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SACREBOPOL

jeudi 23 février 2012

Maniema : les prisonniers se nourrissent des rats et cancrelats à Kasongo



Les conditions de vie sont déplorables dans la prison centrale de Kasongo, au Maniema. Une délégation d'activistes des droits de l'Homme et de journalistes locaux l'a constaté lors d'une visite, mardi 21 février, dans cette maison carcérale.

Selon des sources concordantes, les détenus de

cette prison dorment au sol, trouvent difficilement de la nourriture et certains d'entre eux se nourrissent des rats et cancrelats.

Un détenu à la prison Munzenze de Goma.

Contacté, le gardien de cette prison dit être au courant de cette situation et traite l'Etat congolais de ' »démissionnaire », parce qu'il ne fournit de la nourriture pour ces prisonniers.

De son côté, l'administrateur du territoire de Kasongo, Mossi Mundubunga Masudi, dit ne pas être dans l'obligation de répondre directement aux besoins alimentaires des prisonniers.

Pour lui, cette tâche revient à la Division de la Justice et Droits humains appelée à travailler en collaboration avec le gouvernement provincial.

Les activistes des droits de l'homme se proposent de faire un plaidoyer en faveur des prisonniers de Kasongo. Faute d'une prise en charge adéquate, ces derniers se contentent de solliciter de l'assistance aux personnes de bonne volonté.

 Ro

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mercredi 22 février 2012

Diplomatie congolaise : Thambwe répond aux «trois diplomates» de Londres




Le ministre congolais des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba. Photo ACP

 
Dans un communiqué de presse publié le mardi 21 février, le ministre congolais des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, réagit à la déclaration de «dissidence» de trois diplomates congolais en poste à Londres. En date du 6 février, ces fonctionnaires annonçaient leur "cessation d’activité" en protestation du «hold-up électoral» perpétré par "Joseph Kabila" en se maintenant au pouvoir «par la force» alors qu’il n’a pas gagné la présidentielle du 28 novembre dernier. Le chef de la diplomatie congolaise en prend également pour son grade. Il est accusé de «détourner» les salaires de «certains» diplomates et de n’avoir conduit aucune action pour réformer la diplomatie congolaise.

«Le ministère des Affaires étrangères informe l’opinion tant nationale qu’internationale que les motivations à la base de la démarche des signataires dudit article (paru dans la presse kinoise, Ndlr) ne sont pas liées à des considérations politiques, dit le communiqué revêtu de la signature du ministre Alexis Thambwe Mwamba. En personne. Les concernés, objet d’un rappel définitif à la Centrale, ont par leur communiqué entrepris cette démarche dans le seul but de trouver, en Grande-Bretagne, le statut de réfugié politique».

«Objection de conscience»

Qui sont ces diplomates «dissidents» anciennement en poste à Londres? Il s’agit de deux hommes et d’une femme. Leurs noms : S. Kabengele Mamba, 2ème secrétaire ; Madame Yaya Efunga et B. Kazadi Mosonzo, 1er secrétaire d’Ambassade. Qu’ont-ils dit ?

Dans un document intitulé «Déclaration des diplomates en poste au Royaume Uni, Objection de conscience», le «trio» commence par décrire la situation socio-politique au Congo démocratique en dénonçant le «hold-up électoral du président Kabila» pour «conserver le pouvoir par la force, et ce au détriment de la volonté populaire exprimée» lors du vote du 28 novembre 2011.

Abordant le volet économique, les trois diplomates font état de «désastre économique culminé par des affaires de concussion, de corruption et de spoliation de l’économie congolaise dont s’est rendu coupable le régime du président Kabila». Ils citent à l’appui notamment le rapport fait le 18 novembre dernier par le député britannique Eric Joyce, qui a révélé «la complicité du pouvoir en place dans le bradage des ressources minières» du Congo «évalué à plus ou moins 5 milliards de dollars américains».

