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SACREBOPOL

vendredi 7 mars 2014

Le gouvernement assure que la présidentielle aura bien lieu en 2016






Elections en RDC : le gouvernement assure que la présidentielle aura bien lieu en 2016

(AFP 07/03/14)





Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais 

KINSHASA, 7 mars 2014 (AFP) - La prochaine présidentielle en République démocratique du Congo aura bien lieu en 2016, conformément à la Constitution congolaise, a assuré vendredi le gouvernement de Kinshasa.
"Avec ou sans l'appui de la communauté internationale, la Constitution sera strictement respectée", a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, lors d'une conférence de presse à Kinshasa.

Le président de la République, Joseph Kabila, l'a dit clairement à des représentants de l'Union européenne cette semaine, a indiqué M. Mende, ajoutant : "Nous aurons des élections en 2016", même sans aide financière de l'étranger.
M. Mende a consacré une part importante de sa conférence de presse aux préoccupations et recommandations relatives au processus électoral formulées par l'Eglise catholique.

Contestées par l'opposition et fortement critiquées par la communauté internationale, la présidentielle et les législatives de novembre 2011, qui ont permis à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se maintenir à la tête de l'Etat pour un nouveau mandat de cinq ans, ont provoqué une crise politique à l'origine d'un blocage du cycle électoral lancé par ces deux scrutins.
Dans un communiqué, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a exhorté lundi le gouvernement et le peuple congolais à oeuvrer pour que "le processus électoral se passe dans la paix et la vérité, dans la transparence et le respect des délais constitutionnels".
Les évêques ont également recommandé que les députés des onze provinces formant le pays soient élus au suffrage universel direct, "au premier trimestre 2015", en même temps que les maires des grandes villes, les bourgmestres des communes et les autres exécutifs des communautés locales afin de diminuer le coût des élections.

Pour l'heure, la Commission électorale nationale indépendante (Céni), a annoncé en janvier que les citoyens de la RDC seraient appelés à voter fin 2014, pour la première fois en trois ans, à l'occasion d'élections urbaines, municipales et locales. Elle prévoit que les élections des sénateurs nationaux et des députés provinciaux (qui auraient dû avoir lieu initialement en 2012) se tiennent en 2015, la même année que celles de gouverneurs de province, avant la présidentielle de 2016."



"(...) A propos du processus électoral, Mende a salué l’opposition manifestée lundi 3 mars par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) contre l’organisation des élections provinciales, municipales, urbaines et locales au suffrage indirect. « Ces prélats catholiques disent craindre que l’organisation des élections au suffrage indirect accroisse le risque de manipulation et de corruption ».
Mende a toutefois expliqué que le scrutin indirect apparait en ce moment comme l’option la plus réaliste.
«Tout en comprenant le souci de lutter contre la corruption, le gouvernement dit qu’il est tenu par les limites des moyens budgétaires mis à sa disposition», a poursuivi le porte-parole du gouvernement congolais.
Il a par ailleurs indiqué le gouvernement a déjà débloqué la somme de 9, 5 millions de dollars américains en faveur de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni)."

° http://radiookapi.net/actualite/2014/03/07/rdc-le-gouvernement-satisfait-du-succes-des-fardc-sur-les-adf-beni/

jeudi 6 mars 2014

Les Concertations nationales remises en question




Les Concertations nationales remises en question


De passage à Kinshasa, le commissaire européen au développement, Andris Piebalgs, est revenu sur l’amélioration de la gouvernance et du dialogue politique comme préalables de l’Ue pour la poursuite et l’augmentation de ses multiples interventions en RDC. Dès lors, il y a lieu de comprendre pourquoi le gouvernement de cohésion nationale tarde à être formé. Tenues en dehors du cadre consensuel de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, les Concertations nationales sont remises en question – l’UE ayant tout haut dit ce que d’autres partenaires pensent tout bas.

Organisées bien en dehors de l’option fixée dans l’accord-cadre d’Addis-Abeba du 24 février 2013, les Concertations nationales tardent à trouver l’unanimité aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Après un long silence, l’Union européenne est finalement sortie de son mutisme en révélant son attachement à l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.
Boycottées par un nombre d’acteurs politiques, particulièrement ceux de l’Opposition, les Concertations nationales se sont finalement clôturées par une série de recommandations et résolutions soumises récemment à la sanction du chef de l’Etat.
L’on se souvient que l’une  des grandes promesses de ce grand forum national était la mise en place d’un gouvernement de cohésion nationale. Seulement voilà. Cinq mois après le discours de clôture (le 23 octobre 2013) du président de la République devant le Parlement réuni en Congrès, ce gouvernement ne prend toujours pas corps. C’est même devenu une gageure.
A l’époque, le chef de l’Etat avait donné la promesse de ne ménager aucun effort pour que les résolutions issues des concertations nationales ne croupissent dans le placard. La formation d’un gouvernement de cohésion nationale étant imminente,  l’agitation avait gagné la classe politique. Majorité, Opposition, voire Société civile, tous les camps étaient sur les nerfs.
Le temps passait mais rien n’était venu expliquer la longue attente. Fallait-il continuer à croire aux Concertations nationales ou y renoncer, s’interrogeait-on dans l’opinion tant il est vrai ce grand forum, sans la formation d’un gouvernement,   devenait une coquille vide.

