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SACREBOPOL

lundi 28 novembre 2011

Elections dans la confusion et le désordre

Elections dans la confusion et le désordre 
MFC (avec AFP, AP, Reuters, Belga) 

Mis en ligne le 29/11/2011 

La CENI a autorisé à voter même sans être inscrit sur les listes, en raison du désordre dans celles-ci. Violences au Katanga et au Kasaï : plusieurs morts. 
Les indépendantistes katangais ont revendiqué, auprès de l’AFP, trois attaques anti-élections survenues au Katanga. Un camp militaire et un dépôt de munitions avaient été attaqués dans la nuit de samedi à dimanche à Lubumbashi par des hommes, parfois en uniforme, au front ceint d’un bandeau rouge. Une attaque de ce type avait déjà été enregistrée en juin dernier.

Lundi à l’aube, un convoi de huit Jeep transportant du matériel électoral a été attaqué à son tour; les policiers de l’escorte ont ouvert le feu, blessant certains des assaillants. Selon des sources katangaises, les Jeep transportaient des bulletins de vote déjà cochés au nom de Joseph Kabila. L’AFP indique de son côté que c’est ce qu’affirment les habitants proches du lieu de l’attaque, qui ont montré des bulletins en faveur du chef de l’Etat sortant. 

Peu avant midi, toujours à Lubumbashi, deux bureaux de vote au moins ont été attaqués par des indépendantistes katangais, qui ont invité les électeurs à quitter les lieux. Ils ont tué deux policiers qui tentaient de s’interposer, tandis qu’une électrice était tuée d’une balle perdue. 

Le Katanga, province de naissance du défunt Laurent Kabila, est considéré comme acquis à son fils Joseph Kabila mais, l’été dernier, les observateurs avaient été surpris par le gros succès de meetings de l’opposant Etienne Tshisekedi dans les grandes villes.
Violences aussi à Kananga, chef-lieu du Kasaï occidental et un des fiefs de Tshisekedi. Selon l’Onu, elles ont éclaté après la découverte d’urnes déjà remplies, alors que les électeurs déploraient déjà l’exclusion de témoins de partis de certains bureaux de vote; le tri des électeurs par un chef de centre de vote; l’absence d’urnes et de bulletins dans certains bureaux. Des émeutes ont éclaté, au cours desquelles de trois à quinze bureaux de vote, selon les sources, ont été incendiés. Selon l’AFP, une observatrice a été grièvement blessée dans l’émeute. 

Selon une source de "La Libre Belgique", on a aussi brûlé des bureaux de vote à Demba (Kasaï occidental) parce que les gens ne trouvaient pas leurs noms sur les listes et qu’il n’y avait pas d’isoloirs. L’UDPS a signalé l’absence du nom de Tshisekedi sur les bulletins de vote dans certains bureaux au Kasaï; selon une de nos sources, ces bulletins auraient été remplacés par d’autres, entiers : il s’agissait d’une "erreur de découpe", l’opposant figurant au bas du bulletin.
A Kinshasa, le vote semblait avoir bien commencé, à part des retards. La tension a toutefois monté au cours des heures en raison de la désorganisation : manque de bulletins et d’urnes; absence de nombreux noms sur les listes; bureaux de vote déplacés en dernière minute "faute de place"; électeurs renvoyés sans fin d’un bureau de vote à l’autre; absence de bulletins pour la présidentielle dans plusieurs quartiers pauvres de la capitale - où Tshisekedi est populaire - ainsi qu’à Kisangani (Province orientale). 

Cela a évidemment accru la méfiance des partisans de l’opposition vis-à-vis du processus électoral. Un indice révélateur de celle-ci : la circulation, depuis dimanche, de SMS signés - faussement - "recommandation de la Monusco" (contingent de l’Onu), indiquant qu’il faut emmener un Bic pour aller voter parce que "ceux fournis par la CENI s’effacent après 30 minutes". 

