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SACREBOPOL

mardi 11 septembre 2012

«Joseph Kabila» accusé de «haute trahison» : L’avis d’un juriste





Des membres de l’opposition congolaise ont manifesté, début septembre, leur détermination à faire inscrire à l’ordre du jour de la session parlementaire qui doit s‘ouvrir le 15 septembre la mise en accusation de «Joseph Kabila» pour «haute trahison». En cause, outre la débâcle des FARDC face aux "mutins" du M-23, il y a la présence à Rutshuru de 280 éléments des forces spéciales de l’armée rwandaise. Et ce à l’insu du Parlement et de l’opinion congolaise. Une opinion qui a été stupéfaite de voir des soldats rwandais portant l’uniforme de l’armée nationale congolaise. La rédaction de Congo Indépendant a interrogé un juriste congolais afin d’y voir plus clair sur cette démarche. L’expert a requis l’anonymat.

La «rentrée politique» au Congo démocratique en ce mois de septembre sera chaude. Très chaude. Les deux Chambres du Parlement vont reprendre leurs travaux à l’occasion de la session qui démarrent le 15 septembre. L’ambiance pourrait être celle d’une «crise de régime». Le roi est nu. La contestation de la légitimité du pouvoir détenu par «Joseph Kabila» prend une tournure «pré-insurrectionnelle» avec notamment la défection du colonel John Tshibangu. Ancien commandant en second de la 4ème Région militaire (les deux Kasaï), cet officier est en cavale depuis le 12 août dernier et se dit décidé «à chasser» l’actuel locataire du Palais de la Nation qu’il accuse de "connivence" avec ceux qui veulent balkaniser le pays. Dans les conversations entre Congolais, il n’est plus rare d’entendre le patronyme de «Joseph Kabila» associé à l’épithète «traître».

D’aucuns pourraient ergoter que le chef de l’Etat congolais est politiquement irresponsable. Et que c’est le gouvernement qui «conduit la politique de la Nation» et en «assume la responsabilité» devant la Représentation nationale. C’est vrai! Sauf que cette vérité n’existe que sur papier. En fait, c’est l’institution «Président de la République» qui exerce l’effectivité du pouvoir exécutif. Le président de la République préside et gouverne. En mai 2009, le chef de l’Etat avait retiré au Premier ministre la gestion du compte du trésor par une simple lettre envoyée à ce dernier par son directeur de cabinet. Les forces dites de sécurité, l’appareil judiciare, relèvent directement de l’actuel président de la République. Pourquoi l’opposition congolaise a-t-elle engagé ce qui ressemble bien à une attaque frontale en lançant l’idée d’une mise en accusation du chef de l’Etat pour haute trahison ? «L’attitude de l’opposition est fort compréhensible, commente le juriste. Après avoir fait chorus avec le pouvoir, dans un élan patriotique, pour dénoncer la tentative de déstabilisation et de balkanisation du pays, les forces de l’opposition ont eu un choc en apprenant que des troupes spéciales rwandaises déguisées en éléments des FARDC, étaient stationnées sur le territoire national depuis deux années avec la connivence de ce même pouvoir. Les gens se sont sentis trahis par Kabila». Pour ce juriste, la «haute trahison» reste néanmoins une notion «essentiellement politique».

