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SACREBOPOL

vendredi 11 octobre 2013

Kabila» souhaite «visiter» Tshisekedi.

 Réponse : Oui, mais…
Soixante-douze heures après la visite du chef de la maison civile de «Joseph Kabila» à la résidence d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, on assiste à une surenchère de supputations. D’aucuns voient déjà ce dernier à la primature. Depuis mardi 8 octobre à ce jour, les services de communication de l’UDPS ne sont d’aucun secours. C’est le blackout total. La Présidence de la République, mêmement. Porte-parole adjoint de l’UDPS, Augustin Kabuya a avoué à radio Okapi qu’il ignorait le contenu des conversations entre «Tshitshi» et Théodore Mugalu. On le sait, les deux hommes ont passé ensemble pas moins de trente minutes. Il faut être un parfait naïf pour croire que les deux interlocuteurs ont passé ce laps de temps à méditer sur les psaumes de David. Qui est l’initiateur de la démarche sans précédent entreprise par ce collaborateur de «Joseph Kabila» réputé très proche de la "première dame" Marie-Olive Lembe di Sita? Quel est le message dont était porteur Mugalu? Quelle a été la réponse du président de l’UDPS? Tentative de réponses.

Des observateurs de la politique intérieure du Congo démocratique ont été surpris d’apprendre que «Joseph Kabila» a reporté son allocution devant les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès. Initialement prévue le jeudi 10 octobre, cette adresse serait fixée au mardi 15 octobre. Une autre date est avancée : vendredi 25 octobre. 
La surprise de ces observateurs n’a pas manqué d’étonner. Et ce pour la simple raison que le «raïs» était resté imprécis dans son discours du 5 octobre clôturant les travaux des «Concertations nationales». «A brève échéance, déclarait-il, je convoquerai les deux Chambres du Parlement en Congrès, afin de rendre compte à la Nation des conclusions et recommandations des Concertations nationales». 
Ces mêmes observateurs ont cru trouver un début d’explication de ce report à travers la visite pour le moins inattendue du chef de la maison civile du locataire du Palais de la Nation chez l’homme qui passe, depuis le 24 avril 1990 à ce jour, pour le chef de l’opposition congolaise. Depuis son accession à la magistrature suprême le 26 janvier 2001, "Joseph Kabila" ignorait "cordialement" Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Celui-ci le lui rendait bien en ironisant sur "quelques routes goudronnées" dans le cadre des "Cinq chantiers".

Qui est l’initiateur de cette démarche ?
Poser la question c’est déjà y répondre. Selon des sources bien informées, «Joseph Kabila» tente depuis plusieurs semaines, voire des mois, à établir un contact direct avec son ex-challenger à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. Il serait encouragé notamment par "Marie-Olive". Il semble que des membres de la famille biologique de «Tshitshi» auraient été appelés à la rescousse. Sans succès. Nul ne sait l’élément nouveau qui a amené ce dernier à «infléchir» sa position en cette journée du mardi 8 octobre. 

Quel est le message dont était porteur l’envoyé de «Kabila» ?
A en croire ces sources, le message transmis à Tshisekedi pourrait se déclamer à peu de mots près comme suit : «Dans le cadre de la consolidation de la cohésion nationale, le président Joseph Kabila souhaiterait vous rendre visite à votre domicile. Il sera accompagné de son épouse». Il semble que c’est la réponse donnée par le président de l’UDPS qui aurait déterminé le «raïs» à reporter son «harangue» à mardi 15 et peut-être bientôt à vendredi 25. Il espère annoncer, à cette occasion, non seulement des «mesures importantes» découlant des recommandations des concertations nationales mais aussi une «réconciliation au sommet». 

Quelle a été la réponse d’Etienne Tshisekedi ?
Selon des sources proches du premier cercle du pouvoir kabiliste, il semble bien que le leader de l’UDPS aurait soufflé le chaud et froid. Le chaud, d’abord. Il aurait dit à Théodore Mugalu sa disponibilité à recevoir «Joseph Kabila». «Je n’ai jamais refusé de le recevoir», aurait-il souligné. Le froid, ensuite. Il semble qu’Etienne Tshisekedi wa Mulumba aurait posé comme exigence ce qu’il est convenu d’appeler «la vérité des urnes». En clair, il subordonne son accord à une déclaration de «Joseph Kabila» fixant l’opinion sur les «vrais résultats» de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. Un scrutin entaché de multiples fraudes et «défaillances» dénoncées unanimement par des observateurs tant nationaux qu’internationaux. 

La vérité des urnes
Rappelons qu’en dépit de ces opérations électorales chaotiques, la Commission électorale nationale indépendante, dirigée alors par le «pasteur» Daniel Mulunda Ngoy, avait déclaré «Joseph Kabila» vainqueur avec un score discutable de 48,95%. Tshisekedi, 32,33%. C’était le 9 décembre 2011. Selon certaines indiscrétions, Mulunda a fait cette annonce alors que la Ceni n’était pas encore en possession des …résultats de l’ensemble des 169 centres de compilation. A tort ou à raison, depuis le 9 décembre 2011, Tshisekedi se considère comme le véritable «Président élu». 

Inutile de dire que pour Tshisekedi et ses partisans, le successeur de Mzee n’est ni plus ni moins qu’un usurpateur. Il s’appuie sur l’appareil sécuritaire en dirigeant le pays "par défi". «Joseph Kabila a volé la victoire d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, commente un udépésien pur et dur. Ce hold-up a engendré la crise de l’Etat que Kabila fait semblant de déplorer aujourd’hui». Certains sympathisants de l’UDPS, plutôt modérés, souhaitent que leur leader prenne la main tendue de «Joseph Kabila». «Il serait dommageable, disent-ils, que les générations futures ne gardent du président Tshisekedi que l’image d’un homme intransigeant qui ne savait prononcer qu’un seul mot : Non ! Il est temps d’apaiser les esprits». Une chose paraît sûre : le blackout observé tant chez Tshitshi que dans la «Kabilie» laisse supposer que les deux parties tiennent à préserver le contact ainsi amorcé..."
 http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=8371

Ndlr:
Dans sa réponse à Abandi du M23 via "Le Soir", Mende cite expressément cette visite, la mettant au compte des progrès récents accomplis par le pouvoir comme décrispation de relations entre Congolais en marche vers la cohésion nationale...
Pour le moins Kanambe y attache un prix décisif : attendre le (bon) dénouement de cette tentative de dialogue entre lui et son têtu rival avant de tirer les conclusions finales des Concertations n'est donc pas une hypothèse volée... 
Mais que faire de cet éventuel dialogue pour un réel bénéfice du pays au delà de leurs deux personnes ? C'est là où leurs responsabilités seront davantage comptables !

Ndo

Aubin Minaku: «Le président Kabila partira après les prochaines élections» en RDC


Aubin Minaku: «Le président Kabila partira après les prochaines élections» en RDC

En RDC, Joseph Kabila devrait annoncer, la semaine prochaine, peut-être le mardi 15 octobre 2013, devant les deux chambres réunies en Congrès, des mesures en faveur de l'ouverture politique. Le chef de l'Etat congolais va-t-il s'inspirer des recommandations faites par les concertations nationales qui se sont achevées la semaine dernière ? Eléments de réponse avec le président de l'Assemblée nationale, Aubin Minaku. Le secrétaire général de la majorité présidentielle répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

RFI : Que répondez-vous à ceux qui disent que ces concertations nationales, c’était de la poudre aux yeux ?

Aubin Minaku : La réponse est simple : ils ne pouvaient que dire cela, parce qu’ils n’ont pas pris part aux travaux. Tous ceux qui ont pris part aux travaux, les délégués, les experts, les observateurs nationaux comme étrangers, et finalement, même les membres permanents du Conseil de sécurité, se sont rendu compte que les concertations ont été sérieuses. Les délégués ont débattu en toute liberté. Ce sont des résolutions fondamentales qui ont été adoptées. Reste maintenant leur mise en œuvre à partir du discours du président de la République devant le Congrès.

RFI: Officiellement, ces concertations réunissaient le pouvoir et l’opposition. Mais les deux principaux opposants, Etienne Tshisekedi (UDPS) et Vital Kamerhe (UNC), ont boycotté ces rencontres. Alors, le jeu n’est-il pas faussé depuis le début ?

AM: Les concertations nationales ne concernaient pas que la majorité et l’opposition. Il y a la société civile, les chefs coutumiers, les experts, etc. J’ajouterais qu’en réalité, l’UDPS évolue en parallèle avec le cadre institutionnel, parce que le chef de l’UDPS se considère comme le président de la République, c’est une situation insolite. Cependant, les élus de l’UDPS à l’Assemblée nationale – une bonne vingtaine – ont pris part aux travaux de concertation nationale.

RFI: Vous évoquez les dissidents de l’UDPS qui ont participé à ces concertations, mais depuis vingt ans on compte des centaines de dissidents de ce parti, ce qui n’empêche pas Etienne Tshisekedi de rassembler des millions de voix à chaque nouvelle élection. Est-ce que son absence ne nuit pas à la crédibilité de ces concertations ?

AM: Il a été absent aux élections de 2006 proclamées crédibles par tous. Donc, ce n’est pas sa présence qui crédibilise, même s’il est vrai qu’il a obtenu des voix pendant les dernières élections de 2011. Mais la crédibilité des concertations nationales, on la voit à travers le sérieux des recommandations issues de ces concertations. La République ne peut pas être l’esclave d’un parti politique.

RFI: A l’issue de ces concertations, les délégués ont fait de nombreuses recommandations en faveur de l’ouverture démocratique. Le président Kabila leur a répondu qu’il présentera bientôt des mesures importantes. Pouvez-vous nous en donner des exemples ?

AM: Je n’ose pas devancer le président de la République dans ses prérogatives constitutionnelles, mais en tout cas il a clairement dit que l’ouverture politique prônée par lui depuis sa prestation de serment, il va davantage la mettre en œuvre.

