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SACREBOPOL

lundi 3 novembre 2014

Rwanda : The untold story – Le témoignage qui éveille les consciences


Rwanda : The untold story – Le témoignage qui éveille les consciences


Alors que les débats vont bon train sur les réseaux sociaux, spécialement sur le réseau social Twitter, suite à la diffusion par la chaîne britannique BBC Two du documentaire Rwanda : The Untold story, ce 1er octobre, 24 ans, jour pour jour, après l’attaque du Rwanda par le Front Patriotique Rwandais (FPR) en provenance de l’Ouganda, un témoignage  interpelle particulièrement.


Cadavres de réfugiés Hutus


En effet, entre les déclarations, les affirmations et les allégations par les différents intervenants mettant en cause la version officielle propagée par le régime de Kigali sur la vérité de ce qui s’est passé en 1994 au Rwanda, un témoignage semble susciter aucune remise en cause. Il est même sciemment évité lorsque soulevé dans les débats sur le documentaire.
Ce témoignage est celui de Marie, jeune belgo-rwandaise, rescapée des massacres commis contre les réfugiés rwandais, en majorité hutus, en République Démocratique du Congo de 1996 à 1998, et contre le peuple congolais, par l’Armée Patriotique Rwandaise(APR) et son chef, l’actuel président du Rwanda, Paul Kagame.

Petit retour dans l’histoire, les camps qui abritaient plus de deux millions de réfugiés rwandais à l’Est de la République Démocratique du Congo furent attaqués par l’APR dès le mois d’octobre 1996 marquant le début de la guerre au Congo. C’est cette guerre, qui allait causer la mort de plus de 5 millions de Rwandais et Congolais et le déplacement de centaines de milliers d’autres.
Pour revenir à Marie, elle était jeune mineure à l’époque et a été témoin privilégié de la barbarie dont ont fait preuve les soldats de l’APR et leurs alliés dans leur projet d’exterminer les réfugiés rwandais hutus.

« Il fallait tuer le plus grand nombre possible de réfugiés hutus …et on les tuait parce qu’ils étaient nombreux. »

Marie Bamutese dans le documentaire de BBC Two The untold story

« Je ne peux pas expliquer de voir des enfants mourir comme des mouches. Un jour, je me suis assise à côté de deux enfants morts. Je me sentais rien. Je me sentais morte avec eux dans la forêt. » déclare-t-elle.
Plus loin elle dit encore « On tuait partout les réfugiés et on les tuait systématiquement…. » Et ajoute, « il fallait tuer le plus grand nombre possible de réfugiés hutus …et on les tuait parce qu’ils étaient nombreux. »
Le documentaire « Kisangani Diary » ainsi que le Mapping report du Haut-Commissariat pour les droits de l’Homme des Nations Unies parlent sans équivoque de ces atrocités. Le mapping report publié le 01 octobre 2010, parle de plusieurs attaques généralisées et systématiques contre des populations civiles. Attaques qui pourraient être qualifiées de crimes contre l’humanité voire de génocide par un tribunal compétent selon les enquêteurs onusiens.
La question qui surgit est celle de savoir comment il est possible que la Communauté Internationale, au su de ce rapport, n’a jamais demandé plus d’éclaircissements et d’investigations par rapports à ces crimes ?  Et même lorsque les réfugiés de retour au Rwanda sont massacrés à Kibeho sous le nez des forces des Nations-Unies, personne ne s’interroge.
C’est avec des larmes aux yeux que Marie dit tristement : « C’était l’apocalypse. C’était la fin du monde. Un jour je me suis demandée : si la Communauté Internationale existe, pourquoi sommes-nous en train de mourir comme ça sans aucune aide ? »

(…) aucune place n’a été accordée, par les médias ni les politiques d’ailleurs, aux victimes des atrocités commises par l’APR. 

Au vu ces éléments, il est légitime de se poser les questions suivantes :  serait-il possible qu’un complot général envers les réfugiés rwandais ait été organisé empêchant toute personne de dénoncer l’impardonnable ?  Quel rôle ont joué les médias dans la diffusion de l’information et la création de l’opinion publique quant à cette situation ?
Durant ces vingt dernières années, plusieurs interviews des rescapés du génocide des Tutsis ont paru. Aussi il y a eu plusieurs reportages ainsi que des œuvres filmographiques réalisés par certains journalistes et réalisateurs soucieux de faire connaître,  les souffrances de ces victimes. Malheureusement, il y a également certains médias, journalistes qui sont allés trop loin, en épousant carrément la stratégie du régime en place pour étouffer l’existence d’autres victimes.
Force est de constater que jusqu’au jour du 1er octobre 2014, aucune place n’a été accordée, par les médias ni les politiques d’ailleurs, aux victimes des atrocités commises par l’APR. Cette guerre du Congo n’a jamais reçu un traitement adéquat dans les médias. Au vu de l’ampleur de la catastrophe –  certaines sources évoquant même plus de 10 millions de victimes directes et indirectes de cette guerre et celles qui l’ont suivi jusqu’à ce jour –  il n’est pas dénoué de sens de penser que dans l’absolu cette catastrophe aurait pu et dû avoir une couverture médiatique au moins équivalente à celle de la crise du Darfour ou à l’actuelle guerre en Syrie.

Et pourtant, les rescapés de ces actes ne manquent pas. Plusieurs pays partout dans le monde les ont accueillis. Certains d’entre eux ont même essayé d’élever la voix, soit par le biais de livres biographiques, soit à l’occasion de commémorations organisées par certaines associations à l’instar de Jambo asbl qui a rappelé lors de sa commémoration du 26 avril 2014 l’importance de la reconnaissance de toutes les victimes du conflit rwandais dans le processus de réconciliation et le danger de l’utilisation de la souffrance des victimes du génocide des Tutsi à des fins politiques par le régime actuel.
Un triste schéma ne cesse de se produire qui veut que la seule vérité soit celle prônée par les vainqueurs. Pourtant, il est communément accepté qu’il y a toujours deux faces dans chaque histoire et un bon journaliste ou toute autre personne voulant réellement contribuer durablement doit garder ça en tête et entreprendre sa démarche dans cette optique pour arriver à faire une synthèse, la plus complète possible, pouvant aider pour des pistes de réflexion. Or, il y a comme l’impression que certains préfèrent regarder à côté lorsqu’il s’agit de l’autre version de la tragique histoire rwandaise.

Le documentaire de la BBC a tenté de mettre en lumière cette deuxième face de l’histoire du Rwanda et malgré les reproches, fondés ou non, des partisans du régime de Kigali, personne ne pourra prétendre que le témoignage de Marie est faux.
C’est de cette vérité indéniable qu’il est question de mettre en avant dans cet article d’opinion et c’est à partir de cette vérité même que justice doit être demandée et rendue. Les responsables de ces crimes commis envers les réfugiés rwandais hutus et les Congolais depuis 1996 doivent répondre de leurs actes.
L’heure au véritable processus de réconciliation de tous les Rwandais devrait sonner. Le moment d’écouter les souffrances des uns et des autres est vraisemblablement arrivé. Vingt-quatre ans après l’attaque du Rwanda par le FPR, vingt ans après le génocide des Tutsi et dix-huit ans après la destruction des camps des réfugiés rwandais au Congo et la chasse à l’homme dans les forêts congolaises.
Les Rwandais ont plus que jamais besoin de panser les blessures et d’aller véritablement de l’avant ensemble comme un seul peuple."



° http://rwandansrights.org/wp-content/uploads/2014/10/Rwandan-Community-letter-to-BBC-BBC-Documentary-Rwanda-The-Untold-Story.pdf




http://www.jambonews.net/actualites/20141005-rwanda-the-untold-story-le-temoignage-qui-eveille-les-consciences/

Rwanda: la controverse continue à propos du documentaire de la BBC

Rwanda: la controverse continue à propos du documentaire de la BBC



La chaîne britannique BBC dément toute accusation qualifiant son documentaire de négationniste. La BBC a diffusé le 1er octobre 2014 un programme intituléRwanda’s untold story, L’histoire du Rwanda jamais contée, impliquant le président Paul Kagame dans une série de crimes : attentat contre l'avion du président Habyarimana en 1994, massacres au Congo et assassinats politiques de dissidents. Un documentaire critiqué par l'association de rescapés Ibuka, mais salué par plusieurs partis d'opposition et organisations de la société civile en exil. Les détracteurs du régime rwandais estiment que ce film permet l'ouverture d'un dialogue sur l'histoire du Rwanda.[/size]

« La communauté rwandaise en Angleterre, représentée dans ses différentes composantes, partis politiques, associations de rescapés, militants des droits de l'homme, remercie la BBC pour avoir ouvert le débat sur ce qui s'est passé durant le génocide et dans les vingt ans qui ont suivi. » C'est ce qu'on peut lire sur le site de l'organisation Global Campaign for Rwandan Human Rights (GCRHR), dirigé par l'activiste René Mugenzi, l'un des trois Rwandais en exil qui, en 2011, a reçu la visite de Scotland Yard. La célèbre police londonienne lui avait annoncé, et l'avait confirmé par écrit, que sa vie et celles de deux autres activistes rwandais étaient menacés par leur gouvernement. Ces accusations avaient été démenties par l'ambassadeur du Rwanda en Grande-Bretagne. A l'époque, Londres était resté silencieux.

Les accusations d'assassinats politiques

Après la diffusion du 1er octobre, plusieurs partis d'oppositions et organisations de la société civile, parmi lesquels l'organisation de René Mugenzi, ont décidé à l'image d'Ibuka d'écrire à la chaîne britannique.

Parmi les signataires de cette lettre ouverte, le Congrès national du Rwanda (RNC) de Patrick Karegeya, l'ancien chef des renseignements rwandais retrouvé assassiné dans un hôtel en Afrique du Sud le 1er janvier dernier. Cet assassinat d'une des figures de l'opposition en exil avait suscité la préoccupation d'abord des Etats-Unis, puis de la Grande-Bretagne et d'organisations des droits de l'homme qui y ont vu une possible motivation politique.

Le général Kayumba Nyamwasa, une autre figure de ce parti - le RNC - accusé par le Rwanda d'être une organisation, est l'un des personnages du documentaire. Il a été condamné par Kigali à vingt-quatre ans de prison pour « troubles à l’ordre public, atteinte à la sécurité de l’Etat, injures et diffamation, sectarisme et association de malfaiteurs ».

Lui-même a été victime de trois tentatives d'assassinat en Afrique du Sud. Trois Rwandais et un Tanzanien ont été condamné pour l'une de ces tentatives, celle de 2010, qualifié par la cour de crime politique, d'un complot d'un groupe émanant du Rwanda.

En mars 2014, la dernière tentative a entraîné l'expulsion par Pretoria de quatre diplomates, trois Rwandais et Burundais. Le ministre des Affaires étrangères du Rwanda a accusé l'Afrique du Sud d'abriter des terroristes responsables d'attaques à la grenade contre les civils dans le pays.

L'attentat contre l'avion d'Habyarimana

Dans le documentaire de la BBC, comme il y a un an sur les antennes de RFI, Kayumba Nyamwasa accuse Paul Kagame, à l'époque chef rebelle, d'avoir abattu l'avion du président Habyarimana le 6 avril 1994. Pour seule preuve, l'ancien chef des renseignements militaires de la rébellion FPR dit qu'il était en position de savoir.

« L'enquête du juge français Marc Trévidic n'est même pas mentionnée dans ce documentaire », s'énerve un officiel rwandais sur Twitter. Le magistrat français avait ordonné une expertise balistique qui, sans exclure la piste du Front patriotique rwandais (FPR), place le point d'origine des missiles dans les environs du camp de la garde présidentielle. Ce qui a relancé la thèse d'extrémistes hutus. Depuis 2012, l'Etat rwandais, partie civile, tente d'obtenir un non-lieu dans cette affaire.

Le prédécesseur du juge Marc Trévidic, Jean-Louis Bruguière, avait lancé des mandats d'arrêt contre neuf proches de Paul Kagame, dont le général Kayumba Nyamwasa. Cet ancien proche du chef de l'Etat rwandais a récemment envoyé une lettre à la justice française demandant son audition. Pretoria, jusque-là sourd aux demandes de la justice française, avait finalement dit en septembre dernier « examiner la requête du juge français d'entendre Kayumba Nyamwasa » sur le sol sud-africain.

Les massacres au Congo

Parmi les autres signataires de cette lettre des détracteurs du régime rwandais à la BBC, figurent les Forces démocratiques unifiées (FDU) de Victoire Ingabire, l'opposante emprisonnée au Rwanda suite à une condamnation pour négationnisme et conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre. La présidente des FDU dénonçait entre autres les massacres de Hutus imputés à l'Armée patriotique rwandaise (APR) du président Paul Kagame.

Victoire Ingabire fait aussi partie des personnages de ce documentaire de la BBC qui insiste sur les massacres survenus au Congo, à travers le témoignage d'une femme, une rescapée de ces tueries. Ces massacres ont été documentés depuis de nombreuses années, notamment par l'ONU. Rwanda, l'histoire passée sous silence a été diffusé le jour anniversaire, le 1er octobre, de la publication du rapport Mapping, une enquête réalisée par le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme et publiée en 2010. L'OHCHR, basée à Genève, demandait des poursuites pour mettre fin à l'impunité. Quatre ans après, il n'y a aucune poursuite, ni pour les crimes imputés à l'armée rwandaise, ni pour ceux des autres armées ou groupes armés congolais ou étrangers.

Ce qui gêne un militant des droits de l'homme rwandais aujourd'hui en exil, c'est que le général Kayumba Nyamwasa ait sous-entendu que ces massacres aient été des initiatives individuelles, des actes de vengeance isolés. « C'est bien d'avoir reconnu que des crimes étaient commis, mais il ment. Le nombre de morts, la nature des massacres, le fait d'avoir cherché à dissimuler les corps montre que c'était plus que ça », assure-t-il, insistant sur la nécessité pour les anciens du régime de dire toute la vérité.

Le TPIR ferme ses portes

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) fermera ses portes en décembre prochain sans avoir instruit aucun des crimes de guerre ou violations des droits de l'homme dont est soupçonné le FPR de Paul Kagame, notamment l'attentat contre l'avion du président Habyarimana.

C'est sur cette piste que travaillait le TPIR, selon l'un des anciens responsables des enquêtes de ce tribunal interrogé de ce documentaire de la BBC. Notamment, sur la foi du témoignage d'un autre ancien proche de Paul Kagame, lui aussi condamné au Rwanda, l'ancien ambassadeur à Washington Théogène Rudasingwa, aujourd'hui coordinateur du RNC, la journaliste Jane Corbin accuse les Etats-Unis d'avoir protégé le chef de l'Etat rwandais. « C'est une manipulation politique », crient les proches du régime sur Twitter. Et pourtant, cette version des faits est confirmée par Carla Del Ponte. L'ancienne procureure du TPIR raconte comment elle a été écartée par l'ONU et les Etats-Unis - rongés par la culpabilité de ne pas être intervenu en 1994 pour empêcher le génocide - et n'a pas pu poursuivre les enquêtes concernant les crimes de guerre dont est soupçonné le FPR. Ce témoignage avait été projeté au Sénat français en avril dernier lors d'un colloque qualifié par la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, de négationniste.

Les réactions à Kigali

La lettre des détracteurs de Paul Kagame répondait à une autre lettre, celle d'Ibuka qui regroupe des associations de rescapés. Cette organisation proche du gouvernement accuse la BBC d'avoir fait un documentaire révisionniste et de ne pas avoir donné la parole aux rescapés.

Révisionniste pour avoir laissé deux chercheurs américains affirmer que durant le génocide, 200 000 Tutsis seulement et 800 000 Hutus sont morts. Le génocide de 1994 a fait un million de morts selon Kigali, 800 000 parmi les Tutsis et les Hutus modérés selon les Nations unies. Les Américains Christian Davenport et Allan C. Stam disent avoir enquêté au Rwanda et avoir tiré ces chiffres d'après des calculs statistiques. Ils affirment également que les massacres étaient globalement terminés dans la plupart des régions du pays avant l'arrivée de la rébellion de Paul Kagame.

Sur le site Open Democracy, Andrew Wallis, auteur d'un livre intitulé Silence complice : l'histoire passée sous silence de la France dans le génocide rwandais, accuse la BBC d'avoir choisi deux chercheurs peu crédibles et d'avoir ignoré les travaux d'autres plus connus comme Alison Des Forges de Human Rights Watch (HRW) ou le français Gérard Prunier. Pour ce qui est des autres points abordés par le documentaire, l'auteur de cet article estime simplement que la BBC n'a fait que parler des détracteurs de longue date du président Kagame.

L'ambassadeur du Rwanda en Grande-Bretagne a parlé sur les ondes de la BBC d'un documentaire « biaisé ». D'autres officiels rwandais insistent, eux aussi, sur Twitter sur le fait que seuls des opposants sont interrogés. La journaliste de la BBC, Jane Corbin, dit dans son commentaire avoir sollicité, en vain, des réactions de toutes les personnes mises en cause par ce documentaire et notamment le président rwandais Paul Kagame et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair accusé de le défendre malgré des violations des droits de l'homme documentées.

La BBC mise en cause

La BBC réfute que son documentaire soit négationniste. Selon l'un de ses porte-parole, la chaîne britannique a reçu la lettre d'Ibuka et y répondra en temps voulu. « Tout le long du documentaire, les auteurs disent que toute personne qui remet en cause l'histoire officielle est accusée d'être négationniste », s'amuse le militant rwandais des droits de l'homme en exil.

Dans un message adressé à la radio pro-gouvernementale Contact FM, la BBC a souligné les multiples références dans son documentaire au génocide de 1994 et rappelé que le directeur du mémorial du génocide de Murambi, un rescapé, était interviewé. « Le film examine des preuves de chercheurs respectés et fait état de témoignages qui mettent en question l'histoire communément acceptée sur ce qui s'est passé avant et après 1994 et en particulier le rôle du FPR et de Paul Kagame », a expliqué l'une des porte-paroles de la chaîne britannique à la radio rwandaise ajoutant que pour la BBC, ce documentaire est une « contribution précieuse à l'histoire tragique de ce pays, de la région et de la gestion des affaires politiques au Rwanda ces 20 dernières années ».

« C'est quand même un film événement pour une chaîne de télévision qui n'avait que très peu abordé ce genre de sujets auparavant », explique, quant à lui, le spécialiste du Rwanda, André Guichaoua. Cette année, la BBC avait tout de même diffusé, en mars 2014, un reportage de Gabriel Gatehouse dans son programme Newsnight, qui, lui aussi, avait fait parlé de lui. Il revenait sur l'assassinat de l'opposant rwandais Patrick Karegeya et les tentatives d'assassinat contre son compatriote, Kayumba Nyamwasa.

A la sortie en avril dernier du documentaire de la BBC, Un homme bon au Rwanda, évoquant la vie et l'action du capitaine sénégalais Mbaye Diagne, le professeur André Guichaoua s'était insurgé : « Les auteurs de ce documentaire avaient explicitement choisi de ne pas mentionner le communiqué de la Minuar attribuant au FPR la mort du casque bleu », a-t-il déclaré, dénonçant une réécriture de l'histoire. Le capitaine Diagne avait été tué alors qu'il se trouvait sur un poste de contrôle des FAR, les Forces armées rwandaises de 1994. Dans un échange d'emails avec le chercheur français, Mark Doyle, l'auteur d'Un homme bon au Rwanda, s'était défendu en affirmant que ce n'était pas délibéré, qu'il avait préféré se concentrer sur la bravoure du casque bleu.
Lors des dernières commémorations, l'ONU avait décidé de faire de Mbaye Diagne, un héros des Nations unies sur initiative de l'actuel gouvernement rwandais.
L'épouse du casque bleu sénégalais, Yacine Mar Diop, avait récemment dénoncé sur RFI le fait que l'ONU ne l'avait pas assisté au cours des vingt dernières années. Elle était présente à Kigali lors des dernières commémorations du génocide.

« La BBC semble avoir voulu rééquilibrer son approche, commente encore André Guichaoua,mais n'a pas forcément échappé à d'autres approximations ou contre-vérités, surtout en ce qui concerne le bilan du génocide. »"

http://www.rfi.fr/afrique/20141009-rwanda-controverse-paul-kagame-propos-documentaire-bbc-kigali/

Rwanda: un documentaire de la BBC sur le génocide fait polémique

Rwanda: un documentaire de la BBC sur le génocide fait polémique

Par 

Dans le documentaire, le chef de l'Etat Paul Kagame est accusé d'être le commanditaire de l’attentat contre l’avion de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana.

Au Rwanda, l’association de rescapés du génocide Ibuka, proche du pouvoir, s’est dite « indignée »  par un documentaire de la BBC diffusé cette semaine et intitulé Rwanda’s untold story, « L’histoire du Rwanda jamais contée ». Un documentaire à charge contre le président rwandais Paul Kagame, l’accusant de crimes de guerre pendant le génocide, de massacres au Congo, d’assassinat politique et d’être responsable de l’attaque contre l’avion du président Habyarimana.

Dans une lettre adressée au directeur général de la BBC, Ibuka estime que le documentaire nie la réalité du génocide de 1994 et demande à la BBC d’arrêter la diffusion du documentaire. « Nous, rescapés du génocide contre les Tutsis au Rwanda, sommes indignés par le déni flagrant du génocide   contre les Tutsis véhiculé par votre documentaire… », commence ainsi la lettre.



Pour Ibuka, le documentaire a donné une plateforme à des intervenants qui « politisent le génocide » et nient la réalité et le caractère systématique et planifié des massacres. Parmi les principales personnalités interviewées, deux anciens proches du président Kagame, devenus de fervents critiques.
L'ancien chef d'Etat major, Kayumba Nyamwasa, accuse son ancien patron d’être non seulement le commanditaire de l’attentat contre l’avion de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana, mais de l’avoir fait en sachant que des massacres contre les Tutsis auraient lieu.

Chiffres revus

Plus grave pour l'association de rescapés, les scientifiques interrogés dans le documentaire affirment que le nombre de morts tutsis a été surévalué, que sur le million de victimes dont parle le gouvernement, la majorité serait hutu. « La négation du génocide est considérée comme l’étape finale du génocide » et se produit lorsqu’il y a des tentatives de nier l’événement et en minimiser l’ampleur ou le nombre de morts, dénonce Ibuka.
Ce documentaire met aussi en cause l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair et l'administration américaine, les accusant d'avoir protégé le président de toute poursuites judiciaires. Sur les ondes de la BBC, l’ambassadeur rwandais en Grande-Bretagne, Williams Nkurunziza, a déclaré que ce documentaire était « extrêmement biaisé »."


 Voir le documentaire (en anglais)

http://www.rfi.fr/afrique/20141005-rwanda-documentaire-bbc-le-genocide-fait-polemique/


PARTIRA? PARTIRA PAS?

PARTIRA? PARTIRA PAS?



Sur le continent, peut-être plus qu'ailleurs, les chefs d'État n'hésitent pas à modifier la Constitution pour s'accrocher au pouvoir, notamment en supprimant la limitation du nombre des mandats présidentiels. Mais certains acceptent de ne pas jouer les prolongations. D'autres encore, rois ou monarques, n'ont même pas à se poser la question. Sur cette carte interactive, Jeune Afrique vous invite à découvrir la situation légale de nos chefs dans leurs pays respectifs, ainsi que leurs éventuelles échéances électorales.

Qu'en est-il de votre votre sous-région ?(faites un zoom sur une partie du continent)

 

Découvrez les pays où :









http://www.jeuneafrique.com/infographies/2013/carte-interactive-mandats-chef-etat-africain/index.html

Chose certaine, un est déjà parti, tombé sous la force de l'ouragan burkinabé. Personne n'avait vu venir. (Ndlr)