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SACREBOPOL

mercredi 15 janvier 2014

Crash d’un des deux drones de la Monusco


Crash d’un des deux drones de la Monusco



Par RFI
Drone de l'ONU à Goma.
                             Photo: Léa Lisa Westerhoff / RFI
En RDC, un mois à peine après sa mise en service très attendue, le premier drone de surveillance jamais utilisé dans une mission de paix de l’ONU, s’est écrasé ce mercredi matin sans faire victimes, sur l'aéroport de Goma. « Une sortie de piste », affirme l’ONU.

Juste après l’atterrissage, alors que le drone était encore à pleine vitesse, l’engin a dévié de sa trajectoire, avant de tomber dans un fossé. L’appareil est inutilisable avec le nez et l’aile de ce qui ressemble à un mini avion de 7 mètres de long qui sont complètement endommagés.
Ce mercredi soir, l’enquête était toujours en cours pour savoir si une erreur de pilotage ou un problème technique sont à l’origine de l’accident.
Mais l'engin, un Falco de fabrication italienne, n’en est pas à son premier incident technique. En mai 2012 déjà, au Pakistan, un drone de surveillance du même type s’était écrasé à cause d’un problème technique.
L’engin sans pilote « sera remplacé dans moins d’un mois », s’est en tout cas empressé d’affirmer la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco), tout en rappelant que la surveillance des régions du Nord et Sud-Kivu allait continuer grâce à un deuxième drone toujours en activité.
La surveillance sera toutefois ralentie avec un seul engin équipé d’une caméra et une autonomie de huit heures, en moyenne.
Un mois à peine après la mise en service de ces drones en grande pompe, cet incident fait tâche et tombe plutôt mal, alors que la Monusco a beaucoup communiqué sur cette innovation technologique - première du genre pour une mission de paix de l’ONU – ainsi que sur les informations que le drone allait pouvoir récolter sur les groupes armés qui pullulent dans l’est du Congo.
Ce mercredi soir, aucun expert n’était en mesure de confirmer si les données collectées par le drone pourraient être récupérées ou non.

Gouvernement de cohésion nationale

Gouvernement de cohésion nationale en RDC : rendez-vous au mois de mars



Le « gouvernement de cohésion nationale », annoncé le 23 octobre 2013 par le président Joseph Kabila devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès au palais du peuple à Kinshasa, ne devrait être nommé et investi par l’Assemblée nationale qu’« au mois de mars prochain ».
« Conformément à l’article 90 de la Constitution, le gouvernement est investi par l’Assemblée nationale. Et comme la première session ordinaire du parlement ne démarre que le 15 mars de chaque année, c’est constitutionnellement au mois de mars prochain que le président de la République nommera vraisemblablement le gouvernement de cohésion nationale qu’il avait promis devant le Congrès en octobre dernier », a déclaré à Lepotentielonline.com un parlementaire ayant requis l’anonymat.

« Avant d'entrer en fonction, le Premier ministre présente à l'Assemblée nationale le programme du gouvernement. Lorsque ce programme est approuvé à la majorité absolue des membres qui composent l'Assemblée nationale, celle-ci investit le gouvernement », stipule cet article 90.

Missions du gouvernement de cohésion nationale

Lors des Concertations nationales tenues à Kinshasa du 07 septembre au 5 octobre 2013, plus de 650 recommandations ont été prises par les délégués de la Majorité au pouvoir, de l’opposition politique et de la société civile.

« Je voudrais rappeler que, quelque pertinente que soit une recommandation, sa capacité contributive à la transformation de la société est fonction de sa mise œuvre. Le défi qui, désormais, se pose à la collectivité nationale, est donc celui de la matérialisation de ce que les Délégués ont, ensemble, proposé au terme de leurs travaux. Un défi qui, lui aussi, ne peut être relevé qu’ensemble: hommes et femmes, jeunes et vieux, institutions publiques et société civile », avait déclaré le président Joseph Kabila devant le Congrès.

« En ce qui concerne le Gouvernement, je vous annonce que, dans le cadre de ma politique d’ouverture, prônée depuis mon investiture, un +Gouvernement de cohésion nationale+ sera bientôt mis en place. Il comprendra aussi bien des représentants de la Majorité que ceux de l’Opposition et de la société civile », avait déclaré.

Il avait affirmé que ce gouvernement « aura pour missions prioritaires le rétablissement de la paix et de l’autorité de l’Etat à travers le pays, la consolidation de la cohésion nationale, la poursuite de la reconstruction, l’appui au processus de décentralisation et à l’organisation des élections, et l’amélioration des conditions sociales des populations ».

