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SACREBOPOL

mardi 29 mai 2012

Congo-Kinshasa/Rwanda :


La rencontre inattendue Kabila-Kagame en mars 2009 à Goma.La rencontre inattendue Kabila-Kagame en mars 2009 à Goma.
Le 23 juin 1999, le gouvernement congolais portait plainte devant la Cour internationale de Justice (CIJ) contre le Rwanda de Paul Kagame suite à l’agression d’une partie de son territoire par des troupes régulières de ce pays. Le 15 janvier 2001, la RD Congo, via son «agent», retirait ladite plainte. Le lendemain 16 janvier 2001, la terre entière apprenait l’attentat qui ôta la vie au président congolais Laurent-Désiré Kabila. Coïncidence? 

 Dans une ordonnance de la Cour internationale de Justice datée du 30 janvier 2001, on peut lire : «Le président de la Cour internationale de Justice, (…). Considérant que, par lettre du 15 janvier 2001, reçue au Greffe par télécopie le même jour, l’agent de la République démocratique du Congo, se référant au paragraphe 2 de l’article 89 du Règlement, a fait savoir à la Cour que le gouvernement de la République démocratique du Congo souhaitait se désister de l’instance et a précisé que «celui-ci se réservait la possibilité de faire valoir ultérieurement de nouveaux chefs de compétence de la Cour»; «Considérant que, par lettre du 22 janvier 2001, reçue au Greffe par télécopie le même jour, l’agent du Rwanda a informé la Cour que son gouvernement acceptait le désistement de la République démocratique du Congo de l’instance ; Prend acte du désistement de la République démocratique de l’instance introduite par la requête enregistrée le 23 juin 1999 ; Ordonne que l’affaire est rayée du rôle.»

Qui a ordonné le retrait de la plainte de la RD Congo? Quel est le fait justificatif d’une telle décision alors que le bon voisinage est loin de caractériser les relations entre les deux pays? Les réponses à ces questions ne peuvent être fournies que par «Joseph Kabila» qui «dirige» le Congo démocratique depuis la disparition non-élucidée à ce jour de son prédecesseur Laurent-Désiré Kabila. Au moment où une «nouvelle rébellion», dénommée «M23», soutenue par le régime de Kigali, vient de voir le jour dans la province congolaise du Nord Kivu, il n’est pas sans intérêt d’identifier - même plus de dix années après - l’auteur du retrait de ladite plainte quand on sait que depuis août 1998, l’actuel chef d’Etat rwandais n’a jamais fait mystère de ses velléités expansionnistes au point de considérer les provinces du Kivu comme des «T.O.M» (Territoires d’Outre Mer) où il peut se servir impunément en diverses ressources naturelles.

Rappel des faits.Le 17 mai 1997, les troupes de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) composées pour l’essentiel des éléments appartenant aux armées rwandaise et ougandaise installent LD Kabila dans le fauteuil laissé vacant par le maréchal Mobutu Sese Seko. Le 29 juillet 1998, le chef de l’Etat congolais flairant une conspiration ourdie par ses mentors décide de mettre fin à la «coopération militaire» avec le Rwanda et l’Ouganda. C’est à nouveau la guerre! En décembre 1998, le ministre congolais chargé des Droits humains d’alors, Léonard She Okitundu, publie un «Livre blanc» qui couvre la période du 2 août 1998 au 5 novembre 1998. Le document fournit des amples détails sur les «violations massives des droits de l’Homme à l’Est de la RD Congo» commis par trois «pays agresseurs». A savoir : l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi. «C’est le lieu de dénoncer le caractère manifestement fantaisiste des plaintes déposées contre le chef de l’Etat congolais à Bruxelles et à Paris, note le document. En effet les véritables criminels de guerre contre lesquels des actions judiciaires sont principalement et impérativement à engager s’appellent Kagame, Bizimungu (Ndlr : l’ancien président rwandais) et Museveni de crimes de guerre, crime contre l’humanité (…) ». 

Plainte.Le 23 juin 1999, la RD Congo introduisait sa plainte notamment contre le Rwanda devant la Cour internationale de Justice. Par ordonnance du 21 octobre 1999, la CIJ invitait les parties rwandaise et congolaise à déposer leur mémoire et contre-mémoire respectivement le 21 avril 2000 et le 23 octobre 2000. Le Congo n’ayant pas accompli cette formalité, la CIJ lui accorda un nouveau délai jusqu’au 23 janvier 2001. Contre toute attente, par lettre datée du 15 janvier 2001, la RD Congo, via son «agent» de l’époque, en l’occurrence l’avocat belge Michel Lion, décide le retrait de la plainte. Selon cet avocat, il a été "contraint" d’agir dans ce sens au motif qu’il n’avait plus d’interlocuteur à Kinshasa. Bref, plus personne ne lui indiquait la conduite à suivre dans le cadre de cette procédure. 

A voir le conteste de l’époque, il ne se dégage aucun élément nouveau qui militait en faveur de l’apaisement entre Kigali et Kinshasa. En décembre 2000, les rebelles du RCD-Goma, soutenus par l’armée rwandaise, venaient de s’emparer de la localité de Pweto au Katanga. Les troupes congolaises déployées sur le terrain étaient commandées par…le général-major Joseph Kabila. La débâcle fut mal digérée par LD Kabila. Pour lui, il fallait poursuivre la guerre. Des sources bien informées assurent que le «Mzee» n’a plus jamais adressé la parole à «Joseph», assigné à résidence à Lubumbashi, jusqu’à la date fatidique du 16 janvier 2001. Un démenti aux balivernes reprises par quelques journalistes occidentaux complaisants selon lesquelles LD Kabila aurait laissé un «testament» confiant sa «succession» à «son fils préféré». Questions : «Joseph Kabila» aurait-il ordonné le retrait de la plainte contre le Rwanda? Pourquoi ? A supposer que l’agent de la RD Congo ait agi proprio motu, pourquoi l’actuel président congolais s’est-il gardé de relancer la procédure initiée par son prédécesseur passant par pertes et profits l’agression du terroire congolais par le voisin rwandais? Est-il sain que le Congo-Kinshasa et le Rwanda signent des accords de coopération en matière sécuritaire avant de vider le contentieux relatif aux menées subversives de ce pays sur le sol congolais? Agir autrement ne relève-t-il pas de la traîtrise? 

 B.A.W 
© Congoindépendant 2003-2012

Terminus pour Ntaganda, alias Terminator


L'ancien chef rebelle Ntaganda est traqué avec son dernier carré de fidèles.

L'ancien chef rebelle Ntaganda est traqué avec son dernier carré de fidèles. © Walter Astrada/AFP

Il a été de tous les mouvements rebelles avant de rejoindre l'armée congolaise... Mais sous la pression internationale, Kabila a dû se résoudre à lâcher Bosco Ntaganda.
Il n'y a pas si longtemps, Bosco Ntaganda paradait dans les meilleurs restaurants de Goma, dans le Nord-Kivu. Aujourd'hui, l'ancien chef rebelle, catapulté en janvier 2009 général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), est traqué avec son dernier carré de fidèles. « Sous la pression de l'armée congolaise, il a battu en retraite depuis son fief, dans le Masisi, avant de traverser la frontière rwandaise durant la nuit du 6 mai », assure un spécialiste de la région. Kigali dément. Selon les autorités militaires à Kinshasa, il serait toujours sur le territoire congolais. Peut-être aux côtés du colonel Sultani Makenga, un autre officier des FARDC, qui a fait défection le 3 mai dernier et qui s'est retranché dans le territoire de Rutshuru. Mais où qu'il soit, celui qui est surnommé Terminator est pris dans une sorte de souricière.
Chute
Cette chronique d'une chute annoncée débute le 14 mars lorsque l'ancien chef rebelle Thomas Lubanga est reconnu coupable de crimes de guerre - perpétrés en 2002 et 2003 en Ituri - par la Cour pénale internationale (CPI). À l'époque, Bosco était aux côtés du leader de l'Union des patriotes congolais (UPC). Il est d'ailleurs sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI depuis août 2006. « Durant le procès de Lubanga, des témoignages ont précisé le rôle de Ntaganda dans les violences commises en Ituri. Cela a accentué la pression sur Kinshasa, qui le protégeait », explique un fonctionnaire international en poste en RD Congo. Il fait allusion à l'accord de paix conclu le 26 janvier 2009 avec le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), durant l'opération de pacification menée conjointement par les armées congolaise et rwandaise dans les deux Kivus.
En 2005, Bosco avait rejoint ce mouvement rebelle dirigé alors par Laurent Nkunda. Quelques jours avant la signature de l'accord, c'est lui qui a fomenté, avec d'autres commandants, le putsch contre Nkunda, capturé ensuite au Rwanda où il est toujours en résidence surveillée. Depuis, le CNDP est devenu un parti politique, et ses hommes ont été intégrés au sein des FARDC. Et leur chef, nommé général, s'est retrouvé commandant des opérations militaires dans les deux Kivus.


« Cette realpolitik s'est accompagnée d'un modus vivendi entre l'état-major à Kinshasa, les officiers en poste dans la province et le CNDP. À la clé, un partage des postes et des grades, avec les primes correspondantes, mais surtout un contrôle partagé des mines de cassitérite dans la région », explique un spécialiste des questions militaires. Dans les bureaux de la Mission des Nations unies au Congo, on préfère souligner les bienfaits de ce « brassage » des groupes armés. Dans ceux de la présidence congolaise, on assume cette paix en marche aux dépens de la justice.
Durcissement
« La séquence présidentielle de novembre dernier a changé la donne. Pour renouer avec nous, le président Joseph Kabila, réélu dans les conditions que l'on sait, est dans l'obligation de donner des gages », espère-t-on à Paris. « La tête de Ntaganda serait un acte fort », reconnaît un visiteur régulier au Palais de la nation. Mais il faut faire vite. À l'approche du sommet de la francophonie prévu en octobre, la communauté internationale accentue la pression sur Kabila. Selon plusieurs sources, l'Union européenne et la Banque mondiale réfléchissent à « un changement de pied et à un durcissement de leur attitude ». En clair, à une réduction de l'aide. Quant au nouveau président français, François Hollande, il attend pour décider d'un éventuel aller-retour Paris-Kinshasa. Son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait carrément retiré ce rendez-vous de son agenda. 


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