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SACREBOPOL

mercredi 24 août 2011

PPRD, un congrès à 3 millions de dollars!

 



Le décor est enfin planté. Pendant qu’on s’approche des élections de novembre 2011, la bataille s’annonce rude. Ainsi, tous les coups sont permis : des coups bas, des défections, des ralliements, etc. Et les congrès des partis politiques, à la mode, sont des occasions indiquées pour s’offrir le spectacle. Selon certaines indiscrétions, la somme de 3 millions de dollars Us serait sortie, rien que pour l’organisation du deuxième congrès. Contrairement à l’UDPS et d’autres partis, ici, les kinois auraient été achetés moyennant quelques billets de banque, afin de remplir à tout prix le mythique stade des Martyrs.
Et pourtant, l’occasion devait être trouvée pour jeter un regard rétrospectif, se décider sur les options à prendre pour conquérir le pouvoir et l’exercer le plus longtemps possible.
Mais c’est chaque parti politique qui organise à la va-vite son congrès, pour régler les comptes à ses adversaires politiques connus, potentiels ou supposés. L’UDPS, le MSR, la CCU, le MLC, le PPRD, le RDC/GOMA, l’UDEMO, ne nous diront pas le contraire. C’est comme si tous les ingrédients sont réunis pour un combat permanent avant les congrès des partis, la désignation clientéliste des candidats à la députation et ce, bien avant leur élection par des bases tribales ou achetées. Un congrès, c’est devenu l’occasion ou jamais de faire son test de popularité. De faire son « plein » comme on le dit à Kinshasa. Ne pas organiser son congrès paraît comme une non-existence. Des espaces publics sont pris d’assaut. Il y en a qui remplissent un stade, d’autres une salle de conférences, etc.
Le premier à organiser son congrès était l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Ici, la grande résolution du congrès n’était autre que le choix et le soutien de la candidature d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba comme candidat à l’élection présidentielle de 2011. Ici, l’opinion ne s’était pas réservé de critiquer ce choix, disant qu’il s’agit d’une dictature, dans la mesure où ce président de parti politique se disait déjà candidat, avant même que soit organisé le congrès. Ceci, sans pour autant imaginer que les partis politiques en Afrique se retrouvent tout autour d’un leader charismatique. Ainsi, celui-ci pouvait bien se déclarer candidat, dans la mesure où en 2006, lors des premières élections organisées au pays, les avait boycottées, au motif que toutes les conditions pour une bonne organisation n’étaient pas réunies. Pour ce parti, du reste fils aîné de l’Opposition, ce sont les membres qui ont été appelés à contribuer, sans oublier les donations et d’autres actes des hommes de bonne volonté. Et le lieu choisi n’était autre que le jardin botanique, dans la commune de la Gombe.
Montrer qu’on est aussi populaire
Il faut dire qu’il y a en Rd Congo des partis qui ne peuvent remplir qu’un salon familial ou un container de la taille de ceux qu’occupent nos sous-commissariats de police, éparpillés à travers les quartiers. Ceux-là se disent, toute honte bue, qu’ils sont eux aussi en congrès très ordinaire. Mais certains n’ont pas voulu se contenter de leur statut de parti tête d’affiche de la Majorité Présidentielle. Ils ont mis la main à la poche, ont sorti de grands capitaux et ont mobilisé les masses populaires. C’est dans cette ligne que l’on retrouve le PPRD, le MSR, la CCU, l’UDEMO, le RCD/Goma, etc.
Au PPRD par exemple, selon certaines indiscrétions, la somme de 3 millions de dollars Us serait sortie, rien que pour l’organisation du deuxième congrès. Contrairement à l’UDPS et d’autres partis, ici, les kinois auraient été achetés moyennant quelques billets de banque, afin de remplir à tout prix le mythique stade des Martyrs. Comme on a eu à le dire, il s’agit d’un congrès qui a été organisé dans le but premier de se venger du plein enregistré par l’UDPS lors de la clôture de la tournée de leur leader. Comme conséquence, des caméramans ont été brutalisés pour le simple motif qu’ils prenaient des images qui ne cadraient pas avec la volonté des organisateurs. Et pourtant, surtout que le pays connait à ce jour beaucoup de problèmes, la somme de 3 millions de dollars Us serait utilisé utilement pour soulager, tant soit peu, la misère de la population. Il s’agit donc d’un manque à gagner pour le Trésor public. Dire que le congrès devait permettre de choisir le candidat aux élections présidentielle, législatives et provinciales de 2011, c’est taper à côté dans la mesure où tout le monde savait que c’est l’actuel Chef de l’Etat Joseph Kabila qui était le candidat de la Majorité Présidentielle. Et de ce fait, un grand événement comme celui qu’on n’a vu ne valait pas la peine d’être organisé. En plus, le cachet donné aux musiciens, sans oublier l’argent qu’on aurait distribué aux militants, devaient être utilisés à autre chose si réellement on aime son pays.
Faisant l’économie de ses moyens, le MLC n’a fait mieux que de se retrouver dans l’une des résidences du feu Sénateur Jeannot Bemba, pour l’organisation de leur congrès. Ici et comme il fallait s’y attendre, le choix est tombé sur Jean-Pierre Bemba, du reste retenu à La Haye. Comme on peut bien s’en rendre compte, les gros moyens n’ont pas été utilisés. Mais on dira qu’ils ne sont plus au pouvoir. Ce qui n’est pas du tout vrai, surtout lorsqu’on sait comment fonctionne les partis politiques en Rd Congo. Au MLC, les congressistes se sont montrés ouverts à la conclusion de certaines alliances qui pourraient être bénéfiques pour les uns et les autres.
Au CCU, le parti cher à Lambert Mende, l’état des lieux a été dressé et l’avenir balisé. (Un peu comme au PPRD, le candidat à la présidentielle de 2011 était déjà connu : il s’agit de Joseph Kabila Kabange). Ici, c’est la salle des conférences du Centre d’accueil Kimbanguiste qui a été choisie. Ceci, du fait que Simon Kimbangu est le père de l’indépendance congolaise, au même titre que Lumumba auquel la CCU se reconnait. C’est aussi le cas du MSR, qui avait choisi comme cadre la salle du jardin Botanique et qui a fait le choix de Joseph Kabila Kabange comme seul candidat à la présidentielle. Au RCD/Goma, lors de son deuxième congrès, son président Azarias Ruberwa n’a pas pris le risque de se proclamer candidat, même s’il a prôné pour une candidature de l’Opposition du consensus. C’est ici qu’il faut vite relever que ce leader politique qui a perdu l’essentiel de ses cadres n’a toujours pas été accepté par ses collègues de l’Opposition. Ceux-ci disent que l’Opposition ne s’annonce pas, elle se vit.
A l’UDEMO par contre, l’ex. vice-premier ministre en charge du Travail et de la Prévoyance Sociale a été choisi pour être candidat de ce parti. Ici, la population, notamment celle de l’Equateur, qui semble être son fief électoral, sera curieux de lui demander le bilan à la tête de l’Etat, sans passer par les raisons de sa révocation par Joseph Kabila, le Président de la République. Disons que Mobutu Nzanga risque d’avoir beaucoup de problèmes, surtout avec ses frères, qui pensaient qu’il profitait de son rang pour rapatrier le corps de son feu père en Rd Congo et l’enterrer dans la dignité que requiert son rang d’ancien président de la République. Mais certains pensent qu’en politique, beaucoup de gestes ne sont pas posés au hasard. Ainsi, Mobutu Nzanga voudrait profiter, comme en 2006, afin de signer avec le gagnant de 2011, question de se retrouver. Une hypothèse qui semble être très difficile, dans la mesure où il ne peut pas cohabiter avec Joseph Kabila qui l’avait limogé, mais aussi avec Etienne Tshisekedi, le farouche opposant de son père.
Parti sans base solide
A Kinshasa, voire dans toute la Rd Congo, l’on vit à l’ère des congrès, certains chefs des partis politiques dits « autorités morales » – il y en a plus de quatre cents – pensent qu’ils occupent tout l’espace. Ils ne cessent de parler et de gonfler, et pourtant on sait bien qu’ils ne sont guère plus que des ombres, ou presque. Ils se targuent d’avoir une base consistante. A défaut de terroir solide où ils pourraient poser fermement leurs pieds, ces « autorité morales » sont prises dans une alternative : la pénombre ou la lumière. La plupart d’entre les « politicailleurs » trainent des coquilles vides. Même ceux qui se disent « grands » ne sont que des éléphants aux pieds d’argile. Il suffit d’un coup de bâton aux pieds, et flop !…
L’illustration la plus simple a été l’ouverture du congrès du PPRD au stade des Martyrs. Conscients d’avoir déjà empoché leurs frais de transport, les militants ramassés dans tous les coins de la ville de Kinshasa n’ont trouvé mieux que de quitter le stade, pendant que le Secrétaire général faisait son discours. Ce qui a poussé certains à dire que le plein constaté ce jour n’était qu’un trompe l’œil, car ses effets ne pouvaient pas être capitalisés.
Dans ces conditions, on aura beaucoup de mal à trouver un arrière-plan de stabilité. Les traces ne cessent de s’effacer sous leurs pieds. Les paroles mielleuses s’évaporent. Le peuple n’en a cure. Inutile de chercher un cri qui porte, une parole forte : tout flotte dans un nuage nul et non avenu. Les dés sont jetés. Ce n’est pas un congrès (à moitié vide ou à moitié plein) qui changera le cours des choses. Mais les Congolais ont besoins des gens honnêtes, déterminés à changer les conditions de vie de la population qui ne font que se détériorer du jour au jour. Donc, le politique peut bien organiser les congrès, mais la décision appartient au peuple qui détient l’arme fatale pour sanctionner ceux qui vont à l’encontre de ses intérêts.
Tout est permis
Les partis politiques, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, sont en droit d’utiliser toutes les voies qui sont à leur portée, afin de s’attirer le plus grand nombre de militants. Ainsi, pour cette thèse défendue par le Professeur Biyoya, sans moyens financiers, il est difficile de gagner une élection. Pour lui, peu importe la popularité, peu importe le charisme, si vous avez les moyens de votre politique, il est facile d’aller de l’avant. Il s’agit d’une thèse qui se justifie, dans la mesure où les élections en Rd Congo sont encore tribales ou ethniques. Même si une portion très faible de la population peut encore voter par rapport à une idéologie politique quelconque.

http://africaboyebi.blogspot.com/2011/08/rdc-pprd-un-congres-3-millions-de.html

Election présidentielle de 2011 Opposition : le débat sur la candidature unique relancé


En plus de la réplique que les opposants déposent aujourd'hui à la CENI, ils ont aussi débattu du choix de leur représentant commun à la présidentielle.
Les membres de l'opposition congolaise se sont réunis, hier mardi 23 août 2011 en la salle paroissiale de Notre Dame de Fatima dans la commune de la Gombe à Kinshasa, pour faire une réplique à la CENI (Commission électorale nationale indépendante) après les dernières négociations sur les préalables Outre cette réplique, les membres de l'opposition ont,tenté de débattre su le dossier du choix du candidat commun de cette famille politique congolaise à l'élection présidentielle prévue le 28 novembre 2011.

Ce dernier élément inscrit à l'ordre du jour n'a pas été abordé, de la même manière dans la salle. L'ont déploré ce qu'ils ont qualifié de l'imposition d'une pensée unique au sein de l'opposition. Ils soutiennent n'avoir pas été contactés sur le sujet de candidat commun de l'opposition à l'élection présidentielle.

D'autres par contre ont relevé que les partis politiques et regroupements politiques de l'opposition attendent d'aborder ce problème depuis longtemps. Le moment était bien choisi pour débattre de ce dossier sur le choix du candidat commun de l'opposition à l'élection présidentielle.

La modération du débat entre les membres de l'opposition a été confiée, une fois de plus, au député national Lisanga Bonganga, de la CCD (Convention des chrétiens démocrates) et au Secrétaire général adjoint de l'Udps (Union pour la démocratie et le progrès social), Serge Mayamba. Les deux sont revenus sur la dernière rencontre dans le cadre des négociations entreprises dans les installations de la CENI entre les membres du bureau de cette institution en charge de l'organisation des élections et les représentants de l'opposition.

L'opposition a promis de répondre à la CENI, aujourd'hui mercredi 24août 2011, sur les éléments débattus lors des dernières négociations. Les membres de cette famille politique vont aussi profiter de l'occasion pour aborder le dossier de candidat commun de l'opposition. Le débat est aussi relancé pour voir comment harmonisé les avis sur cette question au sein des opposants.

Kumbu Kumbel de la plate-forme Unader - Urec (Union nationale des démocrates républicains - Union pour la reconstruction du Congo) a parlé d'un piège tendu par la modération pour imposer aux autres une pensée unique pendant que les partis de l'opposition n'ont pas été répertoriés et contactés sur cette dernière question. Martin Fayulu a vite répliqué pour relever qu'il ne s'agissait pas d'imposer la pensée unique, mais de débattre d'un sujet longtemps lancé dans l'opposition. Ce dernier e été appuyé par le modérateur Lisanga Bonganga pour préciser que, beaucoup se sont présentés pour la première fois aux réunions do l'opposition alors que les choses ont largement évolué concernant le débat de candidat commun de l'opposition.

L'heure est révolue pour les candidats à l'élection présidentielle de venir vers l'opposition, mais c'est à cette famille politique de faire le choix de son candidat pour le scrutin présidentiel. Il ne s'agit pas

non plus de prendre quelqu'un qui longtemps servi la majorité présidentielle et qui  a fait volte-face pour se retrouver, à quelques mois de l'élection présidentielle dans l'opposition, a soutenu Lisanga Bonganga. L'opposition va donc faire le choix d'un véritable représentant de l'opposition, a insisté le modérateur Lisanga Bonganga. Il a précisé, qu'une méthodologie a été retenue pour que les partis politiques de l'opposition procèdent au dépôt de leurs réflexions sur le candidat commun de l'opposition à l'élection présidentielle. L'information est donc passée. A ce stade, la machine ne peut pas être arrêtée pour le choix d'un vrai candidat commun de l'opposition à ce scrutin. Le président e la CCD a fait savoir que, la modération est composée de lui et du secrétaire Serge Mayamba de l'Udps qui a toujours représenté jusque-là l'opposition dans les rencontres avec la MONUSCO, les différents partenaires impliqués dans le processus électoral et la CENI. Qu'on laisse donc à cette modération continuer le travail, a-t-il conclu.

LUCIEN KAZADI TSHIBAMBE 

Cas « Yves Kisombe » : Les journalistes dans la rue ce vendredi ! Un embargo de 6 mois contre le député « grossier » dans les médias.



Les carottes sont cuites pour Yves Kisombe, député national et cadre du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD). Coupable d'injures totalement discourtoises, grossières et crues, teintées de menaces à l'endroit de la journaliste, Eugénie Ntumba, reporter et présentatrice à la First radio and television by satellite (RTVS 1), il y a de cela trois semaines, le politicien est déclaré « persona non grata» par les professionnels des médias. En clair, un embargo de 6 mois de non médiatisation est décrété contre lui à dater de ce mercredi 24 août 2011.

La décision est tombée hier, mardi 23 août, à l'issue d'une réunion dans les locaux de Syfia/RDC qui a mis autour de la table les organisations professionnelles (UNPC, OMEC, JED, ANECO, etc.) et les responsables des médias tant audiovisuels qu'écrits. A cet effet, le président de « Journalistes en danger» (JED), -Donat M'Baya, a souligné que cette option à finalité pédagogique vise à apprendre aux élus » du peuple à respecter l'homme, en général, et le travail des journalistes, en particulier.

Par ailleurs, afin d'exprimer tout haut ce mécontentement, la corporation journalistique a décidé de descendre dans la rue le vendredi 26 août prochain. Cette marche de colère partira du croisement des avenues colonel Ebeya et des Hileries, pour chuter à l'Assemblée nationale où un mémorandum contre Yves Kisombe sera remis à son président, Evariste Boshab. Dores et déjà, a souligné Donat M'Baya, une plainte au pénal est déposée auprès du Procureur général de la République. Tout en lançant un vibrant appel de solidarité aux journalistes et aux défenseurs des droits à l'expression, Donat M'Baya a fait noter que c'est le député Kisombe qui sera tenu responsable de tout malheur qui surviendrait à la journaliste Ntumba.

Elections : 1ères cibles, les journalistes

Ayant entrepris une démarche de démenti à l'endroit d'un confrère, Mike Mukebayi de « Congonews », le député Kisombe s'est dit « être victime d'un montage... » « Cela ferait rire les vaches... a répondu un responsable de RTVS 1, se demandant par ailleurs quel est son poids politique et électoral pour qu'on lui en veulle. Et puis, d'ajouter, comment ne pas accorder de crédit à cet enregistrement lorsque l'on connaît ses frasques et ses antécédents de limites éducationnelles tant dans sa propre famille nucléaire que dans ses relations avec ses amis et collègues, travailleurs, menuisiers, domestiques, etc.

« Il veut se faire passer comme victime alors qu'il sait et nous savons que le gars est ainsi… c'est sa nature, il a un défaut de fabrication, qu'il traînera au long de sa vie... Il s'est déjà suffisamment moqué du monde, qu'il n'en rajoute pas! » a-t-il conclu.

Cependant, au- delà de ce «cas Kisombe », une inquiétude prend corps dans les milieux des journalistes durant cette période préélectorale. Il s'agit principalement de leur sécurité.

En effet, tout comme lors des dernières élections de 2006, les menaces et brimades à l'endroit des journalistes se multiplient de jour en jour. Le week-end dernier, 'lors de la manifestation politique du PPRD au stade des Martyrs, un caméraman de la télévision RTGA s'est vu arracher son instrument de travail, avant sa restitution mais sans la cassette du film.

Divers observateurs s'étonnent de cet acharnement sur les journalistes, durant cette période électorale, alors que ces derniers .ne font que leur travail consistant à rapporter les événements. Ces chevaliers du micro et de la plume; otages des faits, restent souvent au service de la vérité et ne peuvent en aucun cas être victimes des bourreaux pour avoir accompli cette noble mission.

Cas « Kisombe » : les faits

De quoi s'agit-il ? Avec beaucoup de réserve pour ne pas heurter la pudeur publique, Le Phare se permet de résumer les faits qui se seraient passés le mercredi 3 août dernier. L'«honorable» Yves Kisombe reçoit un appel téléphonique émis depuis la rédaction de la chaîne RTVS1. La journaliste Eugénie Ntumba était, semble-t- il, au bout du fil. «Bonjour honorable, je voudrais vous poser une question sur une déclaration faite par l'opposition...», aurait-elle dit. Pour une raison que l'histoire ne dit pas, la consoeur aurait «raccroché le téléphone».

Heurté dans son ego apparemment démesuré, Kisombe pique une sainte colère. Il se lance aux trousses de l'outrecuidante journaliste' qui a osé lui «manquer du respect». Il tente à plusieurs reprises de former le numéro 'de l'appelante. Aucune réponse. Aussi décide-t-il de contacter le cabinet du Premier ministre Muzito afin de connaître l'identité de la «pute», les mots sont de lui', qui l'a appelé avant de lui «raccrocher au nez».

Au bout du fil, il y a une dame qui adopte le profil bas dans un premier temps. Le député se lance aussitôt dans un monologue à ne pas écouter en famille. «Quel est le nom de la chienne qui a osé me manquer du respect au téléphone ? vocifère-t-il. Quel est le nom de cette pute ?» «Je suis une autorité du pays. Je ne suis pas votre ami», s'enrage Kisombe avant de menacer: « Si tu couvres cette fille, tu auras affaire avec moi, imbécile

«Excusez-nous, honorable», répond timidement la dame «Ecoutes-moi, nyama, imbécile !», tonne- t-il. «Je viens à peine d'arriver», poursuit la dame sur le même ton. «Je vais de ce pas me rendre à la rédaction de TVS1, je vais vous casser la gueule.» Constatant le silence de son interlocutrice, «Yves» lance : «J'espère que tu ne fais pas la maligne en enregistrant mes propos !». «Vous tes un honorable, nous allons enregistrer pour témoigner», répond cette fois fermement une voix féminine. «Imbécile, Nyama !» Je dois connaître le nom de cette dame. D'ailleurs, je vais descendre chez vous pour vous en … avec mon argent !»

 Tshieke Bukasa 

En marge du Congrès du PPRD Chasse aux sorcières dans la territoriale


Tous les Administrateurs des Territoires de la République, à l'instar des Gouverneurs de provinces, ont répondu présents au Congrès du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), organisé du 19 au 21 août 2011 à Kinshasa. Au-delà de la polémique que suscite, dans les milieux politiques, l'adhésion de ces responsables de la petite territoriale, censés pourtant travailler comme apolitiques, il y a cette autre nouvelle de nature à bouleverser les consciences.

Il s'agit, selon plusieurs sources, de propositions de nouvelles mises en place des chefs des secteurs que ces congressistes auraient amenées dans la capitale, afin de les soumettre à qui de droit pour avis, considérations et décision. Un chambardement se préparerait ainsi au niveau de la « petite territoriale », sous la forme d'une véritable chasse aux sorcières. En effet, selon des Administrateurs de Territoires qui se sont ouverts aux médias, sous le sceau. de l'anonymat, certains chefs de secteurs ne seraient pas en odeur de sainteté dans les « entourages » des gouverneurs/PPRD, qui les soupçonneraient de vouloir faire le jeu des candidats de l'opposition lors des élections présidentielle et législatives nationales toutes proches. Ainsi, dans le dessein de parer à toute surprise désagréable, la thérapie de choc envisagée devrait consister à nettoyer les écuries de la « petite territoriale » avant les scrutins du lundi 28 novembre 2011.

Dans plusieurs milieux politiques, ce projet de chambardement sur fond de politisation de l”administration publique est interprété comme une volonté de planifier des fraudes électorales par certains animateurs des institutions de la République. Le rôle des chefs de secteurs serait en effet capital, au niveau des villages, dans l'encadrement et l'accompagnement des élections. Quiconque aurait l'intention de tricher devrait absolument les associer à son aventure.

Risque d'élections non apaisées

De l'avis de plusieurs observateurs, le limogeage des .chefs de secteurs jugés anti-pouvoir, pourrait produire .comme effet négatif des réactions violentes de la part de leurs administrés, en raison de l'encrage de beaucoup d'entre eux dans les cercles des autochtones vivant au sein de leurs entités.. Il s'est en effet développé, au fil des ans, des liens tellement solides entre les un et les autres qu'ils ont dépassé le stade des rapports administratifs pour passer à celui des relations amicales et familiales. Une sorte de complicité, pourrait-on dire, a fini par s'établir entre les uns et les autres, par le biais des autorités coutumières.

Envoyer au garage, sans motif plausible, des responsables de la « petite territoriale » qui passent pour les protecteurs et les éclaireurs de leurs administrés dans le Congo profond, serait planter le décor d'élections non apaisées à travers le pays. Des Violences, préélectorales; électorales et post-électorales sont à craindre dans un climat de colère et d'indignation généralisées.

