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mercredi 29 janvier 2014

La RDC, le lieu d'où risque de partir les détonations dévastatrices de toute l'Afrique

La RDC, le lieu d'où risque de partir les détonations dévastatrices de toute l'Afrique Moïse Moni Della Idi est secrétaire général du Rassemblement des Congolais démocrates et nationalistes (RCDN). Vice-ministre honoraire de la presse et des informations Il se dessine à l’horizon 2016 en Afrique, une situation fatidique pour 12 pays y compris la RDC comme l’a analysé le magazine Jeune Afrique. Les positions sont diamétralement opposées selon qu’on est au pouvoir ou dans l’opposition. Ce qui est en jeu c’est la conquête, l’exercice et la conservation du pouvoir. Pour ceux du pouvoir, il faut à tout prix le conserver tandis que ceux de l’opposition cherchent par tous les moyens conquérir ce pouvoir en 2016. Le cas qui risque de servir de jurisprudence pour toute l’Afrique est celui du Burkina-Faso et qui sera un test grandeur nature pour les autres États. Si ceux qui sont au pouvoir réussissent leur coup, celui de modifier sans heurt l'article 37 de la Constitution, lequel stipule que le président du Faso n'est rééligible qu'une fois, et si ce dernier parvient à se faire réélire en 2015 sans beaucoup de contestation et entériner par la communauté internationale sous l’approbation de la France, les autres Chefs d’État qui sont dans la même situation verront leur chemin baliser pour tripatouiller, bidouiller leur Constitution. Mais si les manœuvres du Président Blaise Compaoré ne réussissent pas, les autres Chefs d’État africains auront à réfléchir par deux fois avant de toucher à leur Constitution. L’Afrique a la forme d’un révolver dont la gâchette se trouve au Congo Le cas qui s’annonce aussi et qui nous intéresse est celui de la RDC, non seulement qu’il est notre cher et beau pays, mais aussi tenant compte de sa position géostratégique, sa superficie, sa densité, ses nombreuses richesses qui attisent beaucoup de convoitises et créent des hantises; ajoutez à cela, sa délimitation avec 10 pays. Cette description du Congo suffit à prouver l’importance de ce pays au cœur de l’Afrique, comme l’avait révélé Frantz Fanon en disant : "L’Afrique a la forme d’un révolver dont la gâchette se trouve au Congo". Cette situation fait que la RDC soit le lieu d’où risque de partir les détonations dévastatrices de toute l’Afrique. À ce stade, étant en difficulté de modifier l’article 220 de la Constitution, le pouvoir en place cherche maintenant à le contourner par une prolongation de mandat du Président Kabila sous prétexte de conditionner la crédibilité des prochaines élections par le recensement qui, comme tout le monde le sait, peut nous amener au-delà de 2016. La guerre de convenance, de connivence et de convergence à répétition à l’Est du pays et celle des Bakatakatanga ainsi que l’assassinat crapuleux du Colonel Mamadu Ndala prouvent à suffisance que la paix au Congo tient qu’à un fil. Si Monsieur Mukungbila, candidat malheureux mal placé à l’élection présidentielle de 2011, peut ébranler les sites stratégiques du pouvoir dans les trois provinces du pays - à savoir Kinshasa, Katanga et Maniema - le 30 décembre 2013 en faisant appel à ses sympathisants, imaginons un seul instant si le même appel était fait par un prétendant sérieux comme Étienne Tshisekedi, vainqueur auto-proclamé des élections de 2011 réclamant jusqu’à présent l’impérium, que serait devenu le Congo aujourd’hui ? Le Président Kabila doit s’inspirer de la fin de règne des autres Chef d’États africains qui n’ont pas su lire les signes du temps, en l’occurrence le Marechal Mobutu. Ce dernier a été abandonné par ses zélateurs, collaborateurs et flatteurs qui ne vivaient qu’au dépend de celui qui l’écoutait comme nous enseigne les fables de Lafontaine dans sa célèbre fable Le corbeau et le renard. Le Général de Gaulle disait : "Il faut savoir quitter les choses avant que les choses ne vous quittent". Toute manœuvre anticonstitutionnelle tendant à déverrouiller l’article 220 de la Constitution ou à prolonger le mandat du président de la République actuel ne sera pas toléré par le peuple congolais. En quittant le pouvoir pour avoir respecté scrupuleusement l’article 220 de la Constitution, le Président Kabila laissera des traces indélébiles dans l’histoire du Congo et de l’Afrique. Par cet acte de grande portée politique, il concrétisera le vœu de Patrice Emery Lumumba qui a dit que l’Afrique écrira sa propre histoire. ° http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20140123153556/rdc-presidentielle-rdc-2016-moise-moni-della-rcdn-rdc-la-rdc-le-lieu-d-ou-risque-de-partir-les-detonations-devastatrices-de-toute-l-afrique.html

