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jeudi 30 juillet 2015

Le compte à rebours a commencé M. Kabila



Le compte à rebours a commencé M. Kabila


























Comme l’adage le dit : « Quelle que soit la longueur de la nuit, le jour se lève ». L’on se rappellera que c’est aux termes de la deuxième convention de Pékin de 1898 que la Chine a cédé à l’Empire britannique les Nouveaux Territoires de Hong Kong pour une durée de 99 ans. L’Histoire nous enseigne que c’est le colonel et diplomate anglais Sir Claude Maxwell MacDonald, un architecte clé de cet extraordinaire contrat de bail, qui en avait choisi la durée. Aux yeux de cette grande figure de la diplomatie anglaise de l’époque, la longue période de 99 ans paraissait infinie. Pourtant, le 1er juillet 1997, ce contrat de bail historique est bel et bien arrivé à terme, et la souveraineté de la Chine sur Hong Kong a été rétablie. Dans le cas du pouvoir présidentiel en République démocratique du Congo, le contrat de service pour le magistrat suprême est d’une durée maximum de dix années consécutives, soit un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Tel est le prescrit de la Constitution, la loi fondamentale de la République, en ses articles 77 et 220.

La loi peut être dure mais c’est la loi

La loi peut être dure, mais c’est la loi. S’assurer qu’elle est impersonnelle et opposable à tous est essentiel dans un Etat de droit ou pour une nation, comme la République démocratique du Congo, qui aspire et peine à le devenir. Le président Joseph Kabila a été élu le 28 novembre 2011 pour un second mandat de cinq ans et a prêté le serment constitutionnel le 20 décembre de la même année. Il doit en conséquence se délester de sa qualité de magistrat suprême le 19 décembre 2016.

Réussir une succession pacifique du président sortant doit être une priorité nationale en RDC. Le succès du vote rétablirait la légitimité du chef de l’Etat dangereusement écorchée depuis la réélection contestée du président Joseph Kabila en novembre 2011. Priorité nationale, une présidentielle réussie en 2016 l’est aussi parce que la stabilité à long terme du pays en dépend. La préparation de ce scrutin doit dès lors être la principale priorité de l’action gouvernementale des prochains vingt mois.

Dans cette perspective, il convient de publier rapidement le calendrier électoral global et de finaliser le budget nécessaire à la tenue des scrutins. En plus de la loi électorale adoptée le dimanche 25 janvier 2015 par les deux chambres du parlement, la préparation de ce vote sera notamment régentée par l’article 73 de la loi fondamentale congolaise. Celle-ci stipule que « le scrutin pour l’élection du président de la République est convoqué par la Commission électorale nationale indépendante quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat du président en exercice. » En vertu de cette disposition de la Constitution et des autres lois pertinentes de la République, la prochaine élection présidentielle, sans la participation du président Joseph Kabila, doit avoir lieu en septembre 2016.


Exigence constitutionnelle plus qu’évidente, la tenue en 2016 d’une élection présidentielle excluant le président Kabila a curieusement fait l’objet d’interminables conciliabules, de spéculations et d’un flou artistique savamment entretenus par la majorité au pouvoir pendant les deux dernières années. Si, au plan juridique, la confusion a pu être levée sous la pression de la rue et au prix de nombreuses vies humaines, l’opinion demeure sceptique quant à la volonté politique du gouvernement de mener à bien cette opération.
En témoignent les tergiversations de l’exécutif sur la publication du calendrier électoral global qui doit préciser les dates des élections locales et provinciales, législatives nationales, et présidentielles qui doivent toutes avoir lieu avant la fin 2016. Les hésitations – manœuvres dilatoires ? – du gouvernement sont d’autant plus préoccupantes qu’elles repoussent, en la compliquant, la préparation de l’indispensable implication financière et technique de la communauté internationale.

