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vendredi 30 août 2013

Le M23 se retire de la ligne de front de Kanyaruchinya

Le M23 se retire de la ligne de front de Kanyaruchinya



Le président du M23, Bertrand Bisimwa, à Bunagana, le 7 mars 2013.
Photo AFP / Isaac Kasamani

Par RFI

Information exclusive RFI: le M23 compte se retirer de la ligne de front. C'est en tout cas ce qu'affirme leur chef, Bertrand Bisimwa, au micro de RFI. Cette nouvelle intervient dans un contexte diplomatique tendu : les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont accusées par le Rwanda de tirer sur son territoire. Jeudi 29 août, une femme a été tuée et son bébé blessé lors de la chute d'un obus à Gisenyi, ville frontalière de Goma. Côté congolais, les affrontements continuaient hier entre l'armée, appuyée par l'ONU, et les rebelles du M23.

Bertrand Bisimwa, chef du M23 : Nous venons de décider d’ordonner à nos forces de se retirer de la ligne de front de Kanyaruchinya pour permettre l’arrêt des combats et faire en sorte qu’il y ait une enquête qui soit menée pour établir les responsabilités dans les tirs qui ont été effectués sur le territoire rwandais et sur la ville de Goma. Nous exigeons du gouvernement congolais qu'il retourne à la table des négociations dans les plus brefs délais de manière à permettre une solution négociée à la crise.
RFI : Cela veut dire que vous allez retirer vos troupes, jusqu’à quel niveau exactement ?
Nous les retirons seulement de la ligne de front de Kanyaruchinya, mais nous continuons à garder toutes les positions que nous avions derrière ces positions de Kanyaruchinya. C’est la déclaration des chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs qui avait été signée le 24 novembre 2012, qui nous demandait de nous retrouver à 20 kilomètres de la ville de Goma, et qui exigeait du gouvernement la démilitarisation de Goma et le déploiement à l’aéroport d’une compagnie du M23.
RFI: Les Nations unies ont indiqué que les derniers tirs ayant touché le Rwanda sont le fait du M23. Comment réagissez-vous ?
Il est impossible d’envisager que ces tirs soient l’œuvre de nos canons d’autant plus que les cibles atteintes sont situées loin derrière nos lignes et que la menace provient du sens contraire. Deuxième chose, les positions géographiques de nos canons ne peuvent pas permettre d’atteindre les cibles qui ont été touchées sur le territoire rwandais.
Troisièmement, nous pensons par contre que les canons à longue portée dont disposent les forces adverses - c’est-à-dire les FARDC, les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) et les troupes de la Monusco - que sont les tanks 55, les canons 122 mm, les canons 37 mm, les canons 107 mm, les lance-roquettes à canons multiples et les mortiers 120 qui sont positionnés dans les localités de Muja, Mugounga, Kibwe, Muningi [dans les environs de Goma, ndlr] peuvent facilement atteindre les cibles indiquées. Ces canons sont pointés en direction de ces cibles. 


Pour Kinshasa, Kigali doit « encourager à la démobilisation » du M23
Ce vendredi midi, Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, a réagit. Pour le gouvernement, l'attitude du M23 n'est pas acceptable.


Lambert Mende Omalanga
 

Ministre congolais de la Communication et porte-parole du gouvernement
30/08/2013
par Kamanda Wa Kamanda

Écouter (01:07)


 

« Toujours aux ordres de ses maîtres à penser rwandais, le Sir Bisimwa, qui dirige par procuration le M23, aurait annoncé il y a quelques heures un repli des éléments de cette milice pour un redéploiement sur un autre site, toujours en territoire congolais. Cela n’est pas acceptable pour le gouvernement congolais », a déclaré Lambert Mende.
Les autorités congolaises demandent que « cette force négative et criminelle » disparaisse comme groupe armé et que ses membres exposent leurs revendications légitimes par des voies licites.
Kinshasa appelle le Rwanda à « faire œuvre utile en encourageant le désarmement et la démobilisation du M23 » plutôt que de défendre une milice que les autorités rwandaises « ont créé de toutes pièces » en RDC.
 