Avec le temps, le pan de voile commence à être levé. Et l’éclairage est venu du côté des partenaires extérieurs, au premier rang desquels se trouve l’Union européenne. C’est par le truchement de son commissaire au développement, Andris Piebalgs, que celle-ci a fini par dévoiler sa position. 

Au cours d’une conférence de presse animée conjointement avec le ministre délégué aux Finances, Patrice Kitebi, le mardi 4 mars 2014, Andris Piebalgs a indiqué l’Ue avait débloqué l’octroi d’une nouvelle aide en faveur de la RDC  d’un montant respectif de 620 millions d’euros pour la période 2014-2020. Selon lui, ce  montant constitue une augmentation significative de l’aide par rapport à ces dernières années.  La nouvelle aide financière sera mobilisée, a-t-il précisé, au titre du 11ème Fonds européen de développement (FED), par lequel l’Ue fournit une aide aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique sur la période 2014-2020 et qui succède au 10ème FED (2008-2013) au titre duquel la RDC a bénéficié d’une aide d’un montant de 569 millions d’euros destinés principalement aux domaines essentiels que sont la gouvernance, les infrastructures, la santé et l’environnement.
En sus de l’aide programmée, la RDC a également bénéficié d’une aide d’urgence d’un montant de 140 millions d’euros dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la santé, de la justice et de la violence à caractère sexiste. Sur la même période, un soutien financier supplémentaire de 175 millions d’euros a été engagé en faveur de domaines thématiques tels que l’appui à la société civile, la lutte contre le changement climatique, la santé et les violences sexuelles, l’environnement, la sécurité alimentaire, la démocratie et les droits de l’homme.
D’ores et déjà au départ de Bruxelles, Andris Piebalgs avait déclaré   que « la région des Grands Lacs et ses habitants ont eu à relever des défis exceptionnels ces dernières années - et ce n’est pas terminé », rappelant que « la fin du conflit avec le M23 et les signes encourageants d’amélioration de la stabilité et de la sécurité qui ont été observés ouvrent de nouvelles perspectives ».

LE PAVE DE PIEBALGS 
Après avoir rappelé toutes les bonnes intentions de l’Union européenne en faveur de la RDC, Andris Piebalgs a finalement révélé ce que l’Ue considère désormais comme préalables dans le partenariat qu’elle entretient avec la RDC.
Il a indiqué que l’Ue entend voir la RDC s’engager activement sur deux fronts pour bénéficier davantage de son aide. Il s’agit, a-t-il dit, de l’amélioration de la « gouvernance » (économique et politique) dans le pays et de l’instauration d’un « dialogue politique ». Et d’ajouter : « Nous encourageons un dialogue politique très approfondi entre tous les acteurs ». 
Selon le commissaire européen au développement, ce dialogue politique doit s’inscrire dans la logique tracée dans l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. « Nous sommes toujours très fortement engagés et l’Accord-cadre est un espoir », a soutenu Andris Piebalgs.
Que retenir donc de cette déclaration, sinon que les concertations nationales n’ont pas trouvé un écho favorable dans le rang des partenaires extérieurs de la RDC. Que l’Ue, qui dispose d’un important portefeuille en RDC, s’engage sur cette voie, il y a de quoi prendre au sérieux cette déclaration.  Ce pavé de Pielbags sème le doute sur la portée réelle de concertations nationales au regard des exigences des partenaires extérieurs qui ne jurent que sur le respect de l’esprit et de la lettre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. 
Dès lors, une chose est sûre : les partenaires au développement ne reconnaissent pas les Concertations nationales de 2013 qui n’auraient pas été inclusives. Pour rappel, quelques poids lourds de l’Opposition tels que l’UDPS  de Tshisekedi, l’UNC de Kamerhe, n’y avaient pas pris part. Quid ? Dans les rangs de la communauté internationale, dont l’Ue n’est qu’un porte-voix, l’on est dans l’attente de la tenue d’un dialogue politique, largement ouvert à tous les acteurs de la crise congolaise. 
Vu sous cet angle, l’on comprend aisément les raisons pour lesquelles les recommandations et résolutions sorties de ces assises, notamment la formation d’un gouvernement nationale, tardent à être appliquées, d’une part ; d’autre part, les sous-entendus des messages envoyés au pouvoir de Kinshasa en son temps par les envoyés spéciaux, notamment Mary Robinson.
En clair, n’ayant pas pu obtenir l’appui de principaux partenaires extérieurs, les Concertations sont remises en question. Le forum national de 2013 n’aura finalement été qu’une coquille vide – tout devant se jouer dans un dialogue politique inscrit dans la dynamique de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. C’est la voie choisie par l’UE.

