Digital clock

Pages vues le mois dernier

Translate

SACREBOPOL

lundi 19 octobre 2015

«L'AFRIQUE AU BORD DU GOUFFRE OU DU REBOND?»





Message  ndonzwau le 18/10/2015, 8:30 pm


"L'Afrique au bord du gouffre ou du rebond?" Tel est le sujet de ce jour dans Géopolitique sur RFI qui me donne l'occasion d'y revenir sans prétentions ! Question complexe battue et rebattue que la dure réalité des faits nous impose hélas au delà de l'optimisme des uns et le pessimisme des autres ! 
Où en est l'Afrique, où va-t-elle ? Si la réponse était en fait : entre les deux, vu la "crise larvée" de l'Afrique depuis presque son accès à la souveraineté ? Tantôt elle s'enfonce, tantôt elle semble relever la tête, mais qu'est-ce qui nous dit que la longueur de ses malheurs ne donne pas après tout un certain crédit à l'afro-pessimisme... A la nuit succède certes le jour mais si celle-là dure si longtemps n'obère-elle pas tant la vie des nombreuses générations qu'il est légitime de justifier un désespoir certain ? 








Carte du continent africain

Le pessimisme à l'égard du continent africain a été le discours dominant pendant une longue période. Il ne l'est plus. L'afro-optimisme s'est imposé plus récemment, dans la deuxième moitié des années 2000, particulièrement dans les milieux économiques et entrepreneuriaux. Cet optimisme va même jusqu'à une forme d'idéalisation, parlant de l'Afrique comme d'une « nouvelle frontière » de l'économie mondiale. Où se situe le curseur reflétant au mieux la situation?

Les appels à la lucidité se multiplient. L'Afrique a certes maintenu sa croissance, 5,5% en moyenne ces dix dernières années, en dépit de la crise financière de 2008 et de conditions dans lesquelles nulle autre économie ne saurait croître, en particulier le déficit dramatique d'électricité. La production d'électricité en Afrique, à échelle continentale, ne dépasse pas celle de la Corée du Sud. Et encore précise Alain Antil, Responsable du programme Afrique Sub-Saharienne de l'IFRI et chargé de cours à Sciences Po Lille, la moitié de cette électricité est produite par l'Afrique du Sud. Lucidité encore car après quinze années flamboyantes, la chute brutale du cours des matières premières intervient alors que la plupart des pays africains n'ont pas constitué les réserves ni pris les mesures nécessaires pour s'en prémunir. Beaucoup de pays africains connaitront l'épreuve du feu dans les mois à venir.

Lucidité toujours car si le taux de pauvreté régresse, le nombre de pauvres continue d'augmenter au sud du Sahara, compte tenu de l'augmentation très rapide de la population. Cette dernière devrait doubler et dépasser les 2 milliards d'habitants en 2050. A ce moment, le quart de la population mondiale sera africaine. Elle poursuivra sa forte croissance pendant au moins cinquante ans. La conséquence sur les villes est évidente. Celles-ci vont exploser. Dès 2030 près de la majorité des Africains vivront en milieu urbain. La gestion des grandes villes est devenue très complexe. Les défis que les municipalités urbaines doivent affronter sont de grande ampleur, en particulier pour la délivrance des services essentiels. C'est aussi tout un modèle que les villes africaines doivent créer. Comme le souligne Hélène Quénot-Suarez, chercheur associée au programme Afrique Sub-Saharienne de l'Ifri. Si en Occident l'urbanisation est née d'une croissance économique tirée par l'industrialisation, ce n'est pas le cas en Afrique, où l'économie des villes reste majoritairement tirée par les services et la consommation. Les villes africaines ont un modèle à inventer qui devra être la clé de voute d'un développement endogène et pérenne du continent.
Le processus accéléré de densification et d'urbanisation des espaces africains est-il en train de changer la place du continent dans le monde ? Est-il passé du statut d'objet à celui de sujet des relations internationales ? Dans un contexte d'augmentation de la demande des puissances émergentes et de compétition accrue sur ses ressources, l'Afrique, de par son capital naturel, occupe une place stratégique sur l'échiquier géopolitique mondial.

Bien qu'opposés, les deux discours afro-pessimiste et afro-optimiste se rejoignent par leurs considérations très générales, trop générales, estime Alain Antil. Le continent voit son marché intérieur de consommation intéresser de plus en plus d'entreprises. L'interaction avec le reste du monde se fait aussi par l'intermédiaire de la diaspora. Concernant l'insertion des économies africaines dans la mondialisation, les flux de l'illicite ont aussi leur part. L'Afrique est aujourd'hui soit l'espace d'origine (espèces menacées, trafics humains, matières premières...), soit l'espace de destination (faux médicaments, armes...), soit l'espace de transit (cocaïne, héroïne...) des flux illicites mondialisés : la faiblesse ou la corruption de ses appareils sécuritaires lui donne d'incontestables avantages comparatifs... Mode d'insertion de l'Afrique dans la mondialisation conclue Alain Antil, l'économie criminelle, loin de se réduire avec l'expansion économique du continent, est à la fois une menace pour la gouvernance, comme un frein au développement."
 
Pour en savoir plus :
L'émission Géopolitique le débat, dimanche 18 octobre 2015 à 18h10 TU."



J'avoue non par modestie convenue mais par constat objectif n'avoir toutes les clés pour répondre à cette question; en effet je ne peux que faire le constat de l'immédiat qui n'est pas rose pour une majorité d'Africains ! Au delà du temps long de l'Histoire et des historiens, n'étant pas un spécialiste de l'histoire intellectuelle des peuples et encore moins des sciences sociales et économiques, lorsqu'à tort ou à raison je prends le parti de confronter de façon profane mon analyse personnelle à l'histoire universelle qui comprend celle de l'Afrique, je découvre que la domination de l'Afrique par l'Occident et ses "malheurs" durent aujourd'hui depuis des siècles que m'accrocher à un optimisme de principe parait pour le moins décalé ! Pourquoi ça changerait de tout au tout demain ? 

Ainsi donc il me faut le redire : quelque soit son originalité propre les contingences de l'entrée de l'Afrique dans une histoire et une économie de plus en plus monde exigent de nous ses enfants moins un regard généreux plutôt qu'une analyse sans concession qui nous fournisse les outils d'une action meilleure de développement ! C'est là où je n'hésite point à prendre en compte les préalables qui nous manquent comme pour ne pas écarter en fait les étapes du développement genre celles selon Rostov même si nous sommes en ce XXIème siècle dans cette société-monde en fusion communicationnelle...C'est même, selon moi, de l'avoir trop ignoré que non seulement nous ne cessons de nous étriper trop abstraitement sur l'afro-optimisme et l'afro-pessimisme mais aussi que nous prenons moins en compte ce qui nous manque pour mieux faire...

Cela n'invite certes pas à désespérer de notre continent en ôtant à ses millions d'âmes bien vivantes tout avenir mais si nos riches ressources matérielles, humaines, politiques, bref socio-économiques sur le terrain offrent selon les pays des meilleures opportunités de développement demain plus qu'aujourd'hui, ne devons-nous pas pour autant nous interroger sur la capacité des Africains de bien les saisir lorsqu'on voit tous ses défis de paix, de sécurité, de démocratie, de démographie pas toujours contrôlée pas plus investis que ça, nous précipitant souvent à trouver un bouc-émissaire dans le chef de l'Occident ?
L'espoir nous est certes permis mais ne devons-nous pas le fructifier en levant ce tabou souvent présent chez les Africains de ne pas reconnaître notre responsabilité dans nos échecs ? Rien ne nous sera donné, l'essentiel nous devons le conquérir par nos forces, l'arracher auprès des puissants actuels...

Comment, voilà notre chantier de tous les jours au Congo comme ailleurs en Afrique !!! 
Nous ne sommes pas toujours bons, nous sommes capables et nous nous devons de faire mieux en évitant de prendre tout à la légère alors que notre continent stagne et parfois même recule, brûle...
J'y reviendrais...



"Vidéo : RAMSES 2016 – Où va l’Afrique ?" 
° https://afriquedecryptages.wordpress.com/2015/10/01/video-ramses-2016-ou-va-lafrique-par-alain-antil/

"Démocratie, gouvernance et idée panafricaine: où va l’Afrique?"
° http://www.uneca.org/sites/default/files/PublicationFiles/high_level_colloquium_report_fre.pdf

"Où va l’Afrique noire ? En route vers le chaos ?"
° http://www.institut-geopolitique-populations.net/publications/06_ou_va_l_afrique_noire

"Pour que la renaissance de l’Afrique devienne réalité"
° http://www.contrepoints.org/2014/06/18/169254-pour-que-la-renaissance-de-lafrique-devienne-realite#fDUtOU04ARzHwU52.99

"L'Afrique est-elle un continent émergent ?"
° http://www.thinkovery.com/lafrique-est-elle-un-continent-emergent

"JUSQU’À QUAND L’AFRIQUE VA-T-ELLE DEMEURER DANS SON COMA INTERNATIONAL ?"
° http://www.lepotentielonline.com/index.php?option=com_content&view=article&id=6709:le-mois-de-la-femme-se-cloture-par-un-appel-a-l-acces-des-jeunes-filles-a-l-education&catid=85:a-la-une&Itemid=472

"L’Afrique va-t-elle dans le bon sens ?"
° https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-2-hiver-2013-2014/la-revue-des-revues/article/l-afrique-va-t-elle-dans-le-bon

"L’Afrique a-t-elle encore un avenir ?"
° http://la-chronique-agora.com/afrique-avenir/

"L'Afrique est l'avenir de l'Europe"
° http://cercle-richelieu-senghor.org/index.php?option=com_content&view=article&id=201
° http://www.senat.fr/rap/r13-104/r13-104_mono.html

"L’Afrique peut-elle revendiquer sa place dans le 21ème siècle"
° http://jaga.afrique-gouvernance.net/_docs/africa_overview_fr.pdf

"John Kerry : « Un moment décisif pour la démocratie en Afrique »"
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/09/john-kerry-un-moment-decisif-pour-la-democratie-en-afrique_4786078_3212.html#77Mh5WjTSLpScCiD.99

"« La bonne gouvernance est d’abord une question d’institutions solides »"
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/06/la-bonne-gouvernance-est-d-abord-une-question-d-institutions-solides_4783457_3212.html#avqpHMtGKYOARrXF.99

"Gouvernance : l’Afrique centrale, mauvaise élève selon la Fondation Mo Ibrahim"
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/06/gouvernance-l-afrique-centrale-mauvaise-eleve-selon-la-fondation-mo-ibrahim_4783379_3212.html#y1pjMmJVQzsz6Ad5.99

° http://www.fondation-res-publica.org/Ou-va-l-Afrique-Une-perspective-africaine_a202.html
° http://www.afrik.com/video-ainsi-va-l-afrique-les-pays-africains-qui-ont-reussi-la-democratie-selon-justin-houetohossou
° http://www.africultures.com/php/?nav=evenement&no=30286

"«La croissance n’est plus la panacée»"

° http://ideas4development.org/la-croissance-nest-plus-la-panacee/
° http://www.rfi.fr/hebdo/20150911-france-afd-gael-giraud-alternatives-croissance-inegalite-prosperite

"Où va l’Afrique centrale ?"
° http://www.jeuneafrique.com/dossiers/ou-va-lafrique-centrale/


"Georges Nzongola publie «Faillite de la gouvernance et crise de la construction nationale au Congo-Kinshasa»"
° http://www.radiookapi.net/2015/10/17/actualite/culture/georges-nzongola-publie-faillite-de-la-gouvernance-et-crise-de-la


° http://desc-wondo.org/dossier-lafrique-et-lequation-insoluble-de-lalternance-democratique-au-pouvoir/
° http://www.radiookapi.net/2015/10/16/actualite/justice/la-rdc-peut-obtenir-10-milliards-usd-de-louganda-estime-lavocat-fidele
° http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/l-afrique-en-crise-va-t-elle-se-retrouver-dans-nos-banlieues_1725205.html
° http://www.amazon.fr/LAfrique-va-t-elle-mourir-K%C3%A4-Mana/dp/2204043990
° https://books.google.fr/books?id=Q-OLq3188JUC&pg=PA134&lpg=PA134&dq=Ou+en+est+l%27Afrique;+o%C3%B9+va-t-elle+?&source=bl&ots=iRtCNO3icd&sig=E-SsdC3-fJ62h2juEESvRpPWIto&hl=fr&sa=X&ved=0CDYQ6AEwBGoVChMIud-26vfLyAIVgSoaCh3QPAsM#v=onepage&q=Ou%20en%20est%20l'Afrique%3B%20o%C3%B9%20va-t-elle%20%3F&f=false
° http://www.ajol.info/index.php/ad/article/viewFile/22101/19402
° http://www.congoforum.be/fr/analysedetail.asp?id=148253&analyse=selected
° http://fr.allafrica.com/stories/201302020278.html
° http://www.lesafriques.com/actualite/interview-les-africains-doivent-travailler-ensemble.html?Itemid=89
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/09/gabon-un-africa-forum-au-village-sans-richard-attias-ni-electricite_4786484_3212.html
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/05/la-chine-etrenne-sa-nouvelle-diplomatie-en-afrique_4782545_3212.html





Compatriotiquement !

L’ARC accuse Elysée Munembwe et Gaston Kisanga d’imposture



L’ARC accuse Elysée Munembwe et Gaston Kisanga d’imposture



Le comité directeur de l’Alliance pour le renouveau du Congo (ARC) a dénoncé jeudi 15 octobre à Kinshasa ce qu’elle qualifie d’imposture d’Elysée Munembwe et de Gaston Kisanga, respectivement questeur de l’Assemblée nationale et président du conseil d’administration du Fonds de promotion de l’industrie (FPI). Ces deux cadres restés fidèles à la Majorité Présidentielle ont annoncé en début semaine «l’exclusion» d’Olivier Kamitatu, autorité morale de l’ARC qui fait partie du G7.
Le député national Hubert Thetika, porte-parole de l’ARC a déclaré jeudi qu’Elysée Munembwe et Gaston Kisanga, suspendus pour leur allégeance à la Majorité présidentielle, ne sont pas qualifiés ni mandatés pour parler au nom de l’ARC.
 «Nous voulons tout simplement dire que chaque parti politique a des règles et, L’ARC est aussi réglementé. Quand on voit deux vice-présidents qui sont sous le coup d’une suspension, aller démettre l’autorité morale, il y a lieu de se poser des questions », a affirmé Hubert Thetika.
Evoquant les statuts de l’ARC, il a expliqué que « le président [de ce parti] est élu par le congrès ou coopté lors de la première  réunion des membres fondateurs et ne peut être démis de ses fonctions que par le congrès dans une session ordinaire ou extraordinaire».
L’Alliance pour le renouveau du Congo est l’un des sept partis politiques exclus de la Majorité présidentielle après une lettre adressée au chef de l’Etat à qui ils demandent le respect de  la constitution. Sur 15 députés nationaux que compte ce parti à la chambre basse du Parlement, 10 sont restés fidèles à Olivier Kamitatu.
Elysée Munembwe et Gaston Kisanga ont « intérêt s’ils le veulent de créer leur parti et de laisser Kamitatu avec son parti continuer. Il est initiateur, il n’est pas fondateur, c’est son parti à lui», a souligné Hubert Thetika.

http://7sur7.cd/new/larc-accuse-elysee-munembwe-et-gaston-kisanga-dimposture/

Francis Kalombo : « Si Kabila veut une nouvelle dictature, ce sera sans nous »








































Francis Kalombo, député élu de la ville-province, membre de la mouvance présidentielle de Joseph Kabila, a quitté son pays  en janvier dernier – après une semaine de manifestations et une coupure d’Internet décidée par le pouvoir pour limiter la mobilisation de la rue contre un projet de modification d’une loi qui aurait permis de reporter la présidentielle de 2016.
Il s’est réfugié au siège de la Monusco, estimant sa sécurité menacée, avant de partir pour l’Ouganda puis la France.
Francis Kalombo, député à Kinshasa en exil en France (DR)
La raison ? Il s’est publiquement opposé aux manœuvres du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, pour faire un troisième mandat en 2016. La Constitution de la RDC limite en effet à deux le nombre de mandats présidentiels successifs.
Cet ancien proche de Joseph Kabila, ex-responsable des jeunesses du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), au pouvoir, est surnommé « Solution » par les enfants de la rue à Kinshasa.
Il joue un rôle pivot, étant aussi l’ami de Moïse Katumbi, 50 ans, l’un des plus sérieux challengers en RDC pour la présidentielle de 2016. Patron du Tout-Puissant Mazembe, une équipe de football qui gagne, Moïse Katumbi a démissionné le 30 septembre du PPRD et de son poste de gouverneur du Katanga. Cet ancien homme d’affaires se prépare à faire campagne, dans un contexte politique qui promet de devenir de plus en plus tendu en RDC.
Que pensez-vous de la démission de Moïse Katumbi du PPRD et de son poste de gouverneur ?
Francis Kalombo  : C’est une très bonne chose. Voilà un moment que la majorité patauge. Le temps est venu de faire le choix entre la force de la loi et la loi de la force. C’est du jamais vu en RDC que des ministres puissent quitter leurs fonctions, de même qu’un conseiller spécial en matière de sécurité, le rapporteur du Sénat et des membres de l’Assemblée nationale, en plus d’un gouverneur.
Où allons-nous avec le régime ? Il n’y a pas de débat sur l’avenir, ni de vision sur ce qui peut arriver… Entretemps, des actes sont posés qui montrent que nous allons à l’encontre des accords de paix posés à Sun City et de ce que souhaite la population.
Un Congolais, Laurent-Désiré Kabila, est allé à pied jusqu’à Kinshasa, chaussé de bottes en caoutchouc, pour chasser en 1997 une dictature qui a duré près de 32 ans. Les Congolais l’ont aidé au cours de sa marche. Nous avons dit non à la dictature.
Tout se passe comme si nous devions revenir en arrière. Les mêmes personnes qui ont chanté le maréchal Mobutu, comme les ministres Tryphon Kin-Kiey Mulumba et Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement, entonnent les mêmes refrains : « Kabila, sans toi le Congo ne peut pas avancer », « On a encore besoin de vous président ».
Le fait que la RDC soit entouré de pays où les présidents ont imposé comme au Burundi un troisième mandat en usant de la violence, ou cherchent à se maintenir comme en Ouganda, au Rwanda et au Congo-Brazzaville, va-t-il entraver votre opposition à Joseph Kabila ?
C’est un combat. Ceux qui veulent imposer la dictature sont une minorité. Le peuple dispose de l’arme la plus forte : sa volonté d’avoir la démocratie. Cette population est capable de se prendre en charge, et elle l’a déjà montré.
Laurent-Désiré Kabila avait le peuple derrière lui quand il a chassé Mobutu du pouvoir. Ce peuple n’acceptera pas qu’on lui impose une autre dictature. Les manifestations de janvier l’ont bien montré à Kinshasa. Une grève d’une semaine s’est produite, qui a contraint le pouvoir à faire marche arrière sur son projet de révision de la loi électorale.
La démission de Moïse Katumbi signale-t-elle un renouvellement de la classe politique ?
Laurent-Désiré Kabila a préconisé la « révolution pardon », et voulu un pouvoir inclusif, qui a même incité des cadres de la diaspora à rentrer au pays. Joseph Kabila ne pouvait que travailler avec l’ancienne classe politique, dont certains dirigeants avaient pris les armes, comme Jean-Pierre Bemba.
Le Congo a connu la guerre. Nous avons engagé un dialogue inter-congolais et négocié la paix, en avril 2002 à Sun City. C’est avec Moïse Katumbi qu’il y aura un vrai renouvellement de la classe politique, avec des hommes et des femmes qui vont travailler, et non s’imposer par les armes puis la négociation.
Une nouvelle guerre est-elle à craindre en RDC ?
Je suis désolé d’avoir entendu le mot « guerre » sortir récemment de la bouche du président Kabila. Il a dit qu’il fallait « être prêt pour la guerre ». A qui veut-il la faire ? A sa population ? C’est très dangereux ! Il est arrivé au pouvoir par les armes. Les Congolais n’ont plus besoin de la guerre, mais de la paix, pour mettre en place les structures qui vont leur permettre de s’en sortir.
Pourquoi vous et Moïse Katumbi êtes soupçonnés d’avoir passé un arrangement avec Joseph Kabila pour l’aider à se maintenir au pouvoir ?
Je suis la première personne à avoir monté des banderoles pour appeler à soutenir Joseph Kabila à son arrivée au pouvoir. Je l’ai accompagné partout dans le monde et je suis l’un des membres fondateurs de son parti politique.
J’ai toujours dit que je ne travaillais pas pour l’individu Joseph Kabila, mais pour le Congo. Je suis du PPRD, de la majorité. Cette majorité prend une ligne de conduite que je ne cautionne pas. Je suis avec Kabila, mais contre les idées qu’on avance.
Moïse Katumbi et moi avons toujours été avec Joseph Kabila. Nous l’avons accompagné pendant tout son mandat. Aujourd’hui, les motivations de Moïse Katumbi sont connues. Il a parlé du « troisième penalty » en s’opposant clairement au projet de troisième mandat de Joseph Kabila, puisque notre Constitution limite à deux le nombre de mandats successifs.
Moïse Katumbi a montré de quoi il est capable. Il a développé la région du Katanga, malgré tous les bâtons que le pouvoir central lui a mis dans les roues – lui retirant notamment la gestion d’une route à péage ou lui interdisant d’ériger une zone industrielle à Lubumbashi.
Nous ne sommes pas de connivence avec Joseph Kabila. Nous sommes du côté du peuple, et nous connaissons bien la maison ! S’ils veulent instaurer une nouvelle dictature en Afrique centrale, nous disons non… Ils le feront sans nous !