RFI: Avec la nomination d’un nouveau Premier ministre ?

AM: Le Premier ministre émane de la majorité. Ce n’est pas une affaire de Premier ministre tout seul ou d’autres institutions. L’essentiel, c’est que rapidement les recommandations soient mises en œuvre.

RFI: Mais si le prochain Premier ministre émane de la majorité, est-ce que ce sera un Premier ministre d’ouverture ?

AM: Nécessairement, le prochain Premier ministre devra gérer un gouvernement où l’on retrouverait des membres de l’opposition. C’est cela aussi, l’ouverture.

RFI: Vous parlez ouverture, vous parlez consensus, cela peut-il être l’occasion de changer la Constitution ?

AM: La Constitution congolaise est claire, il faut la respecter. Et le président de la République l’a toujours dit. Et si dans cette Constitution, les dirigeants estiment qu’il y a nécessité d’une révision dans l’intérêt de la République sur la base de la même Constitution, ce ne doit pas être un tabou. Mais si la Constitution prévoit quelques dispositions intangibles, on ne touche pas aux dispositions intangibles. Donc pour moi, la révision de la Constitution, ce n’est pas un tabou, mais il s’agit d’une révision des dispositions révisables. On ne touche pas aux dispositions intangibles.

RFI: Parmi les dispositions intangibles, il y a l’article 220, qui interdit au président Kabila de se présenter en 2016 pour un troisième mandat. A vous écouter, on ne touche pas à l’article 220 ?

AM: C’est une disposition intangible ! On ne touche pas à cette disposition. Ca signifie qu’il y a respect des deux mandats non renouvelables. C’est clair.

RFI: Donc, si on ne touche pas à l’article 220, est-ce que ça veut dire que le président Kabila partira en 2016 ?

AM: Le président de la République partira après les prochaines élections. Parce que selon la Constitution congolaise, une institution libère les fonctions quand il y a un autre qui a été élu de façon démocratique. Le jour où on organisera les élections présidentielles dans cette République, et que ce sera gagné par quelqu’un d’autre, celui-là remplacera Kabila.

RFI: Mais vous savez bien qu’il y a des figures de la majorité présidentielle, comme Evariste Boshab, qui se prononce en faveur de la révision de la Constitution. Visiblement, vous n’êtes pas d’accord avec elle ?

AM: Je suis quand même secrétaire général de la majorité présidentielle et je ne sais pas s’il y a un organe de la majorité présidentielle qui réclame une révision constitutionnelle pour prolonger le mandat. Je sais qu’il y a des écrits scientifiques. Chacun a le droit de s’exprimer, mais il n’y a aucun organe de la majorité présidentielle qui s’est prononcé dans ce sens-là.

http://www.rfi.fr/afrique/20131011-aubin-minaku-president-kabila-partira-apres-elections-rdc





Je ne serais pas surpris que le "Medvedev" de Kabila soit lui-même Minaku    
Oui en effet, Minaku peut bien jouer le rôle de Medvedev de Kabila et aussi refuser de lui rendre le tablier le moment venu.

Par contre, je voudrais vous demander d'analyser ce non-verbal de Minaku et dites-moi si j'en fais mauvaise lecture.

RFI: Donc, si on ne touche pas à l’article 220, est-ce que ça veut dire que le président Kabila partira en 2016 ?

AM: Le président de la République partira après les prochaines élections. Parce que selon la Constitution congolaise, une institution libère les fonctions quand il y a un autre qui a été élu de façon démocratique. Le jour où on organisera les élections présidentielles dans cette République, et que ce sera gagné par quelqu’un d’autre, celui-là remplacera Kabila.

Nulle part Minaku ne parle d'élections en 2016. Il parle du jour où on organisera des élections démocratiques. Ça peut-être en 2016 comme en 2022. Donc Mr Kabila pourra allonger son mandat sans nécessairement réviser la constitution car, pour qu'il parte, il faudrait qu'il y ait des élections.

Ah je vois le coup ... genre on a pas d'argent pour organiser les élections  ou une guerre qui retarde le processus Wink ... ou encore plus plausible .... Un gouvernement d'union qui va corriger les erreurs de 2011 et pour cela il faut des préalables ... recensement, nouveau CENI, etc... bref on allonge le délai Wink 

Remarquez que Minaku qui n'est pas bête a évité de répondre sur "2016" (qui est la fin prévue constitutionnellement de ce mandat, 5 ans de décembre 2011 à décembre 2016) mais s'est engagé pour fixer le terme "après les élections" !

C'est par respect pour un autre aspect de la Constitution qui recommande la continuité de l'Etat, le Président sortant ne quitte normalement son poste que lorsque le nouveau est effectivement élu pour le remplacer; mais il l'a dit aussi par réalisme (et par calcul ?) sachant que les élections elles-mêmes peuvent être retardées par des obstacles démocratiquement actés !
N'empêche de sa part, cette nuance n'est pas anodine !

La Rédaction