Une gestion indépendante sous mandat international

Qu’adviendrait-il si les élections n’étaient pas organisées dans les délais ? Le mandat du président de la République deviendrait caduc fin 2016, et le chef de l’Etat accéderait au statut précaire et inconfortable de président de fait, à l’instar de Mobutu pendant les années 1990. Joseph Kabila perdrait ainsi le peu de sa légitimité obtenu des élections chaotiques de 2011. Le cas échéant, l’initiative sur la conduite de l’agenda politique national ne pourrait que très difficilement continuer de lui revenir. S’ouvrirait alors une douloureuse période de flottement à hauts risques.

Pour en limiter la durée, il serait souhaitable que la gestion suprême de l’Etat, pendant une période transitoire, soit confiée à une personnalité l’Etat, pendant une période transitoire, soit confiée à une personnalité nationale ou internationale intègre et neutre. Si le choix doit se porter sur un acteur extérieur, le joker serait une sorte de Bernard Kouchner du Kosovo du début des années 2000. L’on se souviendra que le 15 juillet 1999, conformément à la résolution 1244 du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan avait nommé M. Kouchner en qualité de deuxième représentant spécial des Nations unies et chef de la Mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK). Pendant dix-huit mois, l’ancien fondateur de Médecins sans frontières a dirigé les efforts de l’ONU visant à créer une nouvelle administration civile et le système politique qui devaient remplacer ceux, paralysés, de la Serbie.

Notre pays et ses partenaires au développement seraient bien avisés d’amorcer la réflexion sur cette cruciale question. Dans tous les cas de figure, les autorités congolaises devraient davantage privilégier dans les difficiles mois à venir l’intérêt supérieur de la nation et s’attacher à étancher pacifiquement la profonde soif de changement de la population. Seront-elles, pour une fois, à la hauteur des attentes ? La question reste sur toutes les lèvres.

Freddy Matungulu Mbuyamu Ilankir est économiste au Fonds monétaire international (FMI). Il a été ministre de l’économie, des finances et du budget de RDC de 2001 à 2003.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/02/12/le-compte-a-rebours-a-commence-m-kabila_4575561_3212.html

lundi 27 juillet 2015

Que faire des individus de la trempe de Kin-Kiey Mulumba ?

Alidor Sema-Yote [alisema@yahoo.fr] 25/07/2015 22:56:47

Cher MBTT:

Tu déclenches ici un débat de fond qui expose l’une des causes du marasme Congolais à savoir la médiocrité et lâcheté de sa prétendue-élite. 

KKM et ses semblables Mende et Boshab en sont des échantillons exécrables !



Ntumba [tapir55@gmx.fr] 26/07/2015 06:14:19

Bravo M. Mayoyo pour cette analyse très pertinente. L’émergence de notre pays dépendra de la capacité des prochains dirigeants à prendre des mesures fortes pour empêcher au pays de revivre les péripéties connues des régimes successifs de Kasa-Vubu à Mobutu jusqu’aux Kabila. Autant les occidentaux recherchent encore aujourd’hui (plus de 70 ans après les faits) les survivants des nazis et autres collaborateurs pour les juger et les condamner, autant les congolais devront en faire de même de tous les responsables des crimes commis depuis son indépendance. L’agitation extrême observée actuellement dans le camps du pouvoir l’est surtout du côté des mobutistes que des rwandais. Kin-Kiey Mulumba et consorts voudraient échapper au jugement pour les crimes commis sous Mobutu et sous Kabila. Pour eux, la formule serait : soit on continue avec "Joseph Kabila", soit on tuyaute un membre du clan mobutiste ( Kengo par exemple) ou un sympathisant des occupants actuels comme Vital Kamerhe
.
Kola [patrickolpuang@yahoo.fr] 26/07/2015 08:36:24

Pour des piètres personnages comme Kin Kiey , Mende et consort, il n’ya pas plusieurs solutions.
Nous devons commencer par leur déchoir de leur diplôme universitaire, car ils ont démontré à suffisance qu’ils ne sont pas à la hauteur de ce que qu’on peut attendre d’un intellectuel
Les juger pour avoir nui à la nation Congolaise à travers leurs différents parcours politiques
Les écarter à jamais à assumer une quelconque responsabilité politique , ou administrative dans la fonction publique, ou dans toute société où l’Etat a des participations. Dresser des liste des personnes de ce genre , les afficher dans les toutes administrations du pays pour démontrer au peuple que ces gens sont honnis à jamais, 
Enfin que ces noms soient synonymes de tout acte d’abomination,
Que faire des individus de la trempe de Kin-Kiey Mulumba ?

“Tonton JC yaka tobina pousse eh”. Nous sommes dans une cérémonie de retrait de deuil dans la commune bruxelloise de Woluwe-Saint-Lambert début février 2014. Celle qui s’adresse ainsi à notre ami JC aussitôt que le DJ balance un vieux tube de Koffi Olomide est l’épouse d’un Mobutiste à la réputation sulfureuse tout au long du processus de démocratisation du pays. Après s’être cassé en quatre au rythme de la danse “pousse eh-pousse ah”, JC nous tint ce langage : “Nyama na ye. Na tango ya Seskul alingaki amona nga wapi mpo nabina na ye pousse eh. Na fini-fini ye masoko”.

Quand JC tripotait les fesses de la femme du Mobutiste pur-sang, celui-ci restait vautré dans un fauteuil. Dans son accoutrement et surtout ses chaussures trahissant une certaine misère, il semblait méditer sur sa grandeur perdue. Mais il était accepté par cette même communauté qui aura vécu dans les larmes et le sang son dévouement à la dictature de Mobutu.

Le comportement de l’homme congolais, qui oublie trop vite ses malheurs au point de sympathiser avec ses bourreaux d’hier sans leur demander le moindre compte, contraste avec ce que l’on peut observer sous d’autres cieux. La Deuxième Guerre mondiale s’est terminée depuis sept décennies. Mais en Europe, la stigmatisation de la collaboration se poursuit de nos jours au point qu’il serait dangereux pour un haut commis de l’Etat de trouver des circonstances atténuantes aux collabos.

Issu du parti nationaliste flamand N-VA et né bien après la Seconde Guerre mondiale en 1960, l’actuel Vice-Premier ministre et ministre fédéral de la Sécurité et de l’Intérieur au sein du gouvernement Michel a fait polémique en octobre 2014 en dédouanant dans une interview certains Flamands qui, pour lui, “avaient leurs raisons” pour collaborer avec les nazis. Son passé fut alors passé au crible. On lui reprocha même d’avoir pris la parole en 2001 à une réunion organisée par une association rassemblant des anciens volontaires flamands partis se battre sur le front de l’Est avec les troupes allemandes. Si sa démission ne fut pas évoquée, c’est sans doute pour la raison avancée par Benoît Lutgen, le président du parti centriste francophone CDH (opposition) : “On ne va pas lui demander de démissionner trois jours après la prestation de serment, mais c’est particulièrement heurtant”. On notera que dans sa défense, Jambon a tenu les propos que la société attendait de lui en tant que ministre fédéral. “La collaboration a été une erreur”, a-t-il fini par déclarer.

Au Congo et ailleurs en Afrique, les régimes dictatoriaux se succèdent avec leurs cortèges des malheurs sans que les anciens dictateurs et leurs collaborateurs ne soient inquiétés. Pire, pour paraphraser BAW, les anciens opposants de la trempe de Kin-Key Mulumba ou encore Mende Omalanga parvenus au pouvoir deviennent à leur tour des lèche-culs de première, cherchant à se faire bien voir par tous les moyens auprès du Roi de l’heure et s’attirant ainsi plus de mépris que d’estime. Quand, par exemple, pour justifier un troisième mandat au bénéfice du dictateur actuel, le flatteur récidiviste Kin-Kiey Mulumba affirme le plus naturellement qu’au Congo, “il n’existe pas d’hommes compétents acceptés par l’ensemble du pays pour succéder à Joseph Kabila lors de l’élection présidentielle fixée au mois de novembre 2016”, il y a lieu de rester pantois.

En effet, Kin-Kiey Mulumba reprend à son compte le discours éminemment fallacieux avec lequel les décideurs occidentaux nous rabattaient les oreilles quand pendant des décennies ils disaient ne pas voir de successeur à Mobutu. Au cours de la rébellion de l’AFDL voire même à la minute qui suivait l’annonce de la mort de Laurent-Désiré Kabila, qui pouvait prédire un destin présidentiel à Joseph Kabila ? N’est-il pas devenu celui que des lèche-culs, hier opposants à la dictature, présentent aujourd’hui comme le sauveur de l’humanité ? Depuis quand une élection présidentielle a-t-elle pour but de designer un “homme compétent accepté par l’ensemble du pays” ?

BAW se demande pourquoi nos anciens opposants politiques parvenus au pouvoir se montrent si médiocres. Il se demande pourquoi ils abusent du discours progressiste tant qu’ils militent dans l’opposition et adoptent un langage conservateur dès qu’ils gravissent les marches du pouvoir. Il s’interroge sur la cohérence de leurs propos. Oui, il y a lieu de s’interroger. Mais comment veut-on que cela change un jour si les régimes dictatoriaux se succèdent sans qu’il n’y ait de véritable purge ? Comment veut-on que cela change si la société reste si accommodante vis-à-vis des individus aussi méprisables ? Ne devrions-nous pas profiter de la chute de toute dictature pour instaurer des tribunaux spéciaux et mettre des individus de la trempe de Kin-Kiey Mulumba ou Mende Omalanga, pour ne citer que ces deux-là, devant leurs contradictions et les condamner sévèrement soit en les jetant en prison, soit en leur interdisant pendant des décennies l’exercice de toute une série des fonctions pour avoir berné notre peuple au nom de leurs intérêts égoïstes ?

Comme d’autres avant la sienne, la dictature de Joseph Kabila n’est pas éternelle. Elle tombera un jour devant l’ouragan de l’histoire. Mais les Congolais seraient-ils prêts à juger le dictateur et ses collaborateurs internes, administrant ainsi à la société une thérapie de choc qui ferait des lèche-culs de tous bords une race en voie de disparition ? En Europe, la stigmatisation des collabos s’est étendue jusqu’à leurs progénitures. Elle se poursuit encore de nos jours. Sept décennies après la Deuxième Guerre mondiale ! Ce n’est donc pas par hasard que les dirigeants européens font attention à leurs faits et gestes. En plus des mécanismes de gouverne qui ne leur permettent pas de se conduire en dictateurs quand bien même certains d’entre eux le souhaiteraient, la société a sanctionné sévèrement des comportements aussi déviants qu’encenser une dictature. Congolais, pensez-y !


Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo 
© Congoindépendant 2003-2015


Lutundula très fâché






Christophe Lutundula Apala a claqué la porte de la plénière de l’Assemblée nationale, le samedi 25 juillet 2015, en signe de protestation contre l’adoption, sans débat, de la loi portant sur la répartition des sièges établie par la CENI. Et pour cause ? Ce député de la Majorité n’a pas digéré l’adoption par la plénière de la motion incidentielle de son collègue Botakile.
Rappelons que dans son intervention survenue aussitôt après l’exposé du vice-Premier ministre de l’Intérieur, Botakile du groupe parlementaire du Palu a proposé à la plénière d’ouvrir le débat exclusivement sur la partie théorique de la loi sous examen, qui comportait deux articles et l’exposé des motifs.
Selon lui, l’autre partie sur la répartition des sièges établie par la CENI était trop technique pour être débattue à l’Assemblée Nationale. Pour Botakile, les amendements et observations des députés sur la partie technique de la loi sur la répartition des siège pouvaient être déposés au bureau de la CENI.
Révolté, Lutundula a séché la plénière pour improviser un point de presse dans les couloirs du Palais du Peuple. Dans son coup de gueule, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale a déclaré que cette manière de procéder violait l’article 142 du Règlement intérieur de leur institution.
Cette disposition, poursuit-il, qui définit la procédure législative pour l’adoption d’un projet ou proposition de loi, rend obligatoire un débat avant la déclaration de la recevabilité ou de l’irrecevabilité d’un texte soumis à la plénière.
Contrairement à la suggestion de Botakile, Lutundula a fait remarquer que les députés ne peuvent pas déposer leurs observations à la CENI, qui n’est pas une structure interne de l’Assemblée nationale.
Il a souligné que les observations doivent plutôt être adressées à une structure interne de l’Assemblée, comme une commission permanente, qui a la possibilité d’inviter la CENI en qualité d’experte.
Ce député de la Majorité a également évoqué la loi électorale qui stipule que la répartition des sièges soit soumise à l’Assemblée nationale et au Sénat pour adoption.
Comment l’Assemblée nationale peut-elle approuver un projet de loi sans débat ? S’est –il interrogé. Lutundula a trouvé incohérent que ladite loi recalée à la session de mars, après un débat houleux, puisse passer dans sa version corrigée, sans débat, au sein de la même plénière.
Pour cet élu de Katakokombe, le fait d’escamoter le débat porte atteinte à la crédibilité de l’Assemblée Nationale par rapport au Sénat qui engagera sans nul doute en seconde lecture un débat sur la loi portant répartition des sièges dans son ensemble.
Christophe Lutundula a rafraichi la mémoire de ses collègues de la Majorité sur la faute politique du mois de janvier 2015, qui avait tourné au vinaigre.
«Le passage en force sur la loi électorale a poussé toute la population à tourner ses regards vers le débat sérieux ouvert par le Sénat sur la loi électorale au détriment de l’image de l’Assemblée nationale », a conclu ce brillant juriste.
ERIC WEMBA
http://7sur7.cd/new/lutundula-tres-fache/


Les dictateurs en Afrique



Les dictateurs en Afrique



Pourquoi des dictateurs en Afrique en ce moment ? La réponse à cette question est à trouver à travers l’histoire, la philosophie, la psychologie et même la médecine. Sur le plan de l’histoire, je dis que l’Afrique n’a pas inventé les dictatures, les despotismes et les tyrannismes. Le fait totalitaire est millénaire et, a sillonné toute l’aventure humaine. Les exemples sont nombreux qui montrent que les hommes sont fascinés par le pouvoir que peut détenir un homme. Certains autres vont jusqu’à diviniser l’homme au pouvoir.
L’histoire africaine d’après les indépendances n’a pas échappé à l’histoire humaine. Sur le plan philosophique, j’ose dire que c’est tout le système de l’univers qui peut paraître concerné. A voir de près, comment les Africains ont été colonisés et vu les conséquences néfastes de la traite esclavagiste, je peux affirmer que les Africains ne pouvaient pas échapper au syndrome de la dictature après l’indépendance. La colonisation a fait d’eux des sujets qui se sont agrippés à son pouvoir monolithique. Etant rendus ainsi, ils ont renoncé à leur propre être. Ils sont devenus muets et aveugles sous les bottes et les ailes des dictateurs, leurs bourreaux. Vampirisés, endoctrinés et victimisés, ils se sont facilement identifiés à la vision du monde de leurs dictateurs. Alors, ils ont ainsi perdu leur humanité. Ils étaient des hommes bien sûr, mais des hommes amenés à l’état des cochons à l’engrais ou d’oies gavées; hommes réduits à l’état d’objets utilitaires, cloitrés et condamnés à mourir de l’inauthentique.
Les démagogues de tous les temps ont toujours su, et ils savent aujourd’hui encore, que les idéaux dont l’homme se sert le mieux sont ceux qu’il a fait siens au moyen, par exemple, de la propagande politique qui l’enthousiasme et qui lui implique un « frisson sacré». D’ailleurs, le terme enthousiasme vient du grec et exprime le fait qu’un dieu a pris possession de l’homme.
L’expérience me prouve que le dictateur considère son peuple comme un ennemi potentiel. Et il sait mieux que personne que l’image d’un ennemi, fût-elle imaginaire, lui convient parfaitement. Il sait bien que la démagogie politique et l’embrigadement politique du peuple miséreux, paralysent absolument l’activité de la réflexion de celui-ci. Je sais bien que se trouver hors de soi, hors de son être, donne à un individu un sentiment de liberté personnelle. Je veux dire que, par le phénomène du gavage de l’esprit, la victime s’identifie à coup sûr avec l’idéal que le doctrinaire dictateur lui a présenté. Le sujet complètement endoctriné ne s’aperçoit absolument pas qu’il a perdu un des caractères constitutifs de la véritable humanité : la liberté de pensée.
Rendus à cet état, les « hommes peuples dictatorisés », ne peuvent que considérer leurs «Princes» comme des «dieux vivants» qui se calquent au présent sur l’ordre de Dieu le créateur. De tels personnages ne peuvent, à leur tour, que souffrir du « solipsisme individuel » s’identifiant au «solipsisme collectif». Mais, on sait que le solipsisme idéalise l’individu tout en lui faisant croire qu’en dehors de lui, point de salut. A ce niveau, le dictateur croit que contrôler le présent, c’est contrôler le passé et en même temps contrôler l’avenir et pourquoi pas!
Les dictateurs, sur le plan du comportement langagé, utilisent le mode d’expression double: le langage du réel et le langage de commande; le langage pour l’extérieur. Ainsi, les voit-on faire apprendre les slogans tout fait en forme de catéchisme et de vieux mots puisés dans l’histoire des peuples, et de leurs mythes. Cette pratique a, à coup sûr, étouffé toute pensée originale des peuples. C’est bien terrible tout cela! Les dictateurs africains ont commandé des peuples abrutis enfermés sur et en eux-mêmes: des peuples qui aiment la servitude. Des peuples qui, pour montrer leur fidélité au chef, assistent à des manifestations des foules sans forme sur lesquelles on peut tout écrire. Les psychanalystes et les psychologues appellent cela, l’expérience à forte dose du sadisme et du masochisme. Il s’agit d’un plaisir malsain et pervers qui consiste à faire souffrir autrui tout en ayant du plaisir en ses douleurs. On persécute pour la persécution. On torture pour la torture. On est au pouvoir pour le pouvoir. Non! Le dictateur est un drogué totalitaire, un possédé au sens le plus violent du mot. Le sadique humilie et le masochiste sophistique en fustigeant. Le pouvoir, c’est infliger les souffrances et les humiliations; c’est déchirer l’esprit humain en morceaux. .. C’est un monde de craintes, de trahisons, de tourments; un monde impitoyable où l’on trouve d’un côté les écraseurs et d’autre, les écrasés.
Les dictateurs africains des indépendances à nos jours ont, avec leurs bottes, piétiné le visage de leur peuple pendant longtemps. Ce sont ces Malades qui nous gouvernent. Ces malades qui se méfient de tout le monde, même de leurs épouses ; traqués de tous côtés, ils ont un sommeil toujours troublé. Ils ont peur à tout moment d’être assassinés. Ils vivent eux-mêmes comme leur peuple, dans l’angoisse permanente. Tous deux sont visiblement résignés. Ils sont pessimistes.
Les dictateurs, pour féconder leur imagination, lisent avec attention, le petit livre de Nicolas Machiavel: Le Prince. Ce livre est en quelque sorte, leur« directionnaire » de la conscience politique. Ce sont de gros messieurs qui ont compris, et ils ont peut-être raison, qu’un peuple au creux de la misère, du marasme et du désespoir cherche souvent un géant qui s’impose comme le candidat de l’espoir ou le « héros du bien-être social» de tous. On le voit, par moment, s’afficher comme religieux de toute obédience spirituelle. Ils sont parfaits humanistes, mécènes et protecteurs des arts, des sciences et de belles lettres. Ils se considèrent au-dessus de la mêlée, aux allures d’excellents niveleurs des consciences et sauveurs incontestés de l’ordre chaotique.
Pendant ce temps, les dictateurs eux-mêmes vivent dans la peur de succomber dans des cages geôlières au terrible traitement qu’ils ont eux-mêmes inventés pour leurs propres prisonniers. Conscients ‘de cet état de choses, ils sont tombés dans la tentation trop forte d’organiser d’organes d’oppression cruelle. Tout cela est bien pathologique. C’est pour cette raison, que leurs concitoyens les voient comme les « voleurs du pouvoir », ou encore comme « les héros du hasard ». Fauves infernaux et en même temps énigmatiques génies, provenant des couches sociales modestes, douteuses et mal définies, ils veulent, d’une manière ou d’une autre, devenir des héros des événements qu’ils qualifient déjà eux-mêmes d’historiques. Pour eux, la vraie maladie de la politique, c’est la démocratie. Ils souffrent énormément de régime démocratique. C’est pour cela qu’ils deviennent téméraires, voulant gouverner par défi. Rustes, les dictateurs africains sont démagogues et habiles harangueurs des foules. Quelle vulgaire vanité?
Prof. Kambayi Bwatshia

La répartition de sièges passe sans débat Christophe Lutundula claque la porte






Le député de la Majorité, Christophe Lutundula, a claqué la porte de la plénière du samedi 26 juillet 2015 consacrée à l’adoption de la loi sur la répartition de sièges.
Ce cacique de la Majorité a refusé de cautionner le forcing qu’a opéré sa famille politique en adoptant sans débat la dite loi, défendue par le vice-premier ministre chargé de l’Intérieur (Evariste Boshab).
A la base de cette désaccord profond entre Lutundula et ses collègues de la Majorité, l’adoption par la plénière de l’Assemblée nationale de la motion incidentielle du député Palu, Botakile, dont la profonde et la pertinence scientifique, pour lui qui aime à mettre en avant sa casquette de constitutionnaliste, sont sujettes à caution aussi bien chez les étudiants que chez ses collègues professeurs.
Dans son intervention, Botakile a proposé que la partie technique de la loi sur la répartition de sièges produite par CENI passe sans débat.
Révolté, Christophe Lutundula a improvisé un point de presse dans les couloirs du Palais du peuple pour dénoncer la violation du règlement intérieur de la chambre basse.

Ce député de majorité a déclaré que le débat est obligatoire avant l’approbation d’une loi par la plénière de l’Assemblée nationale.
Pour Lutundula, cette manière de procéder discrédite davantage l’Assemblée nationale par rapport au sénat.
L’ancien vice-président de l’Assemblée nationale a dans son coup de gueule plaidé une fois de plus pour le report des élections locales, municipales, urbaines et provinciales.

Le fossé semble s’élargir entre Lutundula et la Majorité. Sur plusieurs sujets politiques, cet élu s’est déjà montré très critique envers sa famille politique. C’est le cas notamment du processus de découpage territorial qu’il a désavoué dans sa forme actuelle dans une tribune retentissante. Lutundula était aussi de ceux-là qui avaient signé la lettre des « frondeurs », un groupe de chefs des partis opposés à un possible 3ème mandat du président Joseph Kabila.

http://7sur7.cd/new/la-repartition-de-siege-passe-sans-debat/