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vendredi 17 avril 2015

Fosse commune de Maluku : Justicia Asbl exige la démission du Premier ministre Matata











Fosse commune de Maluku : Justicia Asbl

exige la démission du Premier ministre 

Matata

Par  Jean-Jacques Omanyundu Wondo Le 
MATATA

Bonjour,
JUSTICIA ASbl vient d’adresser une lettre ouverte à Monsieur le Premier Ministre MATATA lui demandant de démissionner au sujet de sa responsabilité avérée et de son Gouvernement dans le charnier de Maluku. Nous vous prions d’en faire une large diffusion.
Meilleures salutations
Me Timothée MBUYA 
Avocat au barreau de Lubumbashi
Président JUSTICIA asbl
Team Leaders Justice et Droits Humains
Société Civile du Katanga
Membre du groupe de travail du Katanga sur les principes volontaires 
des Nations Unies sur la Sécurité et les Droits de l’Homme
Téléphone 0814709184
Skype: timmbuya11
Il est à  signaler que  l’Asbl Justicia avait dénoncé en son temps :
1. Les complicités à l’ invasion des Mayi Mayi Bakata Katanga, le 23 mars 2013 à Lubumbashi. Ils avaient fui, un moment, puis sont revenus aux yeux et à la barbe des autorités congolaises. Ils n’ont pas été inquiétés.
2.  La boucherie des adeptes de Mukungubila, fin décembre 2013, avec photos: (http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=201302&Actualiteit=selected)
NB dont le charnier à Rwashi, dans une ferme de Mama Sifa Mahanya, la prétendue mère de Joseph Kabila, révélé à l’ occasion de la fosse commune de Maluku…). Aucune autorité n’a réagit à ce jour, étouffant cette affaire, aussi grave que la fosse commune de Maluku.























































 - 






RÉPRESSION DES CIVILS PAR LA GR EN RDC: LES IMAGES QUI FONT FROID AU DOS



RÉPRESSION DES CIVILS PAR LA GR EN RDC: LES IMAGES QUI FONT FROID AU DOS

Par Jean-Jacques Wondo Omanyundu 





DESC vient de recevoir ce lien YouTube d’environ cinq minutes qui montre la manière dont la Garde républicaine, chargée de la sécurité présidentielle, a traité les corps des adeptes de Mukungubila lors des événements qui se sont déroulés le 30 décembre 2013 à Kinshasa, à Maniema et au Katanga. Les images viennent d’être confirmées par une source proche de Mukungubila qui a diffusé ces images sur le net. Slon notre contact : Les autorités militaires de Kinshasa avaient ordonné à la GR de ne pas se retenir en leur faisant croire que  « des Rwandais attaquaient les institutions »…  En réalité, nous dit ce responsable de l’Eglise de Mukungubila,« c’étaient nos frères mais les autorités militaires avaient dit à la GR que c’étaient des Rwandais… » « Mais par la suite, plusieurs militaires nous en ont donné le témoignage« , nous informe cette source proche du Prophète Mukungubila.



Attention, les images innommables sont extrêmement choquantes, violentes et infra-humaines.  La scène se déroule à l’Hôpital Général de Kinshasa où les éléments de la Garde républicaine (GR) donnent des injonctions au personnel médical la corvée de décharger et de stocker des cadavres. Les corps des cadavres sont tous vêtus en tenue civile, ce qui peut s’interpréter comme étant ceux des manifestants. Ces images horribles, d’un autre siècle résument à elles seules l’état d’esprit du régime congolais, sa dérive répressive et son mépris envers les populations congolaises


Voici encore les images qui prouvent les massacres de Congolais du 19 au 25 par J Kabila et son régime






Légalement, Joseph Kabila est le premier responsable des actes commis par la GR




Selon la Loi numéro 11/012 portant organisation et fonctionnement des Forces armées:

Article 153 : La Garde Républicaine est une unité des Forces armées ayant pour missions de :
- assurer la garde, la protection du Président de la République et de ses hôtes de marque ; 
– assurer la sécurité des installations présidentielles ; 
– assurer les escortes et les honneurs à l’échelon de la Présidence de la République.
Article 154 : La Garde républicaine relève du Président de la République pour l’exécution de ses missions, et du Chef d’Etat-Major Général en ce qui concerne les appuis administratifs et logistiques.
Article 155 : La Garde Républicaine est commandée par un Officier Général portant le titre de Commandant de la Garde Républicaine.
Il est assisté de deux Commandants Adjoints, officiers généraux ou supérieurs.  
Comme on peut s’en apercevoir, en réalité, la Garde républicaine (GR) échappe à l’autorité du chef d’Etat-major général des FARDC et relève de l’autorité directe du chef de l’Etat. Elle évolue en toute impunité et échappe de ce fait à tout contrôle étatique du ministère de la défense, comme une milice autonome. Elle n’a pas subi l’épreuve de brassage.



La GR a longtemps été commandée par le général-major Dieudonné Banze, un Mulubakat, actuellement chef d’état-major de l’armée de terre. Depuis le 16 novembre 2014, c’est un autre Mulubakat, le général de brigade Gaston Ilunga Kampete qui en assure le commandement. Selon plusieurs sources (ICG, IISS, etc.), son effectif est de 15.000 hommes selon des sources officielles. En réalité, l’effectif de la GR est de 18.700 hommes selon des sources internes de la GR[1], communiquées à DESC.

Mais depuis la mise en place du 18 septembre 2014, la GR est placée sous l’autorité fonctionnelle du chef d’état-major particulier du président, le Général d’armée François Olenga, qui reçoit directement ses ordres du président de la république, Joseph Kabila.


Le commandement de la GR est calqué sur le modèle du Régiment de sécurité présidentiel (RSP) du Burkina Faso




Cette nouvelle mise en place plaçant la garde présidentielle sous les ordres du chef d’état-major privé du président est une copie collée du modèle burkinabè sous Blaise Compaoré. Au Burkina Faso, le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) a été créé par un décret présidentiel numéro 95-482 du 21 novembre 1995 portant création d’un Corps Spécial dénommé « Régiment de Sécurité Présidentielle » au sein des Forces armées. Sur papier, le RSP a été placé sous l’autorité du chef d’état-major de l’armée de terre, l’officier qui le commande prenant rang de commandant de région militaire, le Régiment, son chef sont désormais sous les ordres directs de l’Armée de Terre (et non plus seulement du chef d’état-major [/size]particulier comme à sa création) ]»[2]. [Comme actuellement pour le Général Olenga, le général Gilbert Diendéré était le chef d’état-major particulier du Président du Faso Blaise Compaoré depuis son arrivée au pouvoir en 1987 et jusqu’à démission en 2014. Il est également le chef de la garde présidentielle, le RSP. Mais la réalité sur le terrain était toute autre. Pendant l’insurrection populaire, les officiers supérieurs du RSP ne se sont pas conformés aux prérogatives décrétales de leur unité. Ils ont désobéi à leur hiérarchie militaire fonctionnelle, l’état-major de l’armée de terre[4].



Les gardes présidentielles sont des acteurs politiques importants en Afrique. Dans la pratique, elles font le contrepoids au reste des forces armées[3]. Ces unités sont, en Afrique, généralement mieux équipées, mieux entraînées et mieux supervisées que le reste des forces armées. Et comme la plupart ne relèvent pas du ministère de la Défense ou du chef d’état-major des forces armées, elles sont communément considérées comme une armée au sein de l’armée. Souvent fortement politisées et parfois reflétant des préjugés ethniques évidents, elles (…) se trouvent cependant dans une position encore plus influente par rapport au pouvoir politique. Dès lors, les officiers de la garde présidentielle se trouvent régulièrement à l’origine de déficiences en matière de gouvernance du secteur de la sécurité. Soucieuses de conserver le rôle clé qui est le leur, les gardes présidentielles manifestent une aversion pour toute réforme qui pourrait mettre en question un tel privilège. Relevant directement du chef de l’État, elles ont un effet dissuasif sur le reste des forces armées[5].