Dans la journée, la CENI a indiqué que l’on devait autoriser à voter avec la seule carte d’électeur, en raison du très grand nombre de gens ne pouvant trouver leur nom sur les listes. "Cette nouvelle est arrivée tard à Goma" (chef-lieu du Nord-Kivu), nous dit une de nos sources dans cette ville, "et de nombreux électeurs étaient déjà partis." Selon cette source, des tirs ont été signalés dans le Masisi, tandis que sur l’île d’Idjwi, "des témoins de partis ont été empêchés d’entrer" dans des bureaux de vote comme le prévoit la loi. 

L’agence AP rapporte, de son côté, des cas de bourrage d’urnes à Goma. 

A Kinshasa, alors que l’énervement montait en raison des difficultés à voter, on a signalé plusieurs cas de personnes attrapées, le soir, par des électeurs en attente alors qu’elles tentaient d’entrer dans des bureaux de vote déjà fermés munies de sacs pleins de bulletins remplis. 

Autre incident, signalé par l’AFP: un barrage de voitures de police et de véhicules blindés a empêché l’opposant Tshisekedi, accompagné de plusieurs milliers de ses partisans, d’aller voter. Il a finalement pu déposer ses bulletins dans un autre bureau de vote.



Sanctionner Kabila


Marie-France Cros
Mis en ligne le 28/11/2011
Le Président sortant doit vaincre l’impopularité que lui vaut son incapacité à accomplir ses promesses. Il est aussi vu comme un rempart contre l’UDPS.
Portrait Envoyée spéciale à Kinshasa
Ses trois premières semaines de campagne, Joseph Kabila, 40 ans, les a consacrées à des meetings dans l’est du pays. Exclusivement. Il sait en effet qu’il est peu populaire à l’ouest, acquis à Jean-Pierre Bemba en 2006 et largement à Tshisekedi et Kamerhe cette année; il l’a réservé pour la dernière ligne droite. A l’est, où le candidat n°3 a ses racines familiales, il avait fait des scores de plus de 90 % en 2006. Mais sa popularité y a dégringolé en raison de son incapacité à mettre fin à la violence.
Durant ses premières années à la présidence (2001-2006), où il succéda mystérieusement à son père assassiné, Joseph Kabila avait œuvré à la signature d’un accord de paix, à une cohabitation avec les chefs des anciennes rébellions et à l’organisation d’élections pluralistes. Pour se faire élire, il avait promis de ramener la paix à l’est, où la guerre avait le plus frappé.
Mais ses efforts ont eu pour seul effet incontestable la mise hors d’état de nuire de la rébellion du Tutsi Laurent Nkunda, aujourd’hui intégrée à l’armée, grâce à un accord avec le Rwanda. La collaboration avec ce pays et avec l’Onu pour réduire les rébellions FDLR (Hutus rwandais issus des génocidaires) et maï-maï (bandes armées congolaises) n’a que partiellement abouti. Plusieurs opérations militaires ont réduit le rayon d’action de ces groupes armés, les ont coupés d’une partie de leurs ressources et les ont dispersés; mais une réorganisation de l’armée nationale, ces derniers mois, en déplaçant les troupes, a permis à ces bandes de reprendre du poil de la bête, au détriment des populations. Il y a toujours 1,7 million de Congolais déplacés.
A l’ouest, le Président sortant reste impopulaire. Parce qu’il est de l’est; ses affiches électorales en swahili, langue de l’est, placardées à Kinshasa où l’on parle lingala, lingua franca de l’ouest, y sont diversement appréciées. Impopulaire aussi parce qu’il a concentré les pouvoirs entre ses mains, en dépit de ce que prévoyait la Constitution : contrôle des finances de l’Etat; prédation des richesses nationales par ses proches sans sanctions; mise en place d’une structure parallèle permanente de pouvoir à la Présidence, qui orchestre les ordres du jour du gouvernement; accroissement du pouvoir présidentiel pour réviser la Constitution au détriment du référendum prévu; le chef de l’Etat peut désormais dissoudre les assemblées provinciales et révoquer les gouverneurs élus; non-application de la semi-autonomie financière des provinces, qui devaient retenir " à la source " 40 % des recettes nationales; fin de l’indépendance du pouvoir judiciaire, les parquets étant sous l’autorité du ministre de la Justice, qui peut maintenant empêcher des poursuites
Chez les pauvres - les plus nombreux -, le Président est impopulaire en raison de l’aggravation de leurs conditions de vie depuis 2006. Des "cinq chantiers " promis alors par Joseph Kabila, seul celui des infrastructures est entamé : la construction de boulevards et routes. C’est fondamental pour le développement (sauf quand il s’agit de travaux de prestige, comme le boulevard du 30 Juin), mais la grande majorité des Congolais n’en voit pas encore l’impact sur sa vie quotidienne : "Les routes ! Les routes ! Est-ce que ça se mange, les routes ?" , grondent de nombreux Congolais, qui ne font qu’un repas par jour, voire moins. Dans les milieux riches, on critique le coût de ces voies, plus élevé qu’ailleurs en Afrique.
Les autres chantiers ne sont nulle part : l’emploi ne s’est pratiquement pas accru; l’eau et l’électricité sont nettement moins disponibles qu’il y a cinq ans; le logement reste un problème. Et il n’y a guère d’amélioration dans l’éducation et la santé : malgré la proclamation d’un enseignement "gratuit" pour les premières années primaires, la majorité des parents paient 375 dollars par an pour un enfant à l’école primaire; quant aux hôpitaux, ceux qui existent peinent à assurer leurs tâches, faute de fonds, mais près de 100 millions de dollars auraient été dépensés, selon l’opposition, pour terminer le luxueux hôpital du Cinquantenaire à Kinshasa, qui ne fonctionne pas.
Nonobstant son impopularité, Joseph Kabila est le mieux placé : hors les villes, il dispose d’une administration territoriale qu’il a nommée; son parti est le mieux implanté dans le pays; il use et abuse des moyens de l’Etat; il aura l’appui des partisans du statu quo et de ceux qui craignent une prise de pouvoir par l’ethnie de Tshisekedi, les Lubas, répartis sur toute l’étendue du Congo, contrairement aux autres tribus. Et il serait le bénéficiaire des préparatifs de fraude dénoncés ces derniers jours.

