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mardi 11 mars 2014

Devoir d’enquête sur la livraison d’armes ukrainiennes à la RDC








Devoir d’enquête sur la livraison d’armes ukrainiennes à la RDC
Par Jean-Jacques Wondo
Jean-Jacques Wondo Omanyundu est un analyste des questions sociopolitiques, sécuritaires et militaires de la République démocratique du Congo. Il est l'auteur de l’ouvrage-référence ‘Les armées au Congo-Kinshasa. Radioscopie de la Force publique aux FARDC’ (2013). Jean-Jacques Wondo est diplômé de l’Ecole Royale Militaire de Belgique.
T-72a_M1980_main_battle_tank_Russia_russian_640Char russe T-72A -version modernisée du char de combat principal T-72



Itinéraire de diversion pour échapper au contrôle international
Nos sources d’informations informent que les matériels militaires et les armes en partance du port d’Odessa en Ukraine pourraient arriver à Boma dans un délai de 2 semaines, probablement vers la semaine du 8 mars si l’itinéraire n’est pas modifié (http://desc-wondo.org/explosif-cooperation-militaire-ukraine-rdc-lombre-de-lamitie-kabila-ianoukovitch-jj-wondo/).Les bateaux qui les transportent empruntent des itinéraires de diversion de peur de faire l’objet de contrôle de la part des services occidentaux qui surveillent l’embargo sur les armes imposés au groupes rebelles actifs en RDC et dont la plupart sont ravitaillés par la contrebande organisée par les officiers supérieurs et généraux des FARDC.
Sauf modification de dernière minute, DESC est en mesure de fournir l’itinéraire prévu à cet effet. Au départ du port d’Odessa, le convoi, au lieu d’emprunter le Détroit de Bosphore (Turquie) pour se diriger vers leGilbraltar qui est un poste d’observation de l’OTAN, qui est un trajet plus court, a préférer suivre un itinéraire de diversion détourné et long via le Canal de Suez afin de déboucher sur l’Océan Indien où il y a une forte présence mais discrète des marines ukrainienne et russe  qui y opèrent dans le cadre de l’Opération Atalante de la lutte contre la piraterie dans l’Océan Indien. Cela, pour permettre aux forces franco-ukrainiennes d’escorter discrètement le convoi jusque dans les eaux plus sûres d’Afrique du Sud où il y a moins de contrôle des forces de l’OTAN.
Compte tenu des relations privilégiées entretenu entre les présidents Kabila et son homologue ukrainien déchu, les analystes estiment que ce qui se joue aujourd’hui en Ukraine pourrait avoir des répercussions indirectes, par un effet miroir de projection, en RDC. Ce, du fait que les enquêtes lancées sur la gouvernance de Ianoukovitch, soutenues par les pays de l’OTAN dans une sorte de guerre froide des tranchées contre la Russie, pourrait avoir les ramifications en RDC, compte tenu de la toile d’araignée tissée par le système Ianoukovtch. Les avoirs de l’oligarchie ukrainienne font déjà l’objet d’une vigilance accrue des autorités autrichiennes. Plusieurs avions privés en provenance d’Ukraine ont attéri à Vienne. Le ministre autrichien des affaires étrangères, Sebastian Kurz, confirme qu’il y a bien, en Autriche, « des capitaux ukrainiens », et rappelle que les banques sont tenues de signaler immédiatement tout mouvement suspect à l’autorité de surveillance des marchés (Le Monde, 25/02/2014).
Une autre menace qui pèse sur Ianoukovitch et ses proches ( l’ex-ministre de l’intérieur Vitali Zakharchenko et ancien procureur général Victor Pchonka) est la résolution adoptée  le 25 février par le Parlement ukrainien (La Rada) reconnaissant la juridiction de la CPI pour « les crimes contre l’humanité » commis entre le 21 novembre 2013 et le 22 février 2014 par les policiers contre les les civils dans une « guerre déclenchée par l’ex-président contre son peuple » (Le Monde, 27/02/2014). Des crimes qui ressemblent à la répression policière orchestrée par la Garde républicaine présidentielle congolaise contre les manifestants civils au lendemain des élections de novembre 2011. Un rapport remis sur la sellette en décembre 2013 par le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) (http://desc-wondo.org/elections-rdc-2011-un-rapport-de-lonu-2013-accuse-les-forces-de-defense-et-de-securite/. Ce document rapporte 345 cas de violations des droits de l’homme liées au processus électoral entre le 1er octobre 2011 et 31 janvier 2012 et accuse les forces de défense et de sécurité d’être responsables de plus de la moitié des violations documentées. Ce sont là quelques raisons et similitudes avec l’Ukraine qui expliqueraient la panique ressentie dans le cercle présidentiel congolais, d’autant que dans le cadre des crimes financiers, il n’est pas exclus que certains avoirs des dirigeants congolais soient logés dans des banques ukrainiennes et gérés par les proches de Ianoukovitch.
L’Ukraine parmi les principaux fournisseurs d’armes à la RDC
Les principaux fournisseurs d’armes de la RDC sont la Chine, la France, l’Ukraine et les États-Unis. Il n’existe pas formellement un partenariat militaire bilatéral entre la RD Congo et l’Ukraine. Cependant, selon l’Institut suédois pour la recherche d’une paix internationale (SIPRI), depuis 2000, la majeure partie des armes, des munitions et des armements de fabrication ukrainienne fournies à la RDC proviennent d’Ukraine.
A titre d’exemple, pour l’année 2010, l’Ukraine a fourni le 6 mars à la RDC[1] , l’Ukraine a fourni à la RD Congo, 100 chars de combat du type T-72M1, 100 camions, des milliers d’armes et de munitions, selon un document envoyé aux Nations Unies. Indépendamment des chars de combat et des camions de transport, la RDC ra reçu 10.000 munitions pour les chars, 60 mitrailleuses antiaériennes, 10.000 fusils d’assaut du type Kalachnikov et plusieurs centaines de milliers de munitions de différents types. Au cours de la même année, l’Ukraine a livré à la RD Congo 36 obus 2S11 de calibre 120 mm, 12 lance-roquettes multiples autopropulsées Grad BM-21 de calibre 122 mm, 30 chars T-55, 12 lance-roquettes multiples BM-21, 12 canons tractés autopropulsés 122 mm, 12 canons tractés autopropulsés 152 mm, 36 obusiers D-30, 3 mortiers de 82 mm et 4 hélicoptères Mi-24 B.
Ventes d’armes à des groupes armés par des éléments FARDC
Pour Amnesty International, si l’impunité incite à commettre de nouvelles atteintes au droit international humanitaire et relatif aux droits humains, le fait qu’il soit extrêmement facile de se procurer des armes en RDC est également un facteur qui favorise les violations et les exactions. C’est particulièrement vrai dans l’est du pays. Il existe plusieurs exemples de cas où des groupes armés ont pu s’en prendre à la population civile d’autant plus facilement qu’ils avaient acquis du matériel militaire auprès de réseaux corrompus internes aux FARDC. La corruption endémique qui sévit au sein des FARDC, la présence dans ses rangs d’éléments favorables à certains groupes armés et l’insuffisance ou l’absence des soldes versées aux soldats sont autant d’éléments qui expliquent les transferts continus de matériel militaire, et notamment de munitions, de l’armée congolaise vers certains groupes armés ou bandes criminelles.Il est fréquent que des éléments des FARDC, ou des membres de leur famille, vendent des munitions à des groupes armés, y compris lorsqu’ils sont engagés dans des opérations militaires contre eux.
Un officier supérieur des FARDC a avoué à Amnesty International qu’il était difficile de contrôler les munitions et d’éliminer les réseaux d’approvisionnement des groupes armés, ajoutant que ces groupes n’obtenaient de toute manière que « de petites quantités de munitions » des FARDC. D’autres sources dignes de foi, proches notamment des Nations unies, assurent pourtant que les groupes armés des provinces du Kivu reçoivent énormément de munitions provenant de l’arsenal des FARDC. Le Groupe d’experts concluait ainsi fin 2011 que les groupes armés continuaient essentiellement de s’approvisionner en armes, munitions et uniformes auprès des FARDC. Un constat qui n’a rien d’étonnant, étant donné l’absence de contrôle des stocks et de sanctions contre les membres des FARDC qui fournissent des armes ou des munitions aux groupes armés. D’ailleurs jusqu’à une semaine avant la débâcle du M23, DESC a reçu une information d’un projet de livraison de 1200 tenues militaires au M23 commandés par un haut gradé congolais des FARDC.
L’impunité s’applique aux officiers FARDC impliqués dans le commerce d’armes ou le soutien des groupes armés. Le Groupe d’experts de l’ONU a largement rendu compte de ce soutien, mais rares sont les enquêtes que les autorités congolaises ont ouvertes sur la base de cette information, même lorsque ce soutien n’est qu’un secret de polichinelle. L’une des raisons citées pour expliquer la suspension d’Amisi Tango Fouren novembre 2012 fut son implication dans la vente d’armes à des groupes armés[2].
Manque d’efficacité et de transparence en matière de contrôle des équipements militaires en RDC
C’est ce qu’a relevé un rapport d’Amnesty international en 2012 qui relève que l’absence de contrôles institutionnels, notamment sur les matériels militaires destinés aux FARDC, constitue l’une des principales faiblesses du cadre actuel de gestion des armes, des munitions et des équipements connexes en RDC[3]Il s’agit là d’un problème dénoncé dans un certain nombre de documents publics, dont plusieurs rapports del’ONU. Les forces de sécurité, et plus particulièrement l’armée, sont minées par divers problèmes, qui favorisent les détournements, les vols et la corruption. Certains de ces problèmes perdurent tout simplement parce que les officiers supérieurs, qui profitent de la situation, s’opposent à toute solution. L’absence de volonté politique de tenir tête à ces officiers et de réformer les institutions théoriquement chargées de la sécurité constitue un obstacle majeur à tout progrès, et en particulier à toute réforme du secteur.
Il n’existe actuellement pas en RDC de registre répertoriant de manière précise les armes, munitions et équipements connexes dont disposent les FARDC. La plupart des armes des FARDC ne sont ni identifiées ni répertoriées, et il n’existe par conséquent aucune base de données susceptible de faire le lien entre telle unité de l’armée et tel stock d’armes, de munitions ou d’équipements connexes. Il s’agit là d’un problème reconnu dans plusieurs résolutions de l’ONU. La législation sur les armes légères en vigueur en RDC est obsolète et ne rend pas obligatoire le marquage des armes et munitions de petit calibre à l’importation, à l’exportation ou au moment de leur transfert. La falsification, l’effacement illicite ou l’altération des marquages ne sont pas pénalisés. DESC espère que la promulgation attendue de la loi portant prévention, contrôle et réduction des armes légères et de petit calibre et de leurs munitions en RDC (Loi ALPC), adoptée au Sénat le 3 décembre 2013 pourrait combler cette lacune. Les doutes persistent lorsqu’on mesure la manière dont les contrôles parlementaires se déroulent en RDC.
La manière dont a été initiée la procédure de marquage des armes en circulation traduit bien le caractère inadapté des systèmes existants. La RDC a demandé une aide pour marquer toutes les armes des FARDC et de la police. Elle a reçu en septembre 2010, à titre de don, trois appareils de marquage américains, destinés à identifier l’ensemble des armes présentes sur son territoire. Cette tâche a été confiée au Regional Centre on Small Arms (RECSA), qui a lancé une campagne destinée à marquer les armes légères et de petit calibre appartenant à l’État. Selon la Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre et de réduction de la violence armée (CNC), 250 000 armes, sur un arsenal public de quelque deux millions, devraient pouvoir être marquées au cours des cinq prochaines années. Toutefois, en mars 2012, le gouvernement de la RDC n’avait toujours pas validé les codes de certification de la norme ISOcensés être utilisés pour le marquage.
Depuis quelques années, le fonctionnement des FARDC est devenu de plus en plus opaque, en particulier en ce qui concerne la manière dont s’effectue l’intégration des groupes armés. Un nombre très restreint d’armes aurait ainsi été remis après la rapide incorporation des forces du CNDP dans les FARDC, début 2009 :Seulement « 7 mitrailleuses PKM, 1 mitrailleuse MAG, 7 lance-roquettes RPG-7, 4 mortiers de 60 mm, 1 mortier de 82 mm, 6 canons sans recul de 75 mm, 2 canons sans recul SPG-9 et 4 lance-roquettes multiples ». Lors du processus d’intégration, moins de la moitié des forces du CNDP concernées a déclaré des armes.
Dans un rapport paru en 2005 sous le titre Le flux d’armes à destination de l’est, Amnesty International dénonçait les livraisons d’armes par le gouvernement de la RDC à des groupes armés et à des milices, avant et après l’embargo décidé par l’ONU en 2003. Dans un rapport de février 2008, le Groupe d’experts de l’ONU soulignait qu’une partie de l’armement de l’aile militaire du CNPD « est constituée d’armes abandonnées par les soldats des FARDC sur le champ de bataille ». Le Groupe d’experts a également été informé de « la fourniture d’armes par des éléments des FARDC aux combattants des FDLR /FOCA (Forces combattantes Abacunguzi) ». Malgré les efforts de l’ONU et de l’UE, la contrebande reste une pratique institutionnelle très répandue au sein des FARDC.
Selon Amnesty International, la France et l’Afrique du Sud ont fourni au gouvernement de la RDC des armes, des munitions et des matériels connexes, dont du gaz lacrymogène et d’autres armes « à létalité réduite », pour des opérations de maintien de l’ordre à l’occasion des élections de novembre 2011. Un témoin aramassé à l’aéroport le 26 novembre 2011 deux douilles de cartouches de fusil AK-47 qui ne portaient aucune indication. Une autre douille de cartouche de AK-47, retrouvée le 26 novembre sur le boulevard Lumumba, qui mène à l’aéroport, a cependant été identifiée comme provenant de l’usine d’armement de Lougansk, en Ukraine. Il est difficile de savoir à quel moment cette cartouche est arrivée en RDC. Il n’y a pas de données disponibles concernant les livraisons d’armes et de munitions en RDC en provenance d’Ukraine ou de Russie intervenues entre 1988 et 2010. Selon un journaliste présent lors d’un autre épisode, survenu le 23 décembre 2011, des membres de la Garde républicaine circulaient dans Kinshasa à bord de camions militaires ukrainiens de marque KrAZ. Il s’agit de la même marque de véhicule qui sera livré au nombre de 300 par la cargaison en route vers la RDC.
Ce qui est inquiétant est que lors des différentes batailles livrées par les FARDC à l’est, tout cet impressionnant arsenal militaire ci-haut renseigné a fait défaut. De plus, lorsque l’IISS établit ses balances militaires annuelles par pays, sur base des informations émanant généralement des sources officielles, le nombre de chars et d’autres équipements militaires congolais renseigné est anormalement plus bas que les livraisons reçues de l’Ukraine et d’autres pays fournisseurs de ces équipements à la RDC. Il s’agit là d’une anomalie qui conforte la thèse de l’existence d’une contrebande fructueuse dont les bénéficiaires ne se retrouvent pas uniquement dans la haute hiérarchie militaire et politique congolaise. D’ailleurs le laxisme, voireune certaine implication de la MONUSCO (http://abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=357) et de la communauté internationale en termes de contrôles et de sanctions contre les responsables de ce juteux trafic illicite d’armes, qui est à la base des rébellions à répétition à l’est du Congo, arrange tout le monde, sauf les pauvres populations congolaises qui ne cesseront d’en payer les frais par millions si elles ne se prennent pas en charge, elles mêmes. Si les choses restent en l’état d’ici à 2016, avec une militarisation inquiétante de la garde républicaine (nous y reviendrons prochainement), le ciel congolais risque de s’assombrir considérablement car le dispositif se met lentement en place pour la pérennisation du régime actuel, de gré ou de force.
Jean-Jacques Wondo

[2] Conseil de sécurité des Nations Unies, S/2011 /738, p. 62 ; USALAMA, Stearns J., Verweijen, M. Baaz, E., Armée nationale et groupes armés dans l’est du Congo Trancher le nœud gordien de l’insécurité, 2013.

Léon Kengo Wa Dondo : Quelle est sa couleur politique et pour qui roule-t-il ?

Léon Kengo Wa Dondo : Quelle est sa couleur politique et pour qui roule-t-il ?


Lorsque DESC, dans une analyse exclusive, qualifiait Léon Kengo Wa Dondo d’homme d’État addictif au pouvoir, c’est à bon escient que cette description prémonitoire a été réalisée. Cette prospective tend à se confirmer dans l’ultime acte politique que vient de poser l’éternel « Premier » en passe de récupérer le poste qui l’a amené au sommet de la politique en faisant de lui un véritable félin politique qui revient là où on l’attend le moins. (http://desc-wondo.org/dossier-special-les-personnalites-congolaises-a-tenir-a-loeil-en-2014-jj-wondo/). Comme nous l’écrivions, « l’animal politique que fut Léon Kengo Wa Dondo s’est révélé être un personnage narcissique, compulsif et un obsédé inconditionnel du pouvoir pour le pouvoir sans état d’âme, surtout pour les honneurs liés au pouvoir. Ses différents actes politiques posés ses vingt dernières années sont éloquents pour mettre en lumière la personnalité politique de celui pour qui seuls ses intérêts personnels et non collectif comptent. »

Acte 1 : la troisième voie sous la transition démocratique des années 1990


La rude confrontation politique entre Mobutu et Tshisekedi des années 1990 aboutit à une impasse politique qui bloqua le fonctionnement des institutions et marqua la faillite de l’Etat zaïrois. Elle permit à Kengo de s’imposer insidieusement comme étant la troisième voie. Pour ce faire, Léon Kengo eut l’idée de créer un parti d’opposition dénommé UDI (Union des démocrates indépendants) regroupant des jeunes turcs de la classe moyenne et politique de l’époque (Tambwe Mwamba, Patrice Djamboleka, professeur Katanga Mukumadi, etc.) pour noyauter l’union sacrée de l’opposition radiale (USORAL) animée par le duo Étienne Tshisekedi et l’enfant terrible Joseph Olenghankoy.
Pour arriver à ses fins, Kengo bénéficiera également de la bénédiction complaisante de Monseigneur Laurent Monsengwo, Président de la Conférence Nationale Souveraine, puis du Haut Conseil de la République, enfin du Haut Conseil de la République, Parlement de Transition (HCR-PT).

Pour la petite histoire, le 1er octobre 1991, E. Tshisekedi est nommé Premier ministre, il supprime la mention « Mobutu, garant de la Constitution » lors de la prestation de serment. Il affirme ne pas être le Premier ministre du Maréchal Mobutu. Après quelques jours de tractations, Mobutu révoque Tshisekedi. Le 23 octobre 1991, Bernadin Mungul Diaka est nommé Premier ministre, immédiatement contesté par l’opposition.
Le 22 novembre 1991, sous la facilitation des envoyés spéciaux de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine), MM. Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, respectivement Président et ministre d’Etat sénégalais, le camp mobutiste appelé « la mouvance présidentielle » et celui de l’opposition concluent,  en marge de la Conférence nationale, les « Accords du Palais de Marbre » dont le principe de base est que le Premier ministre sera issu de l’opposition (Union Sacrée).

Le 12 décembre 1991, la CNS se dote d’un bureau provisoire dont le Président est l’archevêque de Kisangani, Mgr Laurent Monsengwo. Le 25 décembre 1991, à la surprise générale, Ngunz a Karl i Bond est nommé Premier ministre, en lieu et place de Tshisekedi. Le 6 avril 1992, les travaux de la CNS sont ré-ouverts à la suite des incessantes manifestations populaires (journées ville-morte,…), à la radicalisation de l’opposition favorable à Tshisekedi et aux fortes pressions de l’Occident sur Mobutu. Le 14 août 1992, la CNS élit Étienne Tshisekedi comme Premier ministre de la transition, avec 70,8% des voix contre le candidat du régime, Thomas Kanza.
Le 6 décembre 1992, Mobutu ordonne la clôture de la CNS, qui n’a pas discuté en séance plénière de deux questions délicates relatives aux assassinats politiques et aux biens mal acquis. Entre-temps, la CNS a élaboré un Acte constitutionnel de transition, un Gouvernement de transition, le Haut Conseil de la République comme organe législatif et le Conseil électoral. Elle élabore un projet de Constitution et un calendrier électoral. Mais, Mobutu continue à appliquer l’ancienne constitution et de s’opposer au gouvernement de transition. Le taux d’inflation atteint 7.000%.

Mars 1993 : Mobutu essaie de reprendre la situation en mains et organise un Conclave qui ne réunit que les membres de son camp, qui créent une plateforme dénommée les Forces politiques du Conclave (FPC). Le Conclave désigne Faustin Birindwa, un transfuge de l’UDPS comme Premier ministre, en plus de la réhabilitation de l’ancienne Assemblée Nationale. Un dédoublement des institutions se met alors en place : celles issues de la CNS et celles réhabilitées par le Conclave qui a le soutien de la garde prétorienne de Mobutu et les services de sécurité.
Le 22 octobre 1993 : Mobutu signe un décret de réforme monétaire : les billets de 1 nouveau Zaïre (1 NZ) sont échangés contre ceux de 3.000.000 Z. Le Kasaï, fidèle à la fatwa décrétée par Tshisekedi le 1er décembre 1992, lorsqu’il a démonétise les billets de 5.000.000 de zaïres que la Banque Nationale a émis contre la volonté de son gouvernement et 1992, continue à utiliser les anciens zaïres suite à un. bLa crise sociale, économique et politique est à son comble et Mobutu est reléguée par ses proches à Gbadolite et perd tout contact avec le peuple, d’où il se surnomme l’« aigle de Kawele ».

Le 14 janvier 1994, signature d’accords entre le camp de Mobutu et l’opposition représentée par l’Union sacrée de l’opposition radicale et alliés (USORAL). Ces accords visent à mettre fin au dédoublement des institutions. Dans un subtil stratagème de calcul politicien, le parlement de transition intègre l’ancienne assemblée nationale et devient le Haut Conseil de la République-Parlement de Transition (HCR-PT). La mouvance présidentielle y est majoritaire et va défendre quelques mois plus tard la candidature à la primature du mobutiste infiltré dans l’opposition, avec une nouvelle plateforme dite de l’opposition modérée, l’Union pour la République et la Démocratie (URD) formée autour de M. Léon Kengo wa Dondo. L’URD regroupe principalement les partis suivants : l’Union des Démocrates Indépendants (UDI), le Front Commun des Nationalistes (FCN/Kamanda), le Parti Démocrate et Social Chrétien (PDSC/Kititwa) et l’Union Nationale des Démocrates Fédéralistes (UNADEF) de Charles Mwando Nsimba. En réalité, il s’agit d’une opposition factice, instrumentalisée par le régime, qui voudrait subtilement s’interposer comme une troisième voie contre la bipolarisation (Mobutu-Tshisekedi) de la politique au Zaïre.
C’est exactement le même stratagème insidieux qui se cache aujourd’hui derrière la création de « l’opposition républicaine » qui, face à l’échec du régime Kabila d’attirer la véritable opposition représentative (UDPS, MLC, UNC, FAC…) dans un Gouvernement de cohésion nationale, va se servir de pseudo-opposant kabiliste Kengo pour donner un faux semblant d’ouverture à une frange de l’opposition qui, en réalité, n’en n’est pas une.

Le 8 avril 1994, adoption par le HCR-PT d’un nouvel Acte de transition. L’Acte issu de la CNS a été amendé de façon à satisfaire les exigences de la Mouvance présidentielle alliée avec Kengo Wa Dondo.
Le 14 juin 1994, soutenu par le les FPC des mobutistes, Kengo Wa Dondo s’impose en tant que la troisième voie et est désigné Premier ministre par la mouvance mobutiste HCR-PT, malgré l’opposition majoritaire de l’USORAL, derrière Tshisekedi. Une nomination qui viole les résolutions de la CNS et les accords du 14 janvier 1994. L’opposition radicale (USORAL) considère comme illégal le gouvernement Kengo et réclame le retour de Tshisekedi à la primature. Ce choix qui satisfait la Les USA, la France et la Belgique. Il restera Premier ministre jusqu’en 1997 avant son exil en pleine guerre de l’AFDL. C’est ainsi que l’opposant-mobutiste, terme utilisé par Maître Nimy Mayidika Ngimbi dans son ouvrage « Je ne renie rien – Je raconte » qualifie ces opposants opportunistes de la dernière heure. Dans son ouvrage, Maître Nimy  traitait déjà à l’époque (en 1992) « François Mwamba Tshishimbi, l’actuel coordonnateur du mécanisme national de suivi de l’Accord cadre d’Addis-Abeba et négociateur dans la délégation gouvernementale aux pourparlers avec le M23 à Kampala, cet ex-secrétaire général du MLC de JP Bemba, d’« opposant-repenti ». Qui a bu boira et on voit aujourd’hui les mêmes faux-opposants sous Mobutu revêtir les mêmes parures de transvestis sous Kabila.

Acte 2 : Triomphe-surprise de Kengo au Sénat en 2007 et début de lune de miel entre Kabila et Kengo

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Pour mieux comprendre le rôle assigné à Kengo en faveur de Kabila, il faut remonter aux tractations qui ont conduit à son retour en RDC. Pour la petite histoire, le retour de Kengo en RDC fut facilité par l’ancien conseiller spécial de Kabila en matière de sécurité, le feu Samba Kaputo. Ce dossier concernait également le retour de Seti Yale. Pour rassurer Kengo, une délégation conduite par Katumba Mwanke et l’ambassadeur itinérant de Kabila, Antoine Ghonda, qui furent le déplacement à Bruxelles pour négocier discrètement avec les deux intéressés. Une initiative qui avait également la bénédiction des autorités rwandaises qui soutenaient Joseph Kabila et espéraient jouer sur la fibre ethnique Tutsi des origines maternelles de Kengo pour s’en servir comme un berger et parrain politique de Joseph Kabila en RDC en attirant à cette cause plusieurs mobutistes fauchés en quelques années d’exil.
Dans les clauses de son retour, confie à DESC un proche collaborateur de Samba Kaputo qui a personnellement traité ce dossier, il était stipulé noir sur blanc que Samba se servirait discrètement de la plate-forme présidentielle ‘l’ex AMP) et des mobutistes pour soutenir la candidature de Kengo à la présidence du Sénat. C’est ce qui fut fait au moment venu au détriment de l’infortuné She Okitundu et plusieurs cadres désabusés du PPRD qui, dans un triomphalisme exubérant, jubilaient avant d’avoir abattu la peau du léopard Kengo. Une leçon du real politik made in Kigali !

Cette réaction postée sur DESC de M. Timothée Shaomba Shutsha, ancien proche collaborateur de She Okitundu et ancien Conseiller à la Présidence de la République se passe de tout commentaire :
« Il n’est pas surprenant que Joseph Kabila adopte cette attitude, la même qu’il a toujours eu. C’est bien dommage que notre pays devienne une zone d’action internationale réservée aux étrangers pour toute sorte d’expérimentation des crimes et pillages sous toutes ses formes. A l’époque, Monsieur SHE Okitundu, alors Ministre des Droits Humains sous le Gouvernement de Mzée L.D Kabila a réussi à obtenir la condamnation l’Ouganda et celle du Rwanda devait intervenir dans les mois qui suivaient. Mais le plan était très avancé et Mzée est mort. Je me rappelle, que l’actuel Sénateur SHE Okitundu, alors Ministre des Affaires Etrangères sous Joseph Kabila, a voulu renouveler le dossier à la Cour Internationale de Justice, mais le lobbying rwandais à Kinshasa a pesé sur leur  » AMI et FRERE » pour que SHE abandonne sa démarche. Pour être mieux contrôlé, ce dernier fut nommé Directeur de Cabinet de Joseph Kabila. »

« C’est ici que j’ai fait mon entrée au Cabinet du Chef de l’Etat, en juillet 2006, en qualité de chargé de mission et que j’ai rencontré à plusieurs reprises. Parenthèse: (histoire à suivre plus tard, car je fus révoqué au début 2008, quand j’ai adressé à l’attention du Président de République des rapports accablants sur certaines questions dont celles des Nkudna et compagnie…). Vous remarquerez que SHE Okitundu est victime de sa démarche, pourtant patriotique et républicaine. La preuve est qu’il est au garage-poli, au Sénat, dont on connait comment la carte à été jouée pour l’écarter [Ndlr. en faveur de Kengo], car ce Monsieur est intransigeant dans ses positions, même devant le Chef de l’Etat. S’il n’était pas élu comme Sénateur du Sankuru chez lui, il connaitrait d’énormes difficultés politiques... » (Commentaire posté en bas de l’article: http://desc-wondo.org/rd-congo-kabila-le-garant-de-limpunite-boniface-musavuli/)
Pour comprendre davantage pourquoi Kengo reste un allié stratégique de Kabila, malgré les apparences fallacieuses, il faut analyser la manière dont la MP a pesé de tout son poids pour gagner toutes les batailles électorales, notamment les provinciales dans les fiefs où mathématiquement et rationnellement elle était perdante : Kinshasa (2007) et Equateur (2007 et 2013) des provinces acquises au MLC. Si pour les provinciales, le régime Kabila est prêt à tout, ce n’est pas au poste ultra stratégique de la présidence du Sénat, deuxième personnalité constitutionnelle de l’Etat devant suppléer au chef de l’Etat en cas de la vacance présidentielle, que le régime  (avec ses soutiens rwandais) va laisser à un véritable opposant  ou un digne patriote congolais occuper ce poste. L’échec de She Okitundu, comme l’illustre si bien le M. Shaombo, s’inscrit dans cette dynamique de maillage des institutions du Congo par des agents à la solde du régime monoethnique rwandais.

Autre indice qui montrerait que cette stratégie de débauchage de Kengo allait dans le sens du soutien de la communauté internationale, notamment la Belgique, au tandem Kabila-Kengo est que le triple ancien Premier ministre de Mobutu, qui a été inculpé à Bruxelles pour blanchiment d’argent en juin 2003, n’a plus été poursuivi par la justice belge. Pourtant, «La Libre Belgique» du 25 juin 2003 a rapporté que « Le juge d’instruction Michel Claise a décidé d’inculper M. Kengo Wa Dondo pour blanchiment d’argent », pour une affaire qui était en relation avec des « faits de corruption » (http://www.lesoftonline.net/articles/blanchiment-d%E2%80%99argent-l%E2%80%99ancien-premier-ministre-kengo-inculp%C3%A9-%C3%A0-bruxelles). Et il est connu qu’au Congo, c’est à travers la justice, nationale ou internationale, que le régime et ses soutiens internationaux agissent pour museler les opposants. Kengo a opté pour se rallier au régime en échange des ennuis. 

Acte 3 : Kengo parraine la modification constitutionnelle qui permet à Kabila d’être réélu en faveur d’un scrutin à tour unique

Kabila - Kengo

L’opposant chauve-souris de M. Kengo a commencé à montrer sa vraie nature lors du changement constitutionnel de janvier 2011 qui a ramené les scrutins présidentiels à tour unique. Malgré les arguments de Kengo évoquant un juridisme politiquement non éthique pour défendre sa position républicaine et son abstention lors des révisions de la Constitution et de la loi électorale en 2011, il ne faut surtout pas oublier que c’est au cours d’une réunion interinstitutionnelle débutée le 20 mars 2010 à Kingakati-Buene,la ferme présidentiell, sous la direction du président Joseph Kabila e tpoursuivie le samedi 27 mars au Palais du peuple sous la présidence de Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat, que le point relatif à la modification constitutionnelle a été adopté à l’unanimité par le trio Kengo-Boshab et Kabila dans unique perspective de facilier la réélection de Kabila au premier tour. Une décision prise sur base d’un rapport d’experts du cabinet parallèle de Kabila auquels faisient partie le président de l’ex-CEI, l’abbé Apollinaire Malu Malu et son successeur le pasteur Ngoy Mulunda) et qui recommandait d’éviter à tout prix un scenario de face-à-face entre Tshisekedi et Kabila, fatal à ce dernier.
Pour montrer le caractère subversif de cette manœuvre bien orchestrée par le trio susmentionné, le rapport final de la mission électorale de l’UE (p. 17;http://www.eods.eu/library/FR%20DR%20CONGO%202011_fr.pdf) écrit ce qui suit:  La révision constitutionnelle de janvier 2011 qui a introduit un seul tour pour l’élection présidentielle est un système qui est généralement déconseillé dans des sociétés dominées par des tensions ethniques ou régionales… Si la réforme constitutionnelle de janvier 2011 qui a introduit le scrutin à un seul tour pour l’élection présidentielle est conforme au droit interne, elle n’a pas néanmoins été soumise à référendum puisqu’elle a été approuvée à la majorité des trois cinquièmes des membres de l’Assemblée Nationale et du Sénat réunis en Congrès. Pourtant, cette modification de la Constitution de la RDC s’éloigne de la doctrine constitutionnelle générale, selon laquelle le système électoral ferait partie du « bloc » constitutionnel. Dans ces conditions, il ne pourrait être modifié que par une procédure plus stricte que celle qui est prévue dans le cadre d’un amendement, sans pour autant avoir la rigidité de celle qui est utilisée pour l’approbation de la Constitution elle-même.

Rappelons en outre que déjà en 2009, La même réunion interinstitutionnelle (regroupant les présidents des deux chambres du parlement et le Chef de l’État) avait recommandé la modification de la loi électorale (Radio Okapi, 26 novembre 2009). Un indice éloquent qui montre que le régime réfléchissait déjà à la manière de conserver le pouvoir, malgré les assurances de certaines déclarations de ses cadres. On ne change pas la stratégie qui gagne. C’est ce même modus operandi qui se mettrait actuellement en place pour tout faire de sorte que le régime survive avec ou sans Kabila au-delà de 2016. Et les stratèges de Kabila se servent de Kengo,  l’homme-lige du régime pour leur faciliter ce statuquo.
Si déjà lors de la rentrée parlementaire de mars 2010 Évariste Boshab avait donné le ton en déclarant que la «  révision  constitutionnelle n’est plus un tabou... La révision constitutionnelle est un exercice légal et démocratique, car la Constitution n’est pas instituée « ad vitam, ad aeternam… la Constitution doit s’adapter à la réalité d’un peuple ». Ce n’est pas anodin qu’il récidive et revienne à la charge en publiant cette fois-ci aux éditions belges du Larcier, un ouvrage intitulé «Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la nation », qui annonce clairement les couleurs et l’intention du régime adepte de la para-démocratie.

Acte 4 : Election 2011 – Kengo candidat-taupe du régime pour diviser l’opposition et réduire l’impact de Tshisekedi à l’ouest

Face au découpage des circonscriptions électorales opéré par le ministre de l’Intérieur et décentralisation Adolphe Lumanu et le pasteur Mulunda dans un stratagème visant favoriser la réélection de Kabila tout en lui facilitant une majorité parlementaire confortable au parlement, il fallait maintenant tabler sur la géopolitique électorale pour éroder le poids électoral de Tshisekedi à l’ouest. Cette partie du pays est réputée pour son opposition aux régimes Kabila. C’est dans ce cadre et uniquement celui-là qu’il faille interpréter la candidature de Kengo aux présidentielles de 2011. L’homme se savait impopulaire et incapable de surclasser Tshisekedi, Kamerhe et Kabila. Après avoir joué au trouble-fête  au sein de l’opposition en se rangeant dans un premier temps dans le camp Sultani aux côtés de Kamerhe qui s’affrontait au camp Fatima menée par les FAC de Martin Fayuluderrière UDPS, il s’est ensuite embrouillé avec Kamerhe pour évoluer comme un électron libre en se présentant comme étant la troisième voie émergeante de l’opposition devant arbitrer les camps Fatima et Sultani.

L’AMP, se servira de Kengo comme attrape-voix censées se reporter au profit de Tshisekedi dans la province de l’Equateur. Une province qui, à coup sûr et dans un réflexe naturel de défense et de vengeance, allait émettre un vote-sanction contre l’ennemi juré du fils du terroir, Jean-Pierre Bemba Gombo, victime d’une neutralisation politico-judiciaire orchestrée par les appuis occidentaux de Kabila. Le But de la manœuvre : réduire autant que faire se peut, le plein de voix de Tshisekedi dans cette province dont il allait bénéficier d’un report des voix favorables. Surtout que Tshisekedi était quasiment assuré d’un potentiel succès stalinien dans les deux Kasaï, le Bas-Congo (qui ne pardonnera jamais à Joseph Kabila du massacre à grande échelle des adeptes de Bundu dia Kongo). Et que, compte tenu d’une forte représentation des ressortissants Luba du Kasaï dans le Katanga, Tshisekedi allait mettre Kabila en ballotage sur sa province tout en bénéficiant aussi du vote sanction d’un certain nombre, non négligeable, des Katangais du sud qui commençaient déjà en 2008 et 2009 à exprimer leur insatisfaction sur la manière inéquitable dont les postes politiques leur avaient été rétribués.
A cela, il fallait ajouter la peur qui a gagné le camp kabiliste lorsque, dans une stratégie dite d’ « encerclement », Vital Kamerhe s’est chargé de son côté de réduire le poids électoral de Kabila dans les Kivu, deux provinces où Kabila avaient fait le plein électoral en 2006, fort de l’appui de Kamerhe. Un acte de trahison que Kabila ne lui pardonnera sans doute jamais et qui expliquerait peut-être en partie ses ennuis actuels dans une stratégie de la loi de Talion. 

Acte 5 : Kabila réélu après les fraudes électorales, l’opposant (?) Kengo veut le rejoindre comme « Premier »

C’est ce que l’on peut retenir en substance du document publié par le Soft International du 24 février 2012, sous la plume de Tryphon Kinkey : « Et voici Kengo! L’opposant président du Sénat a fait parvenir au Soft International un texte susceptible de marquer un tournant et de conjurer le sort… – l’article ne fait pas part de convergences, il apporte le soutien dont la Nation a besoin. Il explique non seulement qu’un dream team est possible, qu’il est souhaitable. Il met en avant les idées forces de Kengo qui rejoignent celles de Kabila. (http://www.lesoftonline.net/articles/kengo-rejoint-kabila).
Un document qui montre la nature politique bisexuée et antidémocratique de M. Kengo qui se dit opposant tout ayant toujours assumé de hautes fonctions politiques au sein des institutions des régimes Mobutu et sous Joseph Kabila. Les seules fois que l’on peut dire que M. Kengo a été réellement opposant à un régime, c’est lorsqu’il s’est trouvé à chaque fois en exil hors du Congo (Zaïre).

Et l’occasion pour DESC de rappeler qu’en sociologie politique, l‘opposition désigne l’ensemble des forces et partis politiques qui contestent les décisions des détenteurs du pouvoir. Dans un régime démocratique représentatif, l’opposition parlementaire est l’ensemble des partis qui ne forment pas la majorité parlementaire et qui n’exercent pas de responsabilités gouvernementales ni la présidence des institutions républicaines et donc s’y opposent. Dans un régime démocratique, l’opposition constitue un contre-pouvoir qui veille à éviter que la majorité au pouvoir se comporte librement en toute violation des principes fondateurs d’un état de droit, en dénonçant publiquement et officiellement toutes les dérives du pouvoir sans être inquiétée.
Un bémol : Un gouvernement de la cohabitation politique désigne la situation de coexistence d’un gouvernement au sein duquel le chef de l’Etat cohabite avec un chef de gouvernement (Premier ministre) qui appartient à une majorité parlementaire qui est politiquement opposée au président. Le système politique français actuel, issu de la Constitution de la Ve République, est celui qui fournit l’exemple le plus connu de cohabitation, entre un Président de la République et un Premier ministre issu d’une majorité parlementaire différente de celle qui l’a élu. Le Président de la République, élu au suffrage universel, joue habituellement un rôle prépondérant dans la vie politique. Mais, il peut arriver qu’après une électionlégislative, il ne dispose plus du soutien de la majorité parlementaire, si celle-ci est d’un bord politique opposé à la majorité présidentielle.

Ainsi, M. Kengo ne se trouve dans aucune position politique et institutionnelle illustrée dans les deux cas ci-haut explicités.
Si dans le document sus-évoqué Kengo avait déjà émis en 2012 l’idée des concertations, c’est en connaissance de cause qu’il l’a fait, Sauver le soldat Kabila en péril : « Face à l’ampleur du désastre, il faut exceller dans le pragmatisme et éviter des solutions unilatérales prises par un seul individu ou un groupe homogène d’individus mû par de mêmes intérêts de Pouvoir. La concertation, le dialogue s’impose. Or, c’est ce qui manque cruellement chez nous. » Et Kengo de proposer la mise en place d’un « Gouvernement de salut National » qui ressemble à s’y méprendre au même schéma de l’actuel Gouvernement de la cohésion nationale dont il fit l’annonce bien avant la tenue des concertations :  « Notre réponse est largement positive (Ndlr la réponse de Kengo à la participation à ce type de Gouvernement). A condition que le futur Gouvernement de la République soit confiée entre des mains expertes dont l’expertise technique et la rigueur morale sont connues et appréciées de tous. La seconde condition implique la participation de certains leaders locaux dont l’influence s’avère prépondérante pour le maintien de la cohésion nationale. »

Acte 6 : Kengo tire les concertations pour permettre à Kabila de trouver la légitimité perdue en 2011 et s’autoproclame autorité morale d’une pseudo- opposition républicaine

Ayant échoué à sa tentative d’occuper la primature en 2012 au profit de Matata qui a eu les faveurs de certaines autorités politiques libérales et socialistes francophones belges, en contrepartie d’un grand  lobbying diplomatique pour la légitimation occidentale de la réélection frauduleuse de Kabila en 2011, la guerre contre le M23 et l’impopularité croissante de Kabila, conséquence triviale de son illégitimité, ont remis Kengo sur la sellette, en revenant sur une nouvelle formule en apparence, mais qui au fond ressemble à celle de sa déclaration de 2012, les concertations nationales. Une idée conçue par les successeurs du Clan Samba Kaputo autour de Kabila. Mais cette option est également, selon des sources crédibles contactées par DESC, défendue par l’establishment oligarchique tutsi au pouvoir au Rwanda.
Pour ceux qui l’ignorent encore, depuis que les faucons anti-rwandais du régime de Laurent-Désiré Kabila (Victor Mpoyo, Yerodia, Mwenze Kongolo ?…) à partir de 2004 puis après la réélection en 2006, aucune nomination dans les postes hautement stratégiques en RDC ne s’opère sans l’aval de Kigali. C’est d’ailleurs ce qu’avait fait savoir en espèce le général James Kabarebe à Jean-Pierre Ondekane, ex-ministre de la défense aux couleurs du RCD-Goma rwandais, lors d’une rencontre fortuite dans un hôtel en Afrique du Sud. Surpris de voir Ondekane tourner les pouces sans raison dans cet hôtel, Kabarebe posera la question à Ondekane : « Qu’est ce qui se passe ?». Ondekane de répondre : « On m’a limogé du poste de ministre de la défense ». Et Kabarebe de réagir : «  Comment Joseph peut-il nommer un nouveau ministre de la Défense sans nous en informer au préalable ? ». Il va former à l’instant même le numéro de téléphone de Joseph Kabila et lui donner l’injonction de faire le nécessaire pour que « dans 48 heures, Ondekane retrouve son poste ou un nouveau poste équivalent ». C’est ce qui expliquera sa nomination à la tête de la DGM (Direction Générale de Migration : la police des frontière), peu de temps après son limogeage du ministère de la défense. Il sera finalement par la suite par François Beya Kasonga en 2008, un congolais marié à une Tutsi.

Pour Kengo, les concertations devraient servir d’appât à l’opposition par l’idée de la mise en place d’un gouvernement de cohésion nationale. Une formule devant permettre de remettre les compteurs à zéro en 2016 et remettre tout le monde, Kabila compris, sur le starting-block en 2016. Malheuruesement, Ni l’UDPS, ni Kamerhe ni le MLC qui a pris part aux concertations et encore moins le FAC de Martin Fayulu ou l’UDEMO de Mobutu Nzanga (qui a compris enfin la leçon de son alliance désastreuse avec Kabila en 2006) se sont dit non partants ni concernés.
Face à l’impasse politique actuelle et pour sauver le régime sclérosé et les apparences, il faut trouver une formule marketing qui pourrait séduire les Occidentaux comme il l’a fait en 1994 lorsqu’il fut plébiscité Premier ministre par le camp mobutiste et pourtant opposant sur papier, l’infatigable Léon Kengo revient avec la formule « Opposition républicaine ». Une clique de l’opposition pro-régime dont l’autorité morale s’est illustrée durant son parcours politique comme étant le joker des autocrates honnis par le peuple congolais. Si dans les années 1990 Kengo a créé, avec le soutien de Mobutu, sa plateforme minoritaire dite de l’ « opposition modérée » pour contourner la bipolarisation politique Mobutu-Tshisekedi; aujourd’hui, l’irréductible Kengo nous revient avec la même formule sous la dénomination « opposition républicaine » pour contourner le refus de l’opposition véritable et majoritaire rangée derrière Tshisekedi.

Par cet ultime acte politique anti républicain, le félin politique en fin de parcours qu’est Léon Kengo Wa Dondo confirme sa stature éternelle d’opposant Cheval Troie au service des régimes antidémocratiques et anti-République qui ont évolué au Congo-Zaïre. C’est la seule justification qui donne sens à son ultime manœuvre politique inique. Que l’on ne se trompe pas, à ce jour, malgré les apparences, Kengo reste la seule personne qui peut assurer et garnatir à Joseph Kabila une pérennité au pouvoir ou un soft come-back politique en RDC au-delà de 2016. Il bénéficie pour ce faire d’un puissant think tank des services présidentiels et rwandais qui travaillent pour l’imposer au poste de Premier ministre, malgré le travail, somme toute positive, accompli par Augustin Matata qui ne démérite pas, s’il faille comparer ces deux kabilistes.

Si dans les années 1990 Kengo et son opposition modérée de la « troisième voie » fut l’acte politique fatal qui obstrua le processus démocratique en cours et précipita le renversement de Mobutu par la voie armée, toutes choses étant égales par ailleurs, la coalition « opposition républicaine » de Kengo se présente aujourd’hui comme une manœuvre politique de mise à mort du processus de normalisation politique  initiée en 2006 et de tout espoir d’alternance politique par la voie démocratique au Congo. Dans ce cas, à l’instar de ce qui s’est passé en 1996-1997, il ne laissera plus aux congolais d’autres choix que le renversement du régime par la voie armée ou par un coup d’État. La seule méthode de changement des présidents qui marche en RDC depuis 1960. Les signes des temps congolais sont là. L’Histoire du Congo est têtue!"

http://desc-wondo.org/quelle-est-la-couleur-politique-de-leon-kengo-jj-wondo/






lundi 10 mars 2014

« Sauvons la RDC » : Pétition contre « l’Abbé Malumalu», Président de la CENI - Ce que cachent les assurances du ministre des Médias et de «l‘Abbé Malumalu»

« Sauvons la RDC » : Pétition contre « l’Abbé Malumalu», Président de la CENI - Ce que cachent les assurances du ministre des Médias et de «l‘Abbé Malumalu»



La carte du Congo-Kinshasa aux couleurs de l’emblème national 


La dernière sortie médiatique du ministre des Médias, particulièrement son coup de gueule contre la pétition « Sauvons le Congo » (voir annexes 1et 2) exigeant la démission immédiate de « l’Abbé Malumalu », est plein d’enseignements sur le type de pouvoir qui s’exerce dans notre pays.

Pour tous ceux qui, au pays comme à l’étranger, s’acharnent à nous faire croire que la RDC est une démocratie naissante au sortir des élections de façade de 2006 et 2011, la dernière « tragi-comédie-satirique » que propose la récente conférence de presse du ministre des Médias est intéressante à plusieurs niveaux.

Pour comprendre mon propos, il faut aller au-delà du rire et du désintéressement que provoquent souvent ces conférences de presses où désinformation rime avec manipulation dans des scénarii de pauvre qualité qui ne peuvent avoir comme meilleur acteur que le porte-parole du gouvernement.

Contrairement à ce que l’on peut penser, ces shows mal articulés ont des effets souvent inattendus même pour l’acteur. En effet, pour ne prendre que la dernière prestation, il est intéressant de revisiter ses propos concernant la pétition « Sauvons le Congo » contre le Président de la CENI.

Au-delà du cynisme, du sarcasme et surtout du caractère menaçant, à peine voilé, de sa petite phrase adressée aux auteurs de la pétition, il est utile de la décortiquer afin de montrer au grand public ce que cache cette fébrile fermeté du ministre des Médias : « Vous pouvez rassembler un milliard de signatures, votre pétition ne sera suivi d’aucun effet. « l’Abbé Malumalu » ne démissionnera pas ! »

C’est en ces termes que le ministre des Médias d’un régime qui se proclame
«démocratique» communique avec ses concitoyens ou avec les auteurs de la pétition, acte constitutionnel de participation citoyenne que lui n’est pas censé ignorer ! Fait plus grave, en s’adressant ainsi aux auteurs de la pétition, le ministre a oublié qu’il s’adressait aussi à une frange importante de notre population. Il s’en rendra sans doute compte lorsque la pétition aura récolté des millions de signatures !

1. Une phrase, expression du mépris des dirigeants pour le peuple congolais

Les propos du ministre des Médias éclairent sur la nature du pouvoir qui gouverne en RDC. Menaces, et mépris du peuple sont des stratégies d’obstruction des libertés citoyennes qui se manifestent étrangement au travers de ces quelques mots du ministre. Pour tous ceux qui ne veulent pas comprendre, le pouvoir se charge d’allier paroles aux menaces et autres arrestations arbitraires poliment qualifiées « d’invitation de la police » ! Les initiateurs de la pétition ainsi que des responsables de partis politiques de l’opposition en savent quelque chose à chaque fois qu’ils désirent entrer en contact avec la population.

Cette phrase est aussi l’expression manifeste d’un régime qui dirige par défi ! Quelle que soit la position de la population sur un sujet d’intérêt public, les dirigeants répondront par un « non » révélateur tant que leurs intérêts égoïstes seront en danger. C’est, sans doute, ce qui explique ce sarcasme concernant le résultat de cette pétition : « bolinga bolinga te tokochanger Malumalu te ! ». « Que vous le vouliez ou pas, Malumalu ne démissionnera pas ! ».

2. Une phrase, expression de la peur des dirigeants congolais

Contrairement à ce que plus d’une personne peuvent penser, l’arrogance du ministre des Médias voile à peine sa peur de voir cette pétition récolter des millions de signatures. Pour comprendre cette peur, il faut analyser la suite que pourraient prendre les évènements, une fois que le peuple se sera massivement exprimé à travers cette pétition aux allures de consultations populaires qui pourraient aboutir à un désaveu cinglant du régime.

• La peur des hommes et femmes politiques

Des millions de signatures récoltées contre le Président de la CENI ; des millions de signatures, toutes expressions du refus de la fraude dans la désignation des responsables d’une institution aussi importante que la CENI, auront un effet imprévisible sur la réaction des représentants du peuple au Parlement.

Le ministre des Médias le sait. « L’Abbé Malumalu » en politologue averti le sait. Ils ne pourront pas empêcher le dépôt de cette pétition au Parlement. Les députés et autres Sénateurs, toutes tendances confondues creuseront leurs tombes si, à répétition, ils continuent à braver leurs électeurs. Bien plus, les enjeux des échéances électorales prochaines peuvent pousser certains responsables des partis de la majorité à trouver Malumalu gênant et encombrant. En effet, beaucoup seront tentés par le refus de tout acte de corruption suicidaire qui hypothéquerait leur avenir politique. A l’aube des élections locales, provinciales et sénatoriales, très peu de politiciens se feront hara-kiri pour sauver « l’Abbé ».

• La peur de la hiérarchie de l’Eglise catholique

C’est un secret de polichinelle. Notre Eglise hiérarchique est régulièrement divisée lorsqu’il s’agit de prendre position pour peuple souffrant du Congo. Souvenons-nous de la parole métaphorique ambigüe de cette hiérarchie après la marche du 16 février 1992 : « plus jamais de 16 février ! ». Souvenons-nous de l’abandon de ce peuple alors qu’ensemble, on avait déclenché le combat non violent pour la vérité des urnes ! Souvenons-nous du débat indécent et des prises de position d’une partie de cette hiérarchie après la frauduleuse désignation de « l’Abbé Malumalu » à la tête de la CENI !

Une pétition massivement signée contre « un Abbé » et déposée à la Conférence Episcopale du Congo, à la Nonciature Apostolique du Congo, auprès de l’évêque de « l’Abbé» et à Rome, va certainement faire bouger les choses dans le sens de l’exigence de la démission de notre « Abbé ». Pour l’Eglise catholique, il sera question de redorer l’image d’une hiérarchie de l’Eglise de Saint Pierre en terre congolaise, une institution qui, chaque jour, place étrangement le pouvoir, l’avoir et le valoir au cœur d’un évangile mercantiliste qui crucifie le Christ.

