Digital clock

Pages vues le mois dernier

Translate

SACREBOPOL

vendredi 28 novembre 2014

Hollande met Kabila en garde:

 «On ne change pas l’ordre constitutionnel par intérêt personnel»




























Le président français François Hollande a mis en garde jeudi, à deux jours d’un sommet de la Francophonie à Dakar, les dirigeants africains qui seraient tentés de modifier la Constitution de leur pays pour rester au pouvoir, prenant l’exemple de la chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso.
Le départ forcé du pouvoir de Blaise Compaoré, « peut servir de leçon à beaucoup de chefs d’Etat, pas seulement en Afrique », a déclaré M. Hollande aux chaînes de télévision France 24 et TV5 Monde et à Radio France Internationale (RFI). « On ne change pas l’ordre constitutionnel par intérêt personnel », a-t-il lancé. Le président était interrogé notamment sur la situation de la République démocratique du Congo (RDC), du Congo (Brazzaville) ou du Rwanda.
« Quand on fait voter des peuples pour des Constitutions à travers des référendums, on ne peut pas les modifier impunément. Quand un chef d’Etat reste plusieurs mandats de suite, et qu’à un moment il est fixé une limite d’âge ou il est fixé un nombre de mandats qui ne peut pas être dépassé, il ne peut pas en être décidé autrement. C’est ce qui s’est passé au Burkina », a-t-il insisté.
« La France n’est pas en tutelle des pays africains »

Des manifestations populaires ont provoqué le 31 octobre la démission de M. Compaoré qui avait l’intention de réviser la Constitution afin de se maintenir au pouvoir, après 27 années de règne. M. Hollande a rappelé qu’il avait mis en garde M. Compaoré, et lui avait écrit pour lui proposer son soutien pour qu’il puisse prendre des responsabilités internationales en quittant le pouvoir dans son pays.
Interrogé sur les pays où les dirigeants peuvent rester en place sans limitation de temps, tels que le Tchad, le Cameroun, le Gabon ou le Togo, M. Hollande a estimé que dans ce cas, il fallait s’assurer que les élections soient « libres, plurielles et démocratiques ».
« La France n’est pas en tutelle des pays africains », a-t-il dit, citant comme exemple de bonne gouvernance la Tunisie, qui élit actuellement un nouveau président

jeudi 27 novembre 2014

Violences électorales du 26 novembre 2011 à Kinshasa :





 L’Opposition demande à la CPI de se saisir du dossier


26 novembre 2011- 26 novembre 2014 : il y a trois ans depuis que la ville de Kinshasa était plongée dans l’horreur, avec les violences électorales qui avaient émaillé la fin de la campagne de la présidentielle du 28 novembre 2014 en RDC.
Pour commémorer le troisième anniversaire de cette tragédie, qui a assené un coup dur à la jeune démocratie congolaise, les membres des Forces Politiques et Sociales pour l’Unité d’Actions se sont retrouvés avec leurs militants hier mercredi 26 novembre 2014 dans la commune de Kinshasa, à l’espace « Stadium », sur la route du cimetière de cette municipalité.
A cette occasion, le Secrétaire Général de I’UDPS, Bruno Mavungu, a demandé au nom de ses pairs de’ l’Opposition, à la CPI (Cour Pénale Internationale), dont les délégués étaient à Kinshasa à l’époque des faits, d’ouvrir un dossier judiciaire à charge des commanditaires et auteurs de ces tueries et violences physiques sur des militants sortis pour faire la fête à leurs candidats.

Tirant les leçons de cet épisode triste de l’histoire politique de la RDC, le Secrétaire Général de I’UDPS a exigé la convocation d’un dialogue national inclusif, conformément à l’Accord- cadre d’Addis-Abeba et à la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations — Unies, pour que les élections à venir soient apaisées et se passent selon un calendrier global concerté.
Dans sa déclaration de circonstance, Bruno Mavungu a rappelé que le 26 novembre 2011, le pouvoir avait donné l’ordre aux services de sécurité d’empêcher les candidats présidents de la République, Tshisekedi et Kamerhe, de clôturer leur campagne en beauté.
Le Secrétaire Général de I’UDPS a précisé que les militants de I’UDPS qui avaient fait le déplacement de l’aéroport de Ndjili pour accueillir le sphinx de Limete avaient été froidement abattus.