mardi 4 mars 2014

les évêques catholiques opposés au scrutin indirect pour les prochaines élections

les évêques catholiques opposés au scrutin indirect pour les prochaines élections

Des évêques congolais membres de la Cenco le 23/6/2011
au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) est opposée à l’organisation des élections provinciales, municipales, urbaines et locales au suffrage indirect. Les évêques catholiques l’ont fait savoir dans une déclaration rendue publique ce lundi 3 mars à Kinshasa. Ils rejettent ainsi une proposition du président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Abbé Malu Malu, formulée dans sa feuille de route électorale.
« Les évêques disent que l’option ou l’hypothèse des élections au niveau provincial ou même au niveau municipal, urbain ou local au suffrage indirect n’est pas de nature à consolider notre démocratie », a déclaré le secrétaire général de la Cenco, abbé Léonard Santedi.
Pour la Cenco, l’organisation des élections au suffrage indirect accroît le risque de manipulation et de corruption.
« Les évêques demandent que les élections au niveau municipal, urbain et local se fassent par suffrage direct. Ceci pour consolider notre démocratie mais aussi pour permettre à la population, souverain primaire, d’exercer son droit reconnu par la constitution », expliquent les évêques dans leur communiqué.
Dans le même document, la Cenco demande à la Ceni d’en finir avec le cycle électoral enclenché en 2011 avant de débuter un nouveau. Elle suggère ainsi que les élections provinciales soient organisées au premier trimestre 2015.
Après l’organisation des élections présidentielle et législatives de 2011, la commission électorale n’a pas organisé les élections provinciales, sénatoriales, locales, urbaines et locales comme prévu.
Dans la feuille de route de la poursuite du processus électoral en RDC présentée le 30 janvier dernier, le président de la Ceni a proposé deux hypothèses.
Dans la première hypothèse, l’Abbé Malu Malu propose que la Ceni organise d’abord les élections municipales et locales au suffrage direct avant de poursuivre avec des élections au suffrage indirect des députés provinciaux, sénateurs, bourgmestres, gouverneurs, maires et conseillers urbains. C’est après cette étape que  la Ceni pourra organiser des élections au suffrage universel direct des députés nationaux et du président de la République en 2016.
Dans la seconde hypothèse, le président de la Ceni souhaite organiser d’ abord des élections au suffrage universel direct des députés provinciaux, nationaux et du président de la République en 2016. Les élections au suffrage indirect des sénateurs, gouverneurs et vice-gouverneurs seront organisés en 2017.
C’est la première hypothèse qui fait le plus polémique. Des organisations de la société civile l’ont rejetée, affirmant qu’elle nécessiterait la révision de la constitution.
L’abbé Malu Malu avait aussi estimé indispensable la révision de quelques articles de la constitution pour mettre en pratique cette hypothèse. «On devrait, dans ce cas là [réviser] au niveau de la constitution un article qui concerne [le scrutin des] sénateurs et deux articles qui concernent les institutions provinciales: 197 et 198», avait fait savoir le président de la Ceni.

http://radiookapi.net/actualite/2014/03/03/rdc-les-eveques-catholiques-opposes-au-scrutin-indirect-pour-les-prochaines-elections/

Affairisme & népotisme :


La mainmise de la «fratrie Kabila» sur le Congo-Kinshasa

Jaynet Désiré Ildegonde "Kabila", députée nationale "élue" à Kalemie lors des législatives controversées du 28.11.2011


Depuis la mort non-élucidée à ce jour du président Laurent-Désiré Kabila, une fratrie dite «Kabila» - née comme par génération spontanée - fait la pluie et le beau temps au Congo-Kinshasa. En dehors de "Joseph" dont on n’a entendu parlé pour la première fois qu’en mars 1997 - lors de la prise de Kisangani par des éléments de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre) -, "Jaynet" a été "découverte" au lendemain des obsèques du président LD Kabila et surtout après l’investiture du nouveau président, en l’occurrence «Joseph». "Zoé" est sorti de l’anonymat lors de la présidentielle de 2006. A Lubumbashi, il y aurait une certaine "Sisi" dont le mari, de nationalité tanzanienne, multiplie des gaffes. Aucun membre de la fratrie n’a vu le jour ou grandi dans une ville ou village congolais. Nul ne sait leur parcours respectif en dehors de quelques bribes d’informations. L’année dernière, la "famille" s’est enrichie d’un nouveau membre. Une "petite sœur", inconnue jusque là, a convolé avec un Américain. Elle s’appelle Ruwet Mtwale…Kabila. Après treize années de présence de "Joseph" à la tête de l’Etat, "la famille" est en passe de faire main basse sur le patrimoine minier du Congo-Kinshasa. Aucun investissement ne peut se faire sans l’implication d’un membre de ce groupe aux allures mafieuses, devenu une sorte de «gouvernement parallèle». Mal gouverné et mal administré, l’Etat congolais poursuit sa descente aux enfers. 

Dans un article daté du 12 février dernier qu’on pourrait traduire l’intitulé par «La vérité sur le déploiement des troupes tanzaniennes au Congo», le journal en ligne «News of Rwanda» - apparemment proche des rebelles hutus rwandais - rapporte que c’est depuis le mois de septembre 2012 que le président tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete clamait avec un certain zèle son impatience d’envoyer des troupes de son pays "pour mettre fin au conflit armé à l’Est du Congo". C’était lors d’un sommet tenu à Kampala. “Quelques mois plus tard, les soldats tanzaniens attérissaient à Goma”, note cet organe de presse qui fait remarquer que le numéro un Tanzanien a pris cette decision contre l’avis de la "Tanzania Intelligence and Security Service" (TISS) dont le chef, Rashid Othman, serait en disgrâce. Ce dernier avait, semble-t-il, émis un avis défavorable arguant que le pays de Julius Nyerere risquait de tomber dans un bourbier. "L’envoi des soldats tanzaniens résulte donc d’une promesse personnelle faite par Kikwete à Joseph Kabila à Dar es salaam".

Quel est le facteur ayant motivé le chef de l’Etat tanzanien? Le journal de répondre que "Jakaya" et "Joseph" sont devenus tellement proches au point que les deux familles sont associées en affaires. “La première dame de la Tanzanie, bien connue sous le nom de Mama Salma Kikwete, et la soeur jumelle du président Kabila sont associées dans une société d’exportation des minerais à partir de Mikocheni, un faubourg de Dar es salaam. Après enquête, "News of Rwanda" dit avoir identifié deux magasins de luxe dénommés Renzo et Virago. "Ils appartiennent aux deux dames". On y vendrait uniquement des habits et des bijoux de luxe. Les deux établissements sont “exonérés” des taxes. Pour la petite histoire, outre le fait qu’il a porté d’autres patronymes en Tanzanie (Mtwale, Kanambe, Kabange, Hyppolite) "Joseph Kabila" a fait son service militaire dans l’armée tanzanienne. Question : Combien coûte au trésor public congolais la participation des soldats tanzaniens dans la brigade d’intervention de l’Onu? Une question qui demeure sans réponse. Du moins pour le moment.

"Je veux cette mine"

Le tout-Katanga parle des frasques de certains membres de la "famille présidentielle". Outre les brutalités d’un certain "général" Dieudonné Kasongo, on apprend ainsi que la Gécamines avait conclu un contrat de "joint venture" avec un groupe australien sur la mine de "Deziwa", appelée également Kulumaziba. Après des travaux de prospection financés par la partie australienne, la mine s’est révélée riche en minerais. Etrangement, la direction de la Gécamines rechignera à délivrer la licence d’exploitation. Informée, "Jaynet" déboule à Lubumbashi à une date non précisée. "Je veux cette mine", ordonne-t-elle à Albert Yumba Mulimbi ainsi qu’à Ahmed Kalej Nkand respectivement président du conseil d’administration et administrateur directeur général de la Gécamines. Les désirs de la sœur du "raïs" ne sont-ils pas des ordres au Congo démocratique? Seulement voilà, il faut "désintéresser" les Australiens. Histoire d’éviter un procès à l’image de l’affaire First Quantum. Jaynet trouve l’astuce. Elle "demande" à ces derniers de vendre leurs parts. Montant : 187 millions $ US. Des partenaires de la Gécamines non autrement identifiés auraient déboursé cette somme. Qui sont ces partenaires? D’aucuns suspectent l’homme d’affaires israélien Dan Gertler. Jaynet aurait exigé une "commission" de 15% aux "infortunés" Australiens. Aux dernières nouvelles, la mine querellée serait attribuée à des "investisseurs" libanais dont un certain Monsieur Aza. Et ce, par la volonté de "Madame sœur". "La Gécamines n’a rien encaissé", assure un expert joint au téléphone à Lubumbashi.

Dans une lettre n°SR/001/2014 datée du 13 janvier 2014 adressée à "Joseph Kabila" ainsi qu’au Premier ministre Augustin Matata Ponyo, des syndicalistes de la Gécamines dénoncent le "pillage systématique" des ressources minières de cette société au niveau de la mine de Lupoto, en territoire de Kipushi (groupement Inakiluba). "Nous constatons depuis un certain temps, écrivent-ils, l’invasion de cette concession de la Gécamines par des milliers de personnes encadrées par des hommes en uniforme empêchant ainsi l’entreprise Gécamines de mettre en exécution son plan de redressement". "Nous sollicitons votre implication personnelle pour chasser du lieu les pilleurs de nos ressources minières".

Des "intouchables"

Au moment où ces lignes sont écrites, le président de la République et le "Premier" se taisent dans toutes les langues. Circonstances aggravantes, un éboulement s’est produit sur ce site de Lupoto provoquant la mort de plusieurs creuseurs. Dans un rapport établi, début février dernier - que l’auteur de ces lignes a pu parcourir -, les services de sécurité au Katanga ont attiré l’attention de "la hiérarchie" sur cette situation dramatique au plan humanitaire. Ces "services" ont cependant laissé sous silence un "détail" : l’implication d’un membre de la "famille présidentielle" dans cette tragédie. Il s’agit d’un certain Bakari Juma, de nationalité tanzanienne. Il serait l’époux de "Sisi", une des sœurs du "raïs". "Ce couple a l’habitude d’utiliser des éléments de la garde républicaine pour assurer la sécurité de leurs affaires privées", assurent des observateurs lushois.

A Kinshasa, c’est bien connu: "Joseph Kabila" se sert de l’homme d’affaires Dan Gertler comme associé et prête-nom. Après avoir mis la Minière de Bakwanga (Miba) à genoux, les deux partenaires ont trouvé de nouveaux dadas dans le secteur minier et des hydrocarbures.

Dans un rapport publié le 9 février 2004, l’ONG congolaise «Réseau de lutte contre la corruption et la fraude» (Relcof) dénonçait déjà deux conventions de joint-venture passées de gré à gré, en violation du Code minier, entre la Gécamines et les sociétés Kinross-Forrest Limited et «GEC» (Global Enterprise Corporated Ltd). La première appartient - appartenait? - à l’homme d’affaires belgo-néo-zélandais, George Arthur Forrest. La seconde n’est autre qu’une de nombreuses filiales de Dan Getler International. En août 2007, le gouvernement congolais approuvait un «contrat de partage de production», signé en date du 7 octobre 2006 entre la RD Congo d’une part et l’«Association» dénommée «Nessergy Ltd-Cohydro» de l’autre. Derrière "Nessergy Ltd", se dissimulait l’incontournable Dan Gertler. Dans un communiqué daté du 23 janvier 2014, l’organisation non gouvernementale Global Witness rapportait que le gouvernement congolais a conclu un accord pétrolier "déficitaire" avec la société Nessergy. Selon Global Witness (GW), l’Etat congolais a racheté des droits pétroliers de la société offshore Nessergy pour un montant "probablement des centaines de fois supérieur au prix payé" par ladite société - soit 500 000 $ US - il y a plusieurs années.

Depuis le 5 février 2007, un seul ministre reste inamovible. Il s’agit du ministre des Mines Martin Kabwelulu Labilo. Quelle est sa botte secrète? Compétence? La réponse est donnée par le "poto-poto" qui règne dans ce secteur névralgique. "Joseph Kabila" a manifestement besoin de "quelqu’un de confiance" pour garder loin des yeux indiscrets les "cadavres" accumulés dans les placards.

D’autre part, des sources gouvernementales indiquent que le trésor public congolais verserait chaque année un montant de trois millions de $ US à la Fondation Mzee Laurent Désiré Kabila dont l’inamovible présidente n’est autre que Jaynet. "Depuis 2001, cette association n’a jamais présenté ses comptes annuels", assurent des fonctionnaires au ministère des Finances. L’appétit venant en mangeant, la sœur du "raïs" était tentée par la mine d’uranium de Shinkolobwe, au Katanga. Par lettre datée du 29 janvier 2006, son associé d’alors, le Zimbabwéen Billy Rautenbach, faisait part à l’administrateur général de la Gécamines de l’époque, de l’intérêt de sa société de droit britannique CAMEC (Central African Mining & Exploration Company) pour cette mine. La Présidence de la République avait donné son "feu vert". Dans son édition datée du 17 août 2006, l’hebdomadaire belge «Trends tendances» posait une question cruciale : «Le Congo livre-t-il de l’uranium à Téhéran ?» Citant le journal «Sunday Times» - lequel se référait à des documents des services tanzaniens de douanes -, mais aussi des sources congolaises et divers documents, le magazine belge faisait état de «douze livraisons». « Selon ces mêmes documents, peut-on lire, un dénommé John Kahozi, qui serait un homme de confiance du président congolais, voyagerait entre Téhéran, Dubaï et Harare afin de régler le volet financier de la transaction via les banques iraniennes Melly Bank, Refah Kargavan et Bank Mellat.»

Parlons enfin de Zoé "Kabila". L’homme a fait son apparition en public au début de l’année 2006. Son "business" tournait autour des "imprimés de valeur" (plaques d’immatriculation, permis de conduire, timbres fiscaux etc.). Il s’est approprié par la suite une partie de la concession de l’Athenée de la Gombe où il a érigé un centre sportif pour les golden boys de la capitale. Sur le même site, il a bâti un restaurant pour VIP dénommé "O’café". "Zoé" se promène généralement en compagnie d’un interprète. Preuve de son incapacité à matrîser les idiomes du cru. Son swahili tanzanien est souvent mal saisi par ses interlocuteurs. En octobre 2010, le frère du "raïs" jetait le masque en faisant tabassé des policiers chargés de régler la circulation à la place dite Rond-point Socimat.

