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lundi 17 novembre 2014

Dossier Spécial DESC – RD Congo :



 Beni, ville martyre de l’affrontement Kabila – Mbusa Nyamwisi




 Cela fait plusieurs semaines que DESC tente de décrypter la situation complexe qui endeuille la ville de Beni. Le présent article, fruit d’une analyse rigoureuse, sans complaisance et exempte de toute émotivité, effectuée par les analystes de DESC, permet d’éclairer nos lecteurs sur les enjeux politiques et géopolitiques nationaux et régionaux sous-jacents de l’insécurité qui prévaut dans cette ville du Grand Nord au Nord-Kivu. La valeur ajoutée de cette analyse, dans le scenario d’un conflit qui perdure et aux contours flous, c’est d’être parvenu à identifier les acteurs majeurs de la crise.

1. Un climat politique local exécrable

Les tueries de Beni se produisent dans un environnement politique assez exécrable marqué par un vieux conflit de leadership dans le Grand Nord (le Pays des Nandes – territoires de Beni et de Lubero) opposant deux camps : les kabilistes d’un côté, les fidèles de Mbusa Nyamwisi de l’autre. La principale figure locale du kabilisme est le maire de Beni Nyonyi Bwanakawa, ancien ministre de l’Enseignement (2006-2007). Il est issu de l’une des plus influentes familles de Beni. Nyonyi fut, pendant la Deuxième Guerre du Congo, membre du RCD-KML de Mbusa avant de faire dissension. Il rejoignit le MLC de Jean-Pierre Bemba puis le PPRD. Le gouverneur Julien Paluku est l’autre figure locale du kabilisme. Une troisième figure du kabilisme, mais qui opère masqué pour des raisons évidentes, est l’abbé Apollinaire Malu Malu, le Président de la CENI. Son conflit avec Nyamwisi est de notoriété publique, un conflit dans lequel il bénéficie du soutien de Mgr Melchisédech Sikuli, l’évêque de Butembo-Beni.

Selon plusieurs sources locales fiables, contrairement à Mgr Monsengwo, Mgr Sikuli entretient de bons rapports avec le Raïs, certainement à cause de l’influence que l’abbé Malu Malu exerce sur l’évêché et la principale université du Grand Nord, l’Université catholique du Graben basée à Butembo. Dans cet environnement, Mbusa Nyamwisi est considéré dans une grande partie de l’élite locale, et même des élites Nande, comme un infréquentable, ce qui ne signifie pas que les kabilistes sont portés par les couches populaires, bien au contraire. Les kabilistes du Grand Nord sont essentiellement des opportunistes profiteurs du régime en place, et qu’ils s’accommoderaient de tout autre régime. Du coup Mbusa, même infréquentable, apparaît dans les couches populaires majoritairement hostiles à Kabila, comme le plus solide des recours des populations Nandes dans la perspective de prochaines échéances électorales, ce qui ne peut qu’alimenter la frustration et la hostilité des kabilistes à son encontre.

C’est à ce conflit qu’il faut attribuer l’acte de vandalisme de la nuit du 7 novembre 2014 au cours de laquelle la statue d’Enoch Nyamwisi Muvingi, le grand-frère de Mbusa Nyamwisi, a été amputée du bras gauche et de la tête, probablement au titre de représailles après la destruction, le 2 novembre dernier, de la statue de Joseph Kabila par une foule en colère. Cette foule n’était pas formée des partisans de Mbusa. C’était juste des gens en colère qui protestaient contre les massacres. Quel que fût le président qui aurait été au pouvoir à Kinshasa, sa statue (s’il en avait une) aurait été tout autant détruite à Beni après les tueries. La destruction de la statue d’Enoch Nyamwisi est donc un acte attribué aux kabilistes qu’un analyste de Beni trouve à la fois stupide et une provocation qui pourrait envenimer une situation déjà explosive.
A ce propos, nous relatons ici un extrait d’échange que nous avons eu avec un habitant de Beni :
08/11/2014 11:21 Contact à Beni :
« M. Wondo, après la destruction de la statue du Président Kabila, un couvre-feu est arrivé à sa troisième nuit. Curieusement, cette dernière nuit, c’est la statue du feu Nyamwisi Muvingi (grand frère de Mbusa Nyamwisi) qui a été profanée en lui arrachant la tête et les bras. Qui d’autre pouvait le faire au milieu de la nuit alors que toute circulation s’arrête à 18h30? Seul le pouvoir peut répondre à la question. Règlement de compte? Avant-hier, le Gouverneur a nommé d’autres chefs de quartiers en lieu et place de ceux appartenant aux partis de l’opposition. »
Les lecteurs se rendront vite compte que la situation politique à Beni est très délicate et pré-explosive. Mais la complexité ne s’arrête pas là.

2. Milices et criminalité




































Mbusa Nyamwisi disposait d’une petite armée, l’APC, mais dont les hommes n’ont pas vraiment profité de l’environnement créé par la réunification du pays en 2002-2003. Il a toutefois réussi à les gérer tant qu’il était dans les bonnes grâces du régime de Kinshasa. Mais depuis sa rupture avec Kabila, et son alliance avec Vital Kamerhe, Mbusa assiste impuissant au calvaire de ses hommes, parfois victimes d’une chasse aux sorcières. Le groupe s’est dispersé et on peut retrouver ses membres dans toute sorte d’activité, y compris criminelles. Dans leur Rapport S-2012-843 de novembre 2012, les experts de l’ONU croient savoir que les hommes de Mbusa Nyamwisi opèrent derrière la FOLK[1] du chef maï-maï Bana Sultani Selly, alias « Kava wa Selly » dans la vallée de la Semliki[2]. Par ailleurs, dans un entretien de juin 2013, Mgr Melchisédech Sikuli a qualifié Mbusa, sans le nommer, de bandit[3]. Le prélat était toujours sous le coup de l’enlèvement des prêtres assomptionnistes Jean-Pierre Ndulani, Edmond Kisughu et Anselme Wasukundi. Les trois hommes de Dieu avaient été enlevés le 19 octobre 2012 à leur résidence de Mbau (20 km de Beni). Mgr Sikuli a toujours considéré que les hommes de Mbusa sont derrière ces enlèvements.
Cette accusation peut être rendue crédible par le fait que les bastions de l’ADF que sont les collectivités Watalinga et Ruwenzori (voir carte) sont aussi la terre natale des Nyamwisi. La famille Nyamwisi est originaire de la collectivité de Watalinga. Le gros effectif de l’armée de Mbusa était formé des Nandes, bien entendu, mais les plus motivés des recrues étaient originaires de Beni et des deux collectivités de l’Est de Beni. Que sont-ils devenus ?

Qui peut croire qu’avec l’expérience militaire qu’ils ont acquise[4] et l’abandon dont ils ont été l’objet depuis, ils ne fussent pas tentés, de retour dans leurs terroirs de Ruwenzori, de Beni et de Watalinga, d’offrir leurs services aux ADF ? L’un des soldats de Mbusa n’est autre que le lieutenant-colonel Birotsho actuellement inculpé pour de possibles liens avec l’ADF et l’assassinat du colonel Mamadou Ndala [5]. DESC a par le passé émis des doutes sur la crédibilité de ce procès bidon et mascarade.
Toutefois, DESC estime que si la culpabilité du bouc-émissaire Birotsho était confirmée par des recherches plus approfondies et crédibles à l’avenir, c’est qu’il devait être dans un état de désarroi financier que les instigateurs de la mort de Mamadou Ndala ont exploité pour l’entraîner dans le complot en sachant préalablement qu’ils l’y abandonneraient. Le cas Birotsho traduit la traversée du désert des hommes de Mbusa qui, après avoir fait la pluie et le beau temps dans le Grand Nord, sont à présent dans une telle galère qu’ils seraient prêts à offrir leurs services à qui que ce soit.

3. Le panier de crabes

Jusque-là tout semble assez clair, mais lorsque ce conflit local est analysé en lien avec les interactions régionales et les enjeux nationaux, les choses deviennent d’une complexité totale. En effet, l’arrivée des combattants rwandophones dans les parages de Beni pour y commettre les massacres que nous déplorons signifie que n’importe lequel des deux camps peut être pointé du doigt, voir tous les deux à la fois, pour avoir facilité les infiltrations.

Commençons par le camp Mbusa
Lorsque Mbusa Nyamwisi quitte son siège de parlementaire à Kinshasa et rejoint Kampala en 2012, il croit que l’aventure du M23 va relancer sa carrière. Avec Roger Lumbala, ils croient pouvoir arracher des concessions au régime de Kabila et se repositionner en profitant des succès militaires du M23. Des hommes comme le lieutenant-colonel Jacques Tahanga Nyoro, un fidèle des plus fidèles de Mbusa, et des types comme Bwambale Kakolele sont clairement alignés au M23. DESC émet des doutes que Mbusa, résidant actuellement en Afrique du Sud, ait réellement rompu avec ses fréquentations douteuses à Kigali et à Kampala. DESC doute également que ses lieutenants à Beni soient en situation de refuser de collaborer avec des infiltrés du M23 dont on sait qu’ils travaillent avec l’armée ougandaise juste de l’autre côté de la frontière ougandaise qui juxtapose les bastions à la fois de Mbusa et des ADF. Selon plusieurs sources de l’entourage politique et ethnorégional de Mbusa, Mbusa Nyamwisi est un homme d’une fiabilité incertaine dans la situation actuelle où les populations congolaises luttent pour préserver ce qui nous reste encore du Congo. Les hommes de Mbusa, qu’il contrôle encore ou qu’il ne contrôle plus, peuvent tout-à-fait avoir collaboré à l’infiltration des commandos rwandophones jusque dans les quartiers de Beni.

Quid du camp des kabilistes ?

Lorsque Mbusa Nyamwisi affirme sur RFI que le Général Akili Mohindo dit « Mundos » est à la fois commandant des FARDC et des ADF, DESC, sur base de plusieurs infirmations des sources locales civiles, politiques et militaires nationales, et internationales, il a raison à bien des égards. Mundos, actuellement général de brigade de la Garde Républicaine, est un ancien du RCD-Goma et compte parmi ses collaborateurs des officiers « rwandais » qui ont pu laisser se commettre les tueries, ou y ont participé. De toute façon, lorsque les assaillants sont rwandophones, les unités FARDC noyautées par des officiers rwandophones, laissent faire, voire opèrent en complices. Quel que soit leur attachement à la nation congolaise, il faut les éloigner des théâtres d’opération dans le Kivu. Ce que Mbuza Mabe, Mamadou Ndala, Bahuma et Olenga ont réussi à faire tout en veillant à ne pas les stigmatiser.
DESC arrive au constat que Kabila a condamné Beni à subir ces attaques des mains des tueurs rwandais lorsqu’il a envoyé Mundos dans le Grand Nord. Nous avons déjà épinglé, dans nos précédentes analyses, la confiance que Kabila fait à Mundos et la loyauté viscérale que ce dernier voue à Kabila [6].