« Je mettrai un soin particulier dans le choix des animateurs des institutions et dans l’application rigoureuse et systématique de la sanction pour mettre hors d’état de nuire tous les éléments susceptibles d’hypothéquer notre détermination à améliorer la condition sociale du citoyen congolais et la gouvernance de la République », avait-il insisté.

En effet, « pour changer le Congo, nous devons d’abord nous-mêmes changer dans notre manière de vivre ensemble, de faire la politique, de gérer l’Etat et la communauté nationale. Bref, de vivre la démocratie », avait-il expliqué.

Ainsi, « pour réaliser de façon certaine toutes les aspirations du peuple congolais telles qu’exprimées dans les recommandations des Concertations nationales et les traduire en mesures d’exécution conséquentes », le chef de l’Etat congolais avait demandé « aux autorités budgétaires et aux services mobilisateurs des recettes de tout mettre en œuvre pour doter le gouvernement de la République d’un budget crédible ».

Parmi les « défis multiples à relever », Le président Joseph Kabila avait cité « principalement des  défis structurels et opérationnels en vue de promouvoir le développement économique, financier et celui du secteur productif en se focalisant sur un secteur privé et le partenariat public-privé capable de remplir la fonction de principal moteur de croissance économique ». 

A titre d’exemple, les défis ci-après méritent d’être mentionnés :

.    le caractère extraverti de notre économie ;
.    l’inadéquation entre l’évolution positive des indicateurs macroéconomiques et le vécu quotidien des Congolais ;
.    l’insuffisance des instruments de contrôle et de régulation économique ;
 .   la nécessité d’accroître le niveau d’exécution budgétaire ;
  .  la nécessité de promouvoir une classe moyenne congolaise ;
   . les difficultés d’accès au crédit ;
   . l’impératif de rationaliser le système fiscal ;
    . la lutte contre la corruption, le détournement des deniers publics et le coulage des recettes.

Afin de répondre à ces préoccupations, il me paraît indispensable d’intégrer  des indicateurs susceptibles de mesurer de façon réaliste le niveau de vie des populations, afin d’établir l’adéquation entre la stabilité du cadre macroéconomique et le vécu quotidien des Congolais pour que les sacrifices consentis ne soient pas vains.

Ainsi, je préconise que soient prises notamment les mesures ci-après :

. Organiser les Etats Généraux des agriculteurs et des paysans ;
. Réformer le système fiscal ;
. Poursuivre l’évaluation et la certification des ressources       minières, forestières, halieutiques et en hydrocarbures ;
. Accélérer la mise en place du Conseil Economique et Social ;
.  Restructurer la Cour des Comptes ;
 . Elaborer un plan de programmation, budgétisation et procéder  au paiement de la dette intérieure certifiée en vue de la relance des emplois dans les Petites et Moyennes Entreprises ;
  . Accélérer la mise en forme de toutes les réformes prévues dans   le secteur des finances publiques ;
  . Evaluer la réforme du portefeuille de l’Etat et élaborer une nouvelle feuille de route ;
 .  Consolider le climat des affaires par le respect scrupuleux de la   loi sur les marchés publics et parachever le processus de la mise  en œuvre du droit OHADA ;
.  Finaliser la loi sur la Caisse Nationale de Péréquation ;
 . Appliquer de manière rigoureuse le principe de l’exercice exclusif du petit commerce par les nationaux ;
.  Promouvoir l’implication obligatoire des congolais dans la sous-traitance dans tous les secteurs de l’activité économique ;
 . Adopter un dispositif législatif spécifique en vue de promouvoir entrepreneuriat congolais et de favoriser le développement d’un actionnariat national ».

mardi 14 janvier 2014

Dans un épisode, une série télé américaine rend hommage aux mamans violées à l’est de la RDC






Dans un épisode, une série télé américaine rend hommage aux mamans violées à l’est de la RDC


La célèbre série américaine "New-York Unité Spéciale" à rendue hommage et consacré un de ses épisodes aux mamans, femmes et filles violées à l’est de la République Démocratique du Congo, un épisode très émouvant qui part de l’est de la RDC et se termine aux USA.

L’industrie du viol qui se déroule en RDC a fait des millions de morts et cela, au grand silence de toute la communauté internationale, qui se contente à faire plus des déclarations que d’actions pour venir en aide à ces pauvres mamans. Merci à la série New-York Unité Spéciale d’avoir pensé à sonner l’alarme.

SIGNEZ SVP ET FAITES SIGNER LA PETITION POUR UN TPIC !

 SIGNEZ SVP ET FAITES SIGNER LA PETITION POUR UN TPIC !

° http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/stop-au-viol-comme-arme-de-guerre-pour-un-tribunal-p%C3%A9nal-international-pour-la-r%C3%A9publique-d%C3%A9mocratique-du-congo

  1. Pétition de
    France





Stop au viol comme arme de guerre : Pour un Tribunal Pénal International pour la République Démocratique du Congo 

Mesdames, Messieurs, 

Qui n'a pas entendu parler du traitement inhumain que subissent les femmes dans les zones de combats en République démocratique du Congo, où les femmes sont prises comme champ de bataille et le viol une véritable arme de guerre ?

 On entend par-ci, par-là, des personnalités, des experts et des observateurs stigmatiser ces violences faites aux femmes de la RDC sans qu’aucune mesure concrète et efficace ne soit prise. Les solutions proposées depuis quinze années, loin de soulager la détresse de ces femmes, se sont avérées être de « fausses-bonnes » solutions qui ont accentué, au point de normaliser cette barbarie.

Je sais pourtant, pour avoir exercé en qualité d’avocat près le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pendant sept années, avec quelle rigueur les juges ont réprimé ces crimes de viols comme arme de guerre commis pendant le génocide du Rwanda et en ex-Yougoslavie. Cette justice, quels que soient ses insuffisances et ses travers, aussi impuissante soit-elle pour réparer les séquelles et traumatismes, a cependant eu le mérite de punir ceux dont l'implication était judiciairement prouvée au delà de tout doute raisonnable,  dans les génocides rwandais et bosniaque.

Paradoxalement, pour ce qui est de la République démocratique du Congo, des manifestations pacifiques et citoyennes se sont déroulées partout dans le monde pour stigmatiser, sans succès, l'impunité. Qui ne se souvient pas de la marche mondiale des femmes à Bukavu en 2010 -  la marche Paris-Bruxelles effectuée en 14 jours par des vaillantes filles et des vaillants fils du Congo en juillet 2011 -  le tour d'Europe par un jeune Congolais - la grève de la faim de Paris en décembre 2012 et des citoyens excédés qui ont même marché dévêtus, pour attirer l’attention de l’opinion publique internationale sur le calvaire que vivent ces femmes ?

Que dire du travail que font, au péril de leur vie, le Dr Mukwege, les activistes des droits de l'homme, les représentants de la société civile ? Tous ont fait et continuent de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour arrêter les viols, alléger la souffrance des victimes et mettre un terme à l'impunité, et ce, sans grand résultat ?

Fort du soutien des 52 personnalités féminines, j'ai décidé d'agir avec votre aide, convaincu que nous sommes des millions de par le monde à partager l'indignation de nos 52 Marraines qui sont des sommités du monde universitaire, des femmes politiques de caractère ainsi que des féministes qui ont passé l'essentiel de leur vie à défendre aussi bien la place, les droits, l'honneur que la dignité de la femme dans la société française et partout dans le monde. Bon nombre d'autres grandes figures féminines et masculines, dont le nom ne figure pas sur la liste des 52, ne sont pas moins impliquées et soutiennent ouvertement notre cause.

Cette pétition est notre façon déterminée de dire et de proclamer une fois pour toutes que "le corps de la femme ne devait pas, et plus jamais ne devrait être utilisé comme arme de guerre" au Congo et partout ailleurs dans le monde.

Le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies fermera bientôt les portes du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et celles du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) qui ont l’un et l’autre considéré ce type de viol comme constitutif de crime contre l'humanité ou de génocide. Il est indispensable que le Conseil de sécurité des Nations unies et son Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, prennent toutes les mesures nécessaires pour permettre la survivance de cette jurisprudence, en créant rapidement un Tribunal pénal international pour la RDC, chargé de poursuivre tous les crimes similaires, déjà répertoriés dans le "rapport mapping" des Nations unies.

Nous sommes convaincus que c'est l'un des moyens les plus efficaces de soustraire ces femmes des griffes de leurs bourreaux et de mettre effectivement fin à l'impunité de ceux qui ont utilisé et continuent d'utiliser le viol comme arme de guerre. Ne pas le faire, serait une discrimination à l'égard de la femme congolaise, un déni de justice internationale ainsi qu'un encouragement à commettre le "gynocide" ou "fémicide".

En effet, après publication du "rapport mapping" et la multitude de rapports sur la situation de ces femmes dans le pays, nul n'est plus fondé à prétendre n'avoir rien vu, rien su, ni rien entendu.
Quelles que soient les insuffisances et les critiques, le Tribunal pénal international pour le Rwanda ainsi que celui pour l'ex-Yougoslavie, ont joué un rôle de précurseur. Animateur, puis Président de l'Association des avocats du Tribunal pénal international pour le Rwanda de 2002 à 2006, je sais quelles étaient les insuffisances d'un tel Tribunal pour les avoir critiquées et combattues. Je sais cependant que par-dessus tout, ces Tribunaux ont, comme c'est inscrit dans leur mission, poursuivi et largement contribué à éradiquer le viol comme arme de guerre au Rwanda et en Bosnie depuis 1994. De ce fait, ilsont contribué au retour de la paix.

Les acquis de cette justice pénale internationale devraient pouvoir profiter à toutes les femmes partout dans le monde et surtout en RDC, devenue le théâtre de combat entre belligérants de la région des Grands Lacs africains.

Nous vous demandons, pour l’amour du ciel, de soutenir cet appel en le signant et en le faisant signer autour de vous.
Merci pour toutes les femmes victimes.

Hamuli Rety
Ancien président de l’Association des avocats du Tribunal pénal international pour le Rwanda


NI RECONNUE NI PUNISSABLE PAR LA LOI


La prostitution en RDC : un " métier " des filles mères


* Plus qu'un pis-aller, deux  Kinoises sur quatre, mères et sans mari, accusent les hommes.  Plus qu'un pis-aller, deux  Kinoises sur quatre, mères et sans mari, accusent les hommes.

 La profession du sexe est l'un de principaux employeurs des femmes en RD Congo. Ni  formellement reconnue  ni punissable par les lois du pays, la prostitution prend de l'ampleur dans les grandes villes congolaises. Aucune agglomération du pays n'est à l'abri. Certes à proportions inégales. A Kinshasa (comme ailleurs ?), une mini-enquête de Forum des As sur ce phénomène de société est révélatrice.  Plus d'une fille mère se prostitue.  Comme par enchantement, toutes avancent la même raison : leur abandon par les hommes, auteurs de leurs grossesses.  " Je  fais ça pour nourrir mon enfant ". Pour raison de décence, les noms utilisés ici sont des pseudonymes.

      Samedi 22 juin-20 heures. Falonne, 19 ans, débarque à Super Lemba.  Le site, bien connu,  est un lieu de rendez-vous des filles de joie  venues de différents coins de la capitale. Comme cet enclos  où est attachée une chèvre en chaleur, et qui attire les boucs de tous horizons, le décor  ici est une véritable île à la tentation.  Court-vêtue, jambes pulpeuses moulées dans de bas  d'un jaune pale, Falonne  tient une cigarette allumée, enfourchée entre deux doigts. 

La concurrence est quasi manifeste. Elle doit trouver de l'astuce pour séduire et se faire prévaloir. Falonne trouve la recette. Elle se perche sur le capot moteur d'une voiture parquée juste devant  la dernière rangée des chaises de cette terrasse-bar de renom. Manière très originale pour cette fille, à peine émancipée,  d'avoir  une vue panoramique du site. Comme un loup à jeun, Falonne est prête à tout.

 Elle ne refuse aucune sollicitation. Depuis combien de temps pratique-t-elle ce métier ? 

Falonne répond sans réfléchir : " Je mène cette vie depuis le  mois de décembre 2011. Je ne m'imaginais pas qu'un jour je ferais le trottoir. Les circonstances de la vie me l'y ont obligée. Je me suis retrouvée en état de grossesse, quelques mois seulement peu après mes études secondaires. Malheureusement, mon petit ami de l'époque avait renié la grossesse. Je m'étais résolu de ne pas avorter. Sans ressources et rejetée par les parents, j'avais décidé de me prostituer pendant les cinq premiers mois de grossesse pour me permettre de faire face aux besoins d'accouchement. Aujourd'hui, j'ai un enfant d'un an et demi dont je supporte les besoins grâce à ce métier. Je n'ai pas de choix. "

