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SACREBOPOL

lundi 17 février 2014

L’Opposition républicaine confie son sort à Léon Kengo wa Dondo, son autorité morale


L’Opposition républicaine confie son sort à Léon Kengo wa Dondo, son autorité morale
  
° http://lepotentielonline.com/index.php?option=com_content&view=article&id=5869:l-opposition-republicaine-confie-son-sort-a-leon-kengo-wa-dondo-son-autorite-morale&catid=85:a-la-une&Itemid=472

L’Opposition politique se recentre

Des partis et regroupements de l’Opposition ont décidé de se regrouper depuis le 14 février 2014, jour de la Saint Valentin, au sein d’un méga-regroupement politique, dénommé « Opposition républicaine ». C’est Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat et président de l’UFC (Union des forces du changement), qui en incarne l’autorité morale. Cette nouvelle plate-forme entend faire valoir ses droits dans la formation de ce qui sera le gouvernement de cohésion nationale.

La formation d’un gouvernement de cohésion nationale reste toujours à l’ordre du jour. Preuve que les choses se précisent et s’accélèrent même sur ce dossier, l’Opposition politique – en tout cas un bon échantillon – a décidé de se retrouver dans un méga-regroupement politique, dénommé « Opposition républicaine ».

C’est à travers cette nouvelle plate-forme que l’Opposition entend désormais faire valoir ses droits. C’est le 14 février 2014, jour de la Saint Valentin, que les regroupements politiques ayant pris part aux Concertations nationales du Palais du peuple du 5 septembre au 7 octobre 2013 à Kinshasa ont « décidé dans l’intérêt supérieur de la Nation de créer un méga-regroupement politique de l’Opposition politique, dénommé +Opposition républicaine+, aux fins d’unir nos efforts pour l’instauration d’une véritable démocratie et d’un Etat de droit en République démocratique du Congo, dans le cadre d’un processus permanent de cohésion nationale ».

Preuve des ambitions qui animent leurs fondateurs, cette plate-forme qui se présente déjà comme un « méga-regroupement » politique s’est doté de trois organes. Le premier organe, c’est celui qu’incarne désormais Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat et président de l’Union des forces du changement (UFC), en tant qu’autorité morale de l’Opposition républicaine.
Le deuxième organe est son Conseil national, alors que la coordination en est le troisième. 

C’est avec cette architecture que l’Opposition républicaine pense conquérir de l’espace dans le microcosme politique congolais, fort de l’appui dont elle jouit de la part des partis et regroupements politiques qui la composent. De cette manière, l’Opposition républicaine s’est fixé l’ambition de se présenter en véritable interlocuteur de la Majorité présidentielle. Par conséquent, elle entend jouer pleinement son rôle dans la marche de la vie nationale.

Elle devait en principe bénéficier de l’estime et de la notoriété de son autorité morale. Ce n’est donc pas pour rien que tous les partis et regroupements signataires de l’acte constitutif de l’Opposition républicaine ont porté leur dévolu sur Léon Kengo.

Mais, dans la dynamique de la formation d’un gouvernement de cohésion nationale, la création de ce méga-regroupement obéit aussi à ce schéma.
Même si d’autres partis de l’Opposition tels que le Mouvement de libération du Congo de Jean-Pierre Bemba, et le Fonus de Joseph Olenghankoy n’ont pas formellement, selon certaines indiscrétions, adhéré à cette nouvelle plate-forme, il n’est pas exclu que ses rangs s’agrandissent dans les tout prochains jours. Des alliances sont d’ores et déjà attendues pour élargir davantage le cercle.

L’objectif étant, selon les fondateurs de cette nouvelle plate-forme, de regrouper le plus des partis de l’Opposition pour servir d’un véritable contrepoids face à la Majorité présidentielle.

La formation du gouvernement de cohésion nationale sera le premier test auquel va se soumettre l’Opposition républicaine se rendre compte de son poids politique en République démocratique du Congo. Ce qui devait lui permettre de jeter les bases pour les prochaines échéances de 2016."




Feuille de route 2013-2016 :


 CENI, Jean-Claude Vuemba dénonce le complot anticonstitutionnel ! 

° http://www.laprosperiteonline.net/affi_article.php?id=1729&rubrique=POLITIQUE

Le débat suscité par l’Abbé-Président de la CENI, le jeudi 30 janvier dernier à l’Assemblée nationale, avec sa feuille de route électorale 2013-2016, devient de plus en plus houleux. Depuis, les réactions fusent de partout. La dernière en date, c’est celle de l’Honorable Vuemba Jean-Claude, Président du MPCR.

 Pour lui, au lieu de se concentrer sur ses tâches prioritaires, la CENI, re-présidée par l’Abbé Apollinaire Malumalu, tient, à tout prix, comme en 2010, à la modification des modes de scrutin, avec la curieuse révision de certains articles de la Constitution du 18 Février 2006. En l’occurrence, l’article 197 de la Constitution, révisée le 10 Janvier 2011 par la suppression du second tour de l’élection présidentielle du 11 novembre de la même année, qui stipule que «les élections provinciales sont organisées au suffrage universel direct. Voilà que, pour d’obscures raisons, la CENI veut faire élire les Députés provinciaux par un corps électoral restreint. 

L’élu de Kasangulu dénonçant ce qu’il qualifie de ‘’complot anticonstitutionnel’’ qui vise à priver le peuple congolais de l’acquis démocratique du challenge 2006, illustré par l’élection exemplaire et nécessaire des Députés provinciaux au suffrage universel direct, se dresse résolument  contre la modification continue de la Constitution qui, prévient-il, va progressivement vider toute sa substance juridique et la transformer en une feuille morte dans un forum. 

En clair, Vuemba Jean-Claude réclame le respect de la Constitution en vigueur et exige l’organisation successive de  quatre scrutins universels directs,  avant la fin de l’année 2016, pour désigner les Elus locaux, les Députés provinciaux, les Députés nationaux et surtout,  le futur  Président de la République. Pragmatique, le Président du MPCR exige que les élections locales et provinciales soient organisées ensemble, au début de l’année prochaine, 2015. 

Avec comme double avantage, l’économie des ressources administratives, financières et logistiques d’abord et, ensuite, la solution en rapport avec le  dysfonctionnement institutionnel majeur observé  au niveau législatif (Sénat) et provincial (Gouvernorats).

Ci-après, la libre opinion de l’Honorable Jean-Claude Vuemba au sujet du processus électoral 2014-2015.  

A propos du processus électoral 2014 – 2015 (CENI)(...)

Le Mouvement du Peuple Congolais pour la République, MPCR, réclame le respect strict de la Constitution (Articles 197 et 220).
La Constitution d’un pays constitue la loi fondamentale à laquelle, tout citoyen est soumis pour l’établissement d’un Etat de droit. Et celui-ci, à ne pas confondre avec un Etat néo patrimonial ou éthnocratique, repose sur trois piliers. Le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Le quatrième pilier étant bien entendu la Presse, jouissant de l’exercice de la liberté de l’expression dans la société démocratique.

L’expérience politique partout au monde démontre qu’il ne peut y avoir des avancées démocratiques durables sans un respect strict de la Constitution, des échéances électorales, du nombre et de la durée des mandats (Article 220). La Communauté Internationale devrait conditionner son soutien au processus électoral 2014 – 2016, élaboré par la CENI, au respect desdits principes universels.

Or, au lieu de se concentrer sur ses tâches prioritaires, la CENI, représidée par l’Abbé Apollinaire Malu Malu aujourd’hui tient à tout prix, comme en 2010, « à la modification des modes de scrutin avec la curieuse révision de certains articles de la Constitution du 18 Février 2006 » (sic). En l’occurrence, l’article 197 de la Constitution, révisée le 10 Janvier 2011 par la suppression du second tour des élections présidentielles du 11 Novembre de la même année, stipule que « les élections provinciales sont organisées au suffrage universel direct », la CENI prétend, pour d’obscures raisons, « faire élire les Députés provinciaux par un corps électoral restreint ».

Du coup, ce complot anticonstitutionnel vise à priver le peuple congolais de l’acquis démocratique du challenge 2006 illustré par l’élection exemplaire et nécessaire des Députés provinciaux au suffrage universel direct. Autrement dit, les électeurs votent directement et librement pour les Elus des Assemblée Provinciales. Or, la modification continue de la Constitution va progressivement vider toute sa substance juridique et la transformer en une feuille morte dans un forum.

Concrètement, le MPCR réclame le respect de la Constitution en vigueur et exige l’organisation successive des quatre scrutins universels directs avant la fin de l’année 2016, pour désigner les Elus locaux, les Députés provinciaux, les Députés nationaux et surtout le Président de la République. Car, l’actuel en fonction, Elu en 2006 et réélu en 2011, sera à terme échu après deux mandats de cinq ans, c’est-à-dire renouvelable une seule fois. Parvenu au pouvoir en 2001, il totalisera quinze ans de pouvoir en 2016. Donc trois mandats successifs de cinq ans !

Cette proposition nationaliste, patriotique et judicieuse devra amener la CENI à économiser les ressources financières lui dévolues par le Parlement, à diminuer les convocations de l’électorat et les contraintes logistiques par les recours indispensables des regroupements des scrutins. Exigeons donc que les élections locales et provinciales soient organisées ensemble, au début de l’année prochaine, 2015. Avec comme double avantage l’économie des ressources administratives, financières et logistiques d’abord et ensuite, la solution au disfonctionnement institutionnel majeur observés au niveau législatif (Sénat) et provincial (Gouvernorats).

C’est ainsi que la CENI disposera du temps voulu, avec un tel calendrier objectif, pour organiser l’élection indirecte des Sénateurs et des Gouverneurs par les Députés provinciaux élus avant Novembre 2015, sans pour autant recourir à la modification incompréhensible de la Constitution. Par ailleurs, la CENI est appelée à revoir et fiabiliser le fichier électoral en vue d’une réussite de l’ensemble du processus 2014 – 2016. Car, à l’Opposition parlementaire, on croit mordicus que « cette opération préalable permettra au processus en cours de disposer d’une liste actualisée des électeurs comprenant les omis ainsi que les électeurs réorientés mais aussi les Citoyens ayant accédé à la majorité depuis la tenue des dernières élections en 2011 et qui ne figurent donc pas sur les listes actuelles de la CENI, la NEO-CEI ».

En outre, l’exercice de remise à jour desdites données de base devra s’étendre jusqu’à la cartographie opérationnelle des sites de vote, des entités de base, des groupements ainsi que des démembrements de la CENI. Cette procédure permettra d’améliorer sensiblement la qualité de l’offre électoral en République Démocratique du Congo, un pays post-conflit et fragile, et de faciliter la convocation unique de l’électorat pour des élections combinées.

Dans le cas contraire, l’Opposition institutionnelle et extra-institutionnelle ne se sent pas liée par la signature du code de bonne conduite que l’Abbé Apollinaire Malu Malu doit signer lui-même avant l’organisation des élections crédibles, libres et transparentes. A défaut, nous allons revivre les débâcles électorales de 2006 et de 2011 avec les graves divisions qu’elles ont engendrées. Seul l’esprit de consensus qui a prévalu au sein de la classe politique et du Parlement a heureusement permis le vote de la nouvelle loi portant organisation et fonctionnement de la CENI ainsi que la désignation, en Juin 2013 de ses nouveaux animateurs.

En définitive, le MPCR, un Parti d’avant-garde, dit non à la fraude électorale, à la tronçonneuse de la corruption, donc à l’achat des consciences dans la classe politique toutes tendances confondues. L’Opposition parlementaire lutte pour le rétablissement des Institutions Républicaines et légitimes par le recours au vote intégral et populaire. Car, la démocratie, avait dit Abraham Lincoln, un ancien Président des Etats-Unis d’Amérique, consiste à la mise en place de pouvoir du peuple (vote), par le peuple (élus) et pour le peuple (bien être). Le développement de la République Démocratique du Congo, un pays géostratégique en Afrique, nécessite donc une démocratie participative et non censitaire au profit de la démocrature et de l’oligarchie tant décriées au 20è siècle.

A bon entendeur ! Salut !
Fait à Kinshasa, le 13 Février 2014
Jean Claude VUEMBA LUZAMBA
Député National"

LES NOUVELLES AMAZONES DU CONGO:

 Dans l'enfer que vit la République Démocratique du Congo, des femmes ont choisi de prendre les armes.

En République Démocratique du Congo, plus précisément au Nord-Kivu, pour les femmes, seuls deux statuts semblent possibles : victime ou bourreau.
500 000 femmes violées. Certaines sont diplômées, d’autres analphabètes. Certaines ont rejoint le camp de l’armée officielle, d’autres ont choisi les groupes rebelles. 
En République Démocratique du Congo, les conflits perdurent depuis 20 ans. L’or, les diamants, le coltan, autant de richesses qui suscitent la convoitise et entretiennent le chaos. Dans cet enfer, des femmes ont choisi de prendre les armes. Quelles sont leurs motivations ? Stéphanie Lamorré a partagé leur quotidien. 


