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SACREBOPOL

jeudi 24 novembre 2011

5,5 MILLIARDS USD DETOURNES :

Eric Joyce, député travailliste britannique, accuse le président Joseph Kabila d’avoir conclu des «opérations minières douteuses» avec des sociétés fictives des îles vierges britanniques. Ces transactions ont occasionné un manque à gagner évalué à 5,5 milliards de dollars, selon le communiqué de presse du bureau du parlementaire publié le 20 novembre 2011. Donc 5,5 milliards supposés empochés au sommet de l’Etat avec la complicité de l’homme d’affaires israélien Dan Getler, ce même fossoyeur de l’économie congolaise à qui Laurent-Désiré Kabila avait confié, dans l’opacité totale, le monopole d’achat du diamant en RDCongo pour trois ans contre la modique somme de 20 millions de dollars au titre d’efforts de guerre.
Joyce met directement en cause Joseph Kabila là où il a déclaré que «les documents qui lui avaient été transmis confirment pour la première fois que des membres du gouvernement de la RDC, en particulier le président actuel, Joseph Kabila, ont vendu d’importants biens miniers à des prix dérisoires à diverses sociétés fictives étrangères». Ces transactions consistent à vendre des mines congolaises «à des prix inférieurs à des sociétés fictives étrangères» qui les revendent «partiellement ou intégralement à des multinationales dont certaines sont inscrites à la côte de London stock exchange». «Ce processus permet aux sociétés de IVB -Iles vierges britanniques- de réaliser des profits extraordinaires pour leurs propriétaires qui agissent sous le couvert de l’anonymat». L’exemple type est celui de mines de la SODIMICO dénoncé par un membre de la majorité présidentielle, le sénateur Henri Thomas Lokondo dit HTL. Ces mines ont été bradées à 300 millions de dollars. Quelques mois plus tard, l’acquéreur les a revendues à plus d’un milliard de dollard. «J’espère que divers gouvernements, dont celui de Royaume-Uni, finiront par demander où est passé tout cet argent ? La richesse de ce pays est dilapidée dans une série de ventes à des sociétés fictives étrangères. J’ai exposé une partie du problème aujourd’hui. Il appartient maintenant au gouvernement du Royaume-Uni de mettre fin à cette braderie des biens de l’Etat congolais», conclut Eric Joyce qui apporte là la preuve tangible de la malgouvernance qui est devenue la règle en RD-Congo. Au passage, le député épingle le laxisme du FMI qui a plutôt donné un satisfecit à Kabila en matière de transparence dans la gestion des ressources minières de la RD-Congo (Lire ci-dessous le communiqué de presse du bureau d’Eric Joyce en intégralité).


 H.M. Mukebayi Nkoso 



A la veille des élections présidentielles qui doivent avoir lieu ce mois-ci dans la République Démocratique du Congo (La « RDC »), des documents rendus publics par le député britannique Eric Joyce indiquent que des biens miniers congolais sont systématiquement vendus à des prix bien inférieurs à leur valeur à des sociétés fictives étrangères constituées presque exclusivement dans les îles vierges britanniques (les «IVB»). Les propriétaires véritables de ces biens miniers sont souvent inconnus et ces opérations font en sorte que le peuple congolais ne bénéficie pas des immenses ressources minérales du pays. Eric Joyce, président du groupe parlementaire multipartite du Parlement britannique pour la Région des grands Lacs en Afrique, a déclaré que les documents qui lui avaient été transmis confirment pour la première fois que les membres du gouvernement de la RDC, en particulier le président actuel, Joseph Kabila, ont vendu d’importants biens miniers à des prix dérisoires à diverses sociétés fictives étrangères. Selon Eric Joyce, «Ces documents prouvent que les ressources naturelles du Congo ne sont pas exploitées comme des sources de revenus légitimes pour le peuple congolais. Des séries d’arrangements complexes entre le gouvernement du Congo et des sociétés fictives des IVB font en sorte qu’un petit nombre de personnes s’enrichissent moyennant des pertes énormes pour le reste de la population». «Le gouvernement du Royaume- Uni apportera une aide de 700 M£ au Congo au cours des quatre prochaines années. Nous traversons une période d’austérité et nous devons donc être certains que ces fonds sont dépensés à bon escient. Ces documents montrent que l’argent des contribuables du Royaume-Uni est dépensé sans retenue dans un pays où le peuple est privé de milliards pouvant être tirés de redevances minières et dé la vente de biens miniers».

