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mardi 8 mai 2012

Ce que le Web sait de Kin-Kiey Mulumba


Ce que le Web sait de Kin-Kiey Mulumba

La RD Congo a un nouveau ministre des Nouvelles technologies de l’information et de la communication. Il se nomme Tryphon Kin-Kiey Mulumba, l’homme du Soft international. Et si on le « googlelisait » ? Devinez les résultats.


KKM
Tryphon Kin-Kiey Mulumba (CC/facebook KKM)

Tantôt professeur d’université, tantôt journaliste, tantôt politicien. Aujourd’hui, en tout cas, ministre des Postes, Télécommunication et … Nouvelles technologies de l’information et de la communication. Kin-Kiey Mulumba s’est vu ainsi confier le samedi 28 avril la charge de faire progresser les NTIC en RD Congo.

A l’heure où Joseph Kabila prône la « révolution de la modernité » pour son nouveau quinquennat, le constat reste amer. Le Congo-Kinshasa accuse encore d’importants retards en termes de connectivité. Pas étonnant qu’il ne figure nulle part dans le classement 2012 du Networked Readiness Index, un indice permettant de déterminer l’effet de l’adoption des TIC sur la compétitivité des pays.
Et si on s’intéressait à la réputation numérique de l’homme désigné pour tenter d’inverser cette tendance. « Googlelisons » Kin-Kiey Mulumba :

1. KKM, l’« Administrative contact » du Soft international

1990. Tryphon Kin-Kiey Mulumba lance le Soft international. Un quotidien édité par Finpress Group Afrimages et spécialisé dans l’actualité en RD Congo et dans les grands lacs. Selon les informations recueillies sur Whois, le site Internet du journal est mis en ligne au mois de février 1998, avec les coordonnées du fondateur comme « Administrative contact ».
Capture d'écran page who.is de lesoftonline.net
Capture d'écran page who.is de lesoftonline.net

2. Quand KKM attribuait à Joseph Kabila « les origines tutsies rwandaises avérées »

Signe que le Web garde bien nos traces. Et même lorsqu’on essaye d’effacer d’autres, devenues encombrantes avec le temps. En 2004 par exemple, Tryphon Kin-Kin Mulumba écrivait dans l’édito « Quand le Kivu se laisse tenter » publié dans Le Soft n° 782 :
« Même le Chef de l’État [Joseph Kabila, ndrl] dont les origines tutsies rwandaises sont avérées, même son ministre de l’Information dont les origines Hutues rwandaises sont confirmées et dont la famille vit et travaille chez elle sur des collines de Kigali, se sont laissés prendre à leur propre piège au point qu’ils ne peuvent décliner leur identité d’origine qu’ils tiennent effacée. »
La donne a changé depuis et l’article a été supprimé sur le site du Soft international. Mais, « lorsque Google explore le Web, il crée une copie de chaque page examinée et la stocke dans une mémoire cache, ce qui permet de consulter cette copie à tout moment, et en particulier dans le cas où la page originale (ou Internet) serait inaccessible ».

3. Les comptes twitter et facebook de KKM moins fournis

Sur les réseaux sociaux, la réputation numérique du nouveau ministre des NTIC souffre encore d’une carence de visibilité. Présent sur twitter depuis 2010, Tryphon Kin-Kiey Mulumba n’a « tweeté » que cinq fois.
Le premier tweet

Dernier tweet (au 1e mai 2012)

Même si on ne sait pas exactement si c’est un compte personnel ou celui du Soft international. Le profil porte son nom – Kin Kiey Mulumba -, mais le compte, celui de son journal, @lesoftonline.
Et si ses « amis » postent des commentaires sur son mur, Kin-Kiey Mulumba n’est pas non plus bavard sur facebook. On y apprend tout de même que le professeur aime Michael Jackson. En attendant, sans doute, la connexion à la fibre optique, le 3G, l’e-administration ou encore l’open data pour la RD Congo.

