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lundi 3 mars 2014

Kabila... tel est pris qui croyait prendre?




Kabila... tel est pris qui croyait prendre?
Anicet Mobe


RD Congo : des assassinats impunis au coup d'état d'opérette et à l'imbroglio des concertations nationales... 

Joseph Kabila lors d'un sommet de la SADC à Pretoria, le Novembre 2013.
Reuters/Siphiwe Sibeko

Kabila craint d'être pris à son propre piège! Ainsi s'intitulait l'entretien que j'avais accordé à l'Express (30 nov.2011) lors de l'élection présidentielle en 2011. Trois ans après, Joseph Kabila se retrouve dans la nasse: les Congolais ont déjoué le piège qu'il leur a tendu lors des " concertations nationales". 

D'emblée, les esprits avisés ont flairé dans ces concertations une sordide manoeuvre pour détourner l'attention de noirs desseins du Chef de l'Etat, soucieux de consolider un pouvoir issu d'élections entachées de fraudes massives avérées. Aussi s'est-il évertué à appâter des politiciens retors avec des promesses de promotion politique pour élargir le cercle des courtisans qui soutiennent son projet de se cramponner au pouvoir en violation de la constitution. 

Laminées par la violence sociale qu'engendre la brutalité d'une prédation des ressources économiques dont tire profit la classe dirigeante. Brisées par la violence armée des seigneurs de guerre soutenus par le gouvernement rwandais (M23), des milices (Kulunas) agissant en toute impunité et des soldats de l'armée rwandaise dans laquelle a servi l'actuel chef de l'Etat, les masses populaires se trouvent anéanties. Rappelons qu'en 2009, il a accepté que les soldats ruandais se déploient au Congo. Le président de l'Assemblée nationale démissionna pour protester. L'amnistie accordée aux auteurs d'assassinats politiques scandalise le peuple.  

Outrés par la mollesse de réaction du chef de l'Etat face aux dénégations du président Kagame, en dépit de multiples rapports de l'Onu et à l'arrogance du commandant James Kabarere qui fut son chef hiérarchique dans l'armée rwandaise, les partis d'opposition et de larges secteurs de la société civile ont finalement accepté de participer aux concertations nationales. 

Quoique méfiants et sceptiques, ils étaient déterminés à s'approprier cet événement politique pour en faire un espace citoyen où ils peuvent exprimer leurs revendications, un lieu de réinvention du politique afin de reconstruire l'état. Rien n'y fit : les dés étaient déjà pipés. Joseph Kabila est embourbé dans les marécages de mécomptes de l'AFDL et de ses succédanés dont les effets pervers se trouvent aggravés par les encombrants héritages résultant du régime Mobutu et de la double crise de la colonisation et de la décolonisation.

De l'escroquerie politique de l'AFDL à la forfaiture.... 

La forfaiture que constituent la révision constitutionnelle de janvier 2011 et celle projetée pour contourner le prescrit constitutionnel limitant à deux le nombre de mandat présidentiel, ainsi que le holdup électoral de novembre 2011 n'est pas un simple incident de parcours. Elle illustre piteusement les multiples contradictions qui ont émaillé l'intrusion et l'ascension de Joseph Kabila dans le champ politique - grâce à l'armée rwandaise - et le renforcement de sa position dans l'appareil militaire, ainsi que sur l'échiquier politique. 

Il importe de tenir compte à la fois du contexte historique et politique dans lequel s'inscrivent ces contradictions, ainsi que son équation personnelle: en 2011, sa désignation à la tête de l'Etat - dans des conditions opaques - a ouvert le sinistre bal d' une lamentable régression intellectuelle et politique qui peu à peu transforme certains pays africains en satrapies gérées comme des fiefs claniques par des "seigneurs des guerres".

En 2006, en insistant sur la nationalité, clairement établie, de tout candidat à l'élection présidentielle; les Congolais voulaient briser un engrenage infernal: depuis 1960, les ingérences étrangères ont érigé un dogme selon lequel, nul ne peut accéder aux plus hautes fonctions de l'Etat s'il n'est soutenu - voire "fabriqué" - par les gouvernements belge, américain et français depuis 1977-1978. Appréciées à l'aune de l'histoire du Congo, les tutelles diplomatiques, militaires et politiques qu'exercent le Rwanda et l'Ouganda, avec l'aval américain, sur les "rébellions " depuis 1996-1998, ainsi que sur les composantes politiques qui en sont issues, s'analysent comme une double rupture. 

Rupture avec la clairvoyance politique des personnalités qui ont pensé et dirigé le mouvement d'émancipation politique - intellectuels de Conscience Africaine,de l'Abako ;leaders politiques du Mnc ,de l'Abako et du Psa en1956/1960 - ayant abouti à l'indépendance. Rupture aussi avec les engagements intellectuels du mouvement étudiant- Ugec et l'Agel- (1961-1991) résolument opposé à un régime inféodé aux parrains étrangers. 
Cette régression ne cesse de s'aggraver et de s'amplifier comme l'illustrent d'une part l'indignation suscitée par la révélation en 2012 de la présence des soldats rwandais sur le territoire national alors qu'ils étaient censés être rentrés chez eux depuis décembre 2009. D'autre part le curieux itinéraire électoral qu'emprunte l'abbé Malu-Malu s'inscrit dans une vaste escroquerie politique. 

Avant de débattre du calendrier électoral avec la représentations nationale, il est venu d'abord en Belgique s'assurer du soutien des parrains de Kabila pour les rassurer du sort de leur poulain. Il n'est donc pas étonnant que- fort des assurances des tuteurs - lors des discussions à l'Assemblée nationale chez nous qu'il ait envisagé -en des termes à peine voilés - l'hypothèse d'une révision constitutionnelle.

Par ailleurs, dès 2006, les Congolais voulaient éviter qu'un drame familial personnel ne se transforme en un facteur structurant de la tragédie d'un peuple. Ils n'ont pas oublié les immenses dégâts politiques et le gouffre financier occasionnés par l'esprit de lucre d'innombrables oncles maternels attitrés du Président Mobutu. Chacun d'eux gérait des multiples coteries regroupant des proches parents du Président et leurs alliés, ainsi que quelques personnalités originaires d'autres régions. 

Ces coteries servaient de lieux de cooptation des individus devant intégrer la clique présidentielle et la confrérie régnante, repaires de ceux qui bénéficiaient des dons personnels du Président, notamment les nominations à de hautes fonctions dans les organes du Parti unique et de l'appareil d'Etat. Aussi, il fallait sans cesse augmenter la "dotation présidentielle" pour entretenir ces écuries en compensation de l'adoption que le clan Ngbandi accorda à l'ancrage familial du Président. 

A la fin des années 1990, sur trente-sept officiers supérieurs de l'armée, la région de l'Equateur en comptait dix-huit, soit 46% ; tous les services de renseignements (civils et militaires) étaient dirigés par les Ngbandis ou, à défaut par un ressortissant de l'Equateur. Ces favoritismes ethniques n'ont guère accru l'efficacité de nos soldats comme le prouve la déroute devant l'armée rwandaise en 1996-1997. 

Le clan des Balubakat fait payer aux Congolais le prix le plus fort de la "reconnaissance parentale" accordée au Chef de l'Etat. Ils ont exigé et obtenu quasiment tous les ministères régaliens du gouvernement. Craignant d'être évincés par le "clan des Tutsis" - puissamment soutenus par le Rwanda - les Balubakat intensifient les surenchères, qui parasitent le jeu institutionnel. Le devenir du Congo et le sort des Congolais sont sacrifiés sur l'autel de sinistres desseins de véreux personnages. 

Ainsi le piège grossier qu'il tendait aux Congolais se retourne sur Kabila lui-même, soumis à la fois aux revendications de "ses parents" et aux exigences de ceux dont les soutiens militaires lui ont ouvert les voies du champ politique en 1996-1997; sans oublier les pressions de tuteurs qui l'ont adoubé en 2001, 2006 et 2011 et qui ne cessent de relayer les appétits insatiables des intérêts économiques qui pillent les ressources du Congo avec la complicité de la nomenklatura regroupée au tour de lui. 

Qu'il soit rappelé au Chef de l'Etat que tous ceux qui ont méprisé le peuple congolais en privatisant la gestion des ressources publiques à leur profit, à celui de leurs clientèles et de leurs tuteurs étrangers ont connu une fin lamentable. 

En 1908, le Roi Léopold II est contraint de "céder" le Congo à la Belgique, en dépit de nombreuses obstructions. Le 8 juillet 1960,le général Janssens, dernier commandant en chef de la Force Publique(" après l'indépendance = avant l'indépendance ") et le 16 mai 1997,le Maréchal Mobutu(" je ne dois rien aux Zaïrois,ils me doivent tout ") quittent furtivement Kinshasa, comme de quelconques quidams cherchant à échapper à une interpellation policière pour se soustraire à la justice. Ce piteux épilogue contraste avec les éblouissants fastes qu'ils déployaient du temps de leur splendeur. 

De nombreux signes annonciateurs indiquent que le Congo va bientôt revivre un scénario similaire. Plus tôt, il se produira, mieux ça vaudra. Pris dans son propre piège, paralysé par les impérities de son pouvoir et la concussion des prévaricateurs de sa cour, Joseph Kabila multiplie les chausse-trappes contre les Congolais comme cet engagement des partis politiques sous la houlette du président de la commission électorale. Le Président ne s'est pas publiquement engagé à respecter le prescrit constitutionnel qui lui interdit de briguer un 3° mandat. 

Les thuriféraires du pouvoir annoncent la formation imminente du gouvernement au moment où le paysage politique se recompose sous la férule d'anciens barons mobutistes. Un " deal " semble être conclu avec eux pour utiliser leurs réseaux nationaux et internationaux afin que le président brigue un 3° mandat sans l'emprise du clan " Lubakat " en s'appuyant sur l'opposition " républicaine " qui a parasité l'opposition radicale.

Peuple congolais...débout ! 

Le tableau dépeint ci -haut paraît si sombre qu'on serait tenté de croire que tout serait irrémédiablement perdu. Les apparences sont si trompeuses qu'elles n'offrent qu'une vision tronquée d'atouts dont peuvent disposer les Congolais. 
Ce pays reste un gisement inépuisable de richesses humaines; des ressources culturelles et économiques, des compétences scientifiques et d'excellences intellectuelles. L'intense mobilisation politique des diasporas congolaises, la créativité sociale des masses congolaises et la probité intellectuelle de nombreux universitaires sourds aux sirènes du pouvoir suggèrent que l'immense majorité des Congolais refusent que leur pays soit pris en otage par des analphabètes politiques tirant leur légitimité des appuis extérieurs. Expression d'un patriotisme éprouvé, ce refus ouvre des perspectives d'espoir qu'il appartient aux diasporas de concrétiser.

Il faut se féliciter que les diasporas congolaises aient pris conscience des enjeux ;de l'ampleur, du caractère récurrent et multiforme des interventions politiques, militaires étrangères - qu'elles soient publiques ou secrètes - et leur impact sur le sort du pays. Il faut aussi se réjouir que les Congolais - surtout les jeunes - aient compris et l'expriment parfois avec véhémence que la confiscation de l'expression électorale participe d'une stratégie bien rodée pour sans cesse recycler l'odieux Pacte néocolonial noué en 1960-1961 reposant sur l'assassinat du Premier Ministre Lumumba. Cette lucidité politique met en évidence l'échec des stratégies occidentales et elle commence à inquiéter leurs chancelleries et les "faiseurs de rois" ainsi que leurs séides au Congo.