4. Les enjeux nationaux et géopolitiques

Le conflit entre les kabilistes et les hommes de Mbusa à Beni est destiné à durer avec de possibles coups fourrés d’un camp pour incriminer l’autre, des complicités avec les ennemis et des règlements de compte fratricides, tant que Vital Kamerhe, l’homme sur qui Mbusa mise pour reprendre le leadership du Grand Nord, sera en situation éventuelle de succéder à Kabila à Kinshasa. Les kabilistes savent que si l’élection avait lieu demain, Vital Kamerhe est parti pour l’emporter avec des scores staliniens dans le Grand Nord.
Il reste un paramètre géostratégique qui met tout ce beau monde dans le même sac et sur lequel certaines analyses publiées par DESC ont été basées : la politique des Etats-Unis dans la région des Grands Lacs. Elle repose actuellement sur un dispositif associant Joseph Kabila à Museveni et Kagame. Si les kabilistes et les hommes de Mbusa laissent arriver des éléments rwandophones jusqu’à Beni, c’est que ces derniers, qu’ils soient au M23 ou dans les FARDC, sont, depuis la rébellion Tutsie du FPR, les agents par lesquels le Pentagone contrôle militairement les trois pays (Rwanda, Ouganda, RDC) [7] et maintenant la Centrafrique. Les Américains vont-ils tourner le dos à Kagame et Museveni, ce qui réduirait la capacité de nuisance des « Rwandais » au Congo ? Affaire à suivre et qui intéresse particulièrement DESC en cette fin de mandat chahutée de Barack Obama.

5. Dévoiement du procès Ndala vers l’ADF : Le colonel Birotsho, le bouc émissaire

Le procès sur l’assassinat du Mamadou Ndala illustre la complexité de la situation qui règne à Beni. La diversion que prend ce procès est à mettre en corrélation avec les éléments évoqués ci-haut. En effet, le décès « suspect » du sergent-major Arsène Ndabu Ndongala, chauffeur du colonel Mamadou Ndala au moment de son assassinat, laissait croire que ce procès dérivait de la recherche de la Vérité judiciaire et des mobiles réels de l’assassinat de Ndala pour être insidieusement orienté vers une autre piste.
Arsène Ndabu est retrouvé mort le 2 octobre 2014 au lendemain de l’audience ouverture du procès de l’assassinat du Colonel Ndala, au cours de laquelle il avait fait une déposition contredisant sa première déclaration lors de l’enquête judiciaire. Les déclarations du sergent-major Ndabu, principal témoin de l’assassinat du Colonel Ndala, laissait présager qu’il en savait trop et pouvait « en dire plus » sur les circonstances troubles de la mort de Mamadou Ndala. Sa mort est un indice judiciaire sérieux qui montre qu’il y avait, dès le départ, une volonté délibérée d’orienter la recherche des auteurs de l’assassinat de Ndala vers d’autres pistes, en l’occurrence, la piste ADF.

C’est effectivement ce que confirment les chefs d’accusation retenus contre le Colonel Birotsho, désigné comme étant le suspect principal de l’assassinat de Ndala en collusion avec l’ADF. L’officier supérieur est poursuivi pourtrahison, participation au mouvement insurrectionnel dénommé «ADF-Nalu», en lui fournissant munitions, uniformes et insignes de grade, mais aussi pour avoir fourni une aide indispensable au commando qui a tué le colonel Mamadou Ndala [8]. Pourtant, la défense du Colonel Birotsho clame haut et fort son innocence. Maître Augustin Tshisambo, un de ses avocats, a indiqué que son client n’est pas un insurgé et n’a participé ni de loin, ni de près dans l’assassinat de feu le colonel Mamadou Ndala. Il a demandé au ministère public de présenter à la cour militaire les preuves matérielles de ses accusations, notamment des tenues et matériels militaires des FARDC que le prévenu Birotsho aurait fourni aux rebelles ougandais des ADF [9].
Plus incompréhensible encore, le ministère public a requis l’acquittement du colonel Tito Bizuru, ancien commandant militaire de la ville de Beni et trois de ses gardes du corps.  Pourtant, dès les premières heures de l’enquête menée à la suite de la mort de Ndala, le Colonel tutsi Tito Bizuru, Commandant du 1er Bataillon du808ème Régiment ex-CNDP tutsi, était cité par plusieurs témoins concordants comme étant le principal suspect dans l’assassinat du Colonel Ndala [10].

Cette conviction de diversion délibérée du procès Ndala vers la piste ADF semble également confirmée par plusieurs sources locales à Beni qui suivent ce procès de très près et qui ont alerté DESC pour manifester leurs inquiétudes. C’est le cas de ces extraits d’échanges :

04/10/2014 10:14 – Contact 1 à Beni :
« Salut Jacques. Je suis à Beni et ce qui se passe ici autour du procès de l’assassinat du Colonel Mamadou fait peur. Ceux qui ont le pouvoir d’ordonner la mort des congolais sont en action. Comme tu le sais, la première victime c’est le chauffeur du feu Col Mamadou. Dans cet environnement, tous les autres témoins ont peur. Qui sauvera ce pays? »

Lundi 3 novembre 2014 – Contact 1 à Beni :
 « Bonsoir M. Wondo, je pense que vous suivez de près la situation de Beni et que vous avez eu un peu de temps pour lire mes premiers rapports sur le dossier ADF … Franchement, je regrette que le pauvre Colonel Birosto soit incriminé…et on l’accuse d’avoir facilité l’assassinat du Colonel Ndala… Il faut en parler tout haut… sinon le Gouvernement veut à tout prix confirmer la piste ADF. C’est un pur montage. Aujourd’hui des faux « tracts » émanant des services de renseignement proches du Général Mundos ont été découverts à Beni. Ces tracts exigent la libération du Colonel Birotso par les ADF, c’est fabriqué pour montrer le lien entre Bitsoro et l’ADF. Aujourd’hui un soi-disant ADF s’est présenté à la cour militaire et a confirmé que le Colonel Birostso avait reçu 27.000 $ pour planifier la mort de Ndala…. C’est du théâtre et de la pure fantaisie. C’est regrettable…Franchement, je regrette la mascarade qui se déroule à Beni dans le procès Ndala. »

Lundi 10 novembre 2014 – Contact 2 DESC à Beni : « Monsieur Wondo, le ministère public a requis une peine à perpétuité contre le colonel des FARDC, Birotso. Que faire pour le sortir de cette cabale judiciaire ? La Monusco suit de près le procès du Colonel Ndala, et est bien consciente que tout cela est un montage mais elle ne peut rien faire… comme d’habitude. Birosto a reçu une visite en prison d’une délégation venue de Kinshasa lui demandant d’accepter que c’est Mbusa Nyamwisi qui est derrière les ADF qui avaient tué Ndala Il faut que les organisations internationales de droit de l’homme dénoncent cette parodie procès…»
Voilà des témoignages qui se passent de commentaire.

6. La MONUSCO aussi empêtrée dans le « far est » Beni ?

C’est ce que semblent confirmer également plusieurs informations et témoignages recoupés parvenus à DESC. D’ailleurs lors d’une conférence tenue au parlement Européen le 5 novembre 2014, Martin Kobler a publiquement reconnu l’impuissance de la MONUSCO dans ce qui se passe à beni. Une impuissance, non pas parce que la MONUSCO ne dispose pas de troupes aguerries pour contrer l’insécurité dans la zone. Mais bien vraisemblablement parce que l’activiste humaniste et écologiste Kobler, héritant d’une politique de laisser-aller de son prédécesseur, Roger Meece jugé proche de l’axe Kampala-Ouganda, s’est vite rendu compte du degré de la collusion implication de ses administrés, les casques bleus indiens, sénégalais, pakistanais, malaisiens, canadiens, guatémaltèques… , dans de divers trafics, magouilles, viols dans l’Est du Congo.
DESC note le rôle flou joué par la MONUSCO, dont les unités de la brigade d’intervention formées dans les techniques anti-guérillas ne parviennent pas à s’engager activement comme ils l’ont fait contre le M23. La posture adoptée par la MONUSCO dans cette guerre contre l’ADF est illisible et ressemble à s’y méprendre à sa position passive adoptée en 2012 avant la chute de Goma.

Témoignage recueilli auprès de Contact N°2 à Beni :
« Monsieur Wondo : j’essaie de comprendre la situation des ADF… j’ai beaucoup travaillé pendant longtemps dans cette contrée et comment ils se réorganisent assez vite. C’est assez complexe. Il y a beaucoup de complicités notamment des casques bleus dans un réseau de mafia où tout le monde se retrouve… Voilà pourquoi j’avais quitté mon poste à la MONUSCO… Les ADF sont signalés à 2 km de Tenambo (un village de la cite d’OICHA), je pense que les FARDC (la plupart) ne sont pas prêts ni décidés à combattre. Ils disent que soki o neutraliser ennemi, il faut ba boma yo…. (Si tu parviens à neutraliser l’ennemi, tu seras tué). Ndala était attaqué à moins de 5 km de la caserne de la Monusco [11]. » « Les casques bleus déployés dans la région n’ont aucune capacité, même dissuasive, de contenir la menace des présumés ADF car composés des contingents Népalais, pakistanais, malaisiens, etc. Ils viennent de pays pauvres, mal payés et donc en RDC c’est la chance et le tourisme de leur vie et les URR formées par la Belgique n’y sont plus. »
« La population d’Oicha vient de suspecter la Monusco ce soir de ravitailler les ADF en armes et munitions. Elle a décidé de barricader la route au niveau de la barrière DGRNK/OICHA, empêchant la Monusco d’y passer pour aller remercier l’action des Adf. »
« Bonsoir, le contingent tanzanien attaque entre Mbau et Oicha ce soir (21 octobre). Une voiture de la Monusco a été attaquée par la population de Beni, le conducteur a fui et a laissé la voiture avec des impacts des balles partout en ce moment en ville de Beni »

7. Les FARDC bâclent l’opération Sukola-2  pour maintenir l’insécurité à Beni

C’est le constat fait par les analystes militaires de DESC. Nous nous limiterons ici à quelques témoignages qui illustrent les allégations de DESC. Nous consacrerons une prochaine analyse aux aspects purement militaires de la contreperformance délibérée des FARDC à Beni.
31/10/2014 10:14 – Contact N° 1 à Beni :
« Merci Jacques pour vos analyses. La nouvelle mise en place au sein des FARDC vous donne raison quant aux doutes que vous avez émis sur l’efficacité de cette réorganisation des FARDC.  C’est ce qui se passe ici à Beni. »
Lundi 3 novembre 2014 : Contact N°2 à Beni :
« Bonjour, l’analyse me pousse à la conclusion que les FARDC (Général Mundos) créent de faux ADF autour de OICHA pour essayer de soutenir sa thèse selon laquelle les ADF ont tué le colonel Mamadou Ndala… mais aussi pour obtenir les fonds pour les opérations contre inconnu… car c’est rentable »

« JJ, essaie d’analyser cette histoire, j’ai parlé avec les gens qui pourraient connaitre s’il y a réorganisation ou pas des ADF… Aucune confirmation… Mundos connait et maitrise bien la mort de Ndala….il n’y a pas d’ADF là-bas, ce sont de faux ADF créés comme d’habitude… ».
Lundi 10 novembre 2014 – Contact 2 DESC à Beni : « Vous savez M. Wondo, Je connais un ami qui a travaillé aux côtés de Bosco Ntaganda. Il me dit que Bosco a tout dévoilé sur ce qui se passait en Ituri et l’implication de Kabila dans les massacres attribués à Ntaganda… Mbusa Nyamwisi est l’un de témoins qui gêne Kabila. Ce sont des militaires à la solde de Kabila qui essaient d’organiser ces massacres de Beni pour accuser Nyamwisi, un redoutable adversaire politique de Kabila dans le Grand-Nord. Ce ne sont pas des ADF»
DESC soutient également cette thèse des faux ADF. En effet, dans un document complet nous parvenu, classé ‘Top Secret’, du Plan de manœuvre préparé par le colonel Ndala avant le lancement de l’opération Sukola-1, le principal mode opératoire de l’ADF y était décrit comme suit :

 Ils opèrent en petits groupes, tendent des embuscades vers nos positions (Ndlr FARDC), dans le but d’infliger le maximum de pertes à nos éléments et se faire ravitailler en Armes et Munitions
 Faire subir aux FARDC des pertes énormes 
 Ils procèdent à des kidnappings de toute catégorie, jeunes, vieux, hommes et femmes parmi la population civile[12]

En analysant en profondeur la période de l’opération Sukola-2, qui a débuté après le décès du général Bahuma, sous le commandement du général Mundos, on constate qu’aucun soldat FARDC n’est tombé dans les embuscades des présumés ADF. De plus, on n’a pratiquement pas enregistré des cas d’enlèvements des populations civiles durant cette même période. Alors que ce mode opératoire est connu par les analystes militaires comme étant l’empreinte militaire des actions de l’ADF dans la région. Par ailleurs, lorsqu’on analyse les marques d’attaques opérées lors de la troisième série de massacres perpétrés à Beni entre le 29 octobre et le 2 novembre 2014, avec usage des machettes par des assaillants trahis par leur accent rwandophone et la difficulté qu’ils avaient à s’exprimer en swahili, DESC conforte le doute émis par Boniface Musavuli sur l’identité  « ADF » des assaillants. Pour cet analyste congolais réputé pour la pertinece de ses analyses : « Nous sommes en présence de sujets rwandais, ou, pour être plus précis, des combattants rwando-ougandais dans le prolongement des aventures du M23. La main du Rwanda et de l’Ouganda apparaît comme un nez dans la figure, une évidence…[13]«  . L’ADF utilise rarement les armes blanches, mais bien souvent les armes à feu [14] qu’ils récupèrent ou achètent même des FARDC.

Conclusion

Le témoignage suivant résume à lui seul la présente analyse de DESC.
Lundi 10 novembre 2014 – Contact DESC à Beni :
« Je pense que Kabila est content de la situation, parce qu’il il veut nuire à Mbusa Nyamwisi qui a mis en cause la hiérarchie militaire des FARDC. Kabila et Mundos veulent arriver à la thèse que c’est Mbusa qui est derrière ces tueries…Col Birotso est un ex-APC de Nyamwisi. Cette thèse ressemble étrangement au mode opératoire de Mundos, en même temps ça profite à Kabila. »
« Kabila est conscient que cette situation peut de nouveau engendrer la réactivation des groupes Mayi-Mayi et du coup le pays est en guerre, en proie aux milices… pas d’élections… C’est pour jouer au pompier par la suite… L’Ouganda est derrière ça aussi et on a plusieurs éléments dans ce sens. Je sais que les jeunes de Beni-Butembo ne vont pas accepter ces tueries et risquent de créer encore de groupes mayi-mayi [15], c’est fort probable d’autant que le Général Lafontaine qui combattait le régime de Kinshasa, après avoir précédemment rejoint le M23, est toujours aimé dans la zone… De plus, cela devrait arranger l’Ouganda qui ne supporterait pas une fausse ‘rebellion’ et qui serait tenté d’occuper Beni-Butembo. Ce qui fera l’affaire du duo Kabila – Museveni… Nyamwisi est l’un de témoins gênant et Kabila essaie d’organiser ces massacres de Beni pour accuser Nyamwisi… »
Cependant, ce n’est pas parce que Mbusa Nyamwisi est présenté comme étant la cible du camp kabiliste qu’il faut ignorer sa capacité de réactivation des milices d’autodéfense congolaises ou rwandophones au détriment de la population meurtrie de Beni. D’autre part, aussi longtemps que la MONUSCO va continuer d’avouer son impuissance, des officiers comme Mundos vont se complaire à faire jouer aux FARDC des rôles ambigus et que l’acteur Museveni, en bon joueur d’échec, sera ignoré alors qu’il gère la « base-arrière » et la capacité de faire durer le conflit en jouant un camp contre l’autre et vice-versa.
Dossier Spécial réalisé sous la coordination de Jean-Jacques Wondo Omanyundu / Exclusivité DESC

