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SACREBOPOL

lundi 21 novembre 2011

Abbé Badidike : «Si vous ne savez pas encore pour qui vous allez voter,

C’est le «message fort» envoyé au corps électoral congolais par l’Abbé Jean-Pierre Badidike dans un sermon prononcé dimanche 20 novembre en l’église Notre Dame de Lourdes à Jette. A l’invitation du "Groupe Epiphanie" qui regroupe les prêtres congolais de Belgique, près de 400 Congolais et «amis du Congo» sont venus «priés» afin que les élections présidentielle et législatives du 28 novembre se déroulent dans un «climat apaisé». 

 «Un tournant historique»

Les élections prévues dans une semaine au Congo dit démocratique sont suivies avec une attention soutenue par les Congolais de la diaspora. Bien que n’exerçant par le droit de vote reconnu pourtant à chaque citoyen, ces derniers entendent peser de tout leur poids pour faire promouvoir le «Changement». C’est un secret de Polichinelle de dire que les gouvernants actuels - le président sortant en tête - souffrent d’un grand désamour dans les milieux de la diaspora. En cause, ce que d’aucuns qualifient d’«incompétence arrogante». Les Congolais de la diaspora reprochent au personnel politique de leur pays de n’avoir de l’ambition que pour eux-mêmes et non pour servir le bien commun.

L’ambiance était tout simplement "congolaise" dimanche 20 novembre à la Notre Dame de Lourdes. Les «Mamans catholiques» sont venues en force. Elles sont reconnaissables par leur «uniforme». Une chorale bruxelloise fait vibrer la chapelle en entonnant des chants dans les quatre langues nationales et en français. L’assistance reprend en chœur. 

Dans une courte adresse, Abbé Joseph Muaka fait remarquer que le Congo-Kinshasa se trouve à un «tournant historique». Il ajoute que «l’enjeu est tant national qu’international». Pour lui, l’heure est venue pour les Congolais de s’engager résolument sur la «voie démocratique» et de la «prospérité pour tous». La voie est ainsi balisée pour le sermon de l’abbé Jean-Pierre Badidike. 

"Nous célébrons aujourd’hui la fête du Christ-Roi de l’Univers, commence l’orateur sur un ton plutôt consensuel." Il change aussitôt de tonalité pour relever que «le Christ n’est pas un roi à la manière des grands de ce monde qui font peser leur pouvoir sur leurs sujets, Il n’est pas le roi des seigneurs et des princes imbus de la hantise de perdre leur pouvoir». «Jésus est plutôt le roi des opprimés, des faibles, des exilés, des apatrides, des sans-voix et des sans-toits. Il est un roi serviteur, « doux et humble de cœur », débordant d’amour et de miséricorde, épris de justice et de paix», souligne-t-il. 

Pour Badidike, «la royauté du Christ» qui est célébrée dimanche 20 novembre est l’occasion de jeter un regard sur le «sens du pouvoir et de son exercice». Et ce pour la simple raison que «le pouvoir du Christ s’exerce dans l’humilité, la non-violence, la tolérance et le sacrifice.» Pour ne pas verser dans l’angélisme, Abbé Badidike d’ajouter : «Mais humilité n’est pas passivité, non-violence n’est pas résignation, tolérance n’est pas complicité, sacrifice n’est pas démission. Jésus est ce pasteur qui interpelle, qui clarifie, qui remet la pendule à l’heure, et l’homme à sa conscience ; il ne cautionne ni lâcheté ni défaitisme».

 «Le Congo n’est pas à vendre»

