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jeudi 13 février 2014

Le King Kester Emeneya est décédé à Paris

Le King Kester Emeneya est décédé à Paris

C'est un Tity Levallois en pleurs qui vient de nous confirmer le décès de Kester Emeneya à Paris. La musique congolaise vient encore d'être frappée et amputée de son meilleur élément. Des détails dans nos prochaines livraisons.



Le chanteur King Kester Emeneya, de son vrai nom Jean Emeneya Mubiala Kwamambu, est décédé jeudi 13 février 2014 à 5h30 à l’hôpital Marie Lannelongue en région parisienne à l’âge de 57 ans.
Le patron du groupe musical Victoria Eleison était admis depuis novembre dernier à l’hôpital Marie Lannelongue pour des problèmes de cœur. Kester Emeneya avait été secoué par la nouvelle de la disparition de Tabu Ley, le chanteur romantique par excellence de la RDC qui était aussi son modèle.
“King Kester a été retenu à l’hôpital par le staff médical depuis la disparition de Tabu Ley [le 30 novembre 2013]. King Kester n’allait pas bien, il avait reçu un choc en apprenant cette nouvelle qui l’avait perturbé. Nous étions ensuite nourris d’espoir de le voir récupérer sa santé mais il y a cette dégradation et aujourd’hui c’est confirmé. Kester n’est plus”, témoigne Rouf Mbutanganga, journaliste et ami de Kester Emeneya.

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Natif de Kikwit dans la province du Bandundu (ouest de la RDC), Jean Emeneya intègre à l’âge de 17 ans le groupe Les Anges Noirs. Il partage cette expérience notamment avec Lidjo Kwempa qu’il recroisera plus tard dans sa carrière professionnelle.
Ses études supérieures à l’Université de Lubumbashi n’auront pas raison de son talent. Et de sa passion pour la musique. En 1977, à 21 ans, il décide enfin de faire de la musique sa profession. Recruté au sein de Viva La Musica de Papa Wemba, il se révèle un vrai leader doté de bonnes capacités de gestion de ressources humaines au-delà de son talent de chanteur de charme. C’est lui qui permet à Viva La Musica de ne pas disparaître malgré les absences prolongées de Papa Wemba son patron.
En 1982, Victoria Eleison, son groupe voit le jour. Ses compositions qui traverseront des générations entières font alors le bonheur des millions des mélomanes zaïrois de l’époque. Aujourd’hui on écoute encore avec délectation Afimiko, Dikando, Ndako ya Ndele…De la musique d’anthologie comme aimait à le dire si bien Emeneya qui savait ponctuer chacune de ses sorties médiatiques de ces dernières années d’une bonne dose d’humour.
Le début des années 90 constitue un tournant dans la carrière de ce géant. Perfectionniste, il affine ses sonorités, améliore la programmation musicale, diversifie l’instrumentation. Sa chanson « Nzinzi », est le chef d’œuvre parfait qui illustre ce changement de cap vers la musique électronique. Le succès est sans appel.
Avec Everybody, son album sorti en 94 Emeneya dit vouloir entrer de plein pied dans la World Music. Mais il reviendra quelques années plus tard aux sonorités typiquement congolaises.
Créateur des styles musicaux, Emeneya crée aussi des danses. Les amateurs de sa bonne musique se souviendront longtemps de « Tshaku Libondance ». Légèrement en retard par rapport à ses concurrents locaux qui se produisent dans les salles de spectacles mythiques de France, il se rattrape début 2000. Il récolte un franc-succès en 2001 au Zénith de Paris et en 2002 au théâtre de l’Olympia.
Emeneya s’en est allé. Mais sa rumba lui survivra. Toujours.



http://radiookapi.net/actualite/2014/02/13/king-kester-emeneya-est-mort/













Les tribulations de Gipulu Yala Di Gisuengi

Les tribulations de Gipulu Yala Di Gisuengi

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Peu avant l’indépendance, Gipulu Yala Di Giswengi, un jeune homme du village Mbanza-Kipwala dans le Secteur Luniungu et le Territoire de Bulungu au Kwilu, trouva du travail comme domestique auprès d’un couple de Belges à Kisia, une bourgade des Huileries du Congo Belge (HCB), qui deviendront plus tard Plantations Lever au Congo (PLC) avant de mettre la clé sous le paillasson dans les années 80 sous la dénomination de Plantations Lever au Zaïre (PLZ). Comme domestique, les responsabilités de Gipulu incluaient entre autres le repassage. Un jour, ses employeurs rentrèrent de vacances avec un nouveau fer à repasser électrique et demandèrent à Gipulu de ranger l’ancien dans le débarras de la villa. Quand vint son tour d’aller en vacances dans son village, Gipulu se frotta les mains à l’idée d’aller épater ses frères et sœurs restés villageois. Dans ses bagages, l’ancien fer et une fiche électrique femelle qui traînait dans le débarras. Une fois au village, il annonça la bonne et grande nouvelle aux siens. Seuls les Basenzi repassaient du linge au fer à charbon de bois. Les hommes civilisés, eux, utilisaient le fer électrique. Joignant le geste à la parole, il leur exhiba le fer à repasser électrique. Pour faire fonctionner celui-ci chez ses maîtres, Gipulu n’avait qu’à plonger la fiche mâle du fer dans une fiche femelle encastrée dans un mur. Il encastra la fiche femelle dans un mur de la case familiale et plongea la fiche mâle dedans. Comme le fer ne chauffait pas, il vérifia si la fiche mâle était bien entrée dans la fiche femelle. Elle l’était. Mais le fer ne chauffait toujours pas. Gipulu se fâcha contre les villageois réunis autour de lui qu’il accusa d’avoir jeté un mauvais sort au fer. Les membres de sa famille se fâchèrent également. Ils s’en prirent aux autres habitants du village qu’ils accusèrent de mauvaise mentalité. Une mentalité incompatible avec le progrès. Ne pouvant supporter les accusations de Gipulu et des membres de sa famille, certains villageois rendirent Gipulu seul responsable du non-fonctionnement du fer, arguant que la présence d’un Blanc était nécessaire pour que le fer fonctionne.

