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SACREBOPOL

mercredi 7 septembre 2011

Panique : Kinshasa devenu un Far-West


On a franchi le Rubicond
Le Rubicond, comme nous le craignions, a été franchi. Après qu'une foule de militants de l'Udps ait accompagné tienne Tshisekedi présenter sa candidature au bureau de la Ceni, sur leur chemin de retour,

Intolérance politique à l'approche des élections La permanence de l'UDPS attaquée, RLTV incendiée !


Une vue de la chaine de télévision RLTV incendié le 6/9/2011 à KinshasaUne vue de la chaine de télévision RLTV incendié le 6/9/2011 à Kinshasa
Bilan : deux jeunes militants tués par les policiers, le siège de l'UDPS incendié par des « Pombas » du Pprd, des blessés graves enregistrés, des arrestations opérées, et d'importants dégâts matériels.
Le décor est planté pour des élections troubles en Républiques démocratique du Congo. La violence vient de prendre une ampleur qui risque de conduire le pays dans le chaos au lendemain du 28 novembre 2011. Pour preuves, une milice vient d'être mise sur pied, composée de « pombas », entendez des sportifs indisciplinés, et autres « kulunas » que l'on croyait purger leurs peines dans les différentes prisons pour avoir tué des paisibles citoyens à l'arme blanche ou encore arraché leurs objets de valeur.

Leur mission est d'attaquer physiquement les membres de l'opposition ainsi que leurs partisans pour des raisons que l'on ignore encore. Ce, depuis que le leader de la classe politique de l'opposition, Etienne Tshisekedi, est de retour à Kinshasa après avoir longtemps séjourné en Europe.

En effet, ayant constaté que Tshisekedi a toutes les chances de renverser le pouvoir en place, avec derrière lui une grande partie de la population congolaise, au regard des marrées humaines réalisées même dans des provinces supposées acquises à la cause du pouvoir, et vu l'échec cuisant de leur manifestation de démonstration de force, les ennemis de la démocratie viennent d'activer la machine de la répression violente et sanglante en vue d'installer la peur dans le camp de ceux qui n'émettent pas dans la même longueur d'ondes qu'eux. Pourtant, la violence, d'où qu'elle vienne, doit toujours être déplorée.

Hier mardi 6 septembre 2011, la commune de Limete a vécu une ambiance inhabituelle d'extrême violence, dès les petites heures de la matinée. Selon des témoins, vers trois heures du matin, des sportifs et kulunas ont débarqué au siège de l'Union pour la démocratie et le progrès social armés jusqu'aux dents pour tout saccager. Ils étaient plus ou moins trois cents, et ont incendié cette permanence situé sur la 10e rue du quartier résidentiel de Limete.

Ils ont cassé plusieurs biens de valeur trouvés sur place, avant de s'éclipser. Des combattants trouvés sur place, estimés à une vingtaine, ont eu la vie sauve grâce à leur vigilance.

Le matin, la mauvaise nouvelle a gagné toute la ville de Kinshasa. Révoltés, les combattants de I'UDPS, regroupés en plusieurs milliers, se sont postés devant leur permanence pour constater les dégâts. C'est là que tout a dégénéré. La police a débarqué pour les disperser, ce qui n'a pas rencontré leur assentiment, vu qu'ils venaient d'être victimes d'une grosse agression. Il s'en est suivi un sérieux accrochage, lequel e gagné tout le quartier, soit de la 9e à la 12e rue. Des policiers pourchassaient les combattants, tirant des balles réelles, pour les disperser.

Ainsi, deux combattants sont tombés, morts sur le champ.

D'autres ont été grièvement blessés.



Du coup, les agents de l'ordre ont gagné toutes les artères principales, précisément l'entrée de la 10e rue, les abords de la permanence du parti, la 12e rue, jusqu'au pont nouvellement construit, menant vers le quartier Mombele. Tous les commerces avaient fermé. Des coups de feu et bombes lacrymogènes ont été entendus durant près de cinq heures, soi-t de 8 heures à 12 heures. L'objectif était de traquer les combattants jusqu'à leur dernier retranchement. Mais c'était sans compter avec l'appui de la population du quartier chaud de Mombele, qui, de manière spontanée, s'est rangée derrière les combattants de l'UDPS pour faire face à ce traitement disproportionné.

Et les affrontements ont pris une autre dimension, surtout qu'ils se déroulaient désormais au-delà du pont précité, donc en plein cœur du quartier Mombele. Bilan, deux manifestants ont été tués, un a pris une balle dans le cou, et un autre dans le côté gauche du ventre. Les policiers utilisaient donc des balles réelles contre des manifestants non armés.

Quelques minutes plus tard, c'est des étudiants d'une établissement supérieur de la place supérieur des techniques appliquées (ISTA) qui ont débarqué à Mombele, par la grande avenue Kapela qui mène vers le quartier résidentiel de Limete. Toujours acquis à la cause du peuple congolais, ils ont tenu tête devant les policiers armés qui ont été obligés de se retirer. C'est ainsi que l'intensité des combats a baissé.

Néanmoins, jusque vers 13h30', on pouvait encore entendre des coups de feu sporadiques.

L'opinion invite les acteurs politiques congolais à s'investir pour des élections apaisées en RDC. Mais l'on ne cessera de déplorer la défaillance assortie de complicité des autorités en place dans de pareils dérapages, l'instrumentalisation de la police qui a un comportement partisan, alors qu'elle est appelée à être apolitique... D'ailleurs, dans une lettre adressée hier au président de la république, le comité exécutif de l'Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (Olpa), une organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de la presse basée à Kinshasa, a protesté de la façon la plus ferme contre l'incendie des installations de RLTV, une chaîne de télévision privée proche de l'opposition, toujours par des sportifs indisciplinés.

 LEFILS MATADY 

Révision du fichier électoral : un agent de la Céni/Kenge trouvé en possession d'un carton de plus de 750 CD




Les supports contiendraient au moins 75 mille enrôlés non déclarés et non comptabilisés au niveau de la compilation. La récente et malheureuse découverte d'un carton de plus de 750 disques compacts des opérations de la révision du fichier électoral est à la base d'une marche de colère organisée le 5 septembre. Selon le journal La Prospérité, citant des sources de Kenge, dans le Bandundu, la manifestation a eu comme exigence l'élucidation de toute la situation et le départ de Kamidi, responsable de la Céni dans cette contrée. 

Selon la source, c'est depuis presque deux semaines que la police s'est déployée dans cette ville du district de Kwango. Pour elle, la parade devrait empêcher des manifestations de la population face à ce malaise constaté.

En attendant, la Céni aurait dépêché à Kenge, une équipe pour enquêter sur le cas. Des informations relayées par ce média indiquent que le frère aîné du coupable et son amie, tous deux travailleurs à la Céni de Kenge, ainsi que la personne qui a dénoncé la supercherie seraient en détention préventive à Kinshasa. La présidente du bureau de la Céni du district de Kwango serait aussi détenue à Kinshasa pendant que les portes de l'institution restent fermées. 

Un problème entrainant un autre

Les bureaux de la Céni du district étant fermés, la source relève la difficulté pour les candidats députés nationaux de déposer leurs dossiers de candidature en dépit de l'imminence du délai fixé pour cette opération.

En guise de protestation, les notables de Kenge et la population lancent, indique la source, un appel à la Céni. Ils demandent à cette institution de tirer au clair cette situation.

Lucien Dianzenza