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SACREBOPOL

jeudi 1 septembre 2011

La nationalité de Vital Kamerhe : Un faux et superficiel débat !





Bamba di Lelo.

Les stratégies mises en place par certains partis politiques et autres groupuscules, sans scrupules pour contrer leurs adversaires, sont proches de la période stalinienne. En effet, faute de reproches réels ou apparents à opposer à un concurrent potentiel ou imaginaire, les partisans de Staline procédaient à une délation. Montage et inventions en tous genres permettant à leurs initiateurs de
«neutraliser» l’adversaire.

Ainsi, une certaine presse «à charge» tente de prétendre ces derniers temps que Vital Kamerhe n’a pas la nationalité congolaise. Après quelques articles sans cohérence, elle suscite à présent des témoins, témoins sans scrupule qui avancent des choses avec peu de conviction et même sans cohérence.

Pour faire bref, tout le monde a vu la maman de Vital Kamerhe aux assises du premier Congrès ordinaire de l’UNC tenues à Kinshasa du 27 au 30 juillet 2011. Cette maman a dû témoigner, sans équivoque, que son fils Vital Kamerhe était congolais de père et de mère. L’honorable Pay Pay (plusieurs fois ministre, ancien gouverneur de la Banque Centrale et grand notable du Kivu appartenant à la tribu Nande) dont l’épouse est de l’ethnie Shi, dont est issu Vital Kamerhe, a porté un vif témoignage sur la manière dont Kamerhe a toujours défendu les intérêts des Congolais contre les velléités étrangères. De là, à dire qu’il n’est pas congolais relève d’une mauvaise foi manifeste.

Que l’on soit clair ! Lequel des parents de Vital Kamerhe ne serait pas Congolais? Est-ce le papa ou la maman?

Invité à Kinshasa par le pouvoir PPRD pour dénigrer Vital Kamerhe, le chef coutumier des Bashi ne s’est pas empêché de déclarer au cours d’une émission télévisée à la RTNC à Kinshasa que «le père de Vital Kamerhe était son sujet et donc congolais. Quoique mort dans une autre province de la RD Congo, sa dépouille a été ramenée et enterrée dans mon village». Qui mieux que lui peut l’attester ?

En plus, la mère de Vital Kamerhe fait partie de la famille actuellement régnante chez les Bashi et est cousine de l’actuel Mwami.

Certains Congolais, parfois mal informés, considèrent à tort un grand nombre de Kivutiens comme n’étant pas congolais, alors que la plupart de ceux-ci combattent depuis des siècles l’occupation par des tribus faisant partie des pays voisins. C’est ici l’occasion de rappeler dans l’histoire récente la manière dont Vital Kamerhe a contribué à la résistance contre les forces étrangères.

Vital Kamerhe a joué un rôle de premier plan lors du Dialogue Intercongolais à Sun City dont le but était la sécurisation de l’est du pays face aux agressions rwando-ougando-burundaises.

Par ailleurs, Vital Kamerhe a exercé avec compétence d’importantes fonctions publiques notamment commissaire du gouvernement auprès de la MONUC (Mission de l’ONU au Congo), ministre de l’Information et plus récemment président de l’Assemblée nationale. A l’occasion de l’exercice de ses fonctions, il s’est toujours soucié de la défense des intérêts congolais au péril de son intégrité physique. C’est l’une des raisons pour lesquelles il a été évincé de son poste de président de l’Assemblée nationale.

Dès lors, comment un supposé étranger de nationalité rwandaise s’opposerait-il à l’entrée des troupes rwandaises sur le sol congolais ? Ces différentes explications auraient permis à un «shérif» de trouver des pistes de délation et de montage machiavélique. Suivez mon regard...

Ainsi, l’opprobre de "nationalité douteuse" jeté sur Vital Kamerhe risque de se retourner contre ses détracteurs. En vérité, cette question vise tous les Kivutiens qui sont gênés d’apprendre qu’un «Mushi» pur sang et qui défend bec et ongles la cause nationale est considéré par certains adversaires comme étant «non Congolais». Dommage.

Nous savons par ailleurs que d’illustres personnalités à travers le monde se sont souvent vues attribuer spontanément l’une ou l’autre nationalité, au moment où leur étoile était brillante. L’on peut citer Mobutu de qui l’on disait qu’il était centrafricain, feu Frédéric Chiluba, congolais de Kinshasa etc.

Je préviens donc qu’il est urgent et impératif de revenir aux problèmes fondamentaux qui minent le pays. Il s’agit de la socio-économie, de la sécurité des biens et des personnes, du développement du pays.

Il est temps de tracer des pistes et de poser des jalons, afin de mieux assurer la relève pour nos enfants.

Si, par contre, les repères perdus ne sont pas restitués à leur dimension initiale existentielle, la République Démocratique du Congo n’existera bientôt plus et l’Histoire qui nous considère ne sera pas tendre pour nous juger.

Bamba-di-Lelo

Docteur en Sciences politiques de l’UCL
Analyste des questions politique du Congo

Adresse de contact :

GSM : 0479/64 54 87
E-mail : badiljb@hotmail.com
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