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mercredi 1 janvier 2014

RDC : 103 morts, dont 95 "terroristes"



RDC : 103 morts, dont 95 "terroristes"

Le gouvernement de Kinshasa indique qu’aucun policier ou militaire ne figure parmi la « bande de terroristes » responsable des attaques de lundi, à l’aéroport et dans le bâtiment de la télévision publique. Le pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, qui revendique ces violences, serait « en fuite ».
Plusieurs dizaines d'assaillants ont été tués dans la prise d’otage de la télévision publique (RTNC) de la RDC. - AFP

Le gouvernement congolais a affirmé mardi que 103 personnes avaient été tuées dans "l'offensive terroriste" menée lundi par des assaillants se réclamant du pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, qui demande le départ du président Joseph Kabila.

Les autorités, qui ont commencé à dévoiler le mode opératoire de ces "attaques terroristes" qui ont notamment visé les locaux de la télévision nationale, l'aéroport et l'état-major de l'armée dans la capitale, ont annoncé mardi que le bilan humain "était très lourd" parmi les assaillants.

"Le bilan définitif de cette offensive terroriste est donc globalement (...) de 103 morts, dont 95 terroristes assaillants et 8 éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo", a déclaré Lambert Mende, porte-parole du gouvernement au cours d'une conférence de presse.

"S'agissant des assaillants qui ont été tués à Kinshasa, 49 autopsies sur les 52 corps retrouvés ont d'ores et déjà été réalisées par les services de la médecine légale pour fixer les autorités compétentes sur les causes de leur décès", a-t-il ajouté. "Nous sommes en mesure de dire aujourd'hui qu'aucun élément" de la police ou de l'armée "ne fait partie de cette bande de terroristes", a affirmé M. Mende. Cette conclusion "coupe court à certaines interprétations que nous avons entendues ici et là", a ajouté le porte-parole goouvernemental.

Le pasteur en fuite

Les violences ont été revendiquées par des partisans du pasteur Paul Joseph Mukungubila, un chef religieux qui dénonce l’influence qu’exercerait le Rwanda sur le gouvernement de Joseph Kabila. D’après le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, « il est en fuite » à l’étranger.

Dans la journée de lundi, des hommes en armes ont attaqué l’aéroport et pris le contrôle du bâtiment de la télévision publique dans la capitale de la RDC, au cours de ce qui semble être une tentative de prise du pouvoir des partisans de Paul Joseph Mukungubila. La police a bouclé les abords de la télévision publique, où les individus armés ont pris plusieurs personnes en otages. Des témoins ont également fait état d’une fusillade au camp militaire de Tshatshi, situé non loin du ministère de la Défense.

Un responsable des douanes à l’aéroport international, dans la banlieue de la capitale, a fait état de tirs nourris, quelques minutes seulement après l’attaque de la télévision publique. « Des tirs ont commencé ici », a-t-il signalé à un journaliste de Reuters. « Ils tirent partout. Nous nous cachons tous ». Lambert Mende, a assuré cependant que les forces de sécurité contrôlaient la situation. « Les agresseurs se sont présentés comme des partisans de Mukungubila. [...] Nous vérifions l’information, car c’est peut-être une tentative pour nous duper. »

Le « prophète de l’Eternel »

Avant l’arrêt des transmissions de la télévision publique, deux hommes en armes sont apparus à l’écran pour prononcer un message politique orienté contre le régime du président Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père Laurent-Désiré. « Gideon Mukungubila est venu pour vous libérer de l’esclavage des Rwandais », déclaraient-ils dans leur message, selon un journaliste de Reuters qui a pu écouter un enregistrement.

Gideon est le surnom utilisé par les partisans de Mukungubila, qui se fait appeler aussi le « prophète de l’Eternel ». Il a été candidat à l’élection présidentielle en 2006, lors de laquelle Joseph Kabila a remporté un nouveau mandat. Le « prophète de l’Eternel », connu pour son hostilité envers l’accord de paix signé ce mois-ci avec les rebelles tutsis du M23 dans l’est de la RDC, accuse le gouvernement congolais d’avoir cédé devant les intérêts des Tutsis et les pressions du Rwanda voisin. Dans le centre de Kinshasa, les rues étaient désertes lundi et les commerçants ont fermé boutique à l’annonce des événements.

Source Reuters
http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203214245525-rdc-40-assaillants-tues-par-les-forces-de-l-ordre-dans-la-prise-d-otage-a-la-television-639918.php

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