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SACREBOPOL

dimanche 5 février 2012

Rapport des experts :

Le rapport des experts internationaux éconduits sans aucun égard à la CENI ne s'arrête pas à la seule réévaluation du processus électoral depuis la révision du fichier électoral comme l'a a écrit le quotidien «LE PHARE», il y a quarante-huit heures. Il exige également «la recrédibilisation de l'institution électorale» et «la mise en place d'un mécanisme pour la gestion de la crise née du chaos électoral», selon ce qu'en ont rapporté à «CONGONEWS» des sources proches de l'IFES et de NDI. Restaurer la crédibilité de la CENI ne signifie rien d'autre qu'en faire partir le bureau actuel de Daniel Ngoy Mulunda qui a brillé par une compétence souvent et toujours justifié par le très malléable Jacques Djoli. Cette position rejoint ni plus ni moins celle de l'Eglise catholique qui réclame carrément la démission du bureau de la CENI en même temps que l'annulation des élections du 28 novembre 2011. Donc Ngoy Mulunda et son compère doivent payer. Et Joseph Kabila en partie.

Puisque les conditions d'organisation de l'élection présidentielle lui ont privé de la légitimité escomptée, l'issue qui lui est offerte est de partager le pouvoir avec l'opposition. C'est ce qu'insinue la mise en place d'un mécanisme de gestion de la crise. Partager le pouvoir et non rallier quelques opposants par débauchage comme tente de le faire le régime depuis quelques semaines. A ce propos, un émissaire kabiliste se fait éconduire avec des enguelades en gratification de la résidence d'un baron à qui il était parti proposer un portefeuille ministériel. Quand les experts poussent à un dialogue, ils ne font que relayer la position de deux puissantes capitales qui les ont mandatés, Washington et Londres. Ici et là-bas, la logique est de pousser à l'affaiblissement, quitte à préparer pour 2016 l'arrivée d'un autre type d'homme d'Etat plus enclin à respecter la bonne gouvernance.

Un projet appuyé par ceux qui soupçonnent Kabila d'être tenté par l'idée d'un troisième mandat avec la possibilité d'une révision constitutionnelle ou de reproduire le schéma Poutine. D'ailleurs, Washington a renouvelé ses critiques sur les élections congolaises, provoquant la réaction de Lambert Mende qui s'est tapé la poitrine qu'il s'agit des élections organisées avec les propres moyens congolais pour les Congolais. Donc les Congolais ne méritent pas mieux. Londres, de son côté, avait radicalisé sa position à la présentation de l'enquête du député britannique Eric Joyce qui avait mis un bradage de l'ordre de 5,5 milliards de dollars des mines congolaises sur le compte de Joseph Kabila et son entourage. Kinshasa n'a jamais démenti. Même pas de la bouche du très loquace Mende qui s'est spécialisé dans les déclarations à temps et contre-temps. Qui ne dit mot consent, dit-on entre les gens de bonne société. Paris, par contre, a tempéré sa position au nom des intérêts que le régime a cédé la multinationale pétrolière française Total et France Telecom. Des sources font état de la cession du bloc 4 du graben Albertine et du switch de l'OCPT. Voilà une affaire à la Charity businnes, des ONG qui s'enrichissent sur le dos des pauvres en Afrique, notamment en RDCongo sous prétexte de faire de l'humanitaire ou cette France qui feint de se solidariser aux congolais quant au respect de leurs droits à se choisir leurs dirigeants. Juste une astuce pour profiter de la mauvaise passe d'un chef d'Etat mal élu pour lui faire signer un contrat ou un autre le couteau à la gorge. Cynique ce monde des puissants qui se font passer pour les champions de la démocratie. 