«Un régime ignoble et inhumain»

Parlant de la diplomatie congolaise, les rédacteurs de cette déclaration ont déploré que «les grands discours traçant des perspectives pour redorer le blason terni de notre politique diplomatique sur l’échiquier international» n’aient pas été suivis d’effets. Selon eux, «c’est le clientélisme et le militantisme qui priment». Dans le même registre, ils relèvent «le détournement de la paie de certains diplomates» par «le ministre». «Cette activité délictuelle, expliquent-ils, est rendue possible grâce à un stratagème consistant à inscrire les rémunérations de ces diplomates comme poste de dépense dans la loi budgétaire, mais à en détourner l’affectation au détriment des bénéficiaires». «En ce temps particulier de rude hiver, nos maisons manquent cruellement de chauffage, faute de payement de nos factures de gaz. Nous sommes victimes d’un régime ignoble et inhumain», clament-ils. Pour eux, «le rêve de l’instauration d’un Etat de droit» au Congo démocratique «s’est évanoui avec le hold-up électoral opéré par Monsieur Joseph Kabila». Aussi, ont-ils décidé de cesser l’exercice de leur mandat de diplomate et d’invoquer leur «droit à l’objection de conscience face à la tyrannie despotique conformément (…) à la Constitution de la République Démocratique du Congo qui stipule en son article 64 : «Tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente constitution…»

«Une réaction à la Congolaise»

La réaction d’Alexis Thambwe Mwamba surprend par sa platitude. Ce ministre a réagi «à la Congolaise» et non en homme politique conscient de ses responsabilités. Les ministères de l’Intérieur, de la Justice, des Finances, de la Défense et des Affaires étrangères sont universellement considérés comme des «ministères de souveraineté». La souveraineté renvoie à la sécurité et à l’indépendance nationale. Si ce ministre avait pris la peine d’examiner froidement le problème posé par les fonctionnaires précités, il aurait réalisé qu’au-delà du coup de gueule, il y a un vrai malaise au sein de ce département.

Depuis plusieurs années, l’Etat congolais «a perdu l’habitude» de rémunérer ses fonctionnaires en postes à l’étranger. Commencé sous la deuxième République, ce phénomène a pris une tournure d’un "sabotage" depuis la «libération» du 17 mai 1997. Le personnel est resté pléthorique. Le Congo démocratique «entretient» plus ou moins 70 missions diplomatiques et consulaires. Sans moyens financiers conséquents. Pire, la rotation a disparu dans le déroulement de la carrière du diplomate (quatre ans à l’étranger, deux ans au pays). Les diplomates fin terme sont d’autorité rayés des listes de paie et privés des titres de séjour diplomatiques pendant qu’ils attendent un improbable rapatriement. Les remplaçants sont affectés pendant que leurs prédécesseurs sont abandonnés à leur triste sort dans le pays d’accueil. Un cercle vicieux. Une trentaine de diplomates sont morts dans les pays accréditaires comme indigents. Sans domicile fixe.

Le ministre Thambwe falsifie la vérité lorsqu’il allègue que la démarche de ces trois fonctionnaires est un prétexte «dans le seul but d’obtenir, (…), le statut de réfugié politique». En réalité, l’Etat congolais a réduit ses diplomates à vivre dans un perpétuel "état de nécessité". Thambwe qui est juriste est sans ignorer que l’état de nécessité est une "infraction" commise pour "neutraliser un péril actuel et imminent".

A titre simplement d’illustration, dans un message n°131.1.2.1/0134/507/2009 daté du 18 mai 2009, le ministre Thambwe informait les diplomates en poste à La Haye, au Pays-Bas, que leur «poste étant fermé», «tous les diplomates» sont «rappelés». Ils étaient par conséquent «priés» de «prendre toutes les dispositions pour rejoindre Bruxelles à la date qui sera communiquée.» Et ce «pour prendre place à bord» de «l’avion affrété pour eux et leurs familles pour regagner le pays». Les intéressés attendent toujours la communication de la fameuse date d’arrivée de cet aéronef. Cela fait bientôt trois ans. Tout récemment, la radio Okapi faisait état de la détresse de sept diplomates congolais en poste à Bujumbura, au Burundi. Rappelés au pays depuis une année, ces agents de l’administration publique congolaise attendent leur rapatriement. Le ministère des Affaires étrangères les a rayés de la liste de paie. A en croire le porte-parole du ministre Thambwe, une «commission interministérielle» étudierait la manière d’apporter une «solution globale» sur la situation de l’ensemble des diplomates. En attendant, comment font ces hommes et femmes pour payer le loyer de leur appartement ou maison? Comment vivent-ils ? Qu’en est-il de la scolarité de leurs enfants? Quid de leur état de santé? Ce sont là les questions que devrait se poser non seulement l’actuel ministre des Affaires étrangères et son futur successeur.

Lors de l’avènement de Thambwe à la tête du "Minaffet", d’aucuns espéraient - à tort ? – que l’homme allait conduire d’une profonde réflexion pour réformer la diplomatie congolaise. C’est à dire l’administration centrale et les postes diplomates. C’est la désillusion! Les trois diplomates de Londres ont-ils demandé le statut de réfugié? Les Britanniques auraient répondu : So what?

Baudouin Amba Wetshi 
© Congoindépendant 2003-2012

"Nous sommes indépendants depuis 1960 et nous n’avons pas de leçons à recevoir d’eux."

"Nous sommes indépendants depuis 1960 et nous n’avons pas de leçons à recevoir d’eux."
Lambert Mende
C’est la réponse faite par le porte-parole du gouvernement congolais après les déclarations, vendredi dernier, de l’Union européenne, du Centre Carter, de la Monusco (Mission de l’Onu au Congo) et de la Belgique, regrettant la répression, jeudi, de la Marche des chrétiens contre la fraude électorale et la fermeture de médias catholique et d’opposition.
L’ambassadeur de France à Kinshasa, Luc Hallade, a répondu à M. Mende par une déclaration sur Radio France Internationale : "Quand il s’agit de respecter la liberté d’expression, de manifestation de la population congolaise, cela nous paraît important de s’y intéresser. Nous sommes partenaires et des amis et quand on est des amis et des partenaires, on doit pouvoir se dire y compris des choses qui quelquefois froissent éventuellement, mais contribuent à ce que le pays avance aussi dans la bonne direction."

mardi 21 février 2012

Lambert Mende:

 « La porte du dialogue avec Tshisekedi reste ouverte »
Le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, a déclaré, mardi à Kinshasa, au cours d'une conférence de presse, que la porte du dialogue avec le leader de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), Etienne Tshisekedi, restait ouverte, en dépit de son attitude actuelle.
Xinhua
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Le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, a déclaré, mardi à Kinshasa, au cours d'une conférence de presse, que la porte du dialogue avec le leader de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), Etienne Tshisekedi, restait ouverte, en dépit de son attitude actuelle.

« M. Tshisekedi est l'interlocuteur attitré, l'opposant le plus significatif », a dit M. Mende avant de déplorer les entraves à une législative apaisée de l'UDPS qui empêche ses députés à siéger au Parlement.

Le porte-parole du gouvernement réagissait à une déclaration du gouvernement américain appelant la RDC à un gouvernement inclusif. Il a rappelé la volonté d'ouverture du président Kabila exprimée lors de son discours d'investiture. « M. Tshisekedi lui a réservé une fin de non recevoir, allant jusqu'à demander qu'on lui apporte le chef de l'Etat ligoté » a souligné M. Mende.

Le ministre Mende s'est toutefois refusé de soutenir que la porte du dialogue est refermée définitivement avec le leader de l’UDPS. « Des voies de contact existent. Nous attendons qu'une disponibilité s'exprime. A partir de là, des contacts pourraient être noués », a-t-il déclaré, déplorant l'attitude de M. Tshisekedi qui refuse la réconciliation. "Le pays ne peut pas arrêter de fonctionner", a-t-il prévenu.

A une question, le porte-parole du gouvernement a déclaré que si le président de la République décidait de nommer M. Tshisekedi à la Primature, la Majorité présidentielle, par discipline, n'y verrait aucun inconvénient pour autant que cela contribue à la réussite de la vision du chef de l'Etat pour la RDC.

M. Tshisekedi avait été déclaré deuxième par la Commission nationale électorale indépendante (CENI), à l'issue du scrutin présidentiel du 28 novembre 2011 derrière Joseph Kabila. Le leader de l'UDPS avait contesté ce résultat, s'estimant le grand vainqueur de cette confrontation électorale et avait prêté le serment constitutionnel dans sa résidence de Limete, à Kinshasa.

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-6030.html

Reynders ira au Congo

Verso

Marie-France Cros

Mis en ligne le 21/02/2012
Le ministre des Affaires étrangères l’a annoncé au Parlement pour la fin mars. Didier Reynders base-t-il sa politique congolaise sur une erreur de traduction ?
Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), a annoncé vendredi au Parlement son intention de se rendre au Congo fin mars. Selon la rue des Petits Carmes, le voyage est encore à l’état de projet et les dates de la mission ne sont pas encore confirmées.
A son poste depuis le 6 décembre dernier, M. Reynders avait pris position sur l’ancienne colonie belge onze jours plus tard, regrettant, dans un communiqué, que la Cour suprême du Congo "n’ait pas usé de ses prérogatives pour un examen plus approfondi, critique et indépendant des résultats" officiels de la présidentielle du 28 novembre, qu’elle n’avait pas changé d’un iota malgré l’avalanche de dénonciations d’irrégularités. Le ministre s’était, en conséquence, contenté de "prendre note des résultats définitifs des élections présidentielles " et avait annoncé qu’il n’assisterait pas à la prestation de serment de Joseph Kabila, le 20 décembre. Ce jour-là, seul le président Mugabe du Zimbabwe - lui-même irrégulièrement élu - avait assisté à la cérémonie, malgré les nombreuses invitations lancées par la présidence congolaise.
M. Reynders avait ajouté qu’il envisageait de se rendre au Congo après la mise en place de l’Assemblée nationale " dans des conditions meilleures que pour les élections présidentielles" .
Ce ne fut guère le cas : l’Eglise du Congo a qualifié de "honte " le déroulement du dépouillement des bulletins à la législative (tenue le même jour et dans les mêmes conditions que la présidentielle), tandis que Thierry Vircoulon, directeur pour l’Afrique centrale à l’International Crisis Group, indiquait à "La Libre Belgique" (10 février) qu’" à l’instar de l’élection présidentielle, ( les résultats officiels NdlR) de l’élection législative semblent relever de la magie électorale plus que de la vérité des urnes" .
Entre-temps, le ministre belge avait indiqué, à plusieurs reprises, que les fraudes massives enregistrées lors des élections congolaises "n’avaient pas changé l’ordre d’arrivée" des candidats à la présidentielle. Cela pouvait surprendre.
En effet, alors que l’écart officiel des voix entre Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi est de trois millions de voix, les fraudes les plus massives atteignent à elles seules ce chiffre : dénonciation, par la société informatique belge qui avait fourni le matériel électoral, Zetes, de l’existence d’un million de doublons (électeurs enregistrés deux fois ou plus) dans seulement quatre provinces où la liste électorale avait été revue par ses soins; projeté à la totalité du pays, ce chiffre devient 3,6 millions de doublons.
Selon les autorités congolaises, 3,3 millions d’électeurs ont voté hors liste électorale (" listes de dérogation "). En outre, 1,2 million de bulletins de vote a été égaré, essentiellement dans les fiefs de Tshisekedi, Kinshasa et les Kasaï.
Le journaliste indépendant Arnaud Zajtman a peut-être trouvé le fin mot de la surprenante obstination de M. Reynders au sujet de "l’ordre d’arrivée". Le ministre dit en effet baser sa conviction sur le rapport du Centre Carter. Or, souligne notre confrère, la traduction française de ce rapport omet un mot essentiel, qui change radicalement le sens de la version originale - celle qui fait foi, en anglais. Cette dernière dit, après avoir énuméré les irrégularités du processus électoral : " Cette déclaration ne propose pas que l’arrivée des candidats est nécessaire ment différent de celui annoncé par la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). S eulement que le processus d’obtention des résultats n’est pas crédible" (voir "LLB" du 19 décembre). Autrement dit : on ne se prononce pas sur ce point. Mais la version française a mystérieusement fait disparaître le " nécessairement "; le texte tronqué, du coup, indique - comme M. Reynders - que l’ordre d’arrivée des candidats est inchangé.
A Washington - où l’on a évidemment lu le rapport du Centre Carter en anglais - Johnnie Carson, secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires africaines, avait déclaré :"Il est important de noter que nous ne savons pas - et il pourrait être impossible de déterminer avec certitude - si l’ordre final des candidats aurait été différent des résultats." Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat, indiquait quelques jours plus tard :"Il n’est toujours pas clair si les irrégularités étaient à même de modifier l’issue de l’élection" (voir "LLB" du 23 décembre).