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SACREBOPOL

lundi 10 février 2014

Ecoute : «Kabila» et Kalev «birmanisent» le Congo-Kinshasa



Kalev Mutond, l’administrateutr général de l’ANR (Agence nationale de renseigenements)


«Nul ne peut instituer sur quelque forme que ce soit de parti unique sur tout ou partie du territoire national. L’institution d’un parti unique constitue une infraction imprescriptible de haute trahison punie par la loi». Tel est l’énoncé de l’article 7 de la Constitution du Congo démocratique promulguée le 18 février 2006 par… «Joseph Kabila».
L’entrée en vigueur de cette nouvelle Charte fondamentale n’avait pas manqué de faire rêver plus d’un Congolais. Le peuple de ce pays y voyait le point de départ d’un ordre politique (enfin) au service de l’intérêt général et surtout respectueux de la personne humaine. Huit années après, c’est la désillusion ! L’ex-Zaïre ressemble aujourd’hui à une immense prison en plein air. Un goulag.
Depuis bientôt huit ans, le Congo-Kinshasa présente tous les traits détestables d’un Etat totalitaire à l’image de l’Ouganda d’Amin Dada ou des régimes au pouvoir en Birmanie ou en Corée du Nord. Quelques exemples ? 

Le parti présidentiel (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), rejoint par une multitude de formations politiques et autres associations «alimentaires», est devenu un parti unique de fait. Point de salut pour tous ceux qui sont hors de «la majorité présidentielle». 
Les médias d’Etat sont inaccessibles aux autres courants d’opinion dans un pays où le «pluralisme politique» est proclamé par la Constitution. Les opposants au pouvoir en place sont traités tels des "agents subversifs". L’armée, la police, les services de renseignements civils et militaires et les magistrats agissent comme des milices. Les chefs de ces corps n’hésitent pas à participer aux manifestations politiques organisées par le parti présidentiel. 
Sous une apparente liberté d’expression, la presse congolaise s’est imposé l’autocensure consistant à proscrire tous les sujets qui touchent à «Joseph Kabila» et sa fratrie. Dans ce pays où les assassinats sont camouflés en crimes crapuleux, il vaut mieux être prudent.
La justice ayant perdu son indépendance, les avocats sont intimidés par des appels anonymes. C’est le cas notamment des juristes chargés d’assurer la défense des parties civiles dans l’affaire relative à l’assassinat, début juin 2010, du défenseur des droits humains Floribert Chebeya et son collaborateur Fidèle Bazana. Certains cabinets sont cambriolés. 

Grâce aux révélations de l’ex-agent Edward Snowden, depuis quelques mois, la terre entière dénonce les écoutes pratiquées en Amérique et dans le reste du monde par la National Security Agency (NSA). Aux Etats-Unis, il semble que les géants de l’Internet que sont Facebook, Microsoft, Yahoo et Google auraient apporté leur «collaboration» à la NSA suite aux requêtes judiciaires reçues discrètement des autorités américaines.
Au Congo démocratique de «Joseph Kabila», les citoyens ont perdu le droit élémentaire à l’intimité. Leurs conversations téléphoniques sont écoutées et enregistrées à la simple demande écrite de Kalev Mutond, l’administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR). Nul besoin d’une ordonnance émise par un magistrat instructeur. "Joseph Kabila" se confond avec l’Etat. 
Les opérateurs téléphoniques (Vodacom, Airtel, Orange, Tigo, Africel… ) sont tenus d’identifier les titulaires de tous les numéros téléphoniques opérant sur le sol congolais. Après un certain délai, toute «carte Sim» dont l’utilisateur n’est pas connu est désactivée. 

Au lendemain des élections contestées du 28 novembre 2011, le ministre de l’Intérieur d’alors, Adolphe Lumanu Mulenda, avait ordonné aux opérateurs téléphoniques de suspendre l’émission des «SMS». A l’appui de cette demande, il invoquait des «considérations sécuritaires».
De quelle sécurité parle-t-on dans un pays où le pouvoir a perdu la clef de voûte de toute légitimité qu’est l’adhésion populaire? De quelle sécurité parle-t-on dans un Etat kabiliste qui a donné toute la dimension de son inefficacité à assurer à chaque citoyen les conditions minimales de sécurité tant pour sa personne que pour ses biens?

