes sur une piste sérieuse." Richard Muyej, le ministre congolais en charge notamment de la Sécurité, ne nous en dira pas plus. Comme lui, la plupart des responsables congolais restent discrets sur l'avancée de l'enquête ouverte à la suite de l'attaque à la roquette, le 2 janvier, contre la jeep du colonel Mamadou Ndala, à quelque 10 km de la ville de Beni, dans l'est de la RDC.


Lire aussi : Mamadou Ndala, la bête noire du M23, est mort.
Hypothèse ADF jugée "pas crédible"

Quelle est la "piste sérieuse" dont parle le ministre ? 

Une chose semble acquise : il ne s'agit plus de celle qui accusait les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) de la mort de l'officier, auréolé du renouveau des Forces armées de la RDC (FARDC). Une source proche de l'enquête le confirme à Jeune Afrique. "L'hypothèse des ADF, annoncée par Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, est en train d'être abandonnée car jugée hâtive et peu convaincante." Et notre interlocuteur d'ajouter : "La zone [où a lieu l'attaque] était suffisamment occupée par les militaires des FARDC et les assaillants auraient été aperçus portant l'ancienne tenue de couleur verte de l'armée."

Mamadou Ndala craignait d'être trahi par ses propres frères d'armes.

Me Omar Kavota, porte-parole de la société civile de Beni
Même pour la société civile locale (associations, syndicats…), l'hypothèse d'une attaque ADF n'est pas crédible. Me Omar Kavota, son porte-parole, un des premiers à mettre en doute la version officielle attribuant d'emblée l'attaque aux rebelles ougandais, affirme que "les FARDC avaient déjà ratissé le terrain une semaine plus tôt et s'étaient déployées jusqu'à une soixantaine de kilomètres de Beni." Selon lui, il faut donc chercher ailleurs les auteurs de l'attentat. "Au sein des FARDC, voire au-delà", lâche-t-il. Me Kavota dit avoir rencontré, le 23 décembre, le colonel Mamadou Ndala au Rock Hôtel de Beni. "Il était confiant et déterminé à traquer les ADF comme il avait fait avec le M23 [Mouvement du 23-Mars, rébellion récemment défaite, NDRL]. Mais il craignait d'être trahi par ses propres frères d'armes", se souvient-il.

La révanche des ex-CNDP ?

Crainte légitime ? Les premiers éléments de l'enquête semblent le démontrer. Des officiers de l'armée sont en effet soupçonnés d'avoir commandité l'attaque. Après qu'on a retrouvé le téléphone portable de son garde du corps sur le lieu de l'attaque, le colonel Tito Bizuru, numéro un des FARDC dans la ville de Beni, a été mis aux arrêts. Cet officier est un ancien rebelle du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple). Il avait réintégré l'armée en 2009 après la signature de l'accord du 23 mars qui avait mis fin à la rébellion de Laurent Nkunda.

L'heure est à la suspicion au sein des FARDC. Et les ex-CNDP ne sont pas les seuls suspects.
Après la mutinerie menée par plusieurs ex-combattants du CNDP en avril 2012, déclenchant la rébellion du M23, le colonel Bizuru n'avait pas fait défection. "Mais rien n'indique qu'il n'était pas resté en intelligence avec ses amis", tacle un officier de l'armée à Beni qui a requis l'anonymat. Pour lui, "l'assassinat de Mamadou Ndala est un règlement de comptes des ex-CNDP, pour la plupart rwandophones, contre celui qui a vaincu le M23 qui bénéficiait du soutien du Rwanda", accuse-t-il.

L'heure est à la suspicion au sein des FARDC. Et les ex-CNDP ne sont pas les seuls suspects.

L'étau se resserre également autour du général Muhindo, alias Mundos, commandant du secteur opérationnel à Beni. On reproche surtout à cet ancien commandant de la garde républicaine à Goma de "n'avoir pas mené avec vigueur la traque des assaillants du colonel assassiné". Des rumeurs ont fait état de sa fuite, mais aux dernières nouvelles l'officier hundé était toujours dans la ville.

Une affaire de sous ?