Les architectes du projet de chambardement au sein de la territoriale, pour des visées électoralistes, ont-ils suffisamment réfléchi aux conséquences de leur démarche ? C'est le lieu d'en appeler à une sérieuse méditation sur l'état d'esprit qui règne au sein des couches défavorisées de la population congolaise aux quatre coins de la République. Qu'on se rappelle qu'à chaque rentrée parlementaire, Sénateurs .et Députés ont eu à ramener, tout au long des 5 ans de là législature, des rapports accablants sur les gestionnaires des affaires publics planqués à Kinshasa, le plus souvent accusés de tirer seul profit du patrimoine communautaire. Restés aussi pauvres qu'en 2006, les compatriotes des provinces auraient du mal à accepter une purge sans tête ni queue destinée à frapper, de manière sélective, des chefs de secteurs qui partagent leur calvaire au quotidien.

Kimp  

Elections 2011 : Ngoy Mulunda met le PPRD en garde !


Étonnant et complètement inattendu. Le président de la Ceni a dit au parti présidentiel de se mettre très sérieusement au travail. « Il ne faut pas croire que tout vous est acquis d'avance », a-t-il précisé.
Profitant de l'occasion, le pasteur président
s'est étendu sur la logique qui va prévaloir à la proclamation des résultats par son bureau. Le fondateur du Parec a mis en garde tous ceux qui croient en la possible manipulation des résultats électoraux. Il a juré qu'avec son bureau, il ne sera nullement possible de conditionner les chiffres.

Le contexte choisi pour lancer ce message incisif ne s'y prêtait pas. Mais, le numéro 1 de la Ceni s'est créé une brèche pour faire passer son message. C'était à l'occasion d'une cérémonie particulière. La communauté tetela rendait honneur à une de ses membres désignés au bureau de la Ceni en remplacement du Msr Flavien Misoni. Le patron de la Ceni était un invité de marque.

Pourquoi avoir choisi le PPRD et le contexte ci-haut expliqué pour lancer un message aussi fort? Il est difficile de décrypter le fond de la pensée de Ngoy Mulunda. Mais, à tout le moins, des personnes avisées pensent que ce dernier a tenu à lancer un avertissement sans appel à la classe politique.

Il est établi que de manière générale, le camp au pouvoir a souvent tendance à minimiser tout effort, comptant sur la complicité du pouvoir organisateur des élections. Ngoy Mulunda a clairement fait savoir à ses anciens proches qu'ils ne peuvent pas compter sur lui. Il ne leur fera aucun cadeau. Il proclamera les résultats qui seront disponibles tels quels.

Jusqu'au bout ? 

Au lendemain du congrès du parti phare de la Majorité et surtout du triple martyrs, la mise en garde de Ngoy Mulunda sonne comme une sorte d'évaluation.

Conseiller du PPRD à sa création, le pasteur président n'en possède pas moins la capacité d'évaluer le rendement de ses anciens émules aujourd'hui.

Des indiscrétions signalent que Ngoy Mulunda voulait, à sa manière, fustiger le triomphalisme béat qu'a affiché le parti de Kabila durant la tenue de son congrès. Il a voulu leur rappeler qu'il ne faut surtout pas crier la victoire avant la guerre. Pas davantage qu'i ne faut la promettre au chef du parti avant le coup.

Le fait de demander au PPRD de se mettre sérieusement au travail, indique que Ngoy Mulunda douterait quelque peu de la capacité revendiquée par ce parti. La pression électorale est de loin plus forte qu'en 2006. Sans un travail élaboré et conséquent sur le terrain, il sera difficile de prétendre à la victoire le 06 décembre prochain.

Quel que soit l'angle où l'on peut analyser le discours de Ngoy Mulunda, il ne fait aucun doute que ce dernier a prévenu le camp présidentiel contre toute éventualité désagréable. Le président de la Ceni a clairement laissé entendre que s'il fallait imiter le président de la Commission électorale ivoirienne, il n'hésiterait pas un seul instant.

Disciple du Révérend Desmond Tutu, le président de la Ceni a une carrière internationale à protéger. Ses proches disent que cette carrière compte plus que celle nationale. Le PPRD a-t-il entendu la mise en garde? Le pasteur président, pour sa part, ira-t-il vraiment jusqu'aU bout de sa logique ? Wait and see.

LP