Journée de vote chaotique en RDC


Devant un bureau de vote à Lubumbashi, des électeurs attendent l'arrivée de matériel électoral pour pouvoir voter.
Devant un bureau de vote à Lubumbashi, des électeurs attendent l'arrivée de matériel électoral pour pouvoir voter.
AFP/ Phil Moore

Par RFI
Des violences ont été rapportées en RDC en cette journée électorale, notamment dans la province du Katanga où deux policiers et une électrice ont été tués dans l'attaque d'un bureau de poste de Lubumbashi par des hommes armés, deux militaires ont, eux, été blessés. Les opérations électorales se déroulent de manière chaotique sur l'ensemble du territoire congolais.

Une multitude d’incidents ont été signalés presque partout dans le pays. Des électeurs baladés d’un bureau à l’autre qui finissent par se lasser... Mais ce n’est pas le plus grave.

DOSSIER SPÉCIAL ÉLECTIONS EN RDC
A Kananga, dans le Kasaï Occidental des urnes déjà remplies avant le vote ont été brûlées par la population en colère. Ces cas de bourrage d’urnes sont dénoncés un peu partout. A Fizi, dans le sud-Kivu des bureaux de vote ont été fermés en début d’après-midi parce que les urnes étaient déjà pleines. A Kinshasa, dans les quartiers populaires à l’Est, à Masina, des bureaux de vote n’ont que les bulletins des législatives, ils n’ont pas reçu ceux de la présidentielle.
Deux villes du Bandundu Tembo et Banzi n’ont pas reçu le matériel électoral ce lundi matin parce que l’avion qui le transportait – ça ne s’invente pas – s’est retrouvé à court de carburant et a dû se poser ailleurs où il n’a pas pu refaire le plein.
Impossible de citer tous les incidents. L’un des derniers en date : la découverte de centaine de bulletins déjà cochés dans le coffre d’une voiture. Une foule en colère est allée montrer cette découverte au bureau des Nations unies.

Etienne Tshisekedi a finalement pu voter
Etienne Tshisekedi a pu voter après avoir tenté en vain de rejoindre une circonscription où manquaient les bulletins de la présidentielle. Sans doute pour mettre en exergue ce fait, il a fait demi-tour devant un barrage policier et s’est rendu dans un autre bureau. Pour le président sortant Joseph Kabila cela s’est passé plus calmement dans un bureau du centre-ville, l’un des rares à avoir fonctionné normalement.