Entretemps, d'autres arrestations et interpellations ont eu lieu. La dernière en date, celle d'un certain Lieutenant Kelvin, chef des services de renseignements militaires à Beni, est intervenue le 8 janvier dans la matinée. À en croire une source militaire sur place, l'officier aurait déclaré "avoir des informations sur les personnes qui ont planifié l'assassinat de Mamadou Ndala ainsi que sur la provenance de 300 000 dollars qui auraient été versés pour motiver certains soldats à exécuter ce plan". Une piste que les enquêteurs prendraient "très au sérieux", souligne notre source.

S'agirait-il donc d'une simple affaire de sous ? Un élu local estime que les officiers militaires de Beni n'ont pas vu d'un bon oeil l'arrivée sur leur territoire du colonel Mamadou Ndala et de ses hommes. "Pour eux, Mamadou Ndala venait faire un job qu'ils n'ont pas pu faire : neutraliser l'ADF".  "Depuis 2009 (date de leur affectation), ils ont transformé la zone d'opération de Ruwenzori - où se cachent les rebelles ougandais - en zone de commerce", affirme-t-il, dénonçant des "arrangements" entre le commandement militaire de Beni et les chefs rebelles de l'ADF. L'enquête qui est en cours devra donc également apporter toute la lumière sur ces prétendues collusions contre-nature entre certains chefs de l'armée dans l'est de la RDC et les hommes de Jamil Mukulu.
________
Par Trésor Kibangula


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Crise dans le Kivu | RDC : assassinat de Mamadou Ndala, l'enquête s'oriente vers la piste FARDC | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
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mercredi 8 janvier 2014

Arrestation d'un haut responsable du premier parti d'opposition






Arrestation d'un haut responsable du premier parti d'opposition 



Un haut responsable du principal parti d'opposition en République démocratique du Congo, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a été arrêté dans le centre du pays le 2 janvier, a annoncé sa formation politique. Bruno Kabatshi a été transféré à Kinshasa, où il est détenu dans un lieu inconnu.

« Bruno Kabatshi (...) a été arrêté  (...) après un débat contradictoire avec un membre du PPRD » (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, au pouvoir), a affirmé Augustin Kabuya, porte-parole adjoint de l'UDPS. « Il s'est bien défendu. Après l'émission, il a été arrêté sur ordre du gouverneur de la province », a ajouté M. Kabuya.

OPPOSANT FAROUCHE À JOSEPH KABILA

Le chef de l'UDPS, Etienne Tshisekedi, 81 ans, est né au Kasaï occidental, province riche en diamants, comme sa voisine du Kasaï oriental, mais dont les habitants sont très pauvres. Lors de l'élection présidentielle contestée de 2011, ce dernier s'était autoproclamé président « élu » face à son rival et actuel président, Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001. Selon les résultats officiels, M. Tshisekedi était arrivé en deuxième place lors de cette présidentielle qui s'était jouée à un tour.

Le pays connaît une nouvelle vague de violence. La veille, de violents affrontements ont opposé les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à des Maï-Maï Bakata Katanga près de Lubumbashi, la deuxième ville de la République démocratique du Congo, au sud du pays. 

Ces affrontements se sont déroulés dans un contexte troublé en RDC où une série d'attaques dans de nombreuses villes, dont Kinshasa. Des assauts qualifiés d'« offensive terroriste » par le gouvernement, qui  avaient fait plus de cent morts, lundi 30 décembre.

Recherche désespérément

Recherche désespérément la photo 
d'alias Joseph Kabila se recueillant devant le cercueil du vaillant 
Colonel Mamadou Ndala !

Mr Mende, pourquoi ne pouvez-vous pas vous taire une fois, tournez votre langue soixante-dix sept fois pour parler? Vous vous ridiculisez à tout moment à tel point que les congolais se demandent si vous êtes sain d'esprit. Mr Mende réaffirme la main sur le coeur que le Colonel Mamadou, enfant chéri du Chef de l'État, a été tué par les rebelles ADF-NALU sur un tir d'une roquette. Malgré l'étonnement du journaliste qui suggère qu'un règlement de compte aurait pu aussi être possible, Mende Omalanga balaie cette hypothèse en disant que ce sont les ennemis de «Joseph Kabila» qui sont à la base de cette information, eux qui veulent mettre ce crime sur le dos de son président en essayant de le discréditer. La vérité est que Mamadou Ndala a été tué par les rebelles.
Pauvre Mende, certainement le soir lorsque vous vous retrouvez seul chez vous, vous pleurez amèrement pour le rôle ingrat qui vous est imposé. Vous vous rendez compte de vos limites mais le mercenariat prend le dessus sur vous. Bonne chance!

Mende Omalanga:
Mamadou Ndala était l'enfanf chéri du Pr Kabila dit Mende.

A Réveil FM International, nous laissons glouglouter les égouts ! Instrumentalisés à outrance, les agents de l'ANR parallèle dirigée par Jaynet Kabila se sont déchaînés sur le net: Débre Mpoko, El du Jardin, Sandra Bushiri, Claudia girls...des fantômas aux noms d'emprunts ont étalé leur pitrerie, arrogance, désinvolture sur l'assassinat du vaillant Colonel Mamadou Ndala par alias Joseph kabila. Comme s'ils fumaient de la moquette, les étourdis joséphistes sont allés jusqu'à affirmer que "puisqu'alias Joseph kabila avait nommé Mamadou Ndala il n'avait aucune raison de le faire éliminer". D'ailleurs c'était son petit y a confiance ! Oh la la ! Pourquoi donc alias Joseph Kabila n'a pas eu le courage d'aller se recueillir devant le cercueil de son soldat ?

François Hollande, Président de la République se recueille devant le cercueil d'un soldat français aux Invalides


Nicolas Sarkozy se recueille le 25 janvier 2012 à Paris devant les cercueils de quatre soldats français tués en Afghanistan le 20 janvier


La France, notre pays d'adoption, nous apprend ceci: "A chaque fois qu'un français est pris en otage dans n'importe quel coin du monde. Le pays ne regarde pas ses opinions politiques, sa religion, la couleur de ses cheveux ou de sa peau. La France fait tout pour retrouver et récupérer son fils ou sa fille et le ramener à la maison. Et chaque fois qu'un soldat français meurt hors de France soit pour la lutte contre le terrorisme ou pour défendre les idéaux et valeurs de celle-ci, le chef de l'Etat accueille la famille, se recueille aux Invalides devant les corps de ceux qui sont tombés pour la France...". Si le Colonel Mamadou Ndala a contribué avec d'autres soldats des Fardc à bouter le M23 hors de la RDC, est-ce que c'est trop demander que le chef des armées se recueille devant l'un de ses vaillants soldats ?

En plus nous apprenons que le vaillant Colonel Mamadou Ndala a été inhumé au cimetière islamique de Kintambo. Depuis quand existe-t-il un autre cimetière à Kintambo ?
Le cimetière de Kintambo, s’est trouve être l’un des plus anciens de la capitale congolaise qui va totalisé 60 ans d’existence cette année, depuis la colonisation des belges. Il fut érigé en 1953.

Erigé en 1953, c’est-à-dire pendant la colonisation, le cimetière de Kintambo, situé dans la commune du même nom, totalise cette année cinquante-huit ans. Il se trouve être l’un des plus anciens de la capitale. Plusieurs familles kinoises ont toujours un regard tourné vers ces lieux, la dernière demeure d’un des leurs.

S’étendant à perte vue, des milliers de personnes y ont, à ce jour, déjà été portées en terre. Mais de quelle manière ? Contrairement aux cimetières de pays développés qui ont des allées où l’on peut circuler sans problèmes et qui constituent de véritables attractions, celui de Kintambo ressemble à un labyrinthe où l’on peut se perdre. En effet, au Cimetière de Kintambo on y inhume les dépouilles mortelles vaille que vaille et retrouver une tombe pour certains membres de famille n’est pas facile. Surtout pour ceux qui y vont pour la première fois. Ou pour ceux qui avaient assisté à l’inhumation d’un des leurs et qui y retournent plusieurs années après.