Pourquoi racontons-nous cette histoire ? La joie de Gipulu Yala Di Giswengi dans la perspective d’épater les siens avec un fer à repasser électrique n’avait d’égal que celle de 99,9% de Congolais le 24 avril 1990, date officielle du lancement du processus de démocratisation dans leur pays. Les Congolais étaient heureux dans la perspective de vivre enfin dans un Etat démocratique. De même que Gipulu pensait qu’il suffisait d’encastrer une fiche femelle dans un mur de la case familiale pour que le fer électrique fonctionne, comme dans la villa de ses patrons, les Congolais s’imaginaient qu’il suffisait de créer des partis politiques, d’aller aux élections, d’installer les institutions dites démocratiques, comme chez les ex-colonisateurs, pour que la démocratie fonctionne. De même que Gipulu et les membres de sa famille qui, voyant le fer électrique refuser de fonctionner, blâmèrent les habitants du village pour leur mentalité perçue comme rétrograde, les Congolais, ceux-là mêmes qui s’étaient réjouis à l’annonce de la libéralisation de la vie politique par le Guide éclairé à la toque de léopard, s’illustrent dans mille et une explications pour justifier le désenchantement qui a élu domicile dans leur pays.

En effet, de même que le 5 juillet 1960, cinq jours après l’indépendance du Congo Belge, face aux gradés de Léopoldville (Kinshasa) et de Thysville (Mbanza Ngungu) assemblés dans une salle de cours du Camp Léopold (Kokolo), le Général Emile Janssens, commandant de la Force Publique, écrit au tableau noir : « Avant l’indépendance = Après l’indépendance », provoquant ainsi la révolte de la Force Publique sur toute l’étendue du territoire de la jeune nation, les Congolais assistent aujourd’hui impuissants au maintien et au renforcement du pouvoir personnel d’un individu alors qu’en se rendant aux urnes en 2006 puis en 2011, ils avaient espéré des lendemains qui chantent. Mais le désenchantement, qui était prévisible pour toute personne ayant une capacité d’analyse et d’anticipation, valide-t-il toute explication ?

Revenons à Gipulu Yala Di Giswengi. S’il était un homme doué de sagesse, quelle attitude aurait-il adoptée aussitôt que le fer refusait de fonctionner dans son village ? Il allait rentrer vite chez ses maîtres pour chercher à savoir le pourquoi. A-t-on déjà vu les Congolais se rendre chez les ex-colonisateurs pour chercher à savoir pourquoi en dépit de la belle copie des institutions démocratiques de ces derniers, la démocratie ne fonctionne pas au Congo après des élections dites démocratiques ? Non. Cette attitude est-elle responsable ? Nous ne pensons pas.

Qu’allait apprendre Gipulu Yala Di Gisuengi s’il s’était montré sage ? Ses maîtres allaient lui apprendre qu’il ne suffit pas d’encastrer une fiche femelle dans un mur et d’y loger la fichelle mâle du fer à repasser électrique pour que celui-ci fonctionne. Ils allaient lui apprendre que la fiche femelle doit être reliée à un réseau électrique et que l’électricité doit circuler dans le réseau pour que le fer fonctionne. Qu’auraient appris les Congolais s’ils allaient à leur tour consulter les ex-colonisateurs ? Répondre clairement à cette question, c’est découvrir pourquoi la démocratie a du mal à s’enraciner au Congo. C’est baliser le sentier d’un avenir meilleur pour notre nation. Non seulement les Congolais ne consultent pas les ex-colonisateurs dont ils copient le modèle démocratique, mais ils ne se posent même pas de question. Et quand il n’y a pas de question, il n’y a pas de débat.

Réagissant à notre article intitulé « Eyindi ! », Binsonji E Madilu nous a posé deux questions qui méritent d’être reprises ici pour nous conduire à la conclusion : « Pensez-vous que ce genre de débat soit de mise au moment où le sieur Joseph Kabila organise la boucherie de nos jeunes gens à Kinshasa et ailleurs au pays pour traumatiser davantage l’imagerie populaire, intimider le peuple congolais et lui faire avaler la pilule amère de la révision constitutionnelle ? Pensez-vous que nous avons le temps de discuter du sexe des anges pendant que les officiers qui ont mis en déroute le M23 aux côtés de Mamadou Mustapha Ndala sont aujourd’hui dans la ligne de mire de Joseph Kabila comme si c’étaient eux les rebelles ?

C’est justement parce que nous pensons que réfléchir sur la démocratie équivaut à discuter sur le sexe des anges que nous avons un même Joseph Kabila, avant et après les élections de 2006. Si nous avions réfléchi à la démocratie, c’est-à-dire si nous avions su qu’il y avait une grande différence entre la démocratie occidentale et la démocratie tout court, et que, par voie de conséquence, nous avions cherché à savoir comment concrétiser l’idéal démocratique dans notre pays pour que la démocratie soit effective, le pouvoir de Joseph Kabila après son élection en 2006 serait contrôlé au lieu d’être ce qu’il était avant ces élections. Nous pouvons certes mobiliser nos énergies dans le but de chasser l’autocrate actuel du pouvoir. Mais tant que le débat sur la démocratie n’aura pas lieu, tant que nous ne comprendrons pas la nécessité d’un tel débat, nous assisterons, toujours impuissants, à l’émergence d’une autre autocratie quand Joseph Kabila tombera à son tour devant l’ouragan de l’histoire. Nous assisterons à cette émergence même sous le leadership des individus perçus comme la démocratie faite homme.

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo 
© Congoindépendant 2003-2014


Une condamnée à mort en sursis ?

Olive Lembe :

Une condamnée à mort en sursis ?


Elle a beau s’efforcer de faire bonne mine pour sauver les apparences, Olive Lembe est pratiquement condamnée à mort. Et elle le sait. Son imposteur de mari et son mentor à Kigali ont estimé qu’elle savait trop de secret et risquait de les dévoiler un jour à ses frères congolais au cas où… Lors de son dernier déplacement à l’Est du pays, sa sœur Rita, une femme d’affaires bien connue à Goma, l’a conduite discrètement auprès d’un Mwami de Masisi réputé pour ses antidotes contre les puissants poisons made in Rwanda.
Bien qu’il lui ait administré la potion demandée , le guérisseur lui fit cependant remarquer que le poison a déjà fait son effet dans le sang et qu’il y avait très peu de chance que l’antidote vienne à bout de son action destructrice. Choquée et révoltée, Rita conseilla à sa sœur de ne plus regagner la maison conjugale au risque d’ingurgiter encore une dose supplémentaire de poison qui précipiterait sa fin. Mais Olive préféra repartir à Kinshasa avec la réserve d’antidote que lui a remise le Mwami guérisseur de Masisi.
Mais  depuis son retour de Goma et sur conseil du soigneur, elle a pris la ferme décision de ne plus jamais manger seule à la maison la nourriture préparé par le chef cuisinier de son mari, un tutsi rwandais ! C’est lui seul qui prépare ce que mange Hyppolite Kanambe. Et c’est lui qui aurait sans doute empoisonné la «première dame». Depuis son retour du voyage donc, Olive ne mange qu’en compagnie de son mari et ne se sert que dans le même plat que celui-ci. A défaut, elle ne mange que la nourriture en provenance de deux personnes membres de sa famille. Il s’agit de sa sœur Fatouma alias Fatou pour les intimes, l’épouse de Patrick Bologna, ou de sa cousine Feza, l’épouse de Bijou Lombeya, un grand commerçant et trafiquant de Coltan. Tous les membres de la famille d’Olive sont désormais sur leurs à présent . Plus personne ne mange la nourriture servie par le fameux chef cuisinier ni par ses trois assistants dont deux congolais très fidèles. Les sœurs d’Olive lui auraient conseillé de s’exiler pour tenter de bénéficier des soins plus intenses, mais elle aurait décliné leurs propositions, car elle préfère mourir dans son pays, dit-elle. Elle aurait simplement demandé à ses sœurs de bien s’occuper de ses enfants après elle.
Selon un membre de sa famille, Olive Lembe est condamnée  parce qu’elle connait trop de secrets de son mari Hyppolite Kanambe. Elle connait certains détails sur la tombe de son véritable beau-père Adrien Kanambe. Elle a accueilli chez elle plus d’une fois la vraie mère de son mari venue visiter son fils et ses petits enfants. Mais elle avait la consigne de ne pas révéler à ses enfants l’identité de leur grand-mère. Elle est en outre au courant de plusieurs cas d’élimination des personnalités congolaises par empoisonnement.


Celui qui se fait appeler “Joseph Kabila ” n’en est pas à son premier forfait en la matière . En effet , quelques années auparavant il s’en était déjà pris à la pauvre Jeannette Abidje   ,une jeune femme qui était venu lui demander de prendre en charge sa fillette , fruit du viol dont elle avait fait l’objet de la part du “Commandant Hyppo”  (ex kadogo rwandais devenu président ) lors de son arrivée à l’Est avec les troupes de l’AFDL. Mal lui en a pris , en guise de réponse à sa requête , “Joseph Kabila” l’a fait séquestrée et torturée . Sa fille et elle sont à ce jour portées disparues. dans l’indifférence la plus totale . C’est dire à quel point  Hyppolite Kanambe alias “Joseph Kabila” met un point d’honneur à effacer les traces de son passé y compris de la pire manière qui soit. Plus occupée par les avantages éphémères de sa position de première dame d’un imposteur et par la surveillance de toutes celles qui seraient tentées d’après elle,  

de  lui “chiper” son rwandais de mari , la pauvre Olive Lembe n’a pas su ou n’a pas voulu voir le véritable visage du monstre de Kingakati. 
Mais , le  cas de la chétive Olive Lembe est révélateur du degré de servilité et d’imbécilité atteint par la grande majorité des collabos congolais vis-à-vis de leurs maîtres rwandais. Ils acceptent l’humiliation, la spoliation, l’exploitation et même la mort sans broncher ! Comme des moutons. C’est pourquoi les patriotes et résistants congolais doivent comprendre qu’ils portent seuls la lourde responsabilité de se battre pour la libération du pays. Peu importe leur nombre et les moyens dont ils disposent. Seuls leur détermination et leur courage viendront à bout des agresseurs et des occupants qui ont décidé la mise à mort de l’Etat congolais et de son peuple.
«Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.»
(Albert Einstein)
Fait à Paris le 9 Février 2014
Candide OKEKE
L’OEIL DU PATRIOTE

Congo-Kin : «Joseph Kabila» est le problème !