Coup sur coup, les diasporas congolaises ont réussi à obtenir une audience avec le Président de la République française pour lui demander que la France use de son influence diplomatique afin que l'ONU crée un tribunal international pour juger les auteurs de crimes contre l'humanité commis au Congo; à rencontrer l'envoyé spécial de l'UE dans la région des Grands Lacs et à faire annuler le concert d'un artiste transformé en griot du pouvoir. Il importe d'amplifier et de rationaliser cette mobilisation politique pour mieux orienter l'indispensable travail de "lobbying" afin que les Congolais soient partie- prenante du ballet diplomatique déployé autour de la tragédie qui décime leur pays. 

Il faut se donner les moyens de se ménager un espace d'action dans les réseaux d'influence qui pèsent sur les décisions prises de l'étranger concernant notre pays. C'est aussi le moment de lancer une vaste opération "100 dollars pour le Congo" afin qu'à court terme, les citoyens congolais s'approprient le processus électoral en finançant les opérations de recensement obligatoire; l'achat du matériel ; les campagnes d'information et d'éducation civique pour faire respecter la constitution afin que le choix électoral s'accomplisse avec discernement. 

A moyen terme, il faut songer à constituer des fonds d'investissement pour que les Congolais soustraient les importants secteurs de l'économie de la prédation et des convoitises étrangères. Les flux financiers entre les diasporas et le pays se déclinent sur le mode micro-économique des solidarités familiales. Ils peuvent se décliner aussi sur un mode macro-économique.

Peuple congolais, Debout! Tel est l'intitulé de l'éditorial de Conscience Africaine (n° nov-déc. 1956) revue éditée par un collectif des intellectuels du groupe éponyme que fonda en 1951, l'abbé Joseph Malula. L'éditorial faisait le point sur les réactions qu'avait suscitées la publication de leur Manifeste le 30 juin 1956.

58 ans après, l'éditorial reste de brûlante actualité: dans un autre contexte historique, il reste à déterminer les fondements d'une nouvelle alliance de classe entre le peuple congolais et une fraction de son intelligentsia qui se défait d'une conception cléricale de l'université et mandarinale du rôle des intellectuels pour réinventer le politique afin qu'il prenne en charge les revendications des milieux populaires. 

Anicet MOBE 
Chercheur en Sciences Sociales 
Membre du Collectif des intellectuels congolais "DEFIS" - Paris 



° http://www.lexpress.fr/actualite/kabila-tel-est-pris-qui-croyait-prendre_1494911.html

Pas de troisième mandat possible pour Kabila







Pas de troisième mandat possible pour Kabila
(ACP 27/02/2014)




Le président congolais Joseph Kabila ne modifiera pas l'article de la Constitution qui lui interdit de briguer un troisième mandat lors de la présidentielle prévue en 2016, a assuré son ministre de l'Intérieur, Richard Muyej, cité mercredi par la presse kinoise.
"Le président de la République (...) ne modifiera pas les termes de l'article 220 de la Constitution, pas plus qu'il ne se mêlera de la fixation du calendrier électoral, matière dont la responsabilité incombe pleinement à la Commission électorale nationale indépendante" (Céni)', a-t-il déclaré mardi lors d'une conférence de presse à Kinshasa.
M. Muyej a ajouté que le président Kabila procéderait à la "remise-reprise" (des responsabilités) avec son successeur "dans le cadre fixé par la Constitution" de la République démocratique du Congo (RDC).
Celle-ci stipule que le chef de l'Etat congolais - élu une première fois en 2006 et réélu en 2011 lors de scrutins présidentiel et législatifs contestés, après une modification de la Constitution résumant l'élection à un seul tour - ne peut assumer que deux mandats consécutifs. Son second quinquennat expire donc en principe le 20 décembre 2016, cinq ans après sa prestation de serment.
"Il lui reste (à M. Kabila) à poser le dernier acte de la consolidation de la démocratie, à savoir procéder à la passation du témoin et des emblèmes au digne successeur qui sera élu, conformément à la Constitution et au calendrier qu'aura fixé la Céni", a ajouté M. Muyej cité par l'agence congolaise de presse
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° http://fr.africatime.com/republique_democratique_du_congo/articles/pas-de-troisieme-mandat-possible-pour-kabila

Kabila est un stratégiste et il faut le comprendre






Kabila est un stratégiste et il faut le comprendre
Patou Dilondi
Cette analyse est une réaction à l’article : « Le Rwanda plus fort que jamais en RDC malgré la déroute du M23 » : http://desc-wondo.org/strategie-le-rwanda-plus-fort-que-jamais-en-rdc-malgre-la-deroute-du-m23-jj-wondo/
On reconnait sur cette photo Bisengimana, James Kabarebe et Laurent Nkunda


*Acte 1 :‘’Keep your friends close and your enemies closer –  garder ses amis proches de soi et ses ennemis beaucoup plus près ’’
Une telle pensée ne m’étonnerait pas que cela ne fasse pas partie des modules Kabila qui ont été eduqués, formés dans des environnements  multiculturels: à voir leur Operating system, leurs applications. Eux seuls connaissent profondément qui sont leurs amis et  ennemis. Avec la mondialisation, une tendance se dessine de plus en plus dans le secteur public et le secteur privé, c’est le besoin de ces hommes et femmes qui ont un background multiculturel. 
*Acte 2 :‘’Le Rwanda plus fort que jamais en RD Congo malgré la déroute du M23’’ 
La ‘’force’’ du Rwanda ne date pas depuis l’avènement au pouvoir de tutsis suite au génocide en 1994 ni l’avènement au pouvoir de l’AFDL en RDC sous Laurent Désiré Kabila ni même avec l’avènement au pouvoir de Joseph Kabila, mais elle s’est formée a travers le temps surtout du temps de leur exil à l’étranger dans les pays voisins dont le Zaïre qui fut le plus riche.
Ironiquement c’est le Zaire qui a rendu le Rwanda (surtout les tutsi)  plus fort en les avoir accueillis, nourris, formés dans ses institutions d’enseignement  primaire, secondaire, universitaire et supérieur et offert des opportunités de travailler. Plusieurs recherches ont été menées et renseignent que pour faire du Japon une puissance mondiale, les japonais avaient été envoyés en Occident pour apprendre. Les tutsis ont mis à profit leurs années d’exil a l’étranger notamment au Zaïre pour apprendre. Si les congolais arrivent aussi à mettre à profit leurs années à l’étranger et de retour en RDC, la RDC pourrait regagner ou devenir une grande puissance au monde.
Malheureusement pour le Rwanda, sa force de sa connaissance multiculturelle surtout de la RDC ne durera que durant la vie de cette génération au pouvoir car la formation de la prochaine génération de ses ressortissants sensée succéder l’actuelle génération ne se fera pas du tout aussi facile et en masse comme cela fut le cas durant la 2 e république ou se fera moins dans les établissements publics d’enseignement  de la RDC.
Les puissances émergentes actuelles africaines comme l’Afrique du sud, le Nigeria, l’Angola et voire même la Tanzanie ne forment pas beaucoup la prochaine génération de rwandais et ce n’est qu’en Occident qu’on peut trouver  les prochaines générations de l’élite rwandaise jouir encore de ces opportunités  d’acquérir de nouvelles forces et des capacités intellectuelles.
*Acte 3 :’’Charles Bisengimana à la tête de la Police nationale congolaise (PNC)’’
Comme je l’ai relevé au début, avec la mondialisation une tendance se dessine de plus en plus dans notre société : que ce soit dans le secteur public et le secteur prive, le besoin de ces hommes et femmes qui ont un background multiculturel est pressant. L’actuel numéro un de la PNC Charles Bisengimana a une bonne connaissance de la RDC, du Rwanda, du Burundi, de l’Ouganda, du Kenya  et c’est un atout à exploiter par la RDC. Il serait bien d’apprendre à  mieux le connaitre  ,engager un dialogue positif et constructif et lui poser directement les questions sur son attachement à la RDC et son engagement pour assurer le bien être de la RDC sur fond de peur.
*Acte 4 : ‘’Qui des FARDC et du M23 a contraint l’autre à sa volonté ?
Peut-on affirmer, sur base des différents documents signés à Nairobi et de la pression faite par Kabila pour le vote de la loi d’amnistie en faveur du M23 que le M23 est complètement mis hors combat de manière durable ? Que ses forces sont détruites complètement ? Ou enfin le M23 n’a engrangé aucun dividende militaire, politique, économique du fait de sa défaite militaire ?’’
Ma réponse à cette question de la DESC est : il faut compléter l’analyse de la DESC avec une analyse de la progression de la situation militaire, politique, économique au Rwanda. Les effets de la perte de  contrôle par le M23 d’accéder aux importantes ressources minières au Kivu vont graduellement se montrer en termes de baisse de recettes du Rwanda : les rapports financiers crédibles le révéleront.
*Acte 5: ‘’Two can play that game’’…‘’Three can play that game‘’
Les congolais ont intérêt à acquérir une profonde connaissance sur leurs voisins notamment le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, l’Angola, le Soudan du Sud etc…qui ont appris jadis à mieux le connaitre. Les ressortissants de ces pays ont eux bien mis à profit leurs années au Zaïre et récoltent le fruit de retour dans leurs pays respectifs.Selon mes recherches,un grand nombre de dirigeants et hauts cadres dans ces pays ont au moins vécu personnellement ou ont au moins des membres de famille qui ont vécu au Congo Belge- Zaïre – RDC. 
Patou Dilondi













Présidentielle 2016 : Kabila non partant

La Référence - C’est officiel, la RTNC s’est prononcée sur le mandat présidentiel; Présidentielle 2016 : Kabila non partant


A l’occasion du 8ème anniversaire de la promulgation de la Constitution de la IIIème République, le 18 février 2014, la RTNC (Radiotélévision Nationale Congolaise) a consacré un éditorial spécial à la question qui préoccupe actuellement l’opinion nationale quant à l’opportunité ou non d’une nouvelle révision de la Constitution (après celle qui avait supprimé le deuxième tour du scrutin présidentiel). 
Pour la RTNC, l’article 220 de la Constitution demeure “intangible” et sa révision constituerait une violation pure et simple de cette Loi fondamentale de la RD Congo. En effet, cet article interdit notamment la promulgation du mandat présidentiel qui est de 5 ans renouvelable une seule fois (art. 70).” La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire d’aucune révision constitutionnelle », stipule l’art. 220 alinéa 1.
 
Ainsi donc, à l’occasion de ce 8ème anniversaire, la “ Radiotélévision du Peuple “ a décidé de sortir de sa réserve pour joindre sa voix à celles de tous les Congolais et toutes les Congolaises qui tiennent mordicus au respect strict de la Constitution, spécialement en matière de mandat présidentiel.
 
De manière claire, l’organe officiel de radiotélévision nationale est d’avis que le Président Joseph Kabila ne peut plus se présenter à l’élection présidentielle de novembre 2016.
 
Après avoir suivi cet éditorial (lu par un certain Kuku Mambenga Panzi) le mercredi 18 février, mes amis et moi avons décidé d’adresser nos chaleureuses félicitations ainsi que nos encouragements à la RTNC et à ses dirigeants par le canal du Journal La Référence Plus où la liberté d’écrire n’est plus à démontrer.
 
Il est quand même étonnant que cet éditorial “ historique “ pour la RTNC soit passé inaperçu tant dans la presse nationale qu’international. C’est la première fois en effet que cet organe d’information - qui se surnomme « Grand Tam-Tam d’Afrique » ose user de sa liberté d’expression depuis le début du processus démocratique en cours dans notre pays.
 
Toutefois, malgré cette prise de position courageuse et admirable, beaucoup reste encore à changer à la RTNC en tant que média audiovisuel de service public.
 
Comme à l’époque du Parti Unique, la radiotélévision nationale est sous contrôle du gouvernement. La ligne éditoriale dépend du gouvernement. Les membres du comité de gestion sont des militants du PPRD ou issus de partis membres dé la Majorité Présidentielle. Ce sont de simples figurants, des éternels intérimaires. Ils sont nommés à titre” intérimaire “afin de mieux les contrôler.
 
En vérité, la RTNC - quoiqu’on dise est loin d’être “ l’Eglise au milieu du village “. Au contraire, les gouvernants ont tendance à s’en servir comme un instrument d division et de règlement des comptes politiques, à considérer ce patrimoine comme une ”propriété privée“ de la famille politique du chef de l’Etat.
 
A notre avis, le Instituts de la République doivent garantir l’indépendance éditoriale de l’audiovisuel public, lequel doit jouer son rôle de cohésion et de vecteur de l’identité du pays et, par conséquent, donner une place importante à l’expression de toutes les opinions.
 
Malheureusement, les changements tant souhaités à la RTNC ne seront pas possibles avec l’actuel ministre de l’Information qui a beaucoup de chances d’être reconduit à ce poste où il trône depuis bientôt huit ans. L’homme n’a jamais caché son mépris envers les journalistes et pour la liberté de la presse.
 
Alain IGULU
Correspondance Particulière

Le Rwanda plus fort que jamais en RD Congo malgré la déroute du M23

Le Rwanda plus fort que jamais en RD Congo malgré la déroute du M23


La déroute du M23 n’a pas anéanti la mainmise du Rwanda sur le Congo


Défilé triomphal du M23 au stade de Goma, Nov 2012.
Le Rwanda demeure toujours plus fort au cœur dispositif sécuritaire congolais malgré la déroute militaire du M23. Depuis la débâcle du M23, une pure création rwandaise, l’on croyait que l’influence rwandaise en RDC allait s’affaiblir, que nenni. Par ses différentes prises de position de ces derniers temps, la dernière en date concerne la nomination du général Tutsi Charles Bisengimana à la tête de la Police nationale congolaise (PNC), le président Kabila renforce l’influence rwandaise au Congo. Il s’agit là d’un jeu subtil qui consiste à offrir au Rwanda, via le maillage du dispositif sécuritaire congolais par des agents pro-rwandais, des compensations de l’espace militaire perdu à l’est après la débandade du M23; cela en prévision d’un retour en force du Rwanda au Congo par la suite.
Depuis vingt ans, la « question rwandaise » reste au cœur de l’instabilité en RDC. La raison avancée par Kigali pour justifier le déploiement de ses troupes au Congo, de 1996 à 2013, est le risque d’un nouveau génocide que ferait courir au Rwanda la présence au Congo, de FDLR[size=13][1][/size]..
Acte 1 : Kabila ressuscite le M23 vaincu militairement

Alors qu’après la défaite du M23, les délégués du gouvernement refusaient toute mesure d‘amnistie à l’égard es mutins du M23 allant jusqu’à faire échouer les négociations de Kampala, position également tenue par le Général d’armée François Olenga, le chef de l’armée de terre, voilà dans une sortie diplomatique solitaire, sans consulter ni son gouvernement encore moins le Parlement, Kabila  accepta de signer un document permettant au M23 de renaître de ses cendres politiquement. Là ou l’on attendait à sa reddition, résultat logique d’une défaite militaire, c’est un acte d‘engagement reconnaissant au M23 les mêmes prérogatives reconnues en Mars 2009 au CNDP. Désormais, l’espace politique congolais se verra renforcé de la présence de trois partis, majoritairement à base monoethnique Tutsi que sont le RCD d‘Azarias Ruberwa, le CNDP des transfuges du RCD qui ont refusé d‘évoluer dans une formation politique en reprenant les armes contre le Congo, leur soi-disant pays, et le M23, la rébellion issue du CNDP. Le M23, à son tour, est composé des combattants du CNDP qui se sont sentis frustrés des traitements subis par leur allié politique et électoral en 2011 au sein de la majorité présidentielle et ont pris des armes pour revendiquer leur butin électoral à la suite de la campagne électorale abattu pour Kabila.

Acte 2 : Kabila resserre son dispositif sécuritaire en promouvant particulièrement les Tutsi

Après une tentative avortée d’élévation du Général Bisengimana au grade de Lieutenant-général alors qu’il était général de brigade, la vigilance notamment du DESC ayant permis de constater ce saut illégal de grade sans passer par le grade de général-major, Kabila et son entourage ont dû faire marche en arrière, arguant qu’il s’agissait d‘une erreur technique. Assez bizarre non ! Une erreur qui ne concerne uniquement que le Général Tutsi Bisengimana qui savait qu’en étant élevé au grade de lieutenant-général (3 étoiles), il devenait ex-officio et de jure le numéro un de la PNC. D’autant que même s’il arrivait à ce que le général Numbi soit réintégré par la suite, il serait d‘un grade inférieur (général-major : 2 étoiles) à Bisengimana et perdrait naturellement sa place à la tête de la police nationale congolaise. Finalement, le stratagème a échoué grâce à la vigilance entre autres de DESC qui a mis la puce à l’oreille aux rêveurs Katangais. Mais ce n’était que question de temps.
En nommant Bisengimana à la tête de la PNC, cela conforte la thèse de la mainmise du Rwanda qui veut montrer qu’il tient encore Kabila dans sa main et veut continuer à narguer les ‘Con-golais’. En d’autres mots, le profil bas adopté par Kabila, d’accepter de laisser faire la guerre contre le M23 - car pressé de toutes parts à la suite de la chute de Goma et n’ayant pas le choix face à la pression populaire qui le considérait comme un agent rwandais placé à la tête de la RDC[size=13][2][/size], dans un contexte de son impopularité due à son déficit de légitimité – est actuellement compensé par l’accroissement du nombre d’officiers et de cadres politiques Tutsi (pro-rwandais) dans le pré-carré sécuritaire et politique de Kabila pour quadriller le Congo.