Faute d’espace à certains endroits, on y va jusqu’à superposer certains corps. Ce qui met dans tous leurs états certains membres de famille qui y vont pour se recueillir devant les tombes des leurs, ou qui vont pour ériger l’encadrement sur les tombes des leurs décédés pour honorer leur mémoire ou encore poser une pierre tombale.

Espérons vivement que ce n'est pas au même cimetière de Kintambo que nous connaissons qu'on a inhumé notre vaillant soldat !
Pourquoi donc alias Joseph kabila a eu peur de se recueillir devant le cercueil de Mamadou Ndala ? Les zombies obscurantistes et fantômas joséphistes du net ont sans aucun doute une réponse à donner. A vos claviers donc...

Par Freddy Mulongo, mardi 7 janvier 2014

mardi 7 janvier 2014

Qui a commandité l’assassinat du colonel Mamadou Ndala ?

Qui a commandité l’assassinat du colonel Mamadou Ndala ?

La jeep du colonel Mamadou Moustapha Ndala
Quatre jours après la disparition du colonel Mamadou Moustapha Ndala, commandant du 42ème bataillon commando de l’armée congolaise déployé au Nord Kivu, la thèse officielle selon laquelle l’officier et ses gardes du corps ont été victimes d’un attentat à la roquette mené par des rebelles ougandais de l’ADF-Nalu parait de plus en plus suspecte. D’abord, parce que l’«attaque» qui a eu lieu dans une zone contrôlée par l’armée nationale congolaise (FARDC). Le colonel Ndala y était en mission de repérages avant le déploiement des ses hommes. Ensuite, alors qu’aucun enquêteur n’a été aperçu sur la scène du crime, le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, s’est empressé d’imputer cet acte criminel - non-revendiqué à ce jour - aux rebelles ougandais de l’ADF-Nalu. Enfin, il se confirme que le «colonel Mamadou» a été tué par ses «frères d’armes». Questions : Qui a commandité ce crime d’Etat? Quel en est le mobile ? Commandant d’un contingent de la garde présidentielle basé à Bunia, le général Mundos est pointé du doigt. L’homme a la réputation d’un militaire sans foi ni loi. Certains observateurs avancent une autre hypothèse selon laquelle le colonel Ndala et ses gardes du corps ont été préalablement «liquidés» avant d’être installés dans la Jeep incendiée.

C’est un enterrement de «première classe» que le pouvoir kabiliste prépare pour «honorer» la mémoire du colonel Mamadou Ndala, tué, le jeudi 2 janvier, dans des circonstances pour le moins mystérieuses, dans la localité de Matembo à une dizaine de kilomètres de Beni-ville. Depuis dimanche 5 janvier, la dépouille de cet officier est exposée au camp Kokolo. Quel cynisme !
Les Congolais de l’étranger comme ceux de l’intérieur sont en colère. Les sbires du régime ont sans aucun doute commis le «crime de trop». D’aucuns pourraient objecter que ce n’est pas la première fois que les ex-Zaïrois crient leur émotion, à pareil événement, avant de «passer à autre chose». Reste que dès l’annonce de la nouvelle du décès du colonel Ndala, des manifestations spontanées de colère ont eu lieu à Goma, à Beni et à Butembo. Elles étaient conduites par des jeunes qui voyaient en «Mamadou» l’incarnation d’un nouveau type de leadership. Un leadership déterminé et exemplaire. Pour eux, "Mamadou" a réconcilié la nation avec son armée. D’autres manifestations ont eu lieu dans plusieurs localités du territoire de Beni. C’est le cas notamment d’Oicha, Mbau, Mutwanga et Eringeti. 

Controverse autour des circonstances de l’attentat

Quelques heures seulement après la mort de cet officier et ses deux gardes du corps, ce n’est pas le colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l’armée au Nord Kivu, qui fera l’annonce. C’est le ministre des Médias Lambert Mende Omalanga qui va publier un communiqué officiel : «Le colonel Mamadou Ndala, commandant de la brigade URR des Forces armées de la République démocratique du Congo basée dans la province du Nord-Kivu, a été tué jeudi dans une embuscade dans le village Ngadi, entre l’aéroport de Mavivi et Beni-ville». « (…), la jeep à bord de laquelle il se trouvait a été attaquée par des éléments identifiés comme appartenant à un groupe armé ougandais. Ses deux gardes de corps qui étaient en sa compagnie ont également péri dans cette embuscade». 
Cette "vérité officielle" a été aussitôt contestée par le témoignage d’un garde du corps rescapé. Il s’agit du caporal Paul Safari. Selon lui, les assaillants étaient au nombre de deux et portaient l’ancienne tenue de l’armée congolaise. "J’ai vu deux des assaillants, et ils portaient l’ancienne tenue verte des FARDC, a-t-il déclaré. Je ne crois pas que ce soit les ADF-Nalu». Un avis partagé par un adjudant qui a requis l’anonymat. Selon ce sous-officier, les rebelles de l’ADF-Nalu n’ont pas tué le colonel mais bien «la politique de nos officiers». Voudrait-il dire que Mamadou Ndala dérangeait la haute hiérarchie militaire? Pourquoi?

Selon certains observateurs, la position du véhicule en feu n’est pas celle d’une automobile qui venait d’être frappée par un projectile. «On imagine que le véhicule du colonel roulait à vive allure sur cette route asphaltée, commente un expert. La roquette n’aurait pas laissé ce véhicule sur ses quatre roues comme on a pu le voir à travers les images qui ont été diffusées. La jeep devait soit faire quelques tonneaux ou être couchée». Cet expert de lancer une hypothèse qui lui parait la plus plausible : «J’ai la profonde conviction que le colonel et ses deux gardes du corps ont été préalablement exécutés. Les corps ont été par la suite installés dans la jeep incendiée in fine». Qui dit vrai? 
Les mêmes observateurs se disent stupéfaits par la rapidité avec laquelle la dépouille du défunt colonel a été transférée à Kinshasa à bord d’un jet sans qu’un médecin légiste ait pu l’examiner. Et qu’un magistrat instructeur ait pu accomplir les premiers devoirs d’enquête. Cherche-t-on à faire disparaître certains indices matériels de nature à faciliter l’identification des auteurs présumés du crime et leur commanditaire? 
C’est tard dans la soirée du jeudi 2 janvier qu’on a pu voir (enfin!) le porte-parole de l’armée congolaise, le général Léon Kasonga, lire à la télévision d’Etat un communiqué pour le moins sibyllin. Chaque mot a apparemment été bien pesé. Histoire d’éviter toute "interprétation malveillante". Kasonga a exprimé «le regret et la douleur» de l’armée après «l’assassinat» (sic !) du colonel Mamadou Ndala qu’il a présenté comme un «officier supérieur de grande valeur, grand combattant, un officier intègre, discipliné et loyal». Il a conclu en affirmant que malgré ce crime, «les Forces armées de la RDC sont déterminées à sécuriser nos populations jusqu’au sacrifice suprême».

Les réactions

Vendredi 3 janvier, plusieurs centaines de jeunes ont manifesté à Beni aux cris de : «Mamadou doit ressusciter» ; «Qui l’a tué finalement? Pourquoi cette trahison?». Des épouses de militaires ne trouvaient pas des mots assez durs pour fustiger ce crime odieux. L’une d’elles de commenter : «On a tué Mamadou alors qu’il n’était même pas sur le champ de bataille... Nous avons déchiré nos vêtements pour dire qu’en fait la vie de nos maris n’a pas de sens et qu’on pourrait même marcher nues : ça ne dirait rien aux autorités!» 
A Goma, les activistes de la société civile du Nord-Kivu ont invité les autorités gouvernementales à ouvrir une enquête «crédible» sur la mort du colonel Ndala.
A Kinshasa, le chef de la Mission onusienne au Congo, Martin Kobler, a publié, le même jour, un communiqué, plutôt mou, condamnant cet assassinat tout en exprimant sa profonde indignation et sa tristesse. On a vu, dans un passé récent, le chef de la Monusco réagir plus vigoureusement que cela. Lassitude? 
Vendredi 3 janvier, des députés nationaux du Nord-Kivu ont, par la bouche de Balikwisha Mulhondi, publié une déclaration dans laquelle ils se disent «consternés» par le meurtre de cet officier. Après avoir rendu un vibrant hommage à «ce vaillant commandant des FARDC dont les actes de bravoure avaient obligé le M23 à abandonner la guerre», ces parlementaires «exigent que toute la lumière soit faite sur ce meurtre». 