«Ces massacres se poursuivirent pendant les élections, même après la publication des résultats », a-t-il souligné, avant de déplorer le fait que les marches organisées par l’église catholique pour réclamer la vérité des urnes furent sévèrement réprimées, des églises vandalisées, des prêtres battus en plein culte, des lieux saints saccagés avec des pertes en vies humaines.
Mavungu a rappelé que la MONUSCO, Human Rights Watch ainsi que les ONG congolaises de défense des droits de l’homme avaient fait état de Congolais décapités, éventrés et jetés dans lé fleuve Congo ou dans des égouts, tandis que d’autres sont portés, disparus jusqu’à ce jour.
Ce haut cadre de ‘UDPS a martelé qu’en mémoire de toutes ces victimes, les Forces Politiques et Sociales pour l’Unité d’Actions ont décidé de décréter la date du 26 novembre de chaque année « Journée Nationale du Souvenir ».
Bruno Mavungu a saisi l’occasion pour dresser un tableau sombre de la situation sécuritaire de la RDC, gravement menacée à l’Est par des forces négatives venues des pays voisins, et au Katanga par des Bakata Katanga, un groupe armé instrumentalisé par des leaders de cette province.

Tout en dénonçant les manœuvres de la Majorité, qui cherche à s’éterniser au pouvoir à travers la proposition de la loi de Sessanga et la création de l’ONIP (Office National d’identification de la Population), Bruno Mavungu a mis en garde contre toute tentative d’opérer un glissement dans le calendrier électoral.
Le précité a condamné le musèlement de l’Opposition et de la presse à travers la répression des manifestations publiques pacifiques, des arrestations arbitraires des politiciens, des journalistes, des défenseurs des droits humains, et la fermeture des médias privés, dont récemment la radio Watanshi à Lubumbashi.
Il faut noter que la marche de l’Opposition initialement prévue pour le samedi 29 novembre2014, a été reportée à une date ultérieure.

Eric WEMBA
http://7sur7.cd/new/violences-electorales-du-26-novembre-2011-kinshasa-lopposition-demande-la-cpi-de-se-saisir-du-dossier/

mercredi 26 novembre 2014

Manœuvres politiques : Moïse Katumbi, démission du PPRD programmée !




Manœuvres politiques : Moïse Katumbi, démission du PPRD programmée !






