     22H30'. Un week-end sur l'avenue du Stade en plein Matonge. Sarah sort d'un taxi en provenance de Bon Marché. Forte de taille, elle est dans un pantalon Jeans délavé, qui ne devrait laisser aucun espace. Comme si le couturier l'avait cousu sur son corps. Sarah ne se sent pas bien dans sa peau. Elle doit vite se changer. Après quelques minutes derrière un taudis, elle réapparait dans un décor tout autre. Juste une petite culotte noire. Une chemise blanche, d'un tissu très léger et transparent, permet de voir sa gorge toute blanche. Sarah a désormais son " arme " de séduction. Elle ne peut donc passer inaperçue.  Sauf  misogynie. Le sujet est délicat. Une bouteille de Beaufort gracieusement offerte, met Sarah en confiance.  " 18 ans le 15 octobre prochain, je vis avec ma mère dans la commune de Barumbu. Je n'ai pas eu la chance de faire de longues études. Juste quatre ans post- primaires. Je m'étais inscrite en Coupe et couture au Centre de formation de l'YMCA à Matonge. Malheureusement, ça n'a pas abouti parce que j'avais conçu sans le savoir, à cause de mon jeune âge. Je m'étais retrouvée grosse à l'âge de 16 ans. Je ne connaissais presque rien. C'est six mois après, que ma mère a constaté que j'étais enceinte. Je ne pouvais plus rien faire. Aujourd'hui, j'ai un petit garçon de deux ans. Si mon amant m'avait acceptée, je n'aurais plus aucune excuse pour me prostituer. Au début j'avais très honte. Je ne supportais pas d'aller avec plus d'un homme par jour. Mais avec le temps, j'ai fini par m'habituer. Je ne me gêne plus. Le jour où je trouverai un homme capable de prendre, et ma charge et celle de mon gosse, j'abandonnerai volontiers ce métier à très haut risque ".

     * Héléna, 24 ans, étudiante en première année de licence dans un Institut supérieur de Kinshasa, a une autre motivation. Cigarette mentholée allumée suspendue au bout de lèvres, yeux azurs au fond de verres teintés, Héléna est debout, les pieds enfouis dans de chaussures à hauts talons ne lui permettant pas de parcourir le moindre trajet à pied. Sa longue chevelure lui descendait jusqu'aux os iliaques. 23 heures. Héléna, pas trop svelte, est seule au croisement Boulevard du 30-Juin -avenue Batetela dans la commune de la Gombe. Sa destination parait absurde. C'est soit vers le Grand Hôtel Kinshasa, soit Kintambo Magasin. Mais en réalité, ce n'était pas l'itinéraire des taximen qui l'intéressait. Héléna a son regard juché sur de belles voitures privées. " L'argent certes, mais ce n'est vraiment pas ça ma motivation. Si je me retrouve sur le Boulevard  même à des heures tardives, c'est parce que j'ai toujours rêvé un partenaire expatrié comme mari. Plus précisément un Européen ou Américain. C'est donc ça mon rêve d'enfance et j'y tiens beaucoup. J'y crois en même temps parce que je compte plus d'une amie qui avait mené cette vie et qui se retrouve présentement, qui à Paris, qui à Bruxelles…très mariée à un Blanc. Donc, ce que nous faisons paie. Tout dépend de ce qu'on veut. Il y en qui se prostituent pour des raisons de survie. Mais c'est loin d'être mon cas ".

     * Jacquie, elle, a choisi de se poster sur l'avenue Popokabaka, avec le dos tourné à l'avenue du Stade. Samedi 29 juin à minuit, Jacquie est debout, brochette à la main. A son extrême gauche se trouve un bar de renom, visiblement lieu de rencontre des femmes de son âge (plus de 38 ans). Les phares des taxis à destination du quartier  Bon Marché flamboient les jambes de cette divorcée et mère de 4 enfants. Mais avec le pouvoir du maquillage, Jacquie fait plutôt jeune fille la nuit. L'excès de mascarade sur le visage l'enjolive, ne fut-ce que pour cette durée de la nuit. Pourtant, Jacquie ne devrait pas avoir moins de 40 ans. Elle monologue. " Je dois tout faire ce soir pour réunir un minimum devant me permettre de payer les frais d'inscription de mon avant-dernier fils. Que Dieu m'aide à cette fin ",  dit-elle. Et elle y croit.

     Honnis soit, qui mal y pense. L'échantillon  de cette mini enquête  n'a aucune prétention d'être représentatif. Néanmoins, il a le mérité d'être qualitatif. Du recoupement des propos recueillis, Forum des As constate que la prostitution en RD Congo est, à proportions inégales, l'apanage de filles mères. Plus concrètement, des femmes déjà filles. Tout autre chercheur pourrait arriver à la même conclusion.       

Laurel  KANKOLE