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dimanche 16 décembre 2012

Crise au Nord Kivu : «Joseph Kabila» tente d’impliquer le Parlement


Crise au Nord Kivu : «Joseph Kabila» tente d’impliquer le Parlement


"Joseph Kabila" lors d’une intervention devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès. Photo tirée du GLM

Pendant que les délégués du gouvernement de Kinshasa et ceux du M23, réunis à Kampala, peinent à aborder le vif du sujet, «Joseph Kabila» feint de se départir de sa casquette d’"autorité morale" du cartel politique dit "majorité présidentielle". L’homme s’est découvert la vocation tardive de «rassembleur» et de "garant de la cohésion nationale". Il s’est entretenu, le jeudi 13 décembre, à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, successivement avec des sénateurs, toutes tendances confondues, et les groupes parlementaires de l’opposition. Objectif : impliquer le Parlement dans la recherche de solution dans la crise au Nord Kivu.

La délégation du Sénat a été conduite à l’ex-Cité de l’OUA par son président Léon Kengo wa Dondo. «Le Président de la République a voulu entretenir les sénateurs de la situation de guerre dans l’Est du pays, a-t-il déclaré. Il a souhaité qu’il y ait cohésion nationale autour de cette question et que les élus du peuple puissent s’impliquer dans le cadre de la diplomatie parlementaire». Kengo d’ajouter qu’au cours de cet entretien, les sénateurs ont été informés «de tous les problèmes liés à cette guerre» et que le locataire du Palais de la nation aurait esquissé à leur intention «quelques pistes de solutions». Lesquelles? La question reste sans réponse.

Les groupes parlementaires de l’opposition (MLC et alliés, UNC et alliés, UDPS/FAC et GLDS) avaient à leur tête le député national Jean-Lucien Bussa, président du groupe parlementaire MLC et alliés. Bussa s’est réjoui de l’ambiance «responsable» qui a régné lors de l’entrevue avec «Joseph Kabila». Il a profité de cette rencontre pour exprimer les «préoccupations» de l’opposition sur le plan sécuritaire en soulignant que la situation qui prévaut dans la partie orientale du pays ne doit pas être réduite à la seule problématique liée à l’accord signé le 23 mars 2009 entre le gouvernement central et le M23. Pour lui, il importe que les négociations en cours à Kampala tiennent compte de «la situation politique interne». Une situation pour laquelle l’opposition a déjà formulé des «propositions» et tient à les rappeler. Le président du groupe MLC et alliés a par ailleurs insisté auprès de leur interlocuteur sur la nécessité que les actions à mener rencontrent les «préoccupations réelles» de la population congolaise.

Accord secret

Pour les observateurs, le «système Kabila» s’est empêtré dans ses propres turpitudes. "Depuis son avènement à la tête du pays, Joseph Kabila s’évertue à violer la Constitution en développant des réseaux parallèles du pouvoir", commente un parlementaire joint à Kinshasa. Pour étayer sa thèse, celui de rappelre qu’en décembre 2006, "Joseph Kabila" dépêchait le «général» de police John Numbi Banza Tambo à Kitshanga, au Nord Kivu. But : engager des pourparlers secrets avec Laurent Nkunda Mihigo, alors président du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple). "Cette démarche a eu lieu à l’insu de l’état-major général des Forces armées de la RDC qui était sur pieds de guerre", souligne-t-il en ajoutant : "Dieu seul sait les termes de l’accord qui a été conclu à l’époque sous la médiation du Rwanda de Paul Kagame". Il faut dire que c’est le «général» Numbi qui avait levé l’option de «mixage» et non de brassage des combattants du CNDP dans les FARDC. Les conséquences sont là.

En décembre 2008, «Joseph Kabila» récidivait en signant un nouvel accord secret avec le général James Kabarebe, alors chef d’état-major général de l’armée rwandaise (RDF). Celui-ci était venu, pour ce faire, à Kinshasa. Le 23 mars 2009, c’est la signature à Goma du fameux «accord de paix» entre le gouvernement de Kinshasa et le CNDP. Accord que le M23 exige aujourd’hui l’application intégrale.

Vocation tardive

Lors de la question orale au gouvernement initiée le 3 décembre dernier par le sénateur Florentin Mokonda Bonza, l’opinion congolaise n’a pas manqué d’apprendre avec stupeur que le texte de l’accord querellé n’a été transmis au Sénat qu’au mois de juillet dernier. Le Parlement a donc été superbement ignoré dans une question qui menace l’intégrité du territoire national. On a pu apprendre que le CNDP exigeait le découpage de la province du Nord-Kivu en deux provinces constituées sur une base ethnique. «Ainsi, notait le sénateur Mokonda, la province des Nande comprendrait les territoires de Lubero et de Beni-Oicha ; tandis que celle des Tutsi, Hutu et autres Hunde et Nianga, ethnies minoritaires, inclurait les territoires actuels de Walikale, Masisi, Nyiragongo, Rutshuru et la Ville de Goma».

