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dimanche 5 février 2012

Mystère : L’«absence» de «Joseph Kabila» : Mende n’a pas convaincu




"Joseph Kabila" lors d’une interview avec la presse britannique. Image TV

 
Où est passé le président «mal réélu» «Joseph Kabila»? En parcourrant les dépêches de l’Agence congolaise de presse, la dernière activité officielle de ce dernier daterait de la journée du jeudi 5 janvier. Ce jour là, l’homme – aurait ? – reçu l’ambassadeur de l’Union européenne venu lui faire ses adieux. Le lieu de l’audience n’est pas précisé. L’Agence officielle note simplement «à Kinshasa». Depuis lors, mystère. «Kabila» n’a plus été vu en public. Ni à son bureau au Palais de la Nation. Ni dans sa Ferme de Kingakati. Fin janvier, un journal en ligne français – Politics inside – annonçait une «information exclusive» selon laquelle «Kabila de la RDC serait actuellement soigné au service neuro-chirurgie dans un hôpital en Allemagne». «Plus de précisions à venir», ajoutait cette publication. La nouvelle n’a été ni démentie ni confirmée par les sources officielles congolaises. Au cours d’un point de presse tenu vendredi 3 février, le ministre de la Communication et presse, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, a été interrogé sur l’invisibilité sans précédent de «Joseph Kabila».
 
Pour les juristes, l’absence «est l’état d’une personne dont on ignore si elle est décédée ou encore en vie». Depuis un mois, «Joseph Kabila» est invisible. Il n’a plus été vu au Palais de la Nation où se trouve le siège de la Présidence de la République. Le convoi présidentiel qui attirait la curiosité des Kinois n’est plus visible sur les routes conduisant vers la Ferme de Kingakati. Où est passé le «raïs»? C’est la question qui taraudent les Congolais en général et les Kinois en particulier. Il s’agit de savoir qui se trouve à la barre du "navire Congo".

Avec son aplomb devenu légendaire, Lambert Mende Omalanga a répondu à cette interrogation. Sans toutefois convaincre. Selon lui, "Joseph Kabila" a opté pour le mutisme pour ne pas "influencer le traitement du contentieux électoral". «Le président est obligé d’attendre les derniers arrêts de la cour suprême de justice concernant la composition définitive de l’Assemblée nationale», a-t-il ajouté. A en croire Mende, «Kabila» s’est astreint à une «attitude de réserve» jusqu’à ce que la Cour suprême de Justice ait fini d’examiner le contentieux électoral sur les élections législatives.

"Neuro-chirurgie"

Fin janvier, un journal en ligne français - Politics inside - annonçait une «information exclusive» selon laquelle «Kabila de la RDC serait actuellement soigné au service neuro-chirurgie dans un hôpital en Allemagne». Contacté, vendredi 3 février, par la rédaction de Congo Indépendant, le confrère français s’est dit confiant sur la «fiabilité» de sa source. Ajoutant que celle-ci «n’est pas encore revenue vers la rédaction» pour donner les «précisions» promises.

Les déclarations de Mende peinent à convaincre. La prétendue «attitude de réserve» adoptée par "Kabila" est, en effet, loin d’être inconciliable avec l’accomplissement de certaines obligations officielles au plan tant national qu’international. Or, depuis un mois, l’homme qui trône, par la ruse et la force des armes, au sommet de l’Etat congolais, ressemble de plus en plus au personnage de la série américaine "L’homme invisible". Flashback.

Le vendredi 20 décembre dernier, «Joseph Kabila» prêtait serment au Mont Ngaliema en présence de son vieil ami et mentor, le président zimbabwéen Robert Mugabe, l’unique chef d’Etat étranger présent à cette cérémonie. «Joseph Kabila avait l’air «absent» lors de cette manifestation», disent des témoins. Mercredi 25 décembre, la télévision nationale (RTNC) diffusait une bande passante annonçant avec fracas que le "couple présidentiel" a passé la fête de la Nativité à Boma. Dans une dépêche datée du mardi 27 décembre, l’Agence congolaise de presse (ACP) de préciser : "Le président de la République, Joseph Kabila, accompagné de son épouse et de ses enfants, a choisi de passer la Noël dans l’ile de Mateba, située aux larges de la ville de Boma, dans la province du Bas-Congo. (...)." "Le chef de l’Etat (...) est arrivé à Boma par route, au volant de sa jeep, (...), ajoute la dépêche. Le Bas-Congo constitue la première sortie du président Joseph Kabila depuis sa réélection à la magistrature suprême au terme du scrutin du 28 novembre dernier".

LD Kabila et P.E Lumumba

Après Boma, l’activité suivante du "raïs" date de jeudi 5 janvier. Selon le bulletin de l’ACP du 6 janvier, l’ambassadeur Richard Zink, représentant de l’Union européenne en RD Congo, est allé faire ses adieux au locataire du Palais de la Nation. La dépêche indique que l’audience a eu lieu "à Kinshasa". Sans précision de lieu. Le diplomate européen a confié à la presse avoir évoqué avec son interlocuteur "des questions en rapport avec la paix en RDC, dans la région et en Afrique et la nécessité de renforcer la coopération et les contacts à haut niveau entre la RDC et l’UE". Il a par ailleurs "rappelé au chef de l’Etat que pour le développement de tout pays, il faut l’intervention des secteurs privés, grâce aux investissements tant des Congolais que des étrangers." Quelle a été la réplique de "Kabila"? Pas un mot.

Le 16 janvier dernier marquait le onzième anniversaire de la disparition (?) du président Laurent-Désiré Kabila. La date officielle de l’assassinat du Premier ministre Patrice-Emery Lumumba intervenant le lendemain, le 17 janvier de chaque année est devenu le jour de célébration de ces deux tragiques événements. Absent, "Joseph Kabila" y a été représenté à ces deux manifestations par le président de l’Assemblée nationale, le PPRD Evariste Boshab. Jaynet et Zoé, eux, étaient présents. Sans oublier la mystérieuse Mama Sifa Mahanya.

C’est à partir de ce moment que les rumeurs les plus folles ont commencé à courir sur la "santé" de "Joseph". "Son état psychologique n’est pas normal pour le moment", confiait un habitué du Palais de la Nation. Une source aéroportuaire à Ndjili assure pour sa part avoir vu plusieurs personnalités de premier plan, de la mouvance kabiliste, littéralement "chassées" de l’avion présidentiel à quelques minutes du décollage. Destination : Lubumbashi. Au Katanga, le couple "Kabila" a été "signalé" au Parc de Kundelungu. On le sait, la rumeur est "la maladie de la communication". Les rumeurs fleurissent généralement là où les pouvoirs publics tentent de dissimuler la bonne information. Bref, la vérité. D’aucuns auraient aperçu "Joseph" dans un centre hospitalier en Inde. D’autres le disent souffrant de «gonflement de ventre», et serait hospitalisé en Chine.

Addis-Abéba

Le mystère ambiant n’a pas laissé insensible certains organes de presse proches de la mouvance kabiliste. Pour "rassurer" l’opinion, un confrère s’est cru en droit d’annoncer le retour "imminent" du "raïs" à Kinshasa. Date : le mercredi 25 janvier. Faux. Le "raïs", disait-on, était attendu pour présider la cérémonie d’échange de voeux de nouvel an avec le corps diplomatique accrédité à Kinshasa. La manifestation n’a pas eu lieu. Aucune justification n’a été donnée dans ce pays où la population est traitée plus en "mineur d’âge" qu’en tant que citoyen, digne de respect.

Absent à Kinshasa, "Joseph Kabila" a brillé aussi par son absence au sommet de l’Union Africaine qui s’est tenu du 28 au 30 janvier à Addis Abeba en Ethiopie. Un sommet pourtant crucial pour le continent. L’élection du prochain président de la Commission de l’Union africaine était à l’ordre du jour. Proche du chef d’Etat sud africain Jacob Zuma, "Kabila" était cité parmi les potentats africains qui allaient voter pour la candidate "sudaf" Nkosazana Zuma.

En séjour au Congo-Kinshasa, le tout nouveau secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, le Francais Hervé Ladsous, n’a pas vu l’ombre du "raïs". Il n’a été reçu "que" par le Premier ministre Adolphe Muzito. Pendant que le reste du monde se trouve au "chevet" de l’instabilité prévalant dans la partie orientale du Congo, l’homme qui tient à rester à tout prix à la tête du pays se comporte en "raïs fainéant". Et si "Joseph Kabila" était devenu, en réalité, impotent et donc "empêché" d’assumer ses responsabilités? Les Congolais ont le droit de savoir la vérité...


Baudouin Amba Wetshi 
© Congoindépendant 2003-2012

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