Un homme politique averti comme le Ministre de la communication et un « Abbé » au courant des coulisses romaines savent pertinemment bien qu’une pétition réussie peut avoir un impact inattendu sur la position de la hiérarchie de l’Eglise catholique. Quant à l’évêque de « l’abbé Malumalu », des pressions venues de la Nonciature, à Kinshasa, et de la curie romaine, à la suite de cette pétition, le feraient certainement réfléchir lorsqu’il sera question de choisir entre la perte de son pouvoir d’évêque par suspension ou retraite anticipée et la protection de son « Abbé » qui a perdu la vertu sacerdotale de l’obéissance !

• La peur de l’homme Malumalu

A ce stade, je ne parle pas de « l’Abbé Malumalu », lui a choisi son camp. La pétition massivement signée parlera à « l’homme Malumalu », du moins ce qu’il en reste encore. Je n’en doute point, le politologue Malumalu le réalise chaque jour qu’il apprend le nombre grandissant de signatures. C’est sans doute ce qui explique son agitation actuelle. On l’a entendu affirmer que son institution était indépendante et que la pétition n’aurait aucun effet sur lui ! Qu’il laisse faire et on verra bien ce que la pétition produira comme effet. C’est juste une première tentative pour notre peuple.

Visiblement, « l’homme Malumalu » est ébranlé de savoir ce qu’il sait déjà mais que des millions de signatures confirmeront dans un avenir proche: « des millions de Congolaises et Congolais ne veulent pas de lui à la tête de la CENI ». L’homme saura que tous, fils et filles du pays et partenaires étrangers, savons désormais qu’il est désavoué par les siens. Malumalu sait déjà qu’il ne bénéficie plus du crédit confiance de 2006. Même parmi les partenaires étrangers, l’idée de composer avec « un homme d’église » qui refuse d’obéir à la volonté populaire va faire étrange auprès de leurs opinions si celles-ci venaient à être correctement informées.

Tout refus d’obtempérer à pareille pétition condamnera « l’homme Malumalu » à une vie cachée, fuyant constamment les regards des autres. Il perdra progressivement le peu d’estime que quelques personnes lui témoignent encore. La pétition le placera entre le marteau et l’enclume. Malumalu sera obligé de choisir entre « l’homme », créé à l’image de Dieu et fruit de la noble éducation de ses parents et « l’Abbé » fonctionnaire du pouvoir, de l’avoir et du valoir!

• La peur de certains partenaires étrangers

Aussi étrange que cela puisse paraître, il existe bel et bien une catégorie de partenaires étrangers qui ont peur de la pétition contre Malumalu. Il s’agit entre autre de ces partenaires (individus et gouvernements) qui ont fait de l’organisation des élections en RDCongo, un business comme l’humanitaire. Ces partenaires ne se cachent pas. Ils demandent s’ils n’ordonnent pas aux uns et aux autres de soutenir Malumalu afin qu’eux atteignent leurs objectifs. La fraude électorale a besoin d’une grande machine dans un pays aussi vaste comme le Congo. C’est un secret pour personne. Les élections offrent des emplois à de nombreux expatriés jeunes sans emplois comme vieux, devenus des spécialistes des questions électorales, le temps de la retraite dans leurs pays d’origine. Les élections truquées et non crédibles dans les pays « post-conflits » sont des marchés avec des affaires juteuses financièrement. Personne n’est dupe !

Pour bon nombre de ces partenaires, la pétition contre « l’Abbé Malumalu » marquerait la fin d’un rêve. Il suffit de voir l’enthousiasme de tous ceux qui avaient été mis à l’écart par le Pasteur Ngoy Mulunda, de triste mémoire et qui ont repris du service à travers multiples missions internationales d’appui aux élections. Pour eux donc, une pétition massivement signée représenterait un danger, car elle les mettrait dans une situation embarrassante vis-à-vis de l’opinion publique dans leur pays. Et puis, que signifierait pareil désaveux pour certains parmi ces partenaires internationaux qui ont gardé un peu d’éthique dans ce Congo booster par les intérêts égoïstes des uns et des autres. Comment justifier la collaboration avec un « Abbé » désavoué par son peuple auprès d’une opinion internationale de plus en plus exigeante quant à la politique extérieure des gouvernants ?

3. Une phrase, expression de la peur d’une grande mobilisation autour de la pétition

Derrière l’assurance de la prestation du Ministre de la communication, sa petite phrase exprime sa peur de voir une grande mobilisation autour de la pétition contre « l’Abbé Malumalu ». Ce qu’il ne sait pas, c’est que sa sortie médiatique a été une grosse publicité gratuite offerte à cette pétition. Beaucoup de nos concitoyens qui l’ignoraient, cherchent à connaître cette pétition et les endroits où elle se signe. Le Ministre a, malgré lui, déclenché la ruée vers les points de signatures. Ce coup de pouce imprévu va certainement déclencher une meilleure redistribution de l’information et une cartographie des lieux de signatures dont les points focaux seraient :

• Nos paroisses

Les croyants, toutes confessions religieuses confondues peuvent, en toute liberté organiser la collecte des signatures. Au cas où les hiérarchies de nos différentes confessions religieuses refuseraient, les laïcs peuvent et doivent s’engager, au nom de leur foi, en transformant leurs CVB et autres cellules en points de collecte de signatures. Ils peuvent aussi réaliser ce travail en s’appuyant sur les structures d’Eglise que nous animons. Je fais allusion, ici, aux différentes commissions. Il est temps de faire comprendre aux hiérarchies de nos Eglises que ces structures n’ont pas étés créées dans le seul but de servir de pool de collecte d’argent pour célébrer les 5, 10, 15, 20, 25, 50 ans de vie sacerdotale des Abbés, prêtres et autres Princes de l’Eglise !

Les laïcs doivent comprendre qu’il leur revient de s’engager politiquement s’ils veulent voir les choses changer pour le bien de tous et même de cette hiérarchie qui, aujourd’hui, a tendance à devenir complice des animateurs de cet odieux système qui exploite l’homme et la femme de ce pays.

• Notre maison, notre parcelle, notre rue, notre quartier, notre rond point, notre marché, notre terrasse, etc.

Que chacun de nous, dans ces milieux, structures citoyennes par excellence, prenne une copie de cette pétition et la fasse signée. Nous pouvons la faire signer par famille, avec tous nos enfants, nos amis rapprochés et les membres de notre clan à Kinshasa comme en provinces. Pour nos enfants, cette pétition sera leur premier acte citoyen responsable dans le combat qui les attend pour l’instauration de la démocratie dans notre pays. La pétition leur fera comprendre que leur avenir sera tributaire de leur engagement individuel et collectif en faveur des valeurs républicaines.

• Les sièges de nos partis, syndicats et autres associations

Les sièges de ces institutions sont des lieux appropriés pour pareille mobilisation. La signature de cette pétition offre une opportunité de rappel des troupes. C’est l’occasion de se compter au sein du parti, des syndicats et autres associations. Pour les partis politiques, la collecte des signatures au siège est un recensement intéressant des membres du parti à l’aube des élections locales !

Les Congolaises et Congolais de l’étranger

Pour les Congolaises et Congolais de l’étranger, la présente pétition résonne comme un chant de ralliement. La pétition est dans la ligne de cette mobilisation pour un Congo meilleur. Si elle aboutit, elle permettra aux fils et filles de la RDC d’entonner l’hymne de l’espoir que résume ci bien la chanson fétiche de Lokwa Nkanza : « Nakei kasi loobi nakozonga ».

La contribution des Congolaises et Congolais de l’étranger sera triple :

Primo, la diaspora congolaise facilitera la collecte des signatures à travers l’Europe, l’Amérique du Nord, le Canada et l’Afrique. Cette activité via les réseaux sociaux va souder le combat qui se poursuit pour plus de transparence dans la gestion de notre pays. Si tous vos différents réseaux se mobilisent autour de cette pétition, le monde entier comprendra le sens de votre combat. La pétition deviendra alors cette puissante action qui permettra de contredire l’action des dirigeants actuels qui s’acharnent à présenter la diaspora congolaise comme un ensemble de casseurs et de fauteurs de troubles.

Secundo, les Congolaises et Congolais de l’étranger seront, dans la non-violence, le relais, à l’étranger, de la voix de notre peuple, une fois que l’on aura rassemblé suffisamment de signatures. Ils pourront utiliser cette pétition comme un puissant outil de lobbying dans les milieux officiels et privés des pays où ils résident. Ils pourront ainsi, si cela est toujours nécessaire, montrer, preuve à l’appui, que notre peuple n’est pas silencieux. Que ce peuple s’exprime et qu’il est temps que tous ceux qui soutiennent l’actuelle démocratie de façade lui tournent le dos pour donner espoir au peuple souffrant du Congo.

