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mercredi 24 juin 2015

CONGO-RDC






« N’oublions pas que 98 % des auteurs de 

crimes de masse échappent à toute poursuite »



Lundi dernier, le président soudanais Omar Al-Bachir, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, contre l’humanité et génocide au Darfour, a pu rentrer chez lui malgré l’ordre d’arrestation d’un juge sud-africain. Malgré ses limites, la création en 1998 de la CPI a marqué un tournant. Mais comment concilier l’exigence de justice et le besoin de réconciliation dans les sociétés qui ont connu des crimes de masse ? Pour alimenter ce débat, un nouveau site vient d’être lancé.

Justiceinfo.net n’aurait jamais vu le jour sans le concours de la fondation Hirondelle, qui soutient des médias en zone de guerre. Cette plate-forme bénéficie d’un financement de la Direction suisse du développement et de la coopération (DDC). Rencontre avec Pierre Hazan, chef de projet de Justiceinfo.net et conseiller spécial en matière de justice transitionnelle auprès du Centre pour le dialogue humanitaire.

La justice internationale n’a jamais été autant moquée pour son impuissance. Est-ce aussi votre constat ?

Je ne suis ni un ayatollah de la justice internationale ni un adepte d’une vision cynique sur cette évolution des relations internationales. Je crois au contraire que les choses sont infiniment plus nuancées. Omar Al-Bachir a une nouvelle fois échappé au mandat d’arrêt de la CPI, c’est vrai, mais il a quitté l’Afrique du Sud par un aéroport militaire presque à la sauvette. De même, la position des pays africains n’est pas monolithique à l’égard de la CPI. Les chefs d’Etat, en particulier ceux qui redoutent d’être poursuivis, caricaturent la justice internationale comme un nouvel impérialisme. Toutefois, d’autres pays ont réclamé la saisie de la CPI, comme l’Ouganda, de façon opportuniste contre les rebelles de l’Armée du Seigneur, mais aussi la République démocratique du Congo, la République centrafricaine et le Mali.

Quel est le bilan de la CPI ?

Il est mitigé. La cour a le mérite d’exister. Sa portée politique et symbolique est immense, mais sa capacité d’action est faible et ses résultats sont maigres. Il n’existe pas de police internationale pour procéder aux arrestations. Le procureur est dépendant de la coopération des Etats pour constituer les dossiers d’accusations. La CPI est aussi liée au Conseil de sécurité de l’ONU, car lui seul peut décider d’ouvrir une procédure si les pays concernés n’ont pas ratifié le Statut de Rome. Avec le risque naturellement d’une instrumentalisation politique de la justice internationale. En 2011, la CPI a ainsi inculpé l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi avec une rapidité stupéfiante, alors qu’elle tarde à agir sur la Colombie, la Géorgie, l’Irak, l’Afghanistan, l’Ukraine ou la Palestine, autant de situations où elle a pourtant ouvert des pré-enquêtes, parfois depuis des années.

Les Palestiniens ont rejoint la CPI pour qu’elle agisse contre Israël. Que faut-il en attendre ?
Les Palestiniens veulent recourir à la justice internationale alors que le conflit israélo-palestinien n’est pas terminé. C’est symptomatique de notre époque. Auparavant, la justice intervenait une fois la paix revenue. Le droit n’a pas le pouvoir de résoudre les conflits, pas plus que de prononcer une vérité historique. Dans les conflits modernes, la justice est un terrain tout aussi stratégique que le contrôle de l’espace médiatique. Les Palestiniens et Israéliens tentent d’imposer chacun leur narratif. Les premiers dénoncent le fait qu’ils sont victimes d’une occupation sans fin. Les seconds insistent sur les tirs de roquettes du Hamas qui visent des populations civiles et la nécessité de s’en protéger. Les décisions de la CPI sont potentiellement lourdes de conséquences, bien au-delà du conflit israélo-palestinien. Plusieurs armées occidentales sont engagées dans des conflits asymétriques, qui, à certains égards, ressemblent au dernier conflit de Gaza. Elles ne veulent pas que les « dommages collatéraux » qu’ils font subir aux populations civiles soient assimilés à des crimes de guerre.

La justice internationale ne reste-t-elle pas une arme des vainqueurs contre les vaincus ?

C’était déjà le cas au procès de Nuremberg contre les dignitaires nazis après la Seconde Guerre mondiale. A l’époque, seule une minorité d’Allemands y adhérait. A partir des années 1960, ce procès a fait partie de la conscience collective allemande. Les juges internationaux ne sont pas comme des cosmonautes qui pourraient se libérer des lois de la gravité et opéreraient dans un environnement totalement libre de toute interférence politique. Mais la justice internationale n’est pas réductible au politique. Par ailleurs, n’oublions pas que 98 % des auteurs de crimes de masse échappent à toute poursuite. Parfois, les choses prennent un cours inattendu. En 1993, la France a été l’instigatrice de la création du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) pour parer aux critiques contre la proximité de François Mitterrand avec les dirigeants bosno-serbes. Ce qui devait rester un gadget de relations publiques a fini par fonctionner. Au final, c’est le seul tribunal international à avoir pratiquement jugé toutes les personnes qu’il avait inculpées, y compris le leader des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic et le général Ratko Mladic, aujourd’hui tous deux poursuivis notamment pour les massacres de Srebrenica.

La Suisse vient d’arrêter l’ancien commandant des forces bosniaques de l’enclave musulmane, Naser Oric, sur demande de la Serbie. Que pensez-vous de ce renversement ?

Naser Oric a été acquitté par le TPIY. Le tribunal avait estimé que des crimes de guerre avaient bien été commis contre des civils serbes mais la chaîne de commandement ne remontait pas jusqu’à lui. Aux autorités suisses d’estimer si le dossier mérite d’être ouvert à nouveau sur la base de nouveaux éléments

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/22/n-oublions-pas-que-98-des-auteurs-de-crimes-de-masse-echappent-a-toute-poursuite_4659293_3212.html#RcZXoLIpAa0r4AfA.99

Le Tchad expulse sans ménagement un journaliste de RFI







Le Tchad expulse sans ménagement un journaliste de RFI



Interpellé à son hôtel de N’Djamena, la capitale du Tchad, l’envoyé spécial de Radio France internationale (RFI) Laurent Correau a été expulsé du pays dans la soirée de mardi 23 juin, comme l’a rapporté mercredi la radio sur son site Internet. Lors de l’interpellation, Laurent Correau et Reed Brody, porte-parole de l’organisation non gouvernementale internationale Human Rights Watch, qui l’accompagnait, ont été giflés, rapporte RFI.

Des témoignages cités par RFI évoquent deux hommes se présentant comme des « agents de la police des airs et des frontières » venus signifier au journaliste « son expulsion du territoire tchadien ». Il est alors 22 heures et Laurent Correau dîne avec Reed Brody à son hôtel. Les deux agents n’auraient fourni ni « explication ni document officiel ».

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/24/le-tchad-expulse-sans-menagement-un-journaliste-de-rfi_4660802_3212.html#EXL4LOOLe077VZ2l.99


La fuite de l’oncle Bachir







La fuite de l’oncle Bachir















« On ne parle que de ce qui ne va pas chez nous en oubliant les racines du mal qui sont les produits de la colonisation et de la traite négrière. Quand il se trouve des grands hommes pour hausser le ton et dire leur fait aux anciens colonisateurs, on s’arrange pour jeter l’anathème sur ces derniers. Pire, on va les traîner devant ce machin qu’ils ont installé à La Haye juste pour nous salir tous ! »

Le bouclier de la souveraineté

Vous avez déjà entendu ce type de refrain. Les premiers à avancer cette antienne en faisant semblant de déplorer l’absence d’intérêt pour les affaires africaines sont aussi les premiers à brandir le bouclier de la souveraineté et à crier « Halte à l’ingérence ! » Dès qu’une organisation pour la défense des droits humains met le bout de son nez dans leur gestion, ils s’enferrent dans le déni ou passent à l’attaque.

Demandez aux partisans d’Omar Al-Bachir leur avis sur la conception de la justice universelle en général et sur la mission de la CPI en particulier. Demandez aux partisans d’Ismaïl Omar Guelleh pourquoi ils enfourchent ces derniers temps une rhétorique antifrançaise. Est-ce que leur critique n’est pas dictée justement par le fait que le dictateur djiboutien compte solliciter un quatrième mandat après avoir détricoté la Constitution et fermé la porte à toute discussion avec l’opposition et qu’il craint, à juste titre, la désapprobation de Paris ?

