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lundi 23 décembre 2013

A travers les documents de Nairobi Des ambigüités graves décelées contre l’intérêt de la RDC

A travers les documents de Nairobi Des ambigüités graves décelées contre l’intérêt de la RDC

Le pouvoir de Kinshasa qui se croit vainqueur, s’est laissé imposer trop d’obligations en faveur du M23 pourtant considéré comme vaincu. 

Nairobi, la capitale de la République du Kenya, reste dans l’histoire la ville où après plusieurs épisodes de tribulations et de drames douloureux, le sort de la République Démocratique du Congo a été solennellement scellé par la communauté internationale comprenant l’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne, Washington, la MONUSCO, la Cirgl et la SADC, le 12 décembre 2013. La préoccupation majeure de tous les Congolais sérieux, intelligents, patriotes et nationalistes, est désormais marquée par ce qui s’est passé à Nairobi.

Mais à part ces fils et filles du pays, il y en a qui parlent de Nairobi parce que cela est à l’ordre du jour, sans avoir jamais lu, compris et analysé les documents qui y ont été signés par la RDC, le M23, la CIRGL et la SADC. Ces documents ont été publiés in extenso par ce quotidien La Tempête des Tropiques dans son édition n°4798 du lundi 16 décembre 213 en pages 3, 4, et 7 respectivement sous les titres” Déclaration sur les engagements du 23 mars au terme du dialogue de Kampala“ sous la signature de Bertrand Bisimwa pour et au nom du M23, “ Communiqué final conjoint Cirgl-Sadc sur les pourparlers de Kampala “, signé conjointement par Yoweri K. Museveni, président de la République de l’Ouganda et président de la CIRGL, et Joyce Banda, présidente de la République du Malawi et de la SADC, et “ déclaration du gouvernement de la République Démocratique du Congo à la fin des pourparlers de Kampala signée par Raymond Tshibanda Ntungamulongo, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération Internationale et de la Francophonie.
Quand on lit attentivement ces trois documents, on s’aperçoit qu’ils sont pratiquement de la même veine et issus d’une même officine. On retrouve des termes et des concepts qui sont les mêmes dans tous les documents, notamment en ce qui concerne les engagements que le gouvernement congolais doit tenir vis-à-vis du M23. Curieusement, ces termes concepts et expressions sont aussi employés dans le document du gouvernement congolais. La colère et l’indignation des Congolais sont suscitées par de multiples engagements que leur gouvernement accepte de tenir à l’égard des rebelles d’hier du M23. On parle tantôt de “faits de guerre et d’insurrection “, tantôt “ de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité “. Quels sont les “faits de guerre et d’insurrection “ qui peuvent être autres que les “ crimes de guerre et crimes contre l’humanité” ? pour faire bénéficier les rebelles du M23 de l’amnistie, on atténue les horreurs qu’ils ont commises comme crimes de guerre et crimes contre l’humanité, en les appelant” les faits de guerre et d’insurrection”.” Le gouvernement s’engage à accorder l’amnistie aux membres du M23 pour faits de guerre et d’insurrection… “, dit-on dans la Déclaration du gouvernement signé par Raymond Tshibanda.

Le brain-trust de Mary Robinson

“Le M23 s’engage à produire la liste de ses membres prisonniers pour faits de guerre et d’insurrection “, lit-on dans la Déclaration du M23.” Amnistie et libération des membres prisonniers du M23 détenus pour faits de guerre et d’insurrection “, lit-on dans le communiqué final conjoint CIRGL-SADC. Les trois documents sont l’œuvre de l’équipe des envoyés spéciaux dirigée par Mme Mary Robinson, envoyée spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la Région des Grands lacs, au sein de laquelle figureraient les envoyés spéciaux : I. De la présidente de la Commission de l’Union Africaine pour la Région des Grands Lacs, Boubacar Diarra, 2. Russell Feingold, envoyé spécial des Etats-Unis pour la Région des Grands Lacs, 3. Koen Varvaeke, Coordinateur principal de l’Union européenne pour la Région des Grands Lacs, 4. Martin Kobler, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC. Voilà le Brain-trust qui a pensé, conçu et préparé les trois documents signés respectivement par Raymond Tshibanda, Bertrand Bisimwa, Yoweri Museveni et Joyce Banda. La même veine et la même officine, d’où l’analogie frappante du libellé des documents. Tout comme l’accord-cadre d’Addis-Abeba, l’œuvre de l’ONU v1a le Conseil de sécurité.
Le pouvoir qui se croit vainqueur se laisse imposer trop d’obligations envers le M23 qu’il considère comme vaincu. A partir de l’accord du 23 mars 2009, Kinshasa s’était déjà mis dans une situation inextricable dont il ne pouvait plus se dépêtrer. C’est ce brûlot de mars 2009 qui avait été brandi pour servir de base aux négociations de Kampala. Dans les documents signés à Nairobi, on parle de l’évaluation, de ce qui a été fait et de ce qui ne l’a pas été dans le cadre de cet accord-là. Les documents sont le condensé de la mouture du reste du cahier des chargés du CNDP dont le M23 est l’émanation. Le Rwanda et l’Ouganda ont largement exploité à leur guise cette situation de 2009 pour se laver les mains des drames qui se passaient à l’est de la RDC, et accréditer la thèse selon laquelle il s’agissait au Nord-Kivu d’un problème purement congolo-congolais, qui ne les concernait en rien. Le M23 donné pour vaincu, s’en tire étrangement avec les honneurs de la guerre que peuvent lui envier d’autres groupes de maquis. L’amnistie accordée à ses membres, effacement des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qui deviennent des faits de guerre et d’insurrection bénins, insertion de ses membres dans la société, conversion en parti politique etc.

Nous sommes tenus à l’œil

Le cheval de Troie infiltré en RDC et des agents de la cinquième colonne ont fait leur travail qu’ils voient aujourd’hui couronné de succès. Des colonies de peuplement cautionnées par les textes de paix fourrée de Nairobi posent les jalons de la balkanisation du territoire national. La concrétisation d’une série d’engagements pris ne pourrait aboutir à autre chose qu’a cela. Il ne sert à rien de se voiler la face, de pratiquer la politique de l’autruche. Comme ceux de nos compatriotes du sérail, traîtres, hypocrites et flagorneurs, qui mentent à l’opinion et cherchent péniblement à. faire croire que les pourparlers de Kampala se sont terminés à Nairobi en faveur de la RDC pour une paix durable à l’Est, notamment au Nord Kivu où le M23 faisait la loi. Il n’en est rien en tous cas. Les trois documents signés parlent d’eux- mêmes, spécialement les engagements que Kinshasa est tenu de respecter à l’égard du M23. Il est difficile de s’y dérober, puisque la communauté internationale nous tient à l’œil. L’ONU, l’Union européenne, l’Administration américaine, l’Union africaine, la CIRGL, la SADC, ne s’étaient pas fait représenter à Nairobi pour amuser la galerie. Loin delà.
Cela montre l’importance qu’ils attachent à l’accomplissement d’une œuvre dont les tenants et les aboutissants nous échappent, concernant le sort de notre pays. Des gens avisés et observateurs attentifs et sérieux entrevoient les contours de cette œuvre, qu’ils appellent les travaux d’approche de balkanisation de ce pays. Tous les fils et filles de ce pays ne sont pas distraits et perfides comme certains de leurs compatriotes intellos malhonnêtes, sans moralité et sans dignité, qui ne se fatiguent pas de se donner en spectacle pour faire le jeu des planificateurs de la balkanisation de leur pays. Ceux qui sont rattrapés. et confondus par l’évaluation du pacte du 23 mars 2009, n’ont une façon de se donner une contenance que de s’installer dans le mensonge et la fourberie, mais le peuple n’est pas du tout dupe. Une clameur de protestation qui s’élève spontanément par- ci par là contre la signature d’une paix incertaine à Nairobi, est sans doute la preuve de cet éveil de la conscience du peuple et de sa vigilance. Quand on est en déphasage avec l’opinion nationale, comment pourrait- on se sentir à l’aise pour tenir les engagements auxquels on a souscrit en présence des témoins de la communauté internationale ? On s’est laissé rendre à ses propres pièges.

Jean N’SAKA WA N’SAKA

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