Notes de bas de page
[1] Force œcuménique pour la libération du Congo : La Force œcuménique pour la libération du Congo (FOLC) est un groupe armé initialement dirigé par le chef maï-maï Bana Sultani Selly, alias « Kava wa Selly ». En juin 2012, la FOLC s’est alliée au M23 dans le territoire de Beni, avec le soutien du parlementaire Antipas Mbusa Nyamwisi.Selon des membres de groupes armés, des officiers des forces armées congolaises et des dirigeants locaux, le commandant Hilaire Kombi, qui a déserté des forces armées congolaises en juin 2012, a récupéré des dizaines d’armes chez M. Nyamwisi, dans la ville de Beni, avant de rejoindre Selly dans la vallée du Semiliki. Plusieurs semaines plus tard, le lieutenant-colonel Jacques Nyoro Tahanga a rejoint les rangs de la FOLC sur instructions de M. Nyamwisi, afin d’en assumer la direction politique. M. Nyamwisi a également recruté des politiciens d’ethnie Nande pour le compte à la fois de la FOLC et du M23. Le 3 août 2012, une petite unité de la FOLC a attaqué sans succès la ville frontière de Kasindi, espérant y récupérer des armes. // M. Nyamwisi s’est rendu à plusieurs reprises à Kigali pour y rencontrer des responsables rwandais et a désigné un agent de liaison à Gisenyi, Andy Patandjila. Selon plusieurs officiers des forces armées congolaises, ce dernier offre 1000 dollars à tout homme qui rejoindrait les rangs des rebelles. Des collaborateurs de la FOLC ont indiqué que tant Hilaire Kombi que Jacques Nyoro Tahanga communiquent régulièrement avec Sultani Makenga, l’un des dirigeants du M23. Ces personnes ainsi qu’un officier du M23 ont déclaré que Nyoro s’était rendu par deux fois à Rutshuru – la deuxième fois au cours de la dernière semaine de septembre 2012 – pour y coordonner les opérations avec le M23. // Outre sa propre contribution, M. Nyamwisi a reçu des fonds de plusieurs hommes d’affaires de Beni et de Butembo, parmi lesquels Mango Mat, ancien patron d’une compagnie aérienne congolaise (voir S/2008/43, par. 90). En retour, M. Nyamwisi a promis que les rebelles abaisseraient les droits perçus au poste frontière de Kasindi, à la frontière avec l’Ouganda. // Le général Kakolele Bwambale, appartenant à l’ex-CNDP et visé par les sanctions internationales, soutient lui aussi les opérations de la FOLC, lui fournissant des renseignements et lui donnant des conseils à partir de Beni. Selon des officiers du M23, des agents de renseignement et des dirigeants locaux, le général Salim Saleh, des forces armées ougandaises, s’est en vain employé à réconcilier Nyamwisi et Kakolele afin d’unifier le commandement du M23 sur le territoire de Beni. Par ailleurs, Hilaire Kombi et Jacques Nyoro Tahanga ont rencontré à plusieurs reprises des responsables militaires et civils ougandais, parmi lesquels le colonel Muhindo Mawa, commissaire résident du district de Kasese, en vue d’obtenir une assistance financière et militaire.

[2] On a découvert qu’il y avait des réserves naturelles d’or dans la vallée de la Semliki, ce qui pourrait donner aux activités maffieuses des hommes de Mbusa une dimension géopolitique. 
[3] « Ceux qui font la brousse, pillent, enlèvent, violent et tuent ne sont pas nos enfants. Ce sont des bandits qu’il faut mettre hors d’état de nuire », interview accordée à Nicaise Kibel’Bel Oka par Mgr Melchisédech Sikuli, Evêché de Butembo-Beni, le 5 juin 2013. 
[4] Ils ont acquis une certaine expérience au combat en participant à certaines des batailles les plus âpres durant la Deuxième Guerre du Congo, notamment les batailles de Kisangani entre Rwandais et Ougandais (1999-2000) et de Bunia entre les hommes de Mbusa et les Hema menés par Thomas Lubanga et John Tibasima pour le contrôle de l’Ituri en 2002.
[5] Selon Radio Okapi du 8/11/2014, Le ministère public a requis une peine à perpétuité contre le colonel des FARDC, Birocho Nzanzu dans le procès sur l’affaire Mamadou Ndala, assassiné au Nord de Goma (Nord-Kivu). L’officier militaire est notamment poursuivi pour trahison, participation au mouvement insurrectionnel dénommé «ADF-Nalu», en lui fournissant munitions, uniformes et insignes de grade. Le colonel Birocho Nzanzu est également accusé pour avoir fourni une aide indispensable au commando qui a tué le colonel Mamadou Ndala. Selon le ministère public, c’est grâce aux uniformes fournis aux rebelles de l’ADF, que ces derniers ont pu, avec autant de facilité, rapidité et sécurité, tendre l’embuscade au colonel Mamadou…