RDC: un enfant meure chaque minute suite à l’insalubrité

RDC: un enfant meure chaque minute suite à l’insalubrité
Le personnel de l’ONG catholique Caritas Congo est formé sur les objectifs du programme villages assainis du lundi 27 janvier au jeudi 30 janvier à Kinshasa. Ce programme gouvernemental vise à améliorer l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires pour lutter contre la morbidité et la mortalité liées aux maladies hydriques et au manque d’assainissement de base. Un enfant meure chaque minute en RDC de suite de ces maladies, selon le coordinateur du programme villages assainis au ministère de la santé, Dr Mavar Kwengani. Mis en place en 2006, le programme villages assainis ne consiste pas seulement à augmenter la couverture des communautés en matière d’accès à l’eau potable et à un assainissement adapté dans les milieux rural et périurbain. Ce programme s’occupe aussi de la sensibilisation de la population sur l’adoption de bons comportements urbains. Le coordinateur du programme villages assainis au ministère de la santé, Dr Mavar Kwengani a expliqué que ce programme est une réponse du gouvernement aux maladies hydriques et au manque d’assainissement de base qui représentent plus de 70% de problème de santé de la population. Selon lui les résultats sont déjà perceptibles : « Depuis 2012, nous avons atteint plus de trois milles villages déclarés assainis dans lesquels il n’y a pas de choléra, ni de poliomyélite, parce que ce sont des indicateurs qui sont les plus importants. Et maintenant, nous sommes passés à la deuxième phase. Nous ciblons à atteindre d’ici à 2017, plus de six milles villages et plus de neuf millions de personnes », a-t-il affirmé. Le Dr Mavar Kwengani s’est dit préoccupé de constater que plus de quarante-sept millions de Congolais n’utilisent pas des latrines améliorées, par conséquent plus deux millions d’enfants de 0 à 5 ans font la diarrhée, et trois millions souffrent du paludisme, sans compter l’épidémie de choléra qui ravage des villages entiers. http://www.onewovision.com/actu-rdc/RDC-un-enfant-meure-chaque-minute-suite-a-l-insalubrite,i-20140129-4dd7

Rêve de conquête du monde pour les robots routiers de Kinshasa

Rêve de conquête du monde pour les robots routiers de Kinshasa 


"Conducteurs, vous pouvez laisser le passage aux piétons". La consigne n'émane pas d'un policier mais de la voix électrique d'un des deux robots routiers de Kinshasa, que le promoteur, une femme d'affaires ingénieur, rêve d'exporter à l'étranger.
La machine haute de 2,50 m vient de replier un bras et de lever l'autre dans un jeu de lumières vertes et rouges. Son manège fait désormais partie du quotidien à Limete, quartier populaire de Kinshasa, où le robot arrête le flux des voitures sur le boulevard Lumumba, large artère chargée de la capitale congolaise.
"Ca c'est notre première génération de robot, on a commencé avec ça", explique Thérèse Inza, présidente de Women Technology, l'association qui construit ces machines, "le robot est juste là pour sécuriser" le passage des piétons afin d'éviter les accidents, fréquents dans une ville connue pour sa circulation frénétique.
Le robot de Limete a été mis en service en juin 2013. Son frère plus évolué est en place depuis le mois d'octobre à un carrefour devant le Parlement, où il assure la tâche du "roulage" : les policiers chargés d'assurer la circulation dans la mégalopole kinoise, où les feux tricolores sont encore rares.
Placé au milieu du croisement sous le panneau solaire qui lui donne son autonomie, il pivote son buste dont le plastron passe du vert au rouge et lève ses bras comme le ferait un agent pour bloquer une voie et laisser passer les voitures sur l'autre.
"Un robot qui est en train de faire la sécurité routière et la régulation routière c'est vraiment Made in Congo", assure Mme Inza, "nous devons vendre notre intelligence dans d'autres pays, de l'Afrique centrale comme d'ailleurs, pourquoi pas, aux Etats-Unis, en Europe ou en Asie ?"
Au départ, Woman Technology a été fondée pour offrir des débouchés aux femmes congolaises titulaires d'un diplôme d'ingénieur, mais avec ses robots, Mme Inza rêve de créer des emplois dans tous le pays, avec le soutien de partenaires financiers.
Les créatures de sa petite équipe (sept personnes, quatre hommes et trois femmes) doivent être exposées en avril dans des foires internationales au Canada et en Suisse.
Le coût de fabrication d'un exemplaire avoisine les 15.000 dollars, explique-t-elle en faisant visiter le petit atelier aux murs défraîchis et à l'équipement sommaire où sont fabriqués les machines. Pour l'instant, c'est sa société de restauration et de loisirs, Planète J, qui assure le financement des robots, mais à terme, elle escompte que l'activité sera rentable.
Rien qu'à Kinshasa, "nous avons identifié 600 carrefours dangereux ou endroits compliqués" où les robots, pourraient être installés, indique Mme Inza, "on a un retour positif" des autorités de la capitale.
L'autonomie dont jouissent les robots grâce aux panneaux solaires est un avantage réel dans une agglomération dont des zones entières ne sont pas reliées au réseau électrique.
Val Manga, président de la Commission nationale de prévention routière congolaise, est déjà conquis. "C'est un plus [...] en matière de sécurité routière", dit-il, "il faut multiplier ces robots roulage intelligents pour qu'on puisse les installer dans les différentes intersections des villes et des agglomérations urbaines de notre pays".
En aluminium et conçus pour résister aux rigueurs du climat équatorial (fortes chaleurs, humidité élevée et grosses pluies), les "robots roulage intelligents", avec leur allure anthropoïde embarquent toute une électronique poussée.
Un système de détection indique au robot des piétons veulent traverser, et des caméras fichées dans ses yeux et ses épaulettes permettent de filmer en permanence la circulation.
"Quand le robot capte les images", il envoie cela à l'aide de l'antenne dressée sur sa tête à un centre où "l'on stocke toutes les données", explique Claude Diasuka, ingénieur en vidéosurveillance qui participe au projet. Pour l'instant, les robots sont toujours propriété de l'association et ces données ne sont pas utilisées.
A terme, lorsque les robots seront remis à la police, ces informations "permettront de poursuivre les gens qui ont commis des infractions ", ajoute-t-il.
Faisant valoir les recettes que rapportent à l'Etat les contraventions dans les pays occidentaux, Mme Inza, vante cette possibilité comme une garantie de rentabilité pour les collectivités qui voudraient investir dans les robots de Woman Technology.
Kinshasa, mégalopole de plus de 10 millions d'habitants, est connue pour ses embouteillages géants et sa circulation anarchique. On y voit circuler pléthore de voitures hors d'âge et d'état, et les consignes élémentaires du code de la route y sont allègrement bafouées, tandis que les policiers du roulage, mal payés, sont souvent accusés de rançonner les automobilistes.
Mais avec les robots, tout change et la discipline est de rigueur.


Kinshasa, 29/01/2014 (AFP / MCN, via mediacongo.net)

Muzungu anasema

                               Muzungu anasema

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo


Dans les années 70/80, les Kassapards (étudiants de l’Université de Lubumbashi) originaires de l’ouest avaient l’habitude de taquiner leurs camarades du Shaba (actuel Katanga) en les appelant « Muzungu anasema » (L’homme blanc a dit), question de souligner leur complexe d’infériorité vis-à-vis des Blancs. Le complexe du colonisé ne fut pas l’apanage du Katanga. Il fut et reste d’actualité sur toute l’étendue du Congo et de l’Afrique surtout dans un domaine névralgique, les institutions étatiques. C’est pour cette raison que nous avions conclu en ces termes l’énième article (Puisque cela marche ailleurs, ça devrait marcher chez nous) sur la thèse que nous avons toujours défendue à ce sujet : « Il faudrait peut-être que les Blancs, colonisateurs d’hier, viennent nous tenir ce langage pour que nous sortions enfin de notre hibernation et que nous nous posions les questions qu’imposent des processus de démocratisation toujours consternants à l’échelle non pas d’un pays mais de toujours un continent ».

Nous ne pensions pas si bien dire. Aussitôt que nous avions envoyé notre article à la rédaction de Congo Indépendant le 26 janvier dernier, nous avions pris place au salon devant l’écran de télévision pour suivre l’une de nos émissions préférées sur TV5 Monde (France, Belgique et Suisse). De 15h15 à 15h35, Xavier Colin, journaliste et producteur de Geopilitis à la Radio Télévision Suisse Romande (RTS), s’est penché sur les inégalités dans les monde. En 35 ans de journalisme dont 13 années à Europe N° 1 et depuis 1987 à la RTS, Colin est resté avant tout un journaliste toujours curieux et content de découvrir le monde, d’essayer de le comprendre et surtout de tenter de l’expliquer. Son principe est toujours le même : il veut expliquer ce qui se passe dans notre monde et le remettre dans son contexte.

L’émission nous apprenait que moins de 1% de la population terrestre détient 40% du patrimoine mondial qui se chiffrerait à 223 mille milliards de dollars. Les inégalités existent non seulement entre les nations, mais également à l’intérieur de celles-ci. Dans la ville de New York, par exemple, où vivent des centaines de millier de millionnaires, 21% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Concernant les inégalités entre les nations, force est de constater qu’en dépit ou à cause de la mondialisation, l’écart entre les pays riches et certains pays pauvres se réduit de plus en plus, cas des pays dits émergeant, tandis qu’il se creuse davantage par rapport à d’autres. Pourquoi ?

Aussitôt que Xavier Colin avait posé cette question, nous ne pouvions nous empêcher de penser à Kolomabele qui, critiquant notre diagnostic du mal congolais ou africain, a écrit : « Le problème du Congo ou de l’Afrique ne réside pas dans la démocratie importée de l’Occident. Nous devrions nous poser la question suivante : pourquoi les autres sociétés composées d’hommes et de femmes comme nous avancent alors que nous, on recule ». Sacré Kolomabele ! Pour répondre à cette question, Xavier Colin a invité un professionnel de la pensée ayant les deux pieds sur terre : Jean-Louis Arcand.

Quand on lance un moteur de recherche sur le nom ci-dessus, on tombe entre autres sur les informations suivantes : Jean-Louis Arcand est professeur d’économie du développement à l’Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID) de Genève. Détenteur d’un doctorat en économie du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Etats-Unis, il est éditeur associé du Journal of African Economies et de la Revue d’Economie du Développement, corédacteur de la revue European Journal of Development Research, membre fondateur de l’Union européenne Réseau Développement (EUDN) et Senior Fellow à la Fondation pour les études et recherches en Développement international (FERDI). Il dirige actuellement des évaluations d’impact, s’étalant sur plusieurs années, en Angola, au Burkina Faso, au Burundi, au Cameroun, en Gambie, au Mali, au Maroc et au Sénégal, où les sujets abordés vont du parrainage par les pairs comme stratégie de sensibilisation dans la lutte contre le VIH/SIDA, au renforcement des capacités des organisations paysannes afin d’améliorer la sécurité alimentaire.

Pour le professeur Arcand, deux facteurs expliquent pourquoi certains pays pauvres réduisent leur écart avec les pays riches tandis que d’autres, comme le nôtre, continuent à le creuser davantage. Il s’agit de la géographie et des institutions. Quand cette réponse était tombée, nous avions sauté sur un bloc-notes et un stylo pour ne rien perdre de ce que l’invité de Xavier Colin dirait d’important, car un article était déjà en gestation quelque part dans notre cerveau.

Le journaliste n’avait pas cherché à en savoir davantage quand le professeur avait expliqué que la situation géographique de certains pays pauvres, l’enclavement en particulier, constitue un réel handicap dans la création des richesses. Mais au sujet des institutions (politiques et économiques), Colin a posé la question de savoir qu’Est-ce qu’elles doivent avoir de spécial pour qu’un pays pauvre émerge enfin. Réponse du professeur : « Il s’agit là d’un chemin que chaque pays doit trouver lui-même ». Faut-il rappeler que c’est justement ce que nous nous efforçons de faire comprendre à nos compatriotes depuis le 24 avril 1990, date du coup d’envoi officiel du deuxième processus de démocratisation dans notre pays où la mauvaise gouvernance n’a jamais été en meilleure santé qu’aujourd’hui et cela après deux élections dites démocratiques ?

Les violations constitutionnelles par le premier magistrat du pays et les autres anti-valeurs que l’on peut observer et déplorer du sommet à la base de la pyramide sociale au Congo et ailleurs en Afrique ne sont pas inhérents à une quelconque culture congolaise ou africaine. Ce sont plutôt des résultats obligés de la culture de l’impunité, la fille aînée de mauvaises instituions qui placent automatiquement le président de la république au dessus de la loi ; ce qui lui donne l’occasion de distribuer, selon son bon vouloir, des parcelles de cette impunité à sa clientèle. Cela signifie que quand les institutions seront conçues avec réalisme, au lieu d’être importées aveuglement de l’Occident, les présidents africains deviendront justiciables, la culture de l’impunité reculera et avec elle, les autres antivaleurs.

On peut comprendre que quelques intellectuels passent à côté du bon diagnostic de la perpétuelle descente aux enfers du Congo et de l’Afrique. Mais que toute l’élite intellectuelle et politique du pays ou du continent ne trouve rien à reprocher aux institutions ; qu’aucun débat ne soit amorcé à ce sujet depuis l’indépendance au niveau des partis ou à celui de la nation entière lors de ses différents grands rendez-vous avec l’histoire, il y a de quoi désespérer de notre avenir. Nous osons espérer que cet article va enfin libérer les esprits, longtemps otages de la colonisation des cerveaux. Car désormais, « Muzungu anasema ».


Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo 
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Treize années de décadence :


La "catastrophe nationale" du 26 janvier 2001

L’investiture de Joseph Kabila, le 26 janvier 2001

Ce dimanche 26 janvier 2014, "Joseph Kabila" va commémorer le treizième anniversaire de son avènement à la tête de l’Etat congolais. On imagine que le champagne va couler à flots. Les membres de la "majorité présidentielle" et autres aigrefins de la République vont manger, chanter et danser. Il y aura des rires aux éclats. Pour la grande majorité de la population congolaise, ces treize années sont vécues comme un long cauchemar (a nightmare). Cette dernière reste demandeuse d’une révolution pour changer d’avenir et de société. Ata Ndele. Tôt ou tard...

La journée de jeudi 16 janvier dernier marquait le treizième anniversaire de la mort du président Laurent-Désiré Kabila, assassiné, dit-on, par un de ses gardes du corps nommé Rachidi Kasereka. Celui-ci a été éliminé à son tour. C’était le 16 janvier 2001.

Le 16 janvier 2001, il est environ 13h00 lorsque des tirs nourris à l’arme automatique sont entendus au palais de marbre où se trouvent la résidence et le bureau du président de la République. Qui tire sur qui ? Mystère. Vers 13h45, des médias internationaux annoncent que le Mzee a été victime d’un attentat et qu’il serait touché mortellement. A Kinshasa, c’est le blackout. Le gouvernement continue à soutenir que le chef de l’Etat est blessé mais en vie.

Vers la fin de l’après-midi, le corps sans vie de LD Kabila est transporté aux services des urgences de la clinique Ngaliema. Le médecin présent constate des impacts de balles sur le cadavre. Etrangement, la victime ne baigne pas dans son sang alors qu’elle avait l’aorte sectionnée. Pour ce praticien, la conclusion est simple : «Le décès est antérieur aux impacts de balles».

Kabila est mort, vive "Kabila"!

Des sources bien informées assurent que quelques jours avant la date fatidique, "Papa Kabila" souffrait d’une grave crise d’hypertension artérielle. Diabétique, le chef de l’Etat congolais avait pris beaucoup de poids au grand dam de ses médecins cubains. «Le Mzee était sous perfusion le 15 janvier 2001, confie un habitué du Palais de marbre. C’est pour cette raison qu’il avait retardé son voyage au Cameroun où se tenait un sommet franco-africain ».

Dès le lendemain de l’«attentat», le ministre de la Communication d’alors, Dominique Sakombi-Inongo, annonce que «le général major Joseph Kabila a été désigné pour assumer l’intérim à la tête de l’Etat». «Les membres du gouvernement avaient désigné Joseph Kabila à la tête de l’Etat par vote secret», dira She Léonard Okitundu, alors ministre des Affaires étrangères, dans une interview au quotidien français «Le Monde ». Quels sont les critères ayant présidé à ce choix? Silence.

Procès à huis clos

Treize années après, des questions restent sans réponse : Qui a tué le Mzee ? Qui a commandité ce crime? Quel en est le mobile ? Pourquoi la dépouille du défunt président a été transférée à Harare, au Zimbabwe, avant d’être ramenée à Kinshasa pour les obsèques? A qui profite le crime ?

Dans son allocution d’investiture, le 26 janvier 2001, "Joseph Kabila" aura ces mots : "Je rassure le peuple congolais qu’une enquête judiciaire est déjà ouverte afin que la lumière soit faite sur les circonstances de l’assassinat de l’illustre disparu". La promesse ne sera nullement tenue. Le méga-procès des présumés assassins de Mzee ne sera d’aucun secours. La plupart des audiences se sont déroulées à huis clos. Etrange.

Dans un rapport confidentiel que l’auteur de ces lignes a pu parcourir, un expert en balistique a estimé que la thèse de meurtre par balles est «scientifiquement impossible». Selon cet expert, une balle tirée sur la tempe aurait dû ressortir de l’autre côté. Pour lui, seule une balle tirée à une distance de 50 mètres pouvait être logée dans la tête. Le rapport de souligner la stupéfaction des trois médecins consultés en tant qu’experts en médecine par la Cour. Pour eux, la position du corps du défunt, telle que décrite par les témoins, ne leur parait pas être celle qu’aurait dû adopter une personne décédée des suites d’un traumatisme causé par des balles. "De même, poursuit le rapport, ils se sont inquiétés de l’absence de saignement alors qu’une balle avait sectionné l’aorte, conduit principal du sang. En effet, le saignement aurait dû être d’autant plus abondant qu’en plus, immédiatement après les coups de feu, le docteur Mashako Mamba prétend avoir procédé à un massage cardiaque".

La conclusion de ces trois médecins tombe comme une sentence : "(...), les blessures faites par balles n’ont pu intervenir qu’après le décès". Autrement dit, LD Kabila était déjà mort au moment où son corps a été criblé des balles. Qui a pu orchestrer cette macabre mise en scène? Quel en est le but?

Dans un rapport publié en 2002 sur l’état des droits humains au Congo-Kinshasa, l’organisation non gouvernementale "African Centre for Peace democracy and Human Rights" basée à Bukavu faisait état notamment de l’arrestation, le mercredi 2 janvier 2002, du docteur Armand Kabunga Mutombo, par des agents de l’Agence nationale de renseignements (ANR). Chef de staff médical adjoint à la clinique de Ngaliema à l’époque, Dr Kabunga assurait la permanence au service de réanimation le jour de l’assassinat du président LD Kabila. Il lui est reproché d’avoir subtilisé les habits que portait ce dernier. Dans le verdict rendu le 7 janvier 2003 par la Cour d’ordre militaire, on peut lire que le médecin a été "renvoyé devant son juge naturel"... pour "vol".

A qui profite la mort de LD Kabila?

Il y a d’abord la fratrie "Kabila" qui est sortie de l’anonymat. Jaynet Désiré "Kabila" Kyungu (sic!) est propulsée à la tête de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila. Celle-ci brasse en toute opacité d’importantes sommes d’argent reçues en guise de dons. La Fondation n’a jamais présentée ses comptes annuels à la comptabilité nationale. Dès 2006, un autre "Kabila" prénommé "Zoé" fait son apparition. Sept années après, ce jeune homme impécunieux, sorti du néant, est à la tête de deux "business" : un centre omnisport ultramoderne "Le Shark Club" et un restaurant VIP dénommé «O’Café» à un jet de pierres de l’ex-hôtel Intercontinental. La nouvelle "famille présidentielle" s’est "enrichie" récemment d’un nouveau membre. Il s’agit de la jeune Kabila Ruwez Mtwale, présentée par "Grands Lacs Magazine" comme étant la "petite-sœur biologique" du "raïs". Qui en serait la mère? Sifa Mahanya? Dans son ouvrage "Les quatre présidents du Congo", publié en 2002 aux éditions Secco & Cedi, Célestin Kabuya Lumuna Sando soutient que, pour des raisons de sécurité, l’actuel chef de l’Etat a porté plusieurs noms dont celui de... Mtwale. François Soudain d’ajouter les patronymes "d’emprunt" de Kabange et de Kanambe (voir la revue pour l’intelligence du monde juillet/août 2006). Ouf!

Les Baluba du Nord Katanga (Balubakat) viennent en second lieu. LD Kabila était rattaché à cette communauté tribale par son père. On rappelle cette polémique suscitée par les critiques articulées par Daniel Mulunda Ngoy, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), à l’encontre de "Joseph Kabila" dont il dénonçait l’"ingratitude" devant quelques notables lubakats. C’était en février 2013 à Lubumbashi. Informé, Nday Ngoy Matembo, alors président de l’association culturelle des Baluba du Katanga (Buluba-i-Bukata), prit sa plus belle plume pour rappeler Mulunda à l’ordre : «Le président Kabila est pour notre communauté une mine d’or très précieuse que nous devons tous protéger quelles que soient ses erreurs». Sans commentaire.

Il y a enfin le maître de Kigali Paul Kagamé. Dans une interview accordée à la journaliste Sonia Rolley de RFI, l’ex-patron des services d’espionnage rwandais, le colonel Patrick Karegeya, assassiné début janvier dernier, a confirmé que tous les mouvements "rebelles congolais" ont été montés de toutes pièces par le potentat rwandais. Outre l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo), c’est le cas du RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie) mais aussi du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) et du Mouvement du 23 mars dit «M23».

Le coup d’Etat du 16 janvier 2001

Une chose paraît sûre : la disparition de LD Kabila a permis au "régime militariste" au pouvoir au Rwanda de réaliser son ambition consistant à noyauter les institutions du Congo-Kinshasa en y infiltrant des militaires et officiers issus des prétendues «rébellions congolaises». Kagamé a toujours clamé sa volonté de voir s’installer un "régime ami" à Kinshasa. Plusieurs officiers dits "rwandophones" dirigent des bases militaires. D’autres sont promus à la tête des régions militaires. Sans omettre, l’état-major général de l’armée congolaise. Tous les secteurs névralgiques de la vie nationale sont infiltrés. Une situation inimaginable à l’époque de M’zee trahi par les siens.

Comment ne pas conclure, dès lors, que ce qui s’est passé le 16 janvier 2001 à Kinshasa n’est ni plus ni moins qu’un coup d’Etat camouflé. Une oligarchie a succédé à une autre avec ce que cela implique de règlements de compte et de course aux privilèges. Des innocents croupissent depuis treize années dans la prison centrale de Makala pendant que les véritables coupables continuent à parader.

Treize années après l’arrivée de "Joseph Kabila" au sommet de l’Etat, les Congolais sont désillusionnés par la décadence ambiante. Ils restent demandeurs d’une vraie révolution pour changer d’avenir et de société. "Ata Ndele" (tôt ou tard), avait chanté le musicien congolais Adou Elenga...


B.A.W 
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