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/22/la-fuite-de-l-oncle-bachir_4659050_3212.html#3sdZLhrxFJzm75bZ.99



Panique : Kabila traque corrupteurs et corrompus






Panique : Kabila traque corrupteurs et corrompus

























Le chef de l’Etat a déposé, hier, une plainte contre ce fléau au Parquet général de la République. Bientôt, des têtes vont tomber. Les victimes sont à compter dans tous les secteurs de la vie nationale. Espérons que cette action va vraiment se concrétiser…
Trois mois après la nomination de Luzolo Bambi Lesa au poste du conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, les premiers résultats auxquels s’attendait le peuple congolais sont satisfaisants.
En effet, hier mardi 23juin 2015, Joseph Kabila a déposé sa première plainte, au Parquet général de la République, contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Elle a été remise par son conseiller spécial, Luzolo Bambi Lesa.
A en croire ce dernier, plusieurs plaintes provenant des dénonciateurs, dont s’est approprié le président de la République, font état de détournements des derniers publics et de corruption. Ce, dans tous les secteurs de la vie nationale.
« Le Chef de l’Etat vient ainsi d’accomplir sa part de responsabilité. A la justice aussi d’accomplir la sienne », a déclaré Luzolo Bambi.
Des sources renseignent que la panique est générale dans le camp de la Majorité présidentielle où le nombre des victimes est impressionnant. Car, il est bien établi que le fléau a décimé tous les secteurs de la vie nationale en République Démocratique du Congo.

Les secteurs de l’armée, la police, la douane, les pots de vin (10%) dans le gouvernement pour faire passer un marché ou un dossier, la gestion des marché publics, la fibre optique, le secteur minier et partout où la maffia a élu domicile, les suspects répondront de leurs actes devant le procureur de la République. La complaisance n’a pas de place à ce niveau, suppose-t-on, avec l’implication personnelle du chef de l’Etat. L’opinion espère que Luzolo Bambi doit aussi avoir creusé à l’Assemblée nationale où beaucoup de choses se racontent par rapport aux motions ou projets de loi à faire passer absolument. Car, selon des rumeurs, des montants faramineux circulent dans l’hémicycle lorsqu’il s’agit de dossiers dits sensibles. Même chose pour les Assemblées provinciales.
La Justice elle-même ne doit pas être épargnée. D’interminables procès pour protéger les pks forts, des verdicts monnayés, la justice du plus fort… sont des maux qui ne doivent pas rester impunis.
Tous ces gouverneurs de province qui règnent en roitelets, confondant les caisses de l’Etat à leurs poches privées, répondront, sans nul doute, de leurs actes.
Il faut souligner que beaucoup d’autres corrupteurs ou corrompus se cachent derrière des structures de soutien au chef de l’Etat, pour opérer en toute quiétude, croyant être protégés. Ils vont être capturés un à un.
Rappelons que Kabila n’a plus que 17 mois de règne. Il devra donc partir en novembre 2016. Visiblement, il compte livrer tous les jouisseurs qui ont bâti leurs paradis sur terre avec l’argent du pays avant de s’en aller. Une manière de se disculper. C’est ainsi qu’il ne sera pas étonnant de reparler de la fameuse affaire de 32 millions de la Snel, ou alors des anciens premiers ministres qui ont saigné à blanc les caisses de l’Etat pour se construire des immeubles dans la capitale ou à l’intérieur du pays, sans oublier des somptueuses villas en Europe, Afrique du Sud ou aux Etats-Unis.

Il serait aussi plus intéressant de fouiller à la présidence de la République pour voir s’il n’y a pas de criminels économiques ou financiers.
Il importe de rappeler que deux mois après sa nomination, Luzolo Bambi avait indiqué que “ la corruption est devenue endémique en RDC “, et qu’il fallait l’arrêter. Il avait dénoncé une fraude fiscale de quinze milliards de dollars américains, enregistrée au pays chaque année, alors que sont budget annuel est de huit milliards.
En plus, la RDC compte parmi les pays les plus corrompus, selon le rapport sur la corruption publié en décembre dernier par Transparency International.
Après « Tolérance zéro », « les portes des prisons seront ouvertes » … les Congolais espèrent que la plainte déposée hier par Joseph Kabila n’est pas une diversion aux visées politiciennes, ou une campagne de séduction pour détourner l’attention de l’opinion nationale.
Par LEFILS MATADY
http://7sur7.cd/new/panique-kabila-traque-corrupteurs-et-corrompus/