Patrice Mutakatifu:
Que le MAL Congolais puisse se résumer dans la présence au sommet de la RDC d’un fainéant, voleur et bandit-sanguinaire sans mérite n’est plus à démontrer. Les effets de ce fainéantisme et incompétence notoires au sommet sont indiscutables: 

Apres 13 ans de la voyoucratie kabiliste, la RDC est descendue au même niveau socio-économique que la Somalie chaotique !

Mais ce qui est plus qu'étonnant est que 70 Millions des Congolais tolèrent ce Voyou-Voleur au sommet de leur Pays sans broncher...

Pourquoi les Congolais sont-ils devenus si "lâches" aujourd’hui ?

Alors qu’en 1960 à peine 20 Millions des Congolais s’élevèrent contre 80 ans du colonialisme Belge sous l’impulsion du Héros National Patrice Emery Lumumba....qui n’a plus d’égal en RDC.


Congo-Kin : «Joseph Kabila» est le problème !
"Joseph Kabila" 

Sous la présidence du Premier ministre Augustin Matata Ponyo, le gouvernement congolais a tenu lundi 10 février … sa toute première réunion du conseil des ministres pour l’année 2014. Et pourtant. Depuis le 1er janvier, les sujets brûlants n’ont pas manqué dans ce pays à pacifier. «Joseph Kabila» qui est tout le contraire d’un «bosseur» - dans ce Congo où tout est centralisé à la Présidence de la République -, semble s’ennuyer ferme. Il voyage beaucoup à l’étranger : Kampala, Luanda, Ndjamena, Addis Abeba etc. Le 20 novembre dernier, il a surpris l’opinion nationale en parcourant au volant de son véhicule 4x4 près d’un millier de kilomètres pour relier Bunia (Province Orientale) à Goma (Nord Kivu). Le «safari présidentiel» a duré dix jours. «Joseph» est le problème pour ce pays. Il constitue le goulot d’étranglement qui empêche le Congo-Kinshasa à se reconstruire. Faute d’un leadership loyal et visionnaire.
«Le président de la République convoque et préside le Conseil des ministres. En cas d’empêchement, il délègue ce pouvoir au Premier ministre», énonce le premier alinéa de l’article 79 de la Constitution.

Le Premier ministre Augustin Matata Ponyo a donc présidé la toute première réunion du Conseil des ministres pour l’année en cours. A ce rythme, les membres de l’exécutif national n’auront qu’une dizaine de rencontres du genre d’ici au 31 décembre prochain. En Belgique, le conseil des ministres a lieu chaque vendredi. En France, c’est le mercredi.

A l’issue de cette réunion tenue lundi, le Conseil n’a fait aucune annonce forte. Il n’a pris aucune décision. Dans son édition datée du mardi 11 février, un quotidien kinois pro-kabiliste publie un «compte-rendu» qui se limite à ces quelques mots : « Le gouvernement se réjouit de l’excellent comportement du contingent militaire congolais déployé en République Centrafricaine, un comportement qui a valu à notre pays les félicitations des hauts responsables de la Misca». Le reste de l’article n’est que la retranscription des propos du commandant du contingent des FARDC dans ce pays voisin. Où est passé le très volubile porte-parole du gouvernement?

Selon d’autres sources, le gouvernement se réjouit également «des retombées de la campagne de pacification du pays» au Nord Katanga ainsi que dans la province du Nord Kivu. Tout ça pour ça ?

Point n’est besoin de relever que «Joseph Kabila» et son gouvernement ne sont jamais là où le pays a besoin d’eux. Gouverner un Etat revient non seulement à faire des choix mais aussi à administrer un territoire, à communiquer et à justifier. Sans oublier de rassurer les citoyens. Les dirigeants congolais sont restés aux abonnés absents au cours des récents événements : les attaques du 30 décembre 2013 - imputées aux fidèles du «prophète» Joseph Mukungubila, des sites stratégiques - à Kinshasa, à Lubumbashi et à Kindu ; l’assassinat - non élucidé à ce jour -, le 2 janvier 2014, du colonel Mamadou Ndala aux environs de Beni au Nord Kivu ; la détérioration de la situation sécuritaire au Nord Katanga où «Gédéon» Kyungu Mutanga est accusé par des experts onusiens d’avoir pris le commandement des Ba Kata Katanga. Sans oublier, l’envoi d’un contingent de l’armée congolaise en Centrafrique sur décision proprio motu de «Joseph Kabila». La Constitution, en son article 91, proclame pourtant que «la défense, la sécurité et les affaires étrangères sont des domaines de collaboration entre le président de la République et le gouvernement».