► ANALYSE : Un contexte défavorable
S'agit-il d'une décision spontanée du M23, ou est-ce le résultat de pressions diplomatiques ? L'annonce du retrait du M23 intervient en tout cas dans un climat tendu. Ce dernier a semblé affaibli lors des derniers combats.
Jeudi, au cours d'une réunion en urgence du Conseil de sécurité, Edmont Mulet, le chargé des missions de maintien de la paix a de nouveau accusé le Rwanda de soutenir les rebelles. Il a même évoqué des infiltrations de soldats rwandais en RDC, ces derniers jours. Il assure également que le M23, avec l'appui de Kigali, serait à l'origine des tirs d'obus en direction du territoire rwandais. Hier encore, au moins deux obus ont explosé à Gisenyi, une ville rwandaise frontalière de Goma.
Une analyse qui n'est pas, bien sûr, celle des autorités rwandaises. Elles accusent l'armée gouvernementale congolaise de se livrer à des provocations et se disent prêtes à défendre leur territoire. La thèse de l’ONU est que le Rwanda cherche un prétexte pour intervenir en RDC. Le M23, quant à lui, exige une enquête indépendante, mais affirme que la Monusco en tant que partie prenante à ce conflit, ne peut pas mener ces investigations.





Année de la libération : Le départ du M23 à l’Est marque la fin du régime de Kigali en RDC


Année de la libération : Le départ du M23 à l’Est marque la fin du régime de Kigali en RDC



image Elections 2011 - Etienne Tshisekedi et Joseph Kabila en train de voter

La guerre de l’Est, une fiction aux conséquences réelles. A travers cette guerre, Kigali rêvait d’une table ronde, pousser la classe politique congolaise aux concertations nationales pour légitimer le pouvoir de J. Kabila aux abois. Où encore contraindre les congolais à laisser le bâton de commandement à J. Kabila, étant donné que les dernières élections en RDC ont laissé un goût amer à la communauté internationale et nationale. Ainsi par la diplomatie et les opérations de guerre à l’Est, ce dernier pourrait récupérer une certaine légitimité à travers une mobilisation nationale pour l’effort de guerre. Car depuis sa prestation de serment au Camp Tshashi, loin du peuple, J. Kabila a du mal à décoller, l’opinion publique constate que tous « les abracadabra » essayés par son gouvernement, sont restés nuls et sans effets. D’où le recours aux méthodes poutines, diversions, simulations, distractions…pour rester le plus longtemps au pouvoir.

Qui choisir entre ces deux Présidents; L’un félicite les FARDC pour bravoure, l’autre demande un cessez-le feu, repli « entre guillemets » stratégique. Dans un message radiophonique transmis au commandant de l’Africom, le Président légitime de la RDC, commandant suprême des Forces Armées, Etienne Tshisekedi, actuellement en vichy à Limete, vient d’envoyer un message des félicitations au Général Bahuma Ambamba, le Colonel Mamadou Ndala surnommé « Mbunza Mabe Junior » par la population de Goma, le message de félicitation est adressé aussi aux vaillants combattants des FARDC.

Au cours d’une interview exclusive sur Radio KIVU1, le colonel Mamadou Moustapha NDALA n’avait pas mâché ses mots en répétant la petite phrase de Mze Kabila en 1998 : « la guerre se terminera d’où elle est venue… ».  « Je suis sure d’accord comme tout Congolais que le M23 ne peut plus piétiner dans Goma. Je suis sûr étant soldat et patriote… parce qu’un militaire avant d’aller à la ligne de front il doit être sûr de lui-même et avant d’engager une bataille il faut avoir l’ambition de gagner. Etant protecteur de la population qui a tant souffert depuis des années ; je pense que la victoire est de notre côté. Le M23 ne reviendra plus à Goma et là où il est nous sommes déterminés à l’obliger de capituler de grés ou de force. Aujourd’hui c’est un devoir sacré, si il faut verser notre sang nous allons le faire. « 2013 », c’est l’année de la libération, le départ du M23 à l’Est marque la fin du régime de Kigali en République Démocratique du Congo.

La guerre de l’Est, une fiction aux conséquences réelles. A travers cette guerre, Kigali rêvait d’une table ronde, pousser la classe politique congolaise aux concertations nationales pour légitimer le pouvoir de J. Kabila aux abois. Où encore contraindre les congolais à laisser le bâton de commandement à J. Kabila, étant donné que les dernières élections en RDC ont laissé un goût amer à la communauté internationale et nationale. Ainsi par la diplomatie et les opérations de guerre à l’Est, ce dernier pourrait récupérer une certaine légitimité à travers une mobilisation nationale pour l’effort de guerre. Car depuis sa prestation de serment au Camp tshashi, loin du peuple, J. Kabila a du mal à décoller, l’opinion publique constate que tous « les abracadabra » essayés par son gouvernement, sont restés nuls et sans effets. D’où le recours aux méthodes poutines, diversions, simulations, distractions…pour rester le plus longtemps au pouvoir. En 2012, le conclave sur la reforme de l’armée avait formulé quelques recommandations, notamment la nouvelle mise en place de l’armée, permutations des officiers issus du mixage et accords gouvernement-CNDP. Hélas, ces documents sont toujours dans les tiroirs de J. Kabila qui refuse de les signer.

La paix à l’Est passe par le dévissage de J. Kabila, c’est la lutte du Président Tshisekedi. Le Congo est un gâteau aux noix de coco pour Kigali et les firmes internationales, nous devons êtres proactifs et anticipatifs, le processus pour l’impérium est très complexe. Même les petits enfants savent que le pouvoir de Kinshasa n’a plus des ailes. Ce que Kabila doit faire, « c’est de garder silence car tout ce qu’il dira ou fera sera retenu contre lui, il a le droit de choisir ses avocats, s’il n’en a pas, le tribunal congolais lui en donnera ».
L'ONU a des « informations crédibles et cohérentes » sur un soutien de l'armée rwandaise aux rebelles du M23 dans les combats en République démocratique du Congo, ont déclaré jeudi des diplomates. Ces troupes rwandaises se sont infiltrées en RDC « pendant ces derniers jours », ce qui a conduit le secrétaire général Ban Ki-moon à contacter le président rwandais Paul Kagamé pour l'inciter à la retenue, selon ces diplomates citant un compte-rendu d'un responsable de l'ONU.

 [avec Yves KONGOLO]



Mahagi: l’administrateur du territoire confirme la présence des militaires ougandais

Mahagi: l’administrateur du territoire confirme la présence des militaires ougandais




Des soldats congolais au Nord-Kivu le long de la frontière avec le Rwanda. © MONUSCO/Sylvain Liechti

Des soldats congolais au Nord-Kivu le long de la frontière avec le Rwanda. © MONUSCO/Sylvain Liechti
L’administrateur du territoire de Mahagi, (Province Orientale), Jean-Bosco Ngamubiem Essese, confirme la présence des militaires ougandais sur le sol congolais. Il a réagi ainsi, mercredi 28 aout, aux propos du commissaire de district ougandais de Zombo, qui niait la présence de ces militaires dans les localités du territoire de Mahagi.

«Les militaires ougandais sont bel et bien à Rodo. Après notre passage avec le gouverneur et le ministre provincial de l’Intérieur, ils ont renforcé leurs positions avec des véhicules des militaires et chars de combats», a indiqué Jean-Bosco Ngamubiem.
La société civile de l’Ituri invite le gouvernement de Kinshasa à discuter avec Kampala pour le retrait des troupes ougandaises. «On ne peut pas accepter qu’un pays voisin puisse s’infiltrer sur le territoire national et troubler la vie de la population sans que le gouvernement intervienne. C’est un silence coupable», estime Jean-Bosco  Lalo, le coordonnateur de la société civile de l’Ituri.
Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, a indiqué jeudi que Kinshasa et Kampala ont déjà entamé des pourparlers pour le retrait des militaires ougandais.
Pour rappel, plus de 300 militaires ougandais avaient envahi, depuis dimanche 25 août, quelques localités congolaises, en territoire de Mahagi (Province Orientale).

Scission de l'Ituri de la RDC : Kampala affirme avoir mis en application l’accord de Ngurdoto signé en Tanzanie

Scission de l'Ituri de la RDC : Kampala affirme avoir mis en application l’accord de Ngurdoto signé en Tanzanie


image Joseph KABILA et Yoweri MUSEVENI

Le territoire Mahagi et plusieurs villages d’Ituri sont occupés par l’armée ougandaise depuis lundi matin. Kampala affirme avoir mis en application l’accord de Ngurdoto signé à Arusha en Tanzanie en 1997. Cet accord d’après Museveni accordait une partie de l’ITURI à l’Ouganda en contre partie de soutien militaire de l’armée ougandaise à Joseph Kabila. Le pétrole du lac Albert, et les minerais de l’ITURI sont sous contrôle de Museveni. C'était 08 septembre 2007, que les présidents Kabila et Museveni ont apposé leur signature sur le document portant Accord de Ngurdoto. Témoin de l’événement historique, Jikaya Mrisho Kikwete, président de la République unie de Tanzanie.

ACCORD DE NGURDOTO de 2007 à ARUSHA

Le 08 septembre 2007, Il était exactement 21h18’, heure d’Arusha, soit 19h18 minutes, heure de Kinshasa, lorsque les présidents Kabila et Museveni ont apposé leur signature sur le document portant Accord de Ngurdoto, de coopération bilatérale République démocratique du Congo et l’Ouganda. Témoin de l’événement historique, Jikaya Mrisho Kikwete, président de la République unie de Tanzanie. 
Cet accord porte sur la Défense, Sécurité et la Coopération économique. Bien sûr, il s’étend également dans le domaine politique. Mieux la diplomatie avec cette perspective de procéder à la réouverture des ambassades entre les deux pays dans les prochains mois. 
Toutefois, c’est le président Kabila qui a donné l’essence de cette rencontre en s’attardant sur ses objectifs. Il s’agit d’abord d’une vision. Vision de paix en République démocratique du Congo, vision de paix dans la région des Grands Lacs. Mission ensuite. Mission que s’est assignée la République démocratique du Congo, a précisé le président Kabila, est de renforcer les accords existants afin d’accomplir d’autres progrès en vue de renforcer les accords existants. Voilà la raison d’être de la présence de la délégation congolaise à Arusha dans le but d’accomplir d’autres efforts afin de « changer l’image des Africains qui serait celle de se battre et de se combattre ». Et d’ajouter « Nous sommes déterminés à faire la paix dans la région des Grands Lacs. En dépit du conflit armé qui a opposé la République démocratique du Congo à l’Ouganda à partir de 1998, et nonobstant les stigmates qu’en ont gardées les populations congolaises sur plusieurs plans, il sied de relever que les relations diplomatiques entre nos deux pays n’ont jamais été formellement rompues », a dit le chef de l’Etat. Déclaration pleine de sens et sous-tendue par un courage politique de tourner les yeux vers l’avenir. « En effet, la grandeur des nations réside dans la capacité de leurs dirigeants à transcender les blessures et susceptibilités imposées par les aléas de l’histoire pour affronter, froidement et avec courage, les défis que leur imposent aussi bien leur existence que la coexistence avec d’autres », a encore souligné le chef de l’Etat congolais. 
Quant au président Museveni, il a qualifié cet accord de « magnifique et de raisonnable » qui permettra de résoudre les problèmes du passé, de lutter contre la pauvreté. Un accord qui intervient au moment où des efforts palpables sont faits dans la région pour restaurer la démocratie de manière que des dirigeants élus agissent en toute responsabilité envers le peuple de peur de perdre le pouvoir, a dit le président ougandais. 

PAS DE GUERRE DU PETROLE

Il se dégage du déroulement des travaux de ces deux jours à Arusha, c’est-à-dire du 7 au 8 septembre , que la République démocratique du Congo et l’Ouganda sont déterminés à aller de l’avant en consolidant les acquis de la paix. Il est un fait indéniable que les discussions ont été laborieuses. Surtout qu’il s’agit des questions liées à la défense et sécurité, de par la présence des forces négatives dans la région et particulièrement dans les deux pays. A ce sujet, la RDC et l’Ouganda ont réaffirmé le « respect de la souveraineté des Etats et l’ intangibilité des frontières héritées de la colonisation ». 
Cependant, il y a une épine : l’île de Rukwanzi que réclame l’Ouganda. Administrée jusqu’ici par la RDC, l’Ouganda a suggéré qu’il y ait une administration commune dans un « délai très court ». L’île de Rukwanzi poserait-t-il les mêmes problèmes vécus par le Nigeria et le Cameroun ? Une chose est certaine : cette île est sur le Lac Albert, justement là où il y a du pétrole. Le problème se poserait sûrement quand il s’agira de « retracer les frontières héritées de la colonisation », si jamais les deux pays aboutissaient à ce compromis. 
Mais en ce qui concerne la présence des forces négatives, les deux parties ont décidé de poursuivre le programme DDRRR (Désarmement, démobilisation, rassemblement, rapatriement et réinsertion). Et qui mieux est, les deux parties ont pris l’engagement « de n’accorder ni asile, ni soutien à toute force ou un individu réfractaire au processus ». Il y a là une avancée significative dans cette volonté de neutraliser les forces négatives dans la région. Nul doute que la RDC et l’Ouganda mûrissent cette réflexion pour faire front commun en vue d’élaguer; une fois pour toutes, la présence des forces négatives, quelle qu’elle soit, dans la région afin que règne une paix durable.
Au plan économique, les deux parties s’engagent à promouvoir la coopération dans les domaines de la conservation de la nature et la protection de l’environnement et des ressources transfrontalières, animales, halieutiques, de forêts et des parcs nationaux. Mais surtout à promouvoir « l’exploration et l’exploitation communes des champs d’hydrocarbures transfrontalières. A cet effet, les deux parties se sont accordées sur le principe de la révision de l’Accord de coopération pour l’exploration des hydrocarbures et l’exploitation des gisements communs, signé le 23 juin 1990, et ce en suivant le principe d’unitisation ». 
Ainsi, la République démocratique du Congo et l’Ouganda refusent de se « faire la guerre du pétrole ». Ils se sont inspirés sûrement des accords intervenus entre la RDC et l’Angola. Avec cet Accord de Ngurdoto, il est désormais clair qu’une deuxième « Zone d’intérêts communs » vient de voir le jour. 
Mieux, Arusha a certainement permis une sortie de crise entre la RDC et l’Ouganda. Il n y aura donc pas de « guerre du pétrole ». Du moins jusqu’à preuve du contraire. Serait-ce pour autant affirmer que désormais les choses iraient pour le mieux ? 
Il est prématuré de répondre à cette interrogation. De prime abord, nous avons évoqué une série d’accords signés par les deux pays mais qui n’ont jamais été concrétisés. Ensuite, pourquoi cette tendance à vouloir remettre en cause les accords de Berlin 1885 sur les frontières héritées de la colonisation ? Le cas de l’île de Rukwanzi se présente comme une épine au pied de cet accord. 
D’autre part, depuis le début de la guerre d’agression, lors de la signature de la Déclaration de Dar es-Salaam, à la signature du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement de la région des Grands Lacs à Nairobi où lors de son intervention, Museveni se disait qu’il n’était pas « anglophone, ni francophone, mais bantouphone ». Et dernièrement à Arusha, le discours de Museveni n’a pas varié : il remet en cause, de façon subtile et par des anecdotes, les frontières héritées de la colonisation. Qu’est-ce à dire ? Nous essayerons de répondre à cette interrogation dans nos prochaines éditions. 
En attendant, un fait mérite d’être souligné : les deux chefs d’Etat ont réaffirmé leur volonté à appliquer le « Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs ». Et pour paraphraser le président tanzanien au vu de la signature de l’ Accord de Ngurdoto, nous dirions ; « tout est bien qui finit bien ». Aussi, comme le président tanzanien l’a dit, il revient aux deux présidents de tout mettre en oeuvre pour la réussite de cet accord afin qu’il soit réellement historique. Ils se seront alors conduits en homme d’Etat, a-t-il conclu. C’est tout dire. 

Communiqué conjoint sur la rencontre de Ngurdoto

Sur invitation de leur Homologue, Son Excellence Monsieur Jakaya Mrisho Kikwete, Président de la République Unie de Tanzanie, leurs Excellences Messieurs Joseph Kabila Kabange, Président de la République Démocratique du Congo et Yoweri Kaguta Museveni, Président de la République de l’Ouganda, ont eu une rencontre au sommet le 7 au 8 septembre 2007, à Ngurdoto, en Tanzanie. 
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations d’amitié et de coopération bilatérale entre les deux Etats. 
Les deux Chefs d’Etat étaient à la tête de deux fortes délégations composées des Ministres et des officiels de leurs pays. Le Président Yoweri Kaguta Museveni dans une atmosphère cordia
le a félicité au nom du Gouvernement et du peuple ougandais, le peuple congolais ainsi que Son Excellence Joseph Kabila Kabange pour l’organisation et la réussite du processus électoral qui a porté à la tête des Institutions des dirigeants issus des urnes. Aussi a-t-il exprimé le soutien et la franche collaboration de son Gouvernement et du peuple ougandais. 
Pour sa part, le Président Joseph Kabila Kabange a remercié le Président Yoweri Kaguta Museveni d’avoir répondu à ce rendez-vous qui augure une nouvelle ère de coopération, de stabilité et de développement durable dans les relations bilatérales entre la République démocratique du Congo et la République de l’Ouganda. 
La rencontre au Sommet entre les deux Présidents était précédée de la réunion ministérielle des deux parties dont l’ouverture a eu lieu le 7 septembre 2007, par Son Excellence Monsieur Bernard Membe, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale de la République Unie de Tanzanie. 
Après la cérémonie d’ouverture par Son Excellence Monsieur Jakaya Mrisho Kikwete, Président de la République Unie de Tanzanie, les deux Chefs d’Etat ont examiné sur les questions d’intérêt commun au plan bilatéral, «(régional et international. Au niveau bilatéral, les Présidents ont renouvelé leur engagement en vue du renforcement des relations de bon voisinage et de la résolution des questions de paix, de sécurité et de développement économique. 
Aussi, réaffirmant leur attachement aux idéaux et principes énoncés dans les Chartes des Nations Unies et de l’Union Africaine ainsi que dans le Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs, les deux parties ont convenu de ce qui suit: 
a) Sur le plan de la Défense et de la Sécurité: 
- la réaffirmation du respect de la souveraineté des Etats et de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation ; 
- la réactivation du mécanisme de vérification conjointe par l’installation effective de l’ensemble des postes prévus à cet effet ; 
- la tenue régulière des réunions de concertation entre les autorités politico-administratives et militaires des entités administratives frontalières des deux pays; 
- la poursuite et le parachèvement du processus de Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réinsertion et Réintégration, DDRRR en sigle, en faveur des forces négatives présentes sur les territoires des deux pays respectifs et l’engagement des deux parties à n’accorder ni asile, ni soutien à toute force ou individu réfractaire au processus; 
- la constitution dans un délai d’un mois, d’une Commission Mixte ad hoc, chargée de la reconstitution de la frontière commune des deux Etats. La Commission Mixte peut faire appel à n’importe quelle personne ou organisme, en cas de besoin; 
- l’éloignement des camps des réfugiés à plus de 150 Km de la frontière et la sensibilisation de ces derniers au retour volontaire dans leur pays d’origine, dans le cadre d’une commission tripartite RDC-Ouganda¬HCR à constituer dans un délai d’un mois; 
- l’engagement au strict respect des termes du Protocole de non agression et de défense mutuelle, signé dans le cadre du Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs. 
b) Sur le Plan Economique: Les deux parties s’engagent à promouvoir la coopération dans les domaines ci-après: 
- la conservation et la protection de l’environnement et des ressources transfrontalières, animales, halieutiques, des forêts et des parcs nationaux;
- l’exploration et l’exploitation communes des champs d’hydrocarbures transfrontaliers. A cet effet, les deux parties se sont accordées sur le principe de la révision de l’Accord de coopération pour l’exploration des hydrocarbures et l’exploitation des gisements communs, signé le 23 juin 1990 et ce, en suivant le pri~ciPe d’unitisation. Pour ce faire, les Ministres des deux pays en charge des Hydrocarbures se rencontreront en déans un mois en vue de finaliser les discussions pour un nouvel accord de coopération ; 
- l’échange et le commerce de l’énergie électrique; 
- la lutte contre la contrebande, la criminalité transfrontalière et la fraude minière; 
- la conclusion des Protocoles d’Accords de coopération économique et technique dans les domaines de la géologie, des mines, métallurgie et énergie. 
e) Sur le Plan Politique et Diplomatique Les deux parties se sont accordées sur: 
- l’importance de la Grande Commission Mixte en tant qu’outil par excellence devant régler de façon durable les questions d’intérêts communs et jeter les bases solides d’une nouvelle coopération mutuellement avantageuse. 
Pour ce faire, les deux parties ont convenu de convoquer en Ouganda, dans la première quinzaine du mois de décembre 2007, la prochaine Session de cette Grande Commission Mixte. 
- la nécessité d’œuvrer pour le renforcement de leurs relations diplomatiques par l’élévation de leur représentation diplomatique au niveau d’Ambassadeur; 
- s’agissant du contentieux entre les deux pays en rapport avec l’arrêt de la Cour Internationale de Justice de La Haye du 19, décembre 2005, les deux parties ont convenu d’instituer une commission mixte ad hoc chargée d’examiner les modalités pratiques de son exécution; Sur les problèmes régionaux, les deux Présidents ont affirmé leur volonté d’appliquer le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs. 
Ils se sont aussi convenus de renforcer et d’assurer l’application des mécanismes de la Tripartite Plus. Son Excellence le Président Joseph KABILA a tenu informé Son Homologue sur la relance des activités de la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL). 
De son côté, Son Excellence le Président YOWERI MUSEVENI l’a informé du développement des activités de la Communauté des Etats de l’Mrique de l’Est ainsi que de l’adhésion du Rwanda et du Burundi au processus de mise sur pied de la Fédération des Etats de l’Afrique de l’Est. 
Enfin, les deux délégations ont remercié le Gouvernement et le peuple tanzanien pour l’accueil chaleureux dont elles ont été l’objet ainsi que de l’hospitalité qui leur a été accordée durant leur séjour.

Fait à Ngurdoto, Tanzanie, le 08 septembre 2007



(...)Le Phare titre « L’occupation militaire de Mahagi : l’Ouganda brandit l’accord de Ngurdoto ».
D’après ce journal, l’armée ougandaise occupe depuis le dimanche 25 août 2013, une partie du territoire de Mahagi, en province Orientale, ainsi qu’à Aru et à Mambasa, dans la même province. Les militaires ougandais soutiendraient qu’ils auraient agi ainsi en vertu de l’Accord de Ngurdoto, signé en 2007 par la Rdc et l’Ouganda, lequel comporterait un volet secret relatif à la cession de quelques localités congolaises aux Ougandais, dans le cadre de l’effort de guerre de 1996-1997, consenti en faveur de l’Afdl, en vue de renverser le régime du maréchal Mobutu. (...)"

° http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=1&newsid=195220&Actualiteit=selected