Parjure

Que dit la loi ? «L’accusation formulée par les forces de l’opposition paraît juridiquement fondée. Il importe de se souvenir que Kabila a prêté serment d’observer et de défendre la Constitution et l’indépendance et l’intégrité du territoire ainsi que l’unité nationale ( article 74). La constitution ne lui accorde pas d’immunité de fonctions.» Le juriste d’énumérer les huit cas de haute trahison prévus par la loi fondamentale promulguée en février 2006 : l’institution d’un parti unique (Article 7), la défaillance dans le devoir de sauvegarder l’unité et l’intégrité du territoire (article 63); la violation intentionnelle de la constitution (article 165), la violation caractérisée des droits de l’Homme (article 165), la cession d’une partie du territoire national (article 165), le détournement des forces armées républicaines (article 188), l’organisation de formations militaires, paramilitaires ou de milices privées ( article 190), et l’entretien d’ une jeunesse armée ( article 190).» Pour cet expert, «s’il se confirmait que des accords ont été signés avec le Rwanda, au niveau de la Présidence de la République, il y aurait violation de la Constitution et haute trahison». Pour lui, la crise actuelle indique deux niveaux de haute trahison. Au plan intérieur et extérieur. Dans le premier cas de figure, il relève que «les dernières débâcles des FARDC et le recours à une force neutre d’interposition démontreraient que la réforme de l’armée n’a pas eu lieu, alors que Kabila est au pouvoir depuis onze ans». Il note par ailleurs que Kabila a créé et entretenu au sein des FARDC «une armée de Tutsis, sous le commandement tutsi et au service des communautés tutsis». Pour notre interlocuteur, «c’est une atteinte au caractère républicain des forces armées lesquelles sont ainsi détournées de leur mission qui consiste à défendre l’intérêt général et non quelques intérêts particuliers». Dans le second cas de figure, il relève que les autorités rwandaises poursuivent leur «propre agenda» dont le but est d’éliminer les miliciens Hutus des FDLR réfugiés au Congo. Pour le juriste, l’objectif poursuivi par le Rwanda n’a jamais été intégré dans la déclaration politique faite par le gouvernement congolais devant le Parlement. Une telle opération militaire ne peut avoir lieu que dans le cadre d’un traité. «Les traités internationaux sont ratifiés par le Parlement». Etant donné qu’un "deal" a été conclu au niveau de la Présidence de la République, «il y a haute trahison, parce que le chef de l’Etat s’est arrogé des prérogatives qu’il n’a pas».

Vers la résurgence de la lutte armée...

Au regard de la configuration actuelle des deux Chambres, la mise en accusation de «Joseph Kabila» a-t-elle de chances d’aboutir? «Mathématiquement, Kabila dispose d’une confortable majorité dans les deux Chambres. Il est difficile que l’objectif poursuivi par les forces de l’opposition soit atteint. En cas d’échec, que peuvent faire les initiateurs de cette action? «Les initiateurs de cette action doivent avant tout constituer un dossier juridique en béton. Ils doivent pour ce faire s’entourer des services d’éminents constitutionnalistes. Ils doivent traquer tout cas de corruption des parlementaires de la «majorité présidentielle» pour faire invalider le vote. Si le vote politique du Congrès écarte les poursuites judiciaires, ce sera à l’arraché; mais le dossier juridique demeurera, et Kabila ne pourra plus se comporter avec la même arrogance qu’auparavant».

A en croire ce juriste, en cas d’échec, «tout citoyen ou groupement de citoyens pourrait saisir le procureur général de la République des accusations de haute trahison contre le chef de l’Etat. Après enquête, le parquet demanderait l’autorisation d’engager des poursuites judiciaires. Ce qui oblige le Congrès à se réunir à nouveau. C’est un harcèlement dont les citoyens ne devraient pas se priver, et qui pourrait gripper des machines politiques bien huilées».Quid de la «force neutre» à déployer à la frontière congolo-rwandaise? Pour lui, on retrouve, dans l’idée de cette «force neutre», les deux éléments de la haute trahison qu’on reproche au chef de l’Etat. «La solution se trouve davantage à Kinshasa qu’à la frontièreavec le Rwanda», souligne-t-il. Que dire de la récusation, par le Rwanda, de l’inclusion de la Monusco dans cette "force neutre" alors que ce pays est candidat à un siège au Conseil de sécurité ? «Ma réponse est simple : plutôt que de demander des sanctions contre le Rwanda, les autorités de Kinshasa seraient mieux inspirées de faire écarter cette candidature du Rwanda qui serait ainsi pris en flagrant délit de défiance envers l’ONU».

On le voit, le Congo démocratique entre de plain-pieds dans une zone d’incertitude. Sous d’autres cieux, une telle situation ne peut être décantée que par la démission de la personnalité contestée ou l’organisation des élections anticipées. En cas de pourrissement, il n’est pas exclu qu’on assiste à la resurgence de la lutte armée...

B.A.W 
© Congoindépendant 2003-2012
http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=7520

lundi 10 septembre 2012

Joseph Kabila accusé de haute trahison.

RDC: le président Kabila accusé de «haute trahison» par son opposition politique

Le président Joseph Kabila est accusé de «haute trahison» par son opposition
Le président Joseph Kabila est accusé de «haute trahison» par son opposition
Mark Renders/Getty Images

En République démocratique du Congo, la fronde des partis d’opposition continue après les révélations sur la présence militaire rwandaise à l’Est. Les uns après les autres, ils montent tous au créneau pour accuser le président Kabila d’entretenir des relations suspectes avec le Rwanda. Les deux derniers partis en date à s’exprimer sur la question sont l’UDPS et le MLC.

Les différents groupes de l’opposition demandent tous la même chose, mais en ordre dispersé : la mise en accusation du président Kabila pour « haute trahison », avec plus ou moins de nuances, ou pas de nuances du tout comme c’est le cas pour l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) d’Etienne Tshisekedi qui ne fait pas dans la demi-mesure pour accuser le régime. Bruno Mavungu, secrétaire général de l’UDPS par intérim, explique la position de son parti : « L’UDPS accuse sans détour monsieur Kabila de collabo numéro un, et de haute trahison, d’où l’impérieuse nécessité de procéder à son arrestation illico presto ».
Si la revendication est la même, l’UDPS ne veut pas pour autant se joindre aux partis d’opposition parce qu’elle se considère elle-même comme la majorité présidentielle populaire, alors que les autres, selon elle, reconnaissent le pouvoir le Kabila. Donc pas question pour l’UDPS de procédure parlementaire.
En revanche le MLC (Mouvement de libération du Congo), qui tient en ce moment ses premières journées parlementaires, veut donner une forme légale à ce combat. Les explications de Jean-Lucien Mbusa qui dirige le groupe MLC : « Nous sommes en phase avec toute l’opposition. Simplement nous considérons que, dès la rentrée parlementaire, il faut mettre en place une commission mixte paritaire intégrant la communauté internationale, pour mener des enquêtes et arriver à des conclusions probantes qui nous permettent d’articuler les propositions qui sont faites par les collègues de l’opposition. »
L’appel du régime à l’union nationale contre l’agresseur rwandais ne rencontre pas d’écho. Mais l’union de l’opposition ne se fait pas non plus contre le régime.

Lettre de Roger Lumbala depuis Bujumbura


Peuple congolais

Je me permets de vous écrire de l'ambassade sud africaine à Bujumbura ou nous avons réussi à obtenir protection suite à l'insécurité crée par les amis et frères de monsieur Joseph Kabila, les Rwandais et les Burundais.
Je ne peux pas entrer dans le vif du sujet sans m'incliner devant la communauté congolaise pour l'incompréhension crée volontairement dans le souci de m'éviter l'attention du pouvoir de Joseph Kabila.
Dit-on « qu'un homme politique ne téléphone pas son action à son adversaire » alors que j'étais fortement sollicité par les combattants sans discrétion dans les termes qui pouvaient nous attirer des problèmes.
Vous vous rappelez certes que les combattants, le SET, la DTP ainsi que les autres étions engagés pour l'élection du président Etienne Tshisekedi qui a été réellement élu Président de la République Démocratique du Congo le 28 Novembre 2011. Mais que c'est par des armes que Monsieur Joseph Kabila s'est imposé après avoir assassiné les combattants qui revendiquaient la vérité des urnes.
Le peuple Congolais n'a pas jusqu'à présent accepté cette confiscation du pouvoir par un groupe d'individu qu'i l exerce sans son mandat.
Les députés nationaux ont tenté de porter ce débat à l'assemblé national à la première session de Mars, le monde entier a contesté que l'opposition soit tournée en bourrique à l'assemblé nationale. Toutes les propositions faites ont été rejetés sans aucun respect et sans aucune considération.
Pourquoi alors dois-je continuer à siéger ? Pour ma part, je renonce à mon mandat de député National tant que Monsieur Etienne Tshisekedi n'aura pas retrouvé l'impérium
Par contre, je continue la lutte dans l'opposition conformément à l'article 64 de notre constitution.
Je tiens à signaler contrairement aux médias de mensonge du pouvoir que je ne suis pas avec le M23, je ne participerai pas au plan Kabila de la balkanisation de notre pays.je n'ai pas mis mes pieds au Rwanda ses dernières années.
Par contre le Général John Tshibangu est un compatriote qu'il faut encourager soutenir et rejoindre.
Notre pays ne sera jamais libéré par des prières et des incantations, mais par des actions.
Je saluts la mémoire de Simon Kimbangu, de patrice Emery lumumba et je prie pour la vie d'un collège député élu Eugene Diomi Dongala
Que vive la république démocratique du Congo
Que vive le peuple congolais
Je vous remercie

Roger Lumbala Tshitenga
Député National
V/président d'UDPS-FAC Bujumbura , Ambassade sud africaine le 07/09/2012
LETTRE REDIGEE A 4H DU MATIN LE 07/09/2012




vendredi 7 septembre 2012

Yamina Benguigui : «Le sommet de la Francophonie n’est pas un sommet bilatéral»





Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie, et le président de RDC Joseph Kabila, à Kinshasa l...
Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie, et le président de RDC Joseph Kabila, à Kinshasa l...
(JUNIOR D.KANNAH / AFP)
Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie, et le président de RDC Joseph Kabila, à Kinshasa le 28 juillet 2012.
(JUNIOR D.KANNAH / AFP)

Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie, et le président de RDC Joseph Kabila, à Kinshasa le 28 juillet 2012.

La ministre de la Francophonie, cheville ouvrière de cette décision, explique à « La Croix » les raisons de ce choix.


La Croix : La France se rendra au sommet de la Francophonie à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC). Quel rôle avez-vous joué dans cette décision ?

Yamina Benguigui : L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) avait annoncé ce sommet en 2008 et lancé à Kinshasa la construction des infrastructures nécessaires pour l’accueil du sommet. Mais aucun membre de l’ancien gouvernement ne s’était rendu sur place quand j’ai repris le dossier au mois de mai, dès ma nomination. Il y avait une contestation en France et en Belgique contre la tenue de ce sommet en RDC. Le président de la République m’a demandé de me rendre en RDC pour évaluer la situation dans son ensemble et pour y rencontrer les représentants de l’ensemble de la société congolaise, depuis les autorités, jusqu’aux opposants.

À l’issue de votre voyage à Kinshasa à la fin du mois de juillet, vous avez recommandé à François Hollande de participer au sommet de la Francophonie, pourquoi ?

J’ai passé quatre jours complets sur place, j’y ai rencontré plus de 100 personnes. Du président Joseph Kabila aux ONG de défense des droits de l’homme, des membres du gouvernement à ceux de l’opposition, sans compter les responsables religieux. Après nos entretiens, qui ont été parfois houleux, j’ai entendu à la fois leur colère, leur volonté, leurs espoirs et à la suite de ces entretiens très forts, la très grande majorité m’a dit être favorable à la venue de François Hollande et à la tenue du sommet en RDC, pour l’Afrique et pour la Francophonie et ses valeurs. L’archevêque de Kinshasa, le cardinal Monsengwo, a été un des rares à rester fermement opposé à la tenue du sommet.

Que vous a-t-il dit ?

La tenue du sommet pourrait légitimer Joseph Kabila, selon lui. Mais, toutes les ONG, comme la Voix des sans voix [ONG fondée par Floribert Chebeya, le défenseur des droits de l’homme assassiné par des policiers en 2010, NDLR], les principaux leaders de l’opposition, les responsables religieux, ont compris que ce sommet allait mettre la RDC sous les projecteurs de la communauté internationale, que cette occasion, constituait une opportunité pour elles de prendre la parole et de se faire entendre. Enfin, toutes ont été sensibles à l’engagement du président Hollande d’aller les rencontrer sur place.

Étienne Tshisekedi, le chef de l’opposition congolaise, n’était pas, non plus, favorable à ce voyage.

J’ai rencontré les responsables de son parti. Les entretiens ont été, comme je vous l’ai dit, très houleux. Ils m’ont tous dit, après notre entretien, leur souhait de voir le président Hollande à ce sommet pour les mêmes raisons que la société civile, les religieux et les défenseurs des droits de l’homme.

François Hollande va-t-il aussi rencontrer Étienne Tshisekedi ?

Si Étienne Tshisekedi en fait la demande, c’est au président seul d’en décider.

Que vous êtes-vous dit avec Joseph Kabila ?

Le président Kabila m’a d’abord fait savoir qu’il était sur le point d’annuler ce sommet, car il ne comprenait mal le silence de la France sur le conflit au Nord Kivu. Cette inaction était perçue comme de l’indifférence pour la RDC. Je m’en suis immédiatement entretenue avec le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius qui a décidé d’ouvrir une discussion sur le Kivu au Conseil de Sécurité de l’ONU. Sur un plan plus symbolique, Joseph Kabila et son peuple se sentait profondément humilié par les rumeurs qui se propageaient en RDC et en Afrique qui annonçaient la non-venue de François Hollande au sommet. Je l’ai convaincu d’attendre mon entrevue avec le président français.

La venue de François Hollande était-elle accompagnée d’un certain nombre de conditions que vous avez exposées à Joseph Kabila ?

Je n’ai pas exprimé des conditions. Je lui ai dit que nous serions très sensibles s’il y avait des mesures significatives prises par le gouvernement en faveur des droits de l’homme. Je lui ai parlé de deux réformes : la réforme de la Commission nationale indépendante chargée des élections, et la création d’une Commission nationale des droits de l’homme. Il en a pris note et le 22 août, le président de l’Assemblée Nationale a annoncé à la télévision que la RDC allait adopter à la prochaine session parlementaire, à partir du 15 septembre, ces deux réformes pour renforcer la démocratie dans le pays.

Connaissiez-vous la RDC avant de vous y rendre en juillet ?

C’était la première fois que je m’y rendais. Pour autant, je connaissais ce pays à travers ces nombreux artistes. J’avais eu, par le passé, l’occasion de rencontrer des cinéastes, des musiciens de Kinshasa. Je connaissais la créativité et l’importance des artistes congolais sur la scène internationale. J’ajoute que je ne suis pas passée en coup de vent à Kinshasa, mais j’y suis restée plusieurs jours. C’est la moindre des choses pour montrer le respect que l’on éprouve pour ce pays et sa culture. Le président Sarkozy, je crois, n’y était resté que 4 heures pour ensuite aller dormir au Gabon.

Les Présidents africains francophones étaient-ils favorables à ce voyage ?

Ils s’étaient tous engagés, avant l’élection de François Hollande, à s’y rendre. Abdou Diouf, le président de l’OIF, s’était battu pour que ce sommet se tienne en Afrique. Décemment, François Hollande ne pouvait pas non plus les désavouer. L’annonce de sa non venue en Afrique aurait été perçue comme un affront et camouflet lancés au visage de nos amis africains.

En venant à Kinshasa, vous rompez volontairement l’isolement dans lequel se trouvait Joseph Kabila depuis sa réélection, contestée par tous les observateurs internationaux, en novembre 2011. N’est-ce pas une formidable victoire pour Joseph Kabila ?

Ce sommet n’est pas un sommet bilatéral entre la France et la RDC. Mais c’est le sommet de la Francophonie dans lequel tous les leaders vont pouvoir se rencontrer, se parler et se faire entendre. La Francophonie, c’est en tout 75 pays qui vont faire le déplacement à Kinshasa. Il ne s’agit pas simplement d’y parler de la place du français dans le monde, même si cela est important. C’est aussi l’occasion d’aborder des volets politiques, économiques et environnementaux. Nous allons ainsi consacrer la première journée du sommet aux crises malienne, sahélienne, malgache et de la Guinée-Bissau. La deuxième journée sera réservée au développement économique et à la défense de l’environnement. J’ajoute, enfin, qu’à l’occasion de ce sommet, nous allons entendre l’Afrique s’exprimer sur la marche du monde. Et nous nous devons de l’écouter.


RECUEILLI PAR LAURENT LARCHER

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Yamina-Benguigui-Le-sommet-de-la-Francophonie-n-est-pas-un-sommet-bilateral-_EG_-2012-09-06-850633


jeudi 6 septembre 2012

La RDC peine à justifier la présence de soldats rwandais sur son sol













La République démocratique du Congo, qui peine à contrôler son territoire, a du mal à justifier la présence sur son sol de soldats rwandais dont l'existence a soudainement été révélée au grand public il y a une semaine, alimentant rumeurs et théories du complot.

Les autorités congolaises, dont les troupes ne parviennent pas à regagner du terrain face à la rébellion du M23 dans l'est, ont récemment à nouveau accusé le Rwanda de soutenir ces rebelles. Des accusations démenties jeudi par Kigali qui parle de "mauvaise foi" de Kinshasa.
L'annonce, le 31 août, du retour au Rwanda de quelque 300 soldats rwandais positionnés dans l'ex-Zaïre voisin, a semé le trouble.
RDCongo et Rwanda se sont accordés pour affirmer que ces soldats rwandais opéraient, au côté de militaires congolais, au sein d'un bataillon mixte déployé dans la province congolaise du Nord-Kivu (est). Ce déploiement avait été décidé dans la foulée d'une opération militaire conjointe de 2009 destinée à combattre la rébellion hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont des éléments ont participé au génocide rwandais de 1994.
Mais selon Kinshasa, une centaine de soldats rwandais tout au plus aurait dû participer à cette opération et regagner leur pays, alors que Kigali parle de 357 hommes...

Une aide au M23?
Lundi, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a enfoncé le clou, dénonçant une "invasion": "L'armée rwandaise a profité du retrait de ses officiers de renseignement (...) pour exfiltrer quelques-uns de ses éléments", a-t-il dit, accusant ces soldats rwandais d'être entrés en RDC pour "attaquer" les FARDC (Forces armées de la RDC) avec le "groupe pro-rwandais M23".
Kigali, déjà mis en cause dans un rapport de l'ONU pour son soutien au M23, a rétorqué jeudi. "Les accusations de Kinshasa, on vit avec depuis 4 mois, et encore une fois, c'est une preuve de la mauvaise foi de nos voisins", a déclaré à la chaîne France24 Louise Mushikiwabo, ministre rwandaise des Affaires étrangères.

"D'abord parce que les autorités congolaises sont dans cette psychose de toujours trouver le voisin coupable. Ce n'est jamais les Congolais. Quand il y a un problème au Congo, si ce n'est pas le Rwanda, c'est le Congo-Brazzaville, c'est l'Ouganda. Cela, c'est le vrai problème du Congo", a-t-elle ajouté.
En RDC, l'annonce du départ des soldats rwandais provoque aussi des tensions. Une coalition d'opposants, qui se dit surprise de la présence de telles troupes, a "recommandé" au parlement d'enclencher une "mise en accusation" du président Joseph Kabila pour "haute trahison" pour sa gestion de de la crise dans l'est.

A son tour, le pouvoir a allumé un contre-feu, évoquant mercredi un soupçon de "haute trahison" à l'encontre de l'opposant et ex-ministre Roger Lumbala, réfugié à l'ambassade d'Afrique du Sud à Bujumbura pour ne pas rentrer en RDC, où le gouvernement trouve suspects des voyages répétés qu'il aurait effectués au Rwanda.

Dans le même temps, sur le terrain, l'armée congolaise piétine, voire recule.
Les derniers combats signalés entre les FARDC et le M23, qui s'affrontent depuis le mois de mai, remontent aux 22 et 25 août. Bilan des affrontements: 19 combattants tués, dont 17 chez les dissidents, selon la Mission de l'ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco). Depuis, c'est quasiment le statu quo.

Mais, selon un responsable militaire congolais, quand les forces rwandaises ont quitté leurs positions, "une coalition de (miliciens locaux) Maï Maï et de FDLR ont quitté la brousse pour occuper" cette position, à Kisegeru. "Lundi, le M23 les a délogés pour occuper Kiseguru" et d'autres localités, selon ce responsable.
Pour la Société civile du Nord-Kivu, cela "prouve à suffisance qu'il n'y a eu que simple relève" des forces rwandaises.

Un analyste politique régional, qui était sur le terrain, rejette les théories du complot, tout en livrant une explication: "Parmi les FARDC et le M23, il y a des gens qui parlent kinyarwanda", langue nationale du Rwanda qui est, selon lui, aussi parlée dans la région. "De là à conclure que ce sont les militaires rwandais qui sont là, c'est de l'intoxication."

http://fr.news.yahoo.com/rdcongo-peine-%C3%A0-justifier-pr%C3%A9sence-soldats-rwandais-sol-153618980.html?