Merci de rejoindre Congolol sur Facebook


http://congolol.net/2012/05/01/kin-kiey-mulumba-tryphon-ministre-ntic-google-joseph-kabila-rd-congo-soft/

L'Afrique espère la fin de la "Françafrique" avec l'arrivée de Hollande


L'Afrique espère la fin de la 'Françafrique' avec l'arrivée de Hollande
L'Afrique espère la fin de la "Françafrique" avec l'arrivée de Hollande© AFP

L'Afrique espère que l'élection de François Hollande à la présidence en France va signer enfin la mort de la "Françafrique" et la naissance de relations plus saines et équilibrées avec l'ex-puissance coloniale, malgré le poids du passé et des intérêts.

Tout juste élu, le nouveau président socialiste se voit rappeler sa promesse de campagne: engager une "rupture" avec "les vieilles pratiques de la +Françafrique+", ce système de réseaux d'influences et d'accords secrets ayant longtemps caractérisé les relations entre Paris et ses ex-colonies.
François Hollande "a suscité cet espoir et on le prendra au mot", résume le politologue nigérien Souley Adji, interrogé par l'AFP.
"On peut espérer une modification réelle des relations entre la France et notre continent dans le sens d'un véritable partenariat entre des pays égaux qui défendent leurs intérêts", estime le président nigérien Mahamadou Issoufou dans le quotidien français Libération.

"C'est une ère nouvelle qui commence", assure Hervé Emmanuel Nkom, un responsable du Rassemblement démocratique camerounais (RDPC, au pouvoir). Une ère selon lui "en rupture avec l'arrogance, la caricature, voire le mépris qui se sont exprimés avec le discours de Dakar".
Le président sortant battu dimanche, Nicolas Sarkozy, s'était attiré un procès en "néo-colonialisme" avec ce discours prononcé en 2007, dans lequel il prétendait que "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire". Il plombait ainsi durablement son image en Afrique, même s'il a lancé la révision des vieux et contestés accords de défense franco-africains, et que la France a eu une action militaire décisive pour faire respecter le verdict des urnes en Côte d'Ivoire ou appuyer la rébellion libyenne face à Mouammar Kadhafi.
Mais la "rupture" promise par François Hollande est aussi dictée par la situation actuelle: le monde a changé et la France n'a plus affaire à "l'Afrique de papa", soulignent des observateurs.
"pacte colonial"

"Le monde du XXIe siècle s'est tellement métamorphosé avec des exigences de justice et de prospérité partagée par les peuples africains, qu'à mon avis la +Françafrique+ aura du mal à prospérer. M. Hollande n'aura d'autre choix que de favoriser l'instauration de la démocratie et de la bonne gouvernance dans nos pays", juge l'ex-Premier ministre togolais Agbéyomé Kodjo.
"Avec la mondialisation, la montée de l'Inde et de la Chine ainsi que le positionnement américain en Afrique, la France n'est plus la seule tutrice et ne peut plus décider toute seule pour les Africains, longtemps maintenus dans l'illusion démocratique et le sous-développement", avance le quotidien gouvernemental sénégalais Le Soleil.

L'écrivain et journaliste ivoirien Venance Konan invite toutefois à la prudence. Nicolas Sarkozy s'était aussi engagé à enterrer les relations franco-africaines incestueuses, mais "il a viré son ministre de la Coopération (Jean-Marie Bockel) qui avait voulu que les choses changent vraiment", écrit-il dans le quotidien d'Etat Fraternité-Matin.

Récemment les sorties fracassantes de l'avocat Robert Bourgi sur l'envoi de "mallettes" de fonds occultes africains à Paris sous la présidence de Jacques Chirac (1995-2007), de même que l'enquête française sur les "biens mal acquis" de chefs d'Etat africains ont montré que le sujet reste d'actualité.
Catégorique, Lécas Atondi Momondjo, analyste politique au Congo-Brazzaville, juge d'ailleurs qu'"on ne peut pas penser un seul instant que l'arrivée de Hollande va marquer la fin de la +Françafrique+, pour la simple raison qu'elle n'est pas née avec Mitterrand, ni Chirac, ni Sarkozy".
C'est, insiste-t-il, "un important pacte colonial" qui perdure au nom de la défense par la France de ses intérêts économiques et de son poids diplomatique à l'ONU.

François Hollande aura en tout cas bientôt une décision lourde de symbole à prendre: participer ou non au sommet de la Francophonie prévu en octobre en République démocratique du Congo (RDC), où une présidentielle très largement contestée a eu lieu fin 2011.


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