[6] http://desc-wondo.org/assassinat-de-ndala-a-qui-profite-le-crime-la-piste-monusco-fardc-jj-wondo/ : Le général Moundos, l’actuel commandant de l’opération Sukola 2 à Beni, est également le commandant du 32ème Bataillon commando de la GR. C’est un Hunde du Nord- Kivu. Ses collègues de la GR le présentent comme un homme brutal avec de faibles capacités militaires dans la conduite des opérations. Ce sont ses troupes de la GR, faisant preuve de peu de combativité, qui ont été mises en déroute et ont fui en novembre 2012 lors de la chute de la ville de Goma. Il a été le coordonnateur de la task force de la GR qui comprend un peu plus de 6.000 hommes lourdement armés. Le général Moundos est décrit par une autre source de la GR comme étant « un fanatique du boss » et « un des hommes de confiance du président Kabila qui fait partie des faucons du régime Kabila ». Plusieurs sources militaires lui attribuent la responsabilité de quelques exécutions sommaires et des massacres des militaires dans le secteur opérationnel du Haut-Uélé. C’est Moundos qui a piloté les opérations menées en mars 2007 par les éléments de la GR lors de l’attaque de la résidence du sénateur Jean-Pierre Bemba, auxquels le bataillon Simba de John Numbi est venu en renfort.
[7] Les journalistes d’investigation Patrick Mbeko et Charles Onana avec qui nous avons partagé de longs moments d’échanges lors de notre séjour en juin 2014 au Canada (à Montréal et à Gatineau), reviennent souvent là-dessus et explicitent ces aspects géostratégiques dans leurs ouvrages respectifs sur le dévolu que le Pentagone a jeté sur le duo Kagame-Museveni, de l’ethnie Hima-Tutsi, pour assurer le leadership de la région des Grands Lacs, jusqu’à preuve du contraire, au dépens des populations congolaises.
[8] Radio Okapi, « Affaire Mamadou Ndala: la défense clame l’innocence du colonel Birocho », 10/11/2014. Selon le ministère public, c’est grâce aux uniformes fournis aux rebelles de l’ADF, que ces derniers ont pu, avec autant de facilité, rapidité et sécurité, tendre l’embuscade au colonel Mamadou. L’officier des FARDC aurait également perçu une somme de 27 000 dollars américains, pour planifier le coup meurtrier contre le colonel Mamadou.
[9] Ibid.

[10] http://desc-wondo.org/assassinat-de-ndala-a-qui-profite-le-crime-la-piste-monusco-fardc-jj-wondo/ .
[11] DESC l’a mentionné dans l’analyse : http://desc-wondo.org/assassinat-de-ndala-a-qui-profite-le-crime-la-piste-monusco-fardc-jj-wondo/.
[12] DigitalCongo confirme aussi ce modus operandi : http://www.digitalcongo.net/article/96580, 05/12/2013.
[13] B. Musavuli, http://desc-wondo.org/rd-congo-les-massacres-les-mensonges-et-le-genocide-des-congolais-b-musavuli/.
[14] http://www.afriquinfos.com/articles/2014/2/17/journaliste-deux-autres-grievement-blesses-dans-embuscade-tendue-ladfnalu-245272.asp.
[15] Ce que confirme ce lien : http://groupearcenciel.over-blog.com/2014/11/sous-pretexte-de-venger-les-victimes-des-carnages-des-groumes-armes-se-reactivent-a-beni-lubero.html.



http://desc-wondo.org/dossier-special-desc-rd-congo-beni-ville-martyre-de-laffrontement-kabila-mbusa-
nyamwisi/#comment-641

Proche du gouverneur du Katanga : Christian Rousseau : « Moïse Katumbi va mieux, mais il est très fatigué »










Il y a une semaine, le journal belge Dernière Heure (DH) publiait un article dans lequel il confirmait l’empoissonnement du président du TP Mazembe. « Le mal a été diagnostiqué lors d’un check-up à Londres. Le gouverneur Moïse Katumbi a dû passer un mois aux soins intensifs et il en a encore jusqu’à la fin du mois », a écrit la DH citant un ministre congolais. Ce dernier, renseigne le journal belge, a parlé « scénario digne des Borgia à la sauce congolaise ».
Dans la foulée, un membre de l’entourage du gouverneur du Katanga a indiqué que Moïse Katumbi pourrait rentrer au pays au début du mois de décembre, tout en n’excluant pas la possibilité de voir le n°1 du TP Mazembe « prolonger de quelques jours son séjour à l’étranger pour poursuivre sa convalescence et rassurer certains de ses partenaires ». Question : comment se porte actuellement Moïse Katumbi ? Pour répondre à cette question, le site du TP Mazembe publie un article intitulé « le président Katumbi en bonne santé ».
Le site reprend un message que Moïse Katumbi a envoyé aux populations de sa juridiction et aux supporters de son équipe, par l’entremise de Christian Rousseau, le président du TP Mazembe/Benelux. La phrase clé de ce message est la suivante : « Il va mieux, mais est encore très fatigué. Mais ne vous inquiétez pas de trop car je peux vous assurer qu’il a encore bien la tête sur les épaules et que son esprit est toujours aussi vif que l’éclair ». Curieusement, il ne fait pas allusion aux membres de son parti politique, le Parti du peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), dont il est le responsable provincial du Katanga. Il n’a pas non plus adressé un mot à ses amis de la majorité Présidentielle.

CN

http://7sur7.cd/new/proche-du-gouverneur-du-katanga-christian-rousseau-moise-katumbi-va-mieux-il-tres-fatigue/

Kabila, Sassou, Nkurunziza, Biya, Kagamé doivent respecter la constitution. « 2 mandats suffisent »: Abdou Diouf






Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, a estimé dimanche que « deux mandats suffisent largement » à la tête d’un Etat en Afrique, même s’il a exercé quatre mandats à la présidence du Sénégal.
« Je ne le referai pas (…) Je pense qu’à notre époque, deux mandats suffisent largement à la tête d’un Etat », a déclaré l’ancien président sénégalais (1981-2000), dans une interview à TV5MONDE.
Au Burundi, au Rwanda, au Togo, en RDC, au Congo-Brazza, plusieurs présidents africains sont accusés de vouloir, comme Blaise Compaoré, s’accrocher au pouvoir en modifiant leurs Constitutions.

Mais les émeutes provoquées par les ambitions du dirigeant burkinabè, chassé du pouvoir après avoir voulu modifier la Constitution pour briguer un cinquième mandat, devraient leur servir d’avertissement, selon des analystes.
M. Diouf a estimé que les militaires actuellement au pouvoir au Burkina Faso étaient « de bonne foi » et qu’ils allaient « rendre le pouvoir aux civils ».
Selon lui, il n’y a pas de raison de suspendre le Burkina Faso au sein de l’OIF.

Des tractations finales se tenaient dimanche pour choisir le chef de la transition, un civil qui présidera aux destinées du pays pendant un an.
Abdou Diouf a cependant dit ne pas croire à un « printemps africain » suite aux événements du Burkina Faso.

« Nous sommes dans un continent où la démocratie progresse, il peut y avoir de temps en temps des incidents de parcours comme ceux-là…et je le regrette beaucoup car Blaise Compaoré est un grand homme qui a fait beaucoup pour son pays et pour la gestion des crises en Afrique », a-t-il dit.
http://7sur7.cd/new/kabila-sassou-nkurunziza-biya-kagame-doivent-respecter-constitution-2-mandats-suffisent-abdou-diouf/

Monsengwo, le tête-à-tête secret où il a dit non à Kabila en face








Joseph Kabila a à sa botte presque toutes les confessions religieuses à l’exception notable de l’église catholique. C’est pourquoi il a rencontré le 20 octobre 14 dans le plus grand secret le Cardinal Mosengwo, avant que ce dernier ne rentre à Rome, dans le but de l’amadouer. C-News avait l’information depuis longtemps mais attendait de la recouper pour vous la livrer car l’entourage du Cardinal ne voulait pas confirmer l’info.
Mais de manière formelle nos contacts au pouvoir nous ont confirmé cette rencontre au sommet entre ses deux personnalités qui, faut-il le souligner, ne s’apprécient pas du tout. Pour qu’elles se rencontrent, il a fallu donc que le président du Congo-Brazza, Denis Sassou Nguesso, joua les entremetteurs. Selon nos sources, l’entretien entre Kabila et Mosengwo a tourné autour de deux questions principales : la position tranchée des évêques sur la révision (la Conférence épiscopale nationale du Congo avait depuis Rome pris une position ferme anti-révision) et les incidents de Lodja. Sur la position des évêques, Mosengwo a dit Kabila qu’il est de tradition que la Cenco se prononce sur toutes les questions d’intérêt national. Cela ne va pas changer ni aujourd’hui ni demain car c’est aussi l’un de leurs rôles pastoraux a dit l’ancien président de la Conférence nationale souveraine.
Sur sa lancée, le Cardinal Mosengwo a dit à Kabila que les évêques ne font que relayer les aspirations populaires. Voilà qui a le mérite d’être clair. Pour être complet sur ce point, Mosengwo a dit à Kabila qui lui demandait de prendre ses distances avec la déclaration de la Cenco, que lui aussi est opposé à la révision ou changement constitutionnel et qu’il est en parfaite solidarité avec ses évêques. Dire non en face à Kabila est un bel rattrapage de Mosengwo qui était initialement favorable au schéma Kengo-Kabila de gouvernement de cohésion nationale dont les objectifs inavoués sont désormais connus. Sur l’affaire Lodja, le cardinal Mosengwo a dit qu’il était inacceptable que le pouvoir recours à la violence là où il y a un débat d’idées et d’approche sur la conception de la démocratie. Mosengwo a condamné de manière énergique les actes de violence sur les personnes et sur les biens commis dans deux paroisses de Lodja. Le cardinal a dit à Kabila qu’il tenait Lambert Mende Omalanga pour responsable. Il a confirmé la plainte de l’église catholique contre le ministre des Médias. Cette plainte, le cardinal l’a opposé à celle que Mende a portée contre le député Franck Diongo. Pour l’église catholique, le seul responsable de ce dérapage abjecte c’est Mende. Aubin Minaku se serait joint aussi à cette rencontre selon nos sources. Kabila a toujours eu maille partir avec l’église catholique. Et cette rencontre secrète ne va rien y changer : Monsegwo est opposé à la révision. Ce qui ne va pas apaiser une relation qui a toujours été tendue.
Copinage entre le pouvoir et les autres confessions religieuses
Par contre, Kabila et les autres Confessions religieuses c’est du copinage. L’ECC (Eglise du christ au Congo) de Marini Bodho lui obéit au doigt et à l’oeil car son président aligne la position de cette plateforme disparate systématiquement sur le pouvoir quelles que soient ses forfaitures et ses impostures. Les autres confessions, Orthodoxe, Musulmane, « Eglise de Réveil », et Kimbanguisme, n’en parlons même pas. Au moindre éternuement du Raïs, ils accourent comme des brebis à la voix de leur saint maître. Du jamais vu ! Un pouvoir temporel qui domine de la tête et des épaules des communautés prétendument spirituelles pour son profit personnel au détriment de la communauté nationale. L’élection contestée de Malu Malu a démontré la connivence entre le pouvoir e les leaders de ces confessions religieuses. Alors que l’abbé Malu Malu n’est issu d’aucune d’entre elles, elles l’ont quand même propulsé à la tête de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante électorale) malgré l’opposition de l’église catholique. L’église catholique est donc la seule Organisation qui peut revendiquer sa liberté vis-à-vis du pouvoir. Elle est donc à l’abri de la manipulation du pouvoir. A côté d’elle, quelques églises minoritaires de la mouvance « réveil » peuvent se targuer aussi de cette liberté.*l’Eglise catholique, la première force sociale de la RDC avec son réseau d’écoles et d’hôpitaux essaimés sur toute l’étendue de la République.
Le 20 novembre 14, déclaration des évêques, ils n’ont fait que relayer les aspirations populaires. et lodja
Le Cardinal Monsengwo. Ph. Dr. Tiers

matthieu kepa
http://7sur7.cd/new/monsengwo-tete-tete-secret-il-dit-kabila-en-face/