Absent de la ville de Lubumbashi, chef-lieu de la province, Moïse Katumbi séjourne depuis plus de deux mois à Londres, en Grande-Bretagne. Selon son entourage, il est en convalescence après avoir été l’objet d’un empoisonnement. A en croire la même source, son retour au pays est prévu d’ici la fin de l’année. La République Démocratique du Congo (RDC) qu’il pourra retrouver en changeant de « couleur politique ».
Le 31 octobre 2014, le jour de la fuite de Biaise Compaoré, le président du Burkina Faso, le site congoindependant.com, sous la plume de Baudouin Wetshi écrivait : « Lubumbashi, où est passé Moïse Katumbi ? » Il débutait son article avec cette phrase : « Selon plusieurs sources lushoises, le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe n’a pas été vu en public au chef-lieu de l’ex-Shaba depuis un mois. D’aucuns le disent aux soins intensifs dans une clinique spécialisée en Europe.
D’autres laissent entendre qu’il serait en vacances. La rédaction de Congo Indépendant a tenté sans succès de joindre le ministre de l’Intérieur Richard Muyej, en séjour à Beni. Membre de la Majorité présidentielle, Moïse Katumbi est suspecté par ses amis politiques de nourrir des ambitions pour 2016. Dans la MP, il passe pour un adversaire. Une source n’a pas hésité à murmurer ces quelques mots lourds de sens : « Moïse Katumbi a été victime d’un empoisonnement au cyanure ». Cette information a été confirmée quelques jours par la presse belge qui a rapporté que l’empoisonnement du gouverneur du Katanga a été confirmé par un ministre congolais dont le nom n’a pas cité. Selon ce dernier, « l’empoisonnement de Moïse Katumbi a été diagnostiqué lors d’un check-up à Londres et il a passé un mois aux soins intensifs ».
Le son contraire de Kinshasa
A Kinshasa, on se dit être étonné par cette nouvelle. En effet, certaines autorités gouvernementales indiquent que le gouverneur du Katanga aurait adressé une lettre de demande de sortie pour voyager à l’étranger. Lettre dans laquelle Moïse Katumbi ne parlait pas des soins médicaux.
En attendant que des informations précises soient fournies par rapport à ce feuilleton, il y a lieu de parier que cette affaire ne restera sans conséquences sur le plan politique. «Si I‘empoisonnement de Moïse Katumbi est confirmé, ii y a lieu d’affirmer qu’il provoquera un tsunami politique au sein de sa formation politique, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie – PPRD -, nais au-si de la Majorité Présidentielle», avoue un cadre de la famille politique du chef de l’Etat, sous le couvert de l’anonymat.
Distances avec son parti
Selon certaines indiscrétions, il se murmure que Moïse Katumbi, le président interfédéral du PPRD/Katanga, pourrait prendre ses distances vis-à-vis de cette dernière formation aussitôt revenu au pays. Dans l’entourage du gouverneur du Katanga, l’on explique que le président du TP Mazembe ne serait plus chaud de faire route ensemble que ceux qui, à tort ou à raison, le considère comme un adversaire alors que l’homme s’est toujours coupé en mille et un morceaux pour défendre la vision politique de Joseph Kabila dans sa juridiction.
Certes, cette information est à prendre avec des pincettes, mais l’entourage de celui qui passe pour l’un des hommes les plus riches de la RDC, on digère très mal ce qui est arrivé à leur «champion». Où ira Moïse Katumbi si jamais il démissionnait du PPRD ? Va-t-il suivre Me Jean-Claude Muyambo, cadre de la MP/Katanga, qui vient de rejoindre l’Opposition ?
Une chose reste sûre : un départ de Moïse Katumbi du PPRD et de la MP, pourrait changer la donne politique et au Katanga et au sein de la famille politique du chef de l’Etat. Sinon, sur l’échiquier national.
CONGO NOUVEAU
http://7sur7.cd/new/manoeuvres-politiques-moise-katumbi-demission-du-pprd-programmee/

Kabila fragilisé par la guerre des clans !






Profond malaise à la majorité présidentielle : Kabila fragilisé par la guerre des clans !


Au-delà des apparences étouffées, plus rien ne va à la majorité présidentielle. Au cœur du malaise, une bataille pour la succession divise les caciques du régime qui gravitent tantôt autour d’Aubin Minaku, le président de l’Assemblée nationale et Coordonnateur de la MP tantôt autour de Matata Ponyo, le Premier ministre. Selon des sources dignes de foi, des réunions se multiplient ces derniers jours sur l’avenue du Flambeau, à l‘Hôtel de Fleuve et dans certaines résidences huppées de la Gombe pour monter des stratégies de survie du régime et voir l’orientation à donner aux recommandations des concertations nationales.
La cohésion menacée
L’opinion se souviendra qu’à l’issue des concertations nationales, le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku était désigné pour représenter la majorité présidentielle au Présidium chargé du suivi de la mise en œuvre des recommandations des concertations nationales et Léon Kengo, géniteur de l’invisible gouvernement de cohésion, devait représenter les forces de l’opposition.
Des indiscrétions révèlent que dans la quête de l’homme providentiel pour conduire le fameux gouvernement, la plupart de bonzes de la majorité présidentielle était tombée d’accord sur une personne de confiance de l’Autorité morale et qui devrait reconnaître les recommandations des concertations nationales.
C’est la personne d’Aubin Minaku qui, selon certaines langues, devrait prendre la conduite de l’Exécutif au nom du PPRD et laisser ainsi au Secrétaire général du parti présidentiel de prendre la tête de l’hémicycle. Les dés étaient ainsi joués pour fédérer toutes les forces politiques du pays autour de l’ « objectif ultime ».
Cependant, cette option a rencontré une ferme résistance d’un autre camp de conservateurs fidèle à Matata. Ce camp a mené un lobbying sans précédent pour faire échec à l’exécution des recommandations des concertations nationales. L’enjeu serait de garder le fauteuil de l’Exécutif que lui contestent cependant, bon nombre de bonzes de la famille présidentielle. « Matata n’a aucun poids ni dans le PPRD ni dans la majorité ; on ne peut pas comprendre qu’il bénéficie d’une si haute fonction stratégique pour l’avenir de Joseph Kabila », a martelé sous le sceau de l’anonymat un cadre de la majorité présidentielle.
Des motions pour tomber Matata
En dépit de l’appel à la cohésion lancé dernièrement par le chef de l’Etat à Kingakati, la guerre est déjà ouverte et le compte à rebours a commencé. Des motions de défiance vont se multiplier à l’Assemblée nationale pour mettre la tête de Matata à prix, indiquent des sources concordantes. Même si la motion Busa vise Patrice Kitebi, le ministre délégué auprès du Premier ministre en charge des Finances, des observateurs avisés pensent qu’il s’agit du chef du gouvernement qui est dans l’œil du cyclone. Comment peut-on comprendre que des documents brandis par les députés motionnaires Lucien Busa, Clément Kanku, Awenze pour enfoncer Matata Ponyo viennent des entreprises gérées par les cadres de la majorité ? Complicité !
Des sources de la présidence indiquent que la motion de défiance aurait atteint ses effets si le président de la république n’avait pas éloigné Minaku à Lusaka pour le représenter aux funérailles de son homologue zambien.
Face à ce qui précède, force est de constater que le président de la République est fragilisé par ses propres collaborateurs. Là où les uns se préoccupent de conserver leurs positions, les autres voient les lendemains. Il appartient donc à l’autorité morale de prendre la balle au bond afin d’éviter l’expérience burkinabé. Le 06 décembre 2014, c’est déjà dans deux semaines. La Nation attendra sans doute des options claires face aux résultats des concertations nationales.
Martinez Ngyaluka
http://7sur7.cd/new/profond-malaise-la-majorite-presidentielle-kabila-fragilise-par-la-guerre-des-clans/

mercredi 19 novembre 2014

Majorité présidentielle : Muyambo dit adieu à la "ferme de Kingakati". Une première.

Majorité présidentielle :
Muyambo dit adieu à la "ferme de Kingakati". Une première.

L’avocat Jean-Claude Muyambo Kyassa, président de la Solidarité congolaise pour la démocratie et le développement (Scode)


La ferme de Kingakati est ce «ranch» situé à 80 kilomètres de Kinshasa où «Joseph Kabila» a l’habitude de réunir les «manitous» de sa mouvance dite «Majorité présidentielle» (MP) pour cogiter sur les intérêts de l’oligarchie en place. Devenu opposant, Muyambo n’y sera plus invité. Le problème? Depuis le mois de juin 2013, un seul sujet occupe les esprits : la révision constitutionnelle. Les proches de «Kabila» ne parlent plus que de ça. L’intéressé, lui, n’a jamais pris position en public. Au grand dam de l’opinion. Un silence qui ne trompe personne sur le "rêve" du locataire du Palais de la Nation de briguer un troisième mandat. Le 30 août dernier, à la surprise générale, Jean-Claude Muyambo Kyassa (JCMK), président du parti «Scode» (Solidarité congolaise pour la démocratie et le développement), créait l’événement en annonçant l’hostilité de sa formation politique à toute modification de la charte fondamentale. «Il n’a jamais été question dans nos engagements que le président Kabila brigue un troisième mandat, dit-il. En 2016, il faut qu’il y ait l’alternance». Une prise de position accueillie comme une "déclaration de guerre" du fait notamment de la symbolique. Natif de la province du Katanga laquelle passe, à tort ou à raison, pour le «fief» du « raïs », Muyambo n’est donc pas n’importe qui. Pire, c’est la première fois que le pouvoir kabiliste est "défié" dans son «environnement naturel». Le «clan» accuse des fissures à un moment crucial. Samedi 15 novembre, «JCMK» est revenu à la charge en claquant purement et simplement la porte de la majorité. En cause, l’interdiction, par les autorités du Kasaï Oriental, d’un meeting qu’il devait animer à Mbuji Mayi. Dimanche 16 novembre, le très bouillant président de Scode a répondu à quelques questions de Congo Indépendant depuis Lubumbashi. Entretien.
"Exhorter la population de Mbuji-Mayi à rejeter toute idée de révision constitutionnelle". "Exiger de la Commission électorale nationale indépendante la publication d’un calendrier électoral global". Ce sont les deux messages fondamentaux que le président de Scode escomptait décliner devant les militants de son parti à Mbuji-Mayi. Le voyage n’a pas eu lieu. Les autorités provinciales du Kasaï Oriental ont interdit l’atterrissage de l’avion qui transportait la délégation venue de l’ex-capitale du cuivre. La suite est connue : cette formation politique a décidé de quitter la "Majorité présidentielle".