Réalisatrice et documentariste, Stéphanie Lamorré couvre tous les conflits du globe. Chacun de ses films témoigne d’une prise de risque et d’un engagement, pour montrer ce que l’on voit rarement à la télévision. En 2013, le jury du Festival international du Grand Reportage d’Actualité et du documentaire de société (FIGRA) lui décerne le prix Olivier Quemener pour son film "Bahreïn, plongée dans un pays interdit". En 2012, ARTE diffuse un documentaire exceptionnel, "L.A : Gang de femmes" où elle s’immerge dans le quotidien de jeunes femmes qui mènent, au sein de gangs, une guérilla urbaine sans trêve.





http://www.arte.tv/guide/fr/030273-455/arte-reportage




LES NOUVELLES AMAZONES DU CONGO Dans l'enfer que vit la République Démocratique du Congo, des femmes ont choisi de prendre les armes. Quelles sont leurs motivations ? EUROPORTRAITS - L'EUROPE AU QUOTIDIEN Portraits d'un Espagnol et d'une Italienne. BRÉSIL : LES NINJAS DE L'INFO Face aux violences policières, les manifestants ont une nouvelle arme : leur téléphone portable.

Les nouvelles amazones du Congo
Elles s'appellent Salomé, Clarisse, Séraphine… Toutes sont des femmes, toutes sont des combattantes. En République Démocratique du Congo, plus précisément au Nord-Kivu, pour elles, seuls deux statuts semblent possibles : victime ou bourreau.
500 000 femmes violées. Certaines sont diplômées, d'autres analphabètes. Certaines ont rejoint le camp de l'armée officielle, d'autres ont choisi les groupes rebelles.
En République Démocratique du Congo, les conflits perdurent depuis 20 ans. L'or, les diamants, le coltan, autant de richesses qui suscitent la convoitise et entretiennent le chaos.
Dans cet enfer, des femmes ont choisi de prendre les armes. Quelles sont leurs motivations ?

 Stéphanie Lamorré a partagé leur quotidien.



jeudi 13 février 2014

Le King Kester Emeneya est décédé à Paris

Le King Kester Emeneya est décédé à Paris

C'est un Tity Levallois en pleurs qui vient de nous confirmer le décès de Kester Emeneya à Paris. La musique congolaise vient encore d'être frappée et amputée de son meilleur élément. Des détails dans nos prochaines livraisons.



Le chanteur King Kester Emeneya, de son vrai nom Jean Emeneya Mubiala Kwamambu, est décédé jeudi 13 février 2014 à 5h30 à l’hôpital Marie Lannelongue en région parisienne à l’âge de 57 ans.
Le patron du groupe musical Victoria Eleison était admis depuis novembre dernier à l’hôpital Marie Lannelongue pour des problèmes de cœur. Kester Emeneya avait été secoué par la nouvelle de la disparition de Tabu Ley, le chanteur romantique par excellence de la RDC qui était aussi son modèle.
“King Kester a été retenu à l’hôpital par le staff médical depuis la disparition de Tabu Ley [le 30 novembre 2013]. King Kester n’allait pas bien, il avait reçu un choc en apprenant cette nouvelle qui l’avait perturbé. Nous étions ensuite nourris d’espoir de le voir récupérer sa santé mais il y a cette dégradation et aujourd’hui c’est confirmé. Kester n’est plus”, témoigne Rouf Mbutanganga, journaliste et ami de Kester Emeneya.

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Natif de Kikwit dans la province du Bandundu (ouest de la RDC), Jean Emeneya intègre à l’âge de 17 ans le groupe Les Anges Noirs. Il partage cette expérience notamment avec Lidjo Kwempa qu’il recroisera plus tard dans sa carrière professionnelle.
Ses études supérieures à l’Université de Lubumbashi n’auront pas raison de son talent. Et de sa passion pour la musique. En 1977, à 21 ans, il décide enfin de faire de la musique sa profession. Recruté au sein de Viva La Musica de Papa Wemba, il se révèle un vrai leader doté de bonnes capacités de gestion de ressources humaines au-delà de son talent de chanteur de charme. C’est lui qui permet à Viva La Musica de ne pas disparaître malgré les absences prolongées de Papa Wemba son patron.
En 1982, Victoria Eleison, son groupe voit le jour. Ses compositions qui traverseront des générations entières font alors le bonheur des millions des mélomanes zaïrois de l’époque. Aujourd’hui on écoute encore avec délectation Afimiko, Dikando, Ndako ya Ndele…De la musique d’anthologie comme aimait à le dire si bien Emeneya qui savait ponctuer chacune de ses sorties médiatiques de ces dernières années d’une bonne dose d’humour.
Le début des années 90 constitue un tournant dans la carrière de ce géant. Perfectionniste, il affine ses sonorités, améliore la programmation musicale, diversifie l’instrumentation. Sa chanson « Nzinzi », est le chef d’œuvre parfait qui illustre ce changement de cap vers la musique électronique. Le succès est sans appel.
Avec Everybody, son album sorti en 94 Emeneya dit vouloir entrer de plein pied dans la World Music. Mais il reviendra quelques années plus tard aux sonorités typiquement congolaises.
Créateur des styles musicaux, Emeneya crée aussi des danses. Les amateurs de sa bonne musique se souviendront longtemps de « Tshaku Libondance ». Légèrement en retard par rapport à ses concurrents locaux qui se produisent dans les salles de spectacles mythiques de France, il se rattrape début 2000. Il récolte un franc-succès en 2001 au Zénith de Paris et en 2002 au théâtre de l’Olympia.
Emeneya s’en est allé. Mais sa rumba lui survivra. Toujours.



http://radiookapi.net/actualite/2014/02/13/king-kester-emeneya-est-mort/













Les tribulations de Gipulu Yala Di Gisuengi

Les tribulations de Gipulu Yala Di Gisuengi

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Peu avant l’indépendance, Gipulu Yala Di Giswengi, un jeune homme du village Mbanza-Kipwala dans le Secteur Luniungu et le Territoire de Bulungu au Kwilu, trouva du travail comme domestique auprès d’un couple de Belges à Kisia, une bourgade des Huileries du Congo Belge (HCB), qui deviendront plus tard Plantations Lever au Congo (PLC) avant de mettre la clé sous le paillasson dans les années 80 sous la dénomination de Plantations Lever au Zaïre (PLZ). Comme domestique, les responsabilités de Gipulu incluaient entre autres le repassage. Un jour, ses employeurs rentrèrent de vacances avec un nouveau fer à repasser électrique et demandèrent à Gipulu de ranger l’ancien dans le débarras de la villa. Quand vint son tour d’aller en vacances dans son village, Gipulu se frotta les mains à l’idée d’aller épater ses frères et sœurs restés villageois. Dans ses bagages, l’ancien fer et une fiche électrique femelle qui traînait dans le débarras. Une fois au village, il annonça la bonne et grande nouvelle aux siens. Seuls les Basenzi repassaient du linge au fer à charbon de bois. Les hommes civilisés, eux, utilisaient le fer électrique. Joignant le geste à la parole, il leur exhiba le fer à repasser électrique. Pour faire fonctionner celui-ci chez ses maîtres, Gipulu n’avait qu’à plonger la fiche mâle du fer dans une fiche femelle encastrée dans un mur. Il encastra la fiche femelle dans un mur de la case familiale et plongea la fiche mâle dedans. Comme le fer ne chauffait pas, il vérifia si la fiche mâle était bien entrée dans la fiche femelle. Elle l’était. Mais le fer ne chauffait toujours pas. Gipulu se fâcha contre les villageois réunis autour de lui qu’il accusa d’avoir jeté un mauvais sort au fer. Les membres de sa famille se fâchèrent également. Ils s’en prirent aux autres habitants du village qu’ils accusèrent de mauvaise mentalité. Une mentalité incompatible avec le progrès. Ne pouvant supporter les accusations de Gipulu et des membres de sa famille, certains villageois rendirent Gipulu seul responsable du non-fonctionnement du fer, arguant que la présence d’un Blanc était nécessaire pour que le fer fonctionne.

Pourquoi racontons-nous cette histoire ? La joie de Gipulu Yala Di Giswengi dans la perspective d’épater les siens avec un fer à repasser électrique n’avait d’égal que celle de 99,9% de Congolais le 24 avril 1990, date officielle du lancement du processus de démocratisation dans leur pays. Les Congolais étaient heureux dans la perspective de vivre enfin dans un Etat démocratique. De même que Gipulu pensait qu’il suffisait d’encastrer une fiche femelle dans un mur de la case familiale pour que le fer électrique fonctionne, comme dans la villa de ses patrons, les Congolais s’imaginaient qu’il suffisait de créer des partis politiques, d’aller aux élections, d’installer les institutions dites démocratiques, comme chez les ex-colonisateurs, pour que la démocratie fonctionne. De même que Gipulu et les membres de sa famille qui, voyant le fer électrique refuser de fonctionner, blâmèrent les habitants du village pour leur mentalité perçue comme rétrograde, les Congolais, ceux-là mêmes qui s’étaient réjouis à l’annonce de la libéralisation de la vie politique par le Guide éclairé à la toque de léopard, s’illustrent dans mille et une explications pour justifier le désenchantement qui a élu domicile dans leur pays.