L’orateur qui dissimule à peine son sentiment sur la faillite du «pouvoir temporel» de prévenir que «nous devons être chrétiens non seulement à la messe, mais aussi dans notre vie familiale, sociale, politique». Comme pour dire que le chrétien ne doit pas hésiter d’appeler un chat par son nom. Joignant le geste à la parole, il assène : « L’Eglise a le droit et le devoir de rappeler aux puissances qu’elles ne sont qu’au service de l’homme. Il n’y a pas de pouvoir absolu sur terre». Et d’ajouter : «Ce qui se passe actuellement dans le monde, en Afrique en particulier, notamment au Congo ne peut laisser un chrétien indifférent ni résigné. Quand bien même on ne serait pas chrétien, aucun homme pourvu de conscience et de raison ne peut s’y soustraire, et surtout si on est africain». Il poursuit : «Un pouvoir qui s’exerce contre le peuple, dans son origine ou dans sa finalité, n’est pas un pouvoir chrétien, il ne vient pas de Dieu». Et de marteler qu’«un chef qui ne protège pas les limites du territoire, ne défend pas les richesses du village, les forêts et les cours d’eau, la cité et les habitants, les terres et les bêtes, le sol et le sous-sol ou ce qu’ils regorgent, ce chef-là se délégitime, ce n’est pas un chef. Un sorcier ne peut être chef. Et un vrai peuple ne s’identifie pas dans un sorcier, et si par concours des circonstances une portion du peuple succombait au charme séducteur d’un sorcier qu’il prendrait plaisir à applaudir à longueur de journées, ce ne serait que par simple logique d’appartenance au même collectif des sorciers». «Le tournant des échéances électorales n’est-il pas l’opportunité de refuser de s’aliéner un sorcier - et ses compères d’où qu’ils viennent -, visibles ou invisibles, noirs ou blancs, politiques ou religieux ?»

S’adressant au corps électoral congolais. Jean-Pierre Badidike lance : «Voici venu le moment de faire le choix». Et d’ajouter un message fort : « (…), si vous ne savez pas encore pour qui vous allez voter, veuillez au moins savoir pour qui vous ne voterez pas.» «Si au tournant électoral les sorciers prennent le pouvoir, nous avons le droit, et pas seulement le droit, nous avons le devoir, et pas seulement le devoir, nous avons l’obligation d’entrer en résistance contre tout individu et groupe d’individus qui versent le sang de notre peuple et s’en abreuvent, nous avons l’obligation d’entrer en résistance contre les nations et les multinationales qui ont fait du Congo le lieu de l’enrichissement sans cause sur fond des massacres des paisibles citoyens, nous avons l’obligation d’entrer en résistance contre l’oligarchie occidentale, corrompue et corruptrice qui cautionne la misère des peuple et formate les guerres fratricides pour enfin s’autoproclamer extincteur et pompier, hélas véreux.» Et de conclure : «Nous souscrivons à l’appel à devoir favoriser le climat d’une élection apaisée, pourvu que cet appel ne soit pas un anesthésiant pour hypnotiser le peuple contre son droit naturel à la résistance et à l’autodétermination. Cet appel ne doit pas être adressé seulement à un peuple sans armes et qui clame sa légitime aspiration au mieux-être. Cet appel s’adresse en priorité au pouvoir organisateur des élections ; à ceux qui disposent des armes politiques susceptibles d’alimenter des conflits inter-ethniques ; à l’armée, à la police et aux milices aptes à tuer sans sommation ; aux médias qui distillent la désinformation et la propagande de mauvais goût ; aux assoiffés de pouvoir et d’argent qui mijotent de vendre le pays aux enchères… alors que … Le Congo n’est pas à vendre ».

B.A.W


Ci-après le texte intégral du Sermon prononcé par Abbé Jean-Pierre Badidike :


Sermon à la messe du 20 novembre 2011 en la fête du Christ, Roi de l’univers

«Tournant électoral en RD Congo »

Chers amis, chers papas, chères mamans, chers jeunes, 

Nous célébrons aujourd’hui la fête du Christ-Roi de l’Univers. La royauté du Christ est célébrée avant tout par la fête de Pâques. L’Epiphanie, la Transfiguration, le Dimanche des Rameaux, (et son pendant du Vendredi saint) ainsi que l’Ascension sont, de même, des fêtes du Christ-Roi. 

Mais la solennité, particulièrement dénommée fête du Christ-Roi, a été instituée par le Pape Pie XI en 1925. Elle fut d’abord célébrée le dernier dimanche d’octobre. Après Vatican II, elle a été déplacée au dernier dimanche de l’année liturgique, c’est-à-dire au 34ème dimanche ordinaire qui est ainsi le dimanche avant le début de l’Avent. La période de l’Avent nous prépare à la nativité d’un petit roi, dans la fragilité et le dénuement, en signe de sublimation de la vulnérabilité du monde. C’est pourquoi bien des gens, même parmi les chrétiens, s’interrogent sur cette royauté, en objectant qu’elle n’est pas manifeste de façon évidente. Jésus répond à cette objection lorsque, à la question de Pilate de savoir s’il est roi, il dit : « Ma royauté n’est pas de ce monde » (Jean 18, 37). En effet, le Christ n’est pas un roi à la manière des grands de ce monde qui font peser leur pouvoir sur leurs sujets, il n’est pas roi au vitriol des chefs d’Etat ou d’entreprise, il n’est pas roi à l’image des stars de cinéma ou de sport, de brasseurs de fortune et des virtuoses des marchés financiers bourrés de séductions perverses, avec leur lot de contrastes et des paradoxes. Il n’est pas le roi des seigneurs et des princes imbus de la hantise de perdre leur pouvoir. 

Jésus est plutôt le roi des opprimés, des faibles, des exilés, des apatrides, des sans-voix et des sans-toits. Il est un roi serviteur, « doux et humble de cœur », débordant d’amour et de miséricorde, épris de justice et de paix. C’est un roi couronné d’épines, bafoué et mis à mort sur une croix, un roi qui meurt pour son peuple alors qu’il n’a pas « commis l’injustice ni proféré le mensonge ». (Is 53, 9). 

Le Christ est ce roi qui, avant de siéger sur son trône, a enduré les souffrances de la condition humaine, a comparu devant les juges en tant qu’accusé soumis aux railleries. Il est pourtant le vrai pasteur dont parle Ezéchiel, venu prendre notre humanité, pour la faire traverser les « ravins de la mort », prendre notre humanité égarée et blessée pour la ramener dans la maison du Père, sur des prés d’herbe fraiche (Ez, 34, 15-17). Et Isaïe nous le dévoile dans la description du Serviteur souffrant. Le texte, appelé "le chant du Serviteur souffrant" est le quatrième d’une série de poèmes, repérés au milieu du texte d’Isaïe entre les chapitres 42 et 54. Le quatrième chant en effet, intégralement lu le vendredi saint (Is 52,13-53,12) dit du serviteur : « Maltraité, il s’humilie … : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche » (Is 53, 7).
La royauté du Christ que nous célébrons aujourd’hui est une refondation du sens du pouvoir et de son exercice. Le pouvoir du Christ s’exerce dans l’humilité, la non-violence, la tolérance et le sacrifice. Mais humilité n’est pas passivité, non-violence n’est pas résignation, tolérance n’est pas complicité, sacrifice n’est pas démission. Au garde du Grand-Prêtre qui le gifle sur une joue, Jésus ne tendit point l’autre, mais il demanda : « Si j’ai mal parlé montre-moi le mal, mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » (Jn 18,23). Jésus est ce pasteur qui interpelle, qui clarifie, qui remet la pendule à l’heure, et l’homme à sa conscience ; il ne cautionne ni lâcheté ni défaitisme.

La fête du Christ-Roi a aussi été instaurée pour affirmer la compétence religieuse de l’Eglise dans le domaine temporel d’où la mentalité moderne cherche parfois à l’exclure. Nous devons être chrétiens non seulement à la messe, mais aussi dans notre vie familiale, sociale, politique. L’Eglise a le droit et le devoir de rappeler aux puissances qu’elles ne sont qu’au service de l’homme. Il n’y a pas de pouvoir absolu sur terre. Tout pouvoir dépend de Dieu. Ce qui se passe actuellement dans le monde, en Afrique en particulier, notamment au Congo ne peut laisser un chrétien indifférent ni résigné. Quand bien même on ne serait pas chrétien, aucun homme pourvu de conscience et de raison ne peut s’y soustraire, et surtout si on est africain. 

Au miroir des considérations anthropologiques, sociologiques et parapsychologiques de l’exercice du pouvoir dans les sociétés africaines, se reflète la conception du chef. En Afrique traditionnelle, le peuple exerce son pouvoir entre autres par la fonctionnalité du chef. Celui-ci est revêtu de la tunique de l’anti-sorcier contre la perversité des sorciers. Un anti-sorcier est ce que l’on peut appeler le sorcier du bien, parce qu’il investit toutes ses énergies reçues de Dieu et des ancêtres contre les forces du mal, contre les forces des sorciers tout court, qui viennent fragiliser la collectivité. L’anti-sorcier renforce la communauté, il la protège là où le sorcier la déforce et la met en péril ; l’anti-sorcier se dresse contre les sorciers de tous bords, internes ou externes, autochtones ou allochtones, fils du village ou étrangers. L’exercice du pouvoir est donc une lutte perpétuelle entre l’anti-sorcier et le sorcier. Le peuple doit ainsi sa vie et sa survie à la ténacité du chef de résister contre les forces perverses des éléments susceptibles de fragiliser ou d’annihiler la vitalité de la corporation. Et allons imaginer que c’est plutôt le chef lui-même qui tue, qui vole, qui viole, qui achète et vend son peuple … Un pouvoir qui s’exerce contre le peuple, dans son origine ou dans sa finalité, n’est pas un pouvoir chrétien, il ne vient pas de Dieu.

Un chef qui devient allègrement un « trafiquant » de son peuple qu’il immole et livre en pâture aux vautours des villages voisins, un chef qui ne protège pas les limites du territoire, ne défend pas les richesses du village, les forêts et les cours d’eau, la cité et les habitants, les terres et les bêtes, le sol et le sous-sol ou ce qu’ils regorgent, ce chef-là se délégitime, ce n’est pas un chef. Un sorcier ne peut être chef. Et un vrai peuple ne s’identifie pas dans un sorcier, et si par concours des circonstances une portion du peuple succombait au charme séducteur d’un sorcier qu’il prendrait plaisir à applaudir à longueur de journées, ce ne serait que par simple logique d’appartenance au même collectif des sorciers. 

Le tournant des échéances électorales n’est-il pas l’opportunité de refuser de s’aliéner un sorcier - et ses compères d’où qu’ils viennent -, visibles ou invisibles, noirs ou blancs, politiques ou religieux.

Le texte de l’Evangile de Mathieu (Mt 25,31-46) que nous avons écouté en ce jour porte sur le jugement dernier par lequel le Christ sépare le bon grain du mauvais, les justes des méchants. La séparation est racontée sous l’image du berger oriental qui, le soir, sépare les brebis des chèvres pour que celles-ci n’encornent pas celles-là. Alors résonne la sentence : pour les uns « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume... » (Mt 25,34), et pour les autres « Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel » (Mt 25,41). La sentence est bien appuyée : j’avais faim, j’avais soif...; j’étais un étranger, nu, malade, en prison. Qu’avons-nous fait de malades, de prisonniers, de fonctionnaires, des enfants de la rue, des filles-mères, de pensionnés ? Qu’avons-nous fait des enfants soldats ? Qu’avons-nous fait de ceux qui n’ont pas partagé notre point de vue ou nous ont contrariés ? C’est évidemment l’occasion de penser à ceux qui ont payé de leur vie pour épargner à leurs compatriotes l’esclavagisme et la sous-humanité …. Emery Lumumba, Mgr Christophe Munzihiriwa, Serge Maheshe, Floribert Chebeya, Armand Tungulu, … pour ne citer que ceux-là.

Le tournant électoral n’est certainement pas un jugement dernier, mais quelque part en est ce maillon récurrent où le citoyen se doit de juger en toute conscience pour discriminer positivement les chèvres et les choux, le loup et l’agneau, la panthère et le chevreau, le veau et le lionceau, la vache et l’ourse. (Is 11,6-7). Voici venu le moment de faire le choix. Chers amis, si vous ne savez pas encore pour qui vous allez voter, veuillez au moins savoir pour qui vous ne voterez pas. Si vous n’avez pas encore identifié l’anti-sorcier, commencez au moins à discriminer le sorcier. Que ceux qui sont résolus à tricher et frauder, ne comptent pas sur votre ignorance, votre inadvertance, votre somnolence, votre lassitude, votre complicité. Qu’ils trichent mais pas avec vous. Le tri et le jugement se feront d’après nos actes et non d’après nos bons sentiments, nos bonnes intentions, les disputes sur internet, les belles théories, ou le verbiage des partis politiques !
Et si jamais les résultats des élections étaient faussés, si jamais la volonté du peuple venait à être bradée ou foulée aux pieds ! Que faire ? Faut-il se laisser faire ? Certainement pas, et surtout pas… se laisser faire. Il faut abattre un travail harassant d’observation, de collecte de données et des preuves, par le feu d’expertise et de contre-expertise, affiner la perspicacité et l’esprit critique sans parti-pris ni militantisme partisan ; et par après se mettre debout pour résister jusqu’au sacrifice suprême. C’est une nouvelle Pâque que nous attendons, un nouveau passage, une régénérescence pour un peuple qui n’a que trop souffert et qui n’arrête pas de compter le nombre des morts et des femmes violées. Huit millions des morts … ! Combien en faut-il ? Combien ? Combien faut-il des morts pour que s’estompent la prédation et la machinerie à tuer ? Combien ?

Le Pape Benoît XVI au Bundestag (Parlement allemand), disait que 
«naturellement un politicien cherchera le succès qui en soi lui ouvre la possibilité de l’action politique effective ! Mais le succès est subordonné au critère de la justice, à la volonté de mettre en œuvre le droit et l’intelligence du droit. Le succès peut aussi être une séduction, et ainsi ouvrir la route à la contrefaçon du droit, à la destruction de la justice » Et se référant à son propre pays, il renchérit : « Nous Allemands, nous avons fait l’expérience de séparer le pouvoir du droit, de mettre le pouvoir contre le droit, de fouler aux pieds le droit, de sorte que l’Etat est devenu (sous Hitler) une bande de brigands très bien organisée, qui pouvait menacer le monde entier et le pousser au bord du précipice. »

C’est pourquoi Benoît XVI estime que la résistance peut se justifier dans les cas où les lois d’un pays portent atteinte à la dignité de l’homme et à son humanité, fussent-elles des lois votées majoritairement. Si au tournant électoral les sorciers prennent le pouvoir, nous avons le droit, et pas seulement le droit, nous avons le devoir, et pas seulement le devoir, nous avons l’obligation d’entrer en résistance contre tout individu et groupe d’individus qui versent le sang de notre peuple et s’en abreuvent, nous avons l’obligation d’entrer en résistance contre les nations et les multinationales qui ont fait du Congo le lieu de l’enrichissement sans cause sur fond des massacres des paisibles citoyens, nous avons l’obligation d’entrer en résistance contre l’oligarchie occidentale, corrompue et corruptrice qui cautionne la misère des peuple et formate les guerres fratricides pour enfin s’autoproclamer extincteur et pompier, hélas véreux. 

Revenant à l’histoire de son pays et du monde, le Pape note que « sur base de cette conviction, les combattants de la résistance ont agi contre le régime nazi et contre d’autres régimes totalitaires, rendant ainsi service au droit et à l’humanité toute entière. Pour ces personnes il était évident de façon incontestable que le droit en vigueur était, en réalité, une injustice. »

Nous souscrivons à l’appel à devoir favoriser le climat d’une élection apaisée, pourvu que cet appel ne soit pas un anesthésiant pour hypnotiser le peuple contre son droit naturel à la résistance et à l’auto-détermination. Cet appel ne doit pas être adressé seulement à un peuple sans armes et qui clame sa légitime aspiration au mieux-être. Cet appel s’adresse en priorité au pouvoir organisateur des élections ; à ceux qui disposent des armes politiques susceptibles d’alimenter des conflits inter-ethniques ; à l’armée, à la police et aux milices aptes à tuer sans sommation ; aux médias qui distillent la désinformation et la propagande de mauvais goût ; aux assoiffés de pouvoir et d’argent qui mijotent de vendre le pays aux enchères… alors que … Le Congo n’est pas à vendre.

Vive le Christ, le Roi des Rois.


Contredit au sujet du prétendu assassinat d'un militant du PPRD à Barcelone

Le Sg du PPRD doit avoir le courage de convoquer une fois de plus des diplomates pour leur présenter des excuses au regard de ce grossier mensonge qui n'honore pas la RDC. 
Le secrétaire général du Parti du peuple pour l reconstruction et la démocratie (PPRD), Evariste Boshab, a réuni le mercredi 16 novembre dernier des ambassadeurs accrédités en République démocratique du Congo, pour dénoncer le meurtre du secrétaire exécutif de son parti en Espagne. Selon lui, Paul Bimba Manzembe a succombé à ses blessures le 9 novembre dernier à Barcelone, après avoir été agressé par des Congolais appelé « Combattants » instrumentalisés par l'Opposition.

A l'en croire, Paul Bimba participait avec d'autres camarades à une réunion du parti, à la sortie de laquelle un groupe de combattants munis d'armes blanches les attendaient pour les agresser.

Surpris, les membres du PPRD n'ont pas pu se défendre, ni prévenir la police. Evariste Boshab, d'un ton menaçant, a poursuivi qu'ils ont été livrés à la merci de leurs bourreaux qui les ont tabassés et blessés mortellement avant de prendre fuite.

Il a appelé les pays amis à appliquer le droit avec toute sa rigueur à l'endroit de ces personnes dont certaines ne détiennent même plus la nationalité congolaise.

Deux jours plus tard, soit vendredi 18 novembre 2011, l'ambassade d'Espagne à Kinshasa a immédiatement démenti cette information, à travers un communiqué, après avoir mené sans doute des enquêtes.

Selon ce communiqué, “ d'après l'information reçue de la délégation du gouvernement espagnol de la région de Catalogne et la police de cette même région, aucun cas de mort violente d'un citoyen congolais n'a été enregistré au cours de ces dernières semaines à Barcelone, contrairement aux informations parues les 16 et 17 novembre 2011 dans plusieurs médias congolais.

La police espagnole n'est pas non plus au courant d'un quelconque incident à motivation politique entre ressortissants congolais à Barcelone. Voilà.

Les politiques congolais doivent apprendre à vérifier les informations avant de les livrer sur la place publique, au risque de tourner au ridicule.

Boshab s'est donné le luxe de convoquer les ambassadeurs accrédités en RDC pour leur débiter des propos qui ne sont pas vraie, dans le but de couler la classe politique de l'Opposition dont le leader ne fait que marquer des points en cette période de campagne électorale. Grosse erreur politique avec des incidences diplomatiques en ce moment crucial où les congolais s'apprêtent à élire leurs nouveaux dirigeants.

Cette bourde vient de ternir l'image de la RDC et du chef de l'Etat sortant Joseph Kabila, candidat à sa propre succession, ainsi que de sa famille politique. Son état-major politique doit se mettre à l'œuvre pour étudier comment laver cette bévue en présentant des excuses publiques à travers une autre adresse aux mêmes ambassadeurs qu'il avait convoqués le 16 novembre dernier à Kinshasa.

  L.M. 

L'Ambassade d'Espagne tient à communiquer que d'après l'information reçue de la Délégation Gouvernement espagnol de la Région de Catalogne et la police de cette même Région, aucun citoyen congolais n'a été enregistré au cours de ces dernières semaines à Barcelone, contrairement aux informations parues les 16 et 17 novembre 2011 dans plusieurs médias congolais.

La police espagnole n'est pas non plus au courant d'aucun incident à motivation politique entre ressortissants congolais à Barcelone.

Kinshasa, le 18 novembre 2011 
 

Inéligibilité, radiation des candidats ou annulation de la liste :

 L’Avenir - 

 La CENI a trahi, vers la contestation généralisée des résultats


*A sept jours des scrutins, il est permis de constater que la CENI, en acceptant les candidatures à la députation nationale des membres du Gouvernement et autres mandataires publics actifs sans démission ni mise en disponibilité de leur part, a délibérément et intentionnellement contribué à la violation de la loi qui organise les élections en Rd Congo. *Il revenait à la Commission pilotée par Daniel Ngoy Mulunda de les déclarer inéligibles, de radier les candidatures ou d’annuler la liste du parti politique ou regroupement politique incriminé. Et ce, même si toutes les autorités politico-administratives, tout parti politique, tout candidat ou toute personne pouvait saisir la CENI ou l’Officier du ministère public aux fins d’obtenir l’application des dispositions de l’article 36 de la loi électorale. *L’on assiste donc à une campagne déséquilibrée et à double vitesse où les uns, disposant des moyens importants de l’Etat, continuent à battre campagne à l’américaine. Et les autres par contre, se contentant de miettes à leur disposition, ne parviennent à battre campagne qu’à peine et n’auront que leurs yeux pour pleurer. Et toute chose restant égale par ailleurs, on va tout droit vers la contestation généralisée des résultats des élections du 28 novembre prochain. Mais qui va payer le prix ?


Après l’acquisition par la CENI de dix hélicoptères, fruit de la coopération entre la Rd Congo et la SADC et après que le Gouvernement de la République ait payé la dernière tranche de sa contribution, la tenue des élections devient de plus en plus une réalité. Et tous ceux qui rêvent ou qui hésitent encore devraient changer le fusil d’épaule, dans la mesure où personne ne sera plus capable d’arrêter ce train qui a déjà atteint la vitesse de croisière.
Pendant que tout le monde se rend compte de cette avancée, il est en même temps constaté que la CENI a cautionné la violation intentionnelle de la loi électorale par certains candidats qui ne se gênent pas d’utiliser les moyens et le personnel de l’Etat pour leur campagne électorale. D’autant plus que l’article 8 de la loi électorale, dans ses alinéas 5 à 7, stipule que sans préjudice des textes particuliers, sont inéligibles, les fonctionnaires et agents de l’administration publique ne justifiant pas, à la date limite du dépôt des candidatures, de leur demande de mise en disponibilité ; les mandataires actifs dans les établissements publics ou entreprises publiques ne justifiant pas, à la date du dépôt des candidatures, du dépôt de leur lettre de démission ; les magistrats qui n’auront pas donné la preuve, à la date limite du dépôt des candidatures, du dépôt de leur lettre de demande de mise en disponibilité.
Faisant écho de cette partialité dans le chef de la CENI, l’opposition politique a même dénoncé cette attitude qui a conduit certains partis politiques à présenter des candidats en nombre supérieur qu’à celui des sièges, « le fait d’avoir accepté les candidatures à la députation nationale des membres du Gouvernement et autres mandataires publics actifs sans démission de leur part, le fait que la CENI accompagne ces membres du Gouvernement et autres mandataires publics dans l’utilisation à des fins de propagande électorale des biens, des finances et du personnel de l’Etat, des établissements et organismes publics, ainsi que des sociétés d’économie mixte, etc. », dit-elle.
Si le législateur a ainsi organisé les choses, c’était pour éviter de tomber sous le coup de l’article 36 qui parle de l’utilisation à des fins de propagande électorale des biens, des finances et du personnel de l’Etat, des établissements et organismes publics et des sociétés d’économie mixte. « L’utilisation des biens, des finances et du personnel public visé ci-dessus est punie de radiation de la candidature ou d’annulation de la liste du parti politique, ou du regroupement politique incriminé », indique l’article qui ajoute que toute autorité politico-administrative, tout parti politique, tout candidat ou toute personne peut saisir la CENI ou l’officier du ministère public aux fins d’obtenir l’application des dispositions de l’alinéa ci-dessus.
Pourquoi ces mandataires se permettent même de violer la lettre de la ministre du Portefeuille, elle qui a porté à la connaissance des PCA, ADG et ADGA des Entreprises publiques transformées que conformément aux Ordonnances Présidentielles du 04 novembre 2011 relative à la démission volontaire des mandataires actifs des sociétés commerciales et établissements publics de l’Etat, candidat à la députation nationale que les dispositions pratiques des opérations de remise et reprise sont prises…
Plusieurs cas constatés
Plusieurs cas ont été constatés, tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays. Et ce, surtout qu’il est à ce jour difficile d’établir une réelle différence entre les biens d’un candidat de ceux qui appartiennent à l’Etat. A Mbuji-Mayi par exemple, un parti politique a exigé la radiation d’Alphonse Ngoyi Kasanji, gouverneur de la province et candidat député pour le compte du PPRD, pour le simple motif qu’il utiliserait les biens de l’Etat pour sa campagne. Sans pour autant nier cette information, ce dernier a demandé à ses détracteurs de lui prouver que tel bien utilisé par lui n’était pas à lui, mais à l’Etat.
A Kinshasa, certains mandataires, comme la Dg de la FIKIN a carrément refusé de faire la remise et reprise, pendant qu’il était déjà en campagne… et au lieu de s’amender, elle s’est mise à proférer des injures ordurières à l’adjoint avec qui elle devait faire la remise-reprise ; et elle ne se gênait pas de dire tout haut qu’elle reste Dg jusqu’à nouvel ordre. La liste est bien longue sur toute l’étendue de la République. Tous ces cas doivent interpeller les uns et les autres, surtout qu’il faut éviter d’être en même temps juge et partie.
Au-delà de tout ce qui vient d’être dit, comment expliquer qu’à la veille des élections, la population puisse assister à un blocage dans le fonctionnement des Institutions de la République, lesquelles devraient pourtant assurer la continuité de l’Etat. Ceci, parce que la plupart des candidats aux prochaines échéances électorales, les animateurs actuels des Institutions de la République se préoccuperaient plus de leur avenir politique que de remplir correctement les missions qui leur ont été confiées par la Nation. Les institutions sont quasiment abandonnées, avec tous les risques que cela comporte. C’est à ce niveau que la loi électorale allait peut être éventuellement aider les Congolais, dans la mesure où il fallait demander à tous les candidats, peu importe le poste de responsabilité qu’ils occupent, de démissionner, un peu comme cela a été le cas de l’article 10 de la loi électorale. Et pourtant, le législateur s’est contenté, en des termes un peu ambigus, d’interdire l’utilisation à des fins de propagande électorale des biens, … sans apporter la sanction qu’il faut à quiconque violerait toutes ces dispositions légales.
De violation en violation
Même si ce processus tend vers la fin, il vous souviendra que la CENI est allée de violation en violation de la loi électorale. Cela, à travers plusieurs exemples : la non publication de la liste des électeurs 30 jours avant le démarrage de la campagne électorale (article 6 de la loi électorale), le non-affichage de la liste des électeurs 30 jours avant la date du scrutin (article 8 de la loi électorale), la non-publication dans le délai de la cartographie électorale et la non-remise de spécimen des bulletins de vote aux candidats présidents de la République et députés nationaux avant leur impression, les manœuvres dilatoires orchestrées délibérément pour refuser l’audit du fichier électoral malgré les promesses du Bureau de la CENI et les interventions des partenaires extérieurs, etc. Et cela, au vu et au su de tout le monde. Et toutes ces irrégularités ont été constatées et stigmatisées par les chefs d’Eglises, plusieurs ONGs nationales et internationales, dont le crédible Centre Carter ; mais la caravane de la Céni passe sans souci de la destination finale.
Sans pour autant sombrer dans un prophétisme de malheur, il y a péril en demeure. A moins que l’on revoie les tirs dans cette dernière ligne à la fois droite et glissante, les élections que les Congolais attendent de tous leurs vœux pour savourer le lait et le miel de la République à venir, au regard de tant d’irrégularités qui émaillent leurs parcours, pourraient déboucher à n’en point douter, sur des contestations. Là, malheureusement, la grande montagne aura accouché d’une souris. Et le responsable, ne sera autre que la CENI. Elle qui aura refusé délibérément à appliquer la loi qui était du reste entre ses mains.
Le Comité de médiation a du pain sur la planche
A peine créé, le Comité de médiation, structure qui vient remplacer le Comité International d’Appui à la Transition (CIAT), a reçu le soutien de la communauté internationale. Même s’il est un cadre qui doit veiller à la bonne conduite des acteurs en présence, un outil d’ apaisement des nations ou des conflits latents susceptibles d’influer négativement sur l’organisation des élections transparentes et crédibles dans notre pays, il aura du pain sur la planche. Lorsqu’on sait que le CIAT, jadis constitué d’ambassadeurs membres du Conseil de sécurité a connu beaucoup de problèmes dans son fonctionnement, on estime que le comité qui est composé des Congolais, du reste inconnus pour les autres, aura beaucoup de difficultés à se faire entendre en cas d’un litige. Déjà, le Comité peut-il se saisir de ces cas de violation flagrante de la loi électorale, si l’on veut avoir un après élection apaisé.
L’Avenir