Les Forces armées de la RD Congo 

Né le 8 décembre 1972 à Isiro dans la Province Orientale, le colonel Mamadou Moustapha Ndala a grandi dans cette ville. Un de ses amis d’enfance joint au téléphone dimanche 5 janvier à Kinshasa, raconte : «Mamadou est né d’un père guinéen et d’une mère congolaise appartenant aux tribus Budu et Yogo ou Mayogo de l’Uélé. Mamadou a vécu quelques années en Guinée et au Mali avant de revenir au Congo à l’âge de 24 ans». A en croire cette source, le jeune officier a été initié dans l’art militaire lors de son séjour en Afrique de l’Ouest, précisément au Mali. Comment est-il arrivé dans l’armée congolaise? Selon notre interlocuteur, c’est un «expatrié malien» d’Isiro qui aurait présenté «Mamadou», au début des années 2000, au général Constant Ndima Kongba du RCD-National de Roger Lumbala. "C’est un excellent combattant" aurait-il dit au général Ndima. Nommé major, Mamadou sera affecté à Wamba. Un proche de Lumbala joint au téléphone dimanche 5 janvier a, sans vraiment convaincre, démenti ce «détail de l’Histoire». «Le colonel Mamadou Ndala n’a jamais fait partie du RCD-National. Vous le confondez sans doute avec un autre Ndala qui est déjà mort». L’ami d’enfance de Mamadou n’en démord pas. Selon lui, c’est lors de la réunification du pays en 2003, après le dialogue intercongolais à Sun City, que Mamadou a été intégré dans l’armée nationale et affecté à l’Est. 

Manifestations anti-Kabila à Goma

Le colonel Mamadou s’est fait connaitre à partir du mois de juillet 2013. A la tête du 42ème bataillon commando chargé de traquer les éléments du M23, cet officier a fait preuve d’un sens de leadership et de bravoure qui ont suscité l’admiration des hommes des troupes. Au cours d’une opération, l’officier reçoit, le 17 juillet dernier, un SMS l’informant de son rappel à l’état-major général à Kinshasa. Quelques mois auparavant, des militaires engagés aux combats contre les rebelles du M23 s’étaient déjà plaints des «ordres contradictoires» qu’ils recevaient chaque fois qu’ils avaient un certain "avantage" sur les forces ennemies. Au lieu d’obtempérer, Mamadou fait divulguer la nouvelle de son rappel. Des manifestations anti-Kabila sont aussitôt organisées à Goma pour exiger son maintien. Le numéro un Congolais est accusé de connivence avec le M23. Les ennuis du bouillant colonel ont-ils commencé lors cet épisode ? Mamadou fut littéralement «sommé» par sa hiérarchie de démentir la nouvelle de son éloignement sur les antennes d’une radio locale : «Ce n’est pas vrai, c’est une rumeur. Une manipulation des rebelles qui veulent déstabiliser le moral de la population et des troupes engagées au sol. Deuxièmement, je suis en contact, toutes les cinq minutes, avec mon chef le commandant région, le général Bahuma. Si je devais être relevé, c’est lui l’autorité hiérarchique qui pourrait m’indiquer cela. Donc, c’est faux et archifaux». 
Après la défaite annoncée du M23 le 5 novembre dernier, «Joseph Kabila» a quitté Bunia le 20 novembre au volant de son véhicule 4x4. Il a parcouru un millier de kilomètres avant d’arriver le 30 novembre à Goma, au Nord Kivu. Des observateurs se sont étonnés de voir le cortège présidentiel sillonner paisiblement cette partie du pays sans tomber dans une embuscade tendue par des groupes armés nationaux ou étrangers. «A travers ce safari, Joseph Kabila a avoué implicitement la complicité qui existe entre lui et les bandes armés qui sèment la terreur tant dans les deux Kivu que dans la Province Orientale», commente un analyste. «Lors de l’arrivée de Kabila et sa suite à Goma, la population scandait non pas le nom du président de la République mais bien celui du colonel Mamadou, ajoute-t-il. Les Gomatraciens semblaient reprocher au successeur de Mzee d’avoir attendu la fin de la guerre avant de pointer son nez alors que le colonel Mamadou est resté sur le champ de bataille. Ce dernier est devenu de ce fait gênant pour la haute hiérarchie politico-militaire…». 