En effet, de même que le 5 juillet 1960, cinq jours après l’indépendance du Congo Belge, face aux gradés de Léopoldville (Kinshasa) et de Thysville (Mbanza Ngungu) assemblés dans une salle de cours du Camp Léopold (Kokolo), le Général Emile Janssens, commandant de la Force Publique, écrit au tableau noir : « Avant l’indépendance = Après l’indépendance », provoquant ainsi la révolte de la Force Publique sur toute l’étendue du territoire de la jeune nation, les Congolais assistent aujourd’hui impuissants au maintien et au renforcement du pouvoir personnel d’un individu alors qu’en se rendant aux urnes en 2006 puis en 2011, ils avaient espéré des lendemains qui chantent. Mais le désenchantement, qui était prévisible pour toute personne ayant une capacité d’analyse et d’anticipation, valide-t-il toute explication ?

Revenons à Gipulu Yala Di Giswengi. S’il était un homme doué de sagesse, quelle attitude aurait-il adoptée aussitôt que le fer refusait de fonctionner dans son village ? Il allait rentrer vite chez ses maîtres pour chercher à savoir le pourquoi. A-t-on déjà vu les Congolais se rendre chez les ex-colonisateurs pour chercher à savoir pourquoi en dépit de la belle copie des institutions démocratiques de ces derniers, la démocratie ne fonctionne pas au Congo après des élections dites démocratiques ? Non. Cette attitude est-elle responsable ? Nous ne pensons pas.

Qu’allait apprendre Gipulu Yala Di Gisuengi s’il s’était montré sage ? Ses maîtres allaient lui apprendre qu’il ne suffit pas d’encastrer une fiche femelle dans un mur et d’y loger la fichelle mâle du fer à repasser électrique pour que celui-ci fonctionne. Ils allaient lui apprendre que la fiche femelle doit être reliée à un réseau électrique et que l’électricité doit circuler dans le réseau pour que le fer fonctionne. Qu’auraient appris les Congolais s’ils allaient à leur tour consulter les ex-colonisateurs ? Répondre clairement à cette question, c’est découvrir pourquoi la démocratie a du mal à s’enraciner au Congo. C’est baliser le sentier d’un avenir meilleur pour notre nation. Non seulement les Congolais ne consultent pas les ex-colonisateurs dont ils copient le modèle démocratique, mais ils ne se posent même pas de question. Et quand il n’y a pas de question, il n’y a pas de débat.

Réagissant à notre article intitulé « Eyindi ! », Binsonji E Madilu nous a posé deux questions qui méritent d’être reprises ici pour nous conduire à la conclusion : « Pensez-vous que ce genre de débat soit de mise au moment où le sieur Joseph Kabila organise la boucherie de nos jeunes gens à Kinshasa et ailleurs au pays pour traumatiser davantage l’imagerie populaire, intimider le peuple congolais et lui faire avaler la pilule amère de la révision constitutionnelle ? Pensez-vous que nous avons le temps de discuter du sexe des anges pendant que les officiers qui ont mis en déroute le M23 aux côtés de Mamadou Mustapha Ndala sont aujourd’hui dans la ligne de mire de Joseph Kabila comme si c’étaient eux les rebelles ?

C’est justement parce que nous pensons que réfléchir sur la démocratie équivaut à discuter sur le sexe des anges que nous avons un même Joseph Kabila, avant et après les élections de 2006. Si nous avions réfléchi à la démocratie, c’est-à-dire si nous avions su qu’il y avait une grande différence entre la démocratie occidentale et la démocratie tout court, et que, par voie de conséquence, nous avions cherché à savoir comment concrétiser l’idéal démocratique dans notre pays pour que la démocratie soit effective, le pouvoir de Joseph Kabila après son élection en 2006 serait contrôlé au lieu d’être ce qu’il était avant ces élections. Nous pouvons certes mobiliser nos énergies dans le but de chasser l’autocrate actuel du pouvoir. Mais tant que le débat sur la démocratie n’aura pas lieu, tant que nous ne comprendrons pas la nécessité d’un tel débat, nous assisterons, toujours impuissants, à l’émergence d’une autre autocratie quand Joseph Kabila tombera à son tour devant l’ouragan de l’histoire. Nous assisterons à cette émergence même sous le leadership des individus perçus comme la démocratie faite homme.

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo 
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