Les membres de la fratrie "Kabila" sont des "intouchables". Ils sont au-dessus des lois. Aucun journaliste n’ose critiquer leurs excès. Tout leur est permis. Jaynet est surnommée "la vénérable" par les courtisans. Comme pour dire que les titres "excellence" et autre "honorable" sont devenus ringards. En attendant, la "fratrie Kabila" poursuit sa mainmise sur les richesses du pays. En mai 2009, par simple lettre du directeur de cabinet présidentiel adressée au Premier ministre Adolphe Muzito, "Joseph" déniait au chef du gouvernement la prérogative constitutionnelle d’ordonnancer les dépenses publiques. Tout paiement était soumis, à l’avenir, à "l’autorisation préalable" d’un président pourtant politiquement irresponsable et ne rend compte à personne. "Il arrive même qu’un membre du gouvernement soit convoqué par Jaynet ou Zoé pour recevoir des instructions", conclut un confrère kinois.

Baudouin Amba Wetshi, article modifié le 04.03.2014 
© Congoindépendant 2003-2014


 http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=8723 

lundi 3 mars 2014

Kabila... tel est pris qui croyait prendre?




Kabila... tel est pris qui croyait prendre?
Anicet Mobe


RD Congo : des assassinats impunis au coup d'état d'opérette et à l'imbroglio des concertations nationales... 

Joseph Kabila lors d'un sommet de la SADC à Pretoria, le Novembre 2013.
Reuters/Siphiwe Sibeko

Kabila craint d'être pris à son propre piège! Ainsi s'intitulait l'entretien que j'avais accordé à l'Express (30 nov.2011) lors de l'élection présidentielle en 2011. Trois ans après, Joseph Kabila se retrouve dans la nasse: les Congolais ont déjoué le piège qu'il leur a tendu lors des " concertations nationales". 

D'emblée, les esprits avisés ont flairé dans ces concertations une sordide manoeuvre pour détourner l'attention de noirs desseins du Chef de l'Etat, soucieux de consolider un pouvoir issu d'élections entachées de fraudes massives avérées. Aussi s'est-il évertué à appâter des politiciens retors avec des promesses de promotion politique pour élargir le cercle des courtisans qui soutiennent son projet de se cramponner au pouvoir en violation de la constitution. 

Laminées par la violence sociale qu'engendre la brutalité d'une prédation des ressources économiques dont tire profit la classe dirigeante. Brisées par la violence armée des seigneurs de guerre soutenus par le gouvernement rwandais (M23), des milices (Kulunas) agissant en toute impunité et des soldats de l'armée rwandaise dans laquelle a servi l'actuel chef de l'Etat, les masses populaires se trouvent anéanties. Rappelons qu'en 2009, il a accepté que les soldats ruandais se déploient au Congo. Le président de l'Assemblée nationale démissionna pour protester. L'amnistie accordée aux auteurs d'assassinats politiques scandalise le peuple.  

Outrés par la mollesse de réaction du chef de l'Etat face aux dénégations du président Kagame, en dépit de multiples rapports de l'Onu et à l'arrogance du commandant James Kabarere qui fut son chef hiérarchique dans l'armée rwandaise, les partis d'opposition et de larges secteurs de la société civile ont finalement accepté de participer aux concertations nationales. 

Quoique méfiants et sceptiques, ils étaient déterminés à s'approprier cet événement politique pour en faire un espace citoyen où ils peuvent exprimer leurs revendications, un lieu de réinvention du politique afin de reconstruire l'état. Rien n'y fit : les dés étaient déjà pipés. Joseph Kabila est embourbé dans les marécages de mécomptes de l'AFDL et de ses succédanés dont les effets pervers se trouvent aggravés par les encombrants héritages résultant du régime Mobutu et de la double crise de la colonisation et de la décolonisation.

De l'escroquerie politique de l'AFDL à la forfaiture.... 

La forfaiture que constituent la révision constitutionnelle de janvier 2011 et celle projetée pour contourner le prescrit constitutionnel limitant à deux le nombre de mandat présidentiel, ainsi que le holdup électoral de novembre 2011 n'est pas un simple incident de parcours. Elle illustre piteusement les multiples contradictions qui ont émaillé l'intrusion et l'ascension de Joseph Kabila dans le champ politique - grâce à l'armée rwandaise - et le renforcement de sa position dans l'appareil militaire, ainsi que sur l'échiquier politique. 

Il importe de tenir compte à la fois du contexte historique et politique dans lequel s'inscrivent ces contradictions, ainsi que son équation personnelle: en 2011, sa désignation à la tête de l'Etat - dans des conditions opaques - a ouvert le sinistre bal d' une lamentable régression intellectuelle et politique qui peu à peu transforme certains pays africains en satrapies gérées comme des fiefs claniques par des "seigneurs des guerres".

En 2006, en insistant sur la nationalité, clairement établie, de tout candidat à l'élection présidentielle; les Congolais voulaient briser un engrenage infernal: depuis 1960, les ingérences étrangères ont érigé un dogme selon lequel, nul ne peut accéder aux plus hautes fonctions de l'Etat s'il n'est soutenu - voire "fabriqué" - par les gouvernements belge, américain et français depuis 1977-1978. Appréciées à l'aune de l'histoire du Congo, les tutelles diplomatiques, militaires et politiques qu'exercent le Rwanda et l'Ouganda, avec l'aval américain, sur les "rébellions " depuis 1996-1998, ainsi que sur les composantes politiques qui en sont issues, s'analysent comme une double rupture. 

Rupture avec la clairvoyance politique des personnalités qui ont pensé et dirigé le mouvement d'émancipation politique - intellectuels de Conscience Africaine,de l'Abako ;leaders politiques du Mnc ,de l'Abako et du Psa en1956/1960 - ayant abouti à l'indépendance. Rupture aussi avec les engagements intellectuels du mouvement étudiant- Ugec et l'Agel- (1961-1991) résolument opposé à un régime inféodé aux parrains étrangers. 
Cette régression ne cesse de s'aggraver et de s'amplifier comme l'illustrent d'une part l'indignation suscitée par la révélation en 2012 de la présence des soldats rwandais sur le territoire national alors qu'ils étaient censés être rentrés chez eux depuis décembre 2009. D'autre part le curieux itinéraire électoral qu'emprunte l'abbé Malu-Malu s'inscrit dans une vaste escroquerie politique. 

Avant de débattre du calendrier électoral avec la représentations nationale, il est venu d'abord en Belgique s'assurer du soutien des parrains de Kabila pour les rassurer du sort de leur poulain. Il n'est donc pas étonnant que- fort des assurances des tuteurs - lors des discussions à l'Assemblée nationale chez nous qu'il ait envisagé -en des termes à peine voilés - l'hypothèse d'une révision constitutionnelle.

Par ailleurs, dès 2006, les Congolais voulaient éviter qu'un drame familial personnel ne se transforme en un facteur structurant de la tragédie d'un peuple. Ils n'ont pas oublié les immenses dégâts politiques et le gouffre financier occasionnés par l'esprit de lucre d'innombrables oncles maternels attitrés du Président Mobutu. Chacun d'eux gérait des multiples coteries regroupant des proches parents du Président et leurs alliés, ainsi que quelques personnalités originaires d'autres régions. 

Ces coteries servaient de lieux de cooptation des individus devant intégrer la clique présidentielle et la confrérie régnante, repaires de ceux qui bénéficiaient des dons personnels du Président, notamment les nominations à de hautes fonctions dans les organes du Parti unique et de l'appareil d'Etat. Aussi, il fallait sans cesse augmenter la "dotation présidentielle" pour entretenir ces écuries en compensation de l'adoption que le clan Ngbandi accorda à l'ancrage familial du Président. 

A la fin des années 1990, sur trente-sept officiers supérieurs de l'armée, la région de l'Equateur en comptait dix-huit, soit 46% ; tous les services de renseignements (civils et militaires) étaient dirigés par les Ngbandis ou, à défaut par un ressortissant de l'Equateur. Ces favoritismes ethniques n'ont guère accru l'efficacité de nos soldats comme le prouve la déroute devant l'armée rwandaise en 1996-1997. 

Le clan des Balubakat fait payer aux Congolais le prix le plus fort de la "reconnaissance parentale" accordée au Chef de l'Etat. Ils ont exigé et obtenu quasiment tous les ministères régaliens du gouvernement. Craignant d'être évincés par le "clan des Tutsis" - puissamment soutenus par le Rwanda - les Balubakat intensifient les surenchères, qui parasitent le jeu institutionnel. Le devenir du Congo et le sort des Congolais sont sacrifiés sur l'autel de sinistres desseins de véreux personnages. 

Ainsi le piège grossier qu'il tendait aux Congolais se retourne sur Kabila lui-même, soumis à la fois aux revendications de "ses parents" et aux exigences de ceux dont les soutiens militaires lui ont ouvert les voies du champ politique en 1996-1997; sans oublier les pressions de tuteurs qui l'ont adoubé en 2001, 2006 et 2011 et qui ne cessent de relayer les appétits insatiables des intérêts économiques qui pillent les ressources du Congo avec la complicité de la nomenklatura regroupée au tour de lui. 

Qu'il soit rappelé au Chef de l'Etat que tous ceux qui ont méprisé le peuple congolais en privatisant la gestion des ressources publiques à leur profit, à celui de leurs clientèles et de leurs tuteurs étrangers ont connu une fin lamentable. 

En 1908, le Roi Léopold II est contraint de "céder" le Congo à la Belgique, en dépit de nombreuses obstructions. Le 8 juillet 1960,le général Janssens, dernier commandant en chef de la Force Publique(" après l'indépendance = avant l'indépendance ") et le 16 mai 1997,le Maréchal Mobutu(" je ne dois rien aux Zaïrois,ils me doivent tout ") quittent furtivement Kinshasa, comme de quelconques quidams cherchant à échapper à une interpellation policière pour se soustraire à la justice. Ce piteux épilogue contraste avec les éblouissants fastes qu'ils déployaient du temps de leur splendeur. 

