Powered By Blogger

Pages vues le mois dernier

Translate

SACREBOPOL

samedi 17 décembre 2011

Interpellation du ministre des A.E belge par le CDH

Je disais donc, la position du CDH est on ne peut plus clair sur le hold-up électoral en R.D.C., et ils l'ont fait comprendre en interpellant le ministre des affaires étrangères en session de la commission des affaires extérieures.

Voir ci-bas les propos du député CDH George Dallemagne :

> 01.09 Georges Dallemagne (cdH): Monsieur le vice-premier ministre, à
> mon tour, je vous félicite pour votre prise de fonction. Vous
> commencez directement très fort, probablement avec le dossier le plus
> difficile et le plus compliqué pour la diplomatie belge.
>
> On ne vous a pas laissé beaucoup de temps pour vous y familiariser
> mais je pense que vous le connaissiez déjà au travers de vos autres
> fonctions.
>
> Je vais en venir directement au constat que notre groupe pose quant à
> la situation au Congo. Je me joins aux collègues qui ont estimé qu'il
> est difficile de prétendre aujourd'hui que les résultats des urnes
> sont crédibles. Je pense qu'ils ne sont pas conformes à la vérité;
> c'est aussi ce que disent les organisations que la Belgique a
> financées, notamment la Fondation Carter dont M. Van der Maelen et
> d'autres ont repris certains extraits du rapport. M. Van der Maelen se
> demandait d'ailleurs quel était le passage le plus lourd à charge dans
> ce rapport.
>
> Personnellement, au-delà des faits extrêmement graves qui ont été
> rapportés, il y a un passage dans ce rapport - qui a été peu repris
> publiquement -, qui me paraît particulièrement préoccupant, s'agissant
> du monitoring d'un processus électoral: les observateurs
> internationaux n'ont pas eu accès au point central de compilation de
> tous les résultats à Kinshasa. Pour avoir participé à plusieurs
> processus électoraux, je sais que c'est là qu'il faut se trouver
> pendant toute la nuit et les jours qui suivent puisque, entre un
> procès-verbal qu'on reçoit électroniquement ou manuellement et la
> transcription dans un ordinateur central, il peut se passer toutes
> sortes de choses. Je pense que l'absence d'observation électorale à
> cet endroit apporte un grand bémol à tout le travail d'observation,
> malgré la grande qualité de ce travail dans tous les bureaux de vote,
> malgré les milliers d'observateurs nationaux et internationaux et le
> travail considérable qu'ils ont mené. Il y a une faiblesse majeure,
> tragique, dans l'observation électorale.
>
> De plus, le président de la Conférence épiscopale nationale
> congolaise, encore une organisation que nous avons financée, remet un
> rapport estimant que ces résultats ne sont ni conformes à la vérité,
> ni conformes à la justice. Il semble qu'il dispose de chiffres et,
> dans sa déclaration sur les ondes de la RTBF ce matin, il va même
> jusqu'à remettre en question l'ordre d'arrivée des résultats.
>
> Il faut être de bon compte et dire aujourd'hui que personne ne connaît
> le véritable résultat du scrutin. En réalité, personne ne sait ce qui
> a pu sortir des urnes. Cependant, nous disposons de quatre types de
> résultats: ceux de la CENI, ceux de l'opposition, mais aussi ceux de
> la Fondation Carter et ceux de la Conférence épiscopale nationale du
> Congo. Celle-ci avait 35 000 observateurs sur le terrain. Tenant
> compte du fait qu'il y avait 63 000 bureaux de vote, elle avait un
> observateur pour deux bureaux de vote. Sa légitimité est donc grande.
> En effet, non seulement nombreux étaient les observateurs sur le
> terrain, mais ces derniers sont également Congolais et indépendants
> politiquement.
>
> Nous nous retrouvons, aujourd'hui, face à une situation explosive avec
> deux candidats estimant chacun avoir gagné. Il est vrai qu'un des
> candidats bénéficie de l'appui de la CENI et, peut-être, à l'avenir,
> d'autres institutions congolaises. Mais on sait aussi – cela a été
> relevé par beaucoup de mes collègues – à quel point tout ce processus
> électoral était, dès le départ, mal embarqué. On se souviendra des
> changements constitutionnels qui, visiblement, étaient faits pour
> permettre au candidat sortant de gagner. On se souviendra également
> des moyens mobilisés massivement par l'État en faveur de ce candidat.
> On se souviendra, enfin, des médias qui ont largement travaillé
> toujours en faveur dudit candidat.
>
> Malgré tout cela – c'est une observation qui me semble capitale –, on
> se trouve, aujourd'hui, face à un fait politique majeur dans la mesure
> où l'opposition fait bien plus que de la figuration; elle engrange des
> résultats, quels que soient ceux que l'on retient, qui montrent qu'il
> existe bel et bien une réalité politique, mais aussi une désespérance
> du peuple congolais face à sa situation sociale.
>
> Je rappelle simplement que, selon un récent rapport du PNUD, le Congo
> arrive en 187ème place sur 187 – difficile de faire pire – en termes
> d'indice sur le développement humain. La "froideur" de cet indice
> montre la réalité sociale de ce pays; elle traduit la misère et la
> précarité dans lesquelles vit l'ensemble du peuple congolais.
>
> Même si je pense, pour ma part, que cette situation résulte
> essentiellement d'un problème de gouvernance nationale, cela doit nous
> amener à nous poser des questions quant à la manière dont nous devrons
> conduire, à l'avenir, notre coopération dans un pays qui est le
> premier bénéficiaire de notre coopération bilatérale et multilatérale.
>
> Je voudrais ajouter qu'il est évident que la violence n'arrange rien.
> Qu'elle se manifeste à Bruxelles ou à Kinshasa, il faut s'inscrire
> dans un processus politique, mais un processus dans lequel la
> communauté internationale doit continuer à être présente et même
> peut-être plus présente qu'elle ne l'a été jusqu'ici et ce, pour faire
> en sorte qu'une situation qui, aujourd'hui, nous semble sans issue,
> reste une situation sous un contrôle politique et avec des solutions
> politiques.
>
> Je reviens justement sur certaines propositions formulées par mes
> collègues pour les préciser. Tout le monde a entendu le rapport des
> collègues qui sont allés sur le terrain le jour des élections. Il
> semble que, ce jour-là, les opérations de scrutin se soient passées à
> peu près correctement. C'est en tout cas le rapport qui en a été fait
> par l'AWEPA et l'Union africaine avec quand même un grand bémol, à
> savoir qu'on ne sait pas très bien ce qui s'est passé à l'intérieur du
> pays. Dans tous les bureaux de vote où il y a eu des observateurs – et
> ils étaient très nombreux –, on peut dire que les procès-verbaux des
> bureaux de vote représentent probablement la réalité ou, en tout cas,
> s'approchent de la réalité qu'a été le vote du peuple congolais.
> Par contre, on sait aussi qu'entre ce procès-verbal et la compilation
> centrale, il y a eu toute une série de manipulations. Je pense qu'il
> ne serait pas très compliqué de refaire la compilation à partir des
> procès-verbaux des bureaux de vote. C'est d'ailleurs l'appel de
> plusieurs organisations, dont la MONUSCO, la Conférence épiscopale, et
> d'autres observateurs comme International Crisis Group. Comme les
> procès-verbaux ont été affichés sur les bureaux de vote, il y aurait
> là une difficulté à les manipuler car, dans la plupart des cas, la
> population des quartiers a été prendre bonne note des résultats qui
> sont sur ces bulletins de vote. Je pense que cet exercice est
> techniquement possible. Il s'agit de 63 000 procès-verbaux et non pas
> de 20 millions de bulletins de vote. Ce processus devrait être fait,
> pour le coup, avec une observation tant nationale qu'internationale,
> d'un bout à l'autre. Il pourrait être terminé en quelques semaines et
> pourrait accroître considérablement la légitimité du résultat des
> urnes. Notre groupe plaide donc pour que l'on analyse rapidement,
> urgemment, cette possibilité, afin de répondre à l'appel des
> organisations extrêmement crédibles que nous avons nous-mêmes
> financées sur place.
> Comme d'autres l'ont fait, vous avez vous-même plaidé ce matin pour
> que les contestations se fassent devant la Cour suprême. M. Kamerhe,
> au nom de l'ensemble de l'opposition, puisque le fils de M. Tshisekedi
> l'accompagnait, a introduit un recours. Il ne faut cependant pas en
> rester là! Il faut aussi aider la Cour suprême. Plutôt que de garder
> certains résultats sous le coude, il faudrait plaider auprès des
> organisations que nous avons financées pour que leurs résultats soient
> publiés. Cela permettrait aussi de connaître leur vérité, leur
> travail, leur manière de collecter les choses. C'est extrêmement
> important!
>
> Ensuite, selon moi, il faudrait que la communauté internationale ne se
> contente pas de l'existence d'institutions congolaises. En effet,
> comme Dirk Van der Maelen le rappelait, dix-sept magistrats viennent
> d'être nommés à la Cour suprême; comme l'une en avait été exclue, il
> en restait neuf auxquels s'ajoutent donc les dix-sept. Et chacun
> connaît toutes les suspicions à propos du travail de cette Cour
> suprême.
>
> Il serait aberrant d'admettre que la Cour a fait son travail et de
> tourner la page. À mon avis, pour la stabilité du Congo, pour la
> légitimité du processus démocratique et pour l'affermissement de la
> démocratie sur l'ensemble du continent africain, il reste à réaliser
> un travail politique d'accompagnement, de médiation pour tenir en
> compte cette demande de la société civile congolaise, du peuple
> congolais et de ce fait politique majeur apparu au Congo.
> Je souhaitais dire cela. En outre, il me paraît indispensable de
> connaître les chiffres et les données qui seront publiés par l'Union
> européenne. J'ignore quand sortira ce rapport, mais il faut l'inciter
> à l'éditer rapidement.
>
> En conclusion, je me sens quelque peu mal à l'aise de la démarche du
> ministre Tambwe-Mwamba envers la Belgique – tout en ignorant l'objet
> de sa demande ou de sa question –, en période d'affaires courantes au
> Congo.

Nous avons également pris contact avec les autres partis francophones et néerlandophones (qui sont plus ferme avec Kabila que les francophones). Dans la mesure du possible, nous vous tiendrons au courant du feed-back des représentants de ces différents partis.

To ko lemba te, ata to yebi que nzela e za mulayi pe semer d'embûches ! 

Bon, na ke se préparer nanu, pour descendre sur Bruxelles, et rejoindre la manifestation qui s'annonce déjà chaude, sur le froid bruxellois !!!

Paix profonde !
Correspondance particulière

vendredi 16 décembre 2011

Droit de résister à l’oppression :


Il faut combattre l’usurpateur «Joseph Kabila»
 
 
Le "général major" "Joseph Kabila" 


L’ancien Premier ministre belge Léo Tindemans est sans aucun doute un visionnaire. Lorsque la République du Zaïre a été rebaptisée «République démocratique du Congo» au lendemain de la prise de Kinshasa par les «libérateurs» du 17 mai 1997, ce démocrate chrétien flamand avait émis une réaction ironique : «Cette appellation pèche par un certain anachronisme. Elle rappelle la République démocratique allemande, la RDA». «Léo», comme l’appelaient affectueusement ses concitoyens, voulait sans doute dire que le niveau de démocratisation d’un Etat se juge par les actes et non par le discours. A preuve, l’épithète «démocratique» n’empêcha nullement l’Allemagne d’Erik Honecker d’être un Etat totalitaire. Une dictature communiste. Le Congo dit démocratique de Mzee LD Kabila et de son successeur «Joseph Kabila» n’a pas échappé à cette fatalité. Comme quoi, il n’y a pas de démocratie. Il n’y a que des preuves de démocratie.

Comment reconnaît-on un Etat démocratique ? Un Etat démocratique se reconnaît d’abord par l’ambiance libérale qui y règne. Une ambiance empreinte de liberté, de justice, de fraternité et de solidarité. Il n’y a point de démocratie là où la population a peur de l’avenir. Il n’y a point de démocratie là où la population n’est pas libre d’aller et de venir. Il n’y a point de démocratie là où toute contradiction ou critique est proscrite. Il n’y a point de démocratie là où la presse n’est pas indépendante. Un Etat démocratique se reconnaît ensuite par la qualité des rapports existant entre les pouvoirs publics et les citoyens. Le maître mot ici c’est le "respect". Le respect de la vie et de la dignité de la personne humaine sont des valeurs chères à tout Etat qui se veut démocratique. Un Etat démocratique se reconnaît enfin par le souci constant des dirigeants à améliorer les conditions sociales de la population.

Qu’en est-il du Congo dit démocratique de "Joseph Kabila"?

Le voyageur qui arrive à Kinshasa en ce mois de décembre 2011 se croirait dans une ville en état de siège. Une ville occupée par des sicaires à la mine patibulaire. Le système de messagerie «SMS» n’est plus opérationnel au départ du Congo. Une atteinte grave aux droits et libertés. L’Internet fonctionne tant bien que mal. L’armée et la police sont déployées aux endroits stratégiques de la ville. Est-ce pour maintenir l’ordre public? Assurément pas ! Il s’agit en réalité d’empêcher les militants de l’opposition à manifester «pacifiquement» sur la voie publique. Une dérive autoritaire qui écorne l’idée même du pluralisme politique proclamée par la Constitution en vigueur. Le 26 novembre dernier, des éléments de la garde présidentielle ont abattu une vingtaine de membres de l’opposition pro-Tshisekedi. Aucune enquête judiciaire n’a été lancée à ce jour par un appareil judiciaire inféodé à la Présidence de la République.

A Limete, le candidat à l’élection présidentielle, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, est "assigné à résidence" sur ordre du président sortant «Joseph Kabila». Tshisekedi conteste, comme on le sait, la «victoire» de ce dernier et a appelé la population à «manifester pacifiquement» pour ne pas se laisser voler sa victoire. A Bukavu, à Goma, à Lubumbashi et à Kinshasa, les manifestations des forces de l’opposition sont "dispersées" avec brutalité. Les policiers et les membres de la garde présidentielle tirent impunément à balles réelles sur la population. La fameuse «communauté internationale» regarde et laisse faire.

Le 28 novembre dernier, les citoyens congolais sont allés aux urnes pour choisir notamment leur nouveau Président de la République pour les cinq prochaines années. Malgré la fraude massive, il est indiscutable que le chef d’Etat sortant a été vomi par la grande majorité des électeurs. Et pour cause? Au cours des dix années passées à la tête de l’Etat, "Joseph Kabila" a montré sa fascination plus pour les privilèges et les frivolités inhérentes à l’exercice du pouvoir que son souci de mettre l’Etat au service de l’amélioration de la condition collective. Pendant dix ans, le pouvoir d’Etat n’a été pour lui qu’une sorte de sésame pour «ouvrir» ce Congo-Kinshasa réduit au rang de «Caverne d’Ali Baba». Pendant dix ans, le pouvoir d’Etat n’a pas été cette force au service d’une vision mais simplement une "arme de destruction massive" pour écraser les contradicteurs. Des contradicteurs qui doivent choisir entre la prison, l’exil ou la mort.

Le 28 novembre 2011, le peuple congolais a choisi de tourner la page de la «démocratie selon Joseph Kabila». Une démocratie de pacotille qui n’excelle que dans la criminalité, la corruption, le mépris de la vie et de la dignité de la personne humaine. Les Congolais doivent se battre par tous les moyens pour chasser ce tyranneau et ses «poste-crates» qui tentent de prendre tout un peuple en otage juste pour leur bon plaisir. C’est un rendez-vous avec l’Histoire. Il s’agit pour les Congolais, à l’instar des autres peuples, Egyptiens et libyens d’imposer le Changement attendu depuis le 24 avril 1990.

Le temps est venu pour le peuple congolais d’opposer la «violence citoyenne» à la «violence d’Etat». L’article 64 de la Constitution ne reconnaît-il pas à chaque citoyen congolais le droit de «faire échec» à tout usurpateur du pouvoir d’Etat?

Baudouin Amba Wetshi 
© Congoindépendant 2003-2011

JOSEPH KABILA et NGOY MULUNDA

JOSEPH KABILA et NGOY MULUNDA, VOUS ÊTES RESPONSABLE DES CRIMES COMMIS EN RDC. L'HISTOIRE VOUS JUGERA.

NOUS ALLONS RENDRE VOTRE POUVOIR INGOUVERNABLE.














Vous payerez tous les crimes dont vous vous êtes rendus responsables. Vous et vos complices.

Depuis Kinshasa, Dias & Christ


RDC : chronique d'un chaos annoncé

En attendant le 17 décembre, en RDC ...

François Misser
Mis en ligne le 16/12/2011


Washington ignore si Kabila a gagné l’élection “gravement entachée d’irrégularités”.
Le consensus s’élargit autour de l’existence d’une fraude importante lors la présidentielle au Congo. La Commission électorale (Ceni) elle-même a annoncé jeudi qu’elle allait poursuivre en justice ses "agents frauduleux".
Reste à évaluer le montant du désastre qui a déjà conduit trois candidats, le président du Sénat, Léon Kengo, l’ancien ministre de la Décentralisation, Antipas Mbusa Nyamwisi et Alain Bombole, à proposer la formation d’un gouvernement de transition pour organiser un nouveau scrutin.
Selon l’hebdomadaire "Jeune Afrique", l’importance de la fraude pourrait être considérable, en raison de l’arrivage massif de bulletins de la 25e heure. Ce journal indique qu’après la fermeture officielle des bureaux de vote le 28 novembre, alors que la Ceni avait décidé de prolonger le scrutin de deux jours, deux avions ont acheminé des millions de bulletins à partir de Johannesbourg.
Après quoi, les événements auraient été si confus que le représentant spécial de l’Onu au Congo, Roger Meece, qui a mis à disposition avions, hélicoptères et camions pour transporter ce matériel, aurait fini par se demander ce qu’il était advenu de ces bulletins.
Ont-ils été distribués ou détournés et cochés en faveur du président Kabila ? La réponse à cette question n’aurait pas été satisfaisante puisque Roger Meece, dont "la gêne était manifeste" (sic), aurait décidé d’arrêter les frais, le matin du 30 novembre.
Dans ces conditions, et sur foi de l’observation des diplomates américains à Kinshasa, le Département d’Etat a conclu mercredi que "la gestion et l’exécution technique de cette élection ont été gravement entachées d’irrégularités".
Allant plus loin que le Centre Carter qui estimait que les fraudes et anomalies constatées ne remettaient pas en cause la victoire de Joseph Kabila, la porte-parole du département d’Etat Victoria Nuland, lors d’un point de presse, a déclaré : "Il n’est pas clair si les irrégularités étaient suffisamment importantes pour changer les résultats du scrutin".
Autrement dit, Washington ne se prononce ni dans un sens ni dans un autre. Les Etats-Unis ont en conséquence proposé leur aide technique aux autorités congolaises pour que ces dernières soient en mesure d’afficher des résultats crédibles.
Mais il n’est pas sûr que cette proposition ait été retenue par Kinshasa. Jeudi, la Cour suprême de justice a en effet commencé l’examen de la requête en invalidation du candidat arrivé en troisième position à la présidentielle, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe.
Or, selon une source judiciaire congolaise consultée jeudi par "La Libre", il était probable que la Cour jugerait cette requête irrecevable "pour défaut de qualité", si elle a été formulée au nom de l’opposition car Kamerhe n’en est pas le porte-parole légal. "La messe sera dite. Ensuite, samedi la Cour publiera les résultats définitifs."
"C’est là que les choses risquent de se gâter. La rumeur laisse entendre que la colère populaire contenue lors de la publication du 19 décembre devrait cette fois exploser de façon irrépressible", prédit notre informateur. Oiseau de mauvais augure ? On le saura bientôt.


Décomptes des bulletins de vote le 28 novembre 2011 à Goma.
Décomptes des bulletins de vote le 28 novembre 2011 à Goma. © AFP

La Cour suprême de justice doit proclamer officiellement le vainqueur de l'élection présidentielle congolaise samedi 17 décembre. Retour sur un scrutin marqué une nouvelle fois par de multiples défaillances et fraudes, qui met la RDC au bord de l’abîme.
À 16 heures, ce 9 décembre, au rez-de-chaussée de l’immeuble de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), sur le boulevard du 30-Juin à Kinshasa, le pasteur Ngoy Mulunda a pris un ton solennel pour annoncer devant les ambassadeurs et les centaines de journalistes réunis dans la « salle du 28 novembre » : « Le candidat Joseph Kabila est déclaré vainqueur de l’élection présidentielle. » Aussitôt, depuis son domicile du quartier Limete, Étienne Tshisekedi a réagi : « Cette déclaration est une véritable provocation. En conséquence, je me considère dès aujourd’hui comme président élu de la République démocratique du Congo »… Bref, c’est l’impasse.
Officiellement, Joseph Kabila obtient 48,95 % des voix et Étienne Tshisekedi 32,33 %, avec un taux de participation de 58,81 %. Mais d’où viennent ces chiffres ? Pourquoi est-il impossible de vérifier si l’addition des résultats des quelque 63 000 procès-verbaux de bureaux de vote coïncide avec les totaux du procès-verbal de la Ceni ? Tout le problème est là. Quelques jours plus tôt, un évêque catholique, Mgr Nicolas Djomo, avait lancé : « Ces élections, c’est un train allant droit dans le mur. » Pas de chiffres fiables sur le taux de participation, ni sur les scores de Kabila et Tshisekedi… Dans les jours à venir, les faits risquent de donner raison au prélat.
Défaillances ou fraude ? Les deux. Le Congo est un pays où le chaos est programmé, et où le tricheur en profite habilement. Exemple : la pénurie des 
bulletins de vote. Le jour des élections, le 28 novembre, des milliers de bureaux de vote – sur les quelque 63 000 du pays – n’ont pu ouvrir faute de ces précieux papiers. Imprimés en Afrique du Sud, les bulletins manquants ont été acheminés par avion le 28, le 29 et même le 30 novembre ! De bonne source, le 29 et le 30, deux avions gros-porteurs en provenance de Johannesburg se sont posés à Lubumbashi avec, à leur bord, des conteneurs de bulletins pesant au total entre dix et vingt tonnes… « Ce qui représente plusieurs millions de bulletins sur les quelque 64 millions qui étaient prévus – moitié pour la présidentielle, moitié pour les législatives », précise un observateur international. L’un des deux avions a même poursuivi sa route jusqu’à Kinshasa avec une partie de sa cargaison.

Résultats compilés à la foire de Kinshasa
Que sont devenus ces bulletins ? Ont-ils été distribués dans les bureaux de vote en souffrance ou ont-ils été détournés et cochés par des mains malveillantes au bénéfice du président-candidat ? C’est la question très embarrassante que le représentant spécial de l’ONU au Congo, l’Américain Roger Meece, a fini par se poser. Le 28 et le 29, il a mis les avions, les hélicoptères et les camions de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RD Congo (Monusco) à la disposition de la Ceni pour faciliter l’acheminement de ce matériel de vote jusqu’aux chefs-lieux de province et de territoire. Mais le matin du 30, il s’est ravisé et a dit stop. Sa gêne était manifeste… Les fraudeurs avaient-ils anticipé ces arrivées tardives de bulletins pour mieux les détourner ? « Pas nécessairement, répond notre observateur, mais l’occasion a fait le larron. »
Au sein de la Ceni, deux représentants de l'opposition ont tenté de faire de la résistance.
Autre phase du processus où le chaos a facilité la tâche des tricheurs : la compilation des résultats. Dans la capitale, par exemple, le centre de compilation était installé sur le site de la Foire internationale de Kinshasa, la Fikin. Faute d’abris en nombre suffisant, plusieurs sacs remplis de procès-verbaux de vote sont restés des heures sous la pluie. Plus grave, des sacs ont été emportés par des policiers vers une destination inconnue. Plusieurs journalistes peuvent en témoigner. Au centre de compilation de Lubumbashi, dans le Katanga, la Monusco a constaté elle-même un « désordre indescriptible ». À celui de Malemba Nkulu, toujours dans le Katanga, un candidat de la majorité aux législatives, Shadrak Mulunda – frère cadet de Daniel Ngoy Mulunda, le président de la Ceni – a fait chasser les témoins des partis politiques.
Ici ou là, un miracle s’est quand même produit. Ainsi au centre de compilation de Mbandaka, dans la province de l’Équateur. Officiellement pour maintenir l’ordre, le gouverneur et le chef de la police ont voulu en interdire l’accès aux témoins des partis. Jacques Djoli, le vice-président de la Ceni, a demandé à la Monusco d’intervenir. Finalement, tout s’est arrangé. Mais Mbandaka n’était que l’un des 169 centres de compilation du pays. Il n’est pas sûr que la majorité d’entre eux ait échappé aux manipulations et aux pressions…
La Ceni… À la fin, bien sûr, c’est là que tout s’est joué. Beaucoup de Congolais sont persuadés que la Commission électorale est aux ordres du pouvoir. Mais ce n’est pas si simple. Certes, son président, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, est un ancien conseiller politique de Joseph Kabila. Quatre autres de ses membres sont acquis à la cause du président sortant. Mais, à la surprise générale, dans les heures qui ont précédé la proclamation des résultats, deux représentants de l’opposition, Jacques Djoli et Laurent Ndaye, ont tenté de faire de la résistance.
Trois petits tours
Au cinquième étage de l’immeuble de la Ceni, la nuit du 8 au 9 décembre a été chaude. Dès le soir du 8, Ngoy Mulunda voulait proclamer les résultats nationaux de la présidentielle sans attendre l’arrivée des résultats de la totalité des 169 centres de compilation. Courageusement, et à deux contre cinq, Djoli et Ndaye ont fait savoir que, dans ce cas, ils ne signeraient pas le procès-verbal de l’élection. Ngoy Mulunda a accepté alors de renvoyer la proclamation au lendemain. Le matin du 9, après une nuit blanche, l’un des deux « résistants » nous a confié : « Pour moi, la loi doit être en conformité avec ma conscience. » Mais quelques heures plus tard, à 16 heures, il a dû mettre sa conscience dans sa poche…
Malgré les offres de médiation, chacun se dit certain de sa victoire et refuse tout compromis.
Le drame pour la conscience de ces deux hommes, c’est qu’ils sont totalement isolés. Trois petits tours et puis s’en vont… Les quelques dizaines d’observateurs de l’Union africaine, de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de l’Union européenne et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ne sont venus que la veille du scrutin et sont repartis entre le 1er et le 4 décembre, c’est-à-dire au moment précis où il fallait rester et se déployer dans les 169 centres de compilation. Mieux, la plupart d’entre eux ont jugé que les élections s’étaient globalement bien passées. Commentaire de l’ONG International Crisis Group : « Puisque peu d’entre eux se sont aventurés en dehors des villes principales, les observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union européenne et du Centre Carter, ont probablement manqué les abus les plus grossiers. »
Navettes
Côté diplomatique, quelques hommes ont tenté d’empêcher le train « d’aller droit dans le mur ». Une troïka formée de Roger Meece, de l’ambassadeur du Gabon – le doyen du corps diplomatique – et de l’ambassadeur de Russie – le pays qui préside ce mois-ci le Conseil de sécurité – a fait plusieurs navettes entre le Palais de la nation, où travaille Joseph Kabila, et le quartier Limete, où réside Étienne Tshisekedi. En vain. Chacun s’est dit certain de sa victoire et a refusé tout compromis. Sur les conseils du Comité national de médiation, Rupiah Banda, l’ex-président zambien, a été sollicité pour faire médiation. Il a accepté. Tshisekedi aussi. Le 7, un jet de la Monusco était prêt à décoller de Kinshasa pour aller le chercher à Lusaka. Mais au dernier moment, Joseph Kabila s’y est opposé.
En fait, dans ces élections opportunément chaotiques, la communauté internationale s’est largement défaussée. Même le Centre Carter est resté très discret. Seule, peut-être, l’Église catholique congolaise a vraiment tenté d’arrêter le train avant la collision. Dans un quart des bureaux de vote, elle avait prépositionné 30 000 observateurs qui devaient transmettre leurs résultats par SMS. Comme par hasard, à partir du 2 décembre, tous les textos ont été interdits sur le territoire congolais. L’Église a dû renoncer à faire des estimations sérieuses, mais a tenu à se distinguer de la Ceni. « Ce qui compte, ce sont les résultats affichés devant les bureaux de vote », a-t-elle déclaré. Sous-entendu : les compilations ne sont pas fiables. Au lendemain de la réélection de Joseph Kabila, quelle est la légitimité de son pouvoir ? Dans ce pays ravagé par les guerres civiles, la question est lourde de sens…