Acte 3 : Kabila-Kagame, je te tiens tu me tiens par la barbichette…


Joseph-Kabila-Paul-Kagame

En effet, malgré les difficultés rencontrées par Kabila d’exécuter à la lettre la politique qui lui est dictée par ses parrains régionaux (Kagame et Museveni) suite à l’éveil patriotique des congolais, Kigali voit en « raïs » congolais un mal nécessaire. L’un ne peut plus se passer de l’autre de peur que la chute de l’un risque d’entrainer celle de l’autre. C’est ce qu’avance l’analyste Boniface Musavuli :
« …Joseph Kabila cherche toujours un stratagème pouvant lui permettre de se maintenir au pouvoir après 2016. Même s’il parvenait à faire modifier la Constitution, ses chances de réélection sont plutôt minces, si le scrutin se déroule dans la transparence.

Mais il peut compter sur les fraudes, la violence armée et des appuis inconditionnels. Au Congo, il n’a pas plus fidèles soutien que les membres du M23, aussi étrange que cela puisse paraître. Ce sont de vieilles connaissances. C’est au milieu de ces combattants rwandais que Kabila est arrivé au Congo en 1996 en tant qu’officier de l’armée rwandaise. Ils ont tout à perdre en cas de départ de Kabila. C’est avec eux (le CNDP de Bosco Ntaganda) qu’il a réprimé les opposants qui contestaient les résultats de 2011 et qu’il a réussi à orchestrer des fraudes massives notamment dans le Kivu. Ils ont même formé une même majorité présidentielle avec le PPRD (parti au pouvoir).
En 2016, il n’y aura pas de gens aussi désespérés que les membres du M23 pour lutter « jusqu’à la mort » pour le maintien de Kabila au pouvoir. Museveni et Kagamé, de leur côté, savent qu’il faut tout faire pour assurer le maintien de Kabila au pouvoir en 2016, seul moyen de perpétuer leur mainmise sur le Congo. Si les Congolais se débarrassent de Kabila, il y a peu de chance que son successeur se soumette au dictat de Kampala et Kigali. » (http://desc-wondo.org/rd-congo-nairobi-en-chiens-de-faience/)

Acte 4 : Le M23 n’a pas perdu la guerre car Nairobi permet son redressement politique et lui octroie d’excellentes conditions de cessation des hostilités 

Suite à la déroute du M23 et sa perte (provisoire) de la zone sous son contrôle à l’est de la RDC, Kabila vient, au travers du document signé à Nairobi, remettre le M23 sur la sellette politique. Les engagements pris à Nairobi vont permettre au M23, défait militairement, d’engranger des succès politiques et fonciers par la voie diplomatique là où la guerre a fait croire aux Con-golais que le M23 a perdu du terrain. Mieux encore, les Tutsi se voient renforcés dans leurs postes à l’intérieur de la RDC en occupant les postes le plus stratégiques des institutions politiques et sécuritaires du Congo. N’est ce pas nous écrivions, à propos d’une vraie victoire militaire que « Dans une guerre, on ne peut désigner le vainqueur qu’en considérant les fins, positives ou négatives, de la guerre ou de la campagne militaire. La méconnaissance de cette règle peut mener à des succès militaires sur le plan tactique mais qui peuvent être en même temps des échecs stratégiques. La défaite de l’un des camps en présence est consommée lorsqu’il ne peut plus raisonnablement espérer de la continuation de la lutte un redressement politico-militaire qui lui permettrait d’obtenir de meilleures conditions de cessation des hostilités. » (http://desc-wondo.org/de-la-debacle-des-fardc-a-la-defaite-du-m23-radioscopie-dune-guerre-brouillee-jj-wondo/)
Les stratégistes se focalisent moins sur l’éclat des batailles que sur leurs suites et impacts (politiques, diplomatiques, sociaux, économiques…) à long terme. D’autant qu’en stratégie, l’option militaire, quoique déterminante, ne suffit pas à elle seule pour déterminer la réalisation finale des objectifs poursuivis dans une guerre. Celle de prolonger la politique par d’autres moyens en contraignant l’adversaire à la soumission. L’épreuve de vérité n’est pas une bataille gagnée, aussi brillante soit-elle, mais la mise hors combat durable de l’ennemi, soit par la destruction de ses forces, soit par la maîtrise d’un espace de sécurité politiquement, économiquement et militairement suffisant. Ou encore par les dividendes diplomatiques de la défaite militaire engendrés à la suite d’une bataille militaire. http://desc-wondo.org/victoire-militaire-tactique-mais-echec-strategique-le-cas-du-m23-et-du-rwanda/

Selon le Général et théoricien prussien Carl von Clausewitz, la guerre reste un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté ; son dessein immédiat est d’abattre l’adversaire afin de le rendre incapable de toute résistance, voire de toute manœuvre politique ou diplomatique ultérieure. Dans sa conception politique de la guerre, Clausewitz avance que tant que je n’ai pas complètement abattu ou annihilé la capacité de nuisance de l’adversaire, je peux craindre qu’il m’abatte à tout moment. Je ne reste pas encore complètement mon propre maître, car il peut encore me dicter sa loi comme je lui dicte la mienne. » C’est cette réalité qui s’est passée à Nairobi où le M23 est parvenu à dicter à la RDC ses conditions, notamment en ce qui concerne:

(i) Amnistie pour les membres du M23 uniquement pour faits de guerre et d’insurrection ;
(iii) Libération des membres du M 23 détenus par le Gouvernement de la RDC pour faits de guerre et d’insurrection;
(vii) Création d’une commission chargée de la question des biens spoliés, extorqués, volés, pillés et détruits, terres comprises ;
(viii) Réconciliation nationale et justice ; (Ndlr: et pourtant cela a été l’objet des concertations et qu’on continue à traquer les opposants non armés qui refusent toute compromission avec Kabila mais pas les multirécidivistes u M23 qui endeuillent la RDC depuis l’AFDL);
(ix) Réformes sociales, sécuritaires et économiques ; (Ndlr: Les concertations de Kabila ont proposé cela; pourquoi y réserver un cadre spécifique pour le M23?)
(x) Mise en œuvre des conclusions de la réévaluation de la mise en œuvre de l’Accord du 23 Mars 2009 (Qu’est ce que le M23 n’a pas obtenu comme gratifications au sein de l’armée? Tous les officiers fabriqués ou soutenus par le Rwanda sont devenus les chefs en RDC: Ntaganda, Makenga, Kasereka, Obedi Rwabasirwa, Bisengimana… Pourquoi réserver un régime de faveur à une rébellion qui ne cesse d’endeuiller la RDC?)
(xi) Mécanisme de mise en œuvre, suivi et évaluation pour les positions arrêtées. (Comment va évoluer ce dispositif aux côtés du comité de suivi pour la mise en œuvre des résolutions des Concertations? N’est-ce pas là ajouter une couche 
supplémentaire de lasagne dans un contexte institutionnel anachronique déjà complexe?) 

Acte 5 : Jeu de relais entre le Rwanda et l’Ouganda

Paul Kagame arrrivant au terme de son mandat présidentiel constitutionnel en 2017 et à la veille de la célébration des festivités marquant le 20ème anniversaire du génocide rwandais met les bouchées doubles pour se rendre fréquentable et utile aux grandes puissances, après avoir essuyé un faisceau de critiques diplomatiques pour son rôle néfaste dans la persistance de l’insécurié à l’est de la RDC. Ainsi, Kagame trouve en Museveni un exutoire pour détourner l’attention de l’opinion internationale sur sa personne en laissant à Mugabe le soin de traiter par procuration le cas M23. L’Ouganda est devenu momentanément la zone de refuge des rebelles Tutsi rwandais alors que depuis Mutebusi, Nkunda, Runiga et Ntaganda, tous les chefs rebelles et leurs troupes ont toujours trouvé refuges dans leur patrie d’origine, le Rwanda. Kagame veut à tout prix profiter des festivités prévues dans le cadre de la commémoration du génocide rwandais pour faire un come-back retentissant sur le plan international.

Ce ne sont pas les stratagèmes manquent au despote des Mille Collines. Depuis, c’est par la voie de son armée que le Rwanda répond à ses détracteurs. Une armée déjà présente en Somalie qui va également se déployer en RCA en appui aux troupes françaises. Il s’agit ici du développement d’une nouvelle pratique de séduction de la communauté internationale par l’envoi de troupes permettant pays pourvoyeurs de troupes, dont souvent les autorités font l’objet de critiques sur le plan international, de consolider leurs positions diplomatiques. Le Rwanda, en tant que grand fournisseur de troupes pour la mission de l’ONU au Darfour (AMIS), s’était, par ce biais, assuré le silence des pays occidentaux sur certains aspects contestables de sa politique intérieure et régionale. (Roland Marchal in Puissances d’hier et de demain. État du monde 2014). Un calcul qui se révélait exact : la communauté internationale, particulièrement les États-Unis et la Grande Bretagne, se montra à plus d’une fois bienveillante à l’égard de Kagame, malgré ses nombreuses atteintes aux droits et libertés, et à la démocratie au Rwanda et son rôle néfaste dans la persistance de l’insécurité à l’est de la RDC alors que plusieurs rapports d’experts de l’ONU ont pointé cette évidence. 

D’abord, Kagame va faire preuve qu’il ne soutient pas le M23 afin de voir les sanctions prises en l’encontre du Rwanda être levées (Cf la déclaration de Russ Feingold ou lire : http://desc-wondo.org/etats-unis-grands-lacs-largent-au-rwanda-contre-la-paix-en-rdc-jean-jacques-wondo/). C’est ce qui explique en partie la retenue observée par le Rwanda lors de dernières batailles qui ont précédé la fuite du M23 vers l’Ouganda (pour prendre son relais) alors que d’habitude, tous les rebelles créés par le Rwanda fuient vers le Rwanda : Mutebusi, Nkunda, Ntaganda, Runiga et 800 hommes…
Ensuite, Kagame va demander secours auprès de Museveni pour reprendre momentanément le relai diplomatique et militaire en attendant les beaux jours. Et Museveni va imposer à Kabila de signer un document de paix incongru alors que son contenu a été rejeté par les négociateurs congolais et même le général Olenga. De plus, Museveni en recueillant les fuyards du M23, gonflés à 1600 hommes, va organiser à partir de l’Ouganda le retour du M23 dans le territoire de Beni  (http://radiookapi.net/actualite/2014/01/15/la-monusco-appelle-les-pays-voisins-la-rdc-respecter-laccord-daddis-abeba/).

Enfin, Kigali décide de l’envoi des 800 soldats rwandais en Centrafrique dans le cadre de la Mission internationale de soutien à ce pays (MISCA). Une stratégie visant à attirer la sympathie de la communauté internationale, les États-Unis en premier lieu.

Acte 6 : Neutralisation de ceux qui empêchent l’establishment pro-rwandais d’agir en RDC

Le premier indice est l’assassinat du Colonel Maladou Ndala par des éléments du CNDP (ex-rébellion créée par le Rwanda) intégrés au sein des FARDC. Le deuxième indice est la neutralisation de John Numbi au profit du Tutsi Munyamulenge pro-rwandais Charles Bisengimana. Pourtant, Bisengimana, réputé travailleur et loyal au chef de l’Etat, est très contesté au sein des FARDC lorsqu’il avait rejoint la rébellion pro rwandaise du RCD-Goma en 1998 et d’aucuns le rendent responsable de l’exécution, sur l’aéroport de Kavumu près de Bukavu, d’une trentaine d’officiers congolais, anciens mobutistes ou loyaux au président Laurent Désiré Kabila et d’un massacre de civils à Mugunga (Le Soir, 01/01/2014).

Le Katangais John Numbi qui entretenait  autrefois d’excellentes relations avec James Kabarebe et qui était considéré par les officiels rwandais comme étant « un bon berger pour Kabila« , est actuellement en disgrâce suite à son écartement du commandement de la PNC.  Pour rappel, c’est Numbi, alors Inspecteur général de la PNC, qui fut chargé par le président Kabila d’entreprendre, en janvier 2007 à Kigali, les négociations secrètes avec le chef rebelle Laurent Nkunda et les officiels rwandais. Des négociations qui ont abouti en janvier 2009 à l’opération Umoja wetu, menée conjointement entre l’armée rwandaise et les FARDC dans le Nord-Kivu et à la signature de l’accord du 23 mars entre le Gouvernement et le CNDP. Depuis, c’est le grand divorce entre Numbi et le Rwanda puis Numbi et Kabila.
Les Katangais qui perdent peu à peu du terrain dans la guerre des clans qui se livre autour de Kabila, notamment contre les Tutsi et leurs alliés par ascendance ou alliance qui occupent des postes  stratégiques de sécurité en RDC. Un affront pour le Katanga dont certaines circonscriptions avaient voté à plus de 100% pour leur « Mutoto » (fils) en 2011 selon les chiffres du pasteur Mulunda, lui aussi exit. Une neutralisation progressive des Katangais qui se poursuit à la suite des disparitions de Samba Kaputo et Katumba Mwanke qui restent encore à élucider. Qui oublie qu’en décembre 2000, alors que John Numbi doit assurer avec Joseph Kabila la défense de la localité de Pweto, au Katanga, celle-ci tombe entre les mains des Rwandais. Ce qui mit LD Kabila dans tous ses états et à la suite d’une violente dispute avec Joseph Kabila, il les envoya au Zimbabwe y apprendre l’art de commandement militaire. Curieusement, Joseph Kabila se retrouva à Pretoria quelques jours avant l’assassinat de LD Kabila, selon C. Braeckman dans « Les Nouveaux prédateurs« . Nous y reviendrons en détails dans une prochaine analyse.


Déjà auparavant, lorsque l’intégration rapide du CNDP au sein des FARDC fut réalisée après l’accord du 23 mars 2009, Bosco Ntaganda, ancien adjoint de Nkunda au sein du CNDP, a été promu général et est devenu commandant adjoint des opérations militaires dans l’est du pays, et même commandant intérimaire après l’accident d’avion dont a été victime, en juillet 2011, le titulaire du poste, le général Dieudonné Amuli. Cet accord du 23 mars 2009 est consécutif aux nombreuses rencontres entre le Président congolais et son homologue rwandais, Paul Kagame, sont organisées, donnant notamment lieu au « Communiqué de Nairobi » de novembre 2007. Parallèlement, un dialogue entre autorités, acteurs civils et 22 groupes armés des deux Kivu aboutit, le 23 janvier 2008, à l’Acte d’engagement de Goma. (Berghezan Georges, 2013 : http://desc-wondo.org/forces-armees-de-rdc-le-chaos-institutionnalise-georges-berghezan-grip/).
Il y a lieu de noter que les généraux Lucien Bahuma Ambamba et Dieudonné Amuli, qui ont été déterminants, avec le colonel Ndala et le général Olenga, dans la défaite du M23, ont été placés au commandement des opérations contre les ADF-Nalu. Ils seront curieusement secondés par le général Mohindos Akili dit Moundos, commandant du secteur opérationnel à Beni du 32ème bataillon de la GR, qui est soupçonné par le capitaine Banza, l’aide du camp de colonel Ndala, comme étant le responsable de l’assassinat de Ndala. (http://desc-wondo.org/lignoble-assassinat-du-colonel-mamadou-ndala-reseau-paix-pour-le-congo/). Plusieurs officiers et personnes contactés pas DESC nous disent de craindre pour leur vie en menant des opérations aux côtés de Moundos.

Pour conclure, grâce à un subtil jeu de relais, à une politique accommodante de Kabila envers Kagame et Museveni, et à la promotion des Tutsi (rwandais ou congolais par ascendance ou alliance) dans des postes stratégiques des institutions congolaises, le Rwanda renforce sa présence et son influence au Congo.
Cela amène la DESC à se poser la question suivante : Qui des FARDC et du M23 a contraint l’autre à sa volonté ? Peut-on affirmer, sur base des différents documents signés à Nairobi et de la pression faite par Kabila pour le vote de la loi d’amnistie en faveur du M23 que le M23 est complètement mis hors combat de manière durable ? Que ses forces sont détruites complètement ? Ou enfin le M23 n’a engrangé aucun dividende militaire, politique, économique du fait de sa défaite militaire ? 


Jean-Jacques Wondo / Exclusivité DESC

[1]Georges Berghezan, « Le cancer des groupes armés au cœur de l’instabilité du Congo, GRIP, n° 69,  3ème trimestre 2013.

[2] A chaque proclamation de la victoire électorale de Kabila, en 2006 et 2011, des feux d’artifice ont été lancés à Gisenyi, illuminant le ciel de la ville de Goma et des réjouissances populaires et klaxons ont souvent animé les nuits de cette ville en signe de solidarité à la victoire d’un des leurs, racontent certains congolais vivant à Gisenyi."