On ne le dira jamais assez que les Congolais doivent conjurer la peur et la résignation pour étouffer dans l’œuf – avant qu’il ne soit trop tard - l’émergence d’un nouvel Amin Dada ou d’un Kim Jung Un des tropiques à Kinshasa.
«Joseph Kabila» s’accroche au pouvoir pour le pouvoir. Il n’a plus rien à proposer à la population congolaise. Il se maintient par la violence et la terreur. Il doit être chassé du pouvoir. Par tous les moyens.
Les législateurs de 2005 avaient prévu l’antidote à toute dérive dictatoriale à travers article 64 de la Constitution : «Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. (…).» Agissons!"


° http://radiookapi.net/actualite/2014/02/08/rdc-une-frange-de-lopposition-boycotte-le-code-de-bonne-conduite/
° http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/JA2767p073.xml0/joseph-kabila-vital-kamerhe-rdc-presidentielle-rdc-2016rdc-rendez-vous-en-2016.html
° http://afrikarabia.com/wordpress/2014-joseph-kabila-a-lheure-des-choix/

samedi 8 février 2014

Tribunal pénal International pour la RD Congo:


 Me Rety au Conseil européen, au sénat et aux affaires étrangères belges.

























































À la tête d’une délégation d’une dizaine de personnes, le mercredi 5 février 2014, Me Hamuli Rety qui mène un combat pour un tribunal Pénal pour la RD Congo  a été reçu à Bruxelles successivement :

Au sénat belge par la sénatrice Maria Arena, vice-présidente de la commission des affaires étrangères,

Au Conseil européen par le Présent Herman Van Rompuy, et au ministère belge des affaires étrangères, par monsieur François de Kerkhove,  directeur de cabinet de monsieur Reynders,qui avait à ses côtés, monsieur Michel Lastschenko , ambassadeur de Belgique en RD Congo.

Parmi les membres de la délégation il y avait :

- Madame Sylvia Geraghty : Irlandaise. Avocate près du Tribunal pénal international pour le Rwanda, de la CPI ainsi que du Tribunal spécial pour le Liban.

- Madame Agnès Casero, Française ; Avocate au Barreau de Toulouse.

- Madame Marlène Twininga , Néerlandaise : Ancienne présidente de la ligue des femmes pour la paix et la liberté dans le monde.

- Madame Silvie de Rieder : Suissesse. Psychologue conceptrice du projet couleurs de femme plaidant pour la construction sur la place des Nations à Genève, d’un monument dédié à toutes les femmes victimes des violences comme arme de guerre.

-Madame Marie-Helène Le-Ny Francaise . Photographe.

-Laeticia Kalimbiriro, femme politique belge et membre de plusieurs associations de lutte pour les femmes spécialement celle du Grand Kivu..

Le but de toutes ces audiences était de sensibiliser  et de forcer la main de ses interlocuteurs :

- Sur la nécessité de prendre clairement position pour stopper le viol comme arme de guerre, surtout à l’Est de la RD Congo,

- Sur la nécessité de s’impliquer pour l’institution d’un  Tribunal Pénal International pour la République Démocratique du Congo.

L’action de Me Rety est soutenue par des marraines : 52 personnalités féminines, des sommités du monde universitaire, des femmes politiques de caractère ainsi que des féministes qui ont passé l'essentiel de leur vie à défendre aussi bien la place, les droits, l'honneur que la dignité de la femme dans la société française et partout dans le monde.

Partout où la délégation est passée, en dehors des échanges, maître Rety remettait à ses interlocuteurs un poster de la déclaration des marraines, véritable charte, à placarder à un endroit visible « Afin que personne ne dise un jour qu’il n’avait pas été informé. »

Pourquoi cette tournée ?

En RD Congo, depuis 1996, il y a eu près de 8.000.000 de morts et dans la foulée, des milliers de femmes violées. Le monde ne le sait-il pas ? Pourquoi d’autres hécatombes humaines moins grandes sont-elles vite combattues, et pourquoi quand il s’agit de la RD Congo, les responsables du monde se débinent, ont subitement la langue de bois, cherchent des faux-fuyants, ou deviennent subitement amnésiques ?

Pourtant, pour la République démocratique du Congo, des manifestations pacifiques et citoyennes se sont déroulées partout dans le monde pour stigmatiser l'impunité. Qui ne se souvient pas de la marche mondiale des femmes à Bukavu en 2010 -  de la marche Paris-Bruxelles effectuée en 14 jours par des vaillantes filles et des vaillants fils du Congo en juillet 2011 ? Du tour d'Europe par un jeune Congolais ? De la grève de la faim de Paris en décembre 2012 et des citoyens excédés qui ont même marché, dévêtus, pour attirer l’attention de l’opinion publique internationale sur le calvaire que vivent ces femmes ?

Résultat ?

De plus en plus, l’évidence commence à s’imposer :

- Le pillage des richesses de la RD Congo est le principal moteur de l’entretien de ces guerres interminables et de ces viols, et du yoyo des décideurs mondiaux,

- L’impunité en RD Congo suite à l’absence d’une vraie justice, indépendante et équitable favorise cette situation,

- La situation de non état en RD Congo est un ferment du pourrissement, et une voie d’entrée de toutes les dérives.

L’escale à Bruxelles de maître Rety et son équipe est un plus,  dans ce périple visant à rencontrer tous les grands décideurs du monde : Europe, Union africaine, Amérique, ONU. La Belgique est un maillon non négligeable dans la stabilisation ou non de la RD Congo, les institutions européennes dont le Conseil européen, présents à Bruxelles, sont le deuxième pole politique mondial, après les Etats-Unis.

Les officiels belges feignent d’être modestes par rapport au rôle de leur pays dans la politique mondiale vis-à-vis de la RD Congo. Mais personne n’ignore que lors des moments décisifs à l’Union européenne ou à l’ONU, bien de pays s’en réfèrent à la position de la Belgique, même les Etats-Unis d’Obama.

Maître Rety a martelé cela partout où il a été reçu avec son équipe.

Me   Hamuli Rety est Congolais. Ancien intendant général puis président des avocats de la défense au Tribunal pénal international pour le Rwanda et Premier congolais à obtenir l’acquittement à l’unanimité de tous les juges en appel et en première instance pour les crimes de génocide, crime contre l’humanité, crimes de guerre.



Bruxelles, le 6  février 2014

Cheik FITA

La loi d’amnistie congolaise, une mesure qui encourage l’impunité ?

La Voix des sans voix craint que «la loi d'amnistie consacre l'impunité»
° http://www.rfi.fr/afrique/20140206-rdc-loi-amnistie-consacrer-impunite-voix-sans-voix-rostin-manketa-kabila-m23-crimes-guerre-humanite-chebeya

Une loi d'amnistie pour les anciens rebelles du M23. C'était une promesse du président Kabila. Et mardi, cette loi a bien été votée par le Parlement. Plus intéressant encore, députés et sénateurs ont décidé que le bénéfice de cette loi serait élargi à tous les auteurs d'infractions politiques depuis 2006. L'avis de Rostin Manketa, directeur adjoint de l'ONG congolaise la Voix des sans voix.

RFI : Cette loi d’amnistie va-t-elle dans le bon sens ?
Rostin Manketa : Je dirais oui et non. Oui, parce que cette loi peut contribuer à la consolidation de la paix à l’est de la République démocratique du Congo. Mais non, parce que c’est une loi qui va aussi d'une certaine manière consacrer l’impunité car elle va profiter à des personnes qui ont pris des armes contre leur pays, des personnes qui ont pillé et qui ont tué.
Les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de viols ne sont-ils pas exclus de cette loi justement ?
Tout à fait, toutes ces personnes sont exclues. Mais il faut souligner aussi que parmi les personnes qui vont bénéficier de cette loi, il y en a qui ont pillé et contraint des populations entières à l’errance. Des enfants n’ont pas eu accès à l’éducation, par exemple. Ce sont des personnes qui vont rentrer triomphalement et ce serait, en quelque sorte, « consacrer » l’impunité en République démocratique du Congo.