Elections en RDC : violences et incidents se multiplient

A Kinshasa, des membres de la garde présidentielle de Joseph Kabila patrouillent devant le bureau de vote où se trouve le président sortant, le 28 novembre 2011.
A Kinshasa, des membres de la garde présidentielle de Joseph Kabila patrouillent devant le bureau de vote où se trouve le président sortant, le 28 novembre 2011.
REUTERS/Finbarr O'Reilly

Par RFI
Si la capitale Kinshasa restait calme ce lundi 28 novembre, jour d'élections présidentielle et législatives, deux policiers et une électrice ont été tués à Lubumbashi, la capitale de la province du Katanga (sud-est) dans l'attaque d'un bureau. A Kananga, au Kasaï oriental (centre), fief de l'opposant Etienne Tshisekedi, des bureaux de vote ont été incendiés, des bulletins volés et d'autres déjà mis dans des urnes avant l'ouverture du scrutin.

A la mi-journée ce lundi 28 novembre, le processus électoral semblait globalement chaotique avec une multiplication d’incidents. Les plus graves se sont déroulés à Lubumbashi, la capitale de la province du Katanga (sud-est) : deux policiers et une électrice ont été tués dans l'attaque d'un bureau par des hommes armés en civil. Un peu plus tôt, des rafales d'armes automatiques avaient provoqué un mouvement de panique dans le quartier Njanja, où de nombreuses personnes se sont mises à courir pour se mettre à l'abri. Vers midi, on ignorait encore la provenance et les raisons de ces tirs.

DOSSIER SPÉCIAL ÉLECTIONS EN RDC
Situation tendue également à Kananga dans la province du Kasaï Oriental, où une congrégation religieuse est soupçonnée de participer à une opération de fraude en faveur du pouvoir. Une religieuse accusée d’être en possession d’un bulletin déjà pré-rempli a été molestée ; elle a pu s’enfuir en courant vers le couvent. Un peu plus tard, ce couvent a été attaqué à coups de pierres et saccagé. Ensuite, le Grand Séminaire de Malole était à son tour mis à sac.
Des urnes déjà remplies avant les opérations de vote ont été brûlées par la population en colère. D’après des témoins, la Police nationale congolaise n’est pas en mesure de ramener l’ordre.
A Mbuji Mayi, dans le Kasaï Occidental, des bulletins de vote de la présidentielle ne portent pas le candidat N°11 (Etienne Tshisekedi) en bas de page : « problème de découpe », dit-on à la Céni.
Dans le Bandudu, les villes de Tembo et Banzi n’avaient pas reçu le matériel électoral ce matin. Un avion de l’armée congolaise a décollé de Kinshasa, mais à court de kérosène, il a dû se poser sur le terrain de Kikwit où il s’est retrouvé bloqué faute de carburant disponible.
A Beni, dans le Nord Kivu, la population de la ville est inquiète suite une évasion massive à la prison de la ville ce matin à 6H00. Quelque 429 détenus se sont échappés, dont 126 prisonniers militaires. Les policiers commis à leur garde ont été tués. Le nombre de victimes n’est pas encore connu.
Dans la capitale Kinshasa, la situation reste calme. Tous les bureaux ont ouvert en retard à l’exception de ceux du quartier central de la Gombe où Joseph Kabila a voté ce matin. Dans les quartiers populaires de l’est de la ville, certains bureaux n’étaient toujours pas ouverts en fin de matinée. A Masina, on trouvait les bulletins des législatives, mais pas ceux de la présidentielle.




N.B: Vers la fin du reportage, le correspondant de FR24 dit que Étienne Tshisekedi ne vaut guère mieux que Joseph Kabila. D'ailleurs il est recherché pour viol de centaines de femmes à l'Est du pays.
Naturellement, c'est faux. J'ai essayé de joindre la rédaction du journal à Paris, sans succès. Je demande donc aux lecteurs à ne pas s'inquiéter pour cette fausse information.

FR24 vient de s'excuser auprès des congolais suite à un dérapage de son journaliste après qu'il eu tenu des propos controversés et mensongers à l'endroit de monsieur Étienne Tshisekedi.
Voici le texte:

 RD Congo : mise au point 

FRANCE 24 a décidé de fermer provisoirement les commentaires de cette page en raison de la violence ou du caractère injurieux de certains propos postés.

Dans ce métier, il faut savoir tenir bon quand on sait avoir raison…Il faut aussi savoir reconnaître lorsque l’on s’est trompé. Après tout, les journalistes ne sont pas infaillibles et on peut parfois céder à la précipitation et à la confusion. C’est ce qui m’est arrivé, je le dis humblement mais sans difficulté, alors qu’hier j’ai évoqué ici des accusations de viols contre le candidat Tshisekedi ou son entourage dans l’est du pays. Il s’agit d’une méprise de ma part. 

Il y a hélas beaucoup d’accusation de ce genre en RDC et j’ai pris pour des amis politiques du candidat des gens réellement accusés de telles horreurs et qui se présentent aux législatives. C’était tout simplement faux. 

Il y a eu depuis hier de très nombreux appels de Congolais choqués, parfois en colère, je peux parfaitement le comprendre et c’est vrai que je leur dois des excuses - en accord avec la direction de la chaîne - tout comme évidement à M. Tshisekedi. Cela dit, pour couper court à toute théorie du complot, je tiens à dire que cette erreur (qui est seulement la mienne) a été commise de bonne foi, que France 24 est rigoureusement impartiale dans cette campagne.

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dimanche 27 novembre 2011

DÉMOCRATIE EN PÉRIL

Congo: Une campagne électorale léonine /LA LIBRE BELGIQUE


Marie-France Cros, Envoyée spéciale à Kinshasa

Mis en ligne le 26/11/2011

Disproportion de l’accès aux médias, inégalité de traitement en cas de violence, esprit partisan affiché à la CENI : la campagne électorale est dominée par Joseph Kabila.

Avant même les scrutins présidentiel et législatif de ce lundi, la campagne électorale est d’ores et déjà entachée par son caractère léonin, favorisant très largement le président sortant, Joseph Kabila, et les candidats députés de la majorité présidentielle.
Outre le déséquilibre dans l’accès aux médias (voir « LLB » du 25/11) et la modification de la Constitution à son avantage (faisant passer la présidentielle de deux à un tour) en janvier dernier, le président Kabila bénéficie d’autres avantages dans la course.

Ainsi la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est constituée de quatre personnes désignées par la majorité présidentielle et de trois choisies par l’opposition; elle est présidée par le pasteur méthodiste Daniel Ngoy Mulunda, parent du chef de l’Etat et cofondateur de son parti, le PPRD. Dans la salle d’attente du pasteur Ngoy, à la CENI, sont diffusés en continu les programmes d’une chaîne de télévision, Télé50, consacrés uniquement à la propagande en faveur de Joseph Kabila et ses alliés, entrecoupée – sur une durée de près de cinq heures où nous y avons séjourné – par deux journaux télévisés évoquant essentiellement les activités électorales du chef d’Etat sortant et par une revue de presse concentrée sur les titres favorables à ce dernier.

Le chef de l’Etat utilise en outre les moyens de l’Etat (véhicules, hélicoptères et avions du gouvernement) pour mener sa campagne, notamment sous couvert d’une multiplication d’inaugurations en tout genre. L’Article 36 de la loi électorale précise que « l’utilisation des biens, des finances et du personnel public [ ] est punie de radiation de la candidature ou d’annulation de la liste du parti politique ou du regroupement politique incriminé » . L’UDPS a déposé plainte sur base de cet article contre Joseph Kabila mais personne, à Kinshasa, ne croit que la CENI radiera ce dernier.

L’opposition a aussi été victime d’interdiction de survol ou d’atterrissage pour entraver la campagne de ses candidats. Certains de ceux de l’opposition ont parfois du mal à se déplacer en province pour faire campagne, toutes les places d’avion ayant été retenues par le camp présidentiel.
Des journalistes couvrant des manifestations d’opposition ont été interpellés et/ou agressés par la police à Kinshasa et à Mbuji-Mayi – deux fiefs de Tshisekedi. Une télévision proche du candidat présidentiel Vital Kamerhe a été fermée par la cour d’appel de Kinshasa et la manifestation de protestation de ses travailleurs dispersée par la violence. Une télévision proche de Tshisekedi a été incendiée à Kinshasa dès septembre.

 De nombreux militants pro-UDPS (le parti de Tshisekedi) ont été arrêtés après des manifestations violentes et demeurent détenus mais rien de comparable n’a été infligé côté PPRD (le parti de Kabila) ou UNAFEC (pro-Kabila, au Katanga) malgré l’usage, là aussi, de la violence.

Le président de la CENI a appelé à l’enlèvement de la propagande électorale déployée sur des bâtiments publics. Cette pratique, interdite, concerne essentiellement Joseph Kabila. Rien, toutefois, n’a été enlevé jusqu’au week-end des 12-13 novembre, soit à mi-campagne, quand les portraits du chef de l’Etat ont été retirés du stade des Martyrs à Kinshasa – mais pas des autres bâtiments publics.
Les listes d’électeurs n’ont pas été affichées sur les 63 850 bureaux de vote du pays un mois avant les scrutins comme l’y oblige la loi électorale (Article 8), ce qui rend d’ores et déjà les résultats du scrutin attaquables en justice. La CENI a renvoyé les électeurs à son site Internet, mais combien de Congolais y ont-ils accès ?
De plus, souligne Jérôme Bonso, président de la Linelit (Ligue nationale pour des élections libres et transparentes), « on a dénoncé des bureaux de vote fictifs dans toutes les provinces ». La CENI n’admet que » des erreurs « . On soupçonne que si le chef de l’Etat obtient de bons résultats dans une zone, on rajoutera des bureaux de vote fictifs près de là, ayant le même genre de résultats, afin d’augmenter le nombre total de votes en faveur du candidat n°3 – le Président sortant. « On a annoncé 32 bureaux de vote au Collège Saint-Robert, à Barumbu », quartier de Kinshasa, précise de son côté Fidèle Babala, député MLC (formation de Jean-Pierre Bemba), seul grand parti d’opposition qui ait une expérience électorale. « Nous sommes allés voir : il n’y a que douze bureaux. »
Et d’ajouter : » Les mesures de contrôle – observateurs, témoins des partis -, c’est possible dans les villes. Mais la brousse est généralement une zone de non-droit, où règnent en maîtres les administrateurs de territoire, nommés par Kabila. »
Face au rouleau compresseur kabiliste, l’opposant Etienne Tshisekedi s’est lui aussi mis en dehors de la loi en s’autoproclamant, le 6 novembre, depuis l’Afrique du Sud, » président de la République » et en appelant le public « à casser les portes des prisons » pour en libérer ses militants détenus si ceux-ci n’étaient pas élargis « dans les 48 heures ». M. Tshisekedi a refusé d’y voir un appel à la violence, affirmant qu’il s’agissait d’ « une manière d’éduquer le peuple congolais » pour le pousser « à abandonner la peur » sur laquelle « est basée toute dictature ». Il a repris ce discours à Kisangani le 11 novembre, appelant ses auditeurs « à terroriser » les policiers, militaires et membres du PPRD (parti présidentiel) en cas « de tracasserie inutile » de la part de ces derniers.




Tshisekedi et ses proches dépouillés de leurs biens à l'aéroport de N'djili


Le chef de la police congolaise, le rwandais Bisengimana, a relâché Etienne Tshisekedi et ses proches cette nuit après les avoir dépouillés de leurs biens.
Bisengimana 002








Le chef de la police congolaise, monsieur Bisengimana et ses policiers rwandais ont arrêté le garde du corps du candidat n°11 et l'ancien secrétaire général de l'UDPS. Ils ont été relâchés ce matin. Tous les proches de Tshisekedi ont été dépouillés de leurs portables blackberry, laptops, bijoux et argent. La police a extorqué une somme d'argent importante que détenait un des proches de Tshisekedi pour les dépenses liées aux déplacements du candidat n°11. Monsieur Tshisekedi a été amené chez lui de force par les policiers qui se sont emparés du volant de la voiture qui le transportait. Après leur libération, ils ont vu beaucoup de corps des manifestants gisants sur la route. Car la police a utilisé des balles réelles pour disperser les militants venus accueillir leur lider Maximo.
La situation d'hier ne prélude rien quant à l'issue des élections. Le peuple congolais devra comprendre que le pays est sous occupation rwandaise. Ce ne sont pas les élections qui écarteront ces gens qui ont la gâchette facile, tuent froidement et pillent au grand jour. C'est la raison pour laquelle il faut comprendre le message du candidat n°11 lorsqu'il demande au peuple de se débarrasser de la peur et de se prendre en charge. Toutes les institutions sont entre les mains des Rwandais. Comme pendant le temps de l'occupation française par l'Allemagne nazie, ils sont aidés dans leurs sales besognes par des collabos congolais qui se contentent des miettes. Il est temps d'ouvrir les yeux.

Lumbamba Kanyiki
http://grandkasai.canalblog.com/archives/2011/11/27/22817654.html


Le début de la fin du Rais



J’ai essayé de comptabiliser le nombre des morts pour la journée d’hier, j’arrive à plus de 16 morts. Là où il y a eu plus des corps, c’est entre Mikondo et l’aéroport de Ndjili où les militaires de la garde républicaine embusqués tiraient sur les militants de l’UDPS qui tentaient de rejoindre le Président Etienne Tshisekedi à l'aéroport de Ndjili.
André kimbuta le matin a tiré sur les militants au niveau de pont matete , pascal QII Masina, et Kingasani ya suka au moins 5 morts. pendant que le cortège présidentiel était caillaissé au niveau de Masina Q II, deux motars de la suite présidentielle sont blessés et un moto saisi. Et pendant ce temps la garde de Kabila tire sur la foule faisant au moins 3 morts. Quant à moi j'ai une blessure au bras gauche, mais je me porte bien. La journée d'aujourd'hui, nous soignons les blessés, comptablisions les morts. Le lundi, on vote, mais nous sommes prêts à repeter les scenarios si Ngoy Mulunda tente de voler notre victoire. Et cette fois ci on ira dans les résidences, corriger les cadres PPRD et Alliés devant leurs femmes et enfants.
Hier, j'ai vu She O Kitundu et autres cadres du PPRD soulevés deux doigts en l'air signe de l'UDPS pour passer les barrières.
Mes excuses, j'ai des difficultés à écrire avec ma main gauche.

Yves Kongolo

Chaude journée d\'affrontements à Kinshasa N\'djili: Tshisekedi bloqué !


Une dernière journée de campagne mouvementée en RD Congo Des affrontements ont eu lieu entre les partisans de l’opposition et du pouvoir dans plusieurs localités sur la route qui mène à l’aéroport international de Kinshasa, le 26 novembre 2011. André Kimbuta Yango, le gouverneur de Kinshasa, a interdit à la mi-journée les meetings prévus dans l\'après-midi, suite à des incidents et à la mort d\'au moins une personne, ce samedi 26 novembre. L\'avion qui ramenait dans la capitale l\'opposant Etienne Tshisekedi a été interdit d\'atterrissage à N\'Djili, le principal aéroport de la ville. Il s\'est posé à Ndolo, un aéroport secondaire. Le chef de l\'UDPS, qui avait annoncé son intention de maintenir son meeting malgré l\'interdiction, s\'est rendu à l\'aéroport de N\'Djili où ses partisans étaient réunis. Il y est bloqué par les forces de l\'ordre depuis le milieu de l\'après-midi. Ce samedi soir, l’opposant Etienne Tshisekedi est bloqué à l’aéroport international de N\'Djili alors que la nuit est tombée après une folle journée. Ce samedi les principaux candidats voulaient tenir des meetings dans la capitale, Kinshasa. Les partisans deTshisekedi s’étaient massés sur la route de l’aéroport pour l’accueillir à son retour de province. Des affrontements à coups de pierre ont commencé depuis le matin dans plusieurs localités sur cette route entre partisans de l’opposition et du pouvoir. La police est intervenue, au moins deux personnes ont été tuées par balles. Les autorités ont alors décidé de faire atterrir l’avion de Tshisekedi sur le petit aérodrome de Ndolo, plus près du centre-ville. De là, l’opposant a été reconduit chez lui sous escorte policière. A peine rentré chez lui Tshisekedi est reparti pour rejoindre ses partisans là où ils l’attendaient, c’est-à-dire à l’aéroport international, et il se retrouve ce samedi soir bloqué sur place par un cordon des forces de l’ordre. D’autres incidents violents ont eu lieu à l’intérieur du pays, notamment à Kananga dans le Kasaï occidental, incident lié à la découverte de bulletins de vote déjà en circulation à 48 heures du scrutin. Rfi/LPN

La Pros


Vidéo: Tshisekedi face aux soldats commandés par Bisengimana


Les images que vous allez voir sont commentées en néerlandais. Elles montrent la séquestration d'Etienne Tshisekedi et la brutalité des soldats rwandais en uniforme de la police nationale. Suivez!


Etienne Tshisekedi face aux milices du pouvoir de Kinshasa

Des membres de gangs et des enfants des rues recrutés par le PPRD


Dans un climat très tendu, la République démocratique du Congo s’apprête à élire son nouveau président. Les partis politiques recrutent à tour de bras des jeunes costauds, officiellement chargés d'assurer la bonne tenue du scrutin.

Par Johan BODIN / Nicolas GERMAIN envoyés spéciaux en RDC (vidéo)
FRANCE 24  (texte)

 
À deux jours d’une élection présidentielle sous haute tension en République démocratique du Congo (RDC), les partis politiques étoffent leurs troupes. Quitte à faire appel aux enfants des rues et aux membres des nombreux gangs que compte la capitale Kinshasa.

Mushi Ndibu, alias "Chaleur", Coordinateur de la jeunesse sportive, vigilante et désœuvrée du PPRD.

Mushi Ndibu, "Chaleur" pour ses hommes, répond au titre très officiel de coordinateur de la jeunesse sportive, vigilante et désoeuvrée du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la formation du président sortant, Joseph Kabila. Il est à la tête d’une troupe de jeunes costauds - boxeurs, lutteurs, catcheurs…- officiellement chargés de veiller au calme et à la sécurité à l’approche du scrutin.
"Je ne peux pas compter [combien de jeunes ont été recrutés], j’ai beaucoup de gens, témoigne, au micro de FRANCE 24, Chaleur, un colosse de 90 kg, ancien champion d’Afrique de judo. Je dirige les sportifs, les désœuvrés et aussi tous ceux que l’on appelle les coopérants, les courageux, les enfants des rues." Les "coopérants", les "courageux"... quelques-uns des 300 gangs que compte Kinshasa. D’autres ont des noms plus évocateurs : "l’armée rouge", "les salopards", ou "les irakiens"…
EN DIRECT DE RDC
Le jour du scrutin, certains d’entre eux seront témoins dans les bureaux de vote, d’autres quadrilleront les quartiers pour sécuriser la ville. Des jeunes, supposés assurer la bonne tenue de l’élection, partent pourtant au quart de tour quand vient à passer un cortège de l’opposition. "Aujourd’hui, vous allez voir ! Aujourd’hui, vous allez mourir !", hurlent les jeunes du PPRD en direction des manifestants. Chaleur et son second, Champion Judas, alias "Zéro Deux", évitent de peu l’affrontement.
"Lorsque le chef dit 'A', on fait 'A'. Jusque là, le chef nous dit d’apaiser les esprits, assure "Zéro Deux". Nous voulons des élections libres et apaisées, dans le calme. Jusque là, c’est ça". Le mot d’ordre : le calme, au moins jusqu’aux élections. Et après ? Au vu des nombreuses irrégularités constatées dans l’organisation du scrutin, analystes, observateurs et ONG craignent une flambée de violence, particulièrement entre les jeunes de l’opposition et du pouvoir. Lors des élections de 2006, Kinshasa avait été le théâtre d’affrontements meurtriers au lendemain du premier tour. Une poudrière, qui, à en croire les spécialistes, pourrait bien éclater en cas de contestation des résultats.