Actualités politique, musicale, sportive et bien d'autres encore de la République démocratique du Congo en particulier et de l'Afrique/Moyen-Orient en général
Au début du mois d'octobre, le gouvernement congolais pour se maintenir au pouvoir, a mis en place un forum politique qui a regroupé un millier de personnes, la majorité étant acquise au PPRD/MP de "Joseph Kabila".
Mais si tout le monde parle des concertations, qu'est-ce que ça veut dire réellement? Suivez:
Soixante-douze heures après la visite du chef de la maison
civile de «Joseph Kabila» à la résidence d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, on
assiste à une surenchère de supputations. D’aucuns voient déjà ce dernier à la
primature. Depuis mardi 8 octobre à ce jour, les services de communication de
l’UDPS ne sont d’aucun secours. C’est le blackout total. La Présidence de la
République, mêmement. Porte-parole adjoint de l’UDPS, Augustin Kabuya a avoué à
radio Okapi qu’il ignorait le contenu des conversations entre «Tshitshi» et
Théodore Mugalu. On le sait, les deux hommes ont passé ensemble pas moins de
trente minutes. Il faut être un parfait naïf pour croire que les deux
interlocuteurs ont passé ce laps de temps à méditer sur les psaumes de David.
Qui est l’initiateur de la démarche sans précédent entreprise par ce
collaborateur de «Joseph Kabila» réputé très proche de la "première dame"
Marie-Olive Lembe di Sita? Quel est le message dont était porteur Mugalu? Quelle
a été la réponse du président de l’UDPS? Tentative de
réponses.
Des observateurs de la politique intérieure du Congo
démocratique ont été surpris d’apprendre que «Joseph Kabila» a reporté son
allocution devant les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès.
Initialement prévue le jeudi 10 octobre, cette adresse serait fixée au mardi 15
octobre. Une autre date est avancée : vendredi 25 octobre.
La surprise de
ces observateurs n’a pas manqué d’étonner. Et ce pour la simple raison que le
«raïs» était resté imprécis dans son discours du 5 octobre clôturant les travaux
des «Concertations nationales». «A brève échéance, déclarait-il, je convoquerai
les deux Chambres du Parlement en Congrès, afin de rendre compte à la Nation des
conclusions et recommandations des Concertations nationales».
Ces mêmes
observateurs ont cru trouver un début d’explication de ce report à travers la
visite pour le moins inattendue du chef de la maison civile du locataire du
Palais de la Nation chez l’homme qui passe, depuis le 24 avril 1990 à ce jour,
pour le chef de l’opposition congolaise. Depuis son accession à la magistrature
suprême le 26 janvier 2001, "Joseph Kabila" ignorait "cordialement" Etienne
Tshisekedi wa Mulumba. Celui-ci le lui rendait bien en ironisant sur "quelques
routes goudronnées" dans le cadre des "Cinq chantiers".
Qui est
l’initiateur de cette démarche ?
Poser la question c’est déjà y
répondre. Selon des sources bien informées, «Joseph Kabila» tente depuis
plusieurs semaines, voire des mois, à établir un contact direct avec son
ex-challenger à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. Il serait
encouragé notamment par "Marie-Olive". Il semble que des membres de la famille
biologique de «Tshitshi» auraient été appelés à la rescousse. Sans succès. Nul
ne sait l’élément nouveau qui a amené ce dernier à «infléchir» sa position en
cette journée du mardi 8 octobre.
Quel est le message dont était
porteur l’envoyé de «Kabila» ?
A en croire ces sources, le message
transmis à Tshisekedi pourrait se déclamer à peu de mots près comme suit : «Dans
le cadre de la consolidation de la cohésion nationale, le président Joseph
Kabila souhaiterait vous rendre visite à votre domicile. Il sera accompagné de
son épouse». Il semble que c’est la réponse donnée par le président de l’UDPS
qui aurait déterminé le «raïs» à reporter son «harangue» à mardi 15 et peut-être
bientôt à vendredi 25. Il espère annoncer, à cette occasion, non seulement des
«mesures importantes» découlant des recommandations des concertations nationales
mais aussi une «réconciliation au sommet».
Quelle a été la
réponse d’Etienne Tshisekedi ?