De nombreux signes annonciateurs indiquent que le Congo va bientôt revivre un scénario similaire. Plus tôt, il se produira, mieux ça vaudra. Pris dans son propre piège, paralysé par les impérities de son pouvoir et la concussion des prévaricateurs de sa cour, Joseph Kabila multiplie les chausse-trappes contre les Congolais comme cet engagement des partis politiques sous la houlette du président de la commission électorale. Le Président ne s'est pas publiquement engagé à respecter le prescrit constitutionnel qui lui interdit de briguer un 3° mandat. 

Les thuriféraires du pouvoir annoncent la formation imminente du gouvernement au moment où le paysage politique se recompose sous la férule d'anciens barons mobutistes. Un " deal " semble être conclu avec eux pour utiliser leurs réseaux nationaux et internationaux afin que le président brigue un 3° mandat sans l'emprise du clan " Lubakat " en s'appuyant sur l'opposition " républicaine " qui a parasité l'opposition radicale.

Peuple congolais...débout ! 

Le tableau dépeint ci -haut paraît si sombre qu'on serait tenté de croire que tout serait irrémédiablement perdu. Les apparences sont si trompeuses qu'elles n'offrent qu'une vision tronquée d'atouts dont peuvent disposer les Congolais. 
Ce pays reste un gisement inépuisable de richesses humaines; des ressources culturelles et économiques, des compétences scientifiques et d'excellences intellectuelles. L'intense mobilisation politique des diasporas congolaises, la créativité sociale des masses congolaises et la probité intellectuelle de nombreux universitaires sourds aux sirènes du pouvoir suggèrent que l'immense majorité des Congolais refusent que leur pays soit pris en otage par des analphabètes politiques tirant leur légitimité des appuis extérieurs. Expression d'un patriotisme éprouvé, ce refus ouvre des perspectives d'espoir qu'il appartient aux diasporas de concrétiser.

Il faut se féliciter que les diasporas congolaises aient pris conscience des enjeux ;de l'ampleur, du caractère récurrent et multiforme des interventions politiques, militaires étrangères - qu'elles soient publiques ou secrètes - et leur impact sur le sort du pays. Il faut aussi se réjouir que les Congolais - surtout les jeunes - aient compris et l'expriment parfois avec véhémence que la confiscation de l'expression électorale participe d'une stratégie bien rodée pour sans cesse recycler l'odieux Pacte néocolonial noué en 1960-1961 reposant sur l'assassinat du Premier Ministre Lumumba. Cette lucidité politique met en évidence l'échec des stratégies occidentales et elle commence à inquiéter leurs chancelleries et les "faiseurs de rois" ainsi que leurs séides au Congo.

Coup sur coup, les diasporas congolaises ont réussi à obtenir une audience avec le Président de la République française pour lui demander que la France use de son influence diplomatique afin que l'ONU crée un tribunal international pour juger les auteurs de crimes contre l'humanité commis au Congo; à rencontrer l'envoyé spécial de l'UE dans la région des Grands Lacs et à faire annuler le concert d'un artiste transformé en griot du pouvoir. Il importe d'amplifier et de rationaliser cette mobilisation politique pour mieux orienter l'indispensable travail de "lobbying" afin que les Congolais soient partie- prenante du ballet diplomatique déployé autour de la tragédie qui décime leur pays. 

Il faut se donner les moyens de se ménager un espace d'action dans les réseaux d'influence qui pèsent sur les décisions prises de l'étranger concernant notre pays. C'est aussi le moment de lancer une vaste opération "100 dollars pour le Congo" afin qu'à court terme, les citoyens congolais s'approprient le processus électoral en finançant les opérations de recensement obligatoire; l'achat du matériel ; les campagnes d'information et d'éducation civique pour faire respecter la constitution afin que le choix électoral s'accomplisse avec discernement. 

A moyen terme, il faut songer à constituer des fonds d'investissement pour que les Congolais soustraient les importants secteurs de l'économie de la prédation et des convoitises étrangères. Les flux financiers entre les diasporas et le pays se déclinent sur le mode micro-économique des solidarités familiales. Ils peuvent se décliner aussi sur un mode macro-économique.

Peuple congolais, Debout! Tel est l'intitulé de l'éditorial de Conscience Africaine (n° nov-déc. 1956) revue éditée par un collectif des intellectuels du groupe éponyme que fonda en 1951, l'abbé Joseph Malula. L'éditorial faisait le point sur les réactions qu'avait suscitées la publication de leur Manifeste le 30 juin 1956.

58 ans après, l'éditorial reste de brûlante actualité: dans un autre contexte historique, il reste à déterminer les fondements d'une nouvelle alliance de classe entre le peuple congolais et une fraction de son intelligentsia qui se défait d'une conception cléricale de l'université et mandarinale du rôle des intellectuels pour réinventer le politique afin qu'il prenne en charge les revendications des milieux populaires. 

Anicet MOBE 
Chercheur en Sciences Sociales 
Membre du Collectif des intellectuels congolais "DEFIS" - Paris 



° http://www.lexpress.fr/actualite/kabila-tel-est-pris-qui-croyait-prendre_1494911.html