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vendredi 15 août 2014

Constitution : «Joseph Kabila» doit fixer l’opinion


Le Mouvement social pour le renouveau (MSR), deuxième force politique de la Majorité présidentielle (MP), s’est prononcé mardi 12 août dans le débat actuel sur la révision de la constitution. Selon ce parti, l’idée de réviser les «dispositions intangibles de la constitution» n’a jamais été débattue au sein de cette plate-forme politique. Les positions publiques de certains partis et personnalités de la Majorité sur cette question restent personnelles et n’engagent pas la plate-forme, précise-t-on au MSR où l’on demande «un débat interne franc et responsable».(...)"







Les « anti » révision constitutionnelle ont pris acte de la mise au point du Bureau Politique du MSR soulignant que la Majorité Présidentielle ne s’est pas encore prononcée à cet effet. Ce parti politique exige la tenue d’un débat interne, sans passion, autour de la question.
Ce qui intrigue, dans l’attitude des affiliés de Pierre Lumbi, c’est l’affirmation selon laquelle tous les cadres de la famille politique du Chef de l’Etat qui se sont exprimés jusque-là au sujet de la révision constitutionnelle l‘auraient fait à titre individuel.
 

Constitution : «Joseph Kabila» doit fixer l’opinion
Pierre Lumbi Okongo, conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de Sécurité et "autorité morale" du "MSR"

Au lieu de promouvoir «le calme» et «la sérénité», le communiqué de la direction du MSR (Mouvement social pour le renouveau), daté du 13 août 2014, exacerbe la confusion politique. Une confusion entretenue depuis le mois de juin 2013 d’une part par le silence de "Joseph Kabila" et de l’autre par l’activisme du parti politique dominant, le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie). Au commencement était le très controversé ouvrage «De l’inanition de l’Etat à la révision de la Constitution». L’auteur n’est autre que le nommé Evariste Boshab, secrétaire général en exercice du PPRD. Il y a eu ensuite Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale et secrétaire général de la «majorité présidentielle». Il y a enfin le ministre de l’Intérieur Richard Muyej. Depuis une année, les pontes de la «majorité présidentielle» ont commencé par clamer leur attachement au «respect de la Constitution» avant de changer de fusil d’épaule. Désormais, ils affirment leur volonté de «conserver le pouvoir». Les articles 70 et 220 de la Constitution font obstacle à cette ambition ? «Nous allons contourner cet obstacle par référendum», rétorquent-ils. Pour la première fois, un allié du PPRD ose afficher son «désaccord» apparemment avec l’onction de «Joseph Kabila». Au risque de paralyser l’appareil d’Etat par un suspens pour le moins médiocre, le numéro un Congolais doit fixer l’opinion sur sa position. Le plutôt serait le mieux.
Le contexte dans lequel intervient la prise de position du «MSR» est tout particulier. A savoir : sept jours après le sommet USA/Afrique à Washington. «C’était une réunion strictement économique», épiloguent certains «kabilistes» purs et durs. «La question relative à la révision de la Constitution n’a même pas été évoquée», ajoutent-ils. Erreur. 

« Joseph Kabila » sous pression de l’Occident

Des sources dans la capitale américaine confirment pourtant que le secrétaire d’Etat américain John Kerry a réitéré à «Joseph Kabila» le message qu’il lui avait transmis le 4 mai dernier à Kinshasa. Un message qui s’articule en cinq mots : le respect de la Constitution. «Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois », énonce le premier alinéa de l’article 70 de la Constitution congolaise. En clair, le successeur de Mzee dont le second et dernier mandat expire le 19 décembre 2016, n’est plus qualifié pour se représenter. Sous d’autres cieux, il n’y aurait pas débat.
Les mêmes sources assurent que «Joseph» n’a jamais subi autant de pression de la part des «Occidentaux». «Les Américains semblent avoir mis une croix sur Joseph Kabila», confie un activiste de la société civile de retour des Etats-Unis. Le passage à tabac d’un manifestant Américano-Congolais par des membres de la garde rapprochée du «raïs» est loin d’arranger les choses. Ignorant la gravité des faits, le journaliste pro-kabiliste Jean-Marie Kassamba a confié à l’édition en ligne de "Jeune Afrique" qu’il s’agissait d’une "légitime défense". Les témoins sont formels : il n’y a pas eu d’agression de la part des protestataires. La victime a déposé plainte. L’information judiciaire suit son cours. 

"Désaveu par procuration" 

Dans son communiqué, le «MSR» donne l’impression d’avoir reçu un «mandat spécial» pour «recadrer» les plus zélés des "kabilistes". Objectif : mettre fin à la polémique ambiante sur la révision de la Constitution. «(…), le président de la République lui-même n’a jamais levé une quelconque option relative à cette matière, peut-on lire. En plus, il n’a donné mandat à personne de le faire à sa place». Le texte de souligner par ailleurs que «la majorité présidentielle (…), n’a jamais, jusqu’ici, débattu de la question, ni levé l’option d’une quelconque révision des dispositions intangibles de la Constitution». 