Outre les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), qui va bénéficier de cette loi ?
Nous espérons, nous, qu’il y aura les détenus qui sont à Makala et dans d’autres prisons, qui sont des détenus politiques retenus depuis plusieurs années. Nous pouvons citer à titre illustratif le cas du pasteur Kutino, qui est incarcéré depuis quatre ans et qui doit en principe bénéficier de cette loi d’amnistie. Il y a aussi le cas du député Muhindo Nzangi, qui a été condamné tout simplement parce qu’il a critiqué une façon de gérer le pays. On l’a accusé de tous les maux, d'atteinte à la sûreté de l’Etat. Et aussi d’autres qui sont là, on cite même le député Eugène Diomi Ndongala, parce que jusque-là on n’a pas encore de preuves de ce dont on l’accuse. Nous, nous considérons que c’est quelqu’un qui est là parce que tout simplement on a cherché à le réduire au silence compte tenu de son appartenance politique.
C’est le chef du Parti démocrate chrétien. Y a-t-il des prisonniers qui sont oubliés par cette loi d’amnistie ?
Tout à fait, ils sont nombreux. Il y a toutes les personnes condamnées dans l’affaire d’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. On va dire que c’est une affaire de droit commun mais il y en a qui sont là pour des raisons de haute trahison. Nous pensons que la haute trahison, c’est aussi par excellence une infraction à caractère politique. Il y a toutes ces personnes qui doivent aussi bénéficier de ces lois d’amnistie. Mais malheureusement, la période couverte les exclut complètement et nous pensons que cela a été fait d’une manière délibérée pour les maintenir en prison.

Dans l’affaire Laurent-Désiré Kabila, il y a en effet 30 condamnés à mort et 26 condamnés à perpétuité parmi lesquels l’ancien conseiller Nono Lutula, l’ancien maître espion Georges Léta, le général Yav, le colonel Eddy Kapend. Tous sont considérés comme des prisonniers de droit commun ?
Oui, c’est comme ça qu’ils sont considérés mais nous, nous pensons qu’ils devraient en principe recouvrer leur liberté.
C’est le prétexte qui est invoqué pour qu’ils ne puissent pas bénéficier des différentes lois d’amnistie ?
C’est le prétexte qui a toujours été invoqué et nous pensons qu’il est important de mettre fin à cela et de favoriser la cohésion nationale tant recherchée dans ce pays. Et aussi dans cette affaire, l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, car le procès n’avait jamais pris fin. On n’a pas d’indicateurs, de signaux clairs pour dire que le procès allait reprendre.

A l’énoncé du verdict en 2003, on se souvient en effet que le président de la cour d’ordre militaire avait dit : « Les enquêtes se poursuivent. Il y aura d’autres procès de Laurent Désiré Kabila », comme s’il doutait lui-même du verdict qu’il venait de prononcer. Est-ce qu’il y a d’autres enquêtes, d’autres procès ?
Aucun procès depuis lors n’a eu lieu. Et à notre connaissance, nous n’avons pas cru qu’il y a une enquête qui avait démarré. Rien n’est fait. On devrait aller jusqu’au bout pour que les auteurs de cet assassinat, les commanditaires, soient clairement identifiés et répondent de leurs actes parce que c’est un grand homme d’Etat qui a été assassiné dans l’exercice de ses fonctions.
Comment expliquez-vous l’acharnement du pouvoir à l’égard de ces condamnés ?
C’est le refus de la manifestation de la vérité dans cette affaire.
Donc si on les libère, il va falloir rechercher les vrais coupables et relancer l’affaire ? C’est ce que vous, vous voulez dire ?
Il est important que cela aille jusqu’au bout.

Est-ce que les condamnés dans cette affaire peuvent encore espérer une grâce présidentielle ?
Beaucoup d’entre eux espèrent et comptent sur cette grâce présidentielle qui, malheureusement, tarde à venir. Leurs familles espèrent, et nous pensons que leur cri sera entendu par les autorités congolaises.
Près de quatre ans après l’assassinat de votre ancien président Floribert Chebeya et de son assistant Fidèle Bazana, vous attendez toujours le procès en appel des policiers criminels. Est-ce que cela avance ?
Nous devons être clairs pour dire que ce procès n’avance pas, parce qu’on veut étouffer la vérité. Plusieurs mois sont passés depuis que la Cour suprême de justice a été saisie pour interpréter les arrêts qui avaient été rendus. Mais depuis lors, il n’y a rien. Il y a le suspect numéro un dans cette affaire qui est le général John Numbi et qui est toujours en liberté. Nous avons demandé qu’il soit arrêté et qu’il réponde de ses actes en garantissant tous ses droits. Mais depuis lors, le suspect numéro un est toujours en liberté et il y a absence totale de volonté politique pour contribuer à la manifestation de la vérité. L’impunité est bien consacrée.

Plusieurs domiciles du général Numbi ont été perquisitionnés le mois dernier, notamment près de Lubumbashi. Un nouveau chef de la police vient d’être nommé. Est-ce que vous espérez qu’un jour le principal suspect pourra être poursuivi ?
Oui, si on veut réellement mettre fin au régime des intouchables. Il ne faudra pas que les individus soient plus forts que l’Etat. Même les résidences qui ont été perquisitionnées à Lubumbashi, ça ne rassure personne parce que le porte-parole du gouvernement a assuré que personne ne savait que ces résidences appartenaient au général John Numbi. Et nous sommes là en face d’une impuissance de l’Etat face à un individu qui est un futur général."


"La loi d’amnistie congolaise, une mesure qui encourage l’impunité ?
(France 24 06/02/14)
Une loi d’amnistie pour faits de guerre et infractions politiques destinée aux groupes rebelles a été adoptée mardi en République démocratique du Congo. Un accord à minima qui ne satisfait pas les organisations de défense des droits de l’Homme.(…)'

"(...)Radio Kivu1 fait état de l’insatisfaction de la société civile du Nord-Kivu. Elle qualifie de non-événement l’adoption de la  loi sur l’amnistie par l’Assemblée nationale et estime que cet acte consacre l’impunité en RDC. Omar Kavota, Porte-parole de cette structure citoyenne qui pense que cette loi a été imposée à la RDC par la communauté internationale, craint que celle-ci ne favorise  l’impunité des  auteurs des pillages, viols et tueries de la population du Nord-Kivu.(...)" 


"RDC : la communauté internationale salue une loi d’amnistie «historique»
Les envoyés spéciaux de la communauté internationale pour la RDC saluent la nouvelle loi sur l’amnistie adoptée par le parlement de la RDC. Dans un communiqué de presse publié mercredi 5 février, ces diplomates ont félicité le gouvernement congolais pour le vote de cette loi «historique» qui constitue, selon eux, un pas dans la bonne direction.
Ces envoyés spéciaux se félicitent du fait que la loi nouvellement adoptée accorde l’amnistie pour les actes d’insurrection, les actes de guerre et les délits politiques, tout en excluant les crimes tels que le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. La commission mixte paritaire de deux chambres du Parlement a adopté mardi 4 février le projet de loi sur l’amnistie. Elle couvrira la période du 8 février 2006 au 20 décembre 2013. La loi a aussi ajouté le terrorisme sur la liste des crimes non amnistiables.

Les envoyés spéciaux considèrent que cette adoption reflète l’engagement de la RDC à concrétiser la Déclaration de Nairobi, qui a mis fin à la rébellion du M23.
«La loi sur l’amnistie est l’étape suivante de l’apport d’une paix durable dans l’Est de la RDC. Son vote facilitera l’application de l’Accord-cadre sur la paix, la sécurité et la coopération», ajoute le communiqué.
Enfin, les envoyés spéciaux de la communauté internationale ont exhorté tous les groupes armés à se servir de cette opportunité pour déposer leurs armes.
Ce communiqué est signé par :
Mary Robinson, envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la Région des Grands Lacs ;
Martin Kobler, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC ;
Boubacar Diarra, Représentant spécial de l’Union Africaine pour les Grands Lacs ;
Russell Feingold, Envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands Lacs et la RDC ; et
Koen Vervaeke, Coordonnateur principal de l’Union européenne pour la Région des Grands Lacs."


"RDC: une loi d’amnistie pour faits de guerre et infractions politiques
Une loi d’amnistie pour faits de guerre et infractions politiques destinée aux combattants de groupes rebelles - notamment du M23 mais pas seulement – a été adoptée ce mardi 4 février par l’Assemblée nationale. Voilà quatre mois que la République démocratique du Congo (RDC) s’était engagée à l’adopter, désormais c’est fait. Il appartient désormais au  président Joseph Kabila de la promulguer. Une loi qui a suscité de vifs débats entre le pouvoir et l’opposition jusqu’à la dernière minute.
Il aura fallu trois semaines de discussions houleuses et, la veille du vote, encore quatre heures de débat entre les députés. Au final, la loi d’amnistie a été arrachée au dernier jour de la session parlementaire.
Pas facile, en effet, de se mettre d’accord sur un texte qui doit permettre à d’anciens combattants de groupes rebelles, entre autres, de ne pas être poursuivis par la justice.

A qui profite l'amnistie ?

Le premier point à faire polémique fut la question de savoir à qui doit profiter cette amnistie. Aux ex-combattants du M23 exclusivement, comme le voulait le parti au pouvoir au départ ? Hors de question pour l’opposition, qui demandait à élargir le nombre de bénéficiaires.
Au final, la loi couvre les crimes commis - faits insurrectionnels, faits de guerre et infractions politiques - entre le 18 février 2006 (date de la nouvelle Constitution) et le 20 décembre 2013 (date de la fin de l'ultimatum du pouvoir pour déposer les armes).

Un compromis qui ne satisfait pas tout le monde

Devraient donc être concernés les ex-combattants de la rébellion du M23 mais aussi des combattants Enyelé de la province de l’Equateur, par exemple, ou encore du Mouvement de libération du Congo de Jean-Pierre Bemba.
Il s’agit par conséquent d’un compromis qui ne satisfait pas tout le monde, à commencer par les associations de défense des droits de l’homme. Elles auraient aimé que les détenus politiques bénéficient également de cette amnistie comme le demandaient les concertations nationales. Le problème, c’est que la plupart sont accusés de délits de droit commun et non d’infractions politiques. Ils sont donc automatiquement exclus de cette amnistie.RDC : l’amnistie va couvrir les infractions commises entre janvier 2006 et décembre 2013."

Vital Kamerhe délogé d’une maison de l’Etat à Kinshasa

Vital Kamerhe délogé d’une maison de l’Etat à Kinshasa



L’opposant Vital Kamerhe a été délogé vendredi 7 février d’une résidence officielle de l’Etat qu’il occupait depuis 2004, année où il assumait les fonctions de ministre de l’information. Jusque ce matin, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) continuait à évacuer ses biens de cette maison sise rue Mweneditu à Kinshasa. L’opposant actuellement trainé en justice par une députée de la majorité crie à l’acharnement. Le porte-parole du gouvernement affirme pour sa part qu’un préavis a été adressé à M. Kamerhe en bonne et due forme.
« Je n’ai pas dormi cette nuit et on m’a dit que je dois terminer le déménagement à 7 heures du matin. J’ai posé la question mais qu’est-ce qu’on fait de la loi, parce que même un locataire de la cité, on lui donne un préavis. J’ai demandé un jour un préavis et ils ont refusé », affirme l’opposant Vital Kamerhe.
Il déclare en outre louer cette maison depuis qu’il avait cessé d’être ministre de l’Information.
« Cette maison je la loue en tant que Vital Kamerhe. Je paye régulièrement le loyer et j’ai un contrat de bail en mon nom. Aujourd’hui, c’est la seule maison de l’Etat qui reste encore sur cette avenue, toutes les autres maisons ont été vendues au maximum 12 000 dollars. Et moi-même à l’époque on m’avait proposé de la prendre, il y avait même un arrêté qui me l’avait été attribué. J’y avais renoncé parce que nous devons prêcher par l’exemple », a joute-t-il.
Le président de l’UNC place cette affaire dans un contexte d’acharnement qui viserait sa personne :
« Il y a beaucoup d’histoires qui sont évidemment cachées. Et j’ai compris que c’est un acharnement qui a commencé d’abord avec l’histoire de la DGM, ensuite le ministre des Médias qui m’a consacré une conférence de presse pour me traiter de tous les maux, et il y a aussi eu le procès avec Mme Wivine Moleka où le ministère public demandait qu’on me condamne de 3 ans ferme avec effet immédiat », a-t-il indiqué.
Ancien secrétaire général du PPRD, le parti présidentiel, et ex-président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe a été contraint à la démission en 2009 après avoir critiqué les opérations militaires menées conjointement par les Forces armées rwandaises et congolaises contre les FDLR au Nord-Kivu. Depuis 2010, il est à la tête de l’UNC un parti d’opposition.
Vous pouvez suivre le son de Vital Kamerhe:
« Récupérer la maison de l’Etat, voilà tout »
En réaction, le ministre des Médias, Lambert Mende, affirme que tout ce que Vital Kamerhe dit « est totalement faux ».
« Cette maison est une maison de fonction. C’est-à-dire, une résidence attachée au ministère de la Communication et des Médias de l’époque, aujourd’hui ministère des Médias, Relations avec le Parlement et Initiation à la nouvelle citoyenneté », souligne-t-il, avant de préciser :
« Nous voulons récupérer la maison de l’Etat, voilà tout ».
Lambert Mende dit ne pas comprendre par quelle « alchimie il [Vital Kamerhe] soit devenu locataire » de la maison de l’Etat.
« On ne peut pas imaginer que M. Kamerhe ait reçu cette maison lors de la remise-reprise qu’il avait effectuée avec l’ancien ministre, M. Kikaya, et que je ne sais par quelle alchimie. Le Procès verbal de remise-reprise peut vous être remis à tout moment », ajoute le ministre des Médias.
Pour Mende, si le président de l’UNC prétend être un locataire, « c’est par un artifice tout à fait illégal qui a été anéanti par le ministère de l’Urbanisme ».
Lambert Mende précise que le ministre de l’Urbanisme, qui gère les biens du domaine de l’Etat, lui avait demandé de libérer « avec dignité » cette maison en 2010.
« Le 12 décembre 2010, le ministre de l’Urbanisme de l’époque, le député César Lubamba, a écrit à M. Kamerhe pour lui dire qu’il mettait fin à ce contrat de bail parce que le bien devrait rentrer dans la réserve de  ce qu’on appelle les résidences de fonction de l’Etat. Lorsque le ministère voulait déjà renter dans le droit de son bien immobilier, on lui a dit [à Kamerhe] que celui qui a signé avec lui le contrat jusqu’à la fin 2010 l’a fait illégalement mais qu’on le laissait quand même jusqu’à la fin de 2010 », souligne le ministre des Médias.
Selon lui, le ministère de l’Urbanisme avait donné un préavis de 3 mois à Vital Kamerhe.
« On lui a donné un préavis de 3mois en décembre 2010 pour libérer la maison. Cela courrait jusqu’à mars 2011. Nous sommes aujourd’hui en 2014, les 3 mois se sont transformés en 3 ans. M. Kamerhe n’est pas du tout fondé pour dire qu’on ne lui a pas donné un délai pour partir, il a abusé de la patience de l’Etat », indique Lambert Mende.
Vous pouvez aussi suivre le son de Lambert Mende: