Digital clock

Pages vues le mois dernier

Translate

SACREBOPOL

lundi 27 avril 2015

DECOUPAGE TERRITORIAL:










Dans un entretien à bâtons rompus à son bureau de Bolobo, dans la commune de Kinshasa, le député national Christophe Lutundula, sans langue de bois, dit ce qu’il pense du calendrier électoral de la CENI, du découpage territorial. Il revient également sur le changement de dénomination de son parti, le MSDD en Alliance des démocrates pour le progrès (ADP), mais aussi sur sa dernière intervention à l’Assemble nationale où il affirme ne pas être compris par sa famille politique. Lutundula a eu des appréhensions, des inquiétudes qu’il se devait de partager avec ses compatriotes au-delà de sa famille politique. Pour qu’on ne dise pas qu’on ne le savait pas. Le pays n’ayant pas d’argent, l’élu de Kataka-Kombe dans le Sankuru souhaite le report des élections locales pour résoudre d’abord la question de la constitutionnalité des positions actuelles des assemblées provinciales, des gouverneurs de provinces et du Sénat qui vont faire cinq ans sans élections ! Fédéraliste, il dit ne pas être contre le découpage mais contre la précipitation inconsidérée. Pour lui, il faut y aller de façon rythmée. Car, soutient-il, le Congo d’aujourd’hui n’est pas riche. Ici, l’autonomie des provinces rime avec le transfert des responsabilités et des charges, ce n’est pas un transfert des richesses. Elu de l’intérieur du pays, Lutundula est formel : démembrer des provinces pauvres, c’est démembrer la pauvreté et la multiplier par autant d’entités démembrées. Il n’y a pas d’argent qui est venu en supplément, mais il y a des charges qui viennent en supplément, fait remarquer l’élu de Kataka-Kombe. Le fin mot de sa démarche, c’est éviter tout ce qui peut donner l’impression ou tout ce qui peut provoquer un échec du processus de décentralisation. Rencontre avec un élu foncièrement patriote.
Forum des As : Le MSDD s’est mué en ADP, pourquoi ce changement de nom ?
Christophe Lutundula : Honnêtement, je n’ai jamais voulu adopter la langue de bois. Nous avons créé le MSDD en 1998 avec les amis (Biebie, Makanu, Eboma) et on a travaillé, on est allé à Sun City. Au retour de Sun City on avait quatre députés et un sénateur. Mais la suite n’a pas souri. D’abord après Sun City, au sein de la composante Opposition politique, on s’y est donné, on a travaillé mais nous n’avons eu aucun espace d’action gouvernementale. Quand on fait la politique, il y a deux étapes, l’étape de la conception, de la réflexion, on a ses idées, on a ses convictions… Et l’autre étape c’est celle de la matérialisation que j’appelle l’espace d’action, nous n’avions pas eu ça. Et il faut être honnête, se critiquer sévèrement. Nous avons compris certes que nous avions été victimes de la société telle qu’elle est, avec sa culture. Mais d’un autre côté aussi il y avait de la naïveté. On ne fait pas la politique toujours avec la morale. Hélas je le dis vraiment avec le pincement au cœur. Rappelez-vous ma phrase à la Conférence (Conférence nationale souveraine, NDLR), la politique c’est de l’excellence. Le politique, homme ou femme, doit être une référence. Mais ce n’est pas toujours ça. Je me rappelle ce que papa Ileo m’a dit à la Conférence nationale où au Haut conseil de la République on devait élire le bureau. Moi j’étais candidat Premier vice-président comme papa Ileo. Et il m’a appelé et m’a dit, « Lutundula, yo o ndimi ko ya na makambo oyo ?, tu veux venir dans ces histoires ci ?, o ko koka te, tu ne tiendras pas le coup « . Il me dit  » moralement c’est inadmissible, socialement insupportable, physiquement très éprouvant… » Et nous au MSDD, quand on a créé le parti, on n’a pas voulu être impertinent, on n’a pas voulu être violent, on créditait tout le monde de bonne foi… 
Aux dernières élections législatives de 2011, normalement nous devrions avoir trois députés, il y a eu ce qu’il y a eu, on a perdu… 
On a vu qu’il y a eu d’autres faiblesses en termes de conception du phénomène pouvoir, en termes de stratégie de lutte, en termes de relation à la Société civile, à la classe politique et à la société congolaise d’une manière générale, il y a eu beaucoup de choses qui nous ont manqué. Et le MSDD a reposé sur le leadership d’une personne, moi, mon équation personnelle. Je ne veux pas parler de la culture congolaise. Mais on ne peut être dans un parti comme ça, il faut un leadership collectif. C’est au vu de tout cela que j’ai pris le courage avec d’autres amis de convoquer ceux qui sont restés avec nous au parti. Pour poser une question : « nous allons avec le parti, et de quelle manière ou nous disons ce n’est pas impossible, on cherche d’autres alternatives ». C’est ça la question de départ. On s’est réuni. J’étais content de voir qu’il y a beaucoup de jeunes, universitaires surtout. Et après débat, tout le monde a dit non, on ne capitule pas. Ça a été difficile jusque là, mais recommençons l’expérience. Alors on a opté pour refonder le parti. Qu’est-ce à dire ? Nous avons tout le cadre juridique, le MSDD, nous avons quelque héritage, notamment le manifeste du MSDD, et personne ne l’a contesté, héritage d’une certaine visibilité liée malheureusement à moi seul. Et sur cette base là, nous ouvrons les vannes, on accueille tous ceux qui viennent et on refait même l’organisation du parti. Même le leadership on le reconstruit. C’est pour ça que tout en gardant le logo du parti on a restructuré, on a changé la dénomination. La dénomination c’est d’abord le symbole de cette refondation pour qu’on sache que l’on repart sur de nouvelles bases. La dénomination c’est aussi un problème de communication. Le MSDD, quatre lettres, on s’est aperçu pratiquement plus de 15 ans de fonctionnement que c’est lourd. Il y a des qui disent MCDD, même des intellectuels, d’autres MDD etc… Pour le besoin de la communication, il faut trouver quelque chose avec trois lettres. Et on s’est dit finalement pourquoi chercher loin. Nous sommes tous ici des gens qui croient en la démocratie comme système le meilleur pour reconstruire le pays. Nous sommes tous des démocrates et nous nous retrouvons pour agir ensemble et faire avancer le pays. Donc Alliance des démocrates pour le progrès, c’est simple comme bonjour, d’où ADP. Mais il y aura une période de transition d’un an liée au fait qu’il y a les élections, la liste des partis est déjà partie, et il faut que les gens s’y habituent. Durant cette période de transition d’un an, on mettra ADP/MSDD pour permettre aux gens de se retrouver. Ca peut créer un problème juridique, légal, constitutionnel. Il ne faut pas que ça apparaisse comme si j’ai quitté le MSDD, parce que j’ai été élu sous le label MSDD. C’est le même parti qui s’est transformé en appliquant ses statuts. On va écrire au président de l’Assemblée nationale, à la CENI pour leur dire notre parti est là, on a changé de dénomination et il y a une période de transition.

A LA SUITE DE VOTRE QUESTION ORALE AVEC DEBAT ADRESSEE AU VICE-PREMIER MINISTRE, MINISTRE DE L’INTERIEUR EVARISTE BOSHAB VOUS ETIEZ PRATIQUEMENT REJETE PAR VOS PAIRS DE LA MP DONT VOUS TRAITENT DE TRAITRE…
A un moment donné moi-même j’ai eu le sentiment aussi que j’ai été trahi par ma famille politique. Ce n’est pas la première fois que j’émets des inquiétudes sur les élections locales, communales et urbaines et sur la manière dont on veut mettre en mouvement le processus d’installation des nouvelles provinces. Télévisions, radios, journaux, ça fait maintenant plus d’une année, dont personne ne peut me dire qu’il ne savait pas mon point de vue. Ca c’est très clair. Deuxièmement, je ne sais pas si on réalise ce qui se passe. Nous sommes aujourd’hui à la dernière étape, c’est mon jugement, du processus de changement pour lequel on s’est battu depuis 90. Il y a eu le problème de la Constitution, je note avec satisfaction qu’on n’en parle plus. Plus de changement de constitution, plus de modification, c’est une victoire. Je dis que c’est la dernière étape. Et puis il y a le problème des élections, décentralisation, ce que vous appelez découpage, c’est-à-dire l’organisation politique et administrative du pays sur la base des provinces autonomes. Ce sont des options à la rigueur qui datent de 1960. La Loi fondamentale, c’était 21 provinces. La Constitution de Luluabourg, c’est la même chose. C’est le président Mobutu qui a recentré les choses parce qu’il disait le pays sortait de la guerre civile… Mais à la fin, il avait repris cela. A la CNS c’est ce qu’on avait dit, à Sun City la même chose. Ce n’est plus un problème d’option, c’est un problème de mise en œuvre. Et aujourd’hui, il faut éviter tout ce qui peut donner l’impression ou tout ce qui peut provoquer un échec du processus. Donner l’impression qu’on voudrait faire échouer la décentralisation. Il y a plusieurs façons de faire échouer ça. Ca c’est une considération aussi. Et la CENI a sorti son calendrier, mais il y a eu beaucoup de réactions et dans l’ensemble il y a une demande forte de consensus. Et une demande forte de dialogue sinon à tout le moins de débat et d’explication. 
Donc c’est une question d’importance nationale, de haute sensibilité politique qui transcende les limites étroites de formations politiques et de familles politiques. Nous sommes des parlementaires. Un parlementaire n’existe pas pour lui-même, il existe pour le peuple. Le débat sur la Constitution, je ne suis pas intervenu. Parce que moi je savais que député, j’ai un espace institutionnel où je peux intervenir et même obtenir une décision. Dans un premier temps il faut écouter. Il était absolument nécessaire pour une question comme celle-là, que quelque part, il y ait un espace de discussion, de débat. Et quand j’avais publié une tribune dans la presse, j’avais dit à la fin, qu’à la rentrée parlementaire, je prendrai l’initiative pour un débat républicain de vérité et de responsabilité avec le Gouvernement. Tout le monde le savait. Et c’est ce que j’ai fait, ce n’est pas un problème de Lutundula, ça me dépasse moi. C’était absolument nécessaire. Une autre raison, moi aussi j’ai eu des appréhensions, des inquiétudes, je devais les partager avec mes compatriotes au-delà de ma famille politique, pour qu’on ne dise pas qu’on ne le savait pas. 
Quand il y a eu l’affaire de la loi électorale, je l’ai dit, enlevez l’alinéa 3, j’ai fait même des amendements. On a crié à la trahison, mais qu’est-ce qui s’est passé après (les troubles à Kinshasa et une partie de l’arrière-pays les 19, 20, et 21 janvier, Ndlr) ? Je m’adresse à ma famille politique, on veut nous avoir nous qui gouvernons. A partir de cette petite fissure de décembre, on commence à parler fosse commune, ceci cela. S’il n’y avait pas eu décembre, on n’aurait pas eu ça. Je ne sais pas si l’on s’aperçoit de cela. Et moi je ne m’en réjouis pas, je dis les faits m’ont donné raison. 
Et ce que je fais maintenant, je dis un, pour les élections locales, les urbaines et les communales, ça n’est pas prêt et nous n’avons pas d’argent pour ça. Résolvons d’abord la question de la constitutionnalité des positions actuelles des assemblées provinciales, des gouverneurs de provinces et du Sénat qui vont faire cinq ans de plus sans élections ! Il ne faut pas être juriste pour comprendre qu’on est en dehors de la loi. Et on n’a même pas consulté la Cour constitutionnelle. Il eut fallu à mon avis qu’on demandât à la Cour, à l’époque Cour suprême de Justice, ne fut-ce pour constater ce cas de force majeure qui fait que les mandats continuent. Au lieu de se contenter de dire que non les mandats se terminent à l’installation de ceux qui sont élus. Il a fallu ne fut-ce que se couvrir par la Cour constitutionnelle. Ca n’a pas été fait. 
Je ne m’oppose pas à ça, j’ai un problème au niveau de la décentralisation. Je dis pourquoi avons-nous pris le secteur, pourquoi ne pas prendre le territoire. Je suis député de l’intérieur. Il y a des secteurs qui ne sont qu’une avenue, c’est-à-dire la route est là, de part et d’autre il y a des maisons, ça vous fait un kilomètre ou deux kilomètres à la rigueur. C’est un secteur avec groupement de chef de clan. Mais où est l’assiette fiscale ? Qu’est-ce qui va arriver, il n’y a pas d’argent pour payer les gens et faire fonctionner. Ceux qui sont là, ils frappent sur les petits avoirs, les petites propriétés de la population. Effet de boomerang, les gens vont commencer à revendiquer, ça peut dégénérer en des désordres politiques. Et qui paye cela, ce sont ceux qui sont au pouvoir. Pour l’installation des nouvelles provinces, nous avons voté le budget en décembre, nous n’en avons pas parlé. Il n’y a pas longtemps. Et tout d’un coup, l’installation des nouvelles provinces, 26 ! Vous passez de 11 assemblées provinciales à 26, de 110 ministres provinciaux à 260 au mois de juin. L’argent est où, pour les payer et leurs cabinets ? Mêmement pour les gouverneurs. Les provinces ne sont pas riches. Démembrer des provinces pauvres, c’est démembrer la pauvreté et la multiplier par autant d’entités démembrées. Pour quelles raisons ? Il n’y a pas d’argent qui est venu en supplément, mais il y a des charges qui viennent en supplément. C’est aussi simple que ça. Moi je ne comprends pas que dans ma famille politique qu’on ne comprenne pas ça. C’est nous qui allons payer les prix, alors à un moment donné il faut prendre ses responsabilités, son courage. Je cite un exemple très illustratif, Nicolas Copernic, l’astronaute polonais qui a dit que la terre tourne autour du soleil, on dit non, il a menti. On l’a tué, et après ? Dans la vie politique, il faut accepter l’opprobre sur soi, quitte à ce que les faits vous donnent raison. Si aujourd’hui, on change les choses, je vais applaudir pace que mon objectif ce n’est pas de me faire valoir ni de voir que ça échoue, non… On peut faire étape par étape. On prend peut-être deux ou trois provinces, on les installe, on voit. Depuis qu’on a fait Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema, on n’a pas pris le temps d’évaluer…Tout le monde les vante aujourd’hui. Mais ça a plus de 20 ans ! Demandez à Konde Vila, et surtout Tshala Mwana, qui est venu de la première province du Maniema. Qu’est-ce qu’il n’a pas connu ! Et le Maniema est un mauvais exemple. Le Maniema a eu la chance à travers ses fils : Matata, Matenda, Thambwe Mwamba, Pierre Lumbi et depuis l’époque du président Mobutu le feu papa Kithima, ils sont nombreux, qui ont eu de positionnements au niveau des institutions qui leur ont donné de capacité de décision…
J’ai fait un choix, traître, chacun de nous peut faire ce qu’il veut. Mais je crois que ma famille politique commet une erreur, c’est en fait de donner l’impression qu’on n’a pas quitté la IIème République.

CONCLUANT LE DEBAT A L’ASSEMBLEE NATIONALE, VOUS AVEZ DEMANDE A MINAKU, KENGO ET MATATA D’ALLER RENCONTRER LE CHEF DE L’ETAT JOSEPH KABILA. POUR QUEL OBJECTIF ?
Je suis conscient de ceci. Premièrement, la conception du calendrier électoral et le déroulement du processus sont nettement marqués par le politique. Et à ce niveau là, n’en déplaise à la CENI, ce n’est plus le problème de la CENI. A la CENI on commet l’erreur, je ne leur aurais pas conseillé d’entrer dans le débat. Ils ont fait le calendrier et devraient prendre du recul. Le fait qu’ils entrent dans le débat, ils prennent partie, ça pose un problème de crédibilité par rapport aux compétiteurs. La neutralité de la CENI est sujette à caution pour le moment puisqu’elle entre dans le débat. Mais, c’est un problème qui doit se traiter au niveau de ceux qui ont la première responsabilité de la gestion du destin national. Deuxième considération, je sais qu’il y a toujours une attitude qui peut dire on a décidé, on n’y revient pas. Le défi, c’est difficile dans ce type de problème surtout si ça se situe au niveau le plus élevé de revenir. Chacun fait ce qu’il veut, le plus fort n’a qu’à l’emporter. Mais que vous ayez été le plus fort à un moment donné ou plus faible, quand ça barde, ça barde. C’est pour ça que je disais l’autre jour, la CENI n’a qu’à se taire. Parce que quand ça barde ici, ce n’est pas la CENI, on ne voit pas la CENI. Elle fait le Ponce Pilate. La CENI a fait un calendrier global assorti des contraintes. Ca veut dire quoi, moi je n’ai pas de problème, si ça ne marche pas, c’est le Gouvernement. C’est ce que dans ma famille politique on ne comprend pas. Donc je dis il faut envoyer ça au Parlement, la première institution politique du pays c’est le chef de l’Etat, la deuxième c’est le Parlement et la troisième c’est le Gouvernement. Dans un élan de responsabilité au niveau le plus élevé, le président Kengo, le président Minaku, le chef de l’Etat, le Premier ministre Matata avec Boshab comme le porteur du dossier, ils peuvent se retrouver, analyser froidement le dossier, oublier leurs intérêts, leurs ambitions personnelles, dire non pour ne pas détruire ce qu’on a construit difficilement depuis quelques années. On a fait beaucoup de progrès, sur le plan économique, social, démocratique. Ma famille politique ne comprend pas que nous avons une obligation commune de préserver cette œuvre commune. C’est ça aussi ma préoccupation. Nous recommandons qu’on reporte les locales. Et si nous tenons à avoir de nouvelles provinces, qu’on fasse de manière rythmée. Ce n’est qu’à ce niveau, mais il va falloir qu’eux aient le courage et la volonté politique de le faire…

CHRISTOPHE LUTUNDULA EST-IL TOUJOURS MEMBRE DE LA MAJORITE PRESIDENTIELLE ?
La Majorité présidentielle, c’est la propriété commune de ses membres. Je n’ai pas pris la Majorité présidentielle en cours de route. Mon parti est cosignataire de la première charte, la charte originelle qui a été signée au Grand Hôtel. Donc c’est une propriété commune, il faut que l’on comprenne ça. Je n’entends pas quitter la Majorité présidentielle. En tout cas pour l’instant je n’en ai pas l’intention. J’entends continuer mon action politique dans le cadre de la Majorité. Je voudrais préciser aussi que la Majorité présidentielle, ce n’est pas un parti politique. C’est une association des partis, à telle enseigne que le PPRD, notre frère aîné parce que c’est le parti qui a le plus grand nombre de députés, quand il tient ses réunions, ses congrès (Kisangani, Mbandaka), le PPRD prend ses décisions, fait ses déclarations. Dernièrement, le PPRD a dit je suis prêt pour à aller aux élections, je vais organiser mon congrès. Est-ce le PPRD a consulté quelqu’un d’autre ? Est-ce qu’on peut dire que le PPRD a trahi ? Moi je ne suis ni membre du bureau politique ni qui que ce soit, je suis un cadre quelconque. Je dois avoir un espace d’expression, si non je vais me suicider. Je ne peux pas parler outre mesure, discipline, on va dire trahison, je n’ai pas d’autres aréopages mais j’ai au moins le mandat parlementaire qui a ses contraintes. Je suis de la Majorité, je m’exprimerai dans le cadre de la Majorité avec le seul souci de servir mon pays et de voir que la Majorité garde le pouvoir dans la transparence, dans le respect de la légalité républicaine en particulier de la Constitution et en toute démocratie. .

EN DEFINITIVE, ETES-VOUS POUR OU CONTRE LE DECOUPAGE TERRITORIAL ?
Je vous ai dit au départ, ce n’est pas nous qui sommes les pionniers. Le Congo sera un Etat à provinces autonomes et décentralisées. Et alors, il va se développer de manière harmonieuse ou ne le sera pas et on va rester comme on est avec des pools de concentration où tout le monde va avec l’exode rural, avec tous les inconvénients que vous connaissez. Je vous ai dit que je suis fédéraliste. Mais il faut faire attention. Nous avons toujours dit à l’ADP/MSDD, hâtons-nous lentement vers l’autonomisation des provinces car le Congo d’aujourd’hui n’est pas riche. Au Congo, l’autonomie des provinces c’est le transfert des responsabilités et des charges, ce n’est pas un transfert des richesses. Et ça va désillusionner beaucoup de gens. Si on est authentiquement acquis à l’organisation administrative reposant sur des provinces autonomes, on doit y aller rationnellement. Regardez la Belgique. Son produit intérieur brut est supérieur au produit intérieur brut de tous les Etats de l’Afrique au dessus du Sahara moins le Nigeria et l’Afrique du Sud. La Belgique a fait plus de 50 ans pour être là où elle est aujourd’hui en termes de fédéralisation. On est pressé pourquoi ? Nous n’allons pas aller avec le découpage jusqu’à créer des principautés tribales, pauvres, misérables, où tu arrives on te dit monsieur, fous le camp, va chez toi ! C’est ça le danger aussi. 
Les locales, est-ce que tout est résolu ? Vous avez oublié qu’à l’époque du président Mobutu, on avait le problème de pouvoirs coutumiers et de la représentation dans les provinces. La loi sur les statuts des chefs coutumiers, votons la, elle va nous démontrer comment ça va marcher. La caisse de péréquation, qui permet que ça aille bien, il faut la voter. Avec 9 milliards de budget prévisionnel où vous ne réalisez que 5 ou 6, vous dites non, on y va. Le Premier ministre Muzito à l’époque a publié deux opuscules où il a démontré sur le plan financier ce que ça ferait. D’ailleurs c’est paru récemment dans la presse. Si vous avez suivi la communication du gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, au séminaire organisé par le PALU, il a démontré a+b, comme gouverneur, vous faites les élections aujourd’hui, une commune de Mbandaka n’aura que 800 dollars par mois. Une commune de Kinshasa aura maximum 2000 dollars pour fonctionner. Ca ce n’est pas moi qui le dis, mais ça fait peur ! Donc je ne suis pas contre mais je suis contre la précipitation inconsidérée comme disait le Roi Baudouin en 1960. 


Propos Recueillis Par Dorian Kisimba Et Didier Kebongo

http://7sur7.cd/new/decoupage-territorial-lutundula-craint-la-creation-des-principautes-tribales-pauvres-et-miserables/


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire