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SACREBOPOL

samedi 28 janvier 2012

Et maintenant, où va le Congo ?


Mis en ligne le 28/01/2012
Par Marie-France Cros
"On espère qu’on aboutira à un résultat qui sera crédible", a déclaré le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, vendredi, alors qu’avaient été publiés dans la nuit les résultats officiels presque complets des législatives, tenues le même jour que la calamiteuse présidentielle du 28 novembre dernier au Congo.
L’optimisme est une qualité pour un homme politique mais on voit mal comment le souhait de M. Di Rupo pourrait se réaliser alors que les observateurs internationaux, nationaux et la Conférence des évêques du Congo (l’Eglise disposait de 30 000 observateurs) ont déjà indiqué qu’il n’en était rien. "Ce qui se passe présentement au niveau de la compilation des résultats des élections législatives est inacceptable. C’est une honte pour notre pays", avaient dit les évêques du Congo le 12 janvier. Les experts électoraux internationaux, appelés pour donner un peu de crédibilité au dépouillement, avaient quitté Kinshasa précipitamment le 14 janvier, devant la mauvaise volonté de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) pour leur laisser libre accès aux données.
Pour l’essentiel des observateurs, c’est un fait : les élections du 28 novembre au Congo ont été maculées de tant d’irrégularités qu’elles n’ont pas de légitimité.
Le ministre belge des Affaires étrangères est le seul à soutenir qu’elles "n’ont pas changé l’ordre d’arrivée" à la présidentielle : avec 3 millions de voix d’écart officiel entre les deux hommes, mais 3,6 millions de doubles enregistrements d’électeurs, 1,6 million de bulletins disparus et des transferts frauduleux de voix de Tshisekedi ou Kamerhe sur les totaux de Kabila, il a du mal à faire partager sa position.
Le problème, aujourd’hui, ce n’est pas tant les résultats annoncés par la CENI (58 sièges sur 432 pour le parti de Kabila, 150 avec les alliés), décrédibilisée, que de savoir où va le Congo. Où va-t-il avec un Président considéré comme illégitime par plus de la moitié des Congolais ? Où va-t-il avec une armée qui a, ces dernières années, attaqué la résidence Kabila à Kinshasa, perpétré deux attaques au Katanga et s’indigne de la prépondérance de la garde présidentielle sur le reste des forces nationales ? Où va-t-il avec une population qui n’a pas confiance en ses dirigeants alors qu’elle ne mange pas, que les prix montent et qu’il faudra dans les prochains mois rembourser les dettes contractées pour ces élections-mascarade ?

KABILA TENTE DE NEGOCIER AVEC LE PRELAT SANS SUCCES :

Simple coïncidence, hasard de calendrier ou circonstance délibérée. Des spéculations vont bon train à propos de ce concours de circonstance qui a fait que le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya et Joseph Kabila regagnent Kinshasa le même jour, le mercredi 25 janvier. Le premier avait quitté le pays, il y a quelques jours, pour un séjour au Bénin où il a pris part à une rencontre avec les premières dames africaines. 

Il a atterri à Brazzaville le 24 janvier avant de traverser le fleuve le lendemain. A-t-il discuté de la crise rdcongolaise avec le président Denis Sassou N'Gouesso compté parmi les hommes les plus écoutés de Monsengwo, selon ses proches. Le second faisait le mort depuis plusieurs semaines, presque reclus à Lubumbashi après un déplacement qui avait suscité beaucoup de commentaires tant Kabila avait voyagé presque seul. Il fallait bien trouver le temps de méditer à la suite d'une réélection à la Bush, sauf qu'ici Daniel Ngoy Mulunda a refusé le «recomptage» des voix de la part des experts américains. Qu'à son retour dans la capitale, le chemin de Kabila se croise avec celui de l'homme qui passe désormais pour la plus redoutable menace au régime n'a, en fait, rien à voir avec la réalité cristallisée autour de la quasi impossible conciliation des positions entre l'archevêque de Kinshasa et le nouveau pouvoir «réélu». La conciliation, Kabila la veut et a mis en oeuvre une démarche pour cela. Avec plusieurs émissaires dépêchés pour la cause. Monsengwo est resté hermétique, selon des sources proches de l'archevêché de Kinshasa. A sa place, les envoyés kabilistes ont plutôt pris langue avec son propre frère biologique, le sénateur François Kaniki, qui s'est disponibilisé à son corps défendant, faisant savoir à l'un ou l'autre interlocuteur qu'il n'avait rien à voir avec les activités pastorales du cardinal. Parmi ces envoyés, des sources parlent d'Antoine Ghonda Mangalibi, choisi pour ses affinités biologiques avec la famille concernée de par sa mère et aussi d'un journaliste connu pour ses entrées chez les Sassou liés à l'archevêque de Kinshasa par la consanguinité de Claudia Lemboumba Sassou née d'une Kaniki. Selon les mêmes sources, d'entre tous les missi dominici de Kabila, c'est Théodore Mugalu, le chef de la maison civile du chef de l'Etat, qui n'a pas trouvé porte close chez le sénateur. Il aurait mis en jeu un réseau d'intérêts international pour y arriver mais il serait parti sans avoir trouvé satisfaction. Il est fait état d'un autre émissaire dont le nom n'a pas été cité. Celui-là aurait fait un passage récemment au Centre Lindonge même en provenance de Lubumbashi pendant Kabila y séjournait encore. Des sources ecclésiastiques rapportent également de l'implication de l'évêque de Manono avec qui Kabila aurait discuté pendant de longues heures au Katanga. Ici, il a été question d'une reconnaissance tacite d'une victoire électorale mal acquise et de l'éventualité d'une ouverture vers Etienne Tshisekedi. Pourvu que, ce dernier daigne accepter si l'offre lui était proposée un jour à venir. Du côté de Monsengwo, il n'y a rien à accepter pour un homme qui ne cherche qu'à ce que la vérité des urnes éclate. En tout état de cause, la machine est déjà lancée et les abbés qui en tiennent le gouvernail ne sont pas disposés à se priver l'occasion de donner, le 16 février prochain, aux vingt de la «marche des chrétiens» un cachet particulier. Dans les paroisses, ils multiplient des homélies enflammées et des enseignements très engagés sur les actions non- violentes à entreprendre prochainement. Chaque samedi, ils abreuvent leurs paroissiens de la prière d'Angelus -la prière dite en détresse- clôturée à chaque coup par un retentissement des cloches dans les 150 paroisses de l'archidiocèse de Kinshasa. «Nous ne faiblirons pas, nous irons jusqu'au bout», a déclaré l'un des plus activistes abbés de Kinshasa au sortir de la dernière réunion du clergé kinois organisé, le 21 janvier, à Saint Joseph dans la perspective du 16 février. Si jamais les abbés passent à l'exécution et mettent les fidèles dans la rue en février, il y à craindre que la donne politique change fondamentalement. A Tunis ou au Caire, les capitales occidentales ont longtemps hésité pour finir par prendre le ton de la fermeté contre l'homme au pouvoir quand la rue s'est pérennisée. L'Eglise catholique de Kinshasa dispose d'assez de ressorts pour rééditer cette pérennité, à prendre en compte les dernières statistiques du père Léon de Saint Moulain qui évaluent les catholiques à 66,6 de la population des villes congolaises.

 MATHIEU KEPA

vendredi 27 janvier 2012

Moureaux suggère un recomptage des voix


Rédaction en ligne
vendredi 27 janvier 2012, 15:24

Le sénateur Philippe Moureaux (PS) a suggéré ce vendredi un recomptage des voix exprimées lors des élections présidentielle et législatives du 28 novembre dernier en République démocratique du Congo (RDC).

Congo : Moureaux suggère un recomptage des voix
: Alain Dewez - Le Soir
« Tout comme lors du scrutin présidentiel, les résultats du scrutin législatif partiellement publiés sont déjà contestés. Le pouvoir hésite d’ailleurs à les publier », a indiqué M. Moureaux, qui est aussi ministre d’Etat, dans un communiqué.
« Lorsque la dénonciation des élections émane de milieux aussi divers il y a lieu de s’interroger sur la fiabilité et la crédibilité de l’ensemble du processus », a ajouté l’ancien ministre.
« Face à une telle suspicion, la communauté internationale ne peut plus se contenter d’observer. Elle se doit, dans sa grande sagesse, tirer les conclusions qui s’imposent et agir en conséquence : il faut demander avec force que l’on procède au recomptage des voix afin que la vérité des urnes apparaisse. Si cela s’avère impossible, l’exigence de nouvelles élections contrôlées de a à z par une instance neutre s’imposerait ».
Le président sortant Joseph Kabila a officiellement été réélu avec 48,95 % des suffrages, contre 32,33 % à M. Tshisekedi. L’opposant de 79 ans s’est cependant autoproclamé « président élu » après avoir rejeté les résultats du scrutin, entaché de nombreuses irrégularités constatées par nombre de missions d’observation nationales et internationales.
(Belga)

Après la publication partielle des législatives :


Les noms de 432 députés sont désormais connus. Mais l’on doit encore retenir son souffle tant que tous les résultats ne sont pas encore publiés. Il n’empêche cependant aux partis politiques, aux plates-formes de se livrer à des manœuvres et de petits calculs sur la constitution de la future majorité parlementaire. Comme il faut s’y attendre, la course à la Primature est déjà ouverte.

Il est vrai que les rideaux ne sont pas encore tombés sur les législatives 2011. La Commission électorale nationale indépendante, CENI, vient de publier les résultats des législatives de 156 circonscriptions électorales pour 432 députés. Excepté ceux de sept circonscriptions électorales annulés pour causes de violence et irrégularités avérées : Kiri (Bandundu), Ikela (Equateur), Punia (Maniema), Masisi (Nord – Kivu), Nkole et Lomela (Kasaï Oriental) et Demba (Kasaï Occidental). Cela après plusieurs reports, entretenant ainsi le suspense et suscitant de nombreuses interrogations sur la crédibilité et la fiabilité du scrutin. 

Qu’à cela ne tienne. La «machine politique» continue à tourner au rythme du realpolitik congolais. Les «stratèges» de différentes officines politiques vont déjà se mettre à pied d’œuvre pour s’adonner à de grandes manœuvres politiques, saines ou malsaines, appuyées par de petits calculs sur la constitution de la future majorité parlementaire. Et au bout du tunnel, la nomination du Premier ministre, chef du prochain gouvernement. 

Serait-ce prématuré de se lancer dans cet exercice ? Une interrogation difficile tant il est vrai que ce serait mal connaître «la logique politique congolaise». On a souvent tendance à «précipiter» les choses. C’est dans ce contexte qu’il faudra désormais se résoudre à admettre que la course vers la primature est déjà enclenchée. 

NI LE PPRD NI L’UDPS N’ONT LA MAJORITE

Cette précipitation pourrait aussi s’expliquer par ce fait qu’aux termes des élections 2011, les partenaires extérieurs ont une autre vision de la chose politique. Ils estiment que de toutes les institutions de la République démocratique du Congo, ils accorderont plus d’attention et d’importance au travail qui sera exécuté au niveau de l’Assemblée nationale et du gouvernement. Seules ces deux institutions, à leurs yeux, pourraient donner une nouvelle impulsion, une nouvelle dynamique à l’action globale de l’Etat. Voilà pourquoi ils attendent, avec beaucoup d’impatience, les résultats des législatives. 

Mais quelles sont les premières tendances après la publication des résultats provisoires des législatives ? Au premier regard, il se dégage nettement qu’aucun parti politique ne dispose, à lui seul, de la majorité de sièges. Aussi, selon les premières tendances, aucune de grandes formations politiques qui ont pignon sur rue ne dispose du nombre de députés exigés par le législateur pour constituer la majorité parlementaire. Ni le PPRD, ni l’UDPS n’ont eu cette chance. Moins encore le PPPD, le MLC, le PALU, le MSR, l’UNC, l’UFC, l’ARC… pour ne citer que ces partis à dimension nationale et à impact visible sur le terrain. 

DES ALLIANCES

Il revient donc à dire que c’est autour des alliances que tout va se jouer. Si l’on s’appuie sur la stratégie mise en place pendant la période préélectorale, la balance se penche du côté de la Mouvance présidentielle. Elle dispose d’une bonne brochette de partenaires et alliés qui, avec le concours des circonstances, pourrait disposer de cette majorité parlementaire qui fait courir tout le monde politique. A ce titre, la Mouvance présidentielle aura ce privilège de compter dans ses rangs le formateur du futur gouvernement. 

L’Opposition aura du mal à constituer cette majorité parlementaire. En nous reportant toujours sur la période préélectorale, cette opposition est plurielle. Elle est ainsi allée en ordre dispersé aux élections. Il y a la tendance de la dynamique Tshisekedi, l’aile Sultani, la dynamique Vital Kamerhe, le courant Kengo wa Dondo. Toutefois, si les intérêts supérieurs de la Nation guidaient les pas de cette Opposition pour qu’elle soit un «véritable contre-pouvoir», des surprises ne seraient que positives au débat national. 

Cependant, les tractations ne seront pas du tout faciles au regard du climat délétère d’avant, pendant et après les élections. Au sein de la mouvance présidentielle, il y a eu des frustrations, ensuite des accrochages pendant la campagne électorale et après le vote entre partenaires, alliés d’une même famille politique. D’où, toutes ces contestations et cette initiative de mettre sur pied une cellule susceptible de gérer les contradictions et les frustrations internes à la MP. 

Soit. Plusieurs cas de figure sont possibles à la MP pour disposer de cette majorité parlementaire. Des accords peuvent être conclus entre le PPRD-PPPD-ECT-NAD-ADH pour donner à la MP la majorité parlementaire. Ou encore PPRD-PALU-MSR-ARC-ECT-PPPD-NAD-ADH pour le même objectif. Ajouter à cela d’autres formations politiques qui ont vu le jour la veille des élections pour des raisons de stratégies électorales sans oublier les indépendants. 

L’on pourrait se permettre le même exercice de probabilité dans l’opposition avec le cas de figure suivant : UDPS-UNC-UFC-MLC-ATD-CDC. A ce stade également, il y a lieu de compter avec les partis politiques qui constituent les plates-formes de l’Opposition, à savoir Soutien Etienne Tshisekedi, Alternative Vital Kamerhe, en plus des indépendants. Mais la donne semble être compliquée d’autant que celle-ci, même si elle pouvait disposer de cette majorité, ne parle pas à l’unisson. 

Mais il ne faudra pas se leurrer. Avec cette réalité riche en rebondissements qui caractérise l’environnement politique en RDC où l’éthique et la morale politique demeurent des concepts insaisissables, il ne faudrait pas être surpris que l’on assiste à des élans de transhumance politique, pour ne pas dire de reniement pour les privilèges du pouvoir. C’est-à-dire, le temps des alliances contre nature va bientôt arrivé. Aussi, dans l’hypothèse de la mise en place d’un «gouvernement d’ouverture ou d’union nationale», on pourrait s’attendre aux débauchages. Ce genre de «surprises» se prépare en de périodes analogues. 

Au demeurant, tout ceci n’est que virtuel, supputation. Sans exclure des impondérables de la vie politique face à cette crise politique qui n’est pas du tout un mirage.

Résultats des législatives en RDC :

La majorité présidentielle confortée

La Commission électorale a demandé l'annulation des élections dans sept provinces pour des «irrégularités» constatées.
La Commission électorale a demandé l'annulation des élections dans sept provinces pour des «irrégularités» constatées.
AFP PHOTO/PHIL MOORE

Par RFI
Les résultats des législatives en RDC ont été proclamés en pleine nuit à Kinshasa. 432 députés sur les 500 sièges ont été déclarés élus par la Commission électorale ; les autres devront attendre car les calculs ne sont pas encore terminés. La Céni a demandé aussi à la justice d’annuler les élections et que l’on revote dans sept circonscriptions où de graves irrégularités ont été constatées. Il n’en reste pas moins que l’Assemblée nationale se dessine et que le paysage politique est recomposé.

La majorité présidentielle va dominer l’Assemblée nationale. L’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) d’Etienne Tshisekedi devient le premier parti de l’opposition. Le MLC (Mouvement de libération du Congo) de Jean-Pierre Bemba a fondu des deux tiers et le Palu (Parti lumumbiste unifié), parti de la majorité a dégringolé lui aussi. Il détenait jusqu’à maintenant le poste de Premier ministre.
On note, parmi les nouveaux élus, la présence de deux Kabila : une sœur et un frère du président. Ce sera une assemblée très majoritairement masculine, les femmes représentent moins de 10 % des élus.
Demandes d'annulation
Il manque encore des sièges à pourvoir. Seule une circonscription de Kinshasa a été donnée, les calculs ne sont pas terminés pour trois autres qui seront proclamés lundi 30 janvier. Même chose pour six circonscriptions en province.
Et surtout, la Commission électorale demande à la Cour suprême d’annuler les élections dans sept circonscriptions, en raison de graves irrégularités, et elle demande à la justice de poursuivre une quinzaine de candidats qui se sont rendus coupables d’injures, de menaces, et même de coups et blessures. Ils proviennent de tous bords. Parmi eux un gouverneur : celui de l’Equateur