Dans tous les cas où la GR est intervenue, elle l’a fait en violation de la loi


En effet, que ce soit lors de la répression des opposants hostiles à Kabila le 26 novembre 2011 à Kinshasa le long du Boulevard Lumumba ou lors du massacre des adeptes de Mukungubila le 30 décembre 2013 ou récemment en janvier 2015 lors des manifestations contre le projet de loi eléctorale, la Garde républicaine a agi en violation de la disposition légale de la réquisition prévue pour son intervention.
Dans le lien audio suivant, d’une émission du Dialogue entre Congolais à laquelle nous avons participé, le 6 janvier 2014, sur Radio Okapi avec le député Martin Fayulu (Fayulu) et M. André-Alain Atundu (Majorité présidentielle), nous avons explicité les aspects juridiques de l’usage disproportionné de la force par la GR lors de la répression des adeptes de Mukungubila:



Pour écouter cette émission très instructive, cliquer sur le lien ci-contre : 



Pour qu’elle intervienne dans le cadre du maintien de l’ordre et de la sécurité publics, il faut au préalable une décision de l’autorité civile compétente : le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Evariste Boshab ou des autorités provinciales. Or dans tous ces cas, les actions de la GR n’étaient pas coordonnées par une autorité territoriale civile . La GR, déjà pré-déployée la veille, le 18 janvier 2015, avec des chars et un armement lourd,  n’a pas attendu la réquisition légale des autorités politico-administratives en charge de maintien et rétablissement de l’ordre public pour se mettre à réprimer sans ménagement les manifestants dans le but de semer la terreur et panique auprès de la population civile et des manifestants hostiles à Kabila.

L’article 55 de la loi organique portant organisation et fonctionnement des FARDC prévoit ce qui suit en matière de réquisition de l’armée : « … En temps de guerre ou à l’occasion de la proclamation de l’état de siège, de l’état d’urgence ou lors de la réquisition des Forces Armées, celles-ci assurent la protection des personnes et de leurs biens ainsi que des intérêts fondamentaux du pays sur le territoire national et en dehors celui-ci. . . »
Par ailleurs,  la décision et l’ordre de fournir des munitions de guerre à la GR pour réprimer une manifestation pacifique des civils non armés, revendiquant leurs droits constitutionnels, comporte en soi les éléments moral (intention d’armer la GR et police pour tuer) et matériel (le fait d’avoir effectivement remis des armes et munitions létales = qui donnent la mort) d’un acte criminel avec préméditation (circonstance aggravante).



Conclusion




Ces images qui se passent de tout commentaire viennent s’ajouter à la pléthore d’actes de répression et de traitements inhumains des populations congolaises orchestrés par le régime de Joseph Kabila. En sa qualité légale (article 155 loi organique sur les FARDC) du responsable numéro un des missions exécutées par la GR, il devra tôt ou tard répondre devant la justice nationale ou internationale des massacres, violation des droits humains et exactions imputés à la Garde républicaine (Répression des manifestants hostiles à son cortège le 26 novembre 2011, le massacre des adeptes du prophète Joseph Mukungubila, la répression des 19 au 22 janvier à Kinshasa et ailleurs, etc.). Avec la polarisation de la tension politique à l’approche de la fin de son mandat en décembre 2016, dépourvu de toute légitimité et d’options politique et diplomatique pour soutenir son action, Joseph Kabila ne dispose plus que du recours à la violence et à la force pour tenter de gouverner une population avec laquelle il est en rupture de contrat républicain. Il faudrait s’attendre à une augmentation des cas de répression si l’on n’arrête pas cette hémorragie à temps.



Nous nous permettons de rappeler aux Congolais et amis du Congo cette déclaration de René Cassin, Prix Nobel de la Paix en 1968 et un des artisans, aux côtés de Stéphane Hessel, de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme :« L’essentiel est que notre conscience ne devienne jamais indifférente même par l’excès de l’horreur aux injustices et aux souffrances qu’il a été possible d’épargner à d’autres hommes par un effort fraternel. Aucun de nous n’a le droit d’être en repos en face de l’oppression ou de la misère ».  



Addendum : Vidéo en hommage aux martyrs du 30  décembre  2013



Jean-Jacques Wondo Omanyundu / Exclusivité DESC



[1] JJ Wondo, Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ?, Décembre 2014.
[2] D]écret n°2000-326 du 20 juillet 2000 portant rectificatif du décret N° 95-482/PRES/DEF du 21 novembre 1995.
[3] Emile Lalsaga répond au Régiment de sécurité présidentielle (RSP), http://burkina24.com/2015/02/13/emile-lalsaga-repond-au-rsp-plus-rien-ne-sera-comme-avant/.
[4] Emile Ouédraogo, Pour la professionnalisation des Forces armées en Afrique, papier de recherche N°6 du CESA, Washington, juillet 2014, p.25.
[5] Ibidem.





jeudi 16 avril 2015

RD Congo – Maluku : La révolte des macchabés




RD Congo – Maluku : La révolte des macchabés

par MUSAVULI 
mercredi 15 avril 2015

Ecoutez


Les Congolais semblaient épuisés et résignés face au pouvoir imposé à Kinshasa par les guerres d’agression et de massacres que subit le pays depuis 1996. Toute manifestation contre le régime de Joseph Kabila doit se terminer par des cas à la morgue, au cimetière, aux urgences et de disparitions forcées. C’était donc un peuple face à un régime de la mort, et les gens ont fini par perdre patience à force de se faire tuer. Ni la« communauté internationale », ni les « amis du peuple congolais » ne se bousculaient pour venir en aide à un peuple qui se faisait littéralement massacrer au quotidien. Il fallait donc attendre le messie, et il est arrivé du côté de Maluku. En effet, à force de tuer et d’enterrer les populations, la terre finit par refuser les cadavres. Et, n’ayant plus où aller, les morts remontent à la surface.




















Il ne fait plus l’ombre d’un doute que les 425 cadavres retrouvés dans un charnier au cimetière de Maluku, près de Kinshasa, sont les victimes des répressions barbares que mène le régime deJoseph Kabila contre ses opposants et la population. Tous les efforts visant à expliquer cette macabre découverte ne convainquent plus personne[1]. Les ministres bégayent et se contredisent entre eux, et il n’y a rien d’étonnant. Dès le soir du 19 janvier, les témoins à Kinshasa décrivaient des « scènes de guerre généralisées dans la capitale » et « des victimes qui devraient se compter par centaines et non pas par dizaines »[2]. Des diplomates à Kinshasa, mis au courant des horreurs qui se commettaient, avaient discrètement prévenu les autorités qu’elles pourraient un jour avoir à répondre de ces tueries devant la justice. Mais ils ne firent pas davantage pour arrêter le massacre et on passa à autre chose. Il faudra donc attendre que « les cadavres parlent » pour que le cri de détresse d’un peuple trucidé soit entendu à travers le monde. Maintenant c’est fait.

Le règne des massacreurs
La République Démocratique du Congo est ce pays où plus de six millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été impunément envoyés à la mort depuis 1996 lorsqu’une guerre partie du Rwanda amena à Kinshasa les dirigeants actuels. Depuis, l’actualité du pays est inlassablement morbide. Des massacres quasiment chaque semaine, des manifestants tués par l’armée et la police, des femmes violées, bref, l’enfer. Le pays est tout entier devenu un abattoir à ciel ouvert et une gigantesque scène de crime avec des sites de massacres qui ne se comptent plus. Massacre des manifestants contre la loi électorale (janvier 2015), massacre de Ndjili contre les militants de l’UDPS (2011), massacres des adeptes du Bundu dia Congo, massacre des Enyelés, massacres des adeptes du Prophète Mukungubila (Kinshasa, Lubumbashi), massacre de l’Opération Likofi, massacres de Kisangani, massacres de Butembo-Kikyo, massacre de Kyavinyonge, massacre de Kiwanja, massacres de Makobola, Kasika, Kiliba, massacre de Mutarule, massacres de Beni, massacre de Mwenda, massacres de Mwenga,… Que deviennent les auteurs de ces massacres ? Soit ils sont déjà dans l’armée et la police, et conservent leurs poste en attendant de recommencer à massacrer, soit ils sont dans des groupes armés parrainés par le Rwanda et l’Ouganda et obtiennent des amnisties[3]. Ils intègrent l’armée et la police et se mettent, comme leurs camarades, à massacrer sous l’uniforme, ce qui est plutôt « confortable ».
Toutes les tentatives visant à créer un tribunal pénal international pour juger ces « massacreurs »ont échoué. Les massacres des Congolais peuvent ainsi se poursuivre parce que l’impunité est là. Les Congolais ont beau crier aux quatre coins de la planète. Personne ne leur vient en aide. La Cour pénale internationale (CPI) est muette comme une carpe. Les grandes démocraties se taisent et caressent Kabila dans le sens du poil. Pourquoi ? Kabila est l’homme qui signe des contrats léonins qui ruinent le Congo mais qui font le bonheur des oligarques anglo-américains. Il vaut donc mieux se taire sur les massacres pour ne pas énerver l’homme qui permet aux multinationales d’engranger des profits faramineux et aux mafieux de tous poils de dissimuler les bénéfices tirés du pillage du Congo dans des paradis fiscaux. Et il y en a pour toutes les filières : du cuivre, du cobalt, du diamant, de l’or, du pétrole, de la cassitérite, du coltan (pour nos téléphones portables), de l’uranium, du manganèse, du zinc, du platine, de la bauxite, du bois, des terres agricoles,… bref le paradis pour toute personne qui rêve de faire fortune en se contentant de tuer des populations. Impunité garantie ! Et du monde se bouscule aux portes de Kabila. Donc, silence, on tue…
La révolte des macchabés
Seulement voilà. Puisque les vivants ne veulent pas dénoncer le massacre, alors les morts vont parler à la place des vivants. Ils ont beau être traités d’« indigents » par le régime[4], ils ont un message à faire entendre et ils n’ont plus rien à perdre. Ainsi cette nuit du 19 mars, des cadavres de trop vont être jetés, comme d’habitude, dans une fosse commune. Comme des immondices. Les escadrons de la mort du régime sont sans doute exténués à force de tuer et de se trimballer toute ces années avec de macchabés. Ils vont donc les jeter là, à la sauvette et repartir tellement il y a du boulot. Sauf que la terre congolaise n’en veut plus. Six millions de morts, c’est assez ! Mais que vont donc faire ces cadavres que la terre refuse ? Les macchabés n’ont pas le choix. Ils doivent « manifester » pour se faire entendre.
Une odeur nauséabonde va se répandre sur la commune de Maluku. C’est leur seule façon de s’exprimer. Le « message » et entendu à 100 % par les riverains, « les vivants », ou plutôt les« survivants » du régime sanguinaire. Comme tout Congolais, les habitants de Maluku savent qu’ils ne doivent surtout pas dénoncer les « manifestants » auprès des autorités. Au Congo on tue les manifestants. Les 425 « manifestants » d’outre-tombe risquaient une seconde mort (incinérés ou coulés dans le fleuve ?...). Non, il faut protéger ces braves « compatriotes ». Les Congolais (les vivants) vont donc se confier à la Monusco, la Mission des Nations Unies au Congo. Excellente initiative ! Depuis, le cri des morts du Congo a été entendu à travers le monde. De nombreux analystes estiment que les gémissements et les larmes du peuple congolais ont enfin été entendus et vus. Et que le régime de Joseph Kabila court à présent à sa perte. Peu importe.
Au moins ici se réalise de la plus remarquable des manières une sagesse africaine que nous enseigne Birago Diop[5] : « les morts ne sont pas morts ; ceux qui sont morts ne sont jamais partis ». Et ils sont revenus à Kinshasa pour le faire savoir. La révolte des macchabés !
Boniface MUSAVULI

[1] JJ Wondo, « Les corps des ‘’indigents’’ qui enterrent le contrat républicain de Kabila avec les Congolais ? », desc-wondo.org, 10 avril 2015.
[2] Ibidem.
[3] La dernière loi d’amnistie en date a été promulguée par le président Kabila le 11 février 2014. Elle assure l’impunité aux membres du M23 pourtant responsables d’innombrables crimes(bombardement de Goma, massacre de Kiwanja,…) d’être à l’abri de poursuites judiciaires. Le régime a commencé à les ramener au Congo à bord d’avions du gouvernement. Pour les intégrer dans les institutions.
[4] Le vice-ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, a utilisé le terme « indigents » pour qualifier les 425 cadavres entassés dans la fosse commune de Maluku.
[5] Birago Diop, Le souffle des ancêtres, Recueil leurres et lueurs, Ed. Présence africaine, 1960.