Les institutions congolaises infiltrées par des pseudo-banyamulenge

Devrait-on rechercher les assassins de Mamadou Ndala également dans les milieux «rwandophones» du Congo-Kinshasa ? Pourquoi pas? 
Dans l’unique interview qu’il a accordée en juillet dernier à la journaliste Sonia Rolley de Radio France internationale, l’ancien chef espion rwandais Patrick Karegeya, assassiné récemment à Johannesburg, n’est pas allé par quatre chemins en rappelant à ceux feignent de l’oublier que l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo), le RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie), le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) et le Mouvement du 23 mars (M23) «sont des créatures du régime rwandais». Selon lui, ces «rébellions congolaises» ont été montées de toutes pièces par le maître de Kigali.
On le sait, LD Kabila a été porté au pouvoir suprême un certain 17 mai 1997 par l’AFDL dont l’essentiel des troupes était composé des soldats rwandais et ougandais. Après la rupture entre le Mzee et les parrains rwandais et ougandais, fin juillet 1998, une nouvelle «rébellion congolaise» a vu le jour à Kigali. Bien entendu, avec la complicité de quelques Congolais de souche. 

Après la mort de LD Kabila, le Rwanda de Paul Kagame a profité du dialogue intercongolais pour réaliser son rêve d’installer un "régime ami" à Kinshasa en infiltrant ses hommes dans les institutions congolaises. Signe de temps : les personnalités civiles et militaires étiquetées «RCD-Goma» ont gardé tous leurs privilèges après la fin du régime dit «1+4» qui a gouverné le pays de 2003 à 2006. «L’ancien vice-président de la République Azarias Ruberwa est resté très influent alors que son ex-collègue Arthur Ngoma Z’Ahidi broie du noir», commente un confrère kinois. Il ajoute : «La Douane, la police nationale, les bases militaires de Kitona et de Kamina sont dirigées par des personnalités issues du RCD-Goma à l’exception de Mustapha Mukiza. Plusieurs régions militaires sont placées sous l’autorité des rwandophones voir des Rwandais». Les Fardc comptent plusieurs officiers supérieurs issus de cet ex-mouvement rebelle pro-rwandais. Leurs identités sont bien connues. Certains d’entre eux se trouvent à l’état-major général des FARDC. Le loup est donc dans la bergerie. «Qui dirige le Congo-Kinshasa, s’interroge ce confrère. Est-ce Joseph Kabila ou Paul Kagame ?» 
Les personnalités issues du RCD-Goma – Azarias Ruberwa en tête - ont démontré l’année dernière que leur influence politique était restée intacte. Le 11 juillet 2013, le DG de la radio et télévision d’Etat (RTNC) a été viré comme un vulgaire ouvrier. Son nom : Christophe Kolomoni. Il lui est reproché d’avoir fait diffuser en direct un «atelier politique» du parti présidentiel, le PPRD. Des propos «xénophobes» auraient été tenus par certains intervenants appartenant pourtant à la mouvance kabiliste. En fait, certains cadres de cette formation politique avaient qualifié le Rwanda de Paul Kagame d’"Etat voyou" du fait notamment de ses menées subversives dans le Nord Kivu. D’autres avaient carrément invité les officiers dits «rwandophones» à rentrer au Rwanda. Piqué sur le vif, Ruberwa a conduit une délégation auprès du ministre de l’Intérieur, le PPRD Richard Muyej Mangez. Objectif : obtenir la «tête» du DG Kolomoni. 

Un deuxième fait survenu en novembre dernier a confirmé le statut d’«intouchables» autant que la situation privilégiée dont continuent à bénéficier les cadres politico-militaires issus de cet ex-mouvement politico-militaire.
Le 6 novembre, «Joseph Kabila» a présidé une réunion interinstitutionnelle à Lubumbashi. Les participants ont eu à examiner notamment un «rapport partiel» rédigé par une «commission d’enquête» ad hoc sur les «allégations» des Nations Unies contre le général major Amisi Kumba Gabriel, ancien chef d’état-major des forces terrestres. Celui-ci a été accusé par des experts onusiens d’avoir vendu des armes aux groupes armés qui fleurissent à l’Est du pays. A la surprise générale, «Joseph Kabila» a demandé un «complément d’informations» pour lui permettre «de se prononcer». Amisi a certes été suspendu. Mais il reste libre de ses mouvements. Il est issu de la rébellion pro-rwandaise du RCD-Goma. «Sans nous il n’y aura pas de réconciliation. Sans nous, il n’y aura pas de réunification du territoire national». L’homme qui parle s’appelle Azarias Ruberwa. C’était, fin 2002, au lendemain de la signature de l’accord dit de l’hotel Cascade entre « Joseph Kabila » et Jean-Pierre Bemba. Le premier restait Président. Le second, Premier ministre. Et si «Joseph Kabila» exerçait un pouvoir par… procuration donnée par le président rwandais Paul Kagame et son homologue ougandais Yoweri Kaguta Museveni ? 

«Phase B»

Qui a tué le colonel Mamadou Ndala ? Qui en est le commanditaire ? Quelle en serait la motivation ? Voilà trois questions qui appellent des réponses univoques. Il faut être naïf pour espérer voir la justice congolaise en général - et la justice militaire en particulier - faire toute la lumière sur cet assassinat. Et pour cause, un officier supérieur de la garde présidentielle, en l’occurrence le général Mundos, est suspecté de participation à ce crime. L’homme serait assigné à résidence pendant que deux de ses gardes seraient aux arrêts. «Joseph Kabila» pouvait-il ignorer les agissements de cet officier de la garde présidentielle dont les éléments n’agissent que sur ordre du «commandant suprême des FARDC» et ne rendent compte qu’à lui seul ? Selon certaines sources militaires, le fameux Mundos, alors colonel, a été cité par un témoin dans l’assassinat à Goma, en mars 2008, de l’homme d’affaires Albert Prigogine, alias Ngezayo Safari.
Certains analystes voient dans l’élimination physique du colonel Ndala, la montée en puissance des «super faucons» d’un régime kabiliste qui a les nerfs à vif au regard de l’horizon 2016. «Depuis son élection en 2006, commente un analyste, Joseph Kabila a beaucoup promis. En 2006, il s’était présenté sous le thème d’artisan de la paix. En 2011, il s’est érigé en bâtisseur des cinq chantiers. Il a raté les deux paris. La guerre du M23 était devenue pour lui un prétexte pour justifier la non-réalisation des infrastructures annoncées. En conduisant les FARDC à la victoire avec l’aide de la brigade internationale de la Monusco, le colonel Mamadou Ndala a privé Kabila d’une cause de justification de son échec tout en provoquant la colère du parrain rwandais Paul Kagame». «La mort de ce colonel est un avertissement lancé en direction des personnalités civiles et militaires susceptibles de gêner la volonté de Joseph Kabila de rester à la tête de l’Etat au-delà de 2016», estime-t-il. Pour lui, «Joseph Kabila» vient de lancer la «Phase B» en vue de la conservation du pouvoir d’Etat. «Cette phase sera émaillée d’intimidation, des arrestations arbitraires et des éliminations physiques». 

En attendant d’y voir plus clair, diverses sources conviennent que «Joseph Kabila» est «condamné» à faire organiser une «enquête crédible» sur le «meurtre avec préméditation» du colonel Mamadou Ndala. Il s’agit, soutiennent-elles, d’identifier les auteurs de cet acte et de les déférer devant des juridictions compétentes. L’affaire mérite bien un procès public. «A défaut, conclut un juriste, le président Joseph Kabila passera, aux yeux des générations présentes et à venir, pour le commanditaire de ce crime d’Etat».

Baudouin Amba Wetshi 
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