Opérations minières douteuses avec des sociétés des IVB
Au moins 45 sociétés récemment constituées aux IVB ont acquis des biens de la RDC au cours des quatre dernières années. Neuf d’entre elles sont mentionnées dans les documents rendus publics aujourd’hui. Ces opérations n’ont pas été divulguées parle gouvernement de la RDC. Aucun des biens vendus n’a fait l’objet d’un processus d’adjudication. Aucune des sociétés des IVB n’a d’expérience connue dans les secteurs des mines ou des ressources. Le gouvernement de la RDC n’a divulgué le nom d’aucun des propriétaires de ces sociétés des IVB, mais plusieurs de ces sociétés semblent avoir un lien avec l’homme d’affaires israélien, Dan Gertler. Compte tenu de la juste valeur marchande des biens vendus, la perte totale pour le peuple de la RDC, au titre des biens perdus ou du manque à gagner, dépasse 5,5 G$ US. Après que ces biens appartenant à l’Etat ou ayant fait l’objet d’expropriations aient été acquis à un prix bien inférieur à leur valeur marchande par des sociétés des IVB, ils sont revendus, partiellement ou intégralement, à des multinationales, dont certaines sont inscrites à la base de la London Stock Exchange.
Ce processus permet aux sociétés des IVB de réaliser des profits extraordinaires pour leurs propriétaires qui agissent sous le couvert de l’anonymat.
Défaut du FMI d’appliquer les initiatives de transparence.
En décembre 2009, le FMI a accepté qu’une marge de crédit de 551 M$ soit consentie au gouvernement de la RDC. En contrepartie de cette facilité de crédit de trois ans, le gouvernement de la RDC a convenu de lever le secret sur son secteur minier. Voici certains des engagements pris par le gouvernement de la RDC :
*publication de toutes les ententes de partenariat entre des sociétés minières d’Etat et des sociétés du secteur privé.
*Mise en place d’un processus transparent d’adjudication des biens miniers de l‘Etat.
*Publication des résultats de la renégociation, entre 2007 et 2008, des contrats miniers conclus à l’échelle du pays.
*Mise en oeuvre d’un programme de transparence appelé l’Initiative de transparence des industries extractives (l’«ITIE »), qui est dirigé actuellement par une ancienne ministre du Royaume-Uni, Claire Short.
*Etablissement d’une agence anti-corruption nationale. Eric Joyce a déclaré «Je ne trouve presqu’aucune preuve que le gouvernement de la RDC s’est conformé aux conditions du prêt du FMI. De tous les contrats renégociés à l’échelle du pays, un seul, le contrat relatif à Tenke, a été publié». «Le gouvernement n’a produit aucun document concernant la structure de propriété de ces biens. La participation de sociétés des îles Vierges britanniques fait en sorte qu’il est très difficile de déterminer, sans effectuer des recherches approfondies, qui bénéficie de l’immense richesse du pays. Mais une chose est certaine, ce n’est pas le peuple de la RDC». Au cours des deux dernières années, le défaut du FMI, de la Banque mondiale et de l’ITIE de faire observer les conditions de la facilité de crédit par le gouvernement du président Kabila a donné lieu à la vente de biens à des sociétés fictives des IVB, à des prix qui sont inférieurs par des milliards à leur valeur marchande. Trois de ces ventes, soit la vente des mines SMKK, Kansuki et Mutanda à des sociétés fictives des IVB ont été réalisées à des prix bien inférieurs à ceux qui auraient été obtenus sur le marché libre, l’écart s’établissant à plus d’un milliard de dollars. Malgré cela, en avril 2011, le FMI a déclaré ce qui Suit «Les réformes structurelles progressent comme prévu. Le gouvernement (de la RDC) a déclaré avoir publié tous les nouveaux contrats de partenariats. La mise en oeuvre des réformes de la gouvernance et de la transparence dans les industries extractives progressent de façon satisfaisante. Le délai d’exécution a été plus lent que prévu mais dans l’ensemble des progrès sont réalisé dans tous les domaines». Eric Joyce a déclaré:
«Toutes les preuves que j’ai rendu publiques jusqu’à présent suggèrent qu’il s’agit d’une déclaration risible du FMI. Le FMI a manqué de fermeté avec le gouvernement de la RDC et e permis au président et à ses conseillers de l’embobiner. Le peuple de la RDC perd des richesses naturelles, des recettes fiscales et des emplois parce que le FMI et les gouvernements de différents pays ne font pas respecter les engagements pris par le gouvernement Kabila».
«Le ministère du Développement international a une politique de «tolérance zéro» à l’égard des agissements répréhensibles des gouvernements à qui il accorde une aide. Je suis donc d’avis qu’il incombe à Andrew Mitchell et aux autres membres du gouvernement du Royaume-Uni de demander à la directrice du FMI, Christine Lagarde, de rendre des comptes sur ce scandale et d’y mettre fin».
Questions nécessitant des réponses claires
*pourquoi le gouvernement de la RDC vend-t-il secrètement des biens miniers publics à des sociétés fictives des IVB?
*Qui sont les propriétaires véritables de ces sociétés fictives des IVB ? 
*Est-ce que des personnes qui ont des liens avec Kabila bénéficient de ces ventes secrètes conclues à des prix bien inférieurs à la valeur marchande?
*Où sont passés les 5,5 G$ US?
*pourquoi la communauté internationale reste-t-elle inactive tandis que les richesses du peuple congolais sont dilapidées dans le cadre de ventes douteuses à des sociétés fictives des IVB?
Conclusions
Pour conclure, Eric Joyce a déclaré :
«Le peuple congolais est propriétaire de ressources naturelles immenses. Avec des ressources qui sont évaluées à 24 billions de dollars, la RDC pourrait être le leader économique de l’Afrique. Malheureusement, la communauté internationale n’est pas disposée à mettre fin aux opérations du genre de celles qui sont décrites dans ces documents». «J’espère que divers gouvernements, dont celui du Royaume-Uni, finiront par demander où est passée cet argent ? La richesse de ce pays est dilapidée dans une série de ventes à des sociétés fictives étrangères. J’ai exposé une partie du problème aujourd’hui. Il appartient maintenant au gouvernement du Royaume-Uni de mettre fin à cette braderie des biens de l’Etat congolais».

LE DÉPUTÉ PROVINCIAL DE KINSHASA MARIUS GANGALE LÂCHEMENT ASSASSINÉ

RDC: un député de l'opposition tué à Kinshasa, l'UE préoccupée

  • La campagne bat son plein en RDC. C'est dans ce contexte tendu que le député du MLC a été abattu
    La campagne bat son plein en RDC. C'est dans ce contexte tendu que le député du MLC a été abattu
    Un député du parti d'opposition Mouvement de libération du Congo (MLC) a été tué par balle mardi soir à Kinshasa par des hommes non identifiés, a-t-on appris mercredi auprès de la police, qui a ouvert une enquête.
    Marius Gangale "s'est retrouvé dans un embouteillage alors qu'il pleuvinait" quand des hommes ont attaqué son véhicule, a déclaré à l'AFP le chef de la police à Kinshasa, le général Jean de Dieu Oleko, précisant que la victime avait été tuée par balle mais refusant de donner plus de détails.
    Cet assassinat se déroule dans le contexte déjà tendu des élections générales en RDC, qui auront lieu le 28 novembre. Aux tensions politiques habituelles, il faut ajouter les craintes sur les éventuels cafouillages et les risques de fraude durant le scrutin.


    L'Union Européenne préoccupée

    Dans un communiqué, la représentation de l'UE à Kinshasa a affirmé avoir "appris avec beaucoup de tristesse, mais aussi d'inquiétude, la mort de M. Gangale, député à l'Assemblée provinciale de Kinshasa".
    L'UE se dit aussi"préoccupée par ce crime grave", commis à quelques jours de la fin de la campagne électorale, prévue samedi.
    "L'Union européenne souhaite qu'une enquête rigoureuse et transparente soit conduite pour faire toute la lumière sur les circonstances de ce crime", conclut le texte.


    T.N.  avec Belga

    L’UE et les Etats-Unis condamnent le meurtre du député provincial Marius Gangale

    PAR RADIOOKAPI

     – James Entwistle, Ambassadeur des USA en RDC– James Entwistle, Ambassadeur des USA en RDC










    L’Union européenne et le gouvernement des Etats-Unis se disent préoccupés et troublés par le meurtre à Kinshasa de Marius Gangale, député provincial du MLC. Dans deux communiqués, ils exigent chacun une enquête « rigoureuse » pour découvrir les auteurs de cet acte.
    Dans son communiqué, la représentation de l’UE à Kinshasa a affirmé avoir « appris avec beaucoup de tristesse, mais aussi d’inquiétude », la mort de M. Gangale, député à l’Assemblée provinciale de Kinshasa. L’UE se dit aussi « préoccupée par ce crime grave », commis à quelques jours de la fin de la campagne électorale, prévue samedi 26 novembre soit 48 heures avant l’élection présidentielle et les élections législatives en RDC. Elle souhaite « qu’une enquête rigoureuse et transparente soit conduite pour faire toute la lumière sur les circonstances de ce crime », conclut le texte.
    De son côté, le gouvernement des Etats-Unis se dit « troublé » par l’annonce de ce meurtre. Dans le communiqué de l’Ambassade des Etats-Unis à Kinshasa publié mercredi 23 novembre, on peut lire:
    « Bien que le mobile de ses agresseurs soit incertain, le fait que cette attaque ait été perpétrée à l’approche du jour des élections nous appelle tous à comprendre comment les actes d’agression portent atteinte au processus démocratique ».
    Le gouvernement américain rappelle au gouvernement congolais son devoir d’assurer un espace politique sécurisé permettant aux candidats de conduire leurs campagnes librement.

mercredi 23 novembre 2011

Congo’s violent election countdown reflects rejection of regime


| Georges Nzongola-Ntalaja

Attacks on opponents of President Joseph Kabila have not dented support for his main rival, Etienne Tshisekedi

Georges Nzongola-Ntalaja · 22/11/2011 · guardian.co.uk
In less than a week, on 28 November, millions of Congolese are set to go to the polls to elect the country’s president for the next five years. Of the dozen candidates in the running,only two have the ability to wage a credible campaign all over the country: Joseph Kabila, for the obvious reason that he is the incumbent with all the resources of the state at his disposal, and Etienne Tshisekedi, because of his standing as the foremost leader of the Congolese democracy movement since 1980.
Were the Democratic Republic of the Congo (DRC) a land accustomed to free and fair elections, media pundits would have already designated the probable winner. But given the burden of history, in which a succession of self-proclaimed leaders have run the country for more than 100 years, there is no assurance the electoral results will necessarily reflect the will of the people. From King Leopold’s Congo Free State, through Mobutu Sese Seko’s Zaire to the DRC of Laurent and Joseph Kabila, this land has often been called a « geological scandal » because of its extraordinary natural wealth.
However, the real scandal of Congo is that the wealth of its natural resources has never been used to benefit the mass of the people.
Instead, it has gone to enrich the country’s rulers and their business and political partners at home and abroad. In the 2011 Human Development Report of the United Nations Development Programme (UNDP), the DRC is ranked bottom of 187 nations surveyed in terms of the Human Development Index, a measure of wellbeing on the basis of life expectancy, personal income, health and education.necessarily reflect the will of the people.
In addition to this disastrous record on economic and social development, the DRC is a « failed state » with respect to safety and security, particularly in eastern areas, where a succession of armies and militia groups, both foreign and national, have plundered the country, subjected women and girls to horrific sexual violence, and used forced and child labour to amass wealth through the illegal exploitation of mineral and other resources. Joseph Kabila, who was elected in 2006, but has been in power since January 2001, faces a Herculean task in both explaining his inability to govern effectively and convincing the electorate to give him another five-year term.
Widespread discontent with the current regime and the longing for radical change do explain the great popularity of Etienne Tshisekedi, leader of the Union for Democracy and Social Progress (UDPS), DRC’s oldest opposition party, established in 1982. At 79, Tshisekedi is displaying unusual physical endurance as he travels around the country to campaign for economic reconstruction, the establishment of the rule of law and the moralisation of politics through responsible leadership and the fight against corruption. This message has been warmly received because it reflects the deepest aspirations of the majority of Congolese.
Faced with this formidable challenge, the Kabila regime is doing its best to win the election through violence and intimidation. Opposition candidates have been harassed to reduce their freedom of movement and their ability to campaign freely. Their posters have been destroyed and removed from public places, not only by the youth wing of Kabila’s party, the People’s Party for Reconstruction and Development (PPRD), but by the national police. Even Tshisekedi himself was grounded for more than two weeks in South Africa, after the planes he had chartered for his campaign were denied permission to land in DRC by the civil aviation authority.
Unfortunately, confrontations between PPRD and UDPS supporters have led to deaths and serious injuries, as the UDPS has resolved to resist officially sanctioned violence and illegal acts, rather than turning the other cheek in the tradition of Mahatma Gandhi and Martin Luther King. It should be pointed out that since the sovereign national conference in 1992, Congolese citizens have had a right – and an obligation – to resist unconstitutional rule and illegal acts by state authorities.
Criticism of UDPS policy in foreign media is widely perceived in Congo as another instanceof double standards by the international community, which has remained largely silent in the face of gross human rights violations by the Kabila regime, including the assassination of human rights activist Floribert Chebeya in 2010, and of journalists such as Bapuwa Muamba in 2006. Jean-Bosco Ntanganda, for whom an arrest warrant has been issued by the International Criminal Court (ICC), is a senior officer in Kabila’s army, while Gabriel Kyungu wa Kumwanza, architect of the ethnic cleansing against Kasaians in Katanga in 1992-94 and current master of hate speech, is a Kabila ally who serves as president of the Katanga provincial assembly. The international community seems more concerned with statements by Tshisekedi affirming the constitutional right of Congolese citizens to self-defence than with going after real criminals.
Whatever the results that are eventually announced by the electoral commission following the elections, the current campaign is already a victory for the forces of change. It has demonstrated the overwhelming rejection of the current regime, which is a continuation of what Laurent Kabila himself once described as « a conglomerate of opportunists and adventurers ».
The president, his entourage, the cabinet and other senior state officials have done nothing but enrich themselves to the detriment of ordinary Congolese men, women and children.
Their defeat, if it takes place, will open a new and glorious chapter for a democratic and prosperous Congo for which Patrice Lumumba died 50 years ago.
……………………………………….
TRADUCTION VIA GOOGLE

