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SACREBOPOL

jeudi 24 mai 2012

JOMBA : UN SUJET QUI FACHE;










Douloureuse faute des hommes de Meece : un casque bleu de la MONUSCO refuse d'apporter son aide aux soldats des FARDC blessés lors des affrontements avec les mutins menés par Ntaganda et Makenga. Impossible de ne pas y déceler les consignes de sa hiérarchie et de conclure à l'inutilité actuelle de la Mission onusienne en RD-Congo.

La MONUSCO refuse l'aide aux FARDC blessés! La révoltante scène s'est passée à Jomba, au front, sur les collines de Rutshuru, au Nord-Kivu, où les FARDC traquent les mutins fidèles au général Bosco Ntaganda et au colonel Makenga. Elle a été racontée dans un reportage diffusé dimanche 20 mai dans la matinée sur la chaîne arabe Al Jazzira. Le confrère qui l'a rapportée était lui-même très déçu d'entendre un médecin des FARDC lui faire part du refus d'un officier casque bleu de l'aider à évacuer des soldats de l'Armée régulière blessés pendant les combats. «Ce n'est pas cela notre mission», a sèchement répondu l'officier de la MONUSCO. Le casque bleu et ses amis restés sans réaction ont commis une faute lourde. Ils ont refusé d'assister des personnes en danger, violant ainsi volontairement le Droit international humanitaire qu'ils sont censés pourtant promouvoir. Imaginez la douleur du médecin ! 

Les FARDC et les mutins M23 se sont affrontés à l'arme lourde samedi 19 mai pour le contrôle de Jomba, près du parc des Virunga au Nord-Kivu où les dissidents sont confinés depuis dix jours fuyant les attaques répétées des troupes loyalistes. Les affrontements ont débuté vers 04h00 locales quand les mutins ont attaqué les positions des FARDC, ont rapporté plusieurs sources. Les FARDC ont reculé d'environ deux kilomètres, laissant les mutins occuper pendant un moment la paroisse de Jomba. Les combats se sont intensifiés en fin de matinée, et les FARDC ont dû user d'armes lourdes pour récupérer leurs positions. Les combats ont cessé en fin de journée. Un journaliste de l'AFP a pu voir six soldats FARDC blessés qui ont été acheminés à l'hôpital de Rutshuru, a rapporté Jeuneafrique.org. Les combats dans la zone ont fait fuir les habitants de la proche localité de Bunagana, frontalière avec l'Ouganda. «Toute la semaine il y avait des gens qui partaient, mais depuis le front ouvert samedi, la population a fui en Ouganda. C'est le désert ici maintenant. Il n'y a peut-être plus que des chiens et des militaires», a déclaré à l'AFP le chef de poste de Bunagana, Léon Bipegeka. Le regain de violences ces derniers jours dans la région a provoqué le déplacement de milliers de civils : plus de 8.200 se sont réfugiés au Rwanda depuis le 27 avril, et plus de 30.000 en Ouganda en mai, selon des chiffres communiqués mercredi 16 mai par le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés -HCR.


Patate chaude pour Roger Meece 

C'est dans ces conditions que le médecin des FARDC a été contraint de travailler. La vue des casques bleus a dû certainement constituer un motif de soulagement pour lui. Erreur! Les soldats de la MONUSCO approchés pour évacuer les FARDC blessés ont rejeté sa demande. Le médecin a dû se débrouiller pour s'occuper des militaires blessés. Patate chaude pour les dirigeants de la MONUSCO toujours prompts à affirmer que la Mission assiste le gouvernement de la RD-Congo. Douleur et indignation, côté RD-Congolais. 

L'affaire fâche. Elle doit davantage fâcher et interpeller les autorités RD-congolaises désormais placées en situation de s'interroger sur l'intérêt de continuer la collaboration avec la MONUSCO parce qu'il est impossible de ne pas déceler les consignes des dirigeants de la Mission onusienne dans cette attitude des casques bleus rencontrés au front. Ils donnent l'impression de vouloir faire la part belle aux mutins, d'anciens combattants de la rébellion tutsie du Congrès national pour la défense du peuple -CNDP-, intégrée dans les FARDC après l'accord de paix signé le 23 mars 2009. On se demande si priver de l'aide à un soldat blessé du pays hôte est synonyme d'assistance ou de collaboration. Face à une force internationale, la plus importante semble-t-il que les Nations unies n'aient jamais déployée au monde, qui se complait à rester bras croisés devant la souffrance d'une population qu'elle est censée protéger, le gouvernement a toujours montré une large compréhension. Les agents de la MONUSCO ont souvent été accusés des exactions sur des femmes, des affaires des viols et des brutalités ont été signalées sur les terrains des opérations à l'Est et même dans la capitale, Kinshasa où les habitants tournent en dérision le sigle UN qui devient NU une fois la nuit tombée. Plus grave, des véhicules de la Mission onusienne ont été arraisonnés avec des minerais à la frontière avec les pays voisins. Le cas le plus flagrant date de l'année dernière à la petite barrière à Goma en direction du Rwanda. Voilà en réalité à quoi servent ces engins qui bénéficient pourtant d'une certaine immunité. La plus grosse monstruosité de cette mission est qu'elle a depuis longtemps rangé ses armes au placard, les époussetant de temps en temps à la demande des forces armées loyalistes. Pas plus tard qu'il y a une semaine à Bunagana, la population a organisé une marche contre les soldats dits de la paix pour leur passivité dans tout ce qui se passe sous la barbe des hommes de Meece. Et ce n'est pas la première fois que cela arrivait. Déjà en 2004 à Kinshasa, les rues avaient été envahies par des milliers d'étudiants qui réclamaient le départ des casques bleus qui avaient laissé Laurent Nkunda prendre la ville de Bukavu. Plus tard, en 2007 un char de l'ex.MONUC avait été brûlé par la population de Kiwanja, menacée elle aussi par les troupes du même sinistre Nkunda sous le regard passif des casques bleus.


Indices de complicité avec les mutins

Ces mutins ont commencé à faire défection de leurs unités au Sud et au Nord-Kivu début avril. Traques par l'Armée depuis fin avril, ils sont regroupés depuis une dizaine de jours à l'extrême nord-est d'une petite bande du parc national des Virunga, bordée par le. Rwanda et l'Ouganda, à une soixantaine de km au nord-est de Goma, la capitale du Nord-Kivu, une des zones où les casques bleus ont été déployés après la requalification du mandat de la MONUSCO. Ils sont établis sur quelques collines, dont celle de Runyonyi où se trouve leur QG, qui ont été récemment bombardées par des hélicoptères des FARDC. Vendredi 18 mai, le gouvernement RDcongolais les a appelés à rentrer dans le rang. Seuls les «initiateurs de la mutinerie et les criminels parmi eux» seront traduits devant la justice militaire, a déclaré Lambert Mende, le ministre de la Communication et des Medias des Relations avec le Parlement et de l'Initiation à la nouvelle citoyenneté, porte-parole, du gouvernement. Kinshasa accuse le général Ntaganda, ex-chef d'état-major du CNDP qui a fait aussi défection, d'être le meneur de la mutinerie. Il est donc inconcevable que les casques bleus, qui affirment épauler les FARDC dans ces opérations, puissent refuser d'aider à évacuer les personnes blessées qui, selon les conventions de Genève, doivent être protégées au même titre que les civils parce que ne participant plus au combat. Voilà une violation volontaire du Droit international humanitaire par une force internationale qui a, en son sein, toute une section dite Droits de l'homme.

KISUNGU KAS

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