En tentant d’impliquer les parlementaires dans la recherche d’une «solution» dans ce qui ressemble bien à un marché des dupes, «Joseph Kabila» cherche à entraîner le Parlement dans sa chute. Chez lui, tout n’est que ruse et calcul. Par sa volonté de contourner l’ordre institutionnel établi, «Joseph» constitue, plus que jamais, le principal responsable du fonctionnement chaotique des institutions de la République. "Les parlementaires ne doivent en aucun cas se laisser attendrir en donnant un chèque en blanc à un transgresseur impénitent de la Loi fondamentale qui s’est découvert la vocation tardive de rassembleur et de garant de la cohésion nationale", conclut le parlementaire.

Baudouin Amba Wetshi (avec ACP) 
© Congoindépendant 2003-2012




Obama a choisi Kerry comme secrétaire d'État


Obama a choisi Kerry comme secrétaire d'État

Le Point.fr- Publié le - Modifié le

Le candidat malheureux à la Maison-Blanche en 2004 doit remplacer l'actuelle chef de la diplomatie américaine.

John Kerry au Sénat.John Kerry au Sénat.© J. Scott Applewhite / AP / Sipa





Le président des États-Unis Barack Obama a choisi le sénateur John Kerry pour prendre la succession de Hillary Clinton au poste de secrétaire d'État, ont annoncé samedi soir les chaînes de télévision CNN et ABC. CNN a cité un "démocrate ayant parlé à John Kerry" à l'appui de son information, tandis qu'ABC a évoqué des "sources" non identifiées. La Maison-Blanche n'a pas confirmé. Candidat malheureux à la présidence américaine en 2004 contre George W. Bush, John Kerry, héros décoré du Vietnam avant de devenir militant contre la guerre, sénateur du Massachusetts (nord-est) depuis 1985, vient d'avoir 69 ans. Chef depuis quatre ans de la puissante commission des Affaires étrangères du Sénat où il a succédé à l'actuel vice-président Joe Biden, il est considéré comme le favori pour prendre la tête de la diplomatie de la première puissance mondiale depuis l'annonce cette semaine par l'ambassadrice à l'ONU Susan Rice qu'elle renonçait à briguer ce poste.
Susan Rice, proche de Barack Obama, avait été visée par des critiques acerbes d'élus républicains pour ses prises de position après l'attentat de Benghazi (Libye) qui avait coûté la vie le 11 septembre dernier à quatre Américains, dont l'ambassadeur Christopher Stevens. Elle avait affirmé le 16 septembre sur des télévisions que cette attaque n'était "pas forcément un attentat terroriste", mais résultait plutôt d'une "manifestation spontanée ayant dégénéré". Depuis, l'administration a reconnu que l'attaque avait été planifiée. Les élus soupçonnaient Susan Rice et la Maison-Blanche d'avoir délibérément cherché à tromper les Américains sur le caractère terroriste de cette attaque, pour ne pas ternir le bilan de Barack Obama quelques semaines avant l'élection présidentielle du 6 novembre, qu'il a finalement remportée.

Un homme consensuel

Parmi ces responsables figuraient les sénateurs John McCain et Lindsey Graham, d'influents parlementaires qui avaient le pouvoir de bloquer la nomination de Susan Rice. Les nominations aux postes gouvernementaux américains sont en effet soumises à la confirmation du Sénat, chambre où les alliés démocrates de Barack Obama disposent d'une majorité simple, mais pas de la majorité qualifiée nécessaire pour bloquer une obstruction éventuelle de l'opposition. À ce titre, John Kerry, avec sa longue expérience au Capitole, est considéré comme un candidat bien plus consensuel que Susan Rice à la succession de Hillary Clinton. Cette dernière, après quatre années passées à diriger la diplomatie américaine à un rythme effréné, a dit vouloir prendre du champ, même si son nom est sur toutes les lèvres à Washington pour une éventuelle candidature à la présidentielle de 2016.
Outre Hillary Clinton, plusieurs ministres de premier plan de Barack Obama ont fait part de leur volonté de ne pas servir sous son second mandat qui commencera le 20 janvier : le secrétaire au Trésor Timothy Geithner est donné partant, tout comme Leon Panetta, le secrétaire à la Défense. À ce dernier poste, Barack Obama envisagerait de nommer un ancien parlementaire de la même génération que John Kerry, et lui aussi ancien combattant décoré du Vietnam : l'ex-sénateur républicain du Nebraska (centre) Chuck Hagel, 66 ans. L'appartenance de Chuck Hagel au Parti républicain pourrait faciliter la validation de sa nomination par ses anciens collègues du Sénat, même si ce modéré n'a pas toujours épousé les thèses dominantes de son parti en matière de politique étrangère, critiquant notamment la stratégie de l'ancien président George W. Bush en Irak et marquant sa différence sur le dossier israélien.