Le compte à rebours des violentes élections au Congo  reflète le rejet du régime / THE GUARDIAN

Posté le 23 novembre 2011

Le compte à rebours des violentes élections au Congo  reflète le rejet du régime

| Georges Nzongola-Ntalaja

Les attaques contre les opposants du président Joseph Kabila n’ont pas entamé le soutien de son principal rival, Etienne Tshisekedi

Georges Nzongola-Ntalaja · 22/11/2011 · guardian.co.uk
En moins d’une semaine, le 28 Novembre, des millions de Congolais sontappellés à se rendre aux urnes pour élire le président du pays pour les cinq prochaines années. Parmi les douzaines de candidats en lice, seuls deux ont la capacité de mener une  campagne crédible dans tout le pays: Joseph Kabila, pour la raison évidente qu’il est le titulaire du poste avec toutes les ressources de l’Etat à sa disposition, et Etienne Tshisekedi , raison de sa position de leader avant tout du mouvement démocratique congolais depuis 1980.
Si la République démocratique du Congo (RDC) aurait  été  une terre habituée à des élections libres et équitables, les principaux  médias auraient déjà désigné le vainqueur probable. Mais étant donné le poids de l’histoire, dans lequel une succession de dirigeants auto-proclamés ont dirigé le pays pendant plus de 100 ans, il n’ya aucune assurance les résultats électoraux seront nécessairement refléter la volonté du peuple. Du roi Léopold État libre du Congo, à travers le Zaïre de Mobutu Sese Seko à la RDC de Laurent et Joseph Kabila, cette terre a souvent été appelé un «scandale géologique» en raison de ses richesses naturelles extraordinaires.
Toutefois, le véritable scandale du Congo est que la richesse de ses ressources naturelles n’a jamais été utilisé au profit de la masse du peuple.
Au lieu de cela, il est allé à enrichir les dirigeants du pays et de leurs partenaires commerciaux et politiques à la maison et à l’étranger. Dans leRapport sur ​​le développement humain 2011 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la RDC est classée en bas de 187 pays étudiés en termes de l’Indice de développement humain, une mesure du bien-être sur la base de l’espérance de vie, le revenu personnel, la santé et l’éducation . reflètent la volonté du peuple .
En plus de ce bilan désastreux sur le développement économique et social, la RDC est un «État en faillite» à l’égard de la sûreté et de sécurité , en particulier dans les régions orientales, où une succession d’armées et des milices, tant étrangers que nationaux, ont pillé le pays , soumis les femmes et les filles aux violences sexuelles horribles, et utilisé forcé et le travail des enfants à amasser des richesses grâce à l’exploitation illégale des ressources minières et autres. Joseph Kabila, qui a été élu en 2006, mais a été au pouvoir depuis Janvier 2001 , confronté à une tâche herculéenne dans les deux expliquant son incapacité à gouverner efficacement et convaincre les électeurs à lui donner un autre mandat de cinq ans.
Mécontentement généralisé avec le régime actuel et le désir de changement radical expliquent la grande popularité de M. Etienne Tshisekedi, leader de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti de la RDC ancienne opposition, créé en 1982.À 79 ans, Tshisekedi affiche inhabituelle l’endurance physique, comme il sillonne le pays pour faire campagne pour la reconstruction économique, la création de l’État de droit et la moralisation de la vie politique grâce à un leadership responsable et la lutte contre la corruption. Ce message a été chaleureusement accueillie, car elle reflète les aspirations profondes de la majorité des Congolais.
Face à ce formidable défi, le régime de Kabila fait de son mieux pour remporter l’élection par la violence et l’intimidation . Les candidats de l’opposition ont été harcelés à réduire leur liberté de mouvement et leur capacité de faire campagne librement. Leurs affiches ont été détruits et retirés de lieux publics , non seulement par l’aile jeunesse du parti de Kabila, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement (PPRD), mais par la police nationale .Même Tshisekedi lui-même a été bloqué depuis plus de deux semaines en Afrique du Sud, après que les avions qu’il avait affrétés pour sa campagne se sont vu refuser l’autorisation d’atterrir en RDC par l’autorité de l’aviation civile.
Malheureusement, les confrontations entre partisans du PPRD et de l’UDPS ont conduit à des décès et des blessures graves, comme l’UDPS a décidé de résister à la violence officiellement sanctionnés et les actes illégaux, plutôt que de tendre l’autre joue dans la tradition du Mahatma Gandhi et Martin Luther King. Il convient de souligner que depuis la conférence nationale souveraine en 1992, les citoyens congolais ont eu le droit – et une obligation – à résister à la règle inconstitutionnelle et actes illégaux commis par les autorités étatiques.
La critique de la politique de l’UDPS à des médias étrangers est largement perçue comme un autre au Congo par exemple des doubles standards par la communauté internationale , qui est resté largement silencieuse face à de graves violations des droits humains par le régime Kabila, dont l’assassinat du militant des droits humains Floribert Chebeya en 2010, et des journalistes tels que Bapuwa Muamba en 2006. Jean-Bosco Ntanganda, pour lesquels un mandat d’arrêt a été délivré par la Cour pénale internationale (CPI), est un officier supérieur dans l’armée de Kabila, tandis que Gabriel Kyungu wa Kumwanza, l’architecte du nettoyage ethnique contre les Kasaïens au Katanga en 1992-94 et maître actuel de discours de haine, est un allié de Kabila qui agit comme président de l’assemblée provinciale du Katanga. La communauté internationale semble plus préoccupé par les déclarations de Tshisekedi affirmant le  droit constitutionnel des citoyens congolais à l’auto-défense que poursuivre les véritables criminels.
Quelles que soient les résultats qui sont finalement annoncés par la commission électorale après les élections, la campagne actuelle est déjà une victoire pour les forces du changement . Il a démontré le rejet massif du régime actuel, qui est une continuation de ce que Laurent-Désiré Kabila lui-même a décrit comme «un conglomérat d’opportunistes et d’aventuriers».
Le président, son entourage, le Cabinet et d’autres hauts fonctionnaires de l’État n’ont rien fait, à part  s’enrichir au détriment des Congolais ordinaires, hommes, femmes et enfants .
Leur défaite, si elle a lieu, ouvrira un nouveau chapitre et glorieux pour un Congo démocratique et prospère pour laquelle Patrice Lumumba est mort il ya 50 ans .