Digital clock

Pages vues le mois dernier

Translate

SACREBOPOL

dimanche 24 mai 2015

LE BURUNDI, LES FLAMMES DE LA COLÈRE




















LE BURUNDI, LES FLAMMES DE LA COLÈRE









TROIS MORTS PAR JETS DE GRENADES















Le Burundi, les flammes de la colère
Jusqu’où ira le pays dans l’horreur ? Trois personnes ont été tuées par des jets de grenades vendredi soir dans la capitale burundaise Bujumbura, agitée depuis quatre semaines par la contestation populaire contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.
C’est au terme d'une journée marquée par une manifestation de plusieurs milliers de personnes dans le quartier périphérique de Cibitoke, et de nouveaux affrontements avec les policiers, que deux grenades ont été jetées par des inconnus en plein centre-ville. Elles ont explosé à proximité de l'ancien marché central, au milieu de la foule et de vendeuses de fruits et légumes installées à même le trottoir. Peu après l'attaque vers 19H00, deux corps étaient allongés côte à côte, recouverts de pagnes, et gisant au milieu de flaques de sang. Au total, trois personnes ont été tuées, d'après la police et une quarantaine blessées, selon un bilan établi par l'AFP.
Depuis fin avril, le Burundi est au bord de l’implosion. Quasi-quotidiennement des manifestations ont lieu, émaillées de nombreux heurts entre policiers et protestataires, et sont sévèrement réprimées, avec une vingtaine de morts en quatre semaines, et des scènes de guérilla urbaine. Les autorités n’hésitent plus à utiliser ses armes à feu pour disperser les manifestants, tirant en l'air mais également parfois à hauteur d'hommes, faisant craindre à chaque affrontement un dérapage sanglant. En moins d’un mois, 22 personnes ont perdu la vie.
Avec l'attaque de vendredi soir, c'est la première fois que des grenades sont jetées ainsi au milieu de la foule, et qu'on vise délibérément des civils, contribuant encore un peu plus à instaurer un climat d'instabilité et d'angoisse dans la capitale. Des attaques du même genre étaient très fréquentes dans les années 1994-1996 ayant précédé la sanglante guerre civile burundaise (1996-2006), période pendant laquelle les milices ethniques faisaient régner la terreur dans les rues de Bujumbura.
Vendredi soir, l'un des leaders du mouvement protestataire, Pacifique Nininahazwe, a annoncé une trêve de deux jours pendant le week-end afin de permettre notamment «aux habitants de la capitale de s'approvisionner.» Mais rien de plus. Qu’adviendra-t-il par la suite ? A ce jour, près de 110 000 Burundais ont trouvé refuge dans les pays voisins, dont 70 000 en Tanzanie. Une épidémie dans l'un de ces camps en Tanzanie a fait près de 31 morts, avec un rythme alarmant de près de 400 nouveaux cas quotidiens, selon l'ONU.
© Kenny Katombe / Reuters
Le samedi 23 mai 2015 l Mise à jour le samedi 23 mai 2015








Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire