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samedi 27 septembre 2014

Décryptage : Comment interpréter le jeu des chaises musicales à la tête des FARDC ?








Décryptage : Comment interpréter le jeu des chaises musicales à la tête des FARDC ? 

Des militants venus ovationner les militaires d’une armée censée être apolitique avec des drapeaux du parti présidentiel, le PPRD, en lieu et place des drapeaux nationaux de la RDC. Toute une symbolique.

Une mise en place qui découle de la mise en application de la loi organique sur les FARDC

La nouvelle mise en place est une suite logique consécutive à la promulgation en juillet 2013 des ordonnances présidentielles de mise en application de la loi organique nº 11/012 portant organisation et fonctionnement des FARDC a été promulguée le 11 août 2011. Cependant, en dehors de cette législation, le président Kabila a « décidé de créer des secteurs opérationnels non seulement pour protéger la population, mais également pour éradiquer la violence d’où qu’elle vienne », selon l’une des ordonnances. Il a ainsi créé sept « secteurs opérationnels d’action » répartis dans des zones où sévissent des groupes armées locaux ou étrangers: Nord-Equateur, Nord-Katanga, Nord-Kivu, Grand-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Uele. Ces secteurs opérationnels se situent dans les trois « zones de défense » du pays déjà existantes. Les 29 ordonnances présidentielles consacrent un jeu de chaise musicale dont Kabila détient seul les secrets ainsi que les tenants et les aboutissants.
L’exposé des motifs de la loi susmentionnée explique ce qui suit en ce qui concerne l’organisation et des missions des Forces Armées.

« L’organisation ainsi que les missions de l’Armée – celles affirmées par la loi n°04/023 du 12 novembre 2004 – demeurent.  Toutefois, il faut noter que le Chef d’Etat – Major Général des Forces Armées de la République Démocratique du Congo disposera désormais d’un ou de deux Adjoints devant le seconder dans ses tâches, assurant notamment le bon fonctionnement de l’Etat – Major Général. De plus, l’un des Adjoints est appelé à assurer son remplacement en cas d’absence ou d’empêchement.
Quant aux anciens Chefs d’Etat – Major Général, la loi leur donne une nouvelle dénomination de Sous – Chef d’Etat – Major. En effet, par rapport à l’organisation traditionnelle de l’Armée, ils assument les tâches dévolues aux membres de l’Etat – Major Général.
L’Etat – Major particulier du Président de la République fait également l’objet des dispositions de la présente Loi. (…)

S’agissant des Grandes Unités, il importe de signaler la création d’autres Grandes Unités ci-après :
Les zones de Défense ; le Corps médical des Forces Armées ; le Corps Logistique ; le Service d’Education Civique, Patriotique et d’Actions Sociales ; le Service de Communication et d’Information. Le Commandement Général des Ecoles Militaires. Telle est la substance du présent projet de Loi organique. »
Le Chapitre 3 de la loi concernant Les Grandes Unités des FARDC et allant de l’article 90 à l’article 152 énumère et définit la structure et le missions de ces grandes unités concernées par les dernières ordonnances présidentielles de nominations des généraux.

La présente analyse vise à relever quelques constats relatifs à cette nouvelle mise en place censée s’inscrire dans le cadre de la poursuite de la réforme des FARDC ainsi que leur  montée en puissance.

Les FARDC restent morphologiquement une armée ethno-régionalisée

Malgré le maintien du général d’armée Didier Etumba à la tête des armées en tant que chef d’état-major général (CEMG), la structuration de la hiérarchie militaire des FARDC est loin de consacrer le caractère d’une armée à vocation nationale conformément à l’article 2 de la loi qui prévoit notamment : « L’armée nationale est celle dont les effectifs à tous les niveaux sont composés de manière à assurer une participation équitable et équilibrée de toutes les provinces. Cet équilibre se trouve à tous les niveaux de l’armée, en tenant compte de la représentation des tribus, d’ethnies et des femmes, sans distinction de religion ou de langue ».
Ainsi, lorsqu’on jette rapidement un œil sur l’origine ethnique de la plupart des généraux promus, le déséquilibre géopolitique Est-Ouest reste marqué. Kabila offre aux généraux originaires des provinces orientales la part du lion. Les katangais parmi lesquels les Balubakat ainsi que les Tutsis (et apparentés) du Kivu et ceux soupçonnés être rwandais sont les mieux lotis.

C’est ainsi par exemple :
Le chef d’état-major de l’armée de terre n’est rien d’autre que le Mulubakat Dieudonné Banze Lubunji, l’ex patron de la Garde républicaine. Un autre mulubakat, le Gen Bde Enock Numbi Ngoy va à la force terrestre. Seul le ressortissant du Bandundu, le vice-amiral Rombaut Mbuayama Nsiona est à la tête de la force navale.
Les commandants des zones de défense sont à majorité des ressortissants de l’Est : le très controversé Gen-majAmisi Tango Four, le Gen-maj Jean-Claude Kifwa (Mulubakak) et le Gen-maj Léon Mushale Tshipamba (Kasai-Occidental). Ce dernier étant secondé pour les opérations et les renseignements par un ex-RCD Kasereka Sindani(un Nande du Nord-Kivu) .
Le corps logistique des FARDC est également assuré par un ressortissant de l’est, le vice-amiral Emmanuel Kiabu Kaniki alors qu’un ressortissant du Maniema, le Gen Bde Constantin Salumu Mbilika s’occupe du Corps de Génie des FARDC. L‘éducation civique et patriotique va au Gen-maj Jean-Piere Moya Dongo Tongo (Province Orientale), il fut le parrain de Didier Etumba à l’ERM belge.
Les deux adjoints du CEMG FARDC chargés respectivement des opérations et renseignements Dieudonné Hamuli Bahigwa (Hema de la province Orientale) et de l‘administration militaire (Célestin Mbala Musense (Mulubkat de mère kasaienne or.) proviennent de la partie orientale du Congo.

La 12ème région militaire couvrant la province du Bas-Congo, dans ses limites actuelles revient au Gen de BdeJonas Padiri Muyizi[b] (Matricule 162946615482). En réalité[/b] son vrai nom est Padiri MUHINZI.  Un nom d’origine rwandaise un certain colonel rwandais Jonas Padiri Muhinzichargé du renseignement au Nord-Kivu, promu général en juillet 2013 par le président Kabila , un ancien mai-mai qui est resté longtemps sans fonction car mis à disposition à Kinshasa. 22ème Région militaire : Province du Katanga, dans ses limites actuelles : Le général mulubakat Philemon Yav.

Amisi Tango 4 et Guillaume Baloko dans une zone de défense politiquement stratégique

Malgré ses méfaits avérés au sein de l’armée, Tango Four reste un des hommes clés du dispositif sécuritaire de Kabila en RDC. Même s’il ne retrouve pas ses fonctions à la tête de l’armée de terre, il hérite tout de même d’une zone de défense qui reste politiquement très hostile à Kabilacar comprenant les provinces acquises l’opposition que sont l’Equateur, le Bas-Congo et Kinshasa la frondeuse. Dans la mise en œuvre  de sa fonction, Tango Four en tant que commandant d’une zone de défense, a désormais sous son commandement toutes les unités opérationnelles de sa zone d’action, qu’elles soient terrestres, aériennes ou navales. VoilàKabila qui annonce les couleurs pour 2016. Amisi est réputé pour avoir maté dans le sang une rébellion au sein du RCD-Goma en 2002 et des massacres des civils à Kisangani. De même, il a été pointé du doigt pour la trahison des FARDC à Mushake en 2007 contre le CNDP ainsi que dans la chute de Goma face au M23 en 2012. Nous y reviendrons plus en détail dans une prochaine publication exclusive concernant ce général.

Le Général de brigade Guillaume Baloko Tangala est originaire de la Province Orientale (Ituri). Sa nomination en tant qu’adjoint de Amisi dans le chaudron Ouest de la RDC peut s’expliquer par le fait que le chef veut utiliser son expertise et surtout son expérience en tant que dernier commandant de la 5ème région militaire (Kasai-Oriental) et commandant en second de la 4ème région militaire au Kasaï-Occidental , deux fiefs ethno-régionaux traditionnels de l’opposant Etienne Tshisekedi, durant les périodes pré et post-électoral de 2011 où il a géré ces provinces des mains de fer. Le général Guillaume Baloko est diplômé de l’académie militaire en France de Saint-Cyr puis à l’École de Cavalerie de Saumur en France. Cette dernière forme les cadres des unités blindées. Il a également suivi une formation d’état-major l’ l’Ecole d’état-major (ECEM) de Kinshasa.

Le bedonnant Général-major Banze Lubunji : Punition ou promotion ?




 
Gen Banze à gauche de la photo

Après la fronde au sein de la GR en début août 2014, il fallait l’éloigner de la tête de la GR sans le frustrer car n’étant pas lié directement à ces actes de mécontentement. Son élévation à la tête de l’armée peut être considérée également comme une gratification pour sa loyauté absolue àKabila. Un officier supérieur de l’état-major général FARDC justifie sa nomination en ces mots : « Le président avait besoin d’un homme de confiance à la force terrestre Olenga est un peu usé par l’âge et va bientôt à la retraite. Le président veut également quelqu’un qui fasse le contrepoids avec CEMG. Malgré son côté effacé, Banze est assez dur mais pas tribun comme Olenga. Il est également très réfléchi ». Cependant, Banze n’est pas de nature à aller à contre-courant des décisions de Kabilacontrairement à Olenga qui s’était permis de bombarder Rubavu (près de Gisenyi) en août 2013. Un acte qui l’a mis en disgrâce auprès de Kabila très fâché. Ce poste devrait idéalement revenir au feu général Lucien Bahuma Ambamba. Mais d’autres généraux teks que les lieutenant-généraux Lukama ou Rigobert Massamba étaient également des candidats méritants pour ce poste. Dommage, ils ne font pas partie du réseau ethno-régional deKabila.


Le tout-puissant  général d’armée Olenga : Consécration ou subtil éloignement ?

Tout comme pour Banze, le déplacement de Olenga de l’armée de terre vers la maison militaire peut être doublement interprété. Pour certains, dont un expert militaire occidental en RDC : « Ce qui est évident, c’est que Olenga est renforcé dans sa position d’homme clé en passant à la maison militaire du Président et probablement queMbala Musense en fait les frais et devient l’adjoint d’Etumba…Quel sera alors le pouvoir réel de Olenga ? ». C’est là que notre analyste militaire congolais à Kinshasa éclaire : « Le véritable vainqueur de la nouvelle mise en place c’est Oscar (lire Olenga). Les attributions du chef de la maison militaire sont tellement étendues que la Garde républicaine passe désormais sous son autorité. C’est encore le chef d’état-major particulier du boss qui va également coordonner tous les services de sécurité et des renseignements. Une façon de fragiliser et de réduire l’influence du Conseiller spécial du chef de l’Etat, Pierre Lumbi Okongo. L’ordonnance organisant la maison militaire du chef de l’Etat attribue trop de pouvoir au général Olenga. Lui seul peut désormais apprécier, programmer, et passer les commandes d’équipements pour les FARDC, la PNC et l’ANR. » Tout ce qu’il rêve dans sa vie, le business ! Toutefois, il faut relever que le général est pré-retraité et à ce titre, il lui était difficile de prétendre à un poste opérationnel comme celui de chef d’état-major général des FARDC ou son maintien à la tête de l’armée de terre.

Mais au sein de DESC, nous ne partageons pas tout-à-fait cet avis car même si sur papier Olenga est le grand gagnant, il perd tout de même le contrôle et le contact direct avec le terrain. Kabila veut utiliser Olenga plus dans sa stratégie de maintien au pouvoir que dans la stratégie de défense du territoire où il a montré une certaine efficacité unanimement saluée par tous. Kabila veut impliquer directement le général Olenga dans la répression possible des populations qui le contesteront en 2016. Ce, d’autant que la GR qui s’entraîne déjà maintenant avec les égyptiens sur des techniques anti-émeutes, est désormais placée sous l’autorité fonctionnelle directe du chef d’état-major particulier du président qui n’est autre que Olenga. Dans le contexte actuel de la pression diplomatique occidentale croissante sur Kabila, il n’est pas exclu que comme en 2011, la GR réprime violemment les contestataires du régime. Une occasion que pourrait saisir la communauté occidentale pour traduire l’autorité fonctionnelle de la GR,Olenga, à la CPI. 

Le Gén Jean-Claude Yav Kabej pour assister et surveiller Olenga à la maison militaire ?

Deux Katangais, le général Jean-Claude Yav Kabej, (ancien directeur des renseignements militaires, Démiap) qui a, avec son frère ethnique Kalev Mutond (chef du service de renseignement civil, ANR), joué un rôle central dans les contacts secrets entretenus entre Kinshasa et Kigali depuis le déclenchement des violences en cours au Nord-Kivu à partir 2012, se voit être désigné comme chef d’état-major adjoint de la maison militaire du président chargé des opérations et des renseignements. A ce titre, il n’est pas exclu qu’il est placé à ce poste pour suivre à la trace les activités de son chef direct général Olenga. Le chef d’état- major de la maison militaire qui sera chargée de commander la Garde républicaine n’est pas encore désigné, ce sera fait au retour du président des Etats-Unis. C’est l’actuel homme de confiance, le général Hugues Constantin Ilunga Kampete, (Mulubakat) dont nous avons à plusieurs fois parlé dans nos précédentes publications, qui a été désigné comme commandant intérimaire de la garde républicaine par Kabila et Olenga. Cela tend à confirmer notre dernière analyse sur la neutralisation des officiers frondeurs de la GR par Kabila qui les a éloignés des postes de commandement de cette garde prétorienne.

Réactions de l’opinion : Grande joie pour les uns et consternation pour les autres

D’après l’analyse des informations recueillies par nos sources auprès des militaires et des civils, l’opinion semble partagée et le jugement se fait surtout sur base des intérêts privés des personnes interrogées. Ainsi, pour la majorité de la population de l’intérieur du pays, nous renseigne une source de renseignement militaire, c’est le sentiment de déception qui se lit dans les visages. Cependant, seuls les kinois se disent contents de la nomination du Général Amisi à cause de son mécénat sportif en faveur du club phare de la capitale, l’AS Vita Club, demie finaliste de la champion’s league africaine. Pour les militaires, hormis ceux qui se retrouvent dans la nouvelle mise en place, environ 1%, la majorité reste très mécontente car elle s’attendait à ce qu’on nomme à la tête de l’armée une forte personnalité capable de changer les choses ou d’accélérer la réforme de l’armée et sa montée effective en puissance sur le terrain. Les militaires avaient opté pour une personne comme Olenga, proche et sociable avec les troupes mais aussi dont «  la brutalité allait secouer et booster les choses et en plus dans l’arrière-pays il est aimé sauf par les kinois qui aiment l’oisiveté et puisque avec lui c’est la rigueur alors les kinois l’apprécient peu ». Les militaires regrettent le maintien du Général Didier Etumba qu’ils jugent « amorphe et carriériste car il ne s’occupe que de son Cabinet, de son Chef et des officiers de son petit cercle social oubliant les pauvres petits soldats sur le terrain, malgré ses hautes études dans une grande académie occidentale ».

Une Prolifération des échelons qui produira un résultat contreproductif sur le terrain

L’Article 105 de la loi organique sur les FARDC établit, en plus de 3 zones de défense, 10 nouvelles Régions militaires correspondant soit aux limites actuelles des provinces administratives ou aux limites actuelles des entités territoriales (provinces ou districts regroupés) articulées de la manière suivante :




































Selon l’ex-colonel de la DSP, Antoine Kasongo : « La nouvelle restructuration des FARDC nous amène à faire des commentaires suivants: Dans sa conception actuelle, la création des zones de défense en maintenant les régions militaires ajoute un échelon de plus sur le plan tactique. Quel est l’échelon de la zone de défense? Corps d’armée, division? Et de la région militaire? La loi a été violée parce que la zone de défense doit être commandée par un officier ayant la qualité de BEM (Lire Breveté d’état-major) ou TEM (Lire : technicien d’état-major). »
« La zone de défense n’est pas une innovation, elle est une copie de l’organigramme de la Force publique (du Congo-Belge) 1er Groupement : les provinces administratives du Kasaï et du Katanga ( QG à Lubumbashi ) ; 2èmeGroupement : les provinces administratives de l ‘Equateur et de Léopoldville (Ndlr qui comprenait également le Bas-Congo et le Bandundu QG à Kinshasa) et 3ème Groupement : les provinces administratives du Kivu et Orientale (QG à Kisangani). Avec ces deux échelons chevauchés, il y a une pléthore du personnel. Le commandant de la zone de défense sera assisté par deux adjoints, l’un chargé des opérations qui aura à son tour deux adjoints T2 ( Renseignements) et T3 (organisation, entraînement et opérations) l’autre chargé de l’administration et logistique qui aura deux adjoints T1 (administration) T4 (logistique), il faudra Ajouter à cela le chef d’état-major. La même organisation est reprise pour la région militaire. Vive les chaînes de commandement et de logistique« , poursuit-il.

« La publication de ses ordonnances permet à l’ennemi potentiel de ne fournir aucun effort de recherche de renseignements sur les FARDC. La menace, la configuration du terrain et les moyens disponibles n’ont pas été les éléments d’analyse pour mettre cette restructuration en place. Quant aux nominations il y a à boire et à manger. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il y a des officiers qui méritent leurs fonctions. Il est inutile de stigmatiser les origines de certains. Par exemple le lieutenant général Dieudonné BANZE ( EFO 8, Infanterie, TEM) Le général major Prosper NABYOLWA ( EFO 5, Artillerie, para commando TEM)», conclut le col Kasongo ‘Kava’.
Réagissant au commentaire du Lt-Col Kasongo, un ancien officier de la Garde Civile sous le pseudonyme de TROLLécrit ceci : « M. A. Kasongo Munkonkole, souvenez-vous de la triste histoire des « enveloppés » quand Mobutuassassinait et révoquait des rangs des FAZ tous les non-originaires de l´Equateur et de la province Orientale. Ce que vous désignez par « stigmatisation » est une précaution utile. Car ceux qui ont souffert des discriminations et des injustices dans les FAZ, Garde Civile ou FARDC ne peuvent jamais fermer les yeux quand les risques de voir la défense de la RDC être minée par les mêmes pratiques sont toujours d´actualité! Vous avez raison de souligner cette « dysfonctionnement » entre les zones de défense et les régions militaires qui peut nuire encore plus la gestion de la défense au Congo ».


Les Efoistes toujours plus appréciés que les Ermistes

Hormis Didier Etumba (ERM-Belgique), tous les autres chefs d’état-major (Force terrestre, Force navale et force aérienne), plusieurs responsables des unités stratégiques sont des anciens officiers formés à l‘Ecole de formation d’officiers de Kananga. Les anciens diplômés de l’académie militaire belge se font rares aux avant-postes militaires en RDC. Est-ce la preuve de l’absence d’influence d’Etumba sur l’armée. Car parmi les Ermistes, on retrouve ici et là le général Moya, Dzaringa (Kivu avec ascendants Tutsi qui se retrouve tout de même mieux placé aux côtés deAmisi ???), André Matutezulwa (Chargé de l’administration et logistique à la 12ème RM au Bas-Congo) et Lukama(Groupement des Ecoles militaires), des fonctions de garage.Les autres généraux Ermistes comme Kabeya Kongolo, MwipatayiKitenge Tundwa (ancien responsable de la Démiap et qui serait malade) ou Ukaba ne sont tout simplement pas repris. Un officier dit même que c’est ridicule pour le général Moya qui est poussé vers la porte de sortie.

Que conclure ou comment interpréter tout cela?

Par cette nouvelle mise en place empreinte d’une connotation plutôt ethno-régionale et népotique, Kabila veut d’abord montrer à tous que le seul maître à bord des FARDC c’est lui et personne d’autre. Ensuite, Kabila confirme sa sympathie ethnique envers les Tutsis et les anciens officiers rebelles, responsables des guerres et des massacres à l’est du pays. Il cherche également à consolider son ancrage katangais.
Mais Kabila veut surtout s’entourer des généraux de combat qui ne reculeront pas lorsqu’il faudra affronter les contestataires dans les zones qui lui sont hostiles. Nous en voulons pour preuve la nomination du général Camille Bombele Luwala à la tête de la 14ème Région militaire correspondant à la ville de Kinshasa. Ce général était le T3 (chargé des opérations) de la GR. C’est sous ses ordres que la GR a réprimé dans le sang les manifestants hostiles au candidat Kabila en novembre 2011 ou encore le massacre des adeptes du « prophète » Mukungubila en décembre 2013. Avec Tango FourKabila lance un signal fort d’intimidation à l’égard des Kinois. Cela lui suffira-t-il pour perpétrer son coup de force en 2016 ? Une autre inquiétude,selon un officier en poste à Lubumbashi, « résultede la composition de la 2ème Zone de défense qui englobe les provinces du Kasaï-occidental, du Kasaï-oriental et du Katanga dans leurs limites actuelles et commandée par Jean-Claude Yav. L’opinion suspecte un complot contre l’intégrité de la République au cas où Kabila ne parvient pas à se maintenir au pouvoir, perd Kinshasa et se replie au Katanga comme du temps de Tshombe. Nous risquons de vivre le pire au Katanga avec les mouvements indépendantistes! On ne comprend pas comment toute cette zone de défense ainsi que la région militaire du Katanga (22ème région militaire commandée par le général Philemon Yav) ne soient complètement dirigées que par des katangais d’origine dans des postes stratégiques dont la plupart qui appuient ces indépendantistes. Il y a plus que probablement anguille sous roche »!

L’analyse de cette mise en place nous pousse à avancer que ces nominations sont davantages motivées par des considérations politiciennes internes au Congo que par une réelle volonté de mettre à la tête des FARDC des officiers à même de défendre l’intégrité de la RDC. La loyauté à un président et l’appartenance à sa sphère ethno-régionale a hélas guidée Kabila dans le choix des généraux à ces postes stratégiques pour la RDC. Il est étonnant de voir que bon nombre de généraux promus ont fait partie des rébellions qui ont été soutenues par Kigali. C’est comme si le chef de l’Etat congolais éprouve du mal à couper le cordon ombilical de son passé militaire avec le FPR rwandais et de ses relations cordiales avec Kagame. Il suffit de se rendre compte que la plupart des officiers T2 (chargé des renseignements) et T3 (chargés des opérations) d’une majorité des unités dans les zones sensibles, sont soit Katangais, soit Tutsis ou alliés à l’ethnie Tutsi par ascendance, alliance ou proximité ethnique (Hema, Hima). On est donc loin du souci de mettre en place une armée républicaine et apolitique à vocation nationale. Par cette mise en place, comme nous l’avons signifié dans une interview accordée à la radio Alger ce 21 septembre :http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=NrhM14C_zww , c’est en rapport avec les échéances électorales à venir et surtout la fin de mandat présidentiel, et non vers  des menaces d’intégrité de la  RDC, qu’il faudrait surtout interpréter les récentes nominations au sein des FARDC. Les nominations qui laissent un goût amer au sein du personnel des FARDC, à en croire les premières impressions recueillies sur le terrain.


[1] Suite à l’offensive du M23 à Bunagana, le 6 juillet 2012, le Gen. Vainqueur Mayala et 600 soldats FARDC ont fui à Kisoro en Ouganda et abandonné un énorme stock d’armes lourdes, de munitions et de chars (Virunga News, 6/07/2012). Selon l Lt-Col Eric Mankesi, (responsable de l’administration militaire à Goma en 2012 et 2013), il s’agissait d’un acte délibéré de sabotage au départ d’un ordre de cessez-le-feu émanant du Gen Amisi Tango Fouret de rassemblement des troupes FARDC en un lieu donné et c’est à ce momoent qu’ils seront pris de revers par le M23.
  

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