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SACREBOPOL

mercredi 28 novembre 2012

Des habitants de Goma confirment le départ du M23



Un rebelle monte la garde à Goma alors que le chef du M23 tient une conférence de presse le 27 novembre 2012. Un rebelle monte la garde à Goma alors que le chef du M23 tient une conférence de presse le 27 novembre 2012. Photo : AFP/PHIL MOORE

Des habitants de Goma ont confirmé mercredi le départ de camions contenant des munitions et des vivres des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), qui a annoncé son retrait de cette ville stratégique de l'est de la République démocratique du Congo.

« Des habitants m'ont dit qu'ils ont vu plusieurs dizaines de camions [civils] de marque Fuso et de l'Office des routes [administration locale, NDRL] quitter Goma avec des vivres et des munitions. Selon eux, ils se dirigeaient vers Rutshuru et Rumangabo », au nord de Goma, a déclaré un membre de l'autorité locale ayant requis l'anonymat.

« On nous a demandé de nous retirer à 20 kilomètres et nous allons le faire », a assuré le chef militaire des rebelles, le général Sultani Makenga, précisant que le M23 commençait à transférer sa « logistique - munitions, nourriture, médicaments - de Goma » vers le territoire de Rutshuru.

« Nous sommes en train de quitter Sake, nous sommes en train de quitter Masisi. Nous avons entamé le retrait de nos troupes qui sont très loin de Goma. [...] Goma viendra après », a-t-il ajouté.

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, avait déclaré la veille qu'il y avait « des indications selon lesquelles les éléments du M23 ont peut-être commencé à se retirer » de cette ville située dans la province du Nord-Kivu.

M. Ladsous a par ailleurs annoncé que le principal conseiller militaire de l'ONU, le général Babacar Gaye, se rendra mercredi dans la région pour régler les modalités militaires après le retrait des rebelles. Il discutera de la situation de l'aéroport de Goma, de la mise en place d'une « zone neutre » une fois les rebelles retirés et « du concept d'une force neutre internationale » pour stabiliser la région.

La Croix-Rouge a ramassé 62 corpsLes volontaires de la Croix-Rouge congolaise a annoncé avoir « enterré 62 corps ramassés dans les rues » de Goma dans les jours qui ont suivi la prise de la ville par les rebelles. « Les corps ont été ramassés entre mercredi [21 novembre] et vendredi. Ce sont ceux de civils et de militaires, que des adultes », a indiqué le président de la Croix-Rouge, Dominique Lutula.



Des milliers de Congolais fuient la ville de Sake, à 26 km de Goma, en raison des violences dans l'est de la République démocratique du Congo le 22 novembre 2012. Des milliers de Congolais fuient la ville de Sake, à 26 km de Goma, en raison des violences dans l'est de la République démocratique du Congo le 22 novembre 2012. Photo : AFP/PHIL MOORE

Le chef militaire des rebelles avait accepté de se conformer à la décision des États de la région lors du Sommet de Kampala, samedi dernier. Sultani Makenga avait indiqué que ses troupes quitteraient la capitale du Nord-Kivu d'ici vendredi.


La déclaration du sommet - qui réunissait les cinq États de l'Afrique des Grands Lacs (l'Ouganda, le Rwanda, la RDC, la Tanzanie et le Kenya) - demandait aux rebelles de mettre un terme à la guerre et de se retirer de Goma dans les 48 heures. Le Sommet de Kampala leur demandait également de demeurer à 20 km au nord de la ville qu'ils avaient prise le 20 novembre dernier.

Mais le chef politique du M23, Jean-Marie Runiga, a posé par la suite de nouvelles conditions pour concrétiser le retrait de la ville, dont l'ouverture de négociations avec le gouvernement de Kinshasa, la libération de prisonniers politiques et la dissolution de la commission électorale en échange du retrait.

Le gouvernement congolais du président Joseph Kabila a qualifié cette demande de véritable « farce ». Et Jean-Marie Runiga a répété qu'il « continuera d'exiger des négociations directes » avec le président



Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a dit attendre « de voir l'effectivité du retrait avant d'y croire ». « Une fois qu'ils [les rebelles] se seront retirés, le président [Kabila] va les écouter, il va procéder à un réexamen des accords de 2009, et il va répondre aux griefs qu'il juge légitimes [...]. Nous nous y sommes engagés », a-t-il ajouté.

Les chefs d'état-major des armées des cinq États de l'Afrique des Grands Lacs se réuniront quant à eux vendredi à Goma pour s'assurer du respect des engagements du M23.

L'est de la RDC est le théâtre de conflits quasiment ininterrompus depuis une vingtaine d'années, en raison de ses richesses minières et agricoles que dispute le gouvernement congolais à certains pays voisins, principalement le Rwanda et l'Ouganda. L'ONU accuse ces pays de soutenir le M23, ce que démentent les deux pays.

Le M23 est composé d'anciens rebelles qui avaient intégré l'armée en 2009 avant de se mutiner en avril pour reprendre les combats contre elle dans la région du Kivu.


http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/11/28/001-rdc-m23-debut-retrait-goma-rebelles.shtml

Le retrait de Goma du M23 n'est toujours pas effectif


Enfin, ce mercredi à Goma, le M23 a si ce n’est organisé, tout du moins fortement encouragé, une manifestation de soutien. Les slogans pouvaient se résumer d’une phrase : « Kabila dégage, M23 ne t’en va pas ».




Un rebelle du M23 sur la route en direction de Saké, à 26 km de Goma, le 22 novembre 2012. Au deuxième plan, une famille qui fuit les combats menés dans l'est de la RDC.
Un rebelle du M23 sur la route en direction de Saké, à 26 km de Goma, le 22 novembre 2012. Au deuxième plan, une famille qui fuit les combats menés dans l'est de la RDC.
AFP / PHIL MOORE

Par RFI

Le général Sultani Makenga, chef d'état-major du Mouvement du 23 mars, le M23, a annoncé mardi 27 novembre le retrait de ses troupes de Goma, dans l’est de la RDC. Selon un accord conclu à Kampala, les rebelles doivent se retirer à au moins 20 kilomètres plus au nord. Mais pour le moment, le retrait de ces militaires de la ville n’est pas encore effectif.

Aucun signe probant d’un retrait des troupes du M23 au nord de Goma n’était visible ce mercredi matin. Il n’y avait aucun véhicule militaire sur la route menant à Rutshuru, selon des journalistes qui se sont rendus sur place.

En revanche, la veille, sur cet axe, une centaine de militaires et au moins six camions gros porteurs chargés de munitions prenaient la direction des anciennes positions du M23.
Sur l’axe sud-ouest cette fois, en direction de Saké, la route était bien d’avantage chargée de déplacés quittant les camps pour rentrer chez eux que de véhicules militaires.

À Saké même, les hommes du M23 tiennent toujours ce verrou stratégique. Un officier rencontré sur place assure n’avoir reçu aucun ordre de retrait. « C’est normal, ils attendent les hommes qui étaient sur des positions plus lointaines » précise un porte-parole du mouvement rebelle.

Enfin, ce mercredi à Goma, le M23 a si ce n’est organisé, tout du moins fortement encouragé, une manifestation de soutien. Les slogans pouvaient se résumer d’une phrase : « Kabila dégage, M23 ne t’en va pas ».


http://www.rfi.fr/afrique/20121128-rdc-goma-m23-kabila-rutshuru-sake-rebelles-camps-sultani-makenga?ns_campaign=google_choix_redactions&ns_mchannel=editors_picks&ns_source=google_actualite&ns_linkname=afrique.20121128-rdc-goma-m23-kabila-rutshuru-sake-rebelles-camps-sultani-makenga&ns_fee=0

En RDC, l'avancée du M23 accentue l'isolement de Joseph Kabila

"Le Rwanda, l'Ouganda, l'Afrique du Sud ou l'Angola n'aiment pas Kabila mais ce sont peut-être ses meilleurs alliés : au chaos, ils préfèrent un président faible qui leur sera redevable de sa survie", lâche un expert de la Monusco.

Joseph Kabila (à droite), en compagnie du président ougandais Yoweri Museveni (au centre) et de Paul Kagamé (à gauche).
Joseph Kabila (à droite), en compagnie du président ougandais Yoweri Museveni (au centre) et de Paul Kagamé (à gauche). | REUTERS/HANDOUT

Il n'y a guère que sur les banderoles déployées dans les rues de Kinshasa depuis le Sommet de la francophonie du mois d'octobre que l'on peut voir le président de la République démocratique du Congo (RDC) affichant, sous sa fine moustache, un grand sourire commercial. Dans un pays secoué à ses confins orientaux par une rébellion tenace, qui a humilié l'armée régulière, le temps n'est sûrement pas à la rigolade. Mais, qu'il soit grave ou rieur, le visage du président Kabila est d ...



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Joseph Kabila (à droite), en compagnie du président ougandais Yoweri Museveni (au centre) et de Paul Kagamé (à gauche).

En RDC, l'avancée du M23 accentue l'isolement de Joseph Kabila

Article de 1036 mots

http://www.lemonde.fr/international/article/2012/11/28/en-rdc-l-avancee-du-m23-accentue-l-isolement-de-joseph-kabila_1796925_3210.html



MOBILISATION AUX USA




Appel a la mobilisation pour 2 SIT- IN ce vendredi 30 Nov a Harlem New York City devant le bureau de Bill Clinton et samedi 1er Dec devant la maison blanche a Washington dc. Méchant Méchant.

le M23 ne cherche pas à s’attirer la sympathie de la population, affirme son chef



Le porte-parole du M23, le colonel Vianney Kazarama s'adressant à la foule, aux soldats des FARDC et des policiers appelés à se faire enregistrer au stade Les volcans de Goma pour rejoindre ce mouvement rebelle. Ph. Droits tiers (21 novembre 2012).Le porte-parole du M23, le colonel Vianney Kazarama s'adressant à la foule, aux soldats des FARDC et des policiers appelés à se faire enregistrer au stade Les volcans de Goma pour rejoindre ce mouvement rebelle. Ph. Droits tiers (21 novembre 2012).

Le Mouvement du 23 mars ne cherche pas à s’attirer la sympathie des Congolais en réclamant des négociations avec le gouvernement incluant l’opposition, la société civile et la diaspora congolaise, a déclaré, mardi 27 novembre, le chef politique de cette rébellion, pasteur Runiga Lugerero. Il prétend ne plus vouloir »des négociations en secret avec le président Kabila ».


«D’abord, je tiens à vous dire qu’aujourd’hui, si nous voulons que l’opposition, la société civile et la diaspora congolaise soient sur la table [de négociation], c’est parce que nous sommes fatigués de faire des négociations en secret avec Kabila. Il ne respecte jamais ses engagements », a-t-il expliqué.

Après la prise de Goma le mardi 20 novembre, le M23 a élargi ses revendications à des questions de démocratie et des droits de l’homme. La rébellion exige notamment l’arrestation du général John Numbi-accusé par certaines ONG d’être le principal responsable de l’assassinat du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya-, la libération «sans condition» des prisonniers politiques, la dissolution de la Ceni et la levée de la privation de mouvement à Etienne Tshisekedi.

Toutes ces exigences, affirme Jean-Marie Runiga, ne sont pas évoquées dans le simple but de s’attirer la sympathie de la population mais plutôt pour «sortir le pays de la crise de l’Est».

«Que tous les Congolais se mettent autour d’une table dans un format réduit. Qu’on examine toutes les questions pour savoir la vérité. Qu’on examine ces questions de fond et qu’on dise ce qui se passe au pays», a proposé le coordonnateur du M23.

Au cours d’une conférence de presse mardi 27 novembre à Lubumbashi, le président du parti politique Patriotes Kabilistes, Mwenze Kongolo, a également appelé le gouvernement congolais ainsi que toutes les forces vives du pays «à se mettre autour d’une table avec les rebelles du M23 pour négocier».

Pour lui, les négociations sont, pour l’heure, «l’unique issue pouvant amener la paix dans la partie Est du pays », en proie à l’insécurité.
Ecoutez un extrait de son adresse.
De son côté, Me Jean Mbuyu, cadre du PPRD, le parti présidentiel, qualifie les nouvelles revendications du M23 d’amalgame.

«Ils sont partis de la révisitation des accords signés entre le gouvernement et le CNDP le 23 mars 2009. Il a été convenu à Kampala que c’est cet accord qu’il fallait revisiter. Il n’est donc pas question en cours de chemin, de revenir sur ce qui a été convenu en présence de l’Union africaine et certains membres des Nations unies», a-t-il dit.

A la création du M23, ses dirigeants affirmaient revendiquer l’application des accords du 23 mars 2009 entre le gouvernement et l’ancienne rébellion du CNDP dont ils sont issus. Ces accords prévoyaient notamment l’intégration dans l’armée et la police, avec leurs grades, des chefs militaires rebelles.

Réunis à Kampala le samedi 24 novembre dernier après l’occupation de plusieurs localités et de la ville de Goma par le M23, les chefs d’Etat des Grands lacs ont demandé au gouvernement congolais d’écouter et d’évaluer cette revendication.

Ils ont également exigé à ces rebelles de se retirer de la ville à une distance de 20 km.


http://radiookapi.net/actualite/2012/11/28/rdc-le-m23-ne-cherche-pas-sattirer-la-sympathie-de-la-population-affirme-son-chef/

M23 : Ministre Lambert Mende se moque des revendications du pasteur Jean-Marie Runiga


Jean-Marie Runiga sur RFI: «Goma sera administrée politiquement et administrativement par le M23»




Avant d'entrer en politique, le président du M23 Jean-Marie Runiga était le pasteur d'une église du Réveil.
Avant d'entrer en politique, le président du M23 Jean-Marie Runiga était le pasteur d'une église du Réveil.
REUTERS/James Akena

Par Christophe Boisbouvier

Jean-Marie Runiga, le président du M23, explique que les rebelles de son mouvement vont se retirer de la ville de Goma, qu'ils ont prise il y a une semaine. Mais vont-ils accepter le retour dans cette ville de l'armée congolaise ? Rien n'est moins sûr.

RFI : Est-ce que vous êtes prêt à vous retirer de la ville de Goma ?
Jean-Marie Runiga : Notre retrait de la ville de Goma ne constitue aucun problème. En même temps que nous nous retirons de Goma, il doit y avoir des actes de bonne volonté, avant que les négociations proprement dites ne se fassent.
Premièrement, nous exigeons la levée immédiate et sans conditions de la privation des libertés imposées à Etienne Tshisekedi.
Deuxièmement, nous demandons la libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers politiques et d’opinion, comme l'archevêque Kutino, Moka, et les autres.
Nous demandons aussi l’arrestation du général Numbi, dans l’affaire de Floribert Chebeya.
Nous demandons aussi qu’une commission d’enquête indépendante sur la tentative d’assassinat du docteur Denis Mukwege puisse être faite.
Nous demandons l’enquête indépendante sur le massacre des adeptes de Bundu-dia-Kongo.
Et puis, du fait que les élections ne se soient pas bien passées, il faut la dissolution immédiate de la Céni et la poursuite contre les membres de son bureau pour violation de la loi électorale et de la Constitution.
Nous demandons aussi la mise sur pied d’une commission d’enquête indépendante pour identifier les acteurs étatiques dans les réseaux de ventes d’armes.
Enfin, nous demandons qu’il y ait un cessez-le-feu immédiat, et que le calendrier des négociations entre le M23, l’opposition politique, la diaspora, la société civile et le président Kabila, puisse se faire au plus tôt.

Quand vous demandez la liberté de mouvement pour Etienne Tshisekedi, est-ce que ça veut dire que vous avez consulté l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) avant de formuler cette demande ?
On n’a pas besoin de consulter l’UDPS. Nous considérons qu'Etienne Tshisekedi est un citoyen congolais emblématique, et sa liberté fait partie de tout ce qu’un Congolais doit demander.

Et quand vous demandez la dissolution de la Céni (Commission électorale nationale indépendante), est-ce que ça veut dire que vous avez parlé avec plusieurs partis de l’opposition civile ?
Ça a été toujours la revendication de tout le monde ! Vous savez comment les élections de novembre 2011 se sont passées. L’Union européenne, le centre Carter, la Cenco, qui est la Conférence épiscopale du Congo, ont reconnu qu’il y avait eu des fraudes et que les élections étaient truquées.

Est-ce que vous seriez prêt à quitter Goma, avant que ces huit conditions soient remplies ?
J’ai beaucoup de respect envers les chefs d’Etat de la région. Je considère que les sages conseils ne peuvent pas passer en vain. Il n’y a aucun problème.

Donc, vous êtes prêt à quitter Goma dans les jours qui viennent ?
L’armée du M23 pourrait se retirer, à condition que Kinshasa cesse de menacer la population de Goma et ses environs. Parce que si les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) nous attaquent – comme le général Odinga l’a dit hier sur votre chaîne – les forces du M23 se réservent le droit de se défendre et de poursuivre l’ennemi, jusqu’à le mettre hors d’état de nuire.

Le chef militaire du M23, Sultani Makenga, s’engage à retirer vos troupes sans aucune condition demain midi jeudi 29 novembre, comme le stipule l’accord issu du sommet de Kampala. Est-ce que vous confirmez ?
Il n’y a pas de contradiction entre moi et le général Makenga.

Donc, vous confirmez : d’ici jeudi midi ?
Oui. En même temps que les conditions que j’ai posées sont en train d’être examinées, nous restons respectueux des résolutions qui ont été prises par les sages de la région. D’ailleurs, dans notre conception, les militaires ne doivent pas rester dans la ville. C’est la police qui doit garder la population. Nous ne trouvons aucun problème à se retirer, pourvu que les FARDC en coalition avec les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), ne viennent pas massacrer la population de la ville de Goma, qui nous a accueillis à bras ouverts et avec joie. Alors nous, nous disons : retrait oui, mais la protection de la population doit être assurée.

Si vous vous retirez de Goma, est-ce que les FARDC pourront y revenir ?
Vous savez que nous avons l’expérience. Nous nous étions retirés à un certain moment, de Rutshuru et de Kiwanja. Quelques jours après, les FARDC sont entrées et ont tué les gens.

Autrement dit, si vous vous retirez de la ville de Goma, vous souhaitez que les FARDC n'y reviennent pas ?
Parfaitement.

Et dans cette hypothèse, qui administrera la ville de Goma ?
Selon la résolution de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs), elle sera administrée politiquement et administrativement par le M23. Militairement, nos troupes vont se retirer. Il y aura une partie de l’aéroport où il y aura quelques forces de la Monusco, des FARDC et du M23, comme prévu dans la résolution.

Est-ce que ça veut dire que vous resterez aux alentours de la ville de Goma ?
Ce n’est pas moi qui le dis. C’est la résolution qui dit que nous devons retirer nos troupes à vingt kilomètres de la ville de Goma.

Suite de l'entretien dans Afrique Midi, à 12h30 T.U, 13h30 heure de Kinshasa. Le président du M23 répondra aux accusations de complicité avec le Rwanda et l'Ouganda.

http://www.rfi.fr/afrique/20121128-rdc-president-m23-jean-marie-runiga-goma-rdc-fardc-fdlr-kabila




Le Ministre Lambert Mende se moque des revendications du pasteur Jean-Marie Runiga




A Goma, les habitants soulagés ou frustrés du départ annoncé des rebelles


Des Congolais manifestent à Pretoria devant les bureaux de l'ONU, brandissant des photos de massacres attribués aux rebelles du  M23, le 27 novembre 2012 AFP Alexander Joe

A Goma, les habitants étaient partagés mardi entre soulagement et frustration, après l'annonce du départ, d'ici la fin de la semaine, des rebelles du M23, qui occupent depuis le 20 novembre cette ville stratégique de l'est de la République démocratique du Congo.

Si les rebelles "font de bonnes choses, ils peuvent rester", juge Alphine, 18 ans, dans sa robe bleu et son tee-shirt rouge, près d'une petite boutique de biscuits. "Ils ont d'ailleurs promis de nous amener l'électricité et de faire de bonnes routes. Je n'ai pas vu la réalisation encore, mais je vois la sécurité", assure-t-elle à l'AFP.

Dès la prise de la ville, les rebelles, des soldats congolais mutins, essentiellement issus de la minorité tutsi, avaient quadrillé la ville. De longues colonnes de soldats silencieux, aux uniformes tachetés, avaient parcouru les principales artères. Des détachements de quelques hommes lourdement armés contrôlaient les points stratégiques. Puis, ces derniers jours, les rebelles se sont fait beaucoup plus discrets, postés surtout aux principaux carrefours.

La jeune Alphine est soudainement interrompue par un vendeur en blouse de travail: "La sécurité! De quoi tu parles? Le M23, c'est des voleurs. A l'extérieur, c'est Jésus mais à l'intérieur, c'est un lion", lance le vendeur, alors que les rumeurs de pillages, de viols et de disparitions de civils restent difficiles à prouver, faute de témoins.

Un autre homme se mêle au débat. Désiré, la cinquantaine, se dit militant de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti de l'opposition dont le dirigeant Etienne Tshisekedi a revendiqué la victoire à la présidentielle de fin 2011 quand le chef de l'Etat Joseph Kabila a été réélu.
"Tout ça c'est de la faute du gouvernement. Le M23 est entré (à Goma) et a chassé (l'armée de) Kabila. Ils (les rebelles) disent qu'ils iront jusqu'à Kinshasa: c'est bien, qu'ils avancent" jusque dans la capitale. "Le retrait ce n'est pas une bonne chose", regrette l'opposant.

Près d'un hôtel réputé, à un rond point où les motos-taxi attendent les clients sous une pluie fine, l'un des chauffeurs souhaite que les insurgés "sortent de notre Congo, que notre gouvernement puisse nous gouverner. Ce sont des rebelles, nous n'avons pas besoin d'eux. On n'est pas libre de travailler", dit-il.
La discussion s'anime, des curieux affluent, la tension monte. Une fois encore, l'entretien est interrompu, cette fois par un homme en vêtements de sports. Il interpelle le motard en langue swahili et le fait détaler.

Un collègue du chauffeur explique alors que cet homme en tenue de sport est un soldat rebelle: "Il lui a dit qu'il allait le frapper parce qu'il avait dit que les rebelles du M23 étaient des voleurs".

Dans la ville, certains doutent à haute voix du retrait annoncé des rebelles dont certains étaient encore présents mardi dans la ville. "On ne croit pas qu'ils vont se retirer car hier (lundi) à la radio, ils ont dit qu'ils rejetaient les accords de Kampala", explique Jonathan, étudiant en médecine de 25 ans.
"Nous, on n'a pas de problème avec eux. On veut qu'ils se retirent car c'est ce que veulent les accords. Mais on ne croit pas qu'ils vont le faire", dit-il.

Samedi, les rebelles avaient été sommés par quatre chefs d'Etat de la région réunis en Ouganda de quitter avant mardi la capitale de la riche province minière du Nord-Kivu. En échange, Kinshasa s'était engagé à "prendre en compte les revendications légitimes" des mutins.

A la Radio télévision nationale congolaise, servant habituellement de porte-voix au pouvoir mais occupée depuis une semaine par le M23, un des journalistes estime, sous couvert d'anonymat, qu'un départ des rebelles donnera "une plus grand marge de liberté". La rébellion, ce n'est quand même pas pareil que le gouvernement. Là, pour toute information politique, on doit demander l'autorisation de diffusion" au M23, explique-t-il.

Au lendemain de la prise de Goma, l'organisation Journaliste en danger (JED) avait dénoncé une "prise en main des médias" par la rébellion.


Ben Affleck veut en finir avec le conflit au Congo



                                  Ben Affleck lors d'une visite à la Maison Blanche en 2011
Ben Affleck lors d'une visite à la Maison Blanche en 2011

Très impliqué politiquement, Ben Affleck a attiré hier l'attention du président Barack Obama sur la situation qu'il juge très critique au Congo.

A l'instar de George Clooney ou Matt Damon, Ben Affleck fait partie de ces célébrités hollywoodiennes qui n'hésitent pas à utiliser leur notoriété pour s'investir dans une cause humanitaire. Depuis 2008, le mari de Jennifer Garner, actuellement à l'affiche du film "Argo", se bat en effet pour mettre un terme à la guerre qui fait rage au Congo et a créé une association afin de venir en aide à la population locale. Invité hier soir de l'émission de George Stephanopolous sur la chaîne ABC, Ben Affleck a réaffirmé ses convictions à l'égard du pays africain.

"Sincèrement, je pense que les Etats-Unis pourraient faire davantage", a affirmé Ben Affleck alors que les rebelles ont pris possession la semaine dernière de la ville de Goma, située à l'Est de la République démocratique du Congo. "Les écoles que nous avons pu construire grâce à l'association sont devenues un refuge pour les soldats et les blessés. Quant aux hôpitaux, ils sont surchargés mais continuent malgré tout de soigner les victimes de guerre. La situation est vraiment critique", a déploré le comédien, estimant cependant qu'"une amélioration est possible".
En outre, Ben Affleck a appelé le président Barack Obama à agir pour en finir avec le conflit au Congo. "Il ne sait pas à quel point la situation est critique. J'apprécie les autres actions qu'il entreprend mais (résoudre le conflit au Congo) doit être une priorité", a estimé l'acteur de "Pearl Harbor", qui a soutenu Barack Obama lors de la dernière campagne présidentielle.

Jordan Grevet