Formation politique dont l’«autorité morale» n’est autre que Pierre Lumbi Okongo, le conseiller spécial de "Joseph Kabila" en matière de sécurité», le «MSR» désavoue par procuration, en termes à peine voilés, Evariste Boshab, Aubin Minaku et Richard Muyej. Et pourquoi pas Lambert Mende Omalanga qui se présente en «dernier des Mohicans» du kabilisme? « (…), l’opinion ne doit pas perdre de vue que ces prises de position restent personnelles et n’engagent pas la majorité présidentielle». Etrangement, le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement est aphone depuis la "sortie médiatique" du MSR. Inhabituel!

Le parti de Lumbi Okongo est plutôt mal inspiré lorsqu’il allègue que «le président de la République lui-même n’a jamais levé une quelconque option relative à cette matière (…)». Cette volonté d’absoudre le "raïs" ne résiste pas à l’analyse. La «tentative» est plus que jamais consommée. 
Clôturant les travaux des «concertations nationales», le 23 octobre 2013, «Joseph Kabila» avait «invité» en toute connaissance de cause les deux chambres du Parlement ainsi que le gouvernement «à mener une réflexion prospective sur le mode de scrutin proportionnel». «Il y a lieu également, précisait-il, d’entrevoir les modalités pratiques d’organiser les élections provinciales au suffrage universel indirect, afin de minimiser le coût des opérations électorales». Sous prétexte de faire des économies, il fallait donc modifier au moins l’article 197 de la Constitution lequel est «verrouillé» par l’article 220. 

Faut-il rappeler la «réunion secrète» qui avait rassemblé les cadres de la majorité présidentielle, sous la présidence de « Joseph Kabila », le jeudi 20 mars dernier à Kingakati? Certains participants assurent qu’il a été question notamment de : la consultation référendaire pour la révision constitutionnelle; l’instauration d’un régime présidentiel ; l’élection du président de la République et des députés provinciaux au suffrage indirect en 2015 et non en 2016 et de la révision à la hausse de la durée du mandat présidentiel portée à 7 ans. 
«Certains d’entre vous m’ont enterré un peu trop tôt, aurait déclaré «Joseph Kabila» devant une assistance interdite. Nous ne sommes pas encore à l’après-Joseph Kabila. Il faut compter avec lui dans les échéances politiques à venir». De l’avis général, le «raïs» tançait implicitement un confrère kinois qui avait présenté le «Premier» Augustin Matata en «dauphin».

"Sauve-qui-peut"
Depuis le lancement du «débat» sur la révision de la Constitution, le premier cercle du pouvoir kabiliste est divisé en deux camps. D’un côté, les «jusqu’au-boutistes». De l’autre, les «légalistes». Le premier groupe serait «piloté» par le chef d’état-major général de l’armée congolaise, le générale Didier Etumba. Celui-ci aurait promis à «Joseph Kabila» le «soutien des Forces armées» en cas de bras de fer avec le monde occidental. Le second groupe aurait pour chef de file…Pierre Lumbi Okongo. «Lumbi a été boudé un moment par Joseph Kabila pour lui avoir conseillé de respecter la Constitution». Dans le «camp Lumbi», on trouverait des personnalités telles que Baudouin Banza Mukalay. Parti en exil après la chute de Mobutu Sese Seko, l’actuel ministre des Sports aurait mis en garde les «faucons». «Vous serez les premiers à fuir…», aurait-il déclaré au cours d’une réunion de la "majorité présidentielle". Il semble que ces "sages propos" auraient été très mal pris à "Kingakati". Devrait-on parler de victoire des «colombes» sur les «faucons »? Difficile à dire. Et pour cause?

Le parti du conseiller spécial Lumbi Okongo - deuxième formation politique après le PPRD en nombre de parlementaires - n’est pas à son premier coup d’éclat. En août 2013, cette formation politique avait annoncé la suspension de sa participation aux activités du bureau politique de la majorité présidentielle. C’était à la suite de la condamnation du député national MSR Muhindo Nzangi Butondo. Celui-ci était poursuivi injustement du chef d’«offense au chef de l’Etat». Le 13 août, la Cour suprême de justice le condamnait à 3 ans de prison ferme pour «atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat». Le lendemain, le MSR décidait de suspendre «jusqu’à nouvel ordre» sa participation au sein de la majorité présidentielle. L’annonce a été faite par son porte-parole, Laurent-Simon Ikenge. Le 19 août, coup de théâtre. Le MSR se rétractait en rapportant sa décision. Muhindo Nzangi, lui, a passé une année à Makala avant d’être relaxé dans le cadre de la loi d’amnistie. La prudence doit donc être de rigueur.Il reste que le communiqué publié par le Mouvement social du renouveau SR autant que le ton de maître d’école qui est usité inclinent à penser qu’il s’agit d’une "opération" commanditée par "Joseph Kabila". En personne. Celui-ci a manifestement confié cette démarche à son proche collaborateur le moins chahuté par l’opinion.

En prenant l’initiative d’inviter «l’ensemble des forces politiques et sociales du pays au calme et à la sérénité», le MSR aggrave, par contre, l’imbroglio politique. De même, il ne laisse à «Joseph Kabila» qu’une alternative : "virer" Pierre Lumbi Okongo pour rassurer la bande à Boshab et Minaku ou sortir de son mutisme pour fixer l’opinion. «Dans le cas contraire, commente un analyste kinois, il n’est pas exclu, dans les semaines et mois à venir, que l’on assiste à un sauve-qui-peut général dans la majorité présidentielle faute…». "Joseph Kabila" doit s’exprimer!"

 http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=9190

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