Soixante-douze heures après ce coup de gueule de Jean-Claude Muyambo Kyassa, le pouvoir kabiliste se fait discret. Une "sagesse" pour le moins inhabituelle. Le ministre des Médias, Lambert Mende Omalanga, qui affectionne la posture d’«aboyeur de la République» est aphone. Il a sans doute besoin de quelques "pastilles" pour soigner sa gorge. Une «riposte foudroyante» serait-elle en préparation dans le camp présidentiel? Les «sages» de la «MP» auraient-ils convaincu les «durs» du régime de laisser passer l’ouragan afin de «banaliser» la prise de position de l’enfant terrible du Katanga ? Deux questions qui restent sans réponse. Pour l’instant. Reste que c’est un sacré pavé que Muyambo a jeté dans la mare du « clan kabiliste ». Sans vouloir jouer au devin, on peut gager que plus rien ne sera comme avant. Le "rais" est nu!

"Compaoré a quitté le pouvoir par la petite porte...

A Lubumbashi, «JCMK» ne trouve pas des mots assez durs pour fustiger ses
«ex-amis» de la majorité. Inutile de dire que l’ombre de «Joseph Kabila» est constamment en filigrane. Et ce, même si le locuteur clame "n’avoir rien contre le chef de l’Etat".

In tempore non suspecto, le président de Scode avait critiqué le projet du président Blaise Compaoré de modifier l’article 37 de la Constitution du Burkina Faso pour lui permettre de briguer un cinquième mandat. «C’est un conseil que je voulais donner au président Blaise Compaoré, dit-il. Je me demande aujourd’hui s’il avait de bons collaborateurs autour de lui. Je constate que l’ancien président avait préféré écouter les faucons de son entourage. Le résultat est là : il a quitté le pouvoir par la petite porte. Compaoré a eu tort de n’avoir pas compris qu’un vent nouveau souffle en Afrique et qu’il devait se contenter de terminer son mandat en décembre 2015».

Pour Muyabo, la chute de Compaoré est un message adressé autres dirigeants africains incapables de résister à la tentation de s’accrocher au pouvoir. « Si la modification de la Constitution avait réussi au Burkina, les autres dirigeants du continent allaient considérer ce fait comme un incitant pour agir dans le même sens», souligne l’ancien bâtonnier du barreau de Lubumbashi avant de revenir sur la position qu’il a exprimée le 30 août contre la modification de la loi fondamentale au Congo-Kinshasa. Cette annonce traduit-elle l’opinion générale au Katanga comme l’avait écrit un journal local ? Pour l’avocat lushois, le refus de l’amendement des articles de la Constitution procède d’un sentiment général qui prévaut non seulement au Sud mais aussi au Nord, à l’Est et à l’Ouest du pays. «Tout le monde dit non à la révision constitutionnelle, c’est ça la vérité », dit-il. Et d’ajouter : « Des membres du gouvernement dépêchés dans l’arrière-pays pour sensibiliser la population sur l’idée de révision constitutionnelle sont rentrés bredouilles sans obtenir l’adhésion populaire ». « Pourquoi n’ont-ils pas eu le courage de dire la vérité au Chef ?», s’est-il interrogé en soulignant que la position prise par son parti procède de la "volonté populaire".

Pour amener Muyambo à expliciter sa pensée, il n’était pas sans intérêt de lui demander si l’opposition à la modification de la Constitution découle de l’interdiction contenue dans les articles 70 et 220 ou plutôt des déceptions du fait des promesses non tenues par «Joseph Kabila»? Réponse : «Il y a tout d’abord l’interdiction contenue dans la Constitution. Il y a ensuite la misère totale. Les gens ne mangent pas à leur faim. Trouvez-vous normal qu’il y ait des localités où la population ne peut même pas avoir du savon et du sel ?». «Le président Kabila a fait ce qu’il pouvait faire, poursuit-il. Il a arrangé des routes. Il a construit des hôpitaux. Mais, il n’a jamais été question dans notre engagement qu’il puisse briguer un troisième mandat. Il appartenait à la majorité présidentielle de désigner un candidat à la présidentielle de 2016. Dans le cas contraire, je considère qu’il s’agit d’une conspiration contre le peuple».

Le peuple congolais mange par « délestage »

Jean-Claude Muyambo se serait-il exprimé avec la même intransigeance s’il était encore aux affaires ? «Le problème n’est pas là, tonne-t-il. Dès que j’ai commencé à faire savoir mon opposition à la révision constitutionnelle, j’ai été contacté pour entrer au gouvernement. Je peux vous assurer que l’entrée dans l’exécutif n’a jamais été dans mes calculs. Je suis devenu ministre en 2007 grâce à feu Guillaume Samba Kaputo. Il est temps qu’on change les mœurs politiques dans ce pays. Il est temps également que les hommes politiques apprennent à dire la vérité et à se mettre du côté de la population». Il poursuit : «Pour moi, il est immoral que je puisse manger trois fois par jour, alors que la population mange par délestage. A midi, papa et quelques enfants passent à table ; le soir ou le lendemain c’est le tour de la maman et d’autres enfants de manger...».

Dans ses déclarations liminaires, « JCMK » a annoncé son entrée dans l’opposition. Peut-on devenir un opposant crédible après avoir appartenu à la majorité présidentielle durant une dizaine d’années ? Réponse : «Mon opposition ne date pas d’aujourd’hui. Tout en étant membre de la majorité, j’avais l’habitude de formuler des critiques. Je n’ai pas été entendu».

Revenant sur l’incident survenu le samedi 15 novembre, il raconte : «J’ai été particulièrement choqué par ce que j’ai vécu le samedi. En ma qualité de membre de la majorité présidentielle, j’ai introduit ma requête le 4 octobre à la mairie de Mbuji-Mayi pour tenir une matinée politique. J’ai reçu une réponse positive. J’ai même payé les frais exigés. Quatre jours avant la manifestation, le maire adjoint a le culot de me signifier l’impossibilité de tenir ce meeting. Au motif qu’il y avait un problème de bandits armés dans la ville. Selon la Constitution, les organisateurs d’une manifestation publique doivent informer les autorités compétentes. Ce qui a été fait. Notre parti était prêt à prendre en charge le maintien de l’ordre.» «Je ne peux en aucun cas accepter cette façon de se comporter. Voilà pourquoi j’ai décidé de quitter la majorité ».

"Moïse Katumbi est mon frère"

Quel est le message qu’il comptait transmettre aux habitants de Mbuji-Mayi ? La réponse tombe comme un couperet : « J’avais deux messages. Primo : refuser toute modification de la Constitution pour éviter au pays de sombrer dans le chaos. Secundo : exiger de la Commission électorale nationale indépendante la publication du "calendrier global" des élections ». Pour Muyambo, ce n’est qu’à ces deux conditions que le Congo-Kinshasa "pourra éviter" ce qui s’est passé au Burkina Faso.

Lors de sa prise de position le 30 août, "JCMK" avait laissé entendre que plusieus autres personnalités allaient lui emboiter le pas. Trois mois après, rien ne s’est passé. C’est le silence plat. Ne se sent-il pas «un peu seul» ? «Pas du tout, dit-il. Le temps va me donner raison». Quel est l’état de ses relations avec le gouverneur de la Province du Katanga Moïse Katumbi Chapwe ? «Le gouverneur Katumbi est avant tout mon frère, dit-il. Certes, nous avons eu quelques différends comme cela arrive dans toutes les familles. Ces problèmes appartiennent désormais au passé. Sur le plan politique, je suis désormais dans l’opposition alors que lui est au pouvoir». A-t-il des nouvelles de «Moïse» ? Réponse sans fioritures : «Il a eu des ennuis de santé. Il a été empoisonné. Je ne suis pas en mesure de vous dire qui a voulu attenter à sa vie. D’ailleurs votre journal a parlé d’empoisonnement. Pour le moment, le gouverneur Katumbi reçoit des soins à l’étranger. Aux dernières nouvelles, il va mieux ». Ces informations émanent-elles de sources crédibles ? Il conclut : « Je vous dis que Moïse Katumbi est mon frère… »


Baudouin Amba Wetshi 
© Congoindépendant 2003-2014