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mardi 16 février 2016

RDC : L’armée et la Garde Républicaine sur le point de se mutiner ? – JJ Wondo




RDC : L’armée et la Garde Républicaine sur le point de se mutiner ? – JJ Wondo
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/Kabila dirige une armée frustrée, qui ne cesse d’accumuler des humiliations ?


Malgré des mesures préventives et dissuasives de sécurité, consistant particulièrement à acheter massivement le matériel militaire, il nous revient de plusieurs sources militaires que le moral des troupes ne cesse de baisser du fait de la détérioration croissante des conditions de vie et de travail des militaires. Les troupes déployées au front alignent des mois sans être payées et la grogne gagne du terrain même au sein de la Garde républicaine (GR) où le Général Kampete, le commandant de la GR, a pu désamorcer une insurrection armée en novembre dernier.
Les FARDC[1], particulièrement la Garde républicaine, sont actuellement structurées à dessein par la stratégie de survie politique de Kabila. La hiérarchie militaire semble déconnectée progressivement de la base. A l’instar du reste de la société, les FARDC sont également rongées par la crise socio-économique et le népotisme qui y règne au détriment des subalternes, laissés-pour-compte. Une rupture s’installe graduellement entre une frange des troupes d’élite, majoritairement recensée dans la Garde républicaine, et le reste de l’armée et des hommes de troupes, en majorité mécontents de leur vécu quotidien, dont plusieurs ne cessent de nous contacter en privé pour nous faire état de leur condition d’abandon. La dernière datait de décembre 2015 lorsqu’une unité de l’armée a été abandonnée sans assistance sociale pendant plus d’un mois à l’aéroport de Luano, à Lubumbashi, par l’équipage militaire qui a préféré transporter des civils vers Kinshasa, moyennant de l’argent.

Le Gen d’armée François Olenga, le chef d’état-major particulier et chef de la maison militaire du Président

Des généraux et une partie des éléments de la GR gratifiés pendant que les troupes des FARDC broient du noir

L’entourage sécuritaire du président Kabila entretient une politique des deux poids deux mesures au sein des FARDC afin de constituer une minorité de troupes loyales à Kabila. C’est ainsi qu’à la suite de la défection des éléments GR du camp Kimbembe au Katanga, le général Ilunga Kampete a séjourné pendant plusieurs semaines à Lubumbashi en novembre 2015 pour soudoyer et choyer financièrement les autres éléments restants de la GR. « Le président Kabila a mis à sa disposition tous les moyens nécessaires (des sacs de billets de 100 USD et de 20.000 FC)…»[sup][2][/sup] alors que les autres éléments de la GR et des FARDC déployés dans le reste du territoire reçoivent un salaire de misère et broient du noir.
Dans une récente publication, nous avons fait état de la distribution des jeeps 4X4 de marque Toyota aux généraux retraités et en fonction de l’armée en plus de grosses sommes d’argent reçus en vue d’obtenir leur soutien dans un plan visant à maintenir Kabila illégalement à la tête d’une transition politique de trois ans[3].

Grogne et mécontentements discrets à la GR

Selon plusieurs informations recoupées des différentes sources de la Garde républicaine, Kabila a décidé de ne pas payer les primes de 100.000 FC (environ 100 $) à aux éléments de la GR pour le mois de décembre 2015. Les soldats de la GR n’ont reçu que leur salaire FARDC et les vivres comme tous les autres militaires FARDC. La prime de motivation de la Présidence de la république (mois de décembre 2015) n’a donc pas été payée sur instruction personnelle de Kabila.

Il semble que Kabila ne veut plus d’une armée à deux vitesses en cette période cruciale. Il craint la mutinerie des autres militaires qui ne reçoivent pas ces primes. En effet, si les éléments de la GR reçoivent les primes de motivation, les autres soldats commandos des Forces de réactions rapides (FRR) déployés dans les 3 Zones de défense dont la 11ème brigade commando/FRR stationnée à Maluku (à l’Est de Kinshasa au-delà de l’aéroport international de NDjili) et qui sont aussi très fidèles au régime risquent également de réclamer les primes de motivation. Alors, c’est pour éviter une réaction négative et des divisions au sein de l’armée, que le Président a décidé de suspendre les primes de motivation des militaires de la GR pour le mois de décembre 2015, tout en augmentant la rations alimentaire afin d’éviter un grand mécontentement. Il a demandé à Oscar (Gén. Olenga) de préparer les primes de motivation du mois de janvier 2016 qui doivent inclure les 3 brigades commandos/FRR : 31ème, 11ème, 32ème. Ce qui fait que la Maison militaire du Président sera en dépassement de crédit. Mais, il semble que Kabila tient à ce que les autres unités qui lui sont aussi fidèles, comme les FRR, soient payées car il ne veut pas mécontenter les FRR qui sont, selon lui, de braves soldats et efficaces au combat.
Ainsi, la maison militaire a décidé de réduire les primes des soldats de la GR de 100.000 FC (Francs congolais) à 50.000 FC car les moyens financiers disponibles sont insuffisants et en contrepartie, ils ont reçu la promesse d’augmentation de leurs rations alimentaires
Selon nos différentes sources au sein de la GR, cette mesure est très mal acceptée par les troupes de la GR : « Les soldats boudent car leurs primes de motivation seront réduites de moitié car élargie aux autres militaires. Mais pour le moment, ils sont à leurs postes et travaillent normalement, mais ils grognent en privé. »

DESC : Ils réagissent comment concrètement ?
Ils boudent, murmurent et c’est tout pour le moment ; mais depuis la distribution des Toyota à leurs chefs, le risque d’une mutinerie est de plus en plus élevé dans certaines casernes du pays. Les soldats ont l’impression d’être floués par leurs chefs et ne croient plus que Joseph Kabila pourra un jour leur apporter la solution à leur situation miséreuse.

Des signes de nervosité de la GR recensés ces derniers temps

L’entourage militaire de Kabila semble oublier les autres unités des FARDC, clochardisées et laissées-pour-compte. Il s’agit notamment des troupes déployées dans les opérations militaires Sukola 1 contre les présumés rebelles ougandais ADF à Beni et Sukola 2 contre les rebelles rwandais des FDLR à l’Est du pays, qui alignent des arriérés de paiements de leurs soldes militaires et manifestent leurs démotivations au combat contre un ennemi mal identifié. A ceux-là, il faut ajouter également les éléments de la police nationale congolaise, parmi lesquelles les unités de la LENI (Légion nationale d’intervention) et les GMI (Groupes mobiles d’intervention) qui viennent d’être récemment équipées en matériels de maintien de l’ordre et de communication avec un lot de 7500 radios Motorola portatif DP4801[sup][4][/sup] équipées de Bluetooth et GPS intégrés fournis par la société Motorola Israël[5], sans pouvoir bénéficier des primes spéciales accordées aux GR. Ces fonds spéciaux décaissés par leurs chefs ont été distribués entre quelques généraux et leurs collaborateurs directs.

Il sied de rappeler qu’en juillet 2014, le président Kabila a fait l’objet des menaces sérieuses de coup d’état de la part d’un groupe d’officiers de la GR, proches du général John Numbi[6]. Cette menace a été prise très au sérieux par l’entourage militaire de Kabila qui a proposé d’éloigner les militaires récalcitrants, en les envoyant principalement en formation en Alexandrie en Égypte[7]. Depuis, le général Olenga, le Chef d’état-major particulier du président Kabila, se méfiant personnellement de la GR, essaye de diluer l’influence de celle-ci en renforçant la protection de Kabila et de son régime par des éléments des forces de réaction rapide. Une situation qui provoque depuis une vive dissension entre le général Olenga et son ancien poulain, le général Gaston-Hughes Ilunga Kampete, le Commandant de la Garde républicaine. Nos sources nous informent que les relations entre les deux hommes sont très tendues.
Par ailleurs, il faut aussi rappeler l’attaque manquée du convoi de Kabila en juillet 2015, après sa participation au défilé du 30 Juin 2015 à Matadi. Cette attaque s’est déroulée pendant que des personnes non identifiées ont jeté des tracts dans différentes casernes militaires de la capitale: au camp Kokolo (Siège de la Force terrestre), au camp Ndolo (siège de la Force aérienne), à la base navale à Kingabwa (à Kinshasa) et au camp Badiadingi à Mont-Ngafula. Ces tracts, répandaient la « rumeur » selon laquelle : le président Kabila a donné une prime de 100$ américains, des sacs de riz, des cartons de poulets à chaque soldat pour la fête de l’indépendance du 30 juin 2015, comme il le fait en principe chaque année. Mais que tous ces produits ont été détournés par les Généraux Dieudonné Banze Lubunji (Chef d’état-major de la force terrestre et ancien commandant de la GR) et Gabriel Amisi Kumba Tango Four (Commandant de la 1ère Zone de Défense)[8].

Dans la vague de la vulnérabilité de l’armée, nous noterons enfin la défection d’une compagnie d’environ 200 militaires du camp Kimbembe à Lubumbashi en septembre 2015, emmenant avec eux quatre missiles portatifs Manpads[9]. La disparition de ces soldats d’élite des FARDC a poussé Kabila à considérer le Katanga comme une zone opérationnelle de guerre. Nous y reviendrons prochainement sur cette situation qui risque d’exploser à tout moment et dont nous avons déjà livré l’état des lieux sécuritaire[10] préliminaire.
Dans notre analyse intitulée : « Ma lecture 2 – RDC 2016 : Equations, les hommes en vue et mes craintes », nous avons relevé le risque de l’immixtion de l’armée dans le jeu politique, à l’instar du Burkina Faso. Sur base des informations crédibles, nous avons particulièrement attiré l’attention sur la Garde républicaine qui peut opérer un coup d’état à la fois en faveur ou contre Kabila[11]. Cette éventualité a également été confirmée par l’ancien secrétaire d’État américain aux Affaires africaines, Herman Cohen, qui a déclaré sur Al Jazeera que la Garde Républicaine était divisée et qu’une grande partie de ses troupes ne défendrait plus Kabila si ce dernier s’obstinait à se maintenir au pouvoir ou à « glisser »[12].

La guerre des clans au sein de l’entourage sécuritaire présidentiel

Il nous revient de plusieurs sources recoupées que le pouvoir de Kabila, même son pré-carré sécuritaire, est de plus en plus divisé entre d’une part les faucons qui ne veulent pas faire de concession à l’opposition et veulent écraser par la force et de manière dure les manifestants, et d’autre part les colombes (les modérés) ou du moins les personnes qui prônent une approche modérée et légale dans l’intervention de l’armée et des forces de sécurité. « Il y a de sérieuses dissensions dans le pré-carré et des suspicions mutuelles que le boss s’efforce à gérer », nous a confié une source présidentielle.
D’ailleurs, nous avons mentionné des dissensions sérieuses entre le Général François Olenga et son poulain le Général Gaston-Hughes Ilunga Kampete. Le premier est le chef d’état-major particulier de Kabila et le chef de la Maison militaire du président de la République. Olenga a sous son commandement fonctionnel direct la Garde républicaine qui est dirigée par le Général Gaston Ilunga Kampete, un ancien de la DSP et abandonné avec ses troupes par Joseph Kabila en 2000 à Pweto (Nord Katanga) lors de la Guerre contre le RCD-Goma appuyé par le Rwanda). Ilunga Kampete était un homme de confiance du général Olenga qui est en quelque sorte son père spirituel[13]. Mais nos sources nous disent qu’il prend ses distances vis-à-vis d’Olenga depuis que Kabila l’a nommé commandant de la GR. « Le courant ne passe plus entre Olenga et Ilunga Kampete ». Les deux hommes ne partagent plus la même vision de l’armée, particulièrement en ce qui concerne le rôle de la GR.

Aujourd’hui en RDC, la GR est une armée dans l’armée et est capable – avec ses plus de 18.000 hommes – de neutraliser Kabila et le reste de l’armée. Mais nous ne savons pas quelle est l’influence de Kampete sur les troupes de la GR ni l’influence d’Olenga sur ces troupes qui sont très divisées et devenues mutuellement méfiantes.
Il y a aussi le Général Jean-Claude Yav (Chef des renseignements militaires et adjoint d’Olenga à la Maison militaire du Président) et ses frères Philémon Yav (commandant de la 22ème région militaire) et Klein Yav Kabej (actuellement commandant de la base stratégique GR de Kibomango, près de Kinshasa où est entreposé l’armement acheté pour la GR). Selon notre source, Jean-Claude Yav est aussi en conflit ouvert avec Olengaalors que son frère Philémon au Katanga reste très loyal à Olenga. Il faut aussi rappeler que les frères Yav sont des anciens gendarmes katangais exilés en Angola et ont maintenu des contacts avec l’Angola. Je dirais même qu’ils sont soutenus par l’Angola. Or, plusieurs informations reçues des sources nationales et internationales font état du rapprochement entre Katumbi – G7 et l’Angola, par l’entremise de Sindika Dokolo[14], le gendre de Dos Santos, le mari de la milliardaire Isabel Dos Santos[15].
Par ailleurs, cette guerre des clans autour de Kabila fait déjà ses premières victimes. C’est le cas de Georges Monga, le directeur des opérations de l’ANR qui se trouve actuellement en soins à New-York à la suite d’une tentative d’empoisonnement suspect attribué à ses collaborateurs, selon notre source.

Joseph Kabila en passe d’être trahi par son « pré-carré » sécuritaire comme Mobutu en 1997 ?

Ce qui est intriguant dans l’analyse sécuritaire de la RDC est que depuis octobre 2015, le président Kabila a déployé au Katanga un armement lourd et surtout envoyé plusieurs de ses loyaux collaborateurs pour tenter de localiser les déserteurs mais aussi d’endiguer le risque de la menace. Il y a envoyé, sans succès, en missions extraordinaires de longue durée les généraux Ilunga Kampete, Jean-Claude Yav Kabej, Jean-Claude Kifwa Kambili (Tango Tango), Mustapha Mukiza[16], Kalev Mutond, Didier Kazadi Nyembwe (le conseiller privé en sécurité de Kabila, de plus en plus visible ces derniers temps à la présidence) le professeur Jules Katumbwe bin Mutindi, Conseiller principal à la présidence de la république chargé de la sécurité intérieure[17], le directeur des opérations de l’ANR Georges Monga dit Estimé ainsi que le directeur de la branche intérieure des renseignements militaires (ex-Démiap/Intérieur), le colonel Augustin Mamba.
Il y a aussi le général en disgrâce John Numbi que plusieurs sources ont aperçu ces derniers temps en Zambie, plus précisément dans sa ferme de Kitwe près de Ndola. Kabila lui a confié la mission délicate de rechercher les déserteurs GR de Kimbembe. C’est-à-dire, les localiser éventuellement en Zambie, les retrouver et les persuader de regagner les rangs ou à la rigueur les neutraliser en cas de leur refus. Sa mission est d’attirer et infiltrer le réseau de ces déserteurs soupçonnés de se réfugier en Zambie qui pour certains lui feront confiance, après l’échec des missions effectuées par Jean-Claude Yav et Kalev Mutond qui ont séjourné en Zambie les mois écoulés. John Numbi se trouve à cheval entre Kitwe et son autre ferme de Mukeno en RDC, sur la route de Kasenga (à 122 Km au nord de Lubumbashi). Il aurait accepté cette mission car Kabila l’a convaincu qu’il sera arrêté et traduit devant la justice internationale en cas de changement de régime suite à l’affaire du double assassinat des activistes des droits de l’homme Floribert Chebeya et Fidel Bazana et que son seul rempart et protection c’est le régime de Kabila qui lui confère une impunité totale. Mais nous doutons fort que Numbi agisse encore en faveur de Kabila sur base des autres informations à notre disposition et surtout de sa proximité avec l’Angola.

A ce jour, cette armada de sécurocrates déployés au Katanga n’est pas parvenue à retrouver la moindre trace des fugitifs. Deux constats très importants doivent se dégager. Soit que ces collaborateurs de Kabila, cités ci-hauts,sont vraiment incompétents ou alors ils savent où se trouvent exactement ces déserteurs mais établissent de faux rapports à leur chef car ils sont dans la même disposition que les généraux traitres de Mobutu en 1997, c’est-à-dire celui du sabotage de leur chef. Plusieurs indices probants à notre disposition nous obligent de privilégier la seconde hypothèse et l’avenir proche nous en dira plus… Car l’histoire de la RDC risque d’être un éternel recommencement ! Le récent cas d’arrestation arbitraire, illégale du député Martin Fayulu par les agents de la Garde républicaine illustre la thèse du sabotage.
L’arrestation de Fayulu a été une opération de la Démiap/Intérieur planifiée par le colonel Vincent Tambwe (Directeur des Opérations de la Démiap/Intérieur). Vincent Tambwe dépend directement du général tutsi Delphin Kahimbi[1] qui est le chef d’état-major chargé des renseignements militaires (à la Démiap). Pour rappel, l’ancien kadogo Kahimbi était chef de l’équipe militaire du Gouvernement lors de négociations de Kampala avec les rebelles du M23 qu’il a côtoyés comme frère d’armes dans le FPR et l’AFDL. Tous ces officiers cités sont placés sous le monitoring pénal de DESC et des organisations de défense des droits de l’homme.

Cette arrestation montre en outre que ce n’est pas le gouvernement congolais qui dirige et contrôle le pays mais bien le cercle militaire et sécuritaire restreint de Kabila qui décide unilatéralement de mener certaines opérations, sans consulter ni le Parlement ni le Gouvernement (Ministres de la Défense, de la Justice ou de l’Intérieur). La manière dont cette arrestation a été menée dénote un amateurisme puéril car le député Fayulu est protégé par l’immunité parlementaire et ne peut faire l’objet d’arrestation dans les conditions  rapportées par la presse. Il s’agit d’une grave violation des dispositions constitutionnelles (article 107)[sup][18][/sup] et légales. Par ailleurs, l’armée, encore moins la GR, n’est pas légalement habilitée à procéder à une arrestation judiciaire de n’importe quel citoyen. Même Aubin Minaku, le président de l’Assemblée nationale, a déclaré que quels que soient les faits reprochés à Fayulu, il ne devrait pas être détenu. Outre le caractère arbitraire et l’amateurisme de cette arrestation ridicule, je me pose la question si l’entourage de Kabila ne l’induit pas sciemment en erreur.L’hypothèse de sabotage de Kabila par ses proches collaborateurs militaires me semble plausible et ne doit pas être exclue.

Conclusion

Le népotisme et le clientélisme au sein de l’armée (FARDC) ne cessent de créer une fracture sociale entre une frange de l’élite, majoritairement recensée dans la GR, et les militaires des autres composantes des FARDC. A cela, il faudrait ajouter la diminution des primes des soldats de la GR qui manifestent déjà leurs mécontentement. Tout cela augmente le risque d’impacter le moral et la discipline des troupes dont il faudrait probablement s’attendre à des mutineries. Plusieurs militaires sont de plus en plus convaincus que le régime de Kabila ne leur apportera plus aucune amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Ce qui n’est pas faux. Ils seront de plus tentés soit à se mutiner, et on en a même évité dans les mois passés à Kinshasa (GR), soit à laisser faire. L’affaiblissement à dessein du reste de l’armée sur le plan intérieur pourrait jouer contre le régime de Kabila.
Selon notre analyse, l’entourage sécuritaire et même politique de Kabila manifeste plutôt une loyauté opportuniste ou d’intérêt envers son chef. Il ne s’agit pas d’une loyauté idéologique. Donc, malgré les divisions, la loyauté envers Kabila reste très fragile. D’autant que certains de ces officiers ont été dans les FAZ (Forces armées zaïroises) sous Mobutu et l’avaient trahi en 1997. D’autres ont été proches de Laurent-Désiré Kabila et étaient au courant (et ont même participé activement ou passivement) à son assassinat. A la suite de la gratification des généraux avec des Toyota et des milliers de dollars[19], certains soldats mécontents, s’exprimant sous anonymat, ont déclaré : « Ba généraux basalaka na ba bureaux mais tala mbongo ebele bazo zwa, soki eyindi bazwa mpe madonki babunda » (Les généraux se cantonnent dans leurs bureaux mais sont grassement gratifiés, mais en cas de troubles, qu’ils prennent aussi les armes pour se battre)[20].

Toutefois, nos sources (Renseignements militaires ; contacts GR à Kinshasa ; Contacts militaires à Lubumbashi ; État-major des FARDC à Kinshasa) nous parlent d’une nette cassure entre les troupes y compris ceux de la GR (qui veulent d’un changement qui signifie pour eux une nette amélioration de leurs conditions de vie et de travail) et les officiers généraux et supérieurs, isolés et coupés de la base, qui croient encore au régime de peur de perdre leurs avantages, positions et statuts sociaux et professionnels. Toutes ces sources admettent que l’armée, dans une grande majorité, est favorable à une alternance démocratique à la fin du mandat constitutionnel du président Kabila qui a atteint ses limites en matière de sécurité et de réforme inefficace des services de sécurité. Tous, comme en 1996 et 1997 sous Mobutu, espèrent un changement avec le prochain président censé être élu « démocratiquement » !
Il me revient de rappeler que les armées oisives et détournées de leur mission principale de défense du territoire pour s’intravertir vers des missions de police politique intérieure finissent souvent par se mutiner.

Jean-Jacques Wondo Omanyundu / Exclusivité DESC"

FLASH : Ville morte, la France instruit ses compatriotes en République démocratique du Congo de ne pas sortir ni se rendre aux lieux de service, demain mardi 16 février 2016, mais de rester plutôt à la maison/



/FLASH : Ville morte, la France instruit ses compatriotes en République démocratique du Congo de ne pas sortir ni se rendre aux lieux de service, demain mardi 16 février 2016, mais de rester plutôt à la maison

http://www.rdc-news.com/#!FLASH-Ville-morte-la-France-instruit-ses-compatriotes-en-République-démocratique-du-Congo-de-ne-pas-sortir-ni-se-rendre-aux-lieux-de-service-demain-mardi-16-février-2016-mais-de-rester-plutôt-à-la-maison/cjds/56c1eeb50cf255bb2b248765/



L’élection des gouverneurs provinciaux : Gaspillage et illégitimité/




L’élection des gouverneurs provinciaux : Gaspillage et illégitimité


Alors que l’organisation des élections présidentielle et législatives est à l‘arrêt depuis un an, voilà que l’élection des gouverneurs provinciaux est programmée dans la précipitation pour le 26 mars. Après une loi passée en vitesse, le gouvernement et la CENI s’apprête à gaspiller de l’argent, de l’énergie et du temps pour une élection illégale par des assemblées illégitimes dans un processus caduc. Illégale car des députés provinciaux tombés dans l’illégitimité au terme de leur mandat ne peuvent pas transmettre une quelconque légitimité à des gouverneurs. Caduque car en dehors des délais prévue par la loi mettant en place les nouvelles provinces. L’élection préparée en vitesse n’est rien d’autre qu’une violation intentionnelle de la Constitution et des lois de la République. Il est inacceptable que la CENI, qui, selon la loi organique organisant cette institution d’appui à la démocratie, doit jouer le rôle principal dans la consolidation de la démocratie, contribue à un exercice qui s’inscrit dans une démarche intentionnelle menant à l’illégitimité généralisée de toutes les institutions. La complicité de la CENI dans cette opération électorale démontre la soumission du bureau de la CENI aux instructions du pouvoir exécutif, en violation de la Constitution et des lois de la République.
Légitimer l’illégitimité est en réalité l’objectif de cette opération électorale. Car en aucun cas, un député hors mandat ne peut conférer une légitimité qu’il n’a pas à un gouverneur. C’est bien simple : l’article 158 de la loi électorale dispose « Les gouverneur et vice-gouverneurs de province sont élus (…) par les députés provinciaux». Or l’article 197 de la Constitution fixe à 5 ans le mandat des députés provinciaux. Et le mandat des députés provinciaux, élu en 2006, est expiré depuis 2011 ! L’ordre constitutionnel impose donc d’organiser l’élection, libre et transparente, de nouveaux députés provinciaux. Eux seuls pourront élire des gouverneurs provinciaux légitimes. / Les candidatures à ces élections provinciales et les cautions ont d’ailleurs été enregistrées et encaissées ! Mais que fait donc la CENI en se précipitant pour organiser l’élection illégale des gouverneurs provinciaux tout en affichant son incapacité à organiser les élections législatives et présidentielles ? Car ce sont bien ces élections, législatives et présidentielles, que la CENI à le devoir d’organiser en priorité, et dans le respect de toute la Constitution. Voilà la responsabilité du bureau de la CENI gravement engagée, et sa crédibilité anéantie.
A l‘illégalité de l’élection prévue le 26 mars 2016 s’ajoute encore un second niveau d’illégitimité lié au principe de démocratie représentative et au droit fondamental à la participation citoyenne aux affaires publiques. En effet, Le décret du premier ministre a créé de nouvelles villes qui ont été érigé en circonscriptions au regard de la Loi électoral. Ces nouvelles circonscriptions autonomes des circonscriptions d’origines n’ont par définition pas d’élus propres puisqu’elles n’ont pas encore élu de représentants. Aucun élu au niveau provincial ne représente donc les citoyens des circonscriptions électorales redéfinies par la loi électorale. Au nom de quels citoyens qu’ils ne représentent pas, des députés hors-mandat depuis 2012, donc illégitimes, pourraient-ils élire un gouverneur provincial qui ne représenterait personne ?
/Enfin la caducité du fondement légale de cette élection qui est contraire à la loi.En effet, la CENI fonde aussi son calendrier du 10/02/16 sur la loi électorale qui édicte en son article 168 ce qui suit : « l’élection du Gouverneur et du Vice-gouverneur de province a lieu, au plus tard, vingt et un jour après l’installation du bureau définitif de l’Assemblée provinciale », Or, pour parler de l’installation du bureau définitif de l’Assemblée provinciale, il convient de recourir à l’article 9 de la loi de programmation n°15/004 du 28 février 2015 qui stipule que :« quinze jours suivant la présentation du rapport par la commission et sa prise d’acte par l’Assemblée provinciale existante, chaque assemblée provinciale de la nouvelle province se réunit de plein droit en session extraordinaire en vue de : 1. (…) 2. (…) 3. (…) 4. L’élection et l’installation du bureau définitif ; 5. (…) ». Or ces délai sont révolus. Les nouvelles provinces et leur bureau sont donc caducs et ne peuvent élire un gouverneur sans violer la loi qui les a installés.
A ce jour, on accuse un délai révolu dans le processus de l’installation du bureau définitif et faute du respect dudit délai qui est revêtu d’un caractère obligatoire et opposable à tous, contenu dans l’art.9 susmentionné qui dispose : « … se réunit de plein droit… », il y a lieu de relever le caractère caduc de l’art.9 et par conséquent, le calendrier publié le 10 février 2016 est aussi caduc puisque l’application de cet article a été tardive c’est-à-dire non exécuté dans le temps prévu.
En d’autres termes, le respect du délai énoncé dans la loi de programmation est de stricte application c’est-à-dire il est d’ordre public, nul n’est censé le violer.
Dans ce contexte, il est inenvisageable que l’opposition participe à une mascarade illégale. Une mascarade coûteuse car cette élection illégale sera de toute manière annulée par les autorités publiques nées des élections législatives et présidentielles à venir. Ce simulacre de démocratie est une atteinte d’une extrême gravité au fonctionnement de nos institutions et à l’état de droit. Il est donc évident que l’opposition parlementaire se joindra à la journée ville morte du 16 février pour s’associer à une démonstration populaire indispensable à la consolidation de notre démocratie, marquant l’attachement à notre Constitution et aux institutions qu’elle a mis en place. Car Il est urgent d’empêcher la violation de la Constitution pour installer l’illégitimité et de porter atteinte intentionnellement à la volonté du peuple congolais. Pourquoi s’acharner-t à faire élire des gouverneurs sans passer par le suffrage universel ? Quelle sera la ou les prochaines élections organisées en vitesse derrière les rideaux ? Personne n’est dupe. Et personne ne peut l’accepter.
Pour le Groupe Parlementaire UDPS et alliés
Samy BADIBANGA
http://7sur7.cd/new/lelection-des-gouverneurs-provinciaux%E2%80%AF-gaspillage-et-illegitimite
http://7sur7.cd/new/lelection-des-gouverneurs-provinciaux%E2%80%AF-gaspillage-et-illegitimite/

Prenant le contre-pied de Mavungu et Tshibala, Tshisekedi appelle à observer «la ville morte» le 16 février


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Prenant le contre-pied de Mavungu et Tshibala, Tshisekedi appelle à observer «la ville morte» le 16 février























A son tour Étienne Tshisekedi, leader de l’Udps, soutient «la ville morte» programmée demain le 16 février. Il vient de rendre publique sa position via une lettre datée du 15 février signée de sa main. Pour Tshisekedi, il s’agit des manifestations pacifiques pour vaincre la dictature. Cette position du leader de l’opposition contredit les prises de position ultérieures de deux de ses proches lieutenants: Bruno Mavungu et Bruno Tshibala. Respectivement Secrétaire général et Secrétaire général adjoint de l’Udps. Les deux avaient affirmé dans les médias jusqu’à récemment encore que leur parti n’était pas concerné par cette initiative de la Dynamique de l’Opposition, du G7 et du Front Citoyen 2016. La position de ces deux cadres du parti cher au sphinx avait déjà mis à mal sa cohésion car sa jeunesse ne l’entendait pas de cette oreille. Elle continuait à travailler pour la réussite de la ville morte. Finalement, le chef du parti a tranché en apportant son soutien à la jeunesse de son parti. Et de ce fait, a mis son parti en phase avec les aspirations populaires. Lesquelles sont le respect de la Constitution et l’organisation des élections dans le délai constitutionnel. En le faisant, Tshisekedi évite à l Udps l’humiliation de janvier 2015. Ses cadres étaient passés dans les médias pour appeler la population à se désolidariser avec les marches projetées par l’ensemble de l’Opposition. La veille des manifestations, in extremis, Tshisekedi avait appelé le peuple à descendre dans la rue. Les manifestations furent un succès. Et l’Udps n’en recolta pas les dividendes à cause de son ambiguïté. La même situation se répète à la veille de l’appel à la ville morte. C’est à croire que l’ Udps n’a toujours pas tiré les leçons de janvier 2015. Ci-dessous le communiqué du président de l’Udps.







http://7sur7.cd/new/prenant-le-contre-pied-de-mavungu-et-tshibala-tshisekedi-appelle-a-observer-la-ville-morte-le-16-fevrier/