«Déposer les armes et soutenir Kabila»

En lisant entre les lignes le «compte-rendu» de cette réunion du conseil des ministres, il apparaît que «Joseph Kabila» et son gouvernement semblent préparer l’opinion sur les effets de la loi d’amnistie. Celle-ci a été promulguée le lendemain de cette réunion gouvernementale. C’est un secret de Polichinelle d’avancer ici que plusieurs anciens chefs miliciens et autres combattants seront les grands bénéficiaires de cette législation. C’est le cas notamment des éléments du M23 et ceux des Ba Kata Katanga. Après le CNDP de Laurent Nkunda Mihigo, il n’est pas exclu que ce dernier groupe armé - suspecté d’avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité - se mue dans les semaines et mois à venir en parti politique avant de rejoindre la fameuse «majorité présidentielle». Il n’est pas non plus exclu de compter l’ex-chef milicien «Gédéon» Kyungu Mutanga - condamné à la peine de mort en 2008 et évadé de la prison de la Kasapa en septembre 2011 - parmi les bénéficiaires de l’amnistie. Vous avez dit « tolérance zéro » ?

A Lubumbashi, Gabriel Kyungu wa Kumwanza a annoncé les couleurs. Dans une déclaration faite jeudi 6 février, le président de l’Assemblée provinciale du Katanga a annoncé que des miliciens des groupes armés «Bakata Katanga» et «Mai-Mai» ont pris l’engagement «de déposer les armes» et de…«soutenir» «Joseph Kabila». Ces propos énigmatiques ont été tenus à l’issue d’une réunion dite d’évaluation d’une mission dite de sensibilisation «sur le retour de la paix» effectuée au nord du Katanga par des notables Luba du Katanga non autrement identifiés. Et ce, en présence du ministre de l’Intérieur Richard Muyej. C’est un fâcheux précédent que des politiciens luba du Katanga tentent d’inaugurer avec la connivence du premier magistrat du pays censé incarner l’intérêt général.

Dans une dépêche datée du lundi 10 février, l’AFP annonce que des «miliciens repentis» à Manono affirment avoir pris les armes pour «interpeller Papa Kabila» sur «la pauvreté et les promesses non tenues». «Nous avons élu Kabila à 100% ici chez nous, et à ce jour, nous n’avons ni routes, ni écoles, ni aucun pont», a déclaré un chef milicien non-autrement identifié. Il s’adressait au chef de la Monusco, Martin Kobler de passage à Manono. «Nous avons pris les armes pour que notre papa (le chef de l’Etat) puisse nous écouter et résoudre nos problèmes». La confirmation est ainsi faite que les bandes armées qui sèment la terreur dans l’ex-Shaba ont été montées de toutes pièces par des notables locaux pour défendre leurs intérêts catégoriels auprès du "Mulubakat à 100%", autrement dit le "raïs".

Joseph Kabila est le problème

Depuis treize ans, le Congo n’est pas gouverné. Le chef de l’Etat est attiré plus par la frivolité que par son rôle d’"arbitre suprême" en réunissant périodiquement les membres du gouvernement. Non gouverné, le pays n’est pas non plus administré. L’article 200 de la Constitution stipule notamment : «Il est institué une Conférence des gouverneurs de province. (…). Elle est présidée par le président de la République. Elle se réunit au moins deux fois par an sur convocation de son Président. (…).». La Constitution en vigueur a été promulguée le 18 février 2006. Depuis 2007, un petit calcul mental donne un total de 14 conférences du genre. «Joseph» n’en a présidé que trois. La quatrième serait «en préparation». Elle devrait avoir lieu à Mbandaka. Lors des précédentes rencontres à Kisangani, Kinshasa et à Kananga, les participants commencent par faire un «état des lieux»: non approvisionnement en eau et électricité, dégradation de la qualité des soins de santé et de l’enseignement, mauvais état des infrastructures de base et insuffisance de moyens d’action. La clôture d travaux est ponctuée par des recommandations : le renforcement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ; la lutte contre l’impunité, la corruption et toutes sortes d’anti-valeurs notamment les viols et les violences faits à la femme, fille et enfant ; l’accélération de l’installation de la justice de proximité sur l’ensemble du territoire national etc.

L’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RD Congo et la Région signé le 24 février 2013 à Addis Abeba «exhorte» les autorités congolaises notamment à «effectuer des progrès en matière de décentralisation» et à "promouvoir les services sociaux de base". La Constitution en vigueur a choisi la décentralisation comme mode de gestion. Habitué à tout régenter depuis la capitale, le «gouvernement central» donne l’impression de résister à ce changement. A preuve, la loi relative à la libre administration des provinces reste non appliquée. Alors que le développement économique et social ne pourrait venir que de la base. Et non de la capitale. lors de l’audition du président de la Commission électorale nationale indépendante à la Commission des Affaires extérieures du sénat et de la chambre du royaume de Belgique, certains "commissaires" ont insisté sur la nécessité de promouvoir "la démocratie de proximité" en organisant les élections locales.

Questions finales ? Est-il sain, dans un pays aux multiples problèmes existentiels qu’est le Congo démocratique, que l’homme qui trône à la tête de l’Etat ne soit quasiment jamais disponible pour exercer les fonctions qui lui procurent des avantages et privilèges à savoir sanctionner les lois tout en présidant les réunions du conseil des ministres et la Conférence des gouverneurs des provinces? Est-il sain que ce même homme trouve dans son agenda le temps nécessaire pour parcourir un millier de kilomètres – du 20 au 30 novembre 2013 pour relier Bunia à Goma - au volant de son véhicule 4x4 ?

Plus que jamais, «Joseph Kabila» constitue le problème de ce pays. Il s’accroche au pouvoir alors qu’il n’a pas les ressources nécessaires pour l’exercer...

Baudouin Amba wetshi 
© Congoindépendant 2003-2014





















° http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=8675

Gouvernement de cohésion nationale : Matata en sursis







Gouvernement de cohésion nationale : Matata en sursis

























Quatre mois après l’annonce du chef de l’Etat, la formation d’un gouvernement de cohésion nationale se fait toujours attendre, alimentant la chronique dans tous les sens. Au cœur du débat, le premier ministre. Son bilan est tellement discuté que la balance n’arrive pas à s’arrêter. Puisque sa succession se négocie à plusieurs niveaux, Matata Ponyo Mapon bénéficie du sursis que seul le pouvoir discrétionnaire de Joseph Kabila va balayer ou prolonger.
Partira, partira pas ? La question est sur toutes les lèvres. Elle concerne bien évidemment le Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, lequel était donné pour partant, immédiatement après la tenue des Concertations nationales. En fait, le 23 octobre 2013, lorsque le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, clôturait devant le Parlement réuni en Congrès ces assises, personne n’accordait aucune chance à Matata de faire long feu à la tête du gouvernement.
Voilà que, depuis l’annonce du chef de l’Etat, les mois s’égrènent allègrement et, contre toute attente, Matata Ponyo conserve toujours son poste.  
Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui se passe en ce moment ? L’opinion se perd en conjectures. La polémique tourne autour des raisons qui peuvent fonder le maintien jusqu’à ce jour du chef d’un gouvernement démissionnaire ? 
Matata tient bon ou il est en sursis ? Dans la classe politique, les avis sont partagés sur le sort à réserver à Matata.
La raison de son ancrage aux commandes du gouvernement est à chercher du côté de son bilan, a confié à notre rédaction un analyste politique proche de la Majorité sous le sceau de l’anonymat. « Avec lui, la fonction de Premier ministre a reçu plus d’ampleur et de visibilité sur le terrain. Il a donc su capitaliser la fonction en la rationalisant au point de lui donner plus de valeur que ses prédécesseurs, si bien que remplacer Matata n’est pas chose facile », a déclaré ce dernier.
Pour déjouer tous les pronostics les plus défaitistes, un autre membre de la Majorité a renchéri en relevant le fait que Matata a quand même défendu la loi des finances pour 2014 devant la représentation nationale. Avec, à la clé, des promesses d’améliorer son rendement au cours du nouvel exercice. 
Si Matata est parvenu à convaincre par rapport à son bilan, il a du mal, cependant, à faire l’unanimité au sein de sa famille politique, y compris son parti politique, le Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD). Au palais du peuple, on reproche au premier ministre son indépendance par rapport au parti. Certains vont même jusqu’à lui méconnaitre son appartenance au parti présidentiel, le considérant comme un militant de la dernière heure, reconverti au PPRD à la faveur de sa nomination à la tête du ministère des Finances en 2010.
« Dans ses rapports avec la Majorité, Matata se comporte comme un électron libre qui n’a des comptes à rendre qu’au président de la République. Nous avons gagné ensemble, pourquoi exclut-il certaines personnes, notamment ceux de sa famille politique, dans son entourage direct », ironise un cadre de la Majorité.
De mal en pis, la dernière flèche aiguisée qui a frappé le  Premier ministre est partie de la Fédération des entreprises du Congo (FEC). Celle-ci, plus particulièrement son président Albert Yuma, a balayé tous les chiffres sur lesquels Matata Ponyo fondait son action et ses performances.  Selon la FEC, la maîtrise du cadre macro-économique, le taux de croissance et de change étaient du saupoudrage à l’endroit du peuple congolais qui n’en avait que faire. D’autant que cela n’avait aucune incidence sur le vécu quotidien de la population.
Bref, la FEC avait asséné un coup de massue au premier ministre en démontrant que les chiffres dont se targue ce dernier ne correspondaient pas à la réalité. Et dire que le président de la FEC est membre de la majorité  présidentielle ! Mal aimé ou mal compris, Matata Ponyo semble prendre avec philosophie toutes ces attaques à sa personne et à ses fonctions.
Pendant ce temps, des bookmakers avaient multiplié des paris sur son éjection. Des noms de ses successeurs probables au bâtiment rénové de la Primature ont circulé dans les médias. Toutefois, l’attente se fait toujours longue.  Dans l’entourage du chef de l’Etat, l’on rapporte que l’avènement du gouvernement de cohésion en serait plus « une priorité » et   Matata jouirait encore de la confiance du raïs qui n’aurait pas encore déniché un autre « oiseau rare ».
Est-ce pour autant que la formation du gouvernement de cohésion nationale traîne encore les pieds ? Difficile à dire pour l’instant. Toutefois, la succession ne semble pas aisée.  Ecartelé entre les pressions de principaux cadres de son parti et interpellé à la fois par le réalisme dans le bilan qu’aligne Matata, le chef de l’Etat prend encore tout son temps avant de se décider.
Mais, prédit-on dans certains milieux huppés, ce n’est plus pour longtemps. « La formation d’un gouvernement de cohésion nationale est imminente. Tout pourrait se dénouer à la session parlementaire de mars », indique un député national de la Majorité.
Pendant ce temps, au sein du gouvernement, tout est réduit à la Troïka stratégique qui se réunit chaque lundi autour du Premier ministre pour faire le point de la situation économique, monétaire et financière.
Se considérant démissionnaire au terme de Concertations nationales, Matata a dû contraindre ses ministres à expédier juste les affaires courantes, avant de relâcher finalement la machine. En présentant dernièrement devant la presse les perspectives pour l’année 2014, Matata a parlé du programme du gouvernement de cohésion nationale, sans dire clairement s’il en ferait partie ou pas. « Ces éléments des perspectives, a-t-il dit à l’occasion, constituent l’essentiel de l’action gouvernementale pour 2014. Tâche qui incombera au Gouvernement de cohésion nationale qui sera mis en place, conformément à la volonté et la vision de Son Excellence Monsieur le Président de la République ».
C’est dire qu’après quatre mois d’attente, la concrétisation du gouvernement de cohésion nationale revient au pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat. Il pourrait ou pas reconduire Matata Ponyo. Le suspense se poursuit et l’actuel locataire de la Primature est en sursis.   

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Matata Ponyo fait son bilan dans l'émission AINSI VAS LE MONDE sur la chaine francaise LCI

Les « surdoués » déshabillés par la FEC



« La RDC ne peut pas être gérée comme une épicerie » 

La Fédération des entreprises du Congo (FEC) s’est servi des chiffres pour démonter une à une les prétendues performances alignées par l’équipe Matata. Albert Yuma Mulimbi, son président n’a pas raté sa cible. Une attaque en règle ! Il n’y est pas allé par quatre chemins pour déshabiller l’équipe des « surdoués ». Sur le terrain qu’affectionne le gouvernement Matata, la FEC s’est livré sans retenue à la démonstration du contraire ! Toutes les frustrations du monde des affaires étaient la trame de ce catilinaire.
Entre la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et le gouvernement, les violons ne s’accordent plus. Même si le divorce n’est pas encore consommé, du moins, le patronat congolais ne cache plus son désamour envers le gouvernement.  Des signes avant-coureurs annoncent de profondes turbulences entre les deux partenaires.
Tout est parti de la cérémonie de présentation des vœux aux operateurs économiques et à la nation présidée le jeudi 30 janvier 2014 par le président national de la FEC, M. Albert Yuma. Dans son allocution de circonstance, celui-ci a fait publiquement part de toutes les frustrations que ressent le monde des affaires. En substance, Albert Yuma a rendu  totalement responsable le gouvernement de la grave détérioration du climat des affaires.
Ce qu’il faut noter d’entrée de jeu, c’est que jamais la FEC n’a tenu un langage aussi violent à l’égard du gouvernement. Albert Yuma a franchi le Rubicon. Sans ambages, le président de la FEC a relevé que le gouvernement conduit par Matata Ponyo Mapon faisait fausse route. A l’en croire, le pire est à craindre si rien n’est fait entre-temps pour recadrer le tir.
En clair, l’Exécutif central actuel, pour la FEC, se conjuguerait au passé. Aussi place-t-elle d’ores et déjà tous ses espoirs dans le futur gouvernement de cohésion nationale, convenu au terme des concertations nationales qui se sont tenues en septembre et octobre 2013 à Kinshasa.
Preuve de son  attachement à la nouvelle équipe gouvernementale, Albert Yuma s’est adjugé le rôle d’en tracer le portrait-robot, des personnes appelées à animer le prochain gouvernement. « Quant aux profils des candidats au prochain gouvernement, a-t-il déclaré, la FEC attend que ce soient : des femmes et des hommes qui partagent la vision du président de la République de ne jamais trahir le Congo et dont la loyauté envers le pays et son chef ne seront pas circonstancielle ; des femmes et des hommes qui seront vecteurs d’unité nationale et de concorde et non d’exclusion et de sectarisme ; des femmes et des hommes qui veilleront à ce que l’Etat soit géré de façon impartiale et impersonnelle ; des femmes et des hommes compétents dans le domaine des fonctions à assumer, sur base de la vérification d’une expérience passée et réussie et qui seront comptables de leur accomplissement ; des femmes et des hommes qui sauront qu’entrer au gouvernement est un sacrifice, pourquoi pas un sacerdoce au service des autres, sous tendu par une moralité irréprochable ; des femmes et des hommes qui viendront indistinctement de toutes les provinces du pays, avec l’objectif commun de travailler en équipe pour redresser le défi du développement autocentré de la RDC avec une vision prospective audacieuse ; enfin, des femmes et des hommes qui, tous les jours, dans l’exercice de leur fonction auront en mémoire la devise du pays : Justice-Paix-Travail ».

DES CHIFFRES TROMPEURS
Mais, c’est sur le terrain économique que le président de la FEC s’est fait le plus tranchant. Tout en appréciant les efforts du gouvernement en matière de stabilité du cadre macroéconomique et de la consolidation de la croissance économique, Albert Yuma a fait remarquer que « l’analyse qualitative de cette croissance met suffisamment en lumière sa nature non inclusive et non distributive, bref sa fragilité. En effet, elle est caractérisée par sa faible capacité à générer des emplois décents et durables et à distribuer des revenus qui permettraient de réduire significativement la pauvreté. Les Congolais restent pauvres et attendent toujours les retombées de cette croissance dans leur vie quotidienne ».
La FEC est d’avis que les bonnes performances dont se félicite le gouvernement ne traduisent pas la réalité des faits. Ce ne sont, pense-t-il, que de la poudre aux yeux qui cache une situation sociale alarmante au niveau aussi bien de la population que des entreprises. « Je pense qu’il est bon, pour l’édification de tous, qu’on fasse une analyse plus approfondie de toutes ces données statistiques pour comprendre pourquoi, malgré des performances apparemment si bonnes, la situation économique et sociale reste difficile. Les opérateurs économiques se plaignent et les ménages se plaignent », a lancé Yuma.
Pour la FEC, les statistiques dont le gouvernement s’attribue la paternité sont trompeuses. Elles ne cadrent nullement, soutient-elle, avec la réalité.
De l’avis de la FEC, « si on a atteint de tels résultats (Ndlr : ceux communiqués par le gouvernement), c’est encore et toujours parce que l’Etat ne tient pas ses engagements en ne payant pas la dette intérieure. A ce jour, l’encours de la dette intérieure est de plus d’1 milliard 300 millions de dollars (1,3 milliards USD) ». Il poursuit en relevant que « si on avait payé ne fût-ce que 30% de cette dette, ni le taux d’inflation, ni le taux de change ne seraient stables. La conséquence, par contre, est que l’activité économique réelle a baissé de 20 à 30% avec un impact sur les emplois et sur les recettes réellement encaissées par l’Etat. Je voudrais quand même rassurer les membres qu’il est prévu de payer 80 millions de USD sur le budget 2014 ».
Contre une dette intérieure évaluée à plus d’un milliard Usd, Albert Yuma « suppose qu’on fera un tirage au sort pour savoir qui sera payé sur base d’une si grande allocation budgétaire ». L’ironie utilisée ne doit avoir pas échappé à l’attention des observateurs pointus !
« Il faut ainsi noter qu’en 2013, c’est 165,2 milliards de francs congolais (près de 170 millions de USD) de ressources IADM qui ont été consommés », a souligné Yuma, estimant que « sans cet artifice, le taux de croissance ne serait pas celui annoncé ».
D’où, son pamphlet. « C’est ici l’occasion de nous interroger, en regardant uniquement les dépenses effectuées via les ressources IADM, pourquoi les attributions des marchés et les paiements se font systématiquement par le BCECO, qui devait déjà être fermé depuis l’arrêt des financements par la Banque mondiale des projets sociaux qui avaient justifié sa création. Pourquoi les appels d’offres et attributions ne sont pas réalisés par les organismes de l’Etat mandatés à cet effet, l’ARMP ou la DGCMP et pourquoi les paiements ne sont pas effectués directement par la Banque centrale ? Il y a là un problème de bonne gouvernance, d’éthique et de transparence qui devraient tous nous interpeller », note-t-il.
C’est dire que dans les rangs de la FEC, les statistiques ronflant du gouvernement sont montées de toutes pièces pour servir les intérêts d’une cause, celle de la communication. La FEC accuse ainsi l’équipe Matata de maquillage de la vérité dans le but de camoufler les graves erreurs en matière de gestion.
Aussi, pense-t-il que « nous ne devons pas nous satisfaire de statistiques ; il faut résolument se tourner vers des politiques économiques ambitieuses et volontaristes, tournées vers la facilitation de la production intérieure et la création de vraies valeurs ajoutées locales », rappelant que « la vision du président de la République est de faire de la RDC un pays émergeant à l’horizon 2030 ». Pour cela, estime la FEC, « il faudra initier de vraies réformes économiques structurelles, une refonte totale de la fiscalité et des procédures de mobilisation de recettes, une politique monétaire et de crédit ambitieuse, bref une politique tournée vers une révolution économique ».

LA FEC A CHOISI SON CAMP
Espère-t-elle trouver gain de cause avec l’actuel gouvernement. Ce n’est pas de l’avis d’Albert Yuma, son président de la FEC, qui est convaincu que « La RDC ne peut pas se satisfaire d’être gérée, avec prudence, comme une épicerie sur base caisse ». Selon il est plus qu’urgent d’accélérer le dossier de la mise en place d’un nouveau gouvernement pour sauver ce qui reste. S’il y en a encore, évidemment, semble-t-il dire.
La FEC a donc choisi son camp. Car, dans les rangs du patronat congolais, l’on est convaincu qu’« il ne suffit pas d’avoir un taux de croissance positif mais l’accent doit être mis sur la qualité de cette croissance qui doit être redistribuée et offrir davantage de possibilités de développement au plus grand nombre de nos concitoyens en boostant la production manufacturière et agro-industrielle, et la sous-traitance locale vers la création d’une valeur ajoutée de plus en plus croissante ».
« C’est l’un des défis à relever », se défend farouchement Albert Yuma. Bref, excédents budgétaires, maîtrise du cadrage macroéconomique, politique restrictive en lieu et place de celle expansive, on n’en veut pas à la FEC parce qu’elle plombe le pays dans sa marche vers son émergence.

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Matata Ponyo fait son bilan dans l'émission AINSI VAS LE MONDE sur la chaine francaise LCI