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SACREBOPOL

jeudi 27 septembre 2012

L’ambassadeur de France chez Tshisekedi


Luc Hallade chez Tshisekedi

27 septembre, 2012
luc halladeProbablement dans le cadre des consultations entreprises par l’ambassadeur de France avec les milieux politiques et la société civile, en perspective de la tenue du 14ième sommet de la francophonie qui se tient du 12 au 14 octobre à Kinshasa, Luc Hallade (photo) a été reçu mercredi 26 septembre par le président élu de la RDC, Etienne Tshisekedi, dans sa résidence sur la rue Pétunias à Limite.

A l’issue d’un entretien qui a duré une heure, le diplomate français s’est réservé de tout commentaire. Rien n’à filtré sur l’éventuel face à face Tshisekedi – Hollande. Le nouveau locataire de l’Elysée qui arrive le 13 octobre à Kinshasa, a prévu dans son agenda de rencontrer le même jour le président par défi, Joseph Kabila, et les acteurs de l’opposition politiques et de la société civile.
Comme d’aucuns le savent, le principal parti politique de la RDC, UDPS, boude la participation de François Hollande à ce sommet parce qu’il la considère comme une caution au pouvoir actuel issu des élections très contestées du 28 novembre 2011 dont les résultats au niveau aussi bien présidentiel que législatif étaient jugés non crédibles par les observateurs tant nationaux qu’internationaux.

Dés l’annonce de la participation du nouveau locateur de l’Elysée au sommet de la Francophonie à Kinshasa, l’UDPS est montée au créneau par la bouche de son Secrétaire général, Bruno Mavungu pour dénoncer la volte-face de François Hollande qui avait pendant sa campagne, promis ne pas se rendre dans les pays où le pouvoir est issu des fraudes électorales.
Les proches du sphinx de limite ont estimé que les intérêts économiques de l’Hexagone ont pris le dessus sur la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l’homme tant proclamée par la charte de la Francophonie.

Pour rappel, ce parti phare de la RDC a déposé un mémo à l’ambassade de France pour la délocalisation du sommet de la Francophonie à Kinshasa au nom des valeurs défendues par la francophonie.

Une ONG de droit français, Convergence pour l’émergence du Congo, est en justice en référé contre l’OIF pour la délocalisation du sommet vers un pays respectueux de la charte de la francophonie. L’arrêt est attendu dans les tout prochains jours.

Eric Wemba/CCN

http://www.culturecongolaise.net/?p=10819

République démocratique du Congo: multiplication des attaques contre les défenseurs des droits de l'homme avant le Sommet de la Francophonie





DES JOURNALISTES ET DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME AGRESSES PAR DES INCONNUS APRES AVOIR DENONCE LA DETENTION AU SECRET DU DEPUTE EUGENE DIOMI NDONGALA



L’OBSERVATOIRE: République démocratique du Congo: multiplication des attaques contre les défenseurs avant le Sommet de la Francophonie



Paris-Genève, le 26 septembre 2012. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), déplore la multiplication des attaques et des menaces visant les défenseurs des droits de l’Homme à l’approche du Sommet de la Francophonie…

À quelques semaines de l’ouverture du XIVe Sommet de la Francophonie, qui se tiendra du 12 au 14 octobre 2012 à Kinshasa, les attaques, menaces et autres actes d’intimidation visant les défenseurs des droits de l’Homme, dont un avocat et deux journalistes, se sont multipliés. Dans un tel contexte, l’Observatoire s’interroge sur la bonne foi des autorités à mettre en œuvre les principes fondateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Ainsi, le 21 septembre 2012, Me Sylvain Lumu, avocat et secrétaire exécutif de la Ligue des électeurs (LE), a été agressé alors qu’il rentrait à son domicile par des individus voyageant dans un véhicule. Les auteurs de cette attaque ont emportés ses téléphones et autres documents trouvés à bord de la voiture.


D’autre part, le 23 septembre 2012, M. Godé Kalonji, journaliste engagé dans la promotion des droits de l’Homme et chargé des alertes au sein de l’ONG Freedom For Journalist (FFJ), a été violemment agressé par un groupe de personnes non identifiées alors qu’il revenait en voiture de son bureau. Ses agresseurs ont emporté son matériel de travail, dont un appareil photo, des téléphones et des clés USB. L’Observatoire s’inquiète de l’état de santé du défenseur des droits de l’Homme, qui a été hospitalisé aux soins intensifs pendant plusieurs jours.

L’Observatoire relève que Me Sylvain Lumu et M. Godé Kalonji avaient récemment été impliqués dans l’organisation d’une conférence de presse tenue le 19 septembre 2012 visant à dénoncer des cas d’enlèvements et de détentions au secret commis par l’ANR, comme celui par exemple du député de l’opposition Diomi Ndongala.


Enfin, le 21 septembre 2012, M. Désiré Kazadi, également journaliste et président de FFJ ainsi que de l’ONG Journalistes pour les droits de l’Homme (JPDH), a fait l’objet de menaces et d’intimidations lors d’un appel téléphonique anonyme mentionnant une lettre qu’il a récemment cosignée avec M. Kalonji et adressée au Président de la RDC, lui demandant la suppression du ministère des communications et des médias.

L’Observatoire craint que ces faits ne soient directement liés aux activités de défense des droits de l’Homme de Me Sylvain Lumu et de MM. Godé Kalonji et Désiré Kazadi, qui ont été particulièrement actifs récemment dans leur dénonciation des violations des droits de l’Homme dans le pays. L’Observatoire condamne donc fermement ces attaques et menaces visant les défenseurs des droits de l’Homme et craint qu’elles ne visent qu’à les intimider à l’approche du Sommet de la Francophonie, auquel les ONG de défense des droits de l’Homme doivent prendre part. Il appelle les autorités à mener une enquête exhaustive et impartiale sur toutes ces agressions et menaces suite aux plaintes déposées par les victimes.

« Une telle multiplication des attaques et des menaces contre les défenseurs des droits de l’Homme n’augure rien de bon à l’approche du Sommet de l’Organisation internationale de la francophonie. », a ainsi déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. « Il est impératif que tous les défenseurs des droits de l’Homme puissent s’exprimer dans un cadre sécurisé à la fois pendant et après ce Sommet », a-elle-poursuivi.

Dans ce cadre, l’Observatoire rappelle par ailleurs qu’en vertu de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme de 1998, les autorités de la RDC ont l’obligation de protéger tous les défenseurs des droits de l’Homme de toute forme de violence, menace ou pression.

« Il est impératif que les autorités de RDC se conforment à leurs obligations internationales, et notamment au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui impose aux autorités judiciaires de mener une enquête exhaustive et impartiale sur toutes ces agressions et menaces, et de traduire en justice tous leurs responsables, quelles que soient leurs fonctions. Il en va de la crédibilité des autorités congolaises », a également rappelé Yves Berthelot, président du Conseil exécutif de l’OMCT.

Pour plus d’informations, veuillez contacter:

· FIDH : Arthur Manet, + 33 1 43 55 25 18

· OMCT : Isabelle Scherer, + 41 22 809 49 23





Le président français François Hollande, le 7 septembre 2012 à Evian.
Le président français François Hollande, le 7 septembre 2012 à Evian.
REUTERS/Philippe Wojazer

Par RFI

François Hollande et ses équipes organisent le premier périple du président français en Afrique et sa présence au prochain sommet de la francophonie à Kinshasa du 12 au 14 octobre prochain. Le président français devrait faire une escale au Sénégal avant de venir en RDC. C'est un voyage présidentiel éclair qui semble se mettre en place.

Avant le sommet de Kinshasa, François Hollande s'est organisé une étape express à Dakar. Son arrivée au Sénégal le vendredi 12 en fin de matinée est confirmée de bonne sources à Paris. Sans doute pour marquer sa différence avec Nicolas Sarkozy et faire oublier sa polémique déclaration sur «l'homme africain (qui) n'est pas assez entré dans l'histoire», le chef de l'Etat français souhaite prononcer un discours devant l'Assemblée nationale sénégalaise avant de s'entretenir avec son homologue sénégalais Macky Sall.

Rendez-vous avec l'opposition congolaise

Un peu plus tard, dans la nuit, l'avion présidentiel décollera pour Kinshasa. Le lendemain, au petit matin, François Hollande veut, en une heure et demie, rencontrer Joseph Kabila à la présidence puis se rendre à la résidence de l'ambassadeur de France pour discuter avec les ONG et les opposants politiques. C'était l'une des conditions de sa présence au sommet de la francophonie. «Il y a beaucoup de demandes et peu d'élus» nous indique une source diplomatique à Paris. Seuls les proches de l'opposant Etienne Tshisékédi affirment être en contact avec les services de l'Elysée : «ça s'organise tranquillement mais nous avons une exigence : un rendez vous en tête à tête.»
Ensuite, François Hollande suivra l'ouverture du sommet de la Francophonie au palais du peuple, avant de prononcer un discours très attendu de 7 minutes. François Hollande a prévu de consacrer la fin de sa journée aux Français vivant en RDC avant de redécoller dans la nuit pour Paris.

XIVe sommet de la Francophonie : Hollande effectuera un voyage éclair en RDC et au Sénégal en octobre

Mercredi 26 septembre 2012
Le président français s'entretiendra avec Kabila, les opposants et les ONG à Kinshasa
A quelques jours de la tenue du XIVe sommet de la Francophonie à Kinshasa, les choses se précisent petit à petit quant au voyage du président français. Pour son premier voyage en Afrique, le président français effectuera un voyage éclair au Sénégal et en République démocratique du Congo (RDC). Les services de l'Elysée sont en train d'organiser le premier périple du président français en Afrique et sa présence au prochain sommet de la Francophonie à Kinshasa du 12 au 14 octobre prochain. Il est prévu une escale au Sénégal avant de venir en RDC. Pour un premier voyage en Afrique, François Hollande envisage d'effectuer un voyage éclair.




Avant de participer au XIVe sommet de la Francophonie à Kinshasa, François Hollande projette une escale express à Dakar, capitale du Sénégal, où il devra arriver le vendredi 12 septembre en fin de matinée.
A l'étape de Dakar, apprend-on, il est prévu un discours qu'il prononcera devant l'Assemblée nationale sénégalaise avant de s'entretenir avec son homologue sénégalais Macky Sall.

Rendez-vous avec l'opposition congolaise
De la capitale sénégalaise, le président français atteindra Kinshasa, capitale de la RDC, un peu plus tard, dans la nuit. Le samedi 13 octobre, au petit matin, François Hollande envisage de boucler en un tour de main un programme serré. Donc, il veut, en une heure et demie, rencontrer son homologue congolais, Joseph Kabila au Palais de la nation puis se rendre à la résidence de l'ambassadeur de France en RDC pour discuter avec les ONG et les opposants politiques congolais. François Hollande va ainsi répondre à l'une des conditions de sa présence au sommet de la Francophonie dans la capitale congolaise.
Cela ne voudrait pas dire qu'en dehors de ces rencontres, il n'y ait pas d'autres demandes d'audiences de la part des Congolais. Le séjour de François Hollande est si bref que le temps fait défaut pour satisfaire à toutes les demandes.
"Il y a beaucoup de demandes et peu d'élus", indique-t-on du côté de Paris. Seuls les proches de l'opposant Etienne Tshisekedi affirment être en contact avec les services de l'Elysée : "ça s'organise tranquillement mais nous avons une exigence : un rendez-vous en tête à tête."
Cependant une question reste posée : François Hollande accédera-t-il à l'exigence du président national de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS)?
Ensuite, François Hollande suivra l'ouverture du XIVe sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) au Palais du peuple, avant de prononcer un discours très attendu de 7 minutes. L'agenda de François Hollande prévoit également une rencontre avec les Français vivant en RDC avant de regagner Paris dans la même nuit du 13 octobre.
Ce sera le premier voyage qu'effectuera le président français sur le sol africain après son élection au mois de mai dernier.
C'est lundi 27 août que le président français avait annoncé qu'il participerait au XIVe sommet de la Francophonie prévue en octobre prochain. Il avait ainsi mis fin à un long suspense sur sa participation ou non à cette rencontre.
"Je me rendrai dans quelques semaines au sommet de la Francophonie à Kinshasa. J'y réaffirmerai que la Francophonie n'est pas simplement une langue en partage mais aussi une communauté de principes et d'idéaux dont le rappel à chaque occasion est nécessaire, et notamment en RDC mais pas seulement là ", avait-il déclaré au cours de la Conférence des ambassadeurs français au palais de l'Elysée mettant fin à une polémique entre les partisans et les opposants à sa venue à Kinshasa.

Kléber Kungu

http://www.lobservateur.cd/index.php?option=com_content&view=article&id=8429:xive-sommet-de-la-francophonie-hollande-effectuera-un-voyage-eclair-en-rdc-et-au-senegal-en-octobre&catid=44:politique&Itemid=58


lundi 24 septembre 2012





Jeudi 19 septembre 2012, une délégation des Evêques membres de la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo, en sigle) a visité le territoire de Rutshuru. Accompagné de Monseigneur KABOYI (Evêque du diocèse de Goma), la délégation a tenté le tout pour le tout, la MONUSCO ayant refusé de les sécuriser, pour arriver à Rutshuru où une foule immense les attendait.
Au cours de la célébration d’une messe dite de solidarité, les évêques ont lu un communiqué dans laquelle ils demandaient au peuple congolais de barrer la route aux personnes qui veulent balkaniser la République Démocratique du Congo et piller les richesses du pays. Tel était le message clé de la CENCO aux populations de Rutshuru, message qu’ils ont emmené partout dans le monde et qu’ils comptaient amener à Bukavu et dans les camps des déplacés internes du Nord-Kivu.
En marge de cela, rappelons, en passant, que ces évêques venaient de faire le tour du monde pour rapporter aussi le message du gouvernement congolais, accusant le M23 en complicité avec le Rwanda et d’autres puissances mondiales, de vouloir balkaniser le pays et livrer certaines parties du Territoire national aux étrangers.C’est dans un message court et clair que le numéro un de l’armée du M23 a donné la position du M23 sur à ce qui a fait couler tant d’encre et de salive dans notre pays, à savoir la balkanisation. La substance du message du Colonel Makenga, car c’est de lui qu’il s’agit, est la suivante : « Les revendications du M23 sont nationales et non sectaires. Il n’existera jamais de balkanisation au Congo tant que le M23 aura la force qu’elle a aujourd’hui. Le plan de balkanisation n’existe pas et n’existera pas » a-t-il rassuré aux évêques membres de la CENKO.
Ci-dessous, en intégralité, le message du Chef d’Etat Major Général de l’Armée

: «Excellences Messeigneurs représentants de la CENCO, C’est pour moi un honneur et une grande opportunité de m’adresser à vous, au nom du M23, pour retracer l’historique qui nous a amené jusqu’à ce jour de notre rencontre dans cette salle du diocèse de Rutshuru.
Merci encore une fois du courage, que vous avez eu, de braver toutes les prophéties de malheur débitées par ceux qui vous voulaient vous dissuader de venir voir la réalité du terrain et merci pour le message de réconfort que vous avez apporté à la population du Nord-Kivu en général et, en particulier, à celle de Rutshuru. Nous savons que rien n’a été facile. Vous avez entendu beaucoup des choses concernant le M23, mais nous vous promettons qu’avant votre départ d’ici, vous aurez un jugement personnel de ce Mouvement, jugement qui vous permettra d’avoir une version des faits contraire à celle que vous aviez en arrivant et qui vous permettra de fixer, une bonne fois pour tous, l’opinion tant nationale qu’internationale sur les raisons logiques et objectives qui ont pousse le M23 de prendre sa part de responsabilité dans l’Histoire de notre cher et beau pays la RDC.

Le M23 est un mouvement politico-militaire dont les membres proviennent majoritairement du Congrès National pour le Défense du Peuple (CNDP, en sigle). Vous êtes sans ignorer que ce dernier Mouvement a, en son temps, combattu contre le gouvernement de Kinshasa, 5 ans durant, et à l’issue d’un accord de paix signé à Goma (mais négocié dans un processus de paix de Nairobi sous l’égide de la facilitation des Nations Unies) les militaires ex-CNDP ont été intégrés dans l’armée congolaise et le CNDP parti politique a adhéré au camp de la majorité présidentielle.

Mon intervention, d’aujourd’hui, retracera l’historique depuis l’accord du 23 mars, jusqu’au jour où le gouvernement de Kinshasa a pris la décision de nous abattre : Nous étions convenus avec le gouvernement de Kinshasa que les forces intégrées ne seront déployées que dans les deux Kivu pour combattre toutes les forces négatives étrangères et les groupes armés réfractaires aux accords de paix du 23 mars, afin de permettre aux refugiés congolais et aux déplacés de guerre de regagner leurs contrées d’origine. Bien qu’ayant chaleureusement adhere au projet, durant les trois ans passés au sein des FARDC, le gouvernement de la République ne nous a jamais dotés des moyens nécessaires pour éradiquer ces forces négatives étrangères et les autres groupes armés ciblés à cet effet.

Pire, il s’était installée, au sein même de l’armée nationale, une discrimination envers les militaires des ex-mouvements rebelles qui ne bénéficiaient pas du même traitement que leurs collègues de l’ex-composante gouvernement. Alors que ceux du gouvernement touchaient leur solde sur base de grade, ceux des composantes ex-rebelles recevaient un montant forfaitaire et inconstant. A titre d’exemple un Colonel ex-cndp percevait l’équivalent de la solde d’un caporal de l’ex-composante FARDC. Durant toutes ces années passées au sein des FARDC, nous avons été humiliés et dénigrés n’eut été la sagesse de notre part, nous aurions quitté le processus juste quelque temps après l’intégration (c’est-à-dire vers fin 2009 déjà!). Nous avions, à maintes reprises, demandé que soient respectés les accords signés le 23 mars 2009, mais une fin de non recevabilité était réservée à notre requête et en lieu et place nous avions subi des menaces et deux d’entre nous qui avaient signé une pétition, ont été radiés de l’armée pour cela.

Bien que nous nous étions convenus que les militaires intégrés ne seraient déployés que dans les deux Kivu, nous avons accepté, par patriotisme, que certains d’entre nous aillent servir sous le drapeau contre les INYELE à DONGO dans la province de l’Equateur, mais hélas, certains avaient été assassinés par leurs « frères » d’arme de l’ex-composante gouvernemental, tandis que d’autres ont subi des traitements inhumains et dégradant avant de les laisser regagner Goma. D’autres, 59 d’entre nous, qui étaient partis à DUNGU pour combattre les LRA et les ADF-NALU ne sont jamais retourné (à l’exception d’un rescapé qui s’etait échappé par le soudan et qui nous a reporté les circonstances de la mort de ses collègues, tués par le major responsable du bataillon qui, au lieu d’être poursuivi en justice, a été promu au rang de Lt Colonel en guise remerciement de la part du gouvernement de Kinshasa.

Il en est de même des militaires ex-CNDP qui ont été déployés dans des opérations à Kindu, trois d’entre eux ont été lapidés par la population au motif qu’ils étaient des rwandais. Le Nord-Kivu n’est pas laissé en reste : dans cette discrimination organisée contre les militaires ex-cndp intégrés après les accords du 23 mars 2009, le Colonel YAV, alors commandant secteur, avait fait assassiner le Lt Colonel ALI, sur l’axe Rumangabo-Rutshuru, et toutes les preuves avaient été présentées à la hiérarchie, mais aucune poursuite n’a jamais été menée en son encontre…
Durant les trois ans passés au sein des FARDC, nous n’avons fourni aucun effort pour dénoncer toutes les injustices, la corruption et le détournement des fonds alloués aux militaires et qui n’arrivaient jamais à la base. Nous étions profondément préoccupés par les répercussions de ces injustices sur l’avenir de l’armée et de notre pays, symboles majeurs de la souveraineté nationale; c’est pourquoi, en tant que patriotes, nous avons attendu 3 ans pour méditer suffisamment, avant de décider, en âme et conscience, de nous insurger contre tous ces fléaux. Drogués en permanence dans l’espoir de se soustraire de la dure réalité de la vie qui leur est imposé par des gouvernements prédateurs, manque des soins pour les blessés de guerre, la corvée de débrouille, les vols, les extorsions, bref, la vie infra-humaine que mènent les militaires congolais, dans l’indifférence arrogante de la hiérarchie militaire et civile, la peur bleue surtout du risque constant de voir nos éléments se contaminer par ces antivaleurs ainsi que celle de participer à ce crime organisé contre la nation et son peuple, nous avaient poussés à franchir le Rubicon.

Tout citoyen congolais est touché par l’institutionnalisation de la corruption dans notre pays mais quand le mal ronge l’armée, cela devient plus qu’inquiétante et tout patriote devrait le dénoncer. Nous avons fais trois ans au sein des FARDC sans solde alors que nous avons passé les épreuves du contrôle physique et l’enregistrement biométrique. Où va la solde destinée aux militaires ? C’est une question taboue dans l’armée et, de plus en plus, les politiciens perdent leur langue quand il s’agit de dénoncer le mal. Toute personne qui en parle devient l’ennemi numéro un du régime KABILA : Ils ont tué le Lt. Colonel BULIMASO à Masisi, ils ont tendu une embuscade au Lt. Colonel Kifaru à Walikale, Le Colonel Byamungu a été attaqué dans son Quartier Général à Uvira, Les Lt Colonel Saddam et Nsabimana attaqués à Fizi sans que moi qui était commandant des opérations au Sud-Kivu je ne sois informé. La chaine de commandement n’existe pas dans les Forces Armées de la République Démocratique du Congo.

Alors que la situation devenait de plus en plus tendue, le Chef d’Etat Major Général des FARDC au lieu de calmer le jeu et de résoudre les problèmes au sein de l’armée, il a mis le feu aux poudres : Il a appelé le Colonel Baudouin NGARUYE à Goma pour recevoir le briefing pour rejoindre, son nouveau poste d’attache à Shabunda, en remplacement du Colonel KABUND, en lieu et place du briefing il fut humilié et désarmé devant soldats et caporaux ; le même sort fut réservé au Colonel Zimulinda, alors qu’il était convié à une réunion avec le Chef d’Etat Major Général des FARDC. Certains militaires ayant senti venir les menaces, se sont vite retranchés dans les montagnes de Masisi pour se protéger contre l’inconnu que ces comportements du gouvernement Kabila venaient d’adopter vis-à-vis des Officiers supérieurs ex-CNDP intégrésdans les FARDC. Le Colonel BIYOYO(Officier ex-CNDP Shi) fut intrepellé, désarmé, arrêté et transféré à Ndolo (à plus de 1000 km de sa famille). Enfin nous avons fait avec l’état Major Général beaucoup de réunions dans lesquelles j’ai dénoncé toutes les antivaleurs(la corruption, le non respect de la chaîne de commandement, le clientélisme, l’affairisme et le tribalisme qui s’installaient au sein de l’armée) et ces exactions à l’égard des militaires rwandophones et non rwandophones et, la seule réponse qui m’avait été réservée c’est l’embuscade qui m’avait été tendue à Nyabibwe, en Mai dernier, alors que je venais de Bukavu pour Goma, en réponse à l’invitation du CEMJ-Force terrestres.

Excellence les représentants des Evêques membres de la CENCO, vous êtes les premiers à avoir dénoncé avec force la culture du mensonge, de la tricherie, du vol qui s’installent au sommet de l’Etat, nous avons, dans l’armée apprécié à juste titre cette très grande contribution, qui consistait à rappeler aux autorités congolaises leur rôle des dirigeants. Vous savez bien que la question de la Balkanisation est un mensonge grossier inventé par le gouvernement Kabila pour embarquer le peuple congolais tout entier dans ses mésaventures bellicistes au Kivu. L’histoire est têtue, mais il semble que les congolais n’apprennent rien de leur histoire : en 1998 lors de l’avènement de l’AFDL, ce sont les mêmes personnes qui criaient à la Balkanisation, je parle du Prof Kin Kye et le très eternel Ministre de la communication Lambert Mende Omalanga. A l’époque c’était pour discréditer et empêcher le père de celui qu’ils servent aujourd’hui à hériter le pouvoir. Nous avions entendu la même rengaine lors de la rébellion du RCD et celle du CNDP. Cela n’étonne personne que ce pouvoir, à mal de légitimité, utilise un discours nationaliste pour se rallier les congolais, mais de là, réussir à embarquer même les Evêques, cela nous imposent des questions !

En tant que deuxième personnalité du Mouvement du 23 mars, au nom de notre Président (qui est aussi un Bishop) nous disons au peuple congolais que le M23 est un Mouvement National pour libérer tous les congolais, et que la balkanisation n’existe que dans l’imaginaire de Mende pour distraire le peuple congolais et prolonger son, peu soit-il, son séjour au pouvoir. Le Congo est un et indivisible, il restera uni et les Congolais doivent être unis derrière le M23 pour se défendre contre cette nouvelle féodalité compradore que Kabila tend à installer à Kinshasa.
Quant à la question de l’aide que le M23 bénéficierait du Rwanda, le récent retour en pleine journée de tout un bataillon des militaires rwandais vêtus en uniformes congolais, a mis à nu les mensonges du gouvernement Kabila qui croyait qu’il continuerait à tromper éternellement au peuple congolais. Le M23 félicite la population de Rutshuru qui a refusé de céder à la manipulation des politiciens de Kinshasa. Cette population a compris que, finalement, à chaque fois que le pouvoir de Kinshasa est menacé, il appelle le peuple à la solidarité alors que les FDLR ont toujours constitué la source principale de l’insécurité, mais le gouvernement de Kabila n’a jamais utilisé autant des moyens que ceux déployés pour combattre le M23 !

Pour terminer, leurs Excellences, permettez-moi de rappeler à l’opinion qu’au lendemain des élections présidentielles, les Evêques du Congo s’étaient levés, comme un seul homme, pour dénoncer les fraudes massives dont étaient entachés les scrutins.

Nous retirer dans les montagnes de Runyoni (où le gouvernement de Kabila nous a attaqué, car c’est lui qui avait pris l’initiative de la guerre dans l’espoir de nous anéantir en un clin d’œil, dans une sorte de guerre-éclair, conscient d’avoir totalement réussi à nous désorganiser par l’atomisation de nos troupes ex-CNDP en plusieurs régiments) était, pour nous, une façon de suivre votre mot d’ordre. Chers Messeigneurs, qu’est-ce qui s’est donc passé depuis ? Avez-vous changé de point de vue où tout simplement les réalités ont-elles changées ? Si tel est le cas, leurs Excellences, je voudrai, au nom de toute ma délégation, que vous :

1. Rassuriez le peuple congolais que les élections se sont déroulées en toute transparence, liberté et régularité,
2. Rassuriez le peuple congolais que toutes les forces négatives étrangères qui sèment l’insécurité et la désolation à l’Est de la RDCongo, ont toutes étaient éradiquées,
3. Rassurez le peuple congolais que l’insécurité est terminée sur tout le territoire congolais du Sud-Kivu au Katanga, en passant par la province Orientale.
4. Rassuriez le peuple congolais que tous les réfugiés congolais vivant à l’étranger et les déplacés internes ont été rapatriés et réinstallés.
5. Rassuriez le peuple congolais que le social du congolais a été amélioré au point que le salaire est devenu décent et régulier,
6. Rassuriez le peuple congolais que la justice est exercée partout et sur tout congolais.

Si vous nous rassurez solennellement de tout cela, Excellences, nous sommes prêts à déposer nos armes et à vous suivre à Goma, pour mettre fin aux hostilités.
Apres les applaudissements des Evêques, L’Evêque de Goma a pris la parole pour dire au Président à l’intérim du Mouvement, le Colonel Makenga SULTANI, qu’ils ont écouté attentivement, qu’ils sont désormais informés et satisfaits des assurances que le M23 a donné concernant la balkanisation.

Pour terminer son mot, le chef de la délégation des Évêques de la CENCO, a demandé ce que le M23 attendait de l’Eglise.

Prenant la parole, l’Administrateur du territoire de Rutshuru, Monsieur Benjamin MBONIMPA, est revenu sur la balkanisation en disant que c’est une intoxication, un stratagème pour se dérober de ses devoirs régaliens et qui ne relève que de la fiction et des supputations du gouvernement congolais. Aussi le M23 demande-t-il aux Evêques d’être rassurés que la balkanisation n’existe que dans la tête de Kabila et de celles de membres de son gouvernement et demande à cette délégation de corriger le message qu’elle a donné à la population en prêtant des intentions au M23. La délégation du M23 a, enfin, exhorté les Evêques à dire fidèlement ce qui est, réellement, sorti de la bouche de l’autorité numéro un du M23, à savoir que, si cela ne peut dépendre que du M23, la Balkanisation n’existera jamais au Congo. A cet effet, le Colonel MAKENGA priera aux évêques de rapporter que les symboles de l’Etat congolais n’ont pas été touchés : le drapeau flotte et l’hymne national est partout chanté. "

La rédaction www.m23.org

http://www.soleildugraben.com/actualite/locale/285-une-d%C3%A9l%C3%A9gation-des-ev%C3%AAques-de-la-cenco-chez-le-colonel-sultani-makenga.html