Tertio, la diaspora congolaise aidera à répertorier et à mobiliser les partenaires étrangers, alliés du peuple souffrant du Congo. Ils existent et se recrutent parmi tous ceux qui, aujourd’hui de plus en plus nombreux, refusent de jouer le rôle de spectateurs devant le drame que vit ce peuple à qui sa terre réserve une vie radieuse. Dans le cadre de cette action et des actions futures, il faut cesser de mettre tous les partenaires étrangers dans le même sac. Il revient aux Congolaises et Congolais de l’étranger d’aider, dans ce sens, tous ceux et toutes celles d’entre nous que des années de souffrances ont rendu aveugles au point de ne plus voir ceux qui, manifestement, désirent nous accompagner dans notre action.

Pour conclure : la grande mobilisation autour de la pétition est possible

La grande mobilisation est donc possible si nous considérons cette pétition comme une affaire de tous et non des seuls signataires et si ces derniers comprennent que l’enjeu de cette pétition dépasse les dividendes politiques égoïstes que les uns et les autres espèrent en tirer. La présente pétition n’est rien d’autre qu’une consultation populaire qui va certainement aboutir au désaveu de « l’Abbé Malumalu » et, à travers lui, du régime. C’est l’enjeu démocratique de cette pétition qui explique l’agitation de « l’Abbé » et des animateurs du régime qu’il sert.

Nous devons multiplier cette pétition. Ensemble, nous pouvons rassembler ces signatures qui changeront notre avenir. Il ne faut pas baisser les bras en nous laissant décourager par des dirigeants qui ont peur et qui nous font croire que notre action n’aboutira pas. Il ne faut cesser d’avoir peur, car la peur est en train de changer de camp. Personne ne nous tirera dessus parce que nous avons signé une pétition. Et puis cet acte est constitutionnel. Bien plus, qu’on se le dise, le monde actuel est très sensible aux actions des peuples qui luttent pour leur libération. Et contrairement aux impressions d’autorité que dégagent nos dirigeants, elles ont de plus en plus peur de se faire indexer comme
«bourreaux» de leur propre peuple. Epée de Damoclès CPI oblige !

Thierry Nlandu Mayamba, professeur Unikin (facultés lettres), e-mail : thierrynlandu@yahoo.fr 
© Congoindépendant 2003-2014

Internationales sur TV5 MONDE reçoit Lambert Mende Omalanga - - Emission intégrale (9 mars 2014)

"INVITE AFRIQUE RFI lundi 10  mars 2014:

Vital Kamerhe, président de l'UNC
Christophe Boisbouvier











« Ce que nous proposons, parce que nous sommes une opposition constructive, c'est de coupler les élections locales avec les élections provinciales. »

Joseph Kabila quittera-t-il le pouvoir en 2016, conformément à la Constitution ? Au Congo Kinshasa, la question est sur toutes les lèvres. Hier midi, dimanche 9 mars 2014, sur RFI, dans l'émission Internationales, vous avez pu entendre le porte-parole du gouvernement congolais. Lambert Mendé promet que le président respectera la Constitution. Voici aujourd'hui la réaction du numéro 2 de l'opposition, Vital Kamerhe. A la présidentielle de novembre 2011, il est arrivé officiellement troisième, derrière Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi.

RFI : Le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé affirme que le président Kabila respectera strictement ce qui est écrit dans la Constitution, pas plus de deux mandats consécutifs. Et il ajoute : en 2016 il y aura un passage de flambeau civilisé. Est-ce que ça vous rassure ?

Vital Kamerhe : Il n’a pas à nous rassurer puisque cela est inscrit dans notre Constitution. Et le peuple congolais est debout comme un seul homme. Il n’a pas de choix. Il doit respecter la Constitution. C’est une bonne chose, mais cela ne va pas nous empêcher de tenir le peuple congolais en éveil, parce que chat échaudé craint l’eau froide.

Mais cette promesse du porte-parole du gouvernement n’est-ce pas un engagement public qui devrait vous rassurer ?
C’est un engagement public, mais le porte-parole du gouvernement n’est pas porte-parole du président de la République. Nous aurions voulu que le président de la République le dise lui-même !

D’ici la présidentielle et les législatives de novembre 2016 la Céni doit organiser les élections locales et les élections provinciales. Le président de la Céni, Apollinaire Malu-Malu, annonce des élections locales à la fin de cette année. Est-ce que c’est un bon signe pour vous ?
C’est un mauvais signe pour nous. Nous avons rejeté sa feuille de route. Parce qu’on ne peut pas commencer par les élections locales, alors que nous avons des arriérés depuis novembre 2011. Le gouverneur, les assemblées provinciales et les sénateurs n’ont plus de légitimité ni de mandat. Ce que nous proposons, nous, parce que nous sommes une opposition constructive, c’est de coupler les élections locales avec les élections provinciales.

C’est à dire que vous craignez que le calendrier électoral prenne du retard ?
Nous craignons deux choses : le retard bien sûr, une prolongation qui ne dit pas son nom, mais aussi que les gouverneurs qui sont en place maintenant, et tous les territoriaux, de la base jusqu’au sommet, tous membres de la majorité présidentielle, multiplient la tricherie, comme ce fut le cas en novembre 2011. Nous avons accueilli favorablement le message de l’église catholique qui dit la même chose que nous.

De fait, la Conférence épiscopale nationale du Congo, la Cenco, demande le respect des délais constitutionnels. Quand vous craignez une prolongation voulez-vous dire que la présidentielle de novembre 2016 pourrait être reportée ?
Absolument. Parce que dans le budget 2014 on n’a pas prévu les budgets pour les opérations préélectorales. Et ça nous inquiète.

Le président de la Céni propose que les futurs députés provinciaux ne soient plus élus au suffrage universel, mais au suffrage indirect. Qu’est-ce que vous en pensez ?
C’est une préparation de la tricherie. Et Monsieur l’abbé Malu-Malu n’a fait que répéter le discours du 15 décembre du président de la République Joseph Kabila, qui a tracé la feuille de route en lieu et place de la Céni. Nous demandons : où est l’indépendance de la Céni ? Ça devient comme une caisse de résonance qui reprend la pensée du président de la République, comme à l’époque de Mobutu où on disait que la pensée du chef a force de loi.

A l’initiative des Forces acquises au changement de Martin Fayulu, une pétition circule en faveur de la démission du président de la Céni Apollinaire Malu- Malu. Qu’en pensez-vous ?
C’est une pétition qui a été acceptée par notre regroupement politique Sauvons le Congo. Cela va constituer effectivement un moyen de pression. Ce que nous voulons c’est ramener monsieur Malu-Malu à sa vraie place, c'est-à-dire être neutre et nous organiser des élections différentes de celles du pasteur Mulunda. Nous devons avoir des garanties sur les opérations préélectorales que nous devrons ensemble surveiller, le fichier électoral et le serveur central.

Elections locales, élections provinciales… Le Congo entre en campagne électorale. Le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé dit que les droits de l’opposition et les droits de la presse sont respectés. Qu’en pensez-vous ?
Un gros mensonge. Il suffit de vous référer à tous les rapports des organisations des droits de l’Homme et aussi de faits qui parlent d’eux-mêmes : la descente à Bukavu, la question de savoir pourquoi on a tiré sur la population. Et je voudrais profiter de l’occasion pour remercier toute la population du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Je félicite cette population qui est debout et qui a résisté devant les balles réelles. Je salue la démarche de l’Union européenne et des envoyés spéciaux qui ont dit comme un seul homme, que les droits d’aller et revenir au Congo et de manifester sont garantis par la Constitution.

Il y a un mois, une loi d’amnistie a été votée par les deux chambres. Elle couvre la période 2006-2013. En êtes-vous satisfait ?
Non, pas du tout. Il n’est pas question d’amnistier seulement le M23. Parce qu’eux ont démontré leur capacité à massacrer et laissé les autres Maï-Maï et les autres groupes armés croupir en prison.

Qui sont à votre avis les grands oubliés de cette loi d’amnistie ?
Tous ceux qui sont en prison depuis 2001, à l’occasion de l’assassinat de Monsieur Laurent Désiré Kabila et tous ceux qui avaient été arrêtés au moment de la confrontation de la Garde républicaine et la garde de Jean-Pierre Bemba, et qui sont là, à la prison centrale de Makala.

Que pensez-vous de l’arrestation il y a plus d’un an maintenant, d’Eugène Diomi Ndongala qui a été déchu de son mandat de député ?
Je considère que c’est une espèce de chasse à l’homme. Puisque Diomi Ndongola était parmi les opposants les plus virulents au régime de Kabila. Il fallait donc le faire taire. Il n’y a pas que Diomi Ndongala. Il y a l’honorable Muhindo Nzangui qui est de MSR, de la majorité présidentielle. Mais il y a aussi le pasteur Kutino ! Pourquoi on doit garder le pasteur Kutino en prison et malade ? On ne gouverne pas un pays en colère ! Ces histoires de montage pour arrêter les adversaires politiques, ça doit cesser !"


 http://www.rfi.fr/emission/20140310-rdc-vital-kamerhe-president-unc-presidentielle/


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