Au delà de tout, il faudra compter avec la dynamique interne de l'Eglise catholique qui culminera le 16 ou le 19 février prochain, les abbés ne s'étant pas encore accordé sur la date. L'historique 16 février tombe un jeudi auquel les abbés préfèrent la journée du dimanche à venir, soit le 19 février, plus propice pour une grande mobilisation des fidèles après la première messe de grande affluence à partir de 6 heures 30. La commémoration de la marche des chrétiens ne sera qu'un début, l'Eglise prévoit de pérenniser le mouvement dans la rue jusqu'à faire aboutir ses revendications. Le régime en éprouve des frissons.

Il a fait intervenir plusieurs pressions de l'extérieur qui n'ont toujours eu raison de la détermination du Centre Lindonge. Comme celle de Mgr Desmond Tutu, le célèbre archevêque anglican connu pour sa lutte contre l'apartheid dont les affinités avec Ngoy Mulunda ne sont un secret pour personne dans les milieux avertis. A l'accession de Joseph Kabila au pouvoir, Tutu a débarqué à Kinshasa pour soutenir le nouveau chef d'Etat, le comparant au Joseph de la Sainte Bible. C'est Mulunda qui avait joué à l'entremetteur.


 MATHIEU KEPA


Toutes les langues se délient pour condamner les violations flagrantes des dispositions de la loi électorale, après la publication provisoire des résultats. La dernière condamnation vient de l'ADH (Alliance des Démocrates Humanistes). 

Son président national, Joseph Bangakya, dénonce certains excès, voir certaines dérives de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), visant à écarter ses candidats élus à la députation, nationale.

Dans une lettre présentée à la presse, Bangakya évoque les cas de Jean-Claude Baende et de Félix Bosekota, tous deux membres de l'ADH, candidats députés nationaux respectivement à Mbandaka et à Boende, dans la province de l'Equateur. Ils sont accusés par le pouvoir organisateur des élections d'avoir organisé des violences dans leurs circonscriptions électorales. Faux, affirme le président national de l'ADH en brandissant sa lettre de protestation (lire en fac simulé la lettre de protestation de Bangakya, adressée à la CENI). Dans cette lettre, Bangakya dénonce que Baende a été candidat à la circonscription électorale de Mbandaka et non à Bikoro et à Makanza pour y aller semer des troubles le jour du scrutin. Pour le second cas, l'Alliance des Démocrates Humanistes indique que rien ne prouve que Félix Bosekota a été, lui et ses partisans auteurs des pillages et violences dans des bureaux de vote et Centres Locaux de Compilation des Résultats. Devant la Cour Suprême de Justice, l'ADH affirme qu'elle dispose des toutes les pièces à conviction qui innocentent Baende et Bosekota devant les accusations de Ngoy Mulunda Nianga Daniel, qu'il qualifie de fausses et non fondées. Autre revendication de l'Alliance des Démocrates Humanistes face aux comportements peu orthodoxe de la CENI, c'est la confusion créée autour de l'élection de l'ancienne célèbre journaliste du Desk/Lingala de la Radio Okapi, Rebecca Ebale Nguma. Cette jeune ménagère et ministre provinciale à l'Equateur, a été élue à la circonscription électorale de Lisala, à l'Equateur et proclamée provisoirement par la CENI le jeudi 26 janvier 2012.Rebecca Ebale a été de manière surprenante écartée de la liste des heureux élus. Pour se justifier, la Commission Electorale Nationale Indépendante ne donne qu'une seule explication. « Il y a eu des irrégularités à la circonscription électorale de Lisala », indique le bureau de la CENI. Selon le pouvoir organisateur des élections, ces irrégularités ont été d'autorité réglées par la propre démarche de la CENI sans associer l'intéressée. Ce qui paraît étonnant à l'ADH. Pour Bangakya, il existe un complot qui vise l'ADH en général et Jean-Claude Baende en particulier. Pour Bangakya, il est inadmissible qu'un gouverneur en fonction, et de surcroît garant de l'ordre public puisse agir pour troubler la quiétude des paisibles citoyens.


  Eric MASIMO

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