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lundi 10 mars 2014

« Sauvons la RDC » : Pétition contre « l’Abbé Malumalu», Président de la CENI - Ce que cachent les assurances du ministre des Médias et de «l‘Abbé Malumalu»

« Sauvons la RDC » : Pétition contre « l’Abbé Malumalu», Président de la CENI - Ce que cachent les assurances du ministre des Médias et de «l‘Abbé Malumalu»



La carte du Congo-Kinshasa aux couleurs de l’emblème national 


La dernière sortie médiatique du ministre des Médias, particulièrement son coup de gueule contre la pétition « Sauvons le Congo » (voir annexes 1et 2) exigeant la démission immédiate de « l’Abbé Malumalu », est plein d’enseignements sur le type de pouvoir qui s’exerce dans notre pays.

Pour tous ceux qui, au pays comme à l’étranger, s’acharnent à nous faire croire que la RDC est une démocratie naissante au sortir des élections de façade de 2006 et 2011, la dernière « tragi-comédie-satirique » que propose la récente conférence de presse du ministre des Médias est intéressante à plusieurs niveaux.

Pour comprendre mon propos, il faut aller au-delà du rire et du désintéressement que provoquent souvent ces conférences de presses où désinformation rime avec manipulation dans des scénarii de pauvre qualité qui ne peuvent avoir comme meilleur acteur que le porte-parole du gouvernement.

Contrairement à ce que l’on peut penser, ces shows mal articulés ont des effets souvent inattendus même pour l’acteur. En effet, pour ne prendre que la dernière prestation, il est intéressant de revisiter ses propos concernant la pétition « Sauvons le Congo » contre le Président de la CENI.

Au-delà du cynisme, du sarcasme et surtout du caractère menaçant, à peine voilé, de sa petite phrase adressée aux auteurs de la pétition, il est utile de la décortiquer afin de montrer au grand public ce que cache cette fébrile fermeté du ministre des Médias : « Vous pouvez rassembler un milliard de signatures, votre pétition ne sera suivi d’aucun effet. « l’Abbé Malumalu » ne démissionnera pas ! »

C’est en ces termes que le ministre des Médias d’un régime qui se proclame
«démocratique» communique avec ses concitoyens ou avec les auteurs de la pétition, acte constitutionnel de participation citoyenne que lui n’est pas censé ignorer ! Fait plus grave, en s’adressant ainsi aux auteurs de la pétition, le ministre a oublié qu’il s’adressait aussi à une frange importante de notre population. Il s’en rendra sans doute compte lorsque la pétition aura récolté des millions de signatures !

1. Une phrase, expression du mépris des dirigeants pour le peuple congolais

Les propos du ministre des Médias éclairent sur la nature du pouvoir qui gouverne en RDC. Menaces, et mépris du peuple sont des stratégies d’obstruction des libertés citoyennes qui se manifestent étrangement au travers de ces quelques mots du ministre. Pour tous ceux qui ne veulent pas comprendre, le pouvoir se charge d’allier paroles aux menaces et autres arrestations arbitraires poliment qualifiées « d’invitation de la police » ! Les initiateurs de la pétition ainsi que des responsables de partis politiques de l’opposition en savent quelque chose à chaque fois qu’ils désirent entrer en contact avec la population.

Cette phrase est aussi l’expression manifeste d’un régime qui dirige par défi ! Quelle que soit la position de la population sur un sujet d’intérêt public, les dirigeants répondront par un « non » révélateur tant que leurs intérêts égoïstes seront en danger. C’est, sans doute, ce qui explique ce sarcasme concernant le résultat de cette pétition : « bolinga bolinga te tokochanger Malumalu te ! ». « Que vous le vouliez ou pas, Malumalu ne démissionnera pas ! ».

2. Une phrase, expression de la peur des dirigeants congolais

Contrairement à ce que plus d’une personne peuvent penser, l’arrogance du ministre des Médias voile à peine sa peur de voir cette pétition récolter des millions de signatures. Pour comprendre cette peur, il faut analyser la suite que pourraient prendre les évènements, une fois que le peuple se sera massivement exprimé à travers cette pétition aux allures de consultations populaires qui pourraient aboutir à un désaveu cinglant du régime.

• La peur des hommes et femmes politiques

Des millions de signatures récoltées contre le Président de la CENI ; des millions de signatures, toutes expressions du refus de la fraude dans la désignation des responsables d’une institution aussi importante que la CENI, auront un effet imprévisible sur la réaction des représentants du peuple au Parlement.

Le ministre des Médias le sait. « L’Abbé Malumalu » en politologue averti le sait. Ils ne pourront pas empêcher le dépôt de cette pétition au Parlement. Les députés et autres Sénateurs, toutes tendances confondues creuseront leurs tombes si, à répétition, ils continuent à braver leurs électeurs. Bien plus, les enjeux des échéances électorales prochaines peuvent pousser certains responsables des partis de la majorité à trouver Malumalu gênant et encombrant. En effet, beaucoup seront tentés par le refus de tout acte de corruption suicidaire qui hypothéquerait leur avenir politique. A l’aube des élections locales, provinciales et sénatoriales, très peu de politiciens se feront hara-kiri pour sauver « l’Abbé ».

• La peur de la hiérarchie de l’Eglise catholique

C’est un secret de polichinelle. Notre Eglise hiérarchique est régulièrement divisée lorsqu’il s’agit de prendre position pour peuple souffrant du Congo. Souvenons-nous de la parole métaphorique ambigüe de cette hiérarchie après la marche du 16 février 1992 : « plus jamais de 16 février ! ». Souvenons-nous de l’abandon de ce peuple alors qu’ensemble, on avait déclenché le combat non violent pour la vérité des urnes ! Souvenons-nous du débat indécent et des prises de position d’une partie de cette hiérarchie après la frauduleuse désignation de « l’Abbé Malumalu » à la tête de la CENI !

Une pétition massivement signée contre « un Abbé » et déposée à la Conférence Episcopale du Congo, à la Nonciature Apostolique du Congo, auprès de l’évêque de « l’Abbé» et à Rome, va certainement faire bouger les choses dans le sens de l’exigence de la démission de notre « Abbé ». Pour l’Eglise catholique, il sera question de redorer l’image d’une hiérarchie de l’Eglise de Saint Pierre en terre congolaise, une institution qui, chaque jour, place étrangement le pouvoir, l’avoir et le valoir au cœur d’un évangile mercantiliste qui crucifie le Christ.

Un homme politique averti comme le Ministre de la communication et un « Abbé » au courant des coulisses romaines savent pertinemment bien qu’une pétition réussie peut avoir un impact inattendu sur la position de la hiérarchie de l’Eglise catholique. Quant à l’évêque de « l’abbé Malumalu », des pressions venues de la Nonciature, à Kinshasa, et de la curie romaine, à la suite de cette pétition, le feraient certainement réfléchir lorsqu’il sera question de choisir entre la perte de son pouvoir d’évêque par suspension ou retraite anticipée et la protection de son « Abbé » qui a perdu la vertu sacerdotale de l’obéissance !

• La peur de l’homme Malumalu

A ce stade, je ne parle pas de « l’Abbé Malumalu », lui a choisi son camp. La pétition massivement signée parlera à « l’homme Malumalu », du moins ce qu’il en reste encore. Je n’en doute point, le politologue Malumalu le réalise chaque jour qu’il apprend le nombre grandissant de signatures. C’est sans doute ce qui explique son agitation actuelle. On l’a entendu affirmer que son institution était indépendante et que la pétition n’aurait aucun effet sur lui ! Qu’il laisse faire et on verra bien ce que la pétition produira comme effet. C’est juste une première tentative pour notre peuple.

Visiblement, « l’homme Malumalu » est ébranlé de savoir ce qu’il sait déjà mais que des millions de signatures confirmeront dans un avenir proche: « des millions de Congolaises et Congolais ne veulent pas de lui à la tête de la CENI ». L’homme saura que tous, fils et filles du pays et partenaires étrangers, savons désormais qu’il est désavoué par les siens. Malumalu sait déjà qu’il ne bénéficie plus du crédit confiance de 2006. Même parmi les partenaires étrangers, l’idée de composer avec « un homme d’église » qui refuse d’obéir à la volonté populaire va faire étrange auprès de leurs opinions si celles-ci venaient à être correctement informées.

Tout refus d’obtempérer à pareille pétition condamnera « l’homme Malumalu » à une vie cachée, fuyant constamment les regards des autres. Il perdra progressivement le peu d’estime que quelques personnes lui témoignent encore. La pétition le placera entre le marteau et l’enclume. Malumalu sera obligé de choisir entre « l’homme », créé à l’image de Dieu et fruit de la noble éducation de ses parents et « l’Abbé » fonctionnaire du pouvoir, de l’avoir et du valoir!

• La peur de certains partenaires étrangers

Aussi étrange que cela puisse paraître, il existe bel et bien une catégorie de partenaires étrangers qui ont peur de la pétition contre Malumalu. Il s’agit entre autre de ces partenaires (individus et gouvernements) qui ont fait de l’organisation des élections en RDCongo, un business comme l’humanitaire. Ces partenaires ne se cachent pas. Ils demandent s’ils n’ordonnent pas aux uns et aux autres de soutenir Malumalu afin qu’eux atteignent leurs objectifs. La fraude électorale a besoin d’une grande machine dans un pays aussi vaste comme le Congo. C’est un secret pour personne. Les élections offrent des emplois à de nombreux expatriés jeunes sans emplois comme vieux, devenus des spécialistes des questions électorales, le temps de la retraite dans leurs pays d’origine. Les élections truquées et non crédibles dans les pays « post-conflits » sont des marchés avec des affaires juteuses financièrement. Personne n’est dupe !

Pour bon nombre de ces partenaires, la pétition contre « l’Abbé Malumalu » marquerait la fin d’un rêve. Il suffit de voir l’enthousiasme de tous ceux qui avaient été mis à l’écart par le Pasteur Ngoy Mulunda, de triste mémoire et qui ont repris du service à travers multiples missions internationales d’appui aux élections. Pour eux donc, une pétition massivement signée représenterait un danger, car elle les mettrait dans une situation embarrassante vis-à-vis de l’opinion publique dans leur pays. Et puis, que signifierait pareil désaveux pour certains parmi ces partenaires internationaux qui ont gardé un peu d’éthique dans ce Congo booster par les intérêts égoïstes des uns et des autres. Comment justifier la collaboration avec un « Abbé » désavoué par son peuple auprès d’une opinion internationale de plus en plus exigeante quant à la politique extérieure des gouvernants ?

3. Une phrase, expression de la peur d’une grande mobilisation autour de la pétition

Derrière l’assurance de la prestation du Ministre de la communication, sa petite phrase exprime sa peur de voir une grande mobilisation autour de la pétition contre « l’Abbé Malumalu ». Ce qu’il ne sait pas, c’est que sa sortie médiatique a été une grosse publicité gratuite offerte à cette pétition. Beaucoup de nos concitoyens qui l’ignoraient, cherchent à connaître cette pétition et les endroits où elle se signe. Le Ministre a, malgré lui, déclenché la ruée vers les points de signatures. Ce coup de pouce imprévu va certainement déclencher une meilleure redistribution de l’information et une cartographie des lieux de signatures dont les points focaux seraient :

• Nos paroisses

Les croyants, toutes confessions religieuses confondues peuvent, en toute liberté organiser la collecte des signatures. Au cas où les hiérarchies de nos différentes confessions religieuses refuseraient, les laïcs peuvent et doivent s’engager, au nom de leur foi, en transformant leurs CVB et autres cellules en points de collecte de signatures. Ils peuvent aussi réaliser ce travail en s’appuyant sur les structures d’Eglise que nous animons. Je fais allusion, ici, aux différentes commissions. Il est temps de faire comprendre aux hiérarchies de nos Eglises que ces structures n’ont pas étés créées dans le seul but de servir de pool de collecte d’argent pour célébrer les 5, 10, 15, 20, 25, 50 ans de vie sacerdotale des Abbés, prêtres et autres Princes de l’Eglise !

Les laïcs doivent comprendre qu’il leur revient de s’engager politiquement s’ils veulent voir les choses changer pour le bien de tous et même de cette hiérarchie qui, aujourd’hui, a tendance à devenir complice des animateurs de cet odieux système qui exploite l’homme et la femme de ce pays.

• Notre maison, notre parcelle, notre rue, notre quartier, notre rond point, notre marché, notre terrasse, etc.

Que chacun de nous, dans ces milieux, structures citoyennes par excellence, prenne une copie de cette pétition et la fasse signée. Nous pouvons la faire signer par famille, avec tous nos enfants, nos amis rapprochés et les membres de notre clan à Kinshasa comme en provinces. Pour nos enfants, cette pétition sera leur premier acte citoyen responsable dans le combat qui les attend pour l’instauration de la démocratie dans notre pays. La pétition leur fera comprendre que leur avenir sera tributaire de leur engagement individuel et collectif en faveur des valeurs républicaines.

• Les sièges de nos partis, syndicats et autres associations

Les sièges de ces institutions sont des lieux appropriés pour pareille mobilisation. La signature de cette pétition offre une opportunité de rappel des troupes. C’est l’occasion de se compter au sein du parti, des syndicats et autres associations. Pour les partis politiques, la collecte des signatures au siège est un recensement intéressant des membres du parti à l’aube des élections locales !

Les Congolaises et Congolais de l’étranger

Pour les Congolaises et Congolais de l’étranger, la présente pétition résonne comme un chant de ralliement. La pétition est dans la ligne de cette mobilisation pour un Congo meilleur. Si elle aboutit, elle permettra aux fils et filles de la RDC d’entonner l’hymne de l’espoir que résume ci bien la chanson fétiche de Lokwa Nkanza : « Nakei kasi loobi nakozonga ».

La contribution des Congolaises et Congolais de l’étranger sera triple :

Primo, la diaspora congolaise facilitera la collecte des signatures à travers l’Europe, l’Amérique du Nord, le Canada et l’Afrique. Cette activité via les réseaux sociaux va souder le combat qui se poursuit pour plus de transparence dans la gestion de notre pays. Si tous vos différents réseaux se mobilisent autour de cette pétition, le monde entier comprendra le sens de votre combat. La pétition deviendra alors cette puissante action qui permettra de contredire l’action des dirigeants actuels qui s’acharnent à présenter la diaspora congolaise comme un ensemble de casseurs et de fauteurs de troubles.

Secundo, les Congolaises et Congolais de l’étranger seront, dans la non-violence, le relais, à l’étranger, de la voix de notre peuple, une fois que l’on aura rassemblé suffisamment de signatures. Ils pourront utiliser cette pétition comme un puissant outil de lobbying dans les milieux officiels et privés des pays où ils résident. Ils pourront ainsi, si cela est toujours nécessaire, montrer, preuve à l’appui, que notre peuple n’est pas silencieux. Que ce peuple s’exprime et qu’il est temps que tous ceux qui soutiennent l’actuelle démocratie de façade lui tournent le dos pour donner espoir au peuple souffrant du Congo.

Tertio, la diaspora congolaise aidera à répertorier et à mobiliser les partenaires étrangers, alliés du peuple souffrant du Congo. Ils existent et se recrutent parmi tous ceux qui, aujourd’hui de plus en plus nombreux, refusent de jouer le rôle de spectateurs devant le drame que vit ce peuple à qui sa terre réserve une vie radieuse. Dans le cadre de cette action et des actions futures, il faut cesser de mettre tous les partenaires étrangers dans le même sac. Il revient aux Congolaises et Congolais de l’étranger d’aider, dans ce sens, tous ceux et toutes celles d’entre nous que des années de souffrances ont rendu aveugles au point de ne plus voir ceux qui, manifestement, désirent nous accompagner dans notre action.

Pour conclure : la grande mobilisation autour de la pétition est possible

La grande mobilisation est donc possible si nous considérons cette pétition comme une affaire de tous et non des seuls signataires et si ces derniers comprennent que l’enjeu de cette pétition dépasse les dividendes politiques égoïstes que les uns et les autres espèrent en tirer. La présente pétition n’est rien d’autre qu’une consultation populaire qui va certainement aboutir au désaveu de « l’Abbé Malumalu » et, à travers lui, du régime. C’est l’enjeu démocratique de cette pétition qui explique l’agitation de « l’Abbé » et des animateurs du régime qu’il sert.

Nous devons multiplier cette pétition. Ensemble, nous pouvons rassembler ces signatures qui changeront notre avenir. Il ne faut pas baisser les bras en nous laissant décourager par des dirigeants qui ont peur et qui nous font croire que notre action n’aboutira pas. Il ne faut cesser d’avoir peur, car la peur est en train de changer de camp. Personne ne nous tirera dessus parce que nous avons signé une pétition. Et puis cet acte est constitutionnel. Bien plus, qu’on se le dise, le monde actuel est très sensible aux actions des peuples qui luttent pour leur libération. Et contrairement aux impressions d’autorité que dégagent nos dirigeants, elles ont de plus en plus peur de se faire indexer comme
«bourreaux» de leur propre peuple. Epée de Damoclès CPI oblige !

Thierry Nlandu Mayamba, professeur Unikin (facultés lettres), e-mail : thierrynlandu@yahoo.fr 
© Congoindépendant 2003-2014

Internationales sur TV5 MONDE reçoit Lambert Mende Omalanga - - Emission intégrale (9 mars 2014)

"INVITE AFRIQUE RFI lundi 10  mars 2014:

Vital Kamerhe, président de l'UNC
Christophe Boisbouvier











« Ce que nous proposons, parce que nous sommes une opposition constructive, c'est de coupler les élections locales avec les élections provinciales. »

Joseph Kabila quittera-t-il le pouvoir en 2016, conformément à la Constitution ? Au Congo Kinshasa, la question est sur toutes les lèvres. Hier midi, dimanche 9 mars 2014, sur RFI, dans l'émission Internationales, vous avez pu entendre le porte-parole du gouvernement congolais. Lambert Mendé promet que le président respectera la Constitution. Voici aujourd'hui la réaction du numéro 2 de l'opposition, Vital Kamerhe. A la présidentielle de novembre 2011, il est arrivé officiellement troisième, derrière Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi.

RFI : Le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé affirme que le président Kabila respectera strictement ce qui est écrit dans la Constitution, pas plus de deux mandats consécutifs. Et il ajoute : en 2016 il y aura un passage de flambeau civilisé. Est-ce que ça vous rassure ?

Vital Kamerhe : Il n’a pas à nous rassurer puisque cela est inscrit dans notre Constitution. Et le peuple congolais est debout comme un seul homme. Il n’a pas de choix. Il doit respecter la Constitution. C’est une bonne chose, mais cela ne va pas nous empêcher de tenir le peuple congolais en éveil, parce que chat échaudé craint l’eau froide.

Mais cette promesse du porte-parole du gouvernement n’est-ce pas un engagement public qui devrait vous rassurer ?
C’est un engagement public, mais le porte-parole du gouvernement n’est pas porte-parole du président de la République. Nous aurions voulu que le président de la République le dise lui-même !

D’ici la présidentielle et les législatives de novembre 2016 la Céni doit organiser les élections locales et les élections provinciales. Le président de la Céni, Apollinaire Malu-Malu, annonce des élections locales à la fin de cette année. Est-ce que c’est un bon signe pour vous ?
C’est un mauvais signe pour nous. Nous avons rejeté sa feuille de route. Parce qu’on ne peut pas commencer par les élections locales, alors que nous avons des arriérés depuis novembre 2011. Le gouverneur, les assemblées provinciales et les sénateurs n’ont plus de légitimité ni de mandat. Ce que nous proposons, nous, parce que nous sommes une opposition constructive, c’est de coupler les élections locales avec les élections provinciales.

C’est à dire que vous craignez que le calendrier électoral prenne du retard ?
Nous craignons deux choses : le retard bien sûr, une prolongation qui ne dit pas son nom, mais aussi que les gouverneurs qui sont en place maintenant, et tous les territoriaux, de la base jusqu’au sommet, tous membres de la majorité présidentielle, multiplient la tricherie, comme ce fut le cas en novembre 2011. Nous avons accueilli favorablement le message de l’église catholique qui dit la même chose que nous.

De fait, la Conférence épiscopale nationale du Congo, la Cenco, demande le respect des délais constitutionnels. Quand vous craignez une prolongation voulez-vous dire que la présidentielle de novembre 2016 pourrait être reportée ?
Absolument. Parce que dans le budget 2014 on n’a pas prévu les budgets pour les opérations préélectorales. Et ça nous inquiète.

Le président de la Céni propose que les futurs députés provinciaux ne soient plus élus au suffrage universel, mais au suffrage indirect. Qu’est-ce que vous en pensez ?
C’est une préparation de la tricherie. Et Monsieur l’abbé Malu-Malu n’a fait que répéter le discours du 15 décembre du président de la République Joseph Kabila, qui a tracé la feuille de route en lieu et place de la Céni. Nous demandons : où est l’indépendance de la Céni ? Ça devient comme une caisse de résonance qui reprend la pensée du président de la République, comme à l’époque de Mobutu où on disait que la pensée du chef a force de loi.

A l’initiative des Forces acquises au changement de Martin Fayulu, une pétition circule en faveur de la démission du président de la Céni Apollinaire Malu- Malu. Qu’en pensez-vous ?
C’est une pétition qui a été acceptée par notre regroupement politique Sauvons le Congo. Cela va constituer effectivement un moyen de pression. Ce que nous voulons c’est ramener monsieur Malu-Malu à sa vraie place, c'est-à-dire être neutre et nous organiser des élections différentes de celles du pasteur Mulunda. Nous devons avoir des garanties sur les opérations préélectorales que nous devrons ensemble surveiller, le fichier électoral et le serveur central.

Elections locales, élections provinciales… Le Congo entre en campagne électorale. Le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé dit que les droits de l’opposition et les droits de la presse sont respectés. Qu’en pensez-vous ?
Un gros mensonge. Il suffit de vous référer à tous les rapports des organisations des droits de l’Homme et aussi de faits qui parlent d’eux-mêmes : la descente à Bukavu, la question de savoir pourquoi on a tiré sur la population. Et je voudrais profiter de l’occasion pour remercier toute la population du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Je félicite cette population qui est debout et qui a résisté devant les balles réelles. Je salue la démarche de l’Union européenne et des envoyés spéciaux qui ont dit comme un seul homme, que les droits d’aller et revenir au Congo et de manifester sont garantis par la Constitution.

Il y a un mois, une loi d’amnistie a été votée par les deux chambres. Elle couvre la période 2006-2013. En êtes-vous satisfait ?
Non, pas du tout. Il n’est pas question d’amnistier seulement le M23. Parce qu’eux ont démontré leur capacité à massacrer et laissé les autres Maï-Maï et les autres groupes armés croupir en prison.

Qui sont à votre avis les grands oubliés de cette loi d’amnistie ?
Tous ceux qui sont en prison depuis 2001, à l’occasion de l’assassinat de Monsieur Laurent Désiré Kabila et tous ceux qui avaient été arrêtés au moment de la confrontation de la Garde républicaine et la garde de Jean-Pierre Bemba, et qui sont là, à la prison centrale de Makala.

Que pensez-vous de l’arrestation il y a plus d’un an maintenant, d’Eugène Diomi Ndongala qui a été déchu de son mandat de député ?
Je considère que c’est une espèce de chasse à l’homme. Puisque Diomi Ndongola était parmi les opposants les plus virulents au régime de Kabila. Il fallait donc le faire taire. Il n’y a pas que Diomi Ndongala. Il y a l’honorable Muhindo Nzangui qui est de MSR, de la majorité présidentielle. Mais il y a aussi le pasteur Kutino ! Pourquoi on doit garder le pasteur Kutino en prison et malade ? On ne gouverne pas un pays en colère ! Ces histoires de montage pour arrêter les adversaires politiques, ça doit cesser !"


 http://www.rfi.fr/emission/20140310-rdc-vital-kamerhe-president-unc-presidentielle/


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