Selon des sources proches du premier
cercle du pouvoir kabiliste, il semble bien que le leader de l’UDPS aurait
soufflé le chaud et froid. Le chaud, d’abord. Il aurait dit à Théodore Mugalu sa
disponibilité à recevoir «Joseph Kabila». «Je n’ai jamais refusé de le
recevoir», aurait-il souligné. Le froid, ensuite. Il semble qu’Etienne
Tshisekedi wa Mulumba aurait posé comme exigence ce qu’il est convenu d’appeler
«la vérité des urnes». En clair, il subordonne son accord à une déclaration de
«Joseph Kabila» fixant l’opinion sur les «vrais résultats» de l’élection
présidentielle du 28 novembre 2011. Un scrutin entaché de multiples fraudes et
«défaillances» dénoncées unanimement par des observateurs tant nationaux
qu’internationaux.
La vérité des urnes
Rappelons
qu’en dépit de ces opérations électorales chaotiques, la Commission électorale
nationale indépendante, dirigée alors par le «pasteur» Daniel Mulunda Ngoy,
avait déclaré «Joseph Kabila» vainqueur avec un score discutable de 48,95%.
Tshisekedi, 32,33%. C’était le 9 décembre 2011. Selon certaines indiscrétions,
Mulunda a fait cette annonce alors que la Ceni n’était pas encore en possession
des …résultats de l’ensemble des 169 centres de compilation. A tort ou à raison,
depuis le 9 décembre 2011, Tshisekedi se considère comme le véritable «Président
élu».
Inutile de dire que pour Tshisekedi et ses partisans, le
successeur de Mzee n’est ni plus ni moins qu’un usurpateur. Il s’appuie sur
l’appareil sécuritaire en dirigeant le pays "par défi". «Joseph Kabila a volé la
victoire d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, commente un udépésien pur et dur. Ce
hold-up a engendré la crise de l’Etat que Kabila fait semblant de déplorer
aujourd’hui». Certains sympathisants de l’UDPS, plutôt modérés, souhaitent que
leur leader prenne la main tendue de «Joseph Kabila». «Il serait dommageable,
disent-ils, que les générations futures ne gardent du président Tshisekedi que
l’image d’un homme intransigeant qui ne savait prononcer qu’un seul mot : Non !
Il est temps d’apaiser les esprits». Une chose paraît sûre : le blackout observé
tant chez Tshitshi que dans la «Kabilie» laisse supposer que les deux parties
tiennent à préserver le contact ainsi
amorcé..."
Dans sa
réponse à Abandi du M23 via "Le Soir", Mende cite expressément cette visite, la
mettant au compte des progrès récents accomplis par le pouvoir comme
décrispation de relations entre Congolais en marche vers la cohésion
nationale...
Pour le moins Kanambe y attache un prix décisif : attendre le
(bon) dénouement de cette tentative de dialogue entre lui et son têtu rival
avant de tirer les conclusions finales des Concertations n'est donc pas une
hypothèse volée...
Mais que faire de cet éventuel dialogue pour un réel
bénéfice du pays au delà de leurs deux personnes ? C'est là où leurs
responsabilités seront davantage comptables !
Aubin Minaku: «Le président Kabila partira après les prochaines
élections» en RDC
En RDC, Joseph Kabila devrait annoncer, la
semaine prochaine, peut-être le mardi 15 octobre 2013, devant les deux chambres
réunies en Congrès, des mesures en faveur de l'ouverture politique. Le chef de
l'Etat congolais va-t-il s'inspirer des recommandations faites par les
concertations nationales qui se sont achevées la semaine dernière ? Eléments de
réponse avec le président de l'Assemblée nationale, Aubin Minaku. Le secrétaire
général de la majorité présidentielle répond aux questions de Christophe
Boisbouvier.
RFI : Que répondez-vous à ceux qui disent que ces
concertations nationales, c’était de la poudre aux yeux ?
Aubin Minaku :
La réponse est simple : ils ne pouvaient que dire cela, parce qu’ils n’ont pas
pris part aux travaux. Tous ceux qui ont pris part aux travaux, les délégués,
les experts, les observateurs nationaux comme étrangers, et finalement, même les
membres permanents du Conseil de sécurité, se sont rendu compte que les
concertations ont été sérieuses. Les délégués ont débattu en toute liberté. Ce
sont des résolutions fondamentales qui ont été adoptées. Reste maintenant leur
mise en œuvre à partir du discours du président de la République devant le
Congrès.
RFI: Officiellement, ces concertations réunissaient le pouvoir
et l’opposition. Mais les deux principaux opposants, Etienne Tshisekedi (UDPS)
et Vital Kamerhe (UNC), ont boycotté ces rencontres. Alors, le jeu n’est-il pas
faussé depuis le début ?
AM: Les concertations nationales ne concernaient
pas que la majorité et l’opposition. Il y a la société civile, les chefs
coutumiers, les experts, etc. J’ajouterais qu’en réalité, l’UDPS évolue en
parallèle avec le cadre institutionnel, parce que le chef de l’UDPS se considère
comme le président de la République, c’est une situation insolite. Cependant,
les élus de l’UDPS à l’Assemblée nationale – une bonne vingtaine – ont pris part
aux travaux de concertation nationale.
RFI: Vous évoquez les dissidents
de l’UDPS qui ont participé à ces concertations, mais depuis vingt ans on compte
des centaines de dissidents de ce parti, ce qui n’empêche pas Etienne Tshisekedi
de rassembler des millions de voix à chaque nouvelle élection. Est-ce que son
absence ne nuit pas à la crédibilité de ces concertations ?
AM: Il a été
absent aux élections de 2006 proclamées crédibles par tous. Donc, ce n’est pas
sa présence qui crédibilise, même s’il est vrai qu’il a obtenu des voix pendant
les dernières élections de 2011. Mais la crédibilité des concertations
nationales, on la voit à travers le sérieux des recommandations issues de ces
concertations. La République ne peut pas être l’esclave d’un parti
politique.
RFI: A l’issue de ces concertations, les délégués ont fait de
nombreuses recommandations en faveur de l’ouverture démocratique. Le président
Kabila leur a répondu qu’il présentera bientôt des mesures importantes.
Pouvez-vous nous en donner des exemples ?
AM: Je n’ose pas devancer le
président de la République dans ses prérogatives constitutionnelles, mais en
tout cas il a clairement dit que l’ouverture politique prônée par lui depuis sa
prestation de serment, il va davantage la mettre en œuvre.
RFI: Avec la
nomination d’un nouveau Premier ministre ?
AM: Le Premier ministre émane
de la majorité. Ce n’est pas une affaire de Premier ministre tout seul ou
d’autres institutions. L’essentiel, c’est que rapidement les recommandations
soient mises en œuvre.
RFI: Mais si le prochain Premier ministre émane de
la majorité, est-ce que ce sera un Premier ministre d’ouverture ?
AM:
Nécessairement, le prochain Premier ministre devra gérer un gouvernement où l’on
retrouverait des membres de l’opposition. C’est cela aussi,
l’ouverture.
RFI: Vous parlez ouverture, vous parlez consensus, cela
peut-il être l’occasion de changer la Constitution ?
AM: La Constitution
congolaise est claire, il faut la respecter. Et le président de la République
l’a toujours dit. Et si dans cette Constitution, les dirigeants estiment qu’il y
a nécessité d’une révision dans l’intérêt de la République sur la base de la
même Constitution, ce ne doit pas être un tabou. Mais si la Constitution prévoit
quelques dispositions intangibles, on ne touche pas aux dispositions
intangibles. Donc pour moi, la révision de la Constitution, ce n’est pas un
tabou, mais il s’agit d’une révision des dispositions révisables. On ne touche
pas aux dispositions intangibles.
RFI: Parmi les dispositions
intangibles, il y a l’article 220, qui interdit au président Kabila de se
présenter en 2016 pour un troisième mandat. A vous écouter, on ne touche pas à
l’article 220 ?
AM: C’est une disposition intangible ! On ne touche pas à
cette disposition. Ca signifie qu’il y a respect des deux mandats non
renouvelables. C’est clair.
RFI: Donc, si on ne touche pas à l’article
220, est-ce que ça veut dire que le président Kabila partira en 2016
?
AM: Le président de la République partira après les prochaines
élections. Parce que selon la Constitution congolaise, une institution libère
les fonctions quand il y a un autre qui a été élu de façon démocratique. Le jour
où on organisera les élections présidentielles dans cette République, et que ce
sera gagné par quelqu’un d’autre, celui-là remplacera Kabila.
RFI: Mais
vous savez bien qu’il y a des figures de la majorité présidentielle, comme
Evariste Boshab, qui se prononce en faveur de la révision de la Constitution.
Visiblement, vous n’êtes pas d’accord avec elle ?
AM: Je suis quand même
secrétaire général de la majorité présidentielle et je ne sais pas s’il y a un
organe de la majorité présidentielle qui réclame une révision constitutionnelle
pour prolonger le mandat. Je sais qu’il y a des écrits scientifiques. Chacun a
le droit de s’exprimer, mais il n’y a aucun organe de la majorité présidentielle
qui s’est prononcé dans ce sens-là.
Je ne serais pas surpris que le "Medvedev" de Kabila soit lui-même Minaku
Oui en effet, Minaku peut bien jouer le rôle
de Medvedev de Kabila et aussi refuser de lui rendre le tablier le moment
venu.
Par contre, je voudrais vous demander d'analyser ce non-verbal de
Minaku et dites-moi si j'en fais mauvaise lecture.
RFI: Donc, si on ne
touche pas à l’article 220, est-ce que ça veut dire que le président
Kabila partira en 2016 ?
AM: Le président de
la République partira après les prochaines élections. Parce que selon la
Constitution congolaise, une institution libère les
fonctions quand il y a un autre qui a été élu de façon démocratique.Le jour où
on organisera les élections présidentielles dans cette République, et que ce
sera gagné par quelqu’un d’autre, celui-là remplacera
Kabila.
Nulle part Minaku ne parle d'élections en 2016. Il parle du
jour où on organisera des élections démocratiques. Ça peut-être en 2016 comme en
2022. Donc Mr Kabila pourra allonger son mandat sans nécessairement réviser la
constitution car, pour qu'il parte, il faudrait qu'il y ait des élections.
Ah je vois le coup ... genre on a pas d'argent pour organiser les élections ou
une guerre qui retarde le processus ... ou encore
plus plausible .... Un gouvernement d'union qui va corriger les erreurs de 2011
et pour cela il faut des préalables ... recensement, nouveau CENI, etc... bref
on allonge le délai
Remarquez que Minaku qui n'est pas bête a évité de
répondre sur "2016" (qui est la fin prévue
constitutionnellement de ce mandat, 5 ans de décembre 2011 à décembre 2016) mais
s'est engagé pour fixer le terme "après les élections"
!
C'est par respect pour un autre aspect de la Constitution qui
recommande la continuité de l'Etat, le Président sortant ne quitte normalement
son poste que lorsque le nouveau est effectivement élu pour le remplacer; mais
il l'a dit aussi par réalisme (et par calcul ?) sachant que les élections
elles-mêmes peuvent être retardées par des obstacles démocratiquement actés
! N'empêche de sa part, cette nuance n'est pas anodine !
Lâchée
par Léon Kengo wa Dondo, de manière intentionnelle ou maladroite - cela finira
par se savoir - dans la foulée de son round de consultations des forces
politiques et sociales du pays, en prévision des Concertations nationales,
l’idée de formation d’un gouvernement d’union ou de large ouverture nationale
fait du chemin.
Samedi dernier, après le discours du Chef de l’Etat marquant
la clôture de ce forum, l’option a semblé se préciser davantage. Nombre de
Congolais ont noté qu’il a pris l’engagement de rompre avec la «démocratie
classique », au profit de la fameuse « démocratie consensuelle », laquelle veut
que la Majorité partage la gestion des affaires publiques avec
l’Opposition.
Mais, au-delà de la perspective du partage des postes entre
une poignée de compatriotes militant au sein de la classe politique et de la
nébuleuse Société Civile, le Congolais moyen ne voit toujours pas le bout du
tunnel. De l’épopée de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du
Congo (AFDL) aux Concertations Nationales en passant par le Dialogue
Intercongolais, il assiste au même décor, celui de l’émergence de nouveaux
bourgeois politiques, qui lui promettent monts et merveilles, sans jamais passer
aux actes.
S’il y a un spectacle auquel il s’est accoutumé depuis 16 ans,
c’est celui des ministres et vice-ministres qui ne pensent qu’à « s’installer »
puis à « installer » les membres de leurs cabinets, leurs épouses, enfants,
frères, sœurs, cousins, amis... selon une pratique chère aux dignitaires de la
Deuxième République de triste mémoire. A huis clos, loin des regards indiscrets
du « peuple », ils s’enferment pour discuter des marques et coûts de leurs
grosses cylindrées tout terrain « 4x4 », de la hauteur de leurs émoluments, du
standing de leurs résidences de fonctions, de leurs frais d’installation. Pour
compléter le tableau, ils en arrivent même à fixer la hauteur de leurs
indemnités de sortie et à se faire payer alors qu’ils en sont encore à leurs
premières semaines au sein du gouvernement.
« 4 x 4 » pour défier les
trous
Dans un pays où la voirie urbaine a toujours été un casse-tête et
où les routes d’intérêt national sont le plus souvent impraticables, les
«Mobutistes » avaient trouvé comme parade pour défier des véhicules tout terrain
dits « 4x4 ». Depuis lors, la tradition s’est installée dans les mœurs
politiques. Quel que soit l’état des infrastructures routières à Kinshasa ou en
provinces, les bourgeois politiques détenteurs de ce type d’engins ne se posent
pas de questions. D’aucuns pensent que si la RDC est enclavée, à cause des
infrastructures routières urbaines et nationales d’une autre époque, cela tient
notamment au fait qu’il existe une catégorie de gens qui se déplacent à bord de
véhicules capables de défier nids de poule, crevasses, marécages, bancs de
sables etc.
La grande peur des gagne-petit est d’assister, une fois de plus,
à une nouvelle spirale des dépenses extrabudgétaires destinées à la prise en
charge d’anciens et nouveaux membres du gouvernement, ainsi que des membres de
leurs cabinets politiques, que l’on sait d’habitude éléphantesques.
Croissance : un mirage
Pendant que les candidats ministrables
rêvent de changer de standing de vie, la majorité silencieuse broie du noir. Au
niveau de la thématique « Economie », l’une des recommandations a porté sur
l’inadéquation entre les statistiques flatteuses de croissance économique que le
gouvernement étale ces dernières années sur la place publique et la misère
généralisée qu’affiche le Congolais d’en-bas. Celui-ci apparaît comme un éternel
laissé – pour – compte en matière de santé, d’éducation, de logement,
d’alimentation, de transport, de desserte en eau et électricité, d’emploi, etc.
Le paradoxe veut que les gouvernements se succèdent sans que leurs animateurs
parviennent à résoudre l’équation des besoins sociaux de base, de la pauvreté,
de la paix, de la sécurité, de la défense nationale, de l’industrialisation, de
l’autosuffisance alimentaire, des injustices sociales, de l’administration du
territoire, etc.
Tous ceux qui ont eu à exercer des mandats ministériels
depuis la chute de Mobutu - certains à plusieurs reprises - donnent
l’impression d’avoir travaillé pour leur confort personnel, laissant des
millions de compatriotes dans l’incertitude du lendemain. Le pays stagne ou
presque pendant que des individus s’enrichissent scandaleusement, au détriment
du grand nombre. Finalement, la cohésion nationale tant vantée s’apparente à la
mise en place d’un nouveau syndicat des profiteurs de la République.
Concertations
nationales terminées, rapport remis au Chef de l’Etat, la bataille pour la
primature fait rage. Selon un sondage du cabinet Les points, la bataille dans
l’opinion pour la course à la Primature se joue entre l’actuel Premier ministre,
l’ex-gouverneur de la Banque centrale, Jean-Claude Masangu et l’actuel président
du Sénat, Léon Kengo wa Dondo. A en croire les résultats de ce sondage, 89% de
Kinois préfèrent voir l’actuel chef du gouvernement ainsi que tout son mouvement
poursuivre les différentes réformes initiées. Dans la foulée, la donne Masangu
vient également faire chuter Léon Kengo de 5% contrairement à sa côte de fin
septembre. Dans l’ensemble, fait savoir Les points, les Kinois ont un goût amer
de l’ère Kengo avec sa stérile rigueur qui avait enfoncé le pays dans un coma
économique sans précédent. L’ex-gouv’ de la BCC, lui, malgré ses belles
réalisations à la tête de l’institution bancaire nationale, les sondés du
cabinet Les points ne le voient pas à la primature pour demain. Leur seule
préférence pour le moment, l’actuel PM, Augustin Matata Ponyo. Les jours
à venir s’annoncent très palpitants pour la classe politique qui sort
fraichement des Concertations nationales. Dans la ville haute, de fortes
discussions pour une cohésion nationale voulue par tous font jaser. L’actuel
Premier ministre doit-il partir? Qui devra prendre sa place? Est-ce que la
cohésion nationale tant souhaitée tient- elle forcement son existence au
remplacement de Matata? Autant des questions qui alimentent le débat. Mais pour
ces Kinois interrogés par la maison de Frédéric Panda, il n’y a pas deux
formules. Matata doit rempiler. Juste une petite poignée d’entre eux, comme le
prouve ce sondage, ont d’autres préférences, notamment sur l’ancien gouverneur
de la Banque centrale du Congo, J-C Masangu, ainsi que l’actuel président du
Sénat et membre du présidium des Concertations nationales, Léon Kengo Wa Dondo.
Par ailleurs, le cabinet Les points s’est également intéressé à l’audience des
Concertations au sein de l’opinion ainsi que les attentes des plusieurs
RDCongolais par rapport à ce forum.
Des concertations toujours pas
adoptées par les Kinois
Sentiment partagé au sein de l’opinion
RD-congolaise. Si les uns parlent de la réussite des Concertations nationales
clôturées le samedi 05 octobre 2013 par le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, les
autres parlent par contre d’un échec, un gâchis. Selon le tout dernier sondage
du cabinet Les points, une bonne partie de la rue kinoise dit toute sa déception
quant aux recommandations de ce forum nationale qu’elle qualifie de «vieux
rapports réchauffés». Contrairement aux jours passés, note le sondage, les
derniers jours des Concertations, notamment la présentation des rapports des
travaux en plénière et la séance de clôture ont par contre attiré du monde
devant la télé. La RTNC, note le sondage, a enregistré une audience record le
jeudi 03 octobre lors de la présentation en plénière des rapports des groupes
thématiques. «S’ils ont été 25% à avoir suivi les travaux des Concertations dans
les groupes thématiques lors de la vague du sondage du 27 au 28 septembre, 9%
l’ont fait régulièrement et 16 rarement. Le nombre de kinois intéressés par la
plénière du jeudi 03 octobre a été plus important. La chaine du parlement, la
RTNC3, a connu une audience globale de 38%, soit un accroissement de 28%»,
souligne le sondeur. «Par ailleurs, la catégorie des personnes qui n‘ont pas
suivi la plénière des Concertations connait une inclinaison de 73 à 49%». D’une
manière globale, poursuit le sondeur, les Kinois sont restés dubitatifs face au
scénario du Palais du peuple. Ils n’ont jamais compris l’importance de
l’organisation d’un forum national dont l’objectif principal était de justifier
simplement la mise en place d’un nouveau gouvernement. «Ils noient que la
clôture de ces assises intervient sans trouver une véritable solution à la crise
née de l’insécurité créée par la rébellion du M23. La poursuite des pourparlers
de Kampala et l‘absence des principaux leaders de l’opposition aux Concertations
nationales sont considérées comme des indicateurs majeurs de l‘échec longtemps
programmé de ces assises», enfonce le sondage. A en croire Frédéric Panda et sa
maison de sondage, «la cohésion nationale est testée un vœu pieux, les
concertateurs ayant accepté de taire leurs querelles dans le seul objectif de se
garantir une place au soleil». Et d’ajouter : «les sondés estiment que certaines
langues vont se délier dès la publication du gouvernement dont les conclusions
des groupes thématiques ont fait allusion à demi-mot et attendent voir comment
les conclusions des concertations vont être mises en œuvre et quelle sera la
réaction